Jacques Bertrand (chansonnier)

chansonnier belge de langue wallonne

Jacques Bertrand est un chansonnier belge de langue wallonne, né à Charleroi le et y mort le . Il exploite un atelier de chaisier.

Jacques Bertrand
Jacques Bertrand. Plaque commémorative anciennement placée sur sa maison natale à Charleroi.
Biographie
Naissance
Décès
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Nationalité
Activités

Biographie

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Le Jacques Bertrand, immeuble construit par Jacques Bertrand en 1873.

Jacques Bertrand est né le à Charleroi dans la rue de Nalinne située à la Ville-Haute. Son père, Blaise, est originaire de Baileux. Sa mère, Marie Dourlet, est Carolorégienne. Jacques est le quatrième enfant d'une fratrie de six filles et de quatre garçons.

Dès l'âge de 10 ans, il quitte l'école[1] pour devenir apprenti chaisier chez son beau-frère, Dedecker. L'apprentissage terminé, il complète sa formation professionnelle en effectuant pendant deux ans son « Tour de France »[1]. Revenu à Charleroi, il ouvre un atelier au domicile de ses parents.

Le , il épouse Pauline Quenne, fille de boulanger. Le couple s'installe à la rue de l'Aigle noir, dans la maison d'Albert Thibaut, cousin germain et meilleur ami de Jacques. Là naissent deux fils, Jules et Léopold.

Bertrand commence à écrire des textes de chansons en français et en ouest-wallon vers l'âge de trente ans[2],[3],[note 1]. Il est un des fondateurs et des auteurs attitrés de la société de bienfaisance Les Braillards (ou Breyards), fondée à Charleroi durant la vogue qui suit le succès de la Société du Caveau[6],[7]. Il compose aussi pour la société chantante Les Mirlitons[7],[note 2]. Plus tard, en 1864, il fonde et préside une troisième organisation appelée La Lyre ouvrière[5],[8]. En 1873, il fait construire une maison à la Place du Manège où il exploite un café[9].

La mort de son épouse le l'affecte profondément, tout comme celle de son cousin le .

Il meurt le . Ses funérailles se déroulent au milieu d'une grande affluence[10].

Un homme corpulent porte un tee-shirt gris sur lequel il est inscrit « Rén qu'd'i pinser, sintèz come èm coeûr bat ! ». Le cadrage ne permet pas de discerner son visage. À l'arrière-plan, des participants à une marche folklorique de l'Entre-Sambre-et-Meuse, en costumes napoléoniens.
Très populaire, le refrain Rén qu' d’î pinsér, sintèz come èm keûr bat ! figure ici sur un tee-shirt.

Le wallon de Jacques Bertrand reflète la langue vivante parlée à son époque, qui intègre de nombreux mots empruntés au français[11]. Le philologue Jacques Lardinois observe que « ce registre double [wallon et français] caractérise tous ses textes, même — et peut-être surtout — ceux dans lesquels le discours est le plus naturel, le plus voisin de l'expression orale »[12].

Bertrand ne sait ni lire, ni écrire la notation musicale ; lorsqu'il compose lui-même ses airs, ceux-ci sont donc notés par l'un de ses amis et collaborateurs, Adolphe Miche[13]. Son modèle, en matière de chanson, est Pierre-Jean de Béranger[8].

Il compose jusqu'à la mort de son épouse et de son ami Albert Thibaut[10].

Ses chansons les plus connues sont :

Hommages

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  • À Charleroi, le « boulevard Jacques Bertrand » est ainsi nommé en son honneur (1898)
  • Une plaque commémorative du sculpteur Jules Vanderstock est inaugurée en 1924 sur sa maison natale[15].

Notes et références

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  1. Vers 1851, selon plusieurs sources[4],[5] ; il aurait alors eu 33 ou 34 ans.
  2. Selon Jules Lemoine, Les Mirlitons seraient en fait la « phalange musicale » des Breyards[5].
  3. Chantée sur un air de Joseph-Denis Doche repris à partir de la chanson du goguettier Paul Émile Debraux Te souviens-tu ?

Références

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  1. 1 2 A-Z 1932, p. 18.
  2. Vandereuse 1960, p. 11.
  3. Arcq, Fauconnier et Lardinois 2017, p. 3.
  4. Marie Dewez, « Bertrand Jacques : Charleroi 18/11/1817, Charleroi 30/07/1884 » Accès libre, sur Connaître la Wallonie, Région wallonne (consulté le ).
  5. 1 2 3 Lemoine 1885, p. 10.
  6. Arcq, Fauconnier et Lardinois 2017, p. 4.
  7. 1 2 Bernier 2019, p. 81.
  8. 1 2 Bernier 2019, p. 82.
  9. Vandereuse 1960, p. 9.
  10. 1 2 Vandereuse 1960, p. 10.
  11. Bernier 2001-2002, p. 47.
  12. Lardinois 2019, p. 33.
  13. Lemoine 1885, p. 11.
  14. Vandereuse 1960, p. 63-64.
  15. F. Dierick, « Histoire(s) & patrimoine de Charleroi - Jacques Bertrand », sur charleroi-decouverte.be (consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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  • [Lemoine 1885] « Jacques Bertrand et Albert Thibaut : Chansonniers populaires Carolorégiens », dans Jules Lemoine, Horace Piérard, fabuliste & chansonnier wallon : Sa biographie et ses œuvres précédées d'une étude sur Jacques Bertrand et Albert Thibaut, Charleroi, Librairie Surin, (lire sur Wikisource), p. 5-51. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • [A-Z 1932] « Jacques Bertrand : Chantre wallon du Pays noir », A-Z, no 9, , p. 18-19 (lire en ligne Accès libre). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • [Arcq, Fauconnier et Lardinois 2017] (wa + fr) Jacques Bertrand (édition par Pierre Arcq, Jean-Luc Fauconnier et Jacques Lardinois), Sintèz come èm keûr bat ! : Choix de chansons populaires, Charleroi, Association littéraire wallonne de Charleroi, coll. « Les scrijâdjes du Bourdon », , 112 p., un disque compact inclus (ISBN 978-2-930364-81-0, présentation en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Robert Wangermée et al., Conseil de la musique de la Communauté française de Belgique, Dictionnaire de la chanson en Wallonie et à Bruxelles, Liège, Pierre Mardaga, , 363 p. (ISBN 978-2-87009-600-0 et 2-87009-600-3, lire en ligne), p. 76-77.
  • [Bernier 2001-2002] Xavier Bernier, Tchantans nosse bia lingadje… One saqwè po li scole ! (Mémoire pour l’obtention du Lauréat en Pédagogie Musicale), Namur, Institut de Musique et Pédagogie Musicale de Namur, 2001-2002, 203 p. (lire en ligne Accès libre [PDF]). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Willy Seron, « Bertrand chantre wallon du pays de Charleroi », Carolo Service, (lire en ligne, consulté le ).
  • [Vandereuse 1960] Jules Vandereuse, Les Œuvres Wallonnes de Jacques Bertrand, édition définitive, Charleroi, Éditions de l'Association littéraire wallonne de Charleroi, , 185 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Pierre Arcq et al., Hommage à Jacques Bertrand (1817-1884), Liège, Société de langue et de littérature wallonnes, coll. « Mémoire wallonne » (no 22), , 92 p. (ISBN 978-2-930505-27-5)
    • [Lardinois 2019] Jacques Lardinois, « Le wallon de Jacques Bertrand », dans Hommage à Jacques Bertrand, , p. 25-49. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
    • [Bernier 2019] Xavier Bernier, « Chansonniers en goguette et mélodies baladeuses : La fabrique des chansons au temps de Jacques Bertrand », dans Hommage à Jacques Bertrand, , p. 71-90. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles connexes

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Liens externes

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