Sintèz come èm keûr bat !

chanson en wallon de Jacques Bertrand (texte) sur un air de Joseph-Denis Doche (1819), chanson-culte des habitants de Charleroi

Lolote

Sintèz come èm keûr bat !
Affichage des paroles de Sintèz come èm keûr bat ! en 2022.
Informations générales
Compositeur
Parolier
Interprètes
Bob Dechamps, Julos Beaucarne, Mimile (d), William Dunker, Lès Tchanteûs d' ducace (d), Compost Binde (d), Oscar Sabeau, José Razador (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Langue
Pays
Date de création
Genre
Audio

Sintèz come èm keûr bat ! (/sɛ̃.tɛ kɔm ɛm kø:ʀ ba/[note 1], en français : « Sentez comme mon cœur bat ! ») est une chanson en langue wallonne écrite par Jacques Bertrand vers le milieu du XIXe siècle, vraisemblablement en 1865. Également connue sous le titre Lolote — fréquemment orthographié Lolotte —, elle raconte l'histoire d'une rencontre amoureuse lors d'une fête rurale donnée à l'occasion d'une pendaison de crémaillère.

Adaptée dans différentes variétés linguistiques régionales, la chanson connait un grand succès en Wallonie et en particulier à Charleroi, où elle est considérée comme une chanson emblématique.

À compter des années 1970, elle est associée à la personnalité de Julos Beaucarne, qui la re-popularise sous le titre Lolotte [sic]. Elle connait ensuite de nouvelles orchestrations qui la modernisent, notamment sur l'initiative de William Dunker, qui figure aussi parmi ses interprètes les plus connus.

Auteur et contexte

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Bas-relief en pierre jaune. Sur la partie gauche, un homme habillé en ouvrier, casquette sur la tête, assis devant un bureau la plume à la main ; sa joue repose sur sa main gauche, son effigie est entourée de rameaux de laurier. Sur la partie droite : à l'arrière-plan, un chevalement de mine et des cheminées d'usines ; à l'avant-plan, un cadre portant l'inscription « À Jacques Bertrand, le chansonnier populaire, inauguré le 15 juin 1924 ».
Plaque commémorative anciennement placée sur la maison natale de Jacques Bertrand à Charleroi.

Jacques Bertrand commence à écrire des textes de chansons en français et en ouest-wallon vers l'âge de trente ans[1],[note 2]. Personnalité très liée à l'univers de la chanson, il est un des fondateurs et des auteurs attitrés de la société de bienfaisance Les Braillards (ou Breyards), fondée à Charleroi durant la vogue qui suit le succès de la Société du Caveau[4],[5]. Il compose aussi pour la société chantante Les Mirlitons[5],[note 3]. Plus tard, en 1864, il fonde et préside une troisième organisation appelée La Lyre ouvrière[3],[6]. Son modèle, en matière de chanson, est Pierre-Jean de Béranger[6].

Le wallon de Jacques Bertrand reflète la langue vivante parlée à son époque, qui intègre de nombreux mots empruntés au français[7]. Le philologue Jacques Lardinois observe que « ce registre double [wallon et français] caractérise tous ses textes, même — et peut-être surtout — ceux dans lesquels le discours est le plus naturel, le plus voisin de l'expression orale »[8]. Bertrand ne sait ni lire, ni écrire la notation musicale ; lorsqu'il compose lui-même ses airs, ceux-ci sont donc notés par l'un de ses amis et collaborateurs, Adolphe Miche[9].

Maurice Piron situe la rédaction de Sintèz come èm keûr bat ! en 1865[10]. Sa première publication connue, dans le Journal de Charleroi, est datée du [11].

La chanson

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Un homme corpulent porte un tee-shirt gris sur lequel il est inscrit « Rén qu'd'i pinser, sintèz come èm coeûr bat ! ». Le cadrage ne permet pas de discerner son visage. À l'arrière-plan, des participants à une marche folklorique de l'Entre-Sambre-et-Meuse, en costumes napoléoniens.
Très populaire, le refrain Rén qu' d’î pinsér, sintèz come èm keûr bat ! figure ici sur un tee-shirt.

Sintèz come èm keûr bat ! est écrite sur l'air de la chanson Te souviens-tu ?, composé à l'origine par Joseph-Denis Doche pour la comédie Les Deux Edmond, créée au théâtre du Vaudeville le [12],[13].

La forme de Sintèz come èm keûr bat ! suit la coupe no 4 fournie par Pierre Capelle dans son Tableau des airs par ordre de coupe : de huit vers de dix syllabes, à rimes croisées commençant par une rime féminine[14]. Elle convient donc à plusieurs airs distincts.

Le sujet est la rencontre d'un jeune homme avec une certaine « Lolote » — diminutif usuel wallon du prénom Charlotte, qui donne son titre alternatif à la chanson —, la naissance de ses sentiments amoureux et sa mésaventure lorsque le père de celle-ci s'avise du caractère trop marqué de son intérêt. Jacques Bertrand en fait « un tableau riche en contraste et en coloris », « à la manière de Bruegel »[15]. Il ne s'agit pas d'une histoire autobiographique ; selon la tradition, elle serait en fait inspirée d'une expérience d'un neveu du chansonnier[11],[16]. La Charlotte en question n'a pas été identifiée[17].

Petite église de style composite. Le clocher, de style roman, est en pierre plus ancienne et usée que la nef, de style gothique. Il est surmonté d'une très haute flèche étroite, en ardoise, qui semble constituer la majeure partie de la tour. Les environnements immédiats sont verdoyants, le ciel bleu est parsemé de quelques nuages.
Le « clotchî crawieûs » (« clocher malingre ») de l'église Saint-Laurent de Couillet, évoqué dans la chanson.

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Version chantée à partir des paroles remaniées en wallon unifié.
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Version originale de Jacques Bertrand[note 4]
Traduction en français

Su l' bôrd dè Sambe, èt pièrdu dins l' fuméye,
Wèyéz Couyèt avè s' clotchî crawieûs ?
Ç'èst la qu' dèmeure èm tante Dorotéye,
Veûve dè m'n-onke Andriyin du Cross'teû.
A s' neûve méso, nos-avons fét ribote,
Lundi passè, tout-an pindant l' crama.
Pou l' preumî coûp, c’èst la qu' dj’é vu Lolote ;
Rén qu' d’î pinsér, sintèz come èm keûr bat ! (bis)

Gn-avèt drola lès pus guéys du vilâdje ;
An fét d' couméres, on n'avèt qu' a chwèsi.
On-a r'cinè, a l'ombe du feuyâdje,
Dèvant l' méso, pa d'zous l' gros cèréjî.
Èm bone matante a dèl biêre an boutèye :
Ç' n'èst nén l' fârô qu’èst jamés si bon qu' ça.
Dins s' chique, Lolote èstèt si bén vèrmèye,
Qu' rén d'î pinsér, sintèz come èm keûr bat ! (bis)

I dalèt mieus, lès panses 'stant rimplîyes.
Djan l' Blanchisseû tinguèle ès´ viyolon
Èt dit : « Z-èfants, nos-avons ci dès fîyes
Qui n' dèmand'nut qu'a dansér l' rigodon. »
Â ! Qué pléji ! Què Lolote ét contène !
Après l' quadrîye, on boutèt 'ne mazurka.
Dj'è triyanè an prèssant s’ min dins l' mène ;
Rén qu’ d'î pinsér, sintèz come èm keûr bat ! (bis)

V'la l' swêr vènu, pou dansér chaquin s' prèsse.
L' viyoloneû raclèt avèc ardeûr.
L' biêre èt l' amoûr èm fèyént toûrnér l' tièsse.
Vint noms di chnik ! Djè nadjè dins l' boneûr.
Més l' pa Lolote, an wèyant qu'èle m'ambrasse,
D'in coûp d' chabot m' fét plondji dins l' pûria !
L’ coumére ès´ sôve èyèt mi, djè m' ramasse ;
Cièl ! Qué coûp d' pîd ! Sintèz come èm keûr bat ! (bis)

Djè m' souvéré du crama dè m' matante !
Dj' crwè qu' dj'é l' cripèt câssè ou bén dèsmîs ;
Djè prind dès bins al vapeûr d'ô boulante,
Grignant lès dints tous lès coûps què dj' m'achîd !
Més quand dj' dèvrè skètér m' dérène culote
An m'ampwègnant avè s' mame èyèt s' pa,
Putôt mori què d' vikér sins Lolote !
Rén qu' d'î pinsér, sintèz come èm keûr bat ! (bis)

Sur le bord de la Sambre, et perdu dans la fumée,
Voyez-vous Couillet avec son clocher malingre ?
C'est là qu'habite ma tante Dorothée,
Veuve de mon oncle Adrien « du Béquillard ».
À sa nouvelle maison, nous avons fait une fête fastueuse,
Lundi passé, en pendant la crémaillère.
Pour la première fois, c'est là que j'ai vu Charlotte ;
Rien que d'y penser, sentez comme mon cœur bat ! (bis)

Il y avait là les plus gais du village ;
En ce qui concerne les filles, il n'y avait qu'à choisir.
On a pris le gouter à l'ombre du feuillage,
Devant la maison, sous le grand cerisier.
Ma bonne tante a de la bière en bouteille :
Ce n'est pas le faro qui serait jamais aussi bon que cela.
Dans sa griserie, Charlotte avait si bien rosi,
Que rien qu'à y penser, sentez comme mon cœur bat ! (bis)

Cela allait mieux, les panses étaient remplies,
Jean le Badigeonneur accorde son violon
Et dit : « Enfants, nous avons ici des filles
Qui ne demandent qu'à danser le rigaudon. »
Ah ! Quel plaisir ! Que Charlotte était contente !
Après le quadrille, on attaquait une mazurka.
Je tremblais en serrant sa main dans la mienne ;
Rien que d'y penser, sentez comme mon cœur bat ! (bis)

Voilà le soir venu ; pour danser, chacun se presse.
Le violoneux raclait avec ardeur.
La bière et l'amour me faisaient tourner la tête.
Saperlipopette ! Je nageais dans le bonheur.
Mais le père de Charlotte, en voyant qu'elle m'embrasse,
D'un coup de sabot me fait plonger dans le purin !
La fille se sauve et moi, je me ramasse ;
Ciel ! Quel coup de pied ! Sentez comme mon cœur bat ! (bis)

Je me souviendrai de la crémaillère de chez ma tante !
Je crois que j'ai le coccyx cassé ou bien démis ;
Je prends des bains à la vapeur d'eau bouillante,
Grinçant des dents chaque fois que je m'assieds !
Mais quand bien même je devrais déchirer ma dernière culotte
En m'empoignant avec sa mère et son père,
Plutôt mourir que de vivre sans Charlotte !
Rien que d'y penser, sentez comme mon cœur bat ! (bis)

Un des personnages mis en scène est Jean-Laurent Deval (1816-1884), un musicien originaire de Thiméon, bien connu à l'époque sous les surnoms Djan d' Tumion (« Jean de Thiméon »), Djan d' Zèbos (« Jean d'Azebois », du nom d'un hameau de Thiméon), Djan du Bagâdje (« Jean du Déménagement ») et Djan l' Blanchisseû (« Jean le Blanchisseur, le Badigeonneur »)[11],[17]. C'est ce dernier sobriquet qui est cité dans la troisième strophe.

Sur le plan formel, la chanson présente des archaïsmes tels que « dè Sambe » (désignation de la rivière Sambre sans article)[19] et « Lolote ét contène » (ancienne forme conjuguée du verbe « être »)[20], de même que deux gallicismes (« ô » — « eau » — employé à la place d’« eûwe »[8] et « ampwègnant » employé à la place d'« apougnant »[10]). Bertrand fait compter les e atones dans la mesure des vers, suivant les règles de la métrique française[21],[note 5].

Interprétations

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Dans les dernières années du XIXe siècle, Sintèz come èm keûr bat ! est interprétée par des chanteurs renommés localement comme Jules Cognioul[note 6],[25]. À compter des années 1930, elle est régulièrement retransmise à la radio, dans des versions chantées par Oscar Sabeau[26],[27], Modeste Molle[28], René Godeau[note 7],[30],[31]…

Dans la seconde moitié du XXe siècle, elle est encore interprétée et enregistrée par de nombreux chanteurs ou groupes belges : Bob Dechamps[12], Julos Beaucarne sur ses disques Chandeleur septante-cinq (1975)[32] et La P'tite Gayole (1980)[33], Georges Legrand et son orchestre sur leur disque La Farandole des provinces wallonnes (1976)[34], La Girolle[note 8] sur son disque Semer le soleil (1979)[36], Amici cantores[note 9] sur son disque Chantons ensemble les plus beaux airs wallons (1982)[38].

William Dunker, qui l'a chantée sur scène avec Beaucarne[39], l'enregistre à trois reprises « à la manière d’une ballade irlandaise[15] » : d'abord sous son pseudonyme « Alfred », en duo avec l'accordéoniste Marc Keiser, sur le disque Nameûr, Sambe et Moûse (1996), puis sur son disque Ça va bén (2007)[40] et enfin pour son album live Vikant au Sablon (2015). Après lui, plusieurs interprètes s’approprient encore le titre : Compost Binde (wa) sur son disque Èvôye (2014), Lès Tchanteûs d' ducace (wa)[41], Mimile (wa)[12].

La version enregistrée par Beaucarne présente des variantes par rapport à la mélodie originale, ce qui laisse supposer une transmission partiellement orale[42],[note 10].

Un homme âgé de demi-profil, aux cheveux blancs mi-longs, qui regarde vers sa gauche. Il porte un pullover tricoté, à dominante rouge, une écharpe orange et des lunettes rectangulaires. On devine, pendue à un cordon passé autour de son cou, une seconde paire de lunettes.
Un homme de forte corpulence, au crâne rasé, qui porte des lunettes fines et un bouc. Il est vêtu d'un teeshirt noir et d'une chemise à rayures verticales, sombre également. Il regarde directement l'objectif ; la photo est légèrement surexposée.
Un guitariste (guitare acoustique) joue assis devant une table de bois, sur laquelle on aperçoit des bouteilles de bière. Il porte un pullover tricoté, de couleur sombre ; sa veste en cuir noire est posée sur le dossier de sa chaise. Son visage apparait de demi-profil car il regarde vers sa droite ; il est imberbe et porte ses cheveux gris coiffés vers l'arrière.
Un musicien est debout face à un micro sur pied et un pupitre. Son prénom (Pascal) est brodé en rouge sur sa chemise noire ; il porte un foulard rouge et blanc, traditionnel dans les milieux folkloriques wallons. Il est coiffé d'un fédora dont le motif imite une peau de zèbre et porte des lunettes à la monture sombre.
Quatre interprètes de Sintèz come èm keûr bat ! : Julos Beaucarne, William Dunker, Vincent « Mimile » Delire et Pascal Héringer (wa), le chanteur principal des Tchanteûs d' ducace.

En 1992, Sintèz come èm keûr bat ! est sélectionnée parmi les 13 chants wallons du Pays de Grétry qui sont enregistrés par Amici cantores à la suite de l'opéra Lucile d'André Grétry, dirigé par Henri-Emmanuel Koch, sur un disque du label Duchesne. L'interprète est alors José Razador (1935-2017)[44].

Postérité

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Un homme vêtu d'une veste en cuir et d'un pantalon sombre fait face à l'objectif, debout, dans une pose décontractée. Il croise les jambes et étend les bras, à la hauteur de ses épaules, pour les appuyer sur une paroi de bois semblable à une porte d'écurie, sur laquelle des inscriptions à la craie semblent à moitié effacées. Le numéro 13, en lettres blanches sur un petit panneau, est affiché exactement au-dessus de sa tête.
Julos Beaucarne en 1970. C'est sa reprise de Sintèz come èm keûr bat !, en 1975, qui remet le titre à l'honneur[45].

Sintèz come èm keûr bat ! est rapidement diffusée à l'écrit, d'abord dans le Journal de Charleroi du [11], puis dans des recueils rassemblant l'œuvre de Jacques Bertrand[46]. Le premier de ceux-ci, qui parait chez Cador à Charleroi en 1867[47], est suivi de nombreux autres, notamment à l'enseigne Aux 100.000 Chansons[48],[note 11] ; on dénombre 14 éditions des chansons de Bertrand entre cette date et 1933[51].

Depuis 1936, le carillon du beffroi de l'hôtel de ville de Charleroi joue quarante mesures de la mélodie de Sintèz come èm keûr bat ! à chaque heure trente[2],[52],[note 12]. En 1979, le philologue Maurice Piron décide d'inclure Jacques Bertrand parmi les auteurs de sa grande Anthologie de la littérature dialectale de Wallonie ; Sintèz come èm keûr bat ! est alors le seul titre qu'il sélectionne[53].

Progressivement, la chanson commence à être désignée par un titre alternatif, Lolote (habituellement orthographié avec un seul t, en vertu des principes de transcription du système Feller)[note 13]. Dans les années 1960, elle est encore intitulée Sintet comme em cœur bat [sic] lorsqu'elle est commercialisée par Pathé Records — avec le titre L'Accordéoneu — dans plusieurs disques 45 tours de Bob Dechamps. En 1975, en revanche, elle est diffusée sous le titre Lolotte[note 14] par Julos Beaucarne, sur son disque Chandeleur septante-cinq. Postérieurement, c'est cette désignation qui devient la plus familière du grand public. Aujourd'hui, Sintèz come èm keûr bat ! est donc mieux connue sous le titre Lolote[55],[56].

Dans les années 2000, elle a acquis un statut de « chanson culte » à Charleroi. Comme l'écrit le journaliste Martial Dumont[note 15] :

« “Lolotte” [sic], c'est leur chanson. La chanson de tous les Carolos de cœur. “Lolotte”, on ne la chante pas, on la vit. Intensément. Nostalgiquement. Parce que “Lolotte” n'est pas de Charleroi, c'est Charleroi. Ces images qu'on imagine tout droit sorties d'un tableau de Paulus, cette vie dans le bassin industrieux, les ribotes d'antan, comme quand c'était le temps d'avant, où la vie était frugale peut-être, mais où les bonheurs simples avaient encore un sens. Dans cette chanson, on sent toute la ferveur et la chaleur du Carolo[59]. »

La ville de Charleroi a rebaptisé une rue de Couillet — la localité évoquée dans la chanson — rue Lolote, en référence à la chanson[note 16].

Des panneaux circulaires ont été fixés sur un poteau, visiblement dans un parc public. Sur celui du haut, de couleur jaune, on peut lire « A s'neuve méso, nos avons fét ribote, lundi passé » ; sur celui du bas, de couleur noire, on peut lire « tout en pindant l'crama, pou l'preumî coûp ». Le mot-dièse #WalloCharleroi est lisible sur les deux panneaux.
Des panneaux circulaires ont été fixés sur un poteau, visiblement dans un parc public. Sur celui du haut, de couleur rouge, on peut lire « c’èst la qu'dj’é vu Lolote, » ; sur celui du bas, de couleur jaune, on peut lire « Rén qu'd’î pinsér, sintèz come èm coeûr bat / Jacques Bertrand  ». Le mot-dièse #WalloCharleroi est lisible sur les deux panneaux.
Affichage des paroles de Sintèz come èm keûr bat ! à Charleroi, à l'occasion des Fêtes de Wallonie 2022.

Notes et références

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  1. ↑ Prononciation retranscrite selon la norme API.
  2. ↑ Vers 1851, selon plusieurs sources[2],[3] ; il aurait alors eu 33 ou 34 ans.
  3. ↑ Selon Jules Lemoine, Les Mirlitons seraient en fait la « phalange musicale » des Breyards[3].
  4. ↑ Les paroles sont reproduites ici sur base de l'édition scientifique la plus récente[18].
  5. ↑ En règle générale, la métrique wallonne recourt quant à elle à un vers « oral », ainsi nommé car il compte les seules syllabes prononcées, contrairement aux usages du calcul des syllabes dans le vers français[22].
  6. ↑ Jules Cognioul est un patron d'usine de chaudronnerie et un chanteur autodidacte, né à Marcinelle en 1872 et y mort en 1952. En 1893, il entre à la Chorale carolorégienne ; en 1895, il cofonde la société philanthropique des Buttoëres et, l'année suivante, le Cèrque wallon d' Châlèrwè. Il est surtout connu en tant que philanthrope et comme auteur de la chanson En Wallonie[23],[24].
  7. ↑ Né à Bruxelles en 1905 et mort à Montigny-le-Tilleul en 1992, René Godeau est employé dans l'industrie verrière. Après un parcours de soliste dans des chorales de jeunes, il fonde et anime différents groupes : Les Moissonneurs de Belgique, l'Association littéraire et artistique de Courcelles, la Nouvelle Équipe, la Joyeuse Sarabande. Il est l'auteur de nombreuses chansons en langue wallonne et a produit, de 1945 à 1970, différentes émissions dédiées à la chanson pour Radio-Hainaut[29].
  8. ↑ Ensemble de chant choral lovervalois fondé en 1964 par Albert-Noël Fontaine[35].
  9. ↑ Ensemble de chant choral carolorégien fondé en 1964 et dirigé par Jean Biot[37].
  10. ↑ Julos Beaucarne, en interview, a confirmé que Sintèz come èm keûr bat ! lui a été transmise par tradition orale[43].
  11. ↑ Cet établissement, fondé par E. V. Pasque et les sœurs Christiaens au 3-5 passage de la Bourse à Charleroi, ne doit pas être confondu avec l'enseigne du même nom tenue à Bruxelles, 39 rue des Bouchers, par l'auteur-éditeur Noël Desaux[49],[50].
  12. ↑ Il joue d'autres compositions de Jacques Bertrand — Pays de Charleroi, Raculotons-nous et Èl quénzène ô Manbour — à l'heure pile, à l'heure quinze et à l'heure quarante-cinq[52].
  13. ↑ Cet usage est déjà attesté en 1923, dans un compte-rendu des festivités de la Saint-Éloi à Charleroi, lors desquelles elle est alors souvent chantée par les métallurgistes[54].
  14. ↑ Orthographié avec deux t sur le disque.
  15. ↑ Martial Dumont est diplômé de l'École d'interprètes internationaux pour les langues anglaise et danoise. Il est attaché de presse et journaliste de profession. En 2006, il est employé par L'Avenir[57] ; en 2025, il est rédacteur en chef de Télésambre[58].
  16. ↑ Elle était auparavant appelée rue du Major[60].

Références

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  1. ↑ Arcq, Fauconnier et Lardinois 2017, p. 3.
  2. 1 2 Marie Dewez, « Bertrand Jacques : Charleroi 18/11/1817, Charleroi 30/07/1884 » Accès libre, sur Connaître la Wallonie, Région wallonne (consulté le ).
  3. 1 2 3 Lemoine 1885, p. 10.
  4. ↑ Arcq, Fauconnier et Lardinois 2017, p. 4.
  5. 1 2 Bernier 2019, p. 81.
  6. 1 2 Bernier 2019, p. 82.
  7. ↑ Bernier 2001-2002, p. 47.
  8. 1 2 Lardinois 2019, p. 33.
  9. ↑ Lemoine 1885, p. 11.
  10. 1 2 Piron 1979, p. 178.
  11. 1 2 3 4 Vandereuse 1960, p. 94.
  12. 1 2 3 Bernier 2019, p. 73.
  13. ↑ Marlène Belly, Judith le Blanc, Bertrand Porot, Alice Tacaille et Jean Vignes, avec la collaboration de Claire Sicard, « Chansons et politique pendant la Restauration : le cas d’Émile Debraux », Actes de colloques et journées d’étude, Publications numériques du CÉRÉdI « Chanter sur l’air de… Usages et pratiques des timbres du Moyen Âge à nos jours », no 32,‎ (lire en ligne Accès libre).
  14. ↑ Bernier 2019, p. 83.
  15. 1 2 Charlier 2015-2016, p. 15.
  16. ↑ P.N., « La Cocarde 1980 de l'Association Littéraire Wallonne de Charleroi est remise au Couilletois Robert Stainier », Le Peuple, no 75,‎ , p. 13 (lire en ligne Accès libre).
  17. 1 2 Arcq, Fauconnier et Lardinois 2017, p. 38.
  18. ↑ Arcq, Fauconnier et Lardinois 2017, p. 34-37.
  19. ↑ Piron 1979, p. 176.
  20. ↑ Arcq, Fauconnier et Lardinois 2017, p. 40.
  21. ↑ Piron 1979, p. 177.
  22. ↑ Maurice Piron, Poètes wallons d'aujourd'hui, Bruxelles, Labor, coll. « Espace Nord » (no 198), (ISBN 2-8040-1973-X), p. 16.
  23. ↑ Dictionnaire de la chanson, p. 107-108.
  24. ↑ Paul Delforge, « Cognioul Jules : Marcinelle 1872, Marcinelle 01/10/1952 » Accès libre, sur Connaître la Wallonie, Région wallonne (consulté le ).
  25. ↑ « Le concert Jacques Bertrand », La Gazette de Charleroi, 17e année no 281,‎ , p. 2 (lire en ligne Accès libre).
  26. ↑ « Samedi 24 septembre : 17 heures », Le Radio, 8e année no 446,‎ , p. 21 (lire en ligne Accès libre).
  27. ↑ « Samedi 24 septembre : 17 heures », Le Moustique, 14e année no 38,‎ , p. 75 (lire en ligne Accès libre).
  28. ↑ « Dimanche : 17 heures », Le Radio, 9e année no 485,‎ , p. 7 (lire en ligne Accès libre).
  29. ↑ Dictionnaire de la chanson, p. 176-177.
  30. ↑ « Vendredi : 20 heures », Le Moustique, 27e année no 1389,‎ , p. 46 (lire en ligne Accès libre).
  31. ↑ « Vendredi : 21 heures », Le Moustique, 27e année no 1404,‎ , p. 45 (lire en ligne Accès libre).
  32. ↑ Bernier 2019, p. 72-73.
  33. ↑ « Julos Beaucarne – La P'tite Gayole » Accès libre, sur Discogs (consulté le ).
  34. ↑ « Georges Legrand Et Son Orchestre* – La Farandole Des Provinces Wallonnes » Accès libre, sur Discogs (consulté le ).
  35. ↑ « La Girolle a 50 ans… », Le Petit Lovervalois, 26e année no 270,‎ , p. 2 (lire en ligne Accès libre).
  36. ↑ « La Girolle – Semer Le Soleil » Accès libre, sur Discogs (consulté le ).
  37. ↑ Jean-François Egueur, « Vingt-cinq ans et un onzième disque », Le Soir,‎ (lire en ligne Accès payant).
  38. ↑ « Disques avec notamment la Marche des Chasseurs Ardennais chantée et la “Chanson-Marche” des Chasseurs Ardennais », Le Chasseur Ardennais, Fraternelle des Chasseurs ardennais, 37e année no 131,‎ 3e trimestre 1982, p. 7 (lire en ligne Accès libre).
  39. ↑ Dumont 2007, p. 67.
  40. ↑ « William Dunker – Ça va bén » Accès libre, sur Discogs (consulté le ).
  41. ↑ Arcq, Fauconnier et Lardinois 2017, 4e de couverture.
  42. ↑ Bernier 2019, p. 87.
  43. ↑ Julos Beaucarne, cité dans Bernier 2001-2002, p. 163.
    « Je les connaissais d’abord par tradition orale. Je connaissais Lolote, Li mouchon d’Aunia… J’étais du centre et je les entendais aux mariages, etc. »
  44. ↑ « Notice bibliographique » Accès libre, sur Catalogue général, Bibliothèque nationale de France (consulté le ) (BNF 38241540).
  45. ↑ Bernier 2001-2002, p. 45.
  46. ↑ Fauconnier 2019, p. 55.
  47. ↑ Fauconnier 2019, p. 56.
  48. ↑ Émile Lempereur, Essai de catalogue d'une bibliothèque de littérature et de folklore wallons : 1890-1947, Bruxelles, Labor, , p. 53.
  49. ↑ Dictionnaire de la chanson, p. 146-147.
  50. ↑ Christophe Pirenne, « Introduction à l'histoire de la musique en Belgique durant la Première Guerre mondiale », Koregos,‎ (e-ISSN 2034-9548, lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  51. ↑ Arcq, Fauconnier et Lardinois 2017, p. 9.
  52. 1 2 Fauconnier 2019, p. 67.
  53. ↑ Piron 1979, p. 176-178.
  54. ↑ « Ephémérides », La Gazette de Charleroi, 46e année no 338,‎ , p. 2 (lire en ligne Accès libre).
  55. ↑ Michel Francard, Wallon, picard, gaumais, champenois : Les langues régionales de la Wallonie, Bruxelles, De Boeck, (ISBN 978-2-8011-1736-1), p. 136.
  56. ↑ Baptiste Frankinet, « Panorama de la littérature en langues régionales romanes de Wallonie » Accès libre, sur Objectif plumes, Fédération Wallonie-Bruxelles, (consulté le ).
  57. ↑ Dumont 2007, 4e de couverture.
  58. ↑ Jean van Kasteel, « Le MR veut la démission d'un journaliste: Martial Dumont, rédacteur en chef de la télévision locale de Charleroi Télésambre, reste en poste », L'Avenir,‎ (lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  59. ↑ Dumont 2007, p. 86.
  60. ↑ « Liste - Changement nom de rue » Accès libre [PDF], sur Ville de Charleroi, (consulté le ).

Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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Ouvrages consacrés à Jacques Bertrand

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  • [Lemoine 1885] « Jacques Bertrand et Albert Thibaut : Chansonniers populaires Carolorégiens », dans Jules Lemoine, Horace Piérard, fabuliste & chansonnier wallon : Sa biographie et ses œuvres précédées d'une étude sur Jacques Bertrand et Albert Thibaut, Charleroi, Librairie Surin, (lire sur Wikisource), p. 5-51. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • [Vandereuse 1960] Jules Vandereuse, Les Œuvres Wallonnes de Jacques Bertrand, édition définitive, Charleroi, Association littéraire wallonne de Charleroi, , 185 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • [Piron 1979] (wa + fr) « Jacques Bertrand (1817-1884) », dans Maurice Piron (préf. Jean Remiche), Anthologie de la littérature dialectale de Wallonie : Poètes et prosateurs, Liège, Mardaga, (ISBN 2-87009-556-2), p. 176-178. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • [Arcq, Fauconnier et Lardinois 2017] (wa + fr) Jacques Bertrand (édition par Pierre Arcq, Jean-Luc Fauconnier et Jacques Lardinois), Sintèz come èm keûr bat ! : Choix de chansons populaires, Charleroi, Association littéraire wallonne de Charleroi, coll. « Les scrijâdjes du Bourdon », , 112 p., un disque compact inclus (ISBN 978-2-930364-81-0, présentation en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Pierre Arcq et al., Hommage à Jacques Bertrand (1817-1884), Liège, Société de langue et de littérature wallonnes, coll. « Mémoire wallonne » (no 22), , 92 p. (ISBN 978-2-930505-27-5)
    • [Lardinois 2019] Jacques Lardinois, « Le wallon de Jacques Bertrand », dans Hommage à Jacques Bertrand, , p. 25-49. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
    • [Fauconnier 2019] Jean-Luc Fauconnier, « Jacques Bertrand dans la littérature en wallon carolorégien », dans Hommage à Jacques Bertrand, , p. 51-69. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
    • [Bernier 2019] Xavier Bernier, « Chansonniers en goguette et mélodies baladeuses : La fabrique des chansons au temps de Jacques Bertrand », dans Hommage à Jacques Bertrand, , p. 71-90. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Autres ouvrages

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Liens externes

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