Montigny-le-Tilleul

commune de Wallonie (Belgique)

Montigny-le-Tilleul (en wallon Montgneye-Tiyoû, localement Mont’gnî[2]) est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut, ainsi qu’une localité du même nom ; parfois écrit de cette manière, « Montignies-le-Tilleul »[2] ; où siège son administration.

Montigny-le-Tilleul
Montigny-le-Tilleul
L’ancien château Wilmet, aujourd'hui la maison communale.
Blason de Montigny-le-Tilleul
Héraldique
Image illustrative de l’article Montigny-le-Tilleul
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement Charleroi
Bourgmestre Marie Hélène Knoops[1] (MR)
Majorité MR
Sièges
MR
Ensemble
PS+
21
13
4
4
Section Code postal
Montigny-le-Tilleul
Landelies
6110
6111
Code INS 52048
Zone téléphonique 071
Démographie
Gentilé Montagnard·e
Population
– Hommes
– Femmes
Densité
10 110 (2026)
47,13 %
52,87 %
663,82 hab./km2
Pyramide des âges
– 0–17 ans
– 18–64 ans
– 65 ans et +
()
17,01 %
56,68 %
26,31 %
Étrangers 7,31 % ()
Taux de chômage 11,25 % (2022)
Revenu annuel moyen 22 836 €/hab. (2021)
Géographie
Coordonnées 50° 22′ 46″ nord, 4° 22′ 47″ est
Superficie
– Terr. non-bâtis
– Terrains bâtis
– Divers
15,23 km2 (2023)
53,7 %
25,06 %
21,24 %
Localisation
Localisation de Montigny-le-Tilleul
Localisation de la commune dans l’arrondissement de Charleroi et la province de Hainaut
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Montigny-le-Tilleul
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Liens
Site officiel www.montigny-le-tilleul.be
Le centre de Montigny-le-Tilleul.

Elle est née le de la fusion de Montignies-le-Tilleul et Landelies.

Toponymie

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  • 868 : Montiniacum : endroit montueux.
  • 1277 : Montegni-le-Tigneux : Montigny-le-galeux, le-pouilleux ou du-teigneux (en wallon : tîgneu).
  • Sous l'administration française au début du XIXe siècle, Montigny-le-Tigneux laisse la place à Montigny-le-Tilleul dans les actes d'état-civil.
  • Après l'indépendance de la Belgique en 1830, l'on retrouve alternativement les deux orthographes, Montignies-le-Tilleul et Montigny-le-Tilleul dans les actes officiels.
  • 1976 : lors de la fusion des communes, l'orthographe Montigny-le-Tilleul est définitivement retenue[Note 1].

Géographie

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Situation

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Montigny-le-Tilleul est situé dans la province de Hainaut en Wallonie, la commune est située dans le Pays de Charleroi et au nord-est de la Thudinie et elle fait partie de l'arrondissement de Charleroi.

Communes limitrophes

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Localités limitrophes

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L'ancienne commune de Montignies-le-Tilleul est entourée par les localités de : Marchienne-au-Pont, au nord-est ; Mont-sur-Marchienne, à l'est ; Jamioulx et Marbaix-la-Tour, au sud-est ; Gozée au sud ; Landelies à l'ouest et Leernes au nord-ouest.

Sections de commune

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#NomSuperf.
(km²)[3]
Habitants
(2025)[3]
Habitants
par km²
Code INS
1Montignies-le-Tilleul11,339.00579552048A
2Landelies3,901.16529952048B

Géographie physique

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La commune est traversée par la Sambre et bordée à l'est par son affluent l'Eau d'Heure. Son altitude varie de 100 mètres au niveau de la Sambre à 215 mètres dans le quartier Vésale. Le relief est parfois accidenté avec des affleurements de rochers surtout en bord de Sambre qui a creusé une profonde vallée entre les terrains gréseux et calcaires.

Sur le plan géologique, Montigny-le-Tilleul est traversé par la Faille du Midi séparant le synclinal de Namur au nord et le synclinal de Dinant au sud qui s'incurve vers le sud formant l'anse de Jamioulx. Pour cette raison, son sous-sol est constitué d'une variété de composants tels des gisements de fer et de houille, du grès du Famennien supérieur, du schiste et des calcaires de la deuxième moitié de l’ère primaire (il y a +/- 350 millions d’années). En bord d'Eau d'Heure et le long de la Sambre à Landelies, le plissement hercynien a dressé les couches de roches calcaires, déposées au fond de la mer tropicale du Carbonifère qui occupait le territoire à cette époque[4].

Quartiers et lieux-dits

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Montigny-le-Tilleul

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  • Plagne. La forme ancienne Alle Plaigne (1315), puis Plagne (1739), Plane (1777), La Plane (1787), La Planne (1791) désigne une haute colline jadis utilisée comme champ banal pour les troupeaux. Le toponyme apparaît aussi sous les formes La Plagne et La Plaigne dans les contributions de l’an V. En wallon : Plagne. Selon les analyses toponymiques, le nom dériverait soit de la plaine (aspect du site), soit du wallon plane, désignant le platane ou l’érable plane, arbre pionnier colonisant les sols pauvres[5]. La colline, autrefois appelée le mont, est aujourd’hui largement entamée au levant et au nord‑est par des carrières de castine, qui lui donnent un relief abrupt et presque sauvage. La végétation y reste maigre : serpolet, lotier, arrête‑bœuf, prunelliers. Des toponymes voisins présentent des formes similaires : les Planeresses (Bernister, Malmedy) et la Pagne (hauteurs de Leernes)[6].
  • Pont-à-Nôle. Le Pont‑à‑Nole est un pont franchissant l’Eau d’Heure et reliant Montigny‑le‑Tilleul à Mont‑sur‑Marchienne[7]. Les formes anciennes du toponyme pontanoulle (1650‑1773) et pont anoulle (1646‑an V) dérivent de l’ancien verbe anouller, « jeter, faire plonger »[7]. Selon la tradition locale, le nom ferait allusion au geste des enfants du village lançant des pierres depuis l’ancienne passerelle pour les voir plonger dans l’eau[7].
  • Bomerée. Bomerée dérive d’un anthroponyme germanique (Bomar / Bodmar) suivi du suffixe latin -iacus, devenu -ée après les évolutions phonétiques du haut Moyen Âge. Le nom apparaît sous les formes Bormerée (1315), Bormerées / Bourmerées (1381) puis Bommerée (1553)[8]. En wallon : Bonm'réye. Bermar → BermariacasBermereis → Biesmerée, Rothmar → RothmariacasRomereias → Romerée, Bodmar → BodmariacasBodmereias → Bomerée autres noms voisins : Gozée (Gozo), Berzée (Berico)[9]. Le village conserve un noyau ancien (Vert-Bois, Eau d’Heure) et un château mentionné dans Les délices du Pays de Liège de Saumery[9].
  • Warichais. Le Warichais est un lieu‑dit situé à proximité immédiate de l’église du village, le long de la route menant à Bomerée[10]. Le toponyme est attesté dès les premières mentions conservées dans la charte médiévale relative au territoire[10]. Le terme Warichais dérive du mot wallon warichâ / warichais, lui‑même issu de wari ou warî, signifiant trieu, c’est‑à‑dire un terrain communal ou espace banal situé à la jonction de plusieurs chemins[10]. Ce type de lieu servait traditionnellement de carrefour, de pâture collective ou de point de rassemblement pour les communautés rurales. Dans la toponymie wallonne, le terme est largement répandu, témoignant de l’importance historique des espaces communaux dans l’organisation des villages et des réseaux de circulation anciens[10].
  • Genly. Le toponyme Genly, situé près de la Jambe‑de‑Bois sur la Sambre, a été rapproché du village hennuyer portant le même nom. Selon Chotin, aujourd’hui dépassé, le nom dériverait de genêt, le préfixe gen- résultant d’une élision phonétique. Le lieu signifierait ainsi « terrain à genêts » ou « lande » (genêt‑li)[11]. Une autre hypothèse, proposée par Carnoy, rattache Gentlinium au domaine d’un propriétaire gallo‑romain nommé Gentilius. L’aspect sauvage du site semble toutefois mieux correspondre à l’interprétation botanique. Le nom n’apparaît dans les archives qu’à la fin du XVIIIe siècle[12]. La Jambe‑de‑Bois et Genly désignent localement un ensemble de points remarquables : cascade de la Sambre, ponts, carrières, écluse no 10 et les ponts ferroviaires no 13 et 14. Ce secteur, autrefois animé par un chantier naval, offrait un paysage surnommé « petite Suisse », où la Sambre prend l’ampleur d’un fleuve[13].
  • Flanolle. Le toponyme Flanolle apparaît sous diverses formes anciennes : Flanolle en 1690, Flanoulle en 1748 et Flannolle en 1754. On désignait autrefois sous le nom de « petite Flanolle » ou « petite Flanoulle » l’endroit correspondant aujourd’hui au lieu-dit al Flannôle[13]. Une mention de 1748 signale « une terre tenant au levant au Tronquois, et au midi à la petite Flanoulle », ce qui indique que le lieu-dit s’étendait plus loin vers Bomerée, à l’ouest du chemin, pour former ce que l’on appelait la grande Flanolle. L’endroit se caractérise par un paysage pastoral harmonieux, encadré de prés et de métairies[13]. L’étymologie du nom demeure inconnue, bien qu’un rapprochement soit parfois proposé avec Flanière, dépendance de Ransart, qui pourrait partager le même radical[13].
  • Sart-Madame. Le Sart‑Madame est une petite exploitation agricole située sur le territoire de l’ancienne seigneurie de Bomerée, dans l’actuelle région de Charleroi. L’ensemble occupe une position méridionale à la limite du plateau d’Argentine, zone géographique caractérisée par ses terres légèrement ondulées et traditionnellement vouées à l’agriculture[7]. L’origine du toponyme Sart‑Madame est généralement attribuée à une douairière de Bomerée, qui aurait souhaité y établir une petite résidence rurale, parfois comparée de manière imagée à un « petit Trianon ». Cette interprétation s’inscrit dans la tradition locale liant certains lieux-dits à des propriétaires nobles ayant marqué l’histoire foncière de la région[7].
  • Grand-Chemin. Le Grand-Chemin constitue l’extrémité du village située devant le site de l'ancien château d’Argentine, à proximité immédiate des bois de Terlon et du bois du Prince, sur la limite territoriale séparant Gozée de Marbaix-la-Tour[13]. Ce hameau tire son appellation de l’ancien chemin de grande largeur, remarquable pour son époque, qui le traversait en direction du lieu-dit des Trois Tilleuls[13]. Cette voie constituait alors l’un des axes de communication majeurs de la région. Jusqu’à l’aménagement de routes plus modernes, la seule voie praticable reliant Charleroi à Mons empruntait ce tracé. Elle était connue sous le nom de grande voye ou grand chemin, témoignant de son importance stratégique dans le réseau routier ancien[13].
  • Jambe-de-Bois. Jean Colette, surnommé « La Jambe de Bois », était un habitant de Leernes et un ancien soldat des armées napoléoniennes. Originaire du village, il participa aux campagnes d’Espagne, au cours desquelles il perdit une jambe. À son retour, il s’établit dans une petite maison située en face de l’écluse locale[13]. Il y vécut jusqu’à sa mort en 1850. Une tradition orale rapportait autrefois qu’il aurait exercé la fonction de passeur d’eau à proximité de son domicile. Cette affirmation relève toutefois davantage de la légende populaire que de faits historiquement attestés[13].
  • Le Corby. Le Corby est un hameau rural situé au pied du plateau d’Argentine, dans le hameau de Bomerée. Il conserve un caractère traditionnel marqué, avec une implantation linéaire le long d’un chemin ancien qui serpente vers l’école de la section. À son extrémité, la voie se divise en deux branches : l’une se dirige vers l'école de Bomerée, tandis que l’autre s’oriente vers la Bauche et le ruisseau d’Argentine[14]. Mentionné en 1692 sous la forme l’héritage du Corby (Registre de la cure, no 2, f° 44), le lieu apparaît également en wallon sous la forme Côrby[14]. L’étymologie semble liée au vieux français corbillon, signifiant « coin » ou « angle ». Cette origine s’accorde avec la configuration du site : le chemin du Corby forme en effet un angle marqué à son embranchement avec le chemin de la Carpette, point d’articulation du hameau[14].
  • Les Argentines. Le Plateau d'Argentine est un relief localisé sur le site dit de Belle Vue, en bordure duquel s’élevait le château moderne d’Argentine. Il se présente comme une butte herbeuse et florale offrant un point de vue marqué sur les environs[15]. Le nom français Argentine dérive de la potentille argentée, plante qui couvrait autrefois le plateau et lui donnait un aspect argenté lorsque la floraison était abondante[16]. En wallon, le lieu est désigné Taye d'ârdjètène. Le plateau et ses aménagements sont attestés dès le début du XVIIe siècle[15]. Un acte daté de 1612 mentionne la fontaine d’argetenne. Un château s'était implanté en bordure du plateau à une époque postérieure[16].
  • Les Aulniats, il est situé près du M de Bomerée, ce nom vient d'un endroit plantés d'aulnes[17].
  • Faubourg-Faubourg Saint-Lazare.
  • Beaucory. Nom formé de beau et de cory, désignant le coudrier ou noisetier. Coryletum signifie bois de coudriers. Cory vient du latin corylus, coudrier ou noisetier. Coryletum désigne un bois de coudriers[18].
  • Saint-Martin. Le mont Saint-Martin (Mons Martini) est mentionné dès 868 comme limite septentrionale de l’Enclos de l’abbaye de Lobbes[19]. En 973, l’empereur Othon II confirme ces frontières, précisant que l’enceinte monastique s’étend du ruisseau de Lodose aux confins d’Anderlues, du mont Saint‑Martin à la rivière d’Heure[19]. L’Enclos englobait ainsi un vaste territoire comprenant Mont‑Sainte‑Aldegonde, le mont Saint‑Martin (alors dépendance de Montiniacus), Ansuelle à Anderlues, Hantes et Ossogne à Thuillies[19].
  • La Chapelle, lieu-dit situé à la jonction avec la rue de Gozée et de Marchienne.
  • Malfalise-Malfalim, situés au nord-ouest de la rue de Gozée.
  • Vésale, où se situe l'hôpital du même nom.
  • Bois-du-Prince, il se situe à l'ouest de la route de Gozée.
  • Éden-Parc, à l'angle nord du carrefour formé par les rues de Gozée et d'Aulne[20].
  • Trieu-Menreau. Parfois orthographié Try Henraux dans les sources anciennes désigne un lieu‑dit attesté dès 1784, situé entre la Carpette et le Grand‑Chemin dans le territoire villageois[14]. En wallon, il apparaît sous la forme Try Henrot, rattaché à la région 4 et à la cure du même secteur[14]. L’origine du toponyme semble liée à la présence, au XVIIe siècle, de la famille Henraux, dont François Henraux et Simon Henraux sont mentionnés parmi les habitants du village en 1681[14].
  • Vert-Bois, situé entre le ruisseau de Bernobus et le M de Bomerée[17].
  • Les Renards, situé à l'ouest de la rue de Gozée près de l'hôpital André Vésale.
  • Trieu-Maillart, lieu-dit qui touche l'Eau d'Heure à Bomerée[17].
  • Tombois. Le Tombois désigne la place du village, plus précisément ses côtés ouest et nord‑ouest. Cette dénomination apparaît dans une charte datée de 1315, ce qui en fait l’un des toponymes les plus anciens attestés du territoire[21]. Sur le plan étymologique, Tombois est rapproché des formes anciennes tombel et tumulus, renvoyant à l’idée d’un tombeau gallo‑romain ou d’un relief funéraire[21]. Cette interprétation suggère l’existence, à cet emplacement ou à proximité, d’un vestige protohistorique ou antique. En wallon, le terme est conservé sous la forme tombwès, témoignant de la continuité linguistique régionale[21].
  • Forte-Taille, situé au nord-est du R3, un charbonnage se trouvait à cet endroit.
  • Cité Verte, situé à l'ouest de la rue de Gozée près de l'hôpital André Vésale.
  • Chêne Bonnet, situé à l'est de la rue de Gozée au nord de l'hôpital Vésale.
  • Plein Sud il se situe à la limite de Jamioulx.
  • Le Fayat, situé à côté du ruisseau de Bernobus, il vient du mot hêtre[17].
  • Vallée des Pommiers, il se situe au sud de la rue de Landelies.
  • Calvaire.
  • Les Sartis.

Landelies

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Landelies village, Pont-du-Déversoir, Mouchoirs, Morgnies, Le Vigna et Les Piges.

  • Bois Frion, il désigne le bois qui descend sur Landelies. Le nom vient du wallon, Friyon, la linotte (gris fion), et le verdier (vert friyon)[22].
  • Bois de la Grattière.
  • Bois de Gozée.

Hydrographie

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Montigny‑le‑Tilleul appartient au bassin hydrographique de la Sambre, dont elle constitue un territoire d’affluents secondaires. La commune est traversée par un réseau de ruisseaux non navigables, typiques du plateau hennuyer, qui s’écoulent vers la vallée sambroise. Ces cours d’eau, classés selon la législation wallonne, jouent un rôle important dans la biodiversité locale et dans la gestion intégrée de l’eau[23]. La commune est traversée par le ruisseau du Ri d'Île, un affluent de la Sambre qui prend sa source du Fossé au Bourleau[24].

L'Eau d'Heure

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L'Eau d'Heure en automne.

L’Eau d’Heure est une rivière de prenant sa source à Cerfontaine et parcourant environ 80 kilomètres avant de rejoindre la Sambre à Marchienne-au-Pont. Son cours, qu’elle a creusé à travers des zones boisées et rocheuses, forme une série de dépressions naturelles qui comptent parmi les paysages les plus caractéristiques et les plus appréciés de la région. La rivière est souvent associée à une atmosphère paisible et contemplative, renforcée par la douceur de ses méandres et la discrétion de son tracé[25]. Son nom apparaît au Xe siècle sous la forme Ur, dérivée de Ura, terme d’origine celtique dont la signification renvoie à l’idée de source. Par rapprochement avec le latin or ou ori, cette étymologie renforce l’interprétation hydronymique. La forme Eur est attestée en 1383[25]. Une tradition locale, plus poétique que scientifique, attribue toutefois l’origine du nom au fait que la rivière déborderait après une seule heure de forte pluie. L’Eau d’Heure possède par ailleurs des parentes hydronymiques : en France, la rivière Eure, et en Belgique, l’Heure, affluent de l’Ourthe, qui traverse notamment le village d’Heure dans la province de Namur[25].

Un projet de canal Sambre–Meuse fut envisagé sous le Premier Empire français, prévoyant une liaison hydraulique entre Marchienne et Vireux. Le tracé proposé suivait la vallée de l’Eau d’Heure, franchissait le bois de Senzeille par tranchée et tunnel, puis rejoignait successivement les vallées de la Brouffe, de l’Eau Blanche, du Viroin et de la Meuse, anticipant le parcours adopté plus tard pour la voie ferrée[26]. En 1829‑1830, une société sollicitant des concessions minières auprès du gouvernement hollandais élabora un avant‑projet nommé canal de Chimay. La ligne principale devait partir de l’embouchure de l’Heure dans la Sambre, remonter vers Cerfontaine, puis atteindre Couvin grâce à d’importants ouvrages d’art[27]. Une rigole navigable depuis Chimay devait rejoindre le bief de partage entre Aublain et Lagrange. L’ensemble constituait un canal entièrement artificiel de 34 km, latéral à l’Eau d’Heure, avec plusieurs embranchements envisagés, notamment vers la vallée de l’Hermeton[28]. Le projet prévoyait des bateaux d’environ 50 tonneaux, un mouillage de 1,5 m, des écluses limitées à 1,6 m de chute, ainsi que des routes à ornières de fer pour desservir mines, usines et carrières. Des gares de stationnement fluvial étaient également planifiées[28]. Jugé ultérieurement irréaliste, le projet fut néanmoins évoqué par le gouvernement belge en exil durant la Première Guerre mondiale, probablement à des fins de propagande, la présence d’une infrastructure ferroviaire déjà dense rendant sa réalisation quasi impossible[28].

La Sambre

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Le pont de la R3 sur la Sambre.

La Sambre, qui traverse Montigny-sur-Sambre sur environ 350 mètres, constitue un élément marquant du relief local. À l’ouest du village, elle forme un secteur escarpé connu sous le nom de Jambe de Bois, où des découvertes archéologiques attribuées au Néolithique ont nourri l’idée d’occupations humaines très anciennes[29]. Cette portion de vallée, longtemps intégrée aux traditions régionales, s’inscrit dans un paysage qui, au fil des siècles, a attiré des personnalités religieuses telles que Saint Bernard, en raison de l’influence spirituelle exercée par les abbayes de Lobbes et Aulne[29]. Dans la géographie de l’Entre-Sambre-et-Meuse, la Sambre est souvent décrite comme une structure hydrologique majeure, comparable à une artère reliant les reliefs environnants et complétant la présence dominante de la Meuse[29]. Ses affluents, tels que la Biesmelle et l’Eau d’Heure, présentent un caractère plus vif et pastoral, tandis que la Sambre est associée à une dimension plus calme et contemplative dans l’ensemble paysager régional[29].

La fonction première des installations découvertes demeure incertaine : elles pourraient avoir servi de bains, de lieu de pêche ou de chantier naval lié à un petit port fluvial. La présence d’une étape de batellerie y est toutefois très probable. Durant le haut Moyen Âge, la Sambre était navigable ou flottable jusqu’au site des Castelains, et sa première mention apparaît en 840 sous la forme super fluvium Samera. L’abbaye d’Aulne fut atteinte par les Normands en 880 grâce à cette voie d’eau[30]. À partir du second millénaire, l’édification de barrages destinés aux moulins entrava progressivement la navigation, malgré l’existence de passages rudimentaires assimilables aux premières écluses[30]. Aux XIIe et XIIIe siècles, les abbés d’Haumont firent curer le lit pour permettre l’accès des nefs jusqu’à leur abbaye, sans que cela n’implique nécessairement un trafic commercial entre haute et moyenne Sambre[31]. La plus ancienne charte connue concernant les bateliers date de 1328 et fixe les taxes perçues sur les bateaux remontant depuis Namur jusqu’à La Buissière[32]. Au XVe siècle, la navigation atteignait Maubeuge grâce à l’écluse de Recquignies. Malgré divers projets, la canalisation de la Sambre ne fut pas entreprise avant l’époque moderne[32].

Jusqu’au XVIIIe siècle, la navigation restait difficile : faible tirant d’eau, barrages conçus pour les moulins, diversité des écluses, hauts-fonds nombreux et recours constant aux « chasses d’eau » pour franchir les biefs. Les bateaux circulaient en rames de quatre, dirigées par quelques mariniers, et le halage nécessitait un nombre variable de chevaux selon les tronçons[33]. Les temps de parcours étaient très fluctuants, mais il fallait au minimum cinq jours pour descendre de Landrecies à Namur et quatorze pour remonter[34]. Les embarcations se répartissaient en deux types : jusqu’à 30 tonneaux sur la Sambre supérieure et 40 à 50 tonneaux sur la Sambre inférieure, mais avec une charge réduite à la remonte. Le tronçon entre Lobbes et Charleroi était le plus ardu, imposant des ruptures de charge[34]. Le bief du Trou d’Aulne jusqu'à Charleroi, long de près de 15 km, comportait de nombreux hauts-fonds et dépendait des retenues d’eau situées en amont. Les ponts maçonnés d’Aulne et de Marchienne-au-Pont compliquaient encore la navigation, tout comme certains passages étroits et dangereux du chemin de halage[35].

Avant la mise en canal de la Sambre, la circulation locale s’organisait principalement sur la rive droite, depuis Aulne jusqu’au secteur situé en aval du Ry d’Hile, point de rencontre des territoires de Montigny, Landelies et Gozée. Le franchissement vers Landelies s’effectuait par un gué situé à proximité de l’emplacement du pont Delsaut actuel, tandis que les déplacements vers Montigny nécessitaient un second passage de la rivière au niveau de Malfalise[36]. Pour les piétons, une nacelle payante assurait un passage « à pieds secs ». Construite au début du XVIIIe siècle, elle demanda trois jours de travail et représenta une dépense de neuf écus. À partir des années 1820, l’exploitation de la pierre calcaire de Landelies prit de l’importance : elle alimentait une verrerie locale et était acheminée par voie fluviale jusqu’à Marchienne-au-Pont[36]. Les difficultés de navigation conduisirent les autorités à envisager la canalisation de la Sambre, afin de garantir un tirant d’eau régulier, d’assurer un halage continu, de réduire la force du courant et d’augmenter la capacité de chargement des bateaux[36]. Les travaux furent adjugés le et se prolongèrent jusqu’en 1832, bien que la navigation ait été ouverte dès le . Cette même année, le roi Guillaume d’Orange procéda à l’inauguration des écluses de Landelies, numérotées 9 et 10[36].

Démographie

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Elle comptait, au , 10 116 habitants (4 766 hommes et 5 350 femmes), soit une densité de 664,8 habitants/km2[37] pour une superficie de 15,10 km2.

Démographie: Avant la fusion des communes

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  • Source: DGS recensements population

Démographie : Commune fusionnée

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En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :

Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées.

  • Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1er janvier[38]

Histoire

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Préhistoire

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La présence humaine ancienne dans la région de Montigny‑le‑Tilleul est attestée par les découvertes réalisées dans la grotte du hameau de Genly[Note 2], qui était située sur la rive droite de la Sambre. Les fouilles conduites par la Société archéologique de Charleroi ont mis en évidence un ensemble d’ossements appartenant à la faune du Quaternaire : restes d’ours des cavernes, de rhinocéros, de loups, d’hyènes[39], de cerfs ainsi que d’éléphants[40],[41]. Ces vestiges témoignent d’un environnement marqué par les fortes fluctuations climatiques de l’époque, responsables de la disparition progressive de ces espèces dans la région[39]. Outre la faune, le site a livré un matériel lithique composé de outils en silex racloirs, éclats, assommoirs indiquant une occupation humaine très ancienne. Parmi les découvertes les plus significatives figure un fémur humain, dont les caractéristiques morphologiques rappellent celles de l’Homme de Spy, renforçant l’hypothèse d’une présence préhistorique durable dans la vallée sambrienne[42]. Des objets attribuables à l’âge de la pierre ont également été mis au jour dans le bois Goffin, situé sur la même rive, confirmant que l’occupation humaine ne se limitait pas au seul site de Genly. Selon une tradition locale, le site de Genly aurait autrefois comporté deux menhirs, autour desquels la population aurait célébré le retour du printemps. Bien que cette information relève davantage du folklore que de la preuve archéologique, elle illustre la place symbolique du lieu dans la mémoire régionale[43].

Antiquité

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Ancienne carrière de calcaire à Landelies.

Les premières communautés identifiées dans la région de Montigny‑le‑Tilleul appartenaient au groupe des Celtes, désignés sous le nom de Galli par les auteurs romains. Leur installation remonte au VIIe siècle av. J.‑C., avant l’arrivée, deux siècles plus tard, des Belges, autre ensemble tribal occupant le nord de la Gaule. La toponymie locale conserve plusieurs traces de cet héritage celtique[43]. Des noms tels que Dinant, issu du terme nant vallée »), ou Ur, ancienne appellation de l’Eau d’Heure, témoignent de la persistance linguistique de ces populations dans la région[43]. Le nom antique de Montigny‑le‑Tilleul, Montiniacus, dérive du latin Montanius, probablement celui d’un colon romain ayant établi une exploitation agricole (villa et fundus) sur les hauteurs[44]. Autour de ce domaine se constitua progressivement une communauté structurée, composée de serfs et d’artisans. L’administration locale fut d’abord confiée à un villicus, avant d’être exercée, au Moyen Âge, par un mayeur assisté d’échevins[45]. La région était traversée par plusieurs chaussées romaines, dont la Havette, voie reliant Bavay à Trèves, ce qui souligne son intégration dans les réseaux de circulation gallo‑romains. Les découvertes archéologiques poteries, urnes, fragments de céramique confirment l’importance du passage romain et l’activité qui s’y développa[46].

De l'Antiquité, le curé Blondeau de Montigny-le-Tilleul a retrouvé au XIXe siècle de nombreux tessons et différentes monnaies romaines notamment au Warichais et au-dessus de l'écluse Jambe-de-Bois[47] à Landelies. Le diverticulum romain évoqué par l’historien Joseph Roland désigne une voie secondaire d’époque romaine qui traversait l’actuel arrondissement de Charleroi. Cette route, identifiée comme un prolongement local du réseau routier antique, aurait débuté à Jeumont avant de franchir la Thure près de Solre‑sur‑Sambre[48]. Elle rejoignait ensuite la Havette, déjà mentionnée dans les études antérieures, et suivait son tracé jusqu’à Strée, dont le nom ancien Strata rappelle la notion de chaussée[48]. De là, l’itinéraire se dirigeait vers le nord en passant par le site des trois Tilleuls, aujourd’hui la Chapelle des Trois Arbres, puis empruntait le chemin du Chêne à la Fourche et la rue du Baileû pour se prolonger en direction de Marchiennes. L’ensemble constitue un exemple typique de ces voies secondaires destinées à relier les grands axes romains aux implantations rurales et aux zones d’exploitation[48]. Deux cimetières gallo‑romains sont associés à ce parcours. Le premier, appelé Tombois, se situait à l’extrémité immédiate de la grand‑place du village, à faible distance du grand chemin. Le second fut mis au jour lors des travaux de fondation de la villa de Franz Dewandre, sur la colline d’Airemont[Note 3],[49], à environ une demi‑lieue du chemin du Chêne à la Fourche[50]. Ces découvertes renforcent l’hypothèse d’une occupation antique structurée autour de cette voie secondaire et témoignent de l’importance locale du réseau routier romain[50].

La Sambre est un cours d’eau utilisé dès la Préhistoire et de l'Antiquité, probablement comme voie de circulation par les populations riveraines, d’abord sur des troncs flottants puis en pirogues monoxyles[51]. Longtemps, deux erreurs ont marqué son historiographie : l’assimilation à la Sabis citée par César et l’attribution d’une flotte militaire romaine, la supposée Classis Sambrica. Ces confusions n’empêchent pas que les Romains aient exploité la rivière et ses abords[51]. Aux confins de Landelies, Monceau-Hameau, Marchienne et Montigny, plusieurs découvertes archéologiques ont révélé une occupation continue. Entre 1787 et 1963, des tombes puis une nécropole ont été mises au jour sur un coteau allant de l’ancienne carrière Dullière à l'ancienne centrale d’Hameau[51]. Les sépultures ont livré du mobilier du La Tène final et surtout du Haut-Empire, dont une hache de fer témoignant d’activités artisanales au sein d’une petite communauté liée à la Sambre[51]. En 1924, les travaux de l’écluse de la Jambe de Bois ont révélé des pieux et divers objets du IIe siècle. En 1950, des excavations de TIBI ont mis au jour les vestiges d’un petit bâtiment sur pilotis, confirmant l’importance de la rivière comme axe de vie et d’implantation durant l’Antiquité[51].

Moyen-Âge

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Au Moyen Âge, Montigny-le-Tilleul relevait de la châtellenie de Thuin. Jean, avoué de Thuin était seigneur de Rianwez et de Montigny en 1277. Le , il prononce une sentence arbitrale sur les droits réclamés par les habitants de Montigny-le-Tilleul. Par la suite, Montigny-le-Tilleul dépendra, sur le plan administratif et religieux, de la Principauté et du diocèse de Liège[52]. Montigny apparaît dès 868 dans le Polyptyque de Jean, évêque de Cambrai, comme possession de l’abbaye de Lobbes. En 889, Arnoul de Carinthie donne le monastère de Lobbes et donc Montigny à l’évêché de Liège, qui en reste suzerain jusqu’en 1795. L’abbé de Lobbes conserve toutefois son droit d’immunité, ce qui limite longtemps l’autorité directe du prince‑évêque[53]. À une date inconnue, Montigny est rattaché à la seigneurie de Monceau, puis à celle de Marchiennes, probablement avant 1277. Les sources médiévales sont lacunaires, mais plusieurs actes citent des seigneurs portant le nom de Jean de Thuin, avoués de Thuin et seigneurs de Rianwelz, Marchiennes et Montigny[54]. L’un d’eux, actif vers 1240, est réputé auteur de la première traduction française en prose de la Pharsale de Lucain. Les Jehan de Thuin apparaissent ensuite comme arbitres ou témoins dans divers litiges impliquant Montigny[55]. La seigneurie de Marchiennes passe successivement aux familles de Salme, de Ramelot, de Cluting, puis de la Marck, qui relève encore la taille de Montigny en 1412[56]. Aux XVe et XVIe siècles, elle appartient aux familles de Barbançon, de Mérode et d’Honoré. Une charte de 1508 atteste que Montigny dépend alors toujours de Marchiennes, bien que la communauté relève juridiquement des échevins de Liège. Le retour de Montigny à la mense épiscopale se situe entre 1508 et 1600, avant que la seigneurie ne soit concédée en 1616 à Guillaume de Celles[57].

L’église de Montigny, dédiée à Saint Martin de Tours, remonte probablement au IXe siècle, dans le contexte de la seigneurie abbatiale de Lobbes. Son ancienneté est appuyée par la tradition érudite qui associe les plus vieilles fondations rurales vouées à Saint Martin aux établissements francs. Une statue équestre naïve du saint, figurant le partage du manteau, subsiste dans le transept et témoigne de ce culte ancien[58]. Montigny appartenait déjà en 868 au domaine de Lobbes, territoire immunisé et structuré autour de l’abbaye fondée à la fin du VIIe siècle. Il est vraisemblable que les villages les plus peuplés de ce domaine aient reçu une église dès le début du IXe siècle. L’édifice roman fut ultérieurement transformé en église ogivale grâce aux libéralités de l’abbaye, signe qu’elle en était sans doute la fondatrice primitive malgré la fin de sa domination directe en 889[59]. Le culte martinien, très répandu dans la Gaule mérovingienne où la chape du saint servait de labarum aux armées, explique la place éminente de ce patronage dans la région et la précocité de l’église de Montigny[59]. La Bancroix désigne un ancien pèlerinage collectif auquel participaient les localités du Pagus Sambriensis placées sous l’autorité de l’abbaye de Lobbes. Montigny, comme les autres communautés dépendantes, devait s’y rendre chaque . Ce jour rassemblait septante-deux paroisses des doyennés de Walcourt, Thuin, Fleurus et Binche, chacune ouvrant la marche avec sa bannière et sa croix éléments à l’origine du terme Bancroix[59]. Les fidèles partaient au lever du soleil, et la première paroisse arrivée recevait les félicitations de l’abbé, tandis que son curé ou vicaire se voyait offrir une paire de gants blancs[60]. Instituée au IXe siècle par le pape, la Bancroix avait pour but d’implorer la protection divine face aux invasions gothiques et normandes. À l’origine célébré à Rome, le pèlerinage fut ensuite transféré dans diverses églises locales, les pontifes jugeant la capitale chrétienne trop éloignée pour la plupart des fidèles[60].

Un conflit éclata lorsque vingt‑neuf paroisses, dont Montigny, choisirent de porter leurs offrandes non plus à Lobbes mais à Nivelles, Fosses ou Notre‑Dame de Heigne. L’abbé de Lobbes porta plainte auprès de Notger, qui trancha en 980 en faveur de l’abbaye. Toutefois, les paroisses les plus éloignées furent autorisées à déposer leurs offrandes dans les sanctuaires alternatifs de Nivelles, Heigne ou Fosses[60]. La principauté de Liège, État ecclésiastique du Saint‑Empire romain germanique, relevait directement de l’Empire d’Allemagne. En 889, l’empereur Arnoul de Carinthie concéda l’abbaye de Lobbes à l’évêché de Liège, décision qui fut ultérieurement confirmée par les empereurs Othon II et Othon III, lesquels y ajoutèrent d’autres donations[61]. À cette époque, le siège épiscopal était occupé par Francon, figure marquante du haut clergé liégeois, connu pour avoir fondé à Liège une école réputée. Il est généralement admis qu’Arnoul rattacha l’abbaye de Lobbes à la principauté en signe d’estime envers Francon, qui devint par la suite abbé de Lobbes, institution alors surnommée la Savante[61]. L’intégration de l’abbaye entraîna celle de ses dépendances, dont Montigny, qui fut dès lors incorporé au territoire princier. Toutefois, comme le montrent des sources ultérieures, le village demeura longtemps soumis aux juridictions financières et judiciaires propres à l’abbaye, malgré son appartenance politique à la principauté[61].Montigny se trouvait enclavé dans la subdivision territoriale de la principauté connue sous le nom d’Entre‑Sambre‑et‑Meuse, comprenant notamment le pagus sambriensis. Cette région regroupait plusieurs localités importantes : Châtelet, Thuin, Walcourt, Fosses, Florennes, Couvin, ainsi que Fumay et l’abbaye de Revin (toutes deux situées dans l’actuelle France). Elle abritait également trois abbayes majeures : Lobbes, Aulne et Waulsort, centres religieux et culturels de premier plan[61]. Au IXe siècle, Montiniacus possédait déjà des limites naturelles : la Sambre, l’Eau d’Heure, le mont Saint-Martin et les ruisseaux Bernobus et d’Ille. Le village dépendit successivement de la seigneurie de Monceau, de l’abbaye de Lobbes, puis de la seigneurie de Marchiennes[62]. En 889, l’ensemble des terres de Lobbes fut intégré à la Principauté de Liège. Le déterminatif « le Tigneux », attesté en 1277, fut progressivement abandonné en raison de sa connotation péjorative. En 1798, le préfet Garnier le remplaça officiellement par « le Tilleul », déjà utilisé dans certains actes du XVIIe siècle[63].

La délimitation ancienne du territoire de Montigny apparaît notamment dans la grande charte de 1315, qui mentionne plusieurs repères topographiques aujourd’hui disparus, tels que le Pré Scippart, le Champ Mailliet ou la maison de Bauduin Fauvau. Ces toponymes, d’usage éphémère, ne subsistent que dans les documents médiévaux, tandis que la cartographie détaillée moderne permet d’en restituer approximativement la localisation. Au XVe siècle, les limites de Montigny s’étendaient jusqu’aux installations des anciennes usines de l’Alliance, sur le territoire de Monceau[64]. Un record relatif aux usages de Monceau évoque ainsi le droit de passage en Sambre « à l’encontre de ceux de Montigni », témoignant de la proximité immédiate des deux communautés. La charte de Montigny précise également que la frontière suivait la « borne de Martimont » jusqu’à la Sambre[65]. Le lieu-dit Martimont, situé sur le territoire de Monceau en face de Balompré, était séparé de Montigny par le cours de la rivière. La borne elle-même se trouvait à proximité de l’ancien chemin reliant Binche à Charleroi[65]. Un chêne remarquable, connu sous le nom de chêne du Strwèt, planté sur la rive gauche de la Sambre et situé sur le fief de Martimont, servait de marque frontière entre Monceau et plusieurs localités voisines, dont Montigny-le-Tilleul. Cet arbre, longtemps considéré comme un repère territorial traditionnel, fut finalement abattu en 1927 lors de travaux entrepris par la direction des usines de l’Alliance[65]. La charte de 1315 conclue par le mayeur et les échevins de Montigny constitue un témoignage coutumier médiéval d’une importance notable. Elle rassemble les usages de la communauté ainsi que les obligations réciproques entre les habitants et leur seigneur[66]. Comme pour tout record, son contenu repose sur la mémoire collective, ce que les rédacteurs reconnaissent explicitement en affirmant rapporter les faits « selon ce que nous en savons et gardons, de nous et de nos devantrains »[66].

L’original de la charte, publié dans le tome XXVI des Documents et rapports de la Société archéologique de Charleroi, n’est lui‑même qu’une traduction, le texte ayant été collationné à plusieurs reprises au fil des siècles[66]. La version de 1315, dont la sincérité reflète la solidité des croyances de l’époque, fut ratifiée par le chevalier Jean, avoué de Thuin et seigneur de Marchiennes, puis confirmée à nouveau en 1444[67]. Les chemins, sentiers et repères qu’elle mentionne appartiennent à ce contexte médiéval. Une rencharge y fut ajoutée après un jugement rendu le par la cour des échevins de Liège, en faveur de la communauté de Montigny, dans un litige l’opposant au seigneur de Marchiennes au sujet des amendes[68]. Deux copies de la charte sont connues : l’une conservée à la cure, l’autre aux Archives de l’État à Mons. À quelques termes près, elles sont identiques[68]. La copie montoise porte au verso du dernier folio le nom de M. F. J. Pruniaux, qui l’aurait vraisemblablement utilisée lors de son procès contre la communauté de Montigny concernant la vaine pâture. Ce litige est évoqué dans la section intitulée Les dernières années du droit coutumier[68].

Sépulture de Corswarem dans l'église.

La seigneurie de Bomerée, trouve son origine dans une motte féodale mentionnée dès 1315, où apparaissent les « gissières », prés et terres « delle motte ». Les expressions « dessoubs le motte » et « entre le motte et la rivière » confirment qu’il s’agissait d’une butte castrale, symbole de l’autorité seigneuriale[69]. Le fourneau établi « à la motte » en 1612 se situait en face du château, dont subsistaient donjon et machicoulis, témoignant d’un ensemble fortifié médiéval. Le châtelain percevait notamment un impôt d’une poule et d’un denier blanc, auquel s’ajoutaient des redevances en avoine pour la récupération du bétail égaré sur ses terres[69].Un acte de 1438 atteste qu’Élise de Surlet, veuve de Gilles Viron de Haneche, releva alors une « forte maison » entourée de fossés, avec viviers, terres et cense, correspondant au domaine de Bomerée. À partir du XVIe siècle, la filiation des seigneurs est mieux connue : Guillaume de Labricque, chevalier, en fut l’un des premiers détenteurs identifiés, suivi par sa fille Marguerite, épouse de Jean de Kessel. Leur descendance transmit la seigneurie à la famille de Corswarem, qui l’intégra progressivement à la terre de Landelies. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, divers membres des familles de Corswarem, de Marbaix, de Woelmont et de Haultepenne relevèrent successivement Bomerée, jusqu’à son retour aux ducs de Looz-Corswarem[70]. Le château était encore habité au XVIe siècle par Guillaume de Labricque, comme l’atteste un acte de 1576. En 1787, il fut loué au maître de forges Nicolas-Antoine Meuret. Après la disparition de l’Ancien Régime, le domaine fut vendu publiquement en 1813 au profit des héritiers du duc Guillaume de Looz-Corswarem. L’acquéreur, J.-M. Renaux, l’obtint pour 104 150 francs. Le château passa ensuite à la famille Jennar, puis à leurs héritiers Durant et Croquet au XIXe et XXe siècle, tandis que la fenderie fut cédée en 1838 à A. Diesbecq[71].

La seigneurie foncière de Malfalise apparaît dès le XIIIe siècle comme un petit domaine noble constitué autour d’un manoir fortifié, tenu par des membres de la petite noblesse hainuyère. Les chartes de 1275 et 1308 mentionnent plusieurs seigneurs liés au lieu, tels que Michiel de Malfalise ou Gérart de Malfalize, témoignant de l’existence d’une lignée d’écuyers possédant terres et droits féodaux dans la région de Thuin et de Marchiennes[72]. La ferme‑manoir, isolée au milieu de ses terres et bois, correspond au modèle des petites seigneuries carolingiennes habitées par des hommes libres formant l’arrière‑ban chevaleresque[72]. Le domaine passa en 1451 à l’abbaye d’Aulne, qui l’acquit de Jean de Prez de Clermont et le conserva jusqu’à sa vente comme bien national à la fin du XVIIIe siècle. L’abbaye possédait également, à Montigny‑le‑Tilleul, diverses parcelles dont le pré de Malfalise à Bomerée et le bois de Sorbruière[73]. Ce dernier fut au cœur d’un litige en 1277 entre l’abbaye et la communauté villageoise, laquelle revendiquait des droits d’usage. L’arbitrage de Jehan de Thuin, « voët et seigneur de Rianwés et de Montigni », confirma la propriété exclusive du bois à l’abbaye, décision scellée dans un acte où apparaît pour la première fois le déterminatif le Tigneux associé à Montigny[74].

Les premières activités sidérurgiques de Bomerée apparaissent au plus tard en 1428, lorsqu’une forge en activité sur l’Eau d’Heure est affermée à Mathy le Fondeur. Un octroi de 1612 indique qu’un fourneau existait déjà en 1513, établi au lieu‑dit La Motte par Frédéric Ducher sur l’emplacement d’anciennes installations attribuées à Mathy le Fondeur[75]. L’ensemble formait un petit complexe métallurgique utilisant la force hydraulique, le cours de la rivière ayant été aménagé dès l’origine pour actionner les roues à aubes[75]. Au fil des siècles, les exploitants ont continuellement reconstruit et adapté les bâtiments sur la même portion de la rive gauche, face au château, afin de tirer parti des infrastructures hydrauliques existantes[76]. Les derniers vestiges ateliers, baies vitrées en plein cintre, cheminée à sections multiples furent encore visibles vers 1955, avant leur démolition en 1999. Une grande roue métallique d’environ 5 mètres de diamètre actionnait autrefois la forge, avant son démontage[76].

Temps Modernes

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L'église Saint-Martin (XIIIe – XVIe siècles).

La paroisse de Montigny relevait du diocèse de Liège et appartenait à l’archidiaconé du Hainaut. D’abord intégrée au doyenné de Fleurus, elle passa en 1559, lors de la création de l’évêché de Namur par Philippe II, dans le doyenné de Châtelet[77]. Les archidiacres, choisis parmi les chanoines de Saint-Lambert, supervisaient les églises médianes, tandis que les doyens, élus par les curés, administraient les quartes‑chapelles. Montigny dépendait directement du collateur épiscopal liégeois, qui nommait aussi les curés de plusieurs paroisses voisines[77]. Classée parmi les églises médianes, Montigny apparaît dans le Pouillé de 1497 comme Montange scabiosum, dotée d’un autel dédié à sainte Marguerite. En 1558, le Pouillé la décrit encore comme église, enrichie de trois autels (Catherine, Marguerite, Marie) et évaluée à 36 muids de revenu, niveau comparable à Marcinelle et supérieur à Mont‑sur‑Marchienne ou Landelies[78]. Au XVIIIe siècle, son revenu tombe à 25 muids. L’évolution des Pouillés montre l’agrandissement progressif de l’édifice, passé d’une structure romane à une forme ogivale avec nefs latérales[78]. En 1612, un fourneau et une usine à fer sont érigés à Bomerée le long de l'Eau d'Heure. À la fin de l'Ancien Régime, ils appartenaient à une des plus anciennes familles de la noblesse belge, les de Looz-Corswarem[79].

La Large Voye (prononcé « vo-ye ») désignait autrefois un important chemin reliant la chapelle Saint‑Martin au thiène de Landelies. Les actes des XVIIe et XVIIIe siècles l’appellent tantôt grand chemin, tantôt large voye[50]. Ce tracé traversait notamment le bois de Forte‑Taille et rejoignait les voies menant à Marchienne, Beaumont et la France. Plusieurs documents anciens, dont un acte de vente de 1662 et diverses transactions de la fin du XVIIIe siècle, mentionnent explicitement cette route[50]. Après 1666, la création du nouveau chemin Charleroi–Mons entraîna le déclin de l’ancienne Large Voye, mais des travaux de rectification furent entrepris au XVIIIe siècle pour améliorer ce passage très fréquenté par le commerce régional (bois, fer, charbon, textiles, vins). Une requête adressée en 1784 au prince‑évêque par les magistrats de Thuin souligne l’état dégradé de ce « chemin royal » entre Gozée et Montigny, essentiel aux échanges d’Entre‑Sambre‑et‑Meuse[80]. Les chemins du Seigneur, mentionnés dans les registres scabinaux dès le XVe siècle, formaient quant à eux les grandes artères traversant Montigny du nord au sud et d’est en ouest. Ils reliaient les principaux lieux du village Bomerée, la cure, la place, la chapelle Saint‑Martin, le Chirmont mais leur tracé exact reste difficile à reconstituer en l’absence de plans anciens, le cadastre ne datant que de 1835[81]. Le Grand Chemin de Charleroi à Mons, antérieur à la création de la chaussée Charleroi‑Beaumont, constituait jusqu’en 1666 l’unique voie praticable reliant les deux villes. En quittant le territoire de Marchiennes, il se dirigeait vers la chapelle Saint‑Martin et longeait la maison Servais, située près d’une ancienne carrière. Cette habitation, aujourd’hui transformée, fait face à la chaussée moderne et aux terres des Couturelles. Plus loin, le chemin passait devant la métairie d’Édouard Tavernel, dont l’orientation fut également modifiée au XIXe siècle pour faire face à la nouvelle route. L’itinéraire suivait globalement la direction de l’actuelle route de Beaumont, mais obliquait à gauche, peu avant le thiène de Landelies, vers le Baileû, où subsiste encore la bifurcation bordée de maisons anciennes, témoignage de l’ancien tracé[82].

Le tracé ancien se poursuivait par la rue du Baileû, où les habitations les plus anciennes sont orientées à l’opposé de la chaussée actuelle, avant d’emprunter le chemin isolé du Chêne à la Fourche correspondant aujourd’hui à la rue de Marbaix pour traverser le plateau boisé d’Argentine et atteindre les Trois Tilleuls de Beignée[82]. D’après le maire J. Cappe, ce parcours s’étendait sur 4 814 mètres à travers Montigny, depuis la limite de Marchiennes jusqu’au Chêne à la Fourche, qui marquait la frontière de la juridiction locale[82]. L’itinéraire complet reliait Charleroi à Mons, en passant successivement à Marchienne-au-Pont par La Docherie, le gué de la Sambre, Montigny, Beignée, qui est un hameau de Ham‑sur‑Heure les Trois Tilleuls près de la ferme de la Pasture, Marbaix-la-Tour, Thuillies, Leers‑et‑Fosteau, Montignies‑Saint‑Christophe, Jeumont, Rouveroy, Saint‑Symphorien et le Mont‑Panisel, constituant ainsi un axe de circulation majeur de la région[83]. Ce même chemin fut emprunté en sens inverse par les troupes du duc de Luxembourg lors de la campagne de 1691, durant la guerre dite de Flandre. Le chevalier de Beaurain indique que la première colonne, comprenant la Maison du Roi et la cavalerie, contourna Thuillies et son ruisseau pour rejoindre directement les Trois Tilleuls, puis suivit le grand chemin de Charleroi jusqu’à la sortie du bois de Montigny[84]. Elle se dirigea ensuite vers Landelies, franchit la Sambre à gué et poursuivit sa marche vers le moulin de Fontaine-l'Évêque et Forchies-la-Marche. Les autres colonnes empruntèrent des voies différentes, aucune ne passant par Montigny, ce qui confirme qu’à cette époque la chaussée Beaumont‑Thuillies‑Charleroi n’était pas encore établie[48]. L’empreinte de ce tracé ancien demeure visible dans la toponymie locale : le hameau traversé par cette voie porte toujours le nom de Grand‑Chemin, rappel durable de l’importance historique de cet itinéraire[48].

Le grand chemin reliant la France à Charleroi permettait aux troupes françaises d’atteindre la ville par Marchiennes et d’en assurer le blocus par le nord‑ouest, tandis que les voies vicinales reliant Rocroi à Philippeville et à la Sambre offraient un accès stratégique pour une attaque par le sud. L’importance militaire de la jeune cité sambrienne attira rapidement l’attention des armées de Louis XIV, désireux d’étendre son influence sur les provinces voisines[85]. En réponse à cette menace, les autorités espagnoles entreprirent de fortifier Charleroi en 1666. La ville contrôlait en effet les routes menant à Fleurus, Waterloo, Bruxelles et aux Provinces-Unies, et les plaines de Fleurus et de Mont‑Saint‑Jean furent, du XVIIe et XIXe siècle, le théâtre de plusieurs affrontements majeurs[85]. Charleroi fut assiégée à quatre reprises, et chaque siège entraîna des réquisitions massives dans les villages agricoles du sud de la ville[85]. Énumérer ces épisodes revient à mesurer l’ampleur des souffrances infligées aux localités environnantes : occupations successives, destructions de récoltes, fuite des habitants dans les bois avec leur bétail, et multiples atteintes au droit des gens, commises aussi bien par les armées ennemies que par les troupes espagnoles ou autrichiennes chargées de défendre la région. À ces sièges s’ajoutèrent plusieurs batailles régionales, notamment Seneffe en 1674 et Walcourt en 1689, ainsi que la prise de Namur en 1692, dont les répercussions se firent sentir jusqu’à Montigny[85].

Le mayeur, représentant la communauté, se retrouvait débiteur envers les habitants qui fournissaient les biens exigés par les armées. Avant même l’arrivée des troupes françaises dans la région carolorégienne, l’endettement communal dépassa les revenus disponibles, contraignant la communauté à vendre en 1662 sa principale ressource : ses bois[86]. Après la fortification de Charleroi par les Espagnols en 1666, l’approche du corps d’armée de Turenne en 1667 les poussa, incapables de défendre la place, à faire sauter leurs propres ouvrages. La même année, Vauban reconstruisit les défenses en érigeant six bastions, des fossés et un chemin couvert[86]. En 1697, les Français renforcèrent encore ces fortifications et procédèrent à une emprise sur le territoire de Marcinelle, dépendant de la principauté de Liège, réduisant de deux cents bonniers la juridiction de cette dernière. Une déclaration signée par les mayeurs et échevins de Marchiennes, Montigny‑le‑Tilleul et Mont‑sur‑Marchienne atteste cette modification territoriale, parmi les signataires figurant notamment Guilbert Sainte et Georges Maistrepierre, échevins de Montigny[86]. En 1672, lors de la déclaration de guerre de Louis XIV contre les Provinces‑Unies, le souverain se rendit devant Charleroi vers le 10 mai. Son armée comptait alors cent dix mille hommes, passés en revue au bord de la Sambre[86]. Âgé de trente‑quatre ans, le roi était accompagné de ses principaux généraux Turenne, Condé et Luxembourg ainsi que d’une cour brillante et de son épouse. Il logea au château de Monceau. Madame de Sévigné évoqua dans une lettre à sa fille l’état des réquisitions, notant que « le roi est à Charleroi… Il n’a point encore de fourrage ; les équipages portent la famine avec eux »[86].

À partir de cette période, les passages de troupes se succédèrent dans la région : 1674, 1677, 1688, puis 1689, année où le maréchal d’Humières fut battu à Walcourt. En 1690, le maréchal de Luxembourg vainquit les alliés à Fleurus, où se dénouèrent une nouvelle fois les grands conflits européens[87]. En 1693, Charleroi fut bombardée pendant trois jours par le marquis de Boufflers, qui lança 2 500 projectiles sur la ville. En 1693, un nouveau siège mené par Villeroi et Vauban dura vingt‑sept jours[88]. En 1709, les Français chassèrent les Hollandais de la forteresse, et en 1746, Charleroi fut bloquée par Conti, la garnison capitulant après quinze jours. Les guerres de la Révolution et de l’Empire entraînèrent encore un bombardement de la ville par les troupes de Jourdan[88]. Pendant plusieurs siècles, le pays de Charleroi constitua ainsi un point de concentration militaire, de combats d’avant‑postes et de batailles, et les réquisitions imposées lors des blocus ruinèrent les villages agricoles environnants[88]. Les faits de guerre ayant particulièrement touché Montigny peuvent être retracés grâce aux archives de Mons, Liège, Châtelet et Fleurus, qui suppléent l’absence d’archives communales et témoignent de l’ampleur des épreuves subies par la région[88].

La période espagnole (1555‑1713) fut marquée dans la région de Thuin et de Montigny‑le‑Tilleul par les conséquences de la révolte des Pays‑Bas contre Philippe II. Bien que neutres, les villages subirent passages de troupes, pillages et incendies. Dès 1577, le prince‑évêque ordonna la mobilisation des habitants pour contenir « foules et pilleries ». En 1578, les troupes de l’archiduc Casimir ravagèrent Châtelet. Les décennies suivantes furent rythmées par des réquisitions, des gardes obligatoires et l’hivernage de soldats espagnols[88]. Au XVIIe siècle, les guerres de Louis XIV aggravèrent encore la situation. En 1651, puis en 1656, les armées françaises occupèrent Montigny‑le‑Tilleul, ruinant les villages par les réquisitions et les dégâts. Accablée de dettes, la communauté dut vendre en 1662 l’ensemble de ses bois communaux, soit 161 bonniers, pour plus de 10 000 florins. Malgré plusieurs tentatives judiciaires au XVIIIe siècle, cette vente ne put être annulée[89]. Les conflits de la fin du siècle entraînèrent de nouvelles coupes de bois, des réquisitions de vivres et de bétail, ainsi que le passage répété de troupes, notamment en 1689 et 1694. L’insécurité favorisa le brigandage, poussant le prince‑évêque à imposer des patrouilles obligatoires en 1711. Ces troubles successifs laissèrent Montigny‑le‑Tilleul durablement appauvri et marqué par plus d’un siècle et demi de violences militaires[90].

Au lendemain de la guerre de Succession d’Espagne et durant la période autrichienne, Montigny-le-Tilleul connut plusieurs réquisitions militaires. En 1735, un détachement de hussards impériaux y fut logé aux frais des habitants, ce qui entraîna une plainte officielle adressée par Henry Brisse aux Trois États du Pays de Liège[91]. Malgré une réclamation de 684 florins pour excès et extorsions, seule une faible partie fut remboursée. En 1736, les États ordonnèrent finalement le paiement de la somme due à la communauté[92]. Lors du siège de Charleroi en 1746 par les troupes françaises du prince de Conti, le village fut de nouveau sollicité pour des travaux militaires et des fournitures forcées. Les habitants durent fournir des journées de travail, du fourrage, de la nourriture et divers biens aux troupes, souvent sous contrainte[93]. Une déclaration adressée au conseil privé du prince-évêque de Liège en 1743 évaluait les dépenses imposées à plus de 5 700 livres, sans compter de nombreuses fournitures non consignées[94]. Montigny accueillit encore, en 1761‑1762, la deuxième brigade de Bery-gendarmerie, ce qui entraîna de nouvelles charges en logement, bois, chandelles et entretien des chevaux. L’accumulation de ces dépenses, aggravée par le blocus de Charleroi, obligea la communauté à instaurer en 1748 plusieurs impôts exceptionnels, dont une taille générale et des taxes sur la bière et le braquet, afin de rembourser les créanciers locaux[94].

La seigneurie foncière des mayeurs héréditaires de Montigny appartenait à une lignée de seigneurs dont le premier, Louis de Mérode, était par ailleurs seigneur de Bury. Ils possédaient notamment le bois de Trélon, auquel ils ajoutèrent la ferme de l’Goëte ainsi qu’une autre ferme aujourd’hui transformée en habitations et autrefois propriété des descendants de Joseph Desy[74]. Leur rôle réapparaît d’ailleurs dans l’histoire administrative de la commune. Les détenteurs de la mairie héréditaire devaient chaque année s’acquitter d’une taxe noble simple de huit florins et deux patards, et les registres permettent de suivre l’ordre des titulaires[74]. En 1582, 1617 et 1618, c’est Louis de Mérode qui paie la taxe, déjà qualifié de « grand mayeur héritable de Montigny » dans un acte de 1564. De 1621 à 1639, elle est acquittée par Guillaume de Celles, seigneur de Montigny par engagère, qui relève officiellement la mairie en 1621[74]. Entre 1640 et 1650, c’est Madame de Berloz qui s’en charge, représentée en 1641 par M. de Berloz, seigneur de Brus. Quelques années plus tard, entre 1653 et 1656, Jacques Galle de Couthuin, jurisconsulte liégeois, agit au nom de la même famille, et sa veuve poursuit le paiement de 1661 à 1663[95]. De 1664 à 1703, elle est représentée par J. Galle le Jeune, puis, de 1710 à 1715, par Rennardy de Couthuin, toujours pour le compte de la même lignée. Le , Walter Galle effectue le relief, suivi en 1746 par une notification du baron de Méan annonçant le relief consécutif au décès du chanoine Walter Galle. Le dernier acte connu date du , lorsque M. de Potesta, de Liège, prend possession en nommant un mayeur à Montigny[96].

À la fin du XVIIIe siècle, l’ancienne noblesse foncière se transforme profondément. Les seigneurs, souvent endettés, n’hésitent plus à hypothéquer leurs domaines, tandis que les véritables puissants deviennent les maîtres de forges. Une commission de 1784 illustre bien cette mutation : Guillaume‑Joseph, comte de Looz‑Corswarem, seigneur de plusieurs terres, autorise son receveur François‑Joseph Piton à lever un capital important entre vingt et trente mille florins en hypothéquant ses biens, notamment le château et la cense de Bomerée[97]. Les biens concernés comprenaient aussi les prairies exemptes de dîme, les bois des Ameternes s’étendant le long de la Sambre, ainsi que le château de Dennée et ses dépendances[98]. Les prêteurs ne manquèrent pas, et les actes d’arrentement se succédèrent en 1784, avant que le comte ne rembourse la plupart de ses dettes en 1786[98]. C’est dans ce contexte qu’émerge une nouvelle noblesse : celle des industriels du fer. Ils reçoivent des lettres patentes, s’organisent autour d’un mayeur des ferons et forment une élite économique puissante. Parmi eux figurent les de Montpellier, de Bilquin, Piret, Gendebien, de Lenne, de Paul, de Cartier, de Dorlodot, et bien d’autres[99]. Certains possédaient déjà des armoiries anciennes, mais leur ascension repose surtout sur l’industrie. Dès 1737, François‑Louis Puissant fonde une lignée influente en installant un fourneau et deux forges à Gougnies[99]. Ses descendants étendent leurs activités à Acoz, Hanzinelle, Monceau, Aiseau et Froidmont. L’un d’eux, Ferdinand, devenu écuyer et autorisé à ajouter Agimont à son nom, fut sénateur et bourgmestre de Charleroi ; Napoléon y passa même la nuit précédant la bataille de Ligny en 1815[100]. D’autres familles suivent la même voie, comme Nicolas Meuret, châtelain de Bomerée, devenu Meuret de Hauteporte, ou encore des nobles de l’ancien régime tels que le vicomte de Sandrouin et son fils, le marquis Stanislas, qui rejoignent la confrérie des ferons[100]. C’est ainsi que Nicolas Meuret, allié aux Puissant, chargea sa Neuve Cense de Montigny d’une hypothèque de vingt mille florins afin de prendre en bail une vaste exploitation métallurgique[100]. Le bail, conclu en 1785, portait sur le fourneau de Froidmont, les forges de Monceau, celles du pré Delile, des mines de pierres de feu, ainsi que diverses coupes de bois[100]. Le contrat, débutant en 1786 pour neuf ans, fixait des loyers élevés et imposait au preneur de livrer chaque année une benne de charbon aux bailleurs. L’ensemble de ces faits montre à quel point les maîtres de forges, par leur audace et leur sens économique, ont façonné une nouvelle forme de puissance seigneuriale à la veille des bouleversements révolutionnaires[101].

Époque contemporaine

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La Révolution liégeoise éclate à la suite de la prise de la Bastille. Le , les insurgés contraignent le prince‑évêque François‑Charles de Velbrück puis son successeur César‑Constantin‑François de Hoensbroeck à accepter leurs exigences[102]. Le mouvement gagne l’ensemble de la principauté et atteint notamment Thuin, où le bailli des forêts, Houldoux, est mortellement blessé le . Le climat d’agitation touche aussi l’abbaye d’Aulne[102]. Le , son abbé, Dom Hubert Herset, menacé par des attroupements venus d’Ives et de Fraire, obtient le soutien de Montigny, Leernes, Landelies et Fontaine‑l’Évêque, qui envoient environ 300 hommes armés[102]. Le , un appel général à l’insurrection est lancé. Les volontaires de Châtelet et des environs se rassemblent à Mettet et Montigny‑le‑Tigneux[102]. Le , Montigny désigne Hubert‑Joseph Cappe comme représentant au Tiers‑État. La situation bascule avec les victoires françaises : le , les troupes de Dumouriez battent les Autrichiens à Jemappes ; le , le général entre à Liège sous les acclamations[102]. Le dernier prince‑évêque, François‑Antoine de Méan, quitte définitivement la ville le avant de devenir archevêque de Malines en 1817[103]. Malgré la crise, la principauté de Liège possédait depuis le Moyen Âge d’importantes libertés, illustrées par la Charte d’Albert de Cuyck (1193) et le Tribunal des XXII (1343). En 1787, Mirabeau saluait encore ces institutions, affirmant que la France serait heureuse de disposer de garanties comparables[103].

Après la bataille de Jemappes en 1792, Charleroi fut occupée par les troupes françaises, mais la défaite de Dumouriez à Neerwinden en rendit la Belgique aux Autrichiens[103]. En 1794, les armées françaises pénétrèrent de nouveau dans le pays, provoquant de nombreux passages de troupes et réquisitions dans les villages, dont Montigny, comme en témoignent les fournitures imposées à l’aubergiste veuve Lejong par les autorités successives[103]. En , les troupes du général Marceau envahirent l’abbaye d’Aulne, bientôt suivie par l’incendie d’Aulne et de Lobbes, attribué au conventionnel Saint‑Just et exécuté par le général Charbonnier, né François‑Joseph Deverchin à Eugies. Les bibliothèques, œuvres d’art et archives monastiques furent détruites[104]. La région subit ensuite de violents affrontements entre Français et Autrichiens ; Montigny fut pris et repris en , et les troupes françaises y exercèrent pillages et violences. L’église fut transformée en hôpital puis en étable, ses meubles brûlés, ses statues fusillées, et la croix du clocher vendue comme métal[105]. Par la loi du 9 vendémiaire an IV (), la Belgique fut annexée à la République française et divisée en départements, Montigny relevant de celui de Jemappes[106]. Sous l’Empire, les jeunes gens furent soumis à la conscription par tirage au sort, pratique qui inspira des chants populaires liés au départ des conscrits. En 1813, la création de la garde nationale intégra Montigny au contingent de Fontaine‑l’Évêque, au sein de la deuxième cohorte[106].

À la suite de la défaite française à la bataille de Leipzig en , les troupes alliées envahirent la France et occupèrent durablement la région de Montigny. D’après les manuscrits du maire Joachim Cappe, en fonction de 1803 à 1819, le village fut soumis entre février 1814 et fin 1815 à des réquisitions constantes, à l’hébergement forcé de détachements russes et prussiens, ainsi qu’à de nombreuses violences[107]. Dès février 1814, Montigny dut loger des escadrons cosaques, parfois plus d’un millier d’hommes et de chevaux, ce qui épuisa les ressources locales[107]. Cappe lui‑même fut agressé par des soldats russes exigeant chevaux et fournitures. Les réquisitions se poursuivirent après la première abdication de Napoléon, puis reprirent avec intensité en 1815 lors de la campagne de Belgique. Avant les batailles de Ligny et de Waterloo, de nombreux contingents prussiens stationnèrent au village, imposant nourriture, fourrage et logements[108]. Le , l’avant‑garde du général Reille affronta près de Montigny des tirailleurs prussiens, laissant plusieurs morts et blessés recueillis par les habitants. Après Waterloo, les troupes prussiennes en poursuite envahirent de nouveau le village, multipliant pillages et brutalités[Note 4],[109]. Pour tenter de limiter les exactions, le maire fit hisser le drapeau orange sur le clocher, conformément aux instructions du sous‑intendant de Charleroi, mais cette mesure resta inefficace. Jusqu’en 1817, Montigny demeura marqué par les passages incessants de troupes et par les lourdes charges imposées à la population, dont Cappe souligne la profonde lassitude et les difficultés administratives[108].

La période hollandaise (1815‑1830) voit émerger la figure de Louis‑Alexandre Thomas, né à Mont‑sur‑Marchienne le . Installé comme vétérinaire à Gosselies, il se distingue lors de la révolution belge de 1830 en prenant la tête d’un groupe de volontaires locaux pour rejoindre Bruxelles. Il y est blessé d’un coup de feu à l’épaule lors du combat du Parc et reçoit, pour sa conduite, la croix de fer[110]. Après avoir exercé la fonction d’échevin à Gosselies, il s’établit vers 1840 à Montigny‑le‑Tilleul, où il fait construire la Villa de la Plagne, édifice remanié à plusieurs reprises par la suite. Il meurt en . Sa pierre tombale, située face à la rue du Chirmont dans l’ancien cimetière désaffecté, est la dernière à y avoir été supprimée[110]. Dans le contexte de la révolution, une souscription publique est organisée afin de soutenir les volontaires et les blessés. Les habitants de Montigny y participent pour un montant total de 423 francs 28 centimes[111]. Parallèlement, les premières forces de sécurité intérieure sont mises en place dès les premiers mois de 1831. La garde civique de Montigny, recensée dans le Hainaut, compte 184 hommes et est intégrée à la garde cantonale de Fontaine-l'Évêque. Cette dernière se compose de trois bataillons et vingt‑et‑une compagnies, pour un effectif total de 2 486 hommes[112]. Le second bataillon, comprenant 734 unités, est commandé par le lieutenant‑colonel Ulric Kummer, originaire de Montigny‑le‑Tilleul. Sa nomination comme major‑commandant, datée du , précède de peu son accession au grade de lieutenant‑colonel[112]. À l’échelle provinciale, le Hainaut regroupe alors 35 légions totalisant 89 834 hommes, tandis que l’ensemble du royaume en compte 257, pour un effectif global de 590 907 gardes[112].

La commune fut intégrée au réseau ferroviaire de l’Entre-Sambre-et-Meuse grâce aux gares de Bomerée et de Pont‑à‑Nôle, sur la ligne 138. Le tronçon Charleroi–Walcourt ouvrit le , suivi de Walcourt–Vireux le , inauguré en présence d’inspecteurs, d’autorités belges et françaises, et salué par des cérémonies officielles[113]. Le Grand Central fut repris par l’État en 1897. La ligne Charleroi–Thuin, concédée en 1845 et ouverte en 1852, était accessible depuis Saint‑Martin, la Jambe‑de‑Bois ou Landelies[114]. Elle comprenait plusieurs ouvrages remarquables, dont le pont de la Jambe‑de‑Bois, une vaste tranchée de 55 000 m3 de roche extraite, et le tunnel d’Aulne long de 450 m. Les ateliers de Saint‑Martin de la Société du Nord Belge furent établis en 1855 sur un terrain acquis l’année précédente[115]. Les ressources de Montigny-le-Tilleul ont longtemps reposé sur l’agriculture et l’exploitation de carrières calcaires. Au XIXe siècle, plusieurs chantiers navals s'installent sur le cours de la Sambre à la suite de sa canalisation. L'on note également à cette époque la présence d'une forge et d'une fenderie le long de l'Eau d'Heure et de clouteries. Étant donné sa proximité avec le bassin minier de Charleroi, la commune a vu l'installation du charbonnage de la Forte-Taille, exploité de 1875 à 1935[116]. Le développement du réseau vicinal à voie métrique en Belgique débuta dans les années 1880 pour compléter le chemin de fer à écartement normal et desservir les localités dépourvues de gare. À Montigny-le-Tilleul, les premières voies furent posées alors que le pays ne comptait encore que 81 km de lignes vicinales[117]. La ligne Charleroi (Prison)–Montigny (Église), inaugurée le , fut l’une des trois premières exploitées par la SNCV dans le Pays Noir[117]. La ligne reliant Charleroi à Montigny-Église via Dampremy et Marchienne-au-Pont a été inaugurée le . L’extension de Montigny à Thuillies, approuvée par arrêté royal le , est entrée en service le [115]. D’abord exploitée à la vapeur, elle fut électrifiée en 1901 en courant continu 600 V[117]. Le terminus, initialement situé au Viaduc, fut déplacé au boulevard du Nord puis au boulevard Jacques Bertrand. Le terminus de Montigny prit le nom de Foyer vers 1927‑1928. La ligne fut prolongée à Bomerée (Petit Lac) en 1928, puis jusqu’à la route de Beaumont en 1943[117]. Les trams furent d’abord identifiés par des lettres (T pour Montigny), remplacées par des chiffres en 1928 : le T devint le 75, tandis que les services vers Bomerée reçurent le numéro 74[117].

Carte postale illustrant un coin de Bomerée.

Un prolongement vers Gozée fut étudié dès 1887 ; la ligne fut finalement ouverte depuis l’arrêt de La Chapelle en 1895, puis prolongée à Thuillies. Ce tronçon resta le dernier du réseau carolorégien exploité à la vapeur jusqu’en 1933, date d’introduction des autorails à mazout. L’électrification intervint en 1936‑1937, entraînant la création de la ligne 76 et la réorganisation des correspondances. Le numéro 75 fut attribué aux trams reliant Charleroi à Thuillies, tandis que le 73 désignait les renforts[118]. Les lignes vicinales 73, 74 et 75 voient en 1949 leur terminus ramené à l’Eden, boulevard Jacques‑Bertrand, devenant les seules de l’histoire du réseau à prendre leur départ au boulevard Paul‑Janson. Le transport de marchandises entre Charleroi et Thuillies cesse en 1950[119]. Jusqu’au , la ligne 71 assure encore un service tramway entre Charleroi‑Sud et Mont‑sur‑Marchienne‑Gadin, avant d’être remplacée par un autobus[119]. La suppression, en 1962, de la section Montigny‑La Chapelle–Bomerée entraîne la disparition du tram 74, également substitué par un service routier. La boucle CharleroiMont-sur-Marchienne–Montigny‑le‑Tilleul–Marchienne est alors exploitée dans le sens horaire par le bus 71 et en sens inverse par le 74. Le marque la fin des trams 73, 75 et 76, retirés dans une ambiance festive[119].

Lors de la Première Guerre mondiale, Montigny-le-Tilleul est l'un des théâtres de la bataille de Charleroi entre la IIIe armée allemande du général Von Bülow venant de la vallée de la Sambre et la Ve armée française du général Lanzerac. Débouchant de Marchienne par les chemins de fer de la Sambre, les Allemands envahissent Montigny-le-Tilleul en remontant la rue de Beaumont, se servant d'otages belges comme boucliers humains. Après quelques échanges de tirs, les Français se retirent pour ne pas les blesser ou les tuer. Le soir, sept otages sont exécutés par les Allemands[120]. L’escarmouche des Marlières désigne un affrontement du , lors de la bataille de Charleroi. Entre 16 h 30 et 17 h 15, une centaine d’hommes du 119e régiment d’infanterie tinrent la colline boisée des Marlières, dominant l’Eau d’Heure, et stoppèrent par un feu nourri les troupes allemandes arrivant de la chapelle Saint‑Martin[121]. Treize soldats français, dont le capitaine Edmond Dubois, furent tués sur place et sept moururent ensuite de leurs blessures, tandis que les Allemands emportèrent leurs propres pertes selon leur pratique habituelle[122]. Le château d’Argentine aujourd'hui démoli fut transformé en ambulance où les médecins allemands opérèrent[16]. Les blessés, majoritairement allemands, étaient déposés sur la lande de la Belle‑Vue, où des habitants apportèrent du vin mêlé d’eau aux mourants. Un cimetière militaire fut ensuite établi près du Sart‑Madame, regroupant les morts tombés à Gozée, Marbaix-la-Tour et autour des bois du plateau[123].

L’espace situé à droite de la nationale 579, entre la descente vers Landelies, la Sambre et Gozée, demeurait encore au début du XXe siècle largement non bâti, hormis la ferme Rechtem et le pavillon de chasse d’Edmond Dewandre. Depuis longtemps, une liaison directe existait toutefois entre Montigny et Aulne : on quittait le Grand-Chemin pour rejoindre le Chêne Bonnet, puis l’actuelle rue d’Aulne, ce qui permettait de rester sur la rive droite de la rivière sans devoir la franchir[124]. La zone commença à se construire dans les années 1930, puis plus nettement après 1938, lorsque l’immobilière Bernheim acquit des terrains boisés pour y créer un lotissement[124]. Le nouveau quartier fut d’abord appelé Ry d’Île avant d’être connu sous le nom d’Eden-Park, en référence à l’établissement qui en devint le centre d’attraction[124]. Celui-ci fut fondé en 1933 par Alphonse Vermeulen, qui y ouvrit une brasserie‑hôtel‑restaurant de type pension de famille, dotée de jeux de bouloir, d’un vaste jardin et d’une piste de danse aménagée dans un bois de deux hectares[125]. Situé le long de la nationale 579 et de la ligne de tramway Charleroi‑Thuillies, l’Eden‑Park bénéficiait aussi de la proximité de nombreux chemins de promenade. La piste de danse était entourée d’environ deux mille sièges, et l’on y servait diverses bières comme les Extra Alliés, Moulin ou Bass[125]. La croissance du hameau entraîna l’édification de la chapelle Notre‑Dame‑au‑Bois, construite sur l’emplacement des anciens jeux de bouloir et dont le bâtiment principal servit ensuite de cure[126]. Désaffectée aujourd’hui, elle reste visible au no 619 de la rue de Gozée. En raison de son exiguïté, elle fut remplacée par une nouvelle église rue des Vignes, dont l’architecture moderne lui donne parfois l’apparence d’une villa[126].

La campagne de s’ouvre dans la nuit du 9 au , lorsque l’Allemagne nazie lance une attaque surprise contre la Belgique, combinant bombardements, parachutistes et blindés. Cette stratégie de guerre éclair permet à la Wehrmacht de vaincre les armées alliées en moins de deux mois. Après l’entrée en guerre des États-Unis et l’essor industriel anglo‑américain, la supériorité aérienne et mécanisée alliée s’impose dès 1943, culminant avec le débarquement du qui scelle la défaite allemande[127]. Dans la région carolorégienne, la guerre se manifeste notamment par le raid allié du visant la ligne du Nord‑Belge, qui cause plusieurs victimes civiles à Montigny‑Chapelle[128]. L’occupation est marquée par la violence des collaborateurs rexistes et des « Chemises noires », responsables d’assassinats et d’exécutions, dont ceux de Jean Bousman et de sa famille, ainsi que du massacre de Courcelles le . Des personnalités locales, comme la veuve Van Hougarde, sont également tuées lors d’actions punitives[129]. De à , la commune de Montigny-le-Tilleul est intégrée au Grand Charleroi sous occupation allemande. La population subit une sévère pénurie alimentaire due au blocus et aux réquisitions allemandes : rationnement strict, marché noir, flambée des prix et difficultés de chauffage rythment le quotidien jusqu’à la Libération. Le souvenir de ces privations demeure un témoignage des souffrances endurées durant l’occupation[129]. À la fin de la guerre, la répression des crimes commis par les collaborateurs conduit le conseil de guerre de Charleroi à prononcer, en 1946, plusieurs dizaines de condamnations à mort contre les « tueurs rexistes ». L’annonce de la capitulation allemande, le , marque pour la population le retour espéré de la paix[130]. En 1977, Landelies fusionne avec Montignies-le-Tilleul. En 2014, le recyparc Tibi de Montigny-le-Tilleul, à Landelies, est déplacé et agrandi. Ce parc est considéré comme un modèle du genre à l'échelle de la Wallonie.

Armoiries

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Blason de Montigny-le-Tilleul. Ces armoiries sont basées sur le sceau du village de 1785 qui montrait un tilleul. Le petit écu montre les armoiries de Guillaume-Joseph Comte de Looz, dernier seigneur de Landelies à la fin du XVIIIe siècle.
Blasonnement : D’or à un arbre au naturel terrassé de sinople, chargé en abime d’un écu écartelé : aux 1 et 4, burelé d’or et de gueules de dix pièces (Looz), aux 2 et 3 d’argent à deux fasces de sable (Diest) et sur le tout d’hermine à deux fasces de gueules (Corswarem)[131].
  • Délibération communale :
  • Arrêté royal :



Armoiries du Comté de Looz.
Blasonnement : Burelé d'or et de gueules.



Armoiries de Diest.
Blasonnement : D’argent à deux fasces de sable.



Politique et administration

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Liste des bourgmestres avant la fusion des communes

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  • Hubert Joseph Cappe (1800-1807) : maire de Montigny-le-Tigneux/Montigny-le-Tilleul, marchand de cloux et bourgeois ;
  • Joachim Cappe (1807-1825) : maire/mayeur ;
  • Guillaume Wilmet (1825-1856) : bourgmestre ;
  • Gustave Wilmet (1856-1888) : bourgmestre libéral et avocat au barreau de Charleroi. Un des fondateurs de la Société paléontologique et archéologique de Charleroi en 1863.
  • Émile Blondeau (1889-1895) : bourgmestre libéral et médecin ;
  • Jules Durant (1895-1903) : bourgmestre libéral et docteur en médecine ;
  • Georges Wilmet (1903-1912) : bourgmestre, conseiller provincial et médecin ;
  • Alfred Rondeau (1913-1919) : bourgmestre ;
  • Désiré Quenne (1919-1934) : bourgmestre libéral ;
  • Léon Dubray (1934-1939) : bourgmestre libéral, marchand-brasseur ;
  • Clotaire Cornet (1939-1976) : député-bourgmestre libéral, médecin et résistant.

Vie politique après la fusion des communes

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Depuis 1976, la vie politique de Montigny-le-Tilleul est dominée par le parti libéral en coalition avec d'autres partis.

De 1976 à 2000, Philippe Cornet, fils de Clotaire Cornet, du parti libéral est élu et réélu à la tête de la commune de Montigny-le-Tilleul. À partir de 2001, Véronique Cornet, sa fille, occupe le poste de bourgmestre à la tête d'une majorité libérale jusqu'à son décès en 2015[132].

La bourgmestre actuelle est Marie Hélène Knoops, du Mouvement réformateur. Elle occupe ce poste depuis 2015, ayant été réélue en 2018 et 2024. Elle est également kinésithérapeute.

La répartition des 21 sièges de conseillers communaux est, depuis les élections communales de , la suivante :

Conseil et collège communal 2024-2030

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Collège communal
BourgmestreMarie Hélène KnoopsMR
1er ÉchevineClémence Canet-CornetMR
2e ÉchevinGrégory DufraneMR
3e ÉchevineNathalie GherardiniMR
4e ÉchevineStéphanie RichardMR
5e ÉchevinLoïc SartieauxMR
Président du CPASBenoît GoensMR

Jumelages

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Montigny-le-Tilleul est jumelée avec les communes suivantes[133] :

Patrimoine et culture

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Patrimoine architectural

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L'église Saint-Martin

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L'église Saint-Martin de Montigny-le-Tilleul.

L’église de style ogivale, se distingue par une sobriété architecturale et par une structure façonnée par les transformations entreprises au XVIe siècle[134]. Contemporaine de l’église de Marcinelle, elle partage avec plusieurs édifices régionaux un plan et une élévation apparentés, bien que son clocher, orienté vers le sud, s’écarte du modèle mosan traditionnel tourné vers l’ouest. L’édifice primitif, de style roman, ne comportait qu’une nef centrale, dont subsistent aujourd’hui des fenêtres murées ainsi qu’une cuve baptismale en pierre[134]. Au XVIe siècle, les Cisterciens de Lobbes procédèrent à un agrandissement majeur : les arcs en plein cintre furent remplacés par des nefs collatérales ogivales dotées de nervures de pierre[135]. Les voûtes, datées de 1548 et 1556, dominent un transept d’environ vingt‑et‑un mètres, éclairé par de hautes fenêtres à meneaux. L’ensemble repose sur six colonnes en pierre bleue, tandis que le portail méridional présente une voussure en tiers‑point[136].

Un incendie survenu au XVIIIe siècle entraîna la pose d’un plafond plat dissimulant les voûtes et altéra profondément le chœur. Ces modifications demeurèrent jusqu’aux restaurations initiées en 1933 par le curé Fernand Carlier, qui permirent de remettre au jour les voûtes et de restituer à l’édifice son élan gothique ainsi que son unité stylistique[137]. Le maître‑autel en marbre rouge de Montigny, daté de 1763 et de style Renaissance, a été conservé, tout comme la statue équestre de saint Martin, patron de l’église. Le transept abrite un vitrail du XIXe siècle illustrant la légende de sainte Élisabeth de Hongrie[138]. Les restaurations ont également intégré un jubé ajouré, des pierres tombales anciennes et un nouvel aménagement liturgique, conférant à l’ensemble une cohérence artistique qui fait de l’église un témoin remarquable du patrimoine religieux hainuyer[139]. S'y trouve un mobilier de qualité comprenant un Christ en bois, un calvaire en bois polychrome du XVIe siècle, les dalles funéraires alignées aux armes des familles nobles (dont les de Corswarem) et des ecclésiastiques dans le porche.

L'hôtel de ville, ancien château Wilmet

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La nouvelle aile de l'hôtel de ville.

L’hôtel de ville actuel de Montigny‑le‑Tilleul trouve son origine dans des constructions établies au XVIIe siècle, qui formaient alors un domaine résidentiel avant d’acquérir une fonction publique bien plus tardive[140]. Au début du XXe siècle, l’ensemble prit le nom de Château Wilmet, en référence à la famille Wilmet, qui en devint propriétaire et l’occupa durant plusieurs décennies[140]. En 1918, la propriété fut vendue pour 75 000 francs à l’industriel Baudewyns, actif dans le secteur du câblage, lequel s’y installa en 1924[140]. À cette époque, le château était entouré d’un parc paysager d’environ 1,5 hectare, réputé pour la qualité de son entretien et constituant un écrin végétal autour du corps de logis[140]. L’affectation administrative du domaine est relativement récente : ce n’est qu’en 1951 que les services communaux y furent installés, conférant au site son rôle institutionnel actuel[140]. L’hôtel de ville ne représente qu’une étape tardive dans l’histoire d’un lieu d’abord marqué par son usage résidentiel et par l’évolution de ses propriétaires successifs[140].

L’aile située derrière la maison communale de Montigny‑le‑Tilleul correspond à l’extension contemporaine ajoutée à l’ancien château Wilmet, devenu hôtel de ville. Cette extension, conçue au début des années 2000 et documentée en , s’inscrit dans une volonté de moderniser les infrastructures administratives tout en préservant le parc historique et la ceinture de tilleuls entourant le bâtiment principal. Elle prolonge l’édifice ancien par une construction volontairement basse, horizontale et largement portée en porte‑à‑faux afin de minimiser l’impact au sol et de conserver les perspectives vers la vallée de la Sambre. L’architecture repose sur une structure hybride en acier mêlant poutres Vierendeel et treillis permettant de faire « léviter » une partie du bâtiment au-dessus du terrain. Les façades en bois, rythmées verticalement, ont été conçues pour dialoguer avec les arbres environnants et optimiser l’apport de lumière naturelle. L’organisation interne en trois branches rayonnant autour d’un noyau central vise à rendre les services publics plus lisibles et accessibles[141],[142].

Le château de Bomerée

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Le château de Bomerée.

Le château de Bomerée trouve probablement son origine au Moyen Âge, bien que l’édifice connu aujourd’hui remonte au moins au XVIIe siècle, voire à la fin du XVIe siècle[143]. Déjà mentionné comme fortifié à l’époque féodale, il comportait un donjon et des machicoulis[144]. Selon Jules Sottiaux, qui s’appuie sur l’ouvrage de Saumery Les Délices du Pays de Liège (tome IV, 1743), la porte du château était jadis attenante à un élégant pavillon constituant le principal corps de logis[144]. L’ensemble formait une cour quadrangulaire entourée de bâtiments agricoles, flanquée de deux tours et protégée par un large fossé alimenté par l’Eau d’Heure. Ce dispositif hydraulique permettait d’actionner une forge et une fenderie de fer[144]. Une représentation du « château de Boxmeree », datée vers 1579, correspond vraisemblablement à cette propriété à une époque où Montigny-le-Tilleul et Bomerée appartenaient au Païs de Namur, alors érigé en comté[144]. À la fin du XIIe siècle, ce territoire avait été rattaché à la Maison de Hainaut par le mariage d’Alice de Namur avec Baudouin IV de Hainaut, avant d’être élevé au rang de marquisat par l’empereur Henri VI. En 1576, le château était habité par l’écuyer Guillaume de Labricque, époux de Marguerite de Namur[144]. Le château de Bomerée était autrefois une dépendance de la terre de Landelies, dont le dernier seigneur fut le duc Guillaume de Looz-Corswaren[145]. Au début du XXe siècle, vers 1902, la propriété appartenait au docteur Jules Durant, bourgmestre de Montigny-le-Tilleul de 1893 à 1903[143]. Son successeur fut le sénateur Georges Croquet-Durant, qui y mourut le [143]. Il a été complètement rénové en 2020 par la famille Mathieu.

La ferme de Malfalize

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Les tilleuls du parc communal.

La ferme de Malfalize, située en position dominante face au village de Landelies et surveillant la vallée de la Sambre, tire son nom d’une seigneurie attestée dès le XIIIe siècle[146]. En 1451, l’ensemble fut acquis par l’abbaye d'Aulne auprès de Jean Deprez de Clermont, intégrant ainsi le vaste patrimoine foncier cistercien de la région[146]. Les bâtiments actuels, hérités des XVIe et XVIIIe siècles, s’organisent autour d’une vaste cour dont l’aile droite résulte d’une extension tardive de l’exploitation. L’accès se fait par un porche couvert d’une simple bâtière, marquant l’entrée du domaine agricole[146].

Le corps de logis, probablement daté du XVIe siècle, est construit en moellons de grès et de calcaire et s’élève sur deux niveaux[146]. Il est flanqué latéralement d’une tourelle d’escalier, élément caractéristique des fermes seigneuriales de la région sambrienne[146]. L’ensemble constitue un témoin représentatif de l’architecture rurale traditionnelle, associant matériaux locaux, organisation fonctionnelle et traces d’un passé seigneurial ancien[146].

Petit patrimoine religieux

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  • Potales : de Notre-Dame des Fougères, Notre-Dame de Lourdes, Notre-Dame de la Salette, Sainte-Marie.
  • Croix de Notre-Dame de Grâce.
  • Chapelle Notre-Dame au Bois.
  • Chapelle-calvaire de La Plagne (datant de 1882).

Monuments

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Culture

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Le Foyer culturel et bibliothèque.
  • Le Foyer culturel de Montigny-le-Tilleul propose un panel d'activités : théâtre, foire aux vinyles, ateliers, conférences, expositions, concerts, etc.
  • L'Auditorium René de Cooman au CHU Vésale accueille des conférences, spectacles et concerts de musique.
  • Académie Paulin Marchand : arts parlés (éloquence-déclamation et théâtre), musique (solfège, chant, clarinette-saxophone, flûte traversière, guitare, piano, orgue, hautbois, batterie, Trompette-cornet-bugle-trombone-tuba-baryton, violon-violoncelle) et danse. Stéphanie Huang, violoncelliste belge finaliste du Concours musical international Reine Élisabeth, y a obtenu un certificat de formation musicale.
  • Bibliothèque « L'Envol des mots » qui propose des activités pour petits et grands et la ludothèque « La Boite Magique ». La bibliothèque dispose d'une lettre d'information mensuelle.
  • Bibliothèque Thomas Peeters à Landelies.
  • Cinéma : une scène du film Mandy avec Nicolas Cage a été filmée en 2018 sur le site des carrières de la Sambre avec des scènes de cascade et l'explosion d'un bâtiment.

Folklore et musique

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Un petit cortège de gilles et de « paysannes » se déroule le 1er dimanche de juillet, de 14 à 19 heures.

Le village de Landelies dispose de son propre folklore, la « Ducasse D'Jean », qui se déroule le troisième week-end de septembre. Un personnage, fait de paille et de foin, portant un costume noir et un chapeau boule, y est fabriqué chaque année, le jeudi. Il est ensuite « volé »par un villageois et rendu le dimanche matin pour être promené dans les rues du village toute la journée, jusqu'au coucher du soleil, où il est brûlé sur la place du village.

Depuis 2009, a lieu au printemps le Thirtysfaction Festival. Ce festival pop/rock, avec une touche de chanson française, met en avant des groupes belges. Il détient le titre officieux de « premier festival de la saison »[147].

Enseignement

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  • École Saint-Jean Berchmans :
    • Bomerée (maternelle et deux premières classes primaires) ;
    • L'Église (quatre dernières classes primaires) ;
    • La Station (maternelle).
  • Enseignement communal :
    • École de Landelies (maternelle et primaire) ;
    • École des Fougères (maternelle) ;
    • École de Malfalise (maternelle) ;
    • École du Grand Chemin (maternelle et primaire) ;
    • École du Docteur Cornet (maternelle et primaire) ;
    • Académie Paulin Marchand : arts parlés, musique et danse.
  • École Artisanale Populaire (enseignement secondaire professionnel).

Économie

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Tissu économique actuel à Montigny-le-Tilleul

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  • Les Calcaires de la Sambre à Landelies : située le long de la Sambre à Landelies, cette carrière exploite un gisement de calcaire depuis près de deux siècles. L'utilisation du calcaire sert à la décoration, la construction et l’industrie à destination des entreprises et des particuliers. Une scène du film Mandy avec Nicolas Cage a été filmée en 2018 sur le site des carrières de la Sambre avec des scènes de cascade et l'explosion d'un bâtiment[148];
  • Le port de plaisance de Landelies : il est géré par le Yacht Club de Haute Sambre et accueille des bateaux de plaisance ne dépassant pas quinze mètres de long[149];
  • L'hôpital André Vésale : compte 351 lits se focalisant sur les aînés et les maladies chroniques avec un hôpital de jour gériatrique. Le plus grand laboratoire du sommeil de Wallonie s'y trouve ainsi que le laboratoire de médecine expérimentale de l’ULB[150];
  • L'hôpital Léonard de Vinci : compte 173 lits se focalisant sur la réadaptation avec trois pôles d’activité : neurologique, locomotrice et cardio-pulmonaire[151].
  • L'ancien hôpital du Rayon de Soleil, aujourd'hui démoli.
    L'hôpital du Rayon de Soleil. Édifié dans les années 19601970 au sein du plateau hospitalier de Montigny‑le‑Tilleul, le Rayon de Soleil constituait un hôpital de grande capacité, doté d’équipements considérés comme avancés pour l’époque. Son exploitation fut pourtant brève : l’établissement cessa toute activité au milieu des années 1980[152]. Après sa désaffectation en 1985, le bâtiment demeura inoccupé pendant plusieurs décennies[152]. Au début du XXIe siècle, l’intercommunale hospitalière (aujourd’hui HUmani) récupéra la propriété du site et engagea une procédure de site à réaménager (SAR) auprès de la Wallonie. Le périmètre, couvrant environ 4,67 ha, comprenait des zones de parc, d’espaces verts et une zone de services publics, dont la préservation fut explicitement exigée par le Pôle Environnement dans son avis favorable de 2020[153]. La déconstruction du bâtiment fut programmée en plusieurs phases. Les opérations préparatoires curage, évacuation du mobilier, désamiantage furent planifiées pour débuter en 2025, avec une durée estimée à 300 jours pour le seul retrait de l’amiante. La démolition mécanique, en 2026, est réalisée par grignotage progressif à l’aide d’une grue longue‑flèche d’environ 42 à 46 m, afin de limiter les nuisances pour l’hôpital voisin et les habitations. Les travaux incluaient des dispositifs de contrôle des vibrations, de la qualité de l’air et de la poussière, ainsi que des déviations de circulation locales, compte tenu de l’impact sur les services hospitaliers et les voiries adjacentes[154],[155].
  • Montigny-le-Tilleul possède des commerces et des supermarchés sur son territoire.

Anciennes industries à Montigny-le-Tilleul

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Les carrières

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L’exploitation des carrières et des lieux de calcination du calcaire dans la région pourrait remonter à l’Antiquité belgo‑romaine, voire à une période antérieure, bien qu’aucune preuve matérielle ne permette de le confirmer[156]. La première attestation documentaire liée à ces activités apparaît en 1255, lorsque Walter, seigneur de Fontaine, accorde à l’église de Cambron une exemption d’impôt sur le transport d’ardoises provenant de la campagne ou du territoire de Landelies. Cette mention implique l’existence, dès le milieu du XIIIe siècle, d’une ou plusieurs ardoisières exploitées dans le schiste ardoiseux, probablement situées dans le bois des Lauris, et jouissant déjà d’une certaine notoriété[156]. En 1478, un texte cite le toponyme la Sauvenière, correspondant à une ancienne sablonnière dont l’emplacement exact demeure inconnu. La première mention explicite d’un four à chaux date de 1557, avec la référence au « viez cauffour qui fut Mioquier ». À Landelies, les carrières Mélie, du Sarty et de la Fosse à l’Eau sont documentées comme étant exploitées par les moines d’Aulne au moins depuis 1636[156]. En 1678, un terrain de treize bonniers et six verges est désigné sous le nom de bos dès fourgnas, appellation liée à la présence d’un four à chaux voisin[156]. Un document de 1765, émanant de Bernard François de Marbaix, nouveau seigneur du lieu, énumère les droits seigneuriaux, dont celui de carrière, pour lequel il perçoit dix‑huit florins d’argent d’Espagne[156]. Pour Montigny‑le‑Tilleul, la première référence à une exploitation du sous‑sol apparaît dans une charte de 1315. Celle‑ci mentionne un chemin « partant de la savenière, s’avance parmi lespesse et aboutit au bois appelé Sobruirs », description qui atteste l’existence d’une carrière de sablon à cette époque[156].

L’exploitation des carrières de Montigny se concentra sur deux gisements principaux : la carrière de Genly, en bordure de la Sambre, et la carrière de la Plagne, établie au bord de l’Heure, au nord‑est du village, face aux prés orientaux. La carrière de Genly est documentée dès le , lorsque le prince‑évêque concéda à François Delooz, Pierre Surins et Jean Van Daele le droit d’extraire du marbre moyennant un rendage annuel de 24 florins de Brabant[157]. Un filon de marbre rouge à veines coquillées partait de l’extrémité sud du site, près du déversoir, et se dirigeait vers le nord‑est. Cette exploitation, connue sous diverses appellations carrière des Pêches, de Genly, de la Jambe‑de‑Bois ou des Rocs longeait un bras de la Sambre bordé de rochers gris‑bleu tachés d’ocre[157],[158]. Au début du XIXe siècle, la carrière appartenait à la famille bruxelloise de Branteghem, qui la vendit le à Alexandre Decrolière. Celui‑ci en assura la direction durant de nombreuses années avant d’en confier l’exploitation en bail à son neveu Émile Decrolière[158]. À la mort de ce dernier, en 1893, ses fils Louis et Edmond achevèrent le bail puis acquirent définitivement les carrières auprès des héritiers d’Alexandre Decrolière[158]. La production se maintint longtemps autour de 3 000 tonnes par mois, mobilisant en moyenne vingt‑cinq ouvriers. Les castines étaient expédiées par voie d’eau et par chemin de fer (gare de Marchiennes‑Zone) vers les hauts‑fourneaux de Goffart, Hourpes, Couillet, Providence et Thy‑le‑Château, ainsi que vers les fours à chaux et les sucreries[159].

L’exploitation incluait également la taille de pierres en dalles et bordures, la production de dolomites destinées à la mouture pour cristalleries et verreries, ainsi que la fabrication de moellons smillés et de pierres à bâtir. L’extraction du marbre fut en revanche abandonnée, le docteur Lefèvre de Marchiennes, propriétaire du terrain de la marbrière, n’ayant pu s’entendre avec les demandeurs[160]. En 1910, l’activité des carrières de Genly fut interrompue en raison de la suppression des castines dans les fours à puddler, remplacées par des minerais contenant 60 % de calcaire. En 1916, les frères Decrolière louèrent leur carrière à la société coopérative des Carrières des Roches, dont le siège se trouvait à Ligny. Cette société poursuivit l’exploitation[160].

Carrières de la Plagne
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Les carrières de la Plagne furent exploitées par Alexandre Decrolière, associé à Gustave Wilmet, bourgmestre, ainsi qu’à Pierre Lerot et M. Parmentier. L’activité était spécialisée dans la mouture de dolomites, destinées aux glaceries, cristalleries et verreries. Selon les conventions établies entre les associés, le survivant conservait la direction du bail et demeurait propriétaire des installations, tandis que le fonds restait la propriété de la commune[160]. Alexandre Decrolière assura la direction jusqu’à son décès, après quoi Gustave Wilmet lui succéda. En 1888, la veuve Wilmet confia l’exploitation à Émile Decrolière, remplacé en 1893 par Edmond Decrolière, son fils[160]. À partir de cette date, la production mensuelle atteignait environ 1 300 tonnes, puis se stabilisa autour de 1 000 tonnes durant la période de marche syndicale, qui dura dix-sept ans[160]. L’effectif moyen était de dix ouvriers. Edmond Decrolière conserva la direction jusqu’en , moment où la crise de la verrerie entraîna l’arrêt définitif de l’exploitation. Les wagonnets transportant les pierres vers le moulin cessèrent alors leur activité le long de l’Heure[160].

Autres carrières de Montigny
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Outre la Plagne, plusieurs carrières de moindre importance furent exploitées à Montigny. En 1842, M. Cambier exploitait une parcelle de 20 ares aux Couturelles, près de la chaussée de Beaumont ; M. Delcorte y travaillait sur 7 ares, et Jean‑Joseph Henri sur 10 ares[161]. À la même époque, trois carrières étaient actives à Saint‑Martin, exploitées sur de petites surfaces : Bayet sur 20 ares, Decrolière sur 30 ares, et Wilmet sur 10 ares[161]. L’ensemble de ces exploitations employait 21 ouvriers et produisait annuellement 1 739 m3 de matériaux. Les carrières de Cambier, Bayet et Decrolière fournissaient des pierres de taille d’une valeur de 40 francs le m³, tandis que les autres produisaient du calcaire pour routes et fours, d’un rendement variant entre 1 et 5 francs le m 3[161]. Ces carrières à ciel ouvert furent progressivement abandonnées entre 1860 et 1875. Abel Renson reprit toutefois l’exploitation de l’une d’elles, située à une centaine de mètres au nord de la ferme‑métairie Tavernel, le long de la chaussée de Beaumont[161].

Charbonnages

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La houille est mentionnée implicitement en 1251 dans un acte de l’évêque de Cambrai relatif aux houillères de Gilly, possession partagée entre l’évêque et l’abbaye de Lobbes, rappel d’un accord déjà établi en 1156[162]. Jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, l’exploitation relevait du seigneur haut justicier. Au XVIIIe siècle, le terme fosse se généralise dans les actes, et plusieurs octrois d’exploitation sont accordés, notamment en 1767‑1768 sur le territoire de Montigny-le-Tilleul[162]. L’exploitation de la houille à Montigny-le-Tilleul est attestée dès le milieu du XVIIIe siècle, lorsque des affleurements permettaient aux propriétaires d’en tirer profit. Des actes de vente de 1755 mentionnent déjà des fosses ouvertes et des droits de passage pour l’extraction[163]. En 1758, la communauté sollicita du Prince-Évêque l’autorisation d’extraire les terroulles, moyennant redevance, afin de financer la réparation de la tour de l’église[164]. À partir de 1767, l’exploitation prit de l’ampleur avec la demande d’octroi formulée par Houldoux et ses associés pour le site de Forte-Taille. L’octroi princier de 1768 provoqua un important litige : Joseph Puissant, maître de forges, revendiqua la propriété du bois de Forte-Taille acquis par ses prédécesseurs en 1662[165]. Le conflit opposa les Échevins de Liège, favorables à Puissant, et la Chambre des Comptes, qui soutint les exploitants. En 1770, Puissant fut finalement débouté[166].

Au XIXe siècle, l’exploitation se poursuivit sous de nouveaux octrois, notamment celui accordé par Napoléon 1er en 1808 à la société représentée par Cossée, Pouillon et Dorbée. Une troisième concession fut octroyée en 1827 par le roi des Pays-Bas. Le siège principal, appelé puits du Frion, se situait près du thiène de Landelies[167]. Le système d’exploitation reposait sur de nombreuses petites bures ouvertes sur les affleurements : puits Hanoteau, Sainte-Anne, Lejong, Alexis, Damade, ainsi que diverses recherches autour de Bomerée. Une galerie d’écoulement reliait le puits Alexis à la Sambre[168]. Les données du XIXe siècle indiquent une extraction annuelle d’environ 7 000 tonneaux, principalement de terre-houille domestique. Les installations comprenaient machines à vapeur, chaudières et chevaux de surface. Les salaires variaient entre 0,80 francs et 2,75 francs par jour selon les fonctions, pour des journées de huit à douze heures. L’exploitation déclina après l’inondation du puits du Frion vers 1860, qui entraîna la perte du matériel et la fin progressive du charbonnage de Forte-Taille[169].

La Société anonyme de Forte‑Taille fut constituée en 1865 afin d’exploiter en profondeur les veines houillères du territoire. Le puits Avenir fut ouvert en 1868 sous la Belle‑Femme[Note 5], au centre des couches déjà exploitées par travaux supérieurs, de manière à les recouper efficacement. La société fut reconstituée le avec un capital porté à un million de francs, à la suite de l’apport par Victorien Deglimes et ses associés de la concession de Forte‑Taille, couvrant 1 162 hectares et issue des octrois de 1808 et 1827[170]. Une nouvelle reconstitution intervint le , avec les mêmes apports, et l’arrivée de capitaux français entraîna l’adoption de la dénomination Société anonyme franco‑belge de Forte‑Taille[170]. Les archives révèlent l’existence d’une quarantaine de fosses, bien plus que ce que supposaient les historiens locaux. Forte‑Taille appartenait au bassin des terroules, riche d’une vingtaine de veines. Une extension accordée en 1897 permit la découverte, en 1906, du houiller dans une zone jusque‑là considérée comme stérile, grâce à un sondage au trépan diamanté, premier du genre dans la région[171]. La terre‑houille extraite au puits Avenir présentait un taux de cendres de 7 % et 11 % de matières volatiles. Elle était transformée en boulets ovoïdes agglomérés par 6 à 7 % de brai, appréciés pour leur maniement aisé et leur propreté. L’extraction annuelle atteignait de 30 000 à 40 000 tonnes, mobilisant un effectif de 100 à 120 ouvriers[170]. Dès 1906, des sondages furent entrepris à l’intérieur du puits Avenir, dans la partie nord de la concession, puis prolongés par des sondages extérieurs près de l’Espinois, jusqu’à 1 200 mètres de profondeur[170]. Ces travaux, destinés à étudier le bord sud du bassin du Hainaut, confirmèrent la présence de couches demi‑grasses sous la faille plate, comme l’indiquent les Annales des Mines de Belgique, qui rapportent le recoupage d’une couche exploitable le [172].

Le capital social fut porté à huit millions le , les 1 800 actions nouvelles étant souscrites au pair par la Compagnie des mines d’Ostricourt (Pas‑de‑Calais). L’ancien puits de la route de Bomerée fut alors abandonné au profit d’un nouveau siège creusé à l’orée du bois du Spinois, près de la route de Beaumont et de la chapelle. La direction fut confiée à Charles Marchant, assisté de son gendre, l’ingénieur Édouard Delcuvellerie[173]. En 1911, un sondage fut entrepris à Gozée, au lieu‑dit Bois Leratz ; poussé à mille mètres, il recoupa plusieurs couches exploitables et permit l’extension de la concession vers le midi, jusqu’à la route de Gozée à Thuin[173]. À la suite de plusieurs émissions, le capital atteignit 13 500 000 francs. Le , la société absorba l’avoir des charbonnages de Jamioulx, moyennant l’attribution de 1 182 actions de 250 francs, ce qui porta l’étendue de la concession de Forte‑Taille à plus de 2 244 hectares sous Montigny, Gozée, Marbaix, Mont-sur-Marchienne, Landelies, Monceau et Jamioulx[173]. Le puits de l’Espinois fournissait un charbon aux trois‑quarts gras, contenant 16 à 17 % de matières volatiles, réputé excellent combustible industriel[173]. La production nette oscillait entre 80 000 et 90 000 tonnes, pour un personnel d’environ 500 ouvriers. En 1929, l’extraction atteignit 60 599 tonnes pour 402 travailleurs, selon le livre du centenaire de l’Association charbonnière du bassin de Charleroi. L’exercice 1931, marqué par une crise économique exceptionnelle, se solda par une perte de 2 111 829 francs[173]. La persistance de la crise entraîna la suspension provisoire de l’extraction au second semestre de 1935. Fin 1936, les pertes cumulées dépassaient les trois quarts du capital social, et en 1937 l’activité se limita à l’entretien des puits et de l’exhaure[174].

L’exploitation du siège Espinoy fut engagée en 1913‑1914 et se poursuivit jusqu’à la crise économique, qui entraîna son arrêt en 1935. L’abandon définitif du site n’intervint qu’en 1958. Le siège employait environ 350 ouvriers et fut marqué par un accident grave : une inflammation de grisou provoquée par une lampe défectueuse causa douze morts le [175]. La reconnaissance souterraine préalable, réalisée en 1906, fut la première de la région à utiliser un système de forage à couronne de diamants[175]. Ce sondage, entrepris par la société de Forte‑Taille, ouvrit l’étude des zones géologiquement inconnues du sud du bassin houiller de Charleroi et permit l’implantation ultérieure de la houillère d’Espinoy[175]. Les directeurs‑gérants successifs du puits Avenir furent Blanchart, initiateur du creusement en 1868, suivi de Léon Mondet en 1876, J.-B. Delmelle en 1886, Émile Verline en 1892 et Charles Marchant en 1900. Pour le puits du Spinois, la direction fut assurée par Charles Marchant en 1910, puis par Eugène Morel à partir de 1927[158].

Autres industries

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Fenderie de Bomerée
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La fenderie de Bomerée constitue la plus ancienne industrie mentionnée dans l’histoire de Montigny‑le‑Tilleul. Un acte du atteste l’érection, « à la Motte, à Bomerée », d’un fourneau avec usine de fer. Des sources antérieures signalent toutefois l’existence d’une forge à Montigny dès 1513, selon le général Philippe (Revue Sambre‑et‑Meuse, 1931). Les fenderies étaient des installations destinées à produire la fonte[176]. Le procédé consistait à superposer, dans de petits fourneaux d’environ cinq mètres de hauteur, des couches de minerai et de charbon de bois. Après environ quatorze heures de combustion, la coulée atteignait près de 1 000 kg de fonte. Celle‑ci était ensuite fendue en tiges ou en barres destinées notamment à la clouterie, d’où l’origine du terme fenderie[176].

Les Délices du pays de Liège (1743) mentionnent la fenderie parmi les dépendances du château de Bomerée, alors propriété du comte de Coswarem. Par acte du , passé devant le notaire Nicolas Thibaut, la fenderie fut louée par le comte de Niel, seigneur de Landelies et Bomerée, à deux exploitants[177]:

  • Grégoire Walbrecq, maître de forges à Maubeuge (1/3 de la location),
  • Henri Brisse, échevin de Montigny (2/3 de la location).

Les montants versés s’élevaient respectivement à 245 francs 30 or et 490 francs 61 or. En 1826, la fenderie appartenait à Jennar Jean, maître de forges à Montigny‑le‑Tilleul[178]. Entre 1829 et 1830, l’usine fut temporairement convertie en moulin à farine. Par un arrêté du , la « maintenue » de l’usine fut autorisée, et la fenderie fut remplacée par une affinerie. En 1838, l’établissement devint la propriété de A. Diesbecq[178].

L’affinerie fut ensuite complétée par[178]:

  • une usine à martinets,
  • puis, en 1841, une platinerie.

En 1842, l’usine à martinets n’est plus mentionnée dans les documents officiels[178].

La société anonyme Marbragglo
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La société Marbragglo a été fondée en 1922 sous la forme d’une société anonyme. Après sa participation à l’Exposition de Liège en 1930, les dirigeants décidèrent la liquidation de l’entreprise. À l’été 1931, l’usine fut reprise par Malvaux, ancien directeur des Laminoirs de l’Alliance à Marchienne‑au‑Pont, qui confia la direction à Camille Joly[179]. L’établissement employait jusqu’à 200 ouvriers et ouvrières, dont environ quatre cinquièmes étaient d’origine italienne. Cette présence étrangère donna lieu à des aménagements collectifs pour la communauté de travailleurs : à Montigny fut notamment édifiée une « cantine des Italiens » au 42, rue Wilmet, bâtiment aujourd’hui occupé par l’école artisanale[179].

Le catalogue commercial de l’usine présente une gamme étendue d’articles sanitaires. Outre des sièges à la turque et des urinoirs simples, la brochure répertorie des urinoirs droits, des urinoirs à compartiments multiples, des baignoires (avec plaques de revêtement), des lavabos (modèle ordinaire et modèle hôtelier) ainsi que divers éviers (simples, d’angle, avec égouttoir) disponibles en plusieurs dimensions[179]. Le catalogue mentionne également des modèles de baignoires dits « anglais » et d’autres produits destinés aux installations sanitaires[179]. Les exploitants mettaient en avant l’intérêt économique et esthétique de leurs matériaux reconstitués, invitant architectes, entrepreneurs et propriétaires à les consulter pour l’emploi de pierres blanches et bleues reconstituées, qu’ils présentaient comme offrant un aspect proche de la pierre naturelle tout en présentant une résistance supérieure[179].

Clouterie de Montigny
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En 1814, le département de Jemappes comptait trente‑huit clouteries actives. L’une d’elles était implantée à Montigny‑le‑Tilleul, témoignant de la présence d’une petite industrie métallurgique locale spécialisée dans la fabrication de clous, alors très utilisée dans l’artisanat, la construction et les activités agricoles[180].

Platineries
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Montigny-le-Tilleul fut, du XVIIIe et au XIXe siècle, un centre notable de platineries, réparties principalement sur les sites industriels de Bomerée et de Pont-à-Nôle. Ces établissements, parfois simultanés, parfois successifs, utilisaient de petits makas, c’est‑à‑dire des marteaux à platiner actionnés par l’énergie hydraulique fournie par des roues à aubes ou à augets[181]. En 1829, les autorités du Royaume uni des Pays-Bas autorisèrent, par arrêté du , Cornélis Soetens à établir une platinerie ainsi qu’une scierie de bois et de marbre à Montigny-le-Tilleul[181]. L’implantation la plus probable de cette installation se situe à Pont‑à‑Nôle, bien que le site de Bomerée, doté de biefs distincts issus des fossés du château, ait également accueilli divers ateliers pouvant fonctionner indépendamment les uns des autres. À cette époque toutefois, Bomerée connaissait une réorganisation : la forge et la fenderie mentionnées en 1811 avaient été remplacées, en 1829-1830, par un bladier[181].

Un arrêté royal de confirma la maintenue de la forge de Bomerée tout en autorisant l’ouverture d’une nouvelle platinerie, ce qui renforce l’hypothèse selon laquelle l’arrêté d’ concernait effectivement Pont‑à‑Nôle[181]. La carte de Van der Maelen, vers 1854, signale d’ailleurs un « moulin à eau et platinière » à proximité de l’emplacement où sera ultérieurement construite la gare de Pont‑à‑Nôle, très probablement l’établissement concédé à Soetens[181]. La documentation relative à la platinerie de Jamioulx, dirigée en 1882 par le Montagnard E.-J.-P. Bruyr, témoigne de l’activité régionale dans ce secteur. L’adresse utilisée pour son courrier « M. E.-J.-P. Bruyr, directeur de platinerie à Montigny-le-Tilleul » illustre la simplicité des usages postaux de l’époque[181]. Les informations conservées sur la production et les prix de cette platinerie offrent par ailleurs des éléments utiles pour appréhender, par extrapolation, le fonctionnement économique des anciens établissements métallurgiques de Montigny[181].

Platinerie de Pont‑à‑Nôle
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Un arrêté du autorisa Cornélis Soetens à établir à Montigny‑le‑Tilleul une platinerie, accompagnée d’une scierie de bois et de marbre. L’installation s’inscrivait dans le développement des petites industries hydrauliques utilisant la force motrice des rivières locales[180].

Un nouvel arrêté du permit l’agrandissement du site. La platinerie comprenait alors[180]:

  • Deux foyers découverts destinés au travail du métal ;
  • Deux roues hydrauliques assurant l’énergie motrice ;
  • Une production annuelle d’environ 60 000 kg de pelles et de platines.

L’établissement était alors la propriété de M. Simon, qui en dirigeait l’exploitation[180].

La société anonyme des Etablissements Renson
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Les Établissements Renson, société anonyme implantée à Montigny‑Bomerée, trouvent leur origine dans l’activité métallurgique développée par Jules et Hippolyte Renson, d’abord actifs à Nalinnes puis associés, dès 1892, à leur oncle Aimé, ferronnier à Bomerée[161]. En 1897, ils fondèrent, avec Aimé Renson et Auguste Hecq, la Société en nom collectif Renson et Cie, installée dans les anciennes usines Jennar louées au docteur Durant. Une fonderie de fonte y produisait divers modèles de pompes, bientôt complétée par une presse à plomb[182]. L’entreprise prit en 1903 la forme de société anonyme sous la dénomination Établissements Renson et Cie, et fut transférée rue de Bomerée, où les ateliers connurent plusieurs extensions jusqu’à atteindre deux hectares[183]. L’usine, raccordée à la ligne industrielle de l’Entre‑Sambre‑et‑Meuse, développa progressivement ses activités grâce à l’impulsion d’Hippolyte Renson, administrateur influent dans les milieux industriels régionaux. Elle se spécialisa dans la fabrication de machines agricoles et de pompes, sous la direction de Jules Renson[184].

En 1929, la société adopta la raison sociale Usines de Landrecies, dotée d’un capital de 7,5 millions de francs, tout en conservant son siège à Montigny‑Bomerée. Elle regroupait alors un atelier de construction, une fonderie et plusieurs unités de production, dont un laminoir à plomb et des fonderies de cuivre et d’acier. La même année, les Renson reprirent la SA L’Essieu à Yves-Gomezée et créèrent les Fonderies Saint‑Lambert, dissoutes en 1938, date à laquelle les installations furent transférées à Bomerée[161],[185]. L’entreprise poursuivit son développement au XXe siècle en diversifiant sa production, notamment vers la plasturgie. En 1974, l’usine de Bomerée fut reprise par le groupe américain Hayward, tandis que la filiale nordiste de Landrecies suivait sa propre évolution[186]. La PME spécialisée dans le mobilier plastique qui succéda à Renson‑Hayward qui était en liquidation, laissant en suspens l’avenir des ateliers qui furent longtemps un pôle industriel majeur de Montigny‑le‑Tilleul[187].

L'extraction de minerai de fer à Montigny-le-Tilleul

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À Montigny‑le‑Tilleul existaient deux exploitations de minerai de fer au début du XIXe siècle : celle de Auguste Goffart, dont la concession couvrait environ un hectare, et celle d’Antoine Wilmet, étendue sur un hectare vingt‑cinq ares. Les puits étaient situés au lieu‑dit les Minères, où l’abandon progressif des travaux provoqua la formation d’un étang appelé le bayô, ultérieurement comblé et disparu vers 1905[188]. L’origine de ces puits peut être située autour de 1818, comme l’indique un acte privé du par lequel Adrien Massin vendit à Antoine‑Joseph Wilmet un courtil nommé la minère, d’une superficie d’environ un bonnier, jouxtant le ruisseau de la ville[188]. Dans l’acte de constitution de la société des hauts‑fourneaux de Monceau, autorisée le , il est précisé qu’Auguste Goffart apporta à la société les mines de fer de Mont‑le‑Tilleul, ce qui confirme l’activité extractive déjà bien établie à cette date[188].

En 1836, l’exploitation Goffart comptait quatre puits, tandis que celle de Wilmet en possédait deux. Les travaux Goffart atteignaient une profondeur de 24,20 m, mobilisaient seize ouvriers et produisaient environ 5 400 tonneaux de minerai brut, soit 2 700 tonneaux après lavage, pour un gisement épais de un à quatre mètres[180]. L’exploitation Wilmet, profonde de 24 m, employait six ouvriers et fournissait 2 700 tonneaux de minerai brut, réduits à 1 350 tonneaux lavés, avec une épaisseur de couche d’environ deux mètres. Dès 1837, l’exploitation Goffart cesse d’être mentionnée, et celle de Wilmet ne se maintient qu’une année supplémentaire[180]. La fermeture des puits ne résulta pas de l’épuisement des gisements, mais de la médiocrité du minerai, phénomène fréquent dans l’arrondissement de Charleroi où, parmi vingt‑deux sièges répartis sur dix‑sept communes, la majorité des produits étaient classés parmi les mines jaunes de qualité moyenne[180]. Les observations contemporaines décrivent à Montigny une chaux carbonatée laminaire associée à du fer oxydé, formant un filon exploité à une vingtaine de mètres de profondeur[180]. Le minerai, de teinte foncée et constitué de rognons volumineux, était jugé plus riche que celui de Labuissière mais d’un fondage difficile, ce qui limitait son emploi dans les hauts‑fourneaux, notamment à Hourpes où il n’était utilisé qu’en période de pénurie et jamais à plus d’un sixième du mélange, sous peine d’obtenir une fonte susceptible d’éclater après quelques jours par simple dilatation[180]. L’ensemble de ces facteurs explique la disparition rapide des exploitations montagnardes, dont l’activité s’étendit sur environ vingt ans, de 1818 à 1838[180].

Transport et mobilité

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La gare de Bomerée à droite sur la ligne 132. Aujourd'hui démolie.

Au niveau des TEC, Montigny-le-Tilleul est desservi par les bus : 1, 70, 71, 75, 77, 91, 170 et 173.

Landelies dispose d'une gare sur la ligne ferroviaire Charleroi-Central - Maubeuge et se trouve également sur le RAVeL W6 « Au fil de l’eau », itinéraire cycliste en site propre. Cet itinéraire emprunte le chemin de halage le long de la Sambre et relie Landelies à Charleroi et Thuin. Par ailleurs, Landelies se situe sur la route EuroVelo3, également nommée « Véloroute des pèlerins » . Il s'agit d'une route longue de 5 122 km qui relie Trondheim en Norvège à Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne. L’itinéraire traverse ainsi sept pays, la Norvège, la Suède, le Danemark, l’Allemagne, la Belgique, la France et l’Espagne[189].

Promenades et tourisme vert

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Ancienne carrière du sanctuaire.

Réserve naturelle et ornithologique de Landelies

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La réserve naturelle de Landelies, Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB), en aval de ce village occupe un versant escarpé de la vallée de la Sambre. Elle couvre une surface de 24 hectares. Le site est situé sur un plateau calcaire couvert de bois. L'on y trouve une chênaie calcicole comportant diverses variétés telles que des charmes, érables champêtre, frênes, mérisiers, etc. Des pelouses calcaires sont présentes sur les crêtes rocheuses. L'on note également des massifs de buis dans le sous-bois. On y trouve en abondance une plante rarissime en Belgique : l'arabette tourette. Plusieurs espèces de rapaces nocturnes et diurnes ont établi leur nid sur le site d'anciennes carrières calcaires[190]. Les sentiers qui y sont tracés en surplomb de la vallée de la Sambre permettent de rejoindre ces anciennes carrières de Landelies, principal site d'escalade dans la région de Charleroi.

Bois du Prince

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En amont de Landelies, de nombreux sentiers à l'intérieur du Bois du Prince en bord de Sambre ou sur son versant permettent de relier ce village au site touristique de l'Abbaye d'Aulne.

Sport et vie associative

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  • Via ferrata à Landelies.
    Montigny-le-Tilleul dispose d'un hall sportif qui accueille depuis 1994 différents clubs sportifs[191]:
    • Royal Basket Club Montagnard : club de basket masculin jeunes et adultes ;
    • Basket Féminin Montagnard : club de basket féminin jeunes et adultes ;
    • Academy Futsal Montigny : club de football en salle jeunes et adultes ;
    • FS Montigny : club de futsal masculin pour adulte ;
    • Divertisport ASBL : cours de psychomotricités pour jeunes ;
    • Felice Montigny : club de futsal pour adulte.
  • À Landelies, la salle Laloyaux accueille différents clubs/disciplines sportives : Judo Club de Landelies, psychomotricité, gymnastique, danse de salon et Yoga ;
  • Tennis Club Bois du Prince ;
  • Tennis Club/Padel Les Acacias ;
  • Judo Club Sambre et Heure ;
  • Cyclisme ;
  • Football : AS Montigny qui joue au stade du Bois Frion dans le championnat provincial du Hainaut ;
  • Escalade : rochers calcaires de Landelies en bord de Sambre, hauts de 35 mètres. Ils proposent des voies équipées de difficulté moyenne à extrêmement difficile en dalle et une via ferrata ;
  • Marche : Club pédestre « Les Sympas de Landelies » ;
  • Club de Tir L50 (Landelies) : tir au pistolet et à la carabine en calibre 22LR à titre sportif (disciplines de tir olympique) ;
  • Pêche : le long de la Sambre et de l'étang, ancien bras de la Sambre ( « al vîye Sambe » ), à proximité de l'Abbaye d'Aulne.

Vie associative

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Mouvements de jeunesse

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  • Unité Scouts : garçons de 6 à 18 ans[192] :
    • La Ribambelle des Baladins : garçons de 6 à 8 ans ;
    • La Meute des Louveteaux : garçons de 8 à 12 ans ;
    • La Troupe des scouts Éclaireurs : garçons de 12 à 16 ans ;
    • Le Poste des Pionniers : garçons de 16 à 18 ans ;
  • Unité Guides : filles de 5 à 17 ans et garçons de 5 à 7 ans[192] ;
    • La Chaumière des Nutons : garçons et filles de 5 à 7 ans ;
    • La Ronde des Lutins : filles de 7 à 11 ans ;
    • La Compagnie des guides aventures : filles de 11 à 15 ans ;
    • La Chaine des guides horizons : filles de 15 à 17 ans ;
    • Les Petits Potes : garçons et filles de tout âge vivant avec un handicap.

Personnalités liées à la commune

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Notes et références

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  1. Arrêté royal du portant fusion de communes et modification de leurs limites, art. 317 (corrigé par l'erratum au Moniteur belge du 28 octobre 1975) : « Les communes de Montignies-le-Tilleul et Landelies sont fusionnées en une nouvelle commune qui portera le nom de Montigny-le-Tilleul. »
  2. Aujourd'hui disparue à la suite de l'extension des carrières.
  3. Démolie en 1965 (Huybrecht 1996, p. 53).
  4. En , des combats opposent les troupes françaises du 2e corps du général Reille et l'infanterie prussienne dans les bois de Montigny-le-Tilleul. Au retour de la bataille de Waterloo, Jérôme Bonaparte et son état-major séjournent à Montigny-le-Tilleul.
  5. Il était situé sur l'emplacement de l'ancienne plaine de jeux de Marchienne-au-Pont, rue de Bomerée (Huybrecht 1999, p. 68).

Références

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Annexes

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • Présence et Action Culturelles, Montigny-le-Tilleul en images anciennes, deuxième album, Montigny-le-Tilleul, Scaillet, , 64 p.
  • Henry Bury, Montigny-le-Tilleul terre wallonne à travers les âges : contribution à son histoire, Les amis de Montigny, , 184 p.
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  • Bernard Huybrecht, L'Entité de Montigny-le-Tilleul, Alan Sutton, coll. « Mémoire en images », , 128 p. (ISBN 2-84253-357-7)
  • Bernard Huybrecht, L'Entité de Montigny-le-Tilleul & Aulne, t. II, Tempus, coll. « Mémoire en images », , 128 p. (ISBN 978-90-76684-99-4)
  • Les Amis de Montigny, Montigny d'hier et d'aujourd'hui, Gilly, ASBL Les Amis de Montigny, , 81 p.
  • Jules Sottiaux, Histoire de Montigny-le-Tilleul, Marchienne-au-Pont, Éditions A. Lambillon et fils, (réimpr. 1983), 318 p.
  • Guy Weyn, « Les avoués de Thuin : Contribution à l’histoire de l’abbaye de Lobbes et des seigneurs de Marchienne, Mont-sur-Marchienne et Montigny-le-Tilleul », Documents et rapports de la Société royale d’archéologie et de paléontologie de Charleroi, t. LVIII, 1979-1981, p. 73-168

Liens externes

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