Binche

ville de Wallonie (Belgique)

Binche (prononcé : /bɛ̃ʃ/ ; en wallon : Bince) est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut. La ville est située dans la région du Centre sur l'axe reliant les villes de Mons et de Charleroi.

Binche
Binche
La Grand Place avec l'hôtel de ville, le théâtre et la collégiale Saint-Ursmer.
Blason de Binche
Héraldique
Image illustrative de l’article Binche
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement La Louvière
Bourgmestre Laurent Devin (PS)
Majorité PS (Majorité absolue)
Sièges
PS
MR-CI
PTB
EPB
31
20
8
2
1
Section Code postal
Binche
Bray
Waudrez
Buvrinnes
Épinois
Leval-Trahegnies
Péronnes-lez-Binche
Ressaix
7130
7130
7131
7133
7134
7134
7134
7134
Code INS 58002
Zone téléphonique 064 et 065
Démographie
Gentilé Binchois(e)[1],[Note 1].
Population
– Hommes
– Femmes
Densité
33 841 (2026)
47,87 %
52,13 %
552,78 hab./km2
Pyramide des âges
– 0–17 ans
– 18–64 ans
– 65 ans et +
()
18,56 %
59,55 %
21,90 %
Étrangers 8,96 % ()
Taux de chômage 19,03 % (2022)
Revenu annuel moyen 18 189 €/hab. (2021)
Géographie
Coordonnées 50° 24′ 37″ nord, 4° 09′ 55″ est
Superficie
– Terr. non-bâtis
– Terrains bâtis
– Divers
61,22 km2 (2023)
77,53 %
12,38 %
10,09 %
Localisation
Localisation de Binche
Situation de la ville dans l’arrondissement de La Louvière et la province de Hainaut
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Binche
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Binche
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Binche
Liens
Site officiel www.binche.be

Ville fortifiée entourée de 25 tours, elle est célèbre pour son carnaval reconnu en 2003, par l'UNESCO comme chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité et pour son patrimoine architectural.

D’origine médiévale, Binche a traversé les siècles en vivant des événements militaires marquants, entre guerres et pillages, ainsi que diverses dominations espagnole, française, autrichienne et hollandaise. Elle a aussi accueilli des figures célèbres comme Charles Quint, Marguerite d’York, Marie de Hongrie, Henri II, les archiducs d’Autriche ou encore Napoléon. Au fil du temps, la ville s’est développée grâce à l’industrie de la dentelle, aux brasseries et aux charbonnages, et préserve dans son centre historique des monuments emblématiques tels que l’hôtel de ville ou la collégiale Saint-Ursmer.

Toponymie

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Le nom de Binche pourrait provenir du latin Binchium, dérivé de Bincina, signifiant « colonie ». Selon une autre hypothèse, la source viendrait de Binez, terme celtique pour désigner une courbure de rivière[2].

Diverses orthographies de Binche sont relevées dans les textes historiques :

  • Bincium : en 1124, 1182, 1193, 1200, 1229, 1248 ;
  • Binzium : en 1159, 1204, 1206, 1209 ;
  • Bins : en 1162, 1197, 1460 ;
  • Bonc : en 1167, 1179, 1181, 1239 ;
  • Binchium : en 1177, 1246, 1258 ;
  • Bince : en 1279 ;
  • Bains : au XVIe siècle ;
  • Beins : aux XVIe siècle et XVIIe siècle ;
  • Binch : en 1232, 1256, 1790.

Géographie

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Situation

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La ville de Binche est située dans la région du Centre, entre Charleroi et Mons à l'est de la province de Hainaut.

Communes limitrophes

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Structure communale

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Battignies a fusionné avec Binche le grâce à la loi du .

Binche fusionne avec Bray, Buvrinnes, Epinois, Leval-Trahegnies, Péronnes-lez-Binche, Ressaix et Waudrez lors de la fusion des communes de 1977.

#NomSuperf.
(km²)[3]
Habitants
(2025)[3]
Habitants
par km²
Code INS
1Binche (I)
dont Battignies
3,648.7942.41658002A
2Ressaix (VII)4,274.21498758002B
3Leval-Trahegnies (V)7,786.47783358002C
4Épinois (IV)3,631.67646258002D
5Buvrinnes (III)16,361.97912158002E
6Waudrez (VIII)8,972.71730358002F
7Bray (II)6,303.08549058002G
8Péronnes-lez-Binche (VI)10,284.83747158002H
Total61,2233.78455258002

Géologie

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Outre le limon et le sable, le sous-sol de Binche est constitué de schiste, de grès et de houille déposée il y a plusieurs centaines de millions d’années lors de l’ère primaire, pendant la période géologique du Carbonifère. Le grès de Bray a servi à la construction de l'hôtel de ville de Binche et du palais de justice.

Les terrils qui ponctuent le paysage binchois sont constitués de résidus miniers, principalement de schistes et, en plus petite quantité, de grès carbonifères et de résidus divers.

Binche se situe sur la « Faille du midi » qui court du nord de la France à Liège presque à l'horizontale. Cette faille correspond à une importante ligne de rupture géologique située à la limite nord du massif du midi (Condroz-Ardenne), apparue au paléozoïque[4].

Topographie

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Binche est situé au sommet d'un escarpement rocheux au pied duquel coule la rivière Samme. Mis à part les terrils, les parties les plus élevées de la commune de Binche (environ 150 m) sont situées au sud-est à Buvrinnes. C'est là que la rivière Samme prend sa source. L'altitude la moins élevée (environ 50 m) se situe à Bray au niveau du ruisseau des Estinnes qui se jette dans la rivière Haine.

On note également la présence de plusieurs terrils, résultat de l'exploitation minière dans la région du Centre : le terril Sainte-Élisabeth, Sainte-Marguerite, de la Caspienne, Sainte-Barbe, Saint-Albert et Sainte-Marie qui atteignent jusqu'à 175 m d'altitude.

Quartiers et lieux-dits

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Vue aérienne.

Les Pastures, Faubourg Saint-Paul, Faubourg Saint-Jacques, Faubourg du Posty, Transvaal, Battignies, ancienne commune rattachée en 1881, le Four à Chaux, le quartier des Millionnaires, le quartier résidentiel de l'Athénée et le quartier de la gare

Porte Neuve, porte de la Sablonnière, porte des Mélion, porte à Pollewaignon, porte Notre-Dame, porte du Posty et porte à Selvèle.

Hydrographie

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La Samme (aussi appelée La Princesse) qui prend sa source à Buvrinnes traverse le territoire de Binche en passant à Ressaix, Épinois, Binche, Péronnes-lez-Binche et va se jeter dans la Haine à Trivières[2]. La rivière a été canalisée et est voûtée dans les parties urbaines de Binche. Cela n'a pas empêché qu'à de nombreuses reprises, la Samme inonde certaines parties du territoire et de la ville de Binche. La Samme reçoit le ruisseau de Bonne-Espérance avant d’atteindre Péronnes ainsi que la rivière Bruille.

Le territoire de Bray est traversé par le ruisseau des Estinnes qui se jette dans la rivière Haine.

Évolution démographique

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Démographie: Avant la fusion des communes

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  • Source: DGS recensements population

Démographie : Commune fusionnée

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En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :

Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées.

  • Source : DGS, de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1er janvier[5]

Histoire

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Préhistoire

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La présence humaine dans cette partie du Hainaut remonte à la préhistoire, comme l’attestent divers indices mis au jour tant lors de campagnes de fouilles méthodiques que par des découvertes fortuites[6]. Les vestiges recueillis suggèrent une occupation dès le Paléolithique supérieur, voire antérieure, possiblement liée au Paléolithique inférieur[6]. Sur les territoires actuels de Battignies, Leval, Ressaix et Épinois, plusieurs concentrations de silex ont été identifiées en plein air[6]. Leur abondance et leur qualité en font l’un des ensembles lithiques les plus significatifs de la région, témoignant d’activités humaines anciennes et d’un usage intensif des ressources locales[6].

Antiquité

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La région de Binche, intégrée dans l’aire occupée par les Nerviens durant l’Antiquité, révèle une présence celte structurée grâce aux découvertes archéologiques réalisées au début du XXe siècle. Entre 1905 et 1914, des fouilles menées au lieu‑dit de la Courte, à Leval‑Trahegnies, ont mis au jour plusieurs sépultures attribuées à l’époque celtique[7]. Les objets exhumés notamment une goupille d’essieu, trois anneaux de rênes et des céramiques remarquablement travaillées permettent de situer cet ensemble funéraire autour du IIIe siècle av. J.‑C., période correspondant à l’expansion et à la structuration des communautés gauloises dans la vallée de la Haine[7]. Selon une tradition étymologique rapportée par certains auteurs, le nom Binche pourrait dériver d’un terme celtique, Bincz, désignant la courbure d’un cours d’eau[7]. Cette hypothèse, bien que non unanimement confirmée, s’inscrit dans un ensemble d’interprétations visant à relier la toponymie locale aux caractéristiques géographiques de la vallée et à l’héritage linguistique des populations celtiques[7].

À l'époque romaine, la commune de Binche se trouvait sur le tracé de la chaussée Brunehaut, voie romaine menant de Bavay à Tongres construite à l'instigation d'Agrippa gendre de l'empereur Auguste. Une borne milliaire de l’époque d’Antonin (IIe siècle apr. J.-C.) a ainsi été trouvée à Péronnes-lez-Binche en bordure de la chaussée Brunehaut. Cette borne milliaire est à présent conservée et exposée au Musée royal de Mariemont. La chaussée Brunehaut est à l'origine d'une bourgade, le vicus Vogdoriacum ou vogo Dorgiacum, ville des Nerviens dans la province romaine de Belgique Seconde, situé à Waudrez à 2 kilomètres du centre de Binche. C'était pendant l'époque gallo-romaine, un lieu d'étape et une agglomération commerçante d'une certaine importance où se vendent les produits de l'industrie locale. Le site archéologique occupe une surface de 70 ha. Des recherches archéologiques ont mis au jour une grande habitation romaine, avec installation de bains et un puits de 3 mètres de diamètre et 14 m de profondeur. Des monnaies, des poteries, des objets en fer, en bronze, des céramiques en terre sigillée y sont également découverts. Depuis 1976, les origines et le devenir de ce relais gallo-romain sont présentés au Musée gallo-romain de Waudrez[8]. Vodgoriacum aurait atteint son apogée durant les règnes des empereurs Trajan (98-117), Hadrien (117-138) et Antonin le Pieux (138-161)[9].

Moyen Âge

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Les remparts médiévaux de Binche.

À la fin du VIe siècle, l’ancienne voie romaine reliant Bavay à Cologne, devenue difficilement praticable, fait l’objet d’une remise en état sur ordre de la reine d’Austrasie, Brunehaut. Dans ce contexte, les communautés rurales de la vallée de la Haine, dont l’économie repose essentiellement sur l’agriculture, connaissent une amélioration progressive de leurs conditions de vie grâce à l’exploitation intensive des terres[10]. Au début du VIIe siècle, de vastes domaines agricoles se constituent à Waudrez et dans l’actuelle Binche, alors simple dépendance de Waudrez. À partir de 653, ces terres sont intégrées aux possessions de l’abbaye de Lobbes, ce qui témoigne de l’emprise croissante des établissements religieux sur l’organisation territoriale[10]. En 974, un affrontement se déroule à Péronnes, près de Binche, opposant les fils de Régnier 1er surnommé « au Long Col » et considéré comme le premier comte de Hainaut[Note 2] aux forces de deux prétendants jugés illégitimes[10]. L’issue du combat confirme la légitimité dynastique des héritiers de Régnier, consolidant leur autorité sur le « comté des Nerviens »[Note 3], entité médiévale correspondant à une partie de l’ancien territoire nervien[10]. Vers la fin du XIe siècle ou au début du XIIe siècle, l’un des successeurs légitimes du comte prend une décision structurante pour l’histoire locale : l’édification d’un donjon à l’extrémité orientale de son domaine, sur une terre libre de toute sujétion féodale, située à Binche mais relevant de l’alleu de Waudrez. Cette construction marque l’émergence d’un pôle seigneurial fortifié, destiné à affirmer le contrôle territorial et à organiser l’autorité comtale dans la région[10]. Au début du XIIe siècle, Binche relève ainsi de Waudrez, une terre libre ne dépendant d’aucun fief et placée directement sous l’autorité du comté. On y trouve probablement une petite agglomération[11]. En 1124, il se nommait Bincio (il existe une forme néerlandaise inusitée[12] Bing[13]).

Essai de reconstitution de l’ancien castrum des Comtes de Hainaut Aquarelle de E. Devreux.

Baudouin IV, comte de Hainaut, également connu sous le nom de Baudouin le Bâtisseur, construit le premier château de Binche au XIIe siècle et entoure la ville de puissants remparts, qui sont presque entièrement préservés à ce jour. Le château est connu sous le nom de « Château de la Salles » au XVe siècle. Philippe le Bon, duc de Bourgogne, restaure le château en 1461. Marguerite d'York, veuve de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, qui a reçu Binche en dot l'agrandit vers 1500 d'un corps de logis[14]. Pendant longtemps, l’historiographie locale a attribué la naissance du noyau fortifié de Binche à un éperon rocheux entouré d’un cours d’eau, supposé avoir servi d’assise à un donjon comtal, probablement de plan carré, autour duquel se seraient progressivement regroupées des habitations protégées par une enceinte[Note 4]. Les recherches archéologiques menées plus récemment invitent toutefois à nuancer cette interprétation : la première ligne de défense ne semble pas avoir été construite dans le prolongement de cette tour, et l’établissement de Binche pourrait même lui être antérieur, si tant est que ce donjon primitif ait réellement existé[15]. Au XIIIe siècle, une tour de guet quadrangulaire, connue sous le nom de Tour des Chevaliers, aurait été édifiée à proximité du dispositif défensif du quartier Saint‑Paul[15]. Dans ce secteur se trouvait déjà, au début des années 1200, un moulin alimenté jusqu’en 1848, installé près d’un pont en bois qui prit plus tard le nom de Pont d’Arcole. Ce pont jouait un rôle stratégique : il permettait de contrôler l’écoulement des eaux afin d’inonder les abords inférieurs des fortifications en cas de siège, renforçant ainsi la protection de la ville naissante[15]. Binche se distingue des schémas urbains hérités de l’Antiquité romaine : la ville ne reprend ni le plan en damier ni l’organisation centrée sur un forum, préférant s’implanter sur un relief offrant des avantages défensifs[15]. Les voies de circulation, généralement étroites, se développent de manière organique selon les besoins et convergent vers une place publique servant de cadre aux marchés, aux processions et aux festivités populaires[15]. Entre 1120 et 1125, la veuve de Baudouin, Yolende, joue un rôle déterminant dans l’essor de Binche[16]. Elle fait appel à des marchands et artisans pour dynamiser l’économie locale et détache de l’ancien alleu de Waudrez plusieurs dizaines d’hectares, qu’elle attribue à ceux qui acceptent de s’y établir. Ce geste fonde une véritable ville neuve, dotée d’un statut privilégié destiné à attirer une population active et à structurer un centre urbain durable[15]. La première enceinte de Binche semble avoir englobé principalement la place du marché. Le resserrement formé par l’actuelle rue Notre‑Dame laisse supposer l’emplacement d’une porte primitive, intégrée au dispositif défensif initial[15]. Dès 1147, la ville dispose déjà d’un système de défense particulièrement efficace dans un contexte de conflits fréquents. Un castrum y est mentionné dans le récit des déplacements de Saint Bernard, venu prêcher la deuxième croisade dans plusieurs localités de la région, ce qui atteste l’importance stratégique et religieuse de Binche à cette époque[17]. À partir de 1147, Binche dispose déjà d’un ensemble défensif particulièrement robuste, témoignant d’une volonté affirmée de sécuriser l’agglomération dans un contexte de conflits fréquents[18]. Peu après l’achèvement de ces fortifications, entre 1147 et 1150, le fils aîné de Baudouin IV meurt et reçoit une sépulture dans l’église paroissiale, ce qui indique l’importance croissante de la communauté locale et de ses institutions religieuses[18]. En 1155, la structuration ecclésiastique de la ville se renforce avec la création d’un doyenné : le doyen de Binche, Antoine, appose son sceau sur une charte émise par Lambert, abbé de Lobbes, attestant l’intégration de Binche dans les réseaux administratifs et spirituels de la région[18]. Quelques années plus tard, en 1171, Baudouin IV surnommé le Bâtisseur fait ériger une chapelle castrale qu’il place sous le patronage de Saint‑Servais, consolidant le rôle du pouvoir comtal dans l’organisation religieuse et symbolique de la ville[18]. Au fil du XIIe siècle, l’agglomération poursuit son expansion. L’essor démographique et l’affirmation progressive des structures urbaines témoignent d’une dynamique de croissance continue, portée par l’activité économique, l’importance stratégique du site et l’action des comtes de Hainaut qui façonnent durablement l’identité de Binche[19].

La collégiale Saint-Ursmer.

À partir du XIIIe siècle, Binche manifeste un dynamisme économique croissant, notamment par l’édification de halles et la formation d’une corporation de drapiers, signe d’un commerce textile déjà structuré[20]. Dès 1304, l’attrait de la ville s’étend au‑delà des frontières régionales : des banquiers venus du nord de l’Italie s’intéressent à cette cité en plein essor, témoignant de son intégration progressive dans les réseaux financiers européens[20]. Le développement religieux accompagne cette croissance. Au début du XIIe siècle, le « Moustier Sainte‑Marie » est fondé, futur siège de la collégiale Saint‑Ursmer[20]. Ce sanctuaire ne reçoit son nom actuel qu’en 1409, lorsque les reliques du saint sont transférées de Lobbes à Binche, événement qui transforme la ville en centre de pèlerinage et renforce son rôle spirituel dans la région[20]. Le quartier Saint‑Jacques doit son appellation à un refuge destiné aux voyageurs se rendant à Saint‑Jacques‑de‑Compostelle, qu’ils entreprennent ce périple par dévotion ou dans le cadre d’une pénitence. Le béguinage, appelé « des Cantimprets », aurait vu le jour dès les débuts de la ville[20]. Il accueillait des femmes pieuses vivant sans prononcer de vœux, préfigurant la présence des Récollets qui s’installeront en 1590. Une église attenante, dédiée à Sainte‑Élisabeth, complétait cet ensemble religieux, illustrant la diversité des institutions spirituelles qui ont marqué l’identité de Binche[20]. Sous le règne de Baudouin V, fils de Baudouin IV, les défenses urbaines de Binche sont renforcées par le rehaussement des remparts. Malgré ces travaux, le comte connaît une situation politique plus délicate que celle de son père. Confronté aux attaques des troupes de son beau‑père, Philippe d’Alsace, il doit se retirer dans la forteresse de Mons, d’où il assiste à l’incendie des villages environnants[21]. Peu après, Godefroid de Louvain, accompagné d’un contingent important environ quatre cents chevaliers et quatre mille fantassins et cavaliers traverse la région, passe devant Binche et établit son camp aux Estinnes, également ravagées. La fille de Baudouin V, Jeanne de Constantinople, gouverne avec fermeté et poursuit l’extension du système défensif[21]. Sous son autorité, l’enceinte atteint près de deux mille mètres de courtines et de remparts, percés de six portes : la porte de Bruxelles, la porte de la Savenière ou de la Sablonnière, la porte de Mons ou de Mélion (ou « Milion »), la porte Saint‑Paul[Note 5], la porte Saint‑Jacques et la porte de la Roquette ou du Posty[21]. Jeanne obtient également de l’abbaye Sainte‑Rictrude le hameau Sainte‑Eusébie, correspondant à l’actuel Battignies, intégrant ainsi de nouveaux territoires à la ville[21]. Vers 1260, une maladrerie est construite à l’intersection de la chaussée Brunehaut et de la route reliant Binche à Péronnes. Destinée à accueillir et soigner les personnes atteintes de la lèpre, elle témoigne de l’attention portée aux enjeux sanitaires et sociaux dans une cité en pleine structuration[21].

Au Moyen Âge, l’espace urbain de Binche se densifie progressivement : les rues sont bordées d’édifices publics, de petites échoppes, de magasins, d’hôtels particuliers et de maisons privées, dont une grande partie est construite en bois ou en torchis, avec des structures en colombages caractéristiques de l’architecture médiévale[22]. Cette organisation reflète l’activité marchande qui animait la ville, encore perceptible aujourd’hui dans la physionomie de certaines rues. Dans Binche et ses environs immédiats, de nombreux moulins fonctionnent sans interruption[22]. Leur force motrice est utilisée pour diverses tâches essentielles, notamment la mouture du grain ou la production d’huile, témoignant de l’importance des infrastructures hydrauliques dans l’économie locale[22]. L’ensemble de ces éléments habitat dense, artisanat actif, équipements productifs illustre le dynamisme commercial et artisanal qui a marqué la ville durant tout le Moyen Âge[23]. La vie quotidienne à Binche demeure généralement paisible au Moyen Âge, malgré quelques épisodes de tension. En 1252, trois cents hommes de main envoyés par Marguerite de Constantinople sévissent dans le Hainaut, en particulier dans la prévôté de Binche[Note 6], qu’ils accablent par des prélèvements fiscaux lourds[22]. Les habitants, qu’ils soient serfs ou affranchis, travaillent intensément les terres cultivées autour de la ville ou exploitent les vastes bois comtaux, couvrant environ 326 hectares[22]. Binche se distingue également par la présence précoce d’institutions éducatives et hospitalières. Elle accueille l’une des premières écoles du Hainaut, ainsi qu’un hôpital associé à un béguinage établi dès le début du XIIIe siècle[22]. Ces structures témoignent d’un développement urbain avancé et d’une organisation sociale déjà complexe. Cette prospérité, nourrie par l’activité agricole, artisanale et religieuse, se maintient durant plusieurs décennies, jusqu’à la fin du XIVe siècle[22].

Le , le comte Jean concède à son vassal Abraham de Binche une parcelle située entre la demeure de ce dernier et le mur du donjon supposé avoir occupé le cœur du premier noyau fortifié. Ce terrain, qui s’étendait sur une large partie du quartier Saint‑Paul et longeait le cours de la Samme, changea plusieurs fois de propriétaires au fil des siècles[24]. Au XVIe siècle, il passa successivement entre les mains des chevaliers Jehan Lestandart de Montigny puis de la famille de Greus. En 1380, les Prémontrés de Bonne‑Espérance acquièrent la propriété afin d’y établir un refuge[24]. Trois siècles plus tard, l’abbé Englebert revend le domaine au doyen de Binche, Claus. À cette époque, il ne subsiste qu’une masure délabrée, dont les soldats de la garnison française commencent à démonter les matériaux pour les réutiliser[24]. Au XIXe siècle, le site est transformé en entrepôt de denrées coloniales pour la firme Bette, ce qui lui vaut le surnom populaire de « Cave Bette ». Classé en 1955, l’ancien refuge fait l’objet en 1993 d’une campagne de restauration menée par Joseph Delwart[24]. Ces travaux, prélude à la réhabilitation de l’enceinte médiévale, permettent de mettre au jour un mur à arcades attribuable aux fortifications du XIIIe siècle, offrant un témoignage matériel précieux sur l’évolution du système défensif de Binche[24]. Après la mort de Marguerite de Constantinople, Binche revient aux comtes de la maison d’Avesnes et s’affirme comme l’une des cités majeures du comté de Hainaut. Sa prospérité s’accélère avec l’arrivée des banquiers lombards, dont l’activité marque profondément l’économie locale[25]. En 1306, Philippines de Luxembourg, épouse de Jean d’Avesnes et résidant à Binche dans un château surnommé « Salle », autorise ces financiers à s’installer en ville en échange d’une redevance annuelle de six cents livres blancs[25]. Cette décision favorise l’essor des échanges, notamment celui du vin, soutenu par le statut de cité douairière dont Binche bénéficie pendant plusieurs siècles[25]. L’année 1306 est également marquée par un incendie accidentel qui détruit un quartier entier, rappelant la vulnérabilité des constructions médiévales, souvent en bois ou en torchis[22]. En 1311, le comte fait édifier une chapelle, renforçant la présence religieuse au sein de la ville. En 1325, un nouvel incendie ravage une série de maisons, confirmant la fréquence de ces sinistres dans les agglomérations médiévales où les matériaux inflammables dominent[22].

Au cours des années 1330, dans le contexte des tensions opposant l’Angleterre et la France, de nombreux territoires européens deviennent le théâtre de rivalités entre grands seigneurs. En 1334, Guillaume 1er, fils de Philippines de Luxembourg, s’allie aux princes de Belgique contre le Brabant, qui conteste les droits du comte de Flandre sur Malines[23]. D’importantes troupes se rassemblent alors à Binche sous le commandement de Jean de Beaufort, bientôt rejoint par les chevaliers de Beaumont[23]. Les milices brabançonnes menacent d’envahir le Hainaut, faisant de Binche un point stratégique dans la défense du comté. Durant cette période d’incertitude, le seigneur de Pottes, venu inspecter les lieux, décide de renforcer les défenses de la ville[23]. Il fait installer sur les tours et les remparts des galeries en saillie, appelées hourds, destinées à améliorer la protection contre les assauts[23]. Ces aménagements ne seront finalement pas utilisés, les hostilités demeurant brèves et limitées à quelques zones du Brabant et du Limbourg. Le Hainaut, allié à la principauté de Liège dans ce conflit, échappe ainsi à une confrontation directe[22]. À la fin du conflit opposant le Brabant au Hainaut, la paix est rétablie le  : le duc de Brabant, vaincu, parvient à se réconcilier avec son adversaire grâce à l’intervention du roi de France. Douze ans plus tard, Binche accueille une conférence diplomatique réunissant les émissaires du comte de Flandre Josse de Hermsrode et Philippe d’Arbois ainsi que le duc de Brabant et des représentants montois[23]. Cette rencontre aboutit à l’arrangement du mariage entre Marguerite de Brabant et Louis de Maele, illustrant le rôle de Binche comme lieu privilégié pour les négociations internationales au XIVe siècle[23]. Le prestige de la ville s’inscrit également dans un contexte politique mouvant. Le , le comte Guillaume II est tué par les Frisons lors de la bataille de Stavoren[23]. Sa sœur, Marguerite d’Avesnes, ayant épousé l’empereur Louis de Bavière, le comté de Hainaut passe alors à la maison de Bavière. Quelques jours avant la Chandeleur de 1350, Guillaume se rend à Binche pour rencontrer le comte de Namur et tenter de l’amener à s’allier à lui. En Hollande, il subit d’abord une défaite face au parti de Marguerite, avant de reprendre l’avantage le en détruisant la flotte anglaise alliée à son adversaire[23]. Ces épisodes s’inscrivent dans une période de tensions récurrentes, où les rivalités féodales et les enjeux dynastiques se mêlent aux alliances fluctuantes entre principautés. La région de Binche, déjà fragilisée par les épidémies, doit affronter ces conflits successifs, qui marquent durablement son histoire politique et sociale[23].

Panorama de la ville avec ses remparts.

En 1348, la peste noire venue d’Asie atteint Binche avant de frapper Tournai et d’autres localités de la région, causant des pertes humaines considérables et bouleversant durablement l’organisation sociale. À la suite de cette épidémie, une période de grands travaux s’ouvre dans la ville[26]. Près de l’ancien « Moustier Notre‑Dame », le cimetière médiéval est abandonné au profit d’un nouveau site funéraire aménagé à proximité des remparts, témoignant d’une réorganisation de l’espace urbain et de préoccupations sanitaires renouvelées[26]. Dans le même mouvement, la construction d’un nouvel hôtel de ville est entreprise afin de remplacer l’ancienne maison communale, devenue insuffisante pour répondre aux besoins administratifs d’une cité en expansion[26]. Les Prémontrés de Bonne‑Espérance édifient également, au cœur de Binche, un hôtel destiné à servir de refuge en cas de danger, renforçant ainsi les infrastructures d’accueil et de protection au sein de la ville. Ces aménagements traduisent la volonté de reconstruire et de moderniser Binche après les ravages de la peste, tout en consolidant son rôle religieux, administratif et défensif[26]. En 1361, après l’emprisonnement de Guillaume III au château du Quesnoy, où il meurt dans des circonstances demeurées obscures, et après la succession de Marguerite de Brabant, son frère Aubert devient régent du Hainaut. Son accession au pouvoir ouvre une période de rivalités intenses. À Binche, la population redoute une attaque des adversaires du régent, notamment celle du duc de Brabant Wenceslas de Luxembourg[27]. Pour prévenir une éventuelle invasion, ce dernier entreprend de renforcer l’arsenal de la ville en acquérant des bombardes et, surtout, en lançant une vaste campagne de restauration des fortifications, alors très dégradées[27]. Les tours abandonnées sont remises en état, les fossés entourant les murailles notamment dans le quartier Saint‑Paul sont réaménagés, les portes surélevées et les créneaux réparés. Ces travaux témoignent de l’importance stratégique de Binche dans les luttes féodales du XIVe siècle[27]. Les hostilités entre Aubert et Wenceslas, fils du roi de Bohême Jean l’Aveugle et héritier du Brabant par son mariage avec la duchesse Jeanne, débouchent finalement sur un compromis : les deux parties obtiennent le droit de jouir conjointement du domaine seigneurial de Binche, mettant temporairement fin aux tensions qui menaçaient la région[27].

À l’époque médiévale, les habitants de Binche participent activement à la défense de leur cité, tant par leur engagement financier que par leur présence sur le terrain[28]. La protection urbaine repose sur des milices armées soumises à une discipline stricte : seules les personnes jugées irréprochables peuvent y être admises, et chaque combattant doit prêter serment de respecter le règlement. Parmi ces groupes, la compagnie des Arbalétriers, également appelée « Serment de Saint‑Georges », occupe une place essentielle dans la vie locale[28]. La première mention attestant la présence de tels guerriers à Binche remonte à 1372. Cette année‑là, le prévôt Gérard d’Obies repousse les attaques de bandes armées, dont celle menée par le sire de Familleureux, contre l’abbaye de Bonne‑Espérance[28]. Ces confréries d’archers et d’arbalétriers, qui jouent un rôle militaire mais aussi social et cérémoniel, demeurent actives jusqu’à leur dissolution à la suite de la Révolution française, marquant la fin d’une tradition défensive profondément ancrée dans l’histoire binchoise[29]. En 1398, la peste fait des ravages à Binche et décime sa population. Le début du XVe siècle voit une guerre éclater entre la Principauté de Liège et le comté de Hainaut. Les environs de Binche sont dévastés en 1408 par les Liégeois qui seront ensuite vaincus à la bataille d'Othée par les troupes hennuyères alliées à Jean Sans Peur, duc de Bourgogne[2][30].

Buste de Saint-Ursmer, le saint patron de la ville.

Les événements agités de 1408 suscitent une vive inquiétude parmi les habitants de Binche. La rébellion, qui trouve des soutiens fervents dans plusieurs villes proches, fait craindre des représailles[31]. Par mesure de prudence, les moines de Lobbes se réfugient alors à Binche, emportant avec eux leurs trésors[31]. Après le transfert des « huit corps saints » dans la cité, l’église du Moustier Sainte‑Marie adopte saint Ursmer comme nouveau patron[32]. Cette redédicace s’accompagne d’une procession solennelle. Saint Ursmer, né le ou en 645, porte un nom dont le radical ursus signifie « ours »[Note 7]. Selon une tradition populaire, alors que des troupes françaises investissaient la ville, le saint serait apparu en éclat de lumière sur les remparts, rendant courage à une population terrifiée[32]. Cette croyance, profondément ancrée dans l’imaginaire local, est évoquée par une gravure du XIXe siècle et par le nom donné à une tour ainsi qu’à une petite chapelle chaulée dominant l’enceinte urbaine[32]. Au début du XVe siècle, Philippe le Bon parvient à réunir sous son autorité l’ensemble des provinces bourguignonnes, s’emparant notamment du Hainaut au détriment de la dernière comtesse issue de la maison de Bavière, Jacqueline. Réformateur, il réduit progressivement les prérogatives des communes au profit d’une administration centralisée[33]. Le , il modifie ainsi le mode de désignation des jurés et des conseillers de Binche, inscrivant la ville dans un cadre institutionnel plus strict. Cette période marque le début d’un net déclin économique[33]. Une partie de la population critique ouvertement la fiscalité seigneuriale, jugée excessive et responsable d’un exode croissant[33]. Comme dans d’autres cités fortifiées, les autorités cherchent néanmoins à adapter les défenses urbaines aux évolutions militaires : face à l’usage de plus en plus répandu de la poudre à canon, les remparts sont renforcés et équipés d’arquebuses, témoignant de la transition vers des techniques de guerre nouvelles[34]. À partir du XVe siècle, la dentelle de Binche, produit de luxe, contribue à l'essor de la ville. Cette industrie prospèrera jusqu'au XIXe siècle malgré les vicissitudes de l'histoire.

À partir de 1465, un maître d’artillerie est chargé de vérifier, entretenir et tester les engins de guerre ainsi que les munitions, signe de l’adaptation progressive de Binche aux évolutions de l’armement. Deux compagnies militaires sont alors fondées : la confrérie de Saint‑Laurent et celle de Saint‑Vincent, surnommée Bon‑Vouloir du Phénix[34]. Toutes deux participent au siège de Beauvais en 1473, témoignant de l’implication de la ville dans les opérations militaires régionales. En 1482, Marguerite d’York, profondément affectée par la mort de Marie de Bourgogne qu’elle considérait comme sa propre fille, reçoit en jouissance le domaine de Binche[34]. Elle s’installe dans les appartements de l’« Ostel de la Salle », bien qu’elle partage son temps entre plusieurs résidences, notamment Audenaerde, Malines et Gand. Plus tard, elle développe une affection particulière pour le château de Ter Elst, situé sur les bords de la Nèthe, en Campine[34]. Marguerite d’York joue un rôle bienveillant et structurant pour Binche. Sa première initiative consiste à demander des renforts militaires, suivie d’une inspection complète des fortifications. En 1491, elle fait rénover « la Salle » et, trois ans plus tard, lance la construction du couvent des Sœurs Noires, qu’elle finance entièrement[34]. Elle dote ensuite la communauté religieuse des moyens nécessaires pour se consacrer à l’éducation des enfants pauvres et malades, renforçant ainsi le rôle social de la ville. Enfin, Marguerite offre au trésor de l’église Saint‑Ursmer un reliquaire en or représentant le Christ en croix, la Vierge et saint Jean‑Baptiste, geste qui illustre son attachement à Binche et son influence durable sur son patrimoine religieux[34].

Vue des vestiges de l'ancien refuge de Bonne-Espérance dit Cave Bette[Note 8] avec le musée du Carnaval et du Masque et la collégiale Saint-Ursmer.

Jusqu’à la fin de sa vie, Marguerite d’York demeure profondément attachée à Binche. En , une maladie l’oblige à rester six semaines au château[35]. En , elle se trouve vraisemblablement de nouveau dans la capitale de son douaire hennuyer[35]. En , alors qu’elle se rend à Chimay, elle fait halte à Binche et, au retour, y passe encore quelques jours. Durant ce séjour, elle convoque son receveur, Adrien de Herly, afin qu’il lui présente ses comptes[35]. Cet épisode illustre la gestion attentive qu’elle exerce sur son domaine, ainsi que la fidélité constante qu’elle manifeste envers Binche, ville qu’elle protège, embellit et soutient tout au long de son existence[35]. L’ancien refuge de Bonne‑Espérance, doté d’un porche caractéristique de la fin du XVe siècle, s’ouvre sur une cour intérieure donnant accès à trois bâtiments distincts. Le premier, construit en briques au XVIe siècle, présente un décor en briques émaillées figurant les armoiries d’un abbé de Bonne‑Espérance[24]. Le second édifice, plus complexe, est bâti en pierres de Bray : il repose sur de puissants piliers et s’organise autour d’un vaste carré central, témoignant d’une architecture monastique soignée. Le troisième bâtiment se distingue par deux étages voûtés et pavés, dont la robustesse reflète la fonction de refuge[24]. Depuis les deux derniers édifices, des escaliers donnent accès à un réseau de couloirs souterrains, dont l’un conduit directement aux remparts. Ce dispositif, typique des refuges monastiques médiévaux, illustre la vocation défensive du site et son rôle stratégique dans la protection de Binche[24].

Temps modernes

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À la mort de Marguerite d’York en 1503, le jeune Charles, futur Charles Quint, n’est encore qu’un enfant de trois ans. La tutelle politique revient alors à son grand‑père, Maximilien de Habsbourg, qui délègue rapidement l’exercice de la régence à une autre membre de la famille, Marguerite d’Autriche[35]. Celle‑ci est officiellement reconnue par les États de Hainaut en . Bien qu’écartée du pouvoir en 1514, elle est rétablie dans ses fonctions par un acte du [35]. À son décès, survenu à Malines le , Charles Quint choisit de confier l’administration des territoires bourguignons, souvent désignés comme les « pays d’en bas », à sa sœur Marie de Hongrie[35]. Dans ce contexte politique mouvant, la ville de Binche joue un rôle militaire notable. En 1513, elle sert de point de ravitaillement pour les forces engagées contre Louis XII, dans une période où plusieurs souverains opposés au roi de France parmi lesquels Maximilien et Henri VIII d’Angleterre ont conclu un accord d’assistance réciproque[35]. Le , peu après avoir été déclaré majeur et avoir pris en main l’autorité sur les Pays‑Bas, incluant le Hainaut, l’archiduc Charles fait une entrée solennelle à Binche[35]. Il y apparaît entouré d’une suite prestigieuse de nobles et de soldats. Marguerite d’Autriche est présente lors de cet événement, bien qu’elle ne prenne pas part au cortège lui‑même[35]. En 1521, Charles Quint séjourne trois jours à Binche, dans un contexte où l’entente conclue en 1515 avec François 1er, alors nouveau roi de France, a depuis longtemps perdu toute portée. Les relations entre les deux souverains se sont détériorées au point de rendre plausible une offensive française, ce qui conduit les autorités à renforcer la défense locale. La garnison de Binche est augmentée et des contingents sont envoyés vers Mons afin d’opérer une diversion dans le Tournaisis[36]. Malgré ces tensions, la cité connaît une période de prospérité. Ses édifices religieux et civils sont enrichis par le travail de sculpteurs et d’orfèvres, certains issus des ateliers anversois, d’autres actifs dans la région. L’activité drapière, après une phase de ralentissement, retrouve son dynamisme et contribue à l’essor économique de la ville[36]. Cette évolution est toutefois interrompue en , lorsqu’un incendie ravage cent vingt habitations. La gouvernante des Pays‑Bas, soucieuse de manifester son soutien, se rend sur place pour apporter réconfort aux habitants touchés par la catastrophe et témoigner de l’attention portée à leur situation[37]. À partir de 1528, Marie de Hongrie exerce la fonction de gouvernante des Pays‑Bas et séjourne fréquemment à Binche, qui devient l’une des résidences qu’elle affectionne particulièrement[38][Note 9]. Charles Quint, soucieux de l’état des défenses de ses territoires, y fait également halte afin de vérifier que la cité est en mesure de résister à une agression. Cette vigilance se révèle justifiée lorsque, en , le dauphin de France entreprend de mettre le siège devant Binche[37]. Son armée, forte de plusieurs succès dans les localités voisines et responsable de pillages dans les villages environnants, fait peser une menace directe sur la ville. Le danger disparaît toutefois le , lorsque les troupes françaises se retirent, laissant Binche intacte[37].

Carte de la ville réalisée par Jacob van Deventer en 1545, conservée à la Bibliothèque nationale d’Espagne.

En 1545, Charles Quint accorde à sa sœur Marie de Hongrie la jouissance viagère du domaine de Binche, bientôt suivie de la seigneurie de Turnhout. La gouvernante entreprend alors de transformer profondément la résidence seigneuriale : elle fait démolir les structures médiévales du château pour y substituer un palais inspiré des modèles renaissants, l’un des premiers de ce style dans les Pays‑Bas. La conception est confiée à Jacques Du Brœucq, dont le projet mobilise une main‑d’œuvre nombreuse[39]. Quarante‑deux ouvriers réalisent près de cinq cent mille pieds cubes de maçonnerie, avant que charpentiers, couvreurs, menuisiers et autres spécialistes ne prennent le relais[40]. Certains artisans viennent de régions éloignées, comme l’Allemagne ou Naples, tandis que beaucoup proviennent des grands centres urbains des anciens Pays‑Bas, notamment Anvers, Bruxelles et Mons[40]. En 1549, l’essentiel de l’édifice est achevé, mais les travaux de décoration intérieure et l’aménagement des jardins se poursuivent jusqu’à l’occupation française de 1554[40]. Parallèlement à ce vaste chantier, Marie de Hongrie fait procéder en 1546 à l’expropriation de quatre‑vingt‑dix hectares à Morlanwelz afin d’y établir un pavillon de chasse. Le site de Mariemont, entouré de forêts et situé sur les dernières hauteurs dominant la vallée de la Haine, offre un cadre idéal pour cette résidence destinée à ses activités cynégétiques[41].

Essai de reconstitution de l’ancien palais de Marie de Hongrie (Aquarelle de l’architecte E. Devreux).

En 1549, Marie de Hongrie accueille à Binche son frère Charles Quint ainsi que le prince Philippe, appelé à devenir Philippe II. La suite impériale parvient dans la ville le , et la gouvernante organise pour l’occasion une série de festivités d’une ampleur exceptionnelle, connues sous le nom de Triomphes de Binche[42]. Pendant six jours, banquets, bals, joutes et divertissements se succèdent afin d’honorer l’empereur, souverain des Pays‑Bas[42]. L’impression laissée par le palais nouvellement édifié est telle que Philippe II, une fois revenu en Espagne, s’en inspire pour la conception de plusieurs résidences royales, notamment celles d’Aranjuez, d’El Pardo et de Valsain[42]. L’éclat du palais de Binche frappe également les contemporains : Brantôme ira jusqu’à affirmer qu’il « faisoit honte aux sept miracles du monde tant renommés de l’antiquité », soulignant la magnificence du lieu[42]. Peu après ces festivités, l'ancien conflit entre l'Espagne et la France reprend. La ville est assiégée par les Français en . Les remparts subissent de gros dégâts mais Henri II, encore dauphin, bat en retraite. Au printemps 1552, l'armée impériale entre en Picardie et détruit le château royal de Folembray. Les Français contre-attaquent : ils s'emparent de Binche le et de son palais qu'ils pillent, saccagent et incendient. La collégiale Saint-Ursmer toute proche est aussi partiellement détruite[43]. Henri II fait attacher une plaque aux ruines du palais : « souviens-toi de Folembray, reine insensée »[44]. Certaines parties du palais sont sauvées de la destruction[45]. Les travaux de restauration commencent dès 1554, mais cessent lorsque Marie quitte les Pays-Bas en 1556 pour se rendre en Espagne avec Charles Quint après que celui-ci ait démissionné de son poste d'empereur. Le Palais de Binche ne retrouverait jamais le lustre du XVIe siècle. La guerre ayant éclaté entre la France et l'Espagne, la ville est de nouveau pillée lors de sa conquête par les troupes du duc d'Anjou lors du siège de 1578.

Vers le milieu du XVIe siècle, Binche compte environ trois mille habitants répartis en un peu plus de cinq cents foyers. L’économie locale repose alors largement sur la production de sayette, un tissu léger en laine, fabriqué dans quelque soixante-dix ateliers[46]. La topographie urbaine conserve encore aujourd’hui la mémoire de ces activités : plusieurs rues portent le nom des métiers qui y étaient exercés, comme la rue des Bouchers, située près de l’ancienne halle aux viandes, ou la rue de la Halle-au-filet, où se vendaient le lin, le chanvre et les fibres destinées à la corderie et à la toile[46]. La rue de la Triperie, derrière l’hôtel de ville, accueillait les marchands de draps venus de Valenciennes, des Flandres ou du Brabant, tandis que les cuirs et les fourrures étaient proposés dans l’ancienne rue des Pelletiers, aujourd’hui rue du Biseau. La vie économique de la cité subit un coup sévère en , lorsqu’un incendie détruit cent vingt maisons[47]. Marie de Hongrie se rend sur place un mois plus tard pour témoigner son soutien aux habitants touchés. Malgré l’ampleur du sinistre, Binche se relève rapidement et connaît même un embellissement notable dans les années suivantes, marqué notamment par l’édification, à la fin de la décennie, de la première partie de la chapelle Saint‑André[48]. En 1554, Henri II de France lance une vaste opération de destruction dans l’Entre‑Sambre‑et‑Meuse. Sous la conduite du connétable Anne de Montmorency, les troupes royales s’emparent de Dinant à la fin du mois de juin, ravagent Florennes, puis franchissent la frontière du Hainaut le 20 juin[49]. Les localités de Seneffe et de Mariemont sont incendiées. À la fin juillet, l’armée française atteint Binche, dont une partie de la population a déjà quitté les lieux, tandis que les chanoines de Saint‑Ursmer ont mis leurs reliques en sûreté à Mons. Les assaillants ouvrent de larges brèches aux Portes Neuve et de Melion, et la garnison, trop peu nombreuse pour résister, se rend[49]. Les habitants, désarmés, sont expulsés. Henri II entre alors dans la cité et ordonne aussitôt de l’incendier. Le pillage dure douze heures. Le palais conçu par Jacques Du Brœucq est mis à sac, mais la présence prolongée des troupes françaises empêche que la ville soit entièrement détruite[49]. Après l’incendie de 1554, seuls les tapisseries et les meubles les plus précieux du palais de Marie de Hongrie échappent à la destruction[45]. La campagne menée par Henri II, conçue comme une opération punitive, se termine dans un climat de détresse généralisée : les troupes françaises, malgré leurs succès militaires, doivent affronter la disette, tandis que les habitants de Binche subissent la famine et la propagation de la peste[45]. L’épuisement touche les deux camps, et cette situation contribue à la conclusion[Note 10], en 1556, de la trêve de Vaucelles. Les ravages infligés à Binche ont des répercussions durables, dépassant largement le cadre local et affectant l’ensemble de la région[50].

La ville a perdu une bonne partie de sa population : de 718 foyers, il n’en reste plus que 403. La famine fait rage et, pendant près de vingt ans, la peste sévira de façon endémique. L’industrie du drap est à genoux : sur la soixantaine d’ateliers qui existaient, une cinquantaine ont disparu dans la tourmente[51]. Malgré la gravité de la situation, peu après le funeste , les Binchois se mettent à nettoyer la ville, utilisant surtout les décombres pour réparer et renforcer l’enceinte. Marie de Hongrie confie alors à Jacques du Broeucq la mission de restaurer les édifices publics[51]. En septembre, l’architecte, réactif, estime que c’est le moment idéal pour lancer des travaux d’urbanisme. On évoque aussi la reconstruction du palais, mais les fonds font défaut[51]. Dépendante du diocèse de Cambrai, la ville de Binche demande à l’évêque de céder, pour réparer les parties abîmées de la collégiale, le produit de la quête des sept dimanches de carême[51]. Charles Quint accorde alors à la ville, par un privilège spécial, le droit de contracter un emprunt. Et, le , il lui offre certains avantages pour accélérer le repeuplement[51]. La reconstruction du château est abandonnée après le départ de Marie de Hongrie. En 1555, Charles Quint abdique en faveur de son fils, Philippe II. Quelques mois plus tard, en , il part pour l’Espagne, accompagné de Marie de Hongrie et de sa sœur Éléonore. C’est dans la péninsule Ibérique que Marie s’éteindra le , au château de Jarandilla, près du couvent de Yuste où Charles Quint s’était retiré[52].

Après le sac de 1554 et le départ de Marie de Hongrie, Binche traverse une période de profond déclin. Deux ans plus tard, une nouvelle épidémie de peste frappe la cité et emporte près de la moitié de ses habitants[53]. L’activité commerciale s’effondre, les ateliers disparaissent presque totalement et les projets de reconstruction sont interrompus[53]. Même l’achèvement de l’hôtel de ville, déjà engagé, n’intervient qu’en 1572. Peu à peu, nobles et bourgeois quittent la ville, accentuant encore son affaiblissement[53]. Quelques années après les destructions de 1554, Philippe II séjourne dans la région, tant que celle‑ci demeure le principal théâtre des affrontements entre les couronnes de France et d’Espagne[54]. Après plus de trois décennies de conflits ponctués de compromis sans lendemain, d’avancées et de revers, la paix revient avec le traité du Cateau‑Cambrésis en 1558, qui met fin à la rivalité entre Habsbourg et Valois[54]. Le de la même année, Philippe II effectue sa première visite à Binche, où il est accueilli avec enthousiasme et confirme le magistrat Philippe de Terne dans ses fonctions[54]. Malgré cette marque de confiance, celui‑ci ne parvient pas à redresser la situation : les finances municipales restent exsangues et la ville est dans l’incapacité de restaurer ses fortifications, ses ponts, ses chaussées et l’ensemble de ses bâtiments publics[54]. En 1578, à la mort de Requesens, la Pacification de Gand réunit les dix‑sept provinces dans une opposition commune à la domination espagnole. Philippe II désigne alors son demi‑frère, Don Juan d’Autriche, pour gouverner les Pays‑Bas. Binche se rallie aux États Généraux, davantage sous l’effet de la pression populaire que par adhésion politique[55]. Malgré l’installation, à la Chandeleur de 1578, d’un collège échevinal majoritairement favorable à l’Espagne, la cité refuse de recevoir de nouveaux détachements militaires[55]. Le 10 mars, une trentaine d’habitants se rendent à Mons pour se procurer des arquebuses, mais sont interceptés et capturés par des soldats de Don Juan, qui les conduisent à Vaillanpont[55]. Plusieurs d’entre eux sont présentés au gouverneur, dont l’identité demeure dissimulée. Jehan Defaulch, capitaine des Binchois, et Guillaume Noyart sont chargés de retourner à Binche pour transmettre un message au premier magistrat, Charles Ansseau[55]. Les autorités municipales maintiennent leur refus d’héberger des troupes, tandis que la population, gagnée par l’effervescence, organise spontanément la défense des remparts[55].

Les troupes du duc d'Anjou rentrent dans Binche.

Le 12 mars 1578, vers dix heures du matin, les troupes commandées par de Croy prennent position sur la place de Binche. Dès l’assaut initial, les habitants ouvrent le feu contre les soldats de Philippe II, bientôt rejoints par environ cinq cents paysans des environs armés de piques[55]. Les échanges provoquent des pertes dans les deux camps. Les autorités locales sécurisent la halle aux munitions, tandis que la tension s’accroît[55]. À minuit, las d’attendre une reddition, le comte ordonne d’incendier les portes Saint‑Paul et Saint‑Jacques. Des centaines de Binchois accourent pour tenter de bloquer l’avancée des assaillants[56]. Au matin du 13 mars, les combats cessent. Don Juan d’Autriche entre alors dans la ville et s’installe dans une partie de l’ancien palais de Marie de Hongrie, d’où il définit pendant quelque temps les orientations de sa politique. Le 25 mars, il publie un placard offrant l’amnistie à ceux qui accepteraient de reprendre le service du roi[57]. Ulcéré par ce qu’il considère comme une trahison de Binche, il ordonne une enquête pour identifier ceux qui ont permis à l’Espagne de perdre une position stratégique située entre Bruxelles et Liège. Dans le même temps, l’espoir d’un retour à l’autorité royale renaît avec l’arrivée du duc d’Alençon, dernier frère survivant d’Henri III. Après s’être emparé sans résistance de la forteresse d’Havré, il reçoit l’ordre de marcher sur Binche[57]. Le , il passe en revue ses troupes à Bonne‑Espérance. Son armée dispose d’au moins quinze pièces d’artillerie. La ville est surveillée par deux régiments, l’un posté au tertre de la Justice, l’autre aux portes de Bruxelles et de Mélion, tandis que des mercenaires allemands occupent le chemin de Labuissière, près de la porte de Charleroi[57].

Après le siège, la ville de Binche se rend au duc d’Anjou, le . Au premier plan le duc d’Anjou à cheval, derrière lui ses armées marchent dans la ville.

Au cours du siège de 1578, le château édifié par Marie de Hongrie, dont les murs s’élevaient à plus de dix mètres, subit de nombreux tirs d’artillerie[57]. Le , la cadence des bombardements diminue, les réserves de poudre des assiégeants étant presque épuisées. Ceux‑ci parviennent néanmoins à élargir la brèche déjà ouverte dans les remparts protégeant les jardins princiers. Exténuée, la garnison reçoit l’ordre de capituler[57]. Les troupes adverses pénètrent alors dans l’enceinte et se livrent à un massacre, laissant environ trois cents morts. Le duc intervient pour mettre un terme à la tuerie. La ville, contrainte de se soumettre, doit finalement verser une somme deux fois supérieure à celle initialement exigée[58]. Le , Binche est contrainte de capituler. Les troupes victorieuses se livrent alors à de nouveaux pillages et à diverses violences, occupant la ville durant plusieurs mois. La fin du XVIe siècle est marquée par une alternance d’agitation et de périodes plus calmes, tandis que la reconstruction progresse lentement[52]. La cheminée de la salle du Conseil, à l’hôtel de ville, porte encore la date de 1572, signe de travaux interrompus puis repris sans hâte. En 1587, la tour rectangulaire du beffroi reçoit de nouvelles cloches[52]. Parallèlement, la collégiale retrouve progressivement son apparence antérieure à 1554 : les anciennes colonnes gothiques sont remplacées par des piliers en grès, et la tour est rebâtie[52]. En 1592, Thiry Bidart fait ériger un jubé pour fermer le chœur. Quelques années plus tard, en 1598, les récollets s’installent dans les maisons abandonnées du vieux béguinage, près de la porte de la Sablonnière, à l’emplacement de l’ancien couvent des sœurs du Saint‑Sacrement. Au XVIIe siècle, une chapelle dédiée à Sainte‑Anne est construite à Battignies par Jean de Jonquoy, abbé de Marchienne‑en‑Ostrevent[52]. Le XVIIe siècle est un siècle de malheur pour les Binchois. En 1626, la peste refait son apparition à Binche et y fait de nombreuses victimes[2]. De nouvelles guerres éclatent entre la France et les Espagnols dont Binche fait les frais. La ville est prise d'assaut par les Français en 1643, 1654 et 1667. En 1672, elle est prise par les Hollandais en guerre contre la France[2]. Le , Gérard de Croy, prévôt de Binche, remet les clefs de la ville à l’infante Isabelle et à l’archiduc Albert, nouveaux souverains des Pays‑Bas, qu’il accueille escorté de vingt‑cinq cavaliers[59]. Sur la Grand‑Place, un arc de triomphe a été érigé pour célébrer leur arrivée, orné d’une inscription latine comparant le couple princier aux grands législateurs de l’Antiquité et affirmant qu’ils sont appelés, par la faveur des dieux, à gouverner le monde qui leur est confié. Isabelle et Albert sont logés dans une aile du château de Marie de Hongrie, spécialement réaménagée pour leur séjour[59]. À proximité du palais se dresse également un portique dorique portant un chronogramme. En remerciement de l’accueil reçu, les archiducs offrent à la collégiale de Binche des ornements sacerdotaux d’une grande richesse[60].

Les archiducs Isabelle et Albert séjournent régulièrement à Mariemont et font souvent halte à Binche, témoignant ainsi de l’attention qu’ils portent à la ville[61]. Soucieux de relancer l’activité économique, ils tentent de remettre en marche les ateliers drapiers, mais ces efforts ne rencontrent qu’un succès limité. Ils accordent également des aides aux agriculteurs afin de faciliter l’achat d’engrais et d’outils aratoires, et veillent à l’entretien des infrastructures défensives en faisant approfondir les fossés[61]. Leur soutien s’étend enfin aux chantiers de reconstruction et de restauration, qu’ils encouragent pour redonner vigueur à une cité longtemps éprouvée[61]. À mesure que les opérations militaires s’éloignent et que les sièges cessent de menacer la région, Binche profite d’une période d’accalmie pour entreprendre de nouveaux travaux. Vers 1613, la seconde partie de la chapelle Saint‑André est édifiée, avec une voûte reprenant le modèle de la première section construite sous Marie de Hongrie[62]. Deux ans plus tard, les archiducs Albert et Isabelle inaugurent la plus grande cloche de l’église Saint‑Ursmer, nommée « Marie » en hommage à l’ancienne gouvernante. Elle est installée dans la partie supérieure de la tour, reconstruite en briques en 1583[62]. Le carillon de l’hôtel de ville, composé de vingt‑six cloches, remonterait également à leur règne. Les archiducs approuvent par ailleurs la restauration partielle d’un château, qui finit cependant par être largement utilisé comme carrière de pierres[62]. En 1704, un décret ordonne sa démolition, mesure appliquée jusqu’à la fin de la période espagnole. La ville, appauvrie, n’a ensuite plus les moyens d’entretenir un tel édifice. De nombreux éléments architecturaux fenêtres, linteaux, blocs de pierre demeurent aujourd’hui dispersés dans Binche, témoignant de ce démantèlement progressif[62]. L’église du Saint‑Sacrement, également appelée église des Récollets et construite en 1707, fut en grande partie bâtie avec des matériaux provenant de l’ancien palais. Après la Révolution française, d’importants volumes de terre furent apportés pour combler les dénivellations du terrain, permettant l’aménagement d’un parc public vers 1834[62]. Au début du XVIIe siècle, Binche n’a retrouvé qu’une partie de la prospérité qu’elle connaissait autrefois. Malgré une amélioration sensible par rapport à la seconde moitié du XVIe siècle, la situation demeure fragile et le renouveau économique reste limité. Ce regain, en partie artificiel, s’interrompt rapidement[63]. En 1637, Henri de La Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne, s’empare de Beaumont. Pour contrer ses avancées, le cardinal‑infant Ferdinand d’Autriche, successeur de l’infante Isabelle, dépêche dix mille fantassins wallons. Le passage de ces troupes suscite l’inquiétude parmi les habitants de Binche, qui apprennent peu après, soulagés, que Turenne a dû se retirer[63].

En 1643, Binche voit arriver les débris de l’armée espagnole vaincue à Rocroi. Le duc d’Enghien s’empare de la forteresse malgré la résistance déterminée, mais insuffisante, de la garnison. Les troupes françaises désarment la population, pillent l’arsenal et la maison de paix, sans tenir compte des protestations du magistrat. Les réserves de grains conservées dans la halle sont réquisitionnées de force. La cité peine ensuite à se relever de cette défaite majeure. Le traité de Westphalie, signé en 1648, apporte une paix relative, mais celle‑ci reste fragile. En 1653, une nouvelle offensive française frappe le Hainaut. Les villages et faubourgs environnants sont ravagés, mais la forteresse de Binche parvient cette fois à tenir. Durant plusieurs années, les habitants subissent encore les vexations des soldats en garnison[64][63]. L’incertitude s’installe durablement : la confusion et la morosité gagnent la population, tandis que l’Espagne, qui gouverne les dix provinces belges dont le Hainaut, demeure engagée dans des conflits incessants. Des troupes stationnent régulièrement à Binche, que la ville doit loger et nourrir à ses propres frais[63]. En 1653, les troupes françaises reprennent l’initiative et ravagent le Hainaut, sans toutefois réussir à s’emparer de Binche. L’année suivante, Turenne entre dans la ville sans rencontrer de résistance, la livre au pillage et impose une lourde contribution de guerre, conformément aux usages du temps. La misère s’étend : de nombreuses maisons sont abandonnées par leurs occupants, partis chercher de meilleures conditions ailleurs. Après le traité des Pyrénées, une partie du Hainaut environ un sixième du territoire passe sous domination française, tandis que Binche demeure, pour un temps encore, une prévôté espagnole[63].

En , les troupes de Louis XIV entrent une nouvelle fois dans Binche, cette fois sans rencontrer de véritable résistance. Le commandement de la garnison ordonne alors la remise en état de certaines portions des remparts ainsi que de plusieurs zones habitées de l’ancien palais[65]. Le traité d’Aix‑la‑Chapelle met fin à la guerre de Dévolution et permet au roi de France de conserver une partie de ses conquêtes récentes. Binche demeure sous domination française jusqu’au . Au début du XXe siècle, on découvre des plans attribués à Vauban, qui envisageait de transformer les fortifications de Binche en bastion en étoile. Le projet n’est toutefois jamais réalisé, faute de moyens suffisants[66]. La topographie de la ville, perchée sur un éperon rocheux, posait en outre des difficultés : la pente intérieure était trop douce, ce qui avait déjà nécessité, dès le Moyen Âge, de rehausser les murs et de combler les dénivellations par des remblais[67]. Avec les progrès de l’artillerie, on constate que l’autre versant de la vallée de la Samme se trouve trop proche des remparts, rendant l’ensemble vulnérable. Jugée sans intérêt stratégique, la place forte est finalement démantelée sur ordre de Louis XIV en 1675[63]. En 1672, la guerre contre les Provinces‑Unies éclate et se prolonge durant une décennie. Après avoir échoué devant Charleroi, les troupes hollandaises se tournent vers Binche, qu’elles assiègent et rançonnent[67]. À la suite du traité de Nimègue, signé le , la ville est réintégrée aux Pays‑Bas espagnols. Le , peu après la victoire des alliés à la bataille de Fleurus, le maréchal de Luxembourg traverse Binche et établit son camp dans les environs[67]. Dès lors, et jusqu’au traité de Ryswick en 1697, la cité demeure sous domination française[63]. Après le XVIIe siècle, Binche perd toute importance comme place de guerre et son palais a quasiment disparu. À partir de 1733, la route reliant Binche à Mons est achevée ce qui permet la reprise du commerce et le retour de la prospérité. La liaison routière entre Binche et Charleroi ne sera terminée qu'à partir de 1810. Au début du XVIIIe siècle, des drapiers de Thuin envisagent de s’installer à Binche. Des négociations s’ouvrent avec le magistrat, mais les discussions s’éternisent, au grand agacement des Thudiniens, pressés de quitter des conditions devenues trop difficiles[68]. En 1705, ils obtiennent finalement l’autorisation de s’établir dans la ville, redonnant un certain souffle à l’ancienne industrie drapière. La période est globalement paisible[68]. Les récollets profitent de cette tranquillité pour entreprendre la construction d’une église dédiée au Saint‑Sacrement, chantier qui s’étendra sur près de soixante ans[68]. Pour édifier le chœur, ils réemploient des éléments architecturaux provenant de la chapelle de l’ancien palais de Marie de Hongrie. Délaissé, en ruine et fortement dégradé, le palais est finalement démoli. En 1707, un incendie détruit également l’ancien hôtel du comte de Lalaing[68].

Carte de la région de Binche par Joseph de Ferraris.

En 1709, après la bataille de Malplaquet, les troupes d’Eugène de Savoie prennent Binche, causant peu de dommages. En 1711, les Français reviennent dans la région, s’installent à Waudrez, Péronnes et dans les Estinnes, et mènent de violentes razzias dans les campagnes[68]. En 1713, la victoire de Villars à Denain précède la signature du traité d’Utrecht, qui confie l’administration des provinces belges à l’Autriche. S’ouvre alors une période de paix durant laquelle Binche retrouve une certaine vitalité[68]. À partir de 1718, d’importants travaux sont entrepris : amélioration des accès à la ville, construction d’une route pavée reliant Binche à Mons et à Villers‑Saint‑Ghislain, et création d’une foire annuelle consacrée aux chevaux et aux marchandises[68]. Peu à peu, une prospérité relative s’installe au cours de la seconde moitié du siècle. En 1726, la princesse Marie‑Élisabeth, gouvernante des Pays‑Bas autrichiens, traverse Binche pour se rendre à Mariemont ; elle meurt en 1741[68]. En 1743, Marie‑Thérèse succède à Charles VI sur le trône d’Autriche et, à la mort de sa tante, devient gouverneure générale des provinces belges. Une nouvelle guerre éclate : Louis XV envahit le Hainaut, installe son camp à Binche et impose de lourdes taxes à la ville[68]. En , les Français remportent la victoire à Fontenoy, près de Tournai, annonçant une série de succès qui leur permettent de contrôler rapidement le territoire entre l’Escaut et la Meuse. Binche subit alors les contraintes de l’occupation et de l’annexion. Le traité d’Aix‑la‑Chapelle, signé le , rétablit la situation antérieure et replace la ville sous domination autrichienne[68]. Au milieu du XVIIIe siècle, la reprise économique engagée quelques années plus tôt se confirme. Les efforts de rénovation entrepris par les drapiers venus de Thuin commencent à porter leurs fruits[68]. La ville, soutenue par les États du Hainaut, encourage cette renaissance, tandis que Marie‑Thérèse accorde le titre de « manufacture royale » à l’établissement du seigneur de Remaulcourt, qui produit diverses étoffes de bonne qualité. Les métiers liés au textile filletiers, couturiers, cordonniers, chapeliers connaissent également une activité soutenue[69]. Binche compte alors une bonneterie, deux tanneries, une chamoiserie et entre trente et quarante dentellières, réputées pour leur habileté et leur soin du travail[70]. Au XVIIIe siècle, les dentellières binchoises travaillent aux fuseaux, installées sur leurs coussins, chez elles ou devant leur porte lorsque le temps le permet. Elles confectionnent notamment le « fond de neige », une dentelle très appréciée par une clientèle noble et bourgeoise[70].

L'hôtel de ville avec sa façade du XVIIIe siècle.

Vers 1750, l’introduction des premières machines à vapeur et des pompes à feu améliore les conditions d’extraction des ressources du sous‑sol, notamment la houille. Quelques exploitations minières apparaissent dans la région : de petites entreprises aux installations rudimentaires, encore modestes mais annonciatrices du développement futur de nouvelles activités industrielles, comme les verreries et la métallurgie[70]. Binche continue de célébrer chaque année son carnaval avec éclat. La procession du Saint‑Sacrement et la ducasse en l’honneur de Saint‑Ursmer attirent de nombreuses confréries, dont celle des Archers, à laquelle un règlement accordé par Marie‑Thérèse, le , attribue une dotation annuelle de quatre‑vingts livres en reconnaissance de ses services[70]. Les augustins construisent un nouveau collège et, vers 1785, ouvrent une école destinée aux orphelins indigents. L’église des récollets est dégagée grâce à la démolition de plusieurs maisons, ce qui permet de dégager la Grand’rue[Note 11]. L’architecte Laurent‑Benoît Dewez remanie également l’extérieur de l’hôtel de ville. En 1780, Joseph II succède à Marie‑Thérèse et confie l’administration des provinces occidentales à sa sœur Marie‑Christine et à son époux, le duc Albert‑Casimir de Saxe‑Teschen. Les réformes qu’il entreprend suscitent un mécontentement croissant[70]. En 1783, il décide de supprimer les communautés religieuses vouées à la vie contemplative, contraignant les récollectines de Binche à se disperser ; leurs biens sont confisqués et vendus aux enchères. Malgré leur irritation, les habitants restent calmes[70]. En 1787, ils expriment leur opposition par l’intermédiaire des États du Hainaut et, lorsque les troubles éclatent à Bruxelles, ils décorent les rues et font sonner les cloches pour manifester leur enthousiasme. Les autorités réagissent rapidement : deux compagnies autrichiennes arrivent à Binche le pour contenir l’élan patriotique d’une ville qui compte alors environ 3 900 habitants[70]. Une partie de la population arbore la cocarde tricolore pour afficher son opposition au régime. Pour affaiblir le mouvement, les autorités autrichiennes ordonnent l’arrestation du chanoine Carpentier. Celui‑ci parvient à s’enfuir, mais ses biens sont saisis en représailles. Les nombreuses perquisitions menées par les Autrichiens permettent de découvrir des armes et servent de prétexte pour menacer la ville de sanctions sévères[70]. Les Binchois ne se résignent pas : les discussions se poursuivent, accompagnées d’actes de sabotage. Après l’arrestation d’un résistant, de nouvelles émeutes éclatent. La halle aux blés est mise à sac, et des pierres sont lancées contre les fenêtres des maisons des « valets » du gouvernement viennois. Il est alors décidé que la ville sera occupée en permanence par les troupes[70].

Après le départ des troupes autrichiennes, les armes ressortent de leurs cachettes. Plusieurs dizaines d’habitants de Binche, fusil à l’épaule, se dirigent vers Namur, où l’ennemi tient la citadelle. Des volontaires sont recrutés pour poursuivre la lutte et tenter de libérer le territoire. Cependant, un désaccord entre les deux principaux chefs de la révolution fait craindre un retour des Autrichiens[71]. Pour anticiper toute éventualité, les volontaires du Hainaut se rassemblent à Mons en , leur armée devant rejoindre celle des patriotes des autres provinces belges. Finalement, les Autrichiens reprennent l’avantage. Cette restauration autrichienne est de courte durée. En 1792, la guerre éclate entre la France révolutionnaire et l’Autriche[71]. Les troupes impériales pénètrent en Hainaut et infligent une défaite aux Français lors de la bataille de Jemappes. Le comte de Clerfayt, à la tête d’environ sept mille Belgo‑Autrichiens, tente d’éviter l’effondrement[71]. Le , à Neerwinden, il remporte une victoire qui permet aux Autrichiens de reprendre pied en Belgique, mais seulement pour un temps. Dès , les Français reprennent l’offensive et s’imposent, tandis que des incendies se multiplient à l’horizon : Mariemont, les abbayes d’Aulne et de Lobbes. Quatre ans plus tard, l’Autriche abandonne définitivement la Belgique[71]. Pendant la Révolution française, l’armée de la République traverse Binche, tandis que de violents combats éclatent dans les environs sous la conduite de Carnot et de Jourdan. Retranchées sur la rive gauche de la Sambre, les troupes autrichiennes sont de nouveau attaquées en , les affrontements s’étendant de Grand‑Reng jusqu’aux abords de Binche. Le lendemain, les forces françaises franchissent le fleuve en plusieurs points, incendiant au passage l’abbaye d’Aulne ainsi que le site de Fontaine‑Valmont[72]. En 1795, la Belgique est officiellement intégrée à la France, et Binche est rattachée au département de Jemappes. L’hiver 1794‑1795, particulièrement rigoureux, plonge la population dans la disette : la ville recense alors cent soixante‑dix‑huit familles en situation de besoin[73]. Craignant une famine, la municipalité adresse un courrier aux représentants du Peuple français à Bruxelles pour les alerter sur la gravité de la situation. Le , un chêneau provenant de la Pépinière des Récollets est transformé en « arbre de la liberté » et planté sur la Grand’Place[74]. Le , un cortège réunissant administrateurs, autorités locales, orphelins des hospices et enfants de la ville se rassemble au pied de ce symbole révolutionnaire pour écouter le discours du commissaire du pouvoir exécutif[75]. Après la réorganisation administrative opérée sous le régime français, l’ancienne prévôté de Binche, qui comptait cinquante‑et‑un villages, est remplacée par un canton beaucoup plus restreint, d’abord limité à dix communes. Celui‑ci est ensuite élargi à quinze, marquant une réduction durable du territoire placé sous l’autorité binchoise par rapport à l’Ancien Régime[71].

Après la politique de décléricalisation menée sous le régime français, les corporations religieuses sont dissoutes et leurs biens confisqués par l’État, ce qui entraîne la fermeture du collège des Augustins. Les religieux quittent Binche en 1796, leur couvent est abandonné, et les Récollets, comme les Sœurs Noires, doivent s’établir ailleurs[75]. Les chanoines de Saint‑Ursmer parviennent à transférer le trésor de la collégiale à Mons, mais malgré son importance à la fin du XVIIIe siècle, il finit lui aussi par tomber aux mains des autorités républicaines. En 1797, les douze derniers chanoines prennent le chemin de l’exil[75]. Le départ massif des religieux et religieuses provoque un profond désordre scolaire qui se prolonge plusieurs années. Les maîtres laïcs compétents sont rares, et les nouveaux programmes improvisés se révèlent inapplicables[75]. Les rues de Binche se remplissent alors de jeunes livrés à eux‑mêmes. Entre 1796 et 1798, la ville devient, avec Ath, l’un des principaux centres du trafic de fausse monnaie[75]. Malgré les difficultés de la période révolutionnaire, le commerce local demeure relativement actif[76]. En 1797, Binche compte une activité artisanale et marchande notable : deux marchands‑tailleurs, dix‑huit marchands‑fripiers, soixante‑et‑un tailleurs, quatre‑vingts cordonniers, quarante dentellières, neuf marchands‑chapeliers, deux marchands‑drapiers, ainsi qu’un peigneur de laine, parmi d’autres métiers. Cette diversité témoigne d’un tissu économique encore vivant, soutenu par des savoir‑faire traditionnels qui résistent aux bouleversements politiques[76].

Époque contemporaine

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À l’orée de la période napoléonienne, les autorités binchoises décident de remettre en activité l’ancien Collège des Augustins, aujourd’hui connu sous le nom de musée MUMASK. L’établissement, dont l’origine remonte à 1570 sous l’administration du duc d’Albe, avait été installé dans un hôtel appartenant à la famille de Lalaing[77]. Reconstruit en 1593, il fut progressivement étendu au cours du XVIIIe siècle, notamment par l’ajout de nouvelles ailes en 1738 et 1778, avant d’être confié à la communauté religieuse des Augustins[77]. Considéré comme le plus ancien lieu d’enseignement secondaire de Binche, il est placé sous la direction de Jérôme Ducarme lorsque le bourgmestre Nicolas Coquiard entreprend de réorganiser les institutions locales, Ducarme étant alors responsable du pensionnat de l’Ermitage à Épinois[77]. À la veille du sacre de Napoléon en 1804, la ville se dote d’un ensemble d’organes administratifs et judiciaires qui structurent la vie publique : une justice de paix, une école communale, une brigade de gendarmerie, un service d’enregistrement, un bureau postal, plusieurs études notariales, une recette des droits réunis, un bureau central de bienfaisance, un octroi municipal ainsi qu’un service chargé des contributions directes[77]. Durant les premières décennies du XIXe siècle, l’activité économique locale connaît un regain notable. De nouvelles cultures agricoles, telles que la betterave sucrière et la chicorée, s’implantent dans les campagnes environnantes[77]. Les secteurs minier et métallurgique se développent rapidement, tandis que les productions de dentelle et de toile demeurent dynamiques. Une distillerie d’eau-de-vie est également fondée, profitant de l’abrogation, par la loi du , de l’interdiction autrichienne qui empêchait l’usage des céréales dans la fabrication de boissons alcoolisées[77]. Au cours des guerres napoléoniennes, un nombre important d’habitants de Binche sert dans les armées françaises. Plus d’une cinquantaine d’entre eux reçoivent par la suite la médaille de Sainte‑Hélène, distinction attribuée en 1821 aux anciens combattants ayant pris part aux campagnes françaises entre 1792 et 1815. Les Binchois engagés participent aux principales opérations militaires du Premier Empire, des victoires d’Austerlitz et de Wagram aux affrontements d’Iéna, d’Eylau ou de Friedland[78]. Ces années de conflit entraînent pour la ville une pression fiscale accrue et l’installation d’un dépôt militaire destiné à entreposer les fourrages nécessaires aux troupes. En 1811, Napoléon traverse Binche pour la première fois, profitant de la récente ouverture de la route reliant Mons à Charleroi[78]. La cité connaît ensuite plusieurs occupations successives par des contingents russes et allemands. Le , les cosaques placés sous le commandement du général Ferdinand von Winzingerode y font leur entrée[78]. Peu après, deux des principaux souverains de la coalition victorieuse, l’empereur Alexandre Ier de Russie et le roi de Prusse Frédéric‑Guillaume III, marquent eux aussi une halte dans la ville[78][76]. Lors de la Convention de Londres en 1814, Binche fut intégrée au royaume des Pays-Bas[78].

Lors des événements de 1830 qui conduisent à l’indépendance de la Belgique, Binche fournit un contingent notable de volontaires. Plus de quatre cents habitants sont organisés en unités de Francs‑Tireurs placées sous la direction du chevalier Charles‑Eugène de Biseau de Hauteville, fils du bourgmestre homonyme et nommé major des volontaires[79]. Les groupes arborent des étendards reprenant les couleurs du Brabant et du Hainaut, accompagnés de la devise « Binche, union et force »[Note 12]. Le , ces combattants prennent part à l’assaut de Vilvorde aux côtés de volontaires venus de Fontaine‑l’Évêque, Namur et Couvin[79]. Dans les semaines suivantes, les principales places fortes de Wallonie passent successivement sous contrôle insurgé, notamment Ath, Mons, Tournai et Philippeville, puis Dinant, Namur et Charleroi au mois d’octobre[79]. Les Binchois poursuivent ensuite leur progression en Flandre, où ils participent aux combats de Walhem et de Berchem avant d’atteindre Anvers, étape à laquelle le souverain ordonne le retrait de ses troupes[79]. Au milieu du XIXe siècle, Binche entreprend plusieurs aménagements destinés à structurer son territoire et à améliorer ses communications. En 1834, la municipalité crée un parc public, marquant une volonté d’embellissement urbain[80]. En 1845, une nouvelle route est ouverte afin de relier la ville à Saint‑Vaast et de rejoindre l’axe menant de Bray à Nivelles, en passant par La Louvière, alors encore un hameau en développement[80]. Deux ans plus tard, un autre tracé est établi en direction de Merbes‑le‑Château, renforçant les liaisons locales. En 1858, Binche est également connectée à Givry par une voie passant par les Estinnes et rejoignant la chaussée de Mons à Beaumont, ce qui contribue à intégrer davantage la ville dans le réseau routier régional[80]. Au cours du XIXe siècle, la vallée de la Samme accueille plusieurs activités artisanales et industrielles qui tirent parti de son débit et de ses ressources en eau[81]. Les ateliers de tannerie et de corroyage y exploitent la force hydraulique pour actionner leurs installations, tandis que les brasseries utilisent l’eau de la rivière pour leurs besoins de production[81]. Une verrerie y est également implantée, témoignant de la diversité des établissements qui se sont développés le long du cours d’eau à cette époque[81].

L'’essor du transport ferroviaire transforme progressivement les réseaux de communication en Belgique. En 1857, la Compagnie de chemin de fer du Centre établit une ligne reliant Binche au réseau régional, accompagnée de la construction d’une gare au sein de la ville. Cette nouvelle infrastructure facilite les échanges et contribue directement à l’expansion industrielle de la région binchoise, en offrant aux entreprises un accès plus rapide aux marchés et aux matières premières[82][83][84]. Au fil du XIXe siècle, l’évolution des infrastructures, l’essor industriel et l’augmentation de la population contribuent à transformer progressivement le carnaval de Binche. Ces changements favorisent l’expansion de la fête et renforcent la place du Gille, dont la notoriété s’affirme nettement durant cette période[85]. À partir de 1870, les autorités communales reconnaissent officiellement son rôle en l’accueillant à l’hôtel de ville, geste qui marque une forme de consécration symbolique[85]. Les offrandes traditionnelles de fruits locaux sont alors remplacées par des oranges, devenues emblématiques du personnage. Les masques de cire portés le matin et l’après‑midi accentuent l’anonymat des participants et contribuent à codifier davantage la figure du Gille dans le rituel carnavalesque[85]. De 1880 à 1900, le nombre de Gilles augmentera de plus de 40 %[86]. L’ouverture de nouvelles voies de communication et l’arrivée du chemin de fer contribuent à désenclaver Binche, favorisant une période de prospérité croissante. L’activité artisanale demeure dynamique, notamment grâce à environ cent cinquante dentellières qui perpétuent la tradition locale de l’application de Binche[80]. Les anciens moulins à vent et à eau disparaissent progressivement, remplacés par des installations fonctionnant à la vapeur, dont un moulin établi dans le faubourg de Charleroi[80]. Deux tanneries, chacune dotée de trois cuves, assurent la production de cuir nécessaire à un corps de cordonniers comptant entre 125 et 130 artisans. La réputation des fabricants de chaussures binchois est bien établie, et l’armée constitue l’un de leurs principaux clients[80]. Dans les environs immédiats, les exploitations charbonnières connaissent un développement marqué, participant à la transformation économique de la région[80]. Cette dynamique favorise également l’essor d’un hameau de Saint‑Vaast, situé à proximité de Binche, qui se développe rapidement et devient en quelques années la ville de La Louvière. Celle‑ci atteint environ 7 000 habitants en 1865 et obtient son autonomie administrative en 1869[80].

À cette époque, la révolution industrielle imprime sa marque sur le paysage binchois avec l'exploitation de la houille en vue de son utilisation dans l'industrie sidérurgique. En 1857, la société Desmedt-Van Montfort décide de sonder la concession minière de Ressaix. Elle y crée la Société du Centre dont le siège est implanté aux Trieux. En 1882, cette société s'étend au nord-ouest en absorbant la concession du Levant de Péronnes, une zone qui comprend entre autres des extensions vers Binche et Waudrez qui compte alors deux puits, le Puits de la Garde de Dieu et le Puits de recherche no 1. Ces puits, jugés trop pauvres, ne sont par la suite plus exploités[87]. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Binche voit se diversifier son tissu industriel, notamment avec l’installation en 1860 d’une verrerie à proximité de la gare. À cette époque, la ville compte un ensemble d’activités manufacturières variées : cinq brasseries, une teinturerie, plusieurs distilleries, des raffineries de sel, des fabriques de savon, des chapelleries et des ateliers produisant des fleurs artificielles[80]. Une coutellerie y est également implantée, tandis que de nombreux tailleurs d’habits exercent leur métier, soit en atelier, soit à domicile. Cette vitalité économique s’accompagne d’initiatives culturelles ambitieuses[80]. En 1865, Binche organise un concours international de musique réunissant trente‑deux sociétés étrangères, événement qui témoigne de son ouverture et de son dynamisme[80]. En 1879, la ville affirme encore son essor en mettant sur pied une vaste exposition industrielle et agricole, destinée à présenter les productions locales et régionales[80].

Le terril de la Caspienne, ou Terril Lavoir du Centre, qui domine les campagnes au nord de Binche.

En 1886, la Société du Centre fonde un second siège : les Trieux no 2. Cette société est ensuite achetée en vente publique par Évence-Narcisse Coppée, grand industriel et financier belge détenteur depuis 1879 d'une cokerie à Ressaix. Celui-ci entreprend une unification des sociétés minières limitrophes par le rachat de celles-ci. En 1890, la Société des Charbonnages de Leval-Trahegnies, active depuis 1872 et possédant le siège de la Courte ainsi qu'un ancien puits, nommé « Georges », situé à Epinois est rachetée par Évence-Narcisse Coppée. La Société du Centre change alors de nom pour devenir la Société des Charbonnages de Ressaix. Sa production est alors de 85.000 tonnes de charbon par an, un charbon gras qui sert à développer plusieurs batteries de fours à coke. D'une qualité inégalée, le coke produit participe grandement à l'essor des fonderies du Centre. En 1891, la société absorbe la seconde partie de la concession des Charbonnages de Péronnes, la concession de la Princesse, une puissante zone d'exploitation houillère qui comprend alors : le siège no 2 Sainte-Marie, no 4 Sainte-Barbe et no 5 Saint-Albert. Parallèlement, les terrils se dressent dans le paysage de Binche avec les terrils Sainte-Élisabeth, Sainte-Marguerite, de la Caspienne, Sainte-Barbe, Saint-Albert et Sainte-Marie[87]. Dans la seconde moitié du XXe siècle, les ressources houillères de la région s'épuisent progressivement. L'activité extractive des Charbonnages du Centre prend fin en 1969 après avoir assuré la prospérité économique de la région. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Binche voit se diversifier son tissu industriel, notamment avec l’installation en 1860 d’une verrerie à proximité de la gare[80]. À cette époque, la ville compte un ensemble d’activités manufacturières variées : cinq brasseries, une teinturerie, plusieurs distilleries, des raffineries de sel, des fabriques de savon, des chapelleries et des ateliers produisant des fleurs artificielles[80]. Une coutellerie y est également implantée, tandis que de nombreux tailleurs d’habits exercent leur métier, soit en atelier, soit à domicile. Cette vitalité économique s’accompagne d’initiatives culturelles ambitieuses[80]. En 1865, Binche organise un concours international de musique réunissant trente‑deux sociétés étrangères, événement qui témoigne de son ouverture et de son dynamisme[80]. En 1879, la ville affirme encore son essor en mettant sur pied une vaste exposition industrielle et agricole, destinée à présenter les productions locales et régionales[80]. À la fin du XIXe siècle, l’activité minière autour de Binche se développe rapidement, entraînant une multiplication des puits et une forte demande de main‑d’œuvre. Les ouvriers affluent et les localités voisines voient leur population augmenter de manière soutenue. Binche elle‑même, qui comptait 5 131 habitants en 1840, atteint 10 525 résidents en 1890[88]. Cette croissance démographique s’accompagne de l’apparition de nouveaux quartiers et de la construction de nombreuses habitations[88]. L’essor des charbonnages n’est toutefois pas le seul facteur de transformation. Vers 1875, deux cimenteries s’implantent dans la ville, tandis que des ateliers de construction métallique ouvrent à Battignies[88]. En 1885, une chocolaterie est fondée rue Wanderpepen, ajoutant une activité supplémentaire au paysage industriel local. La verrerie déjà établie étend ses installations et met en service un four à bassin en 1894, signe de sa modernisation[88]. Au début du XXe siècle, l’arrivée de lignes de tramway en 1903 puis en 1909 facilite les déplacements entre les zones rurales et Binche, renforçant les échanges et l’intégration de la ville dans son arrière‑pays. Cette amélioration des transports contribue à structurer l’espace urbain et à accompagner la dynamique économique et démographique de la région[88].

Les activités artisanales traditionnelles conservent une place importante dans l’économie binchoise. En 1896, la cordonnerie locale compte 718 artisans, contre environ 400 en 1880, même si ce secteur commence à décliner peu après. Le domaine de l’habillement, en revanche, connaît une expansion notable. Comme pour la fabrication de chaussures, il repose à la fois sur quelques ateliers collectifs et sur un grand nombre de travailleurs à domicile[88]. En 1896, 936 personnes hommes et femmes sont employées par cinquante‑quatre entreprises de confection, dont plusieurs occupent une position dominante[88]. Parmi elles, l’Alliance Populaire, fondée en 1884 avec un capital de 60 000 francs, se distingue par son importance : son chiffre d’affaires annuel atteint 650 000 francs, permettant de distribuer environ 33 000 francs de bénéfices à ses actionnaires. Au début du XXe siècle, le secteur continue de croître[88]. En 1910, le nombre d’entreprises de confection passe de cinquante‑quatre à quatre‑vingts, employant une main‑d’œuvre spécialisée coupeurs, apprêteurs, apiéceurs, giletières, culottiers, entre autres pour un total de 2 046 personnes. Durant cette période, la production binchoise joue un rôle majeur dans l’habillement en Belgique, particulièrement en Wallonie, et même dans certaines régions françaises proches de la frontière[88]. Entre la fin du XIXe siècle et le début des années 1920, la ville de Binche est marquée par l’action du bourgmestre Eugène Derbaix, élu en 1885 et demeuré en fonction jusqu’en 1921[89]. Son administration se distingue par plusieurs initiatives majeures. En 1916, il lance des fouilles archéologiques sur le site de l’ancien palais de Marie de Hongrie, contribuant à la mise en valeur du patrimoine historique local. Il fait également édifier une nouvelle gare, inaugurée en 1911, destinée à moderniser les infrastructures de transport de la ville[89]. Sous son mandat, Binche se dote du monument de l’Indépendance, conçu pour honorer les combattants et acteurs des grandes luttes nationales : les révolutionnaires de 1794 et de 1830, les soldats de la Première Guerre mondiale ainsi que les déportés de 1916. L’ensemble est dominé par une figure féminine allégorique représentant la ville[89]. Derbaix mène par ailleurs une politique d’amélioration urbaine en supprimant les habitations insalubres adossées aux remparts et en favorisant la construction de logements ouvriers, participant ainsi à la transformation du cadre de vie binchois[90].

Le , les troupes britanniques du maréchal John French traversent Binche, accueillies avec enthousiasme par la population[91]. Leur avant‑garde progresse dans les rues avant d’entreprendre, dans l’après‑midi, l’aménagement de tranchées le long de la voie ferrée en direction d’Erquelinnes, à proximité de la route de Mons[91]. Ce même jour, les combats de la bataille de la Sambre éclatent : le général français Charles Lanrezac tente de repousser les forces allemandes au‑delà du cours de la rivière, dans le cadre des premières opérations du front occidental[91]. Le , les troupes allemandes atteignent Péronnes et y déploient un important dispositif d’artillerie, installant un rideau d’environ cinquante pièces de chaque côté de la rue de Nivelles. À proximité du Pont de la Princesse, dans les bâtiments de la sucrerie, un détachement britannique d’environ cent cinquante hommes doté seulement de trois mitrailleuses oppose une résistance particulièrement tenace à près de cinq mille soldats allemands[91]. Vers midi, alors que leur position semble perdue, les Britanniques parviennent à se replier vers Bray après avoir infligé de lourdes pertes à l’assaillant. Quatre d’entre eux sont tués et quinze blessés. Les habitants de Péronnes subissent durement les conséquences de ces combats : soixante maisons, plusieurs granges, des écuries et trois fermes sont incendiées[91]. Quelques jours plus tard, la découverte par des soldats allemands des corps de deux de leurs officiers provoque une réaction violente. Accusé à tort d’être responsable de la mort de l’un d’eux, le bourgmestre Alphonse Gravis est traduit devant un simulacre de conseil de guerre. Malgré ses protestations d’innocence, il est condamné à mort, tout comme son domestique. Tous deux sont exécutés sur le perron de la maison communale[91] le [92].

Le , Binche passe sous occupation allemande[93]. Les troupes investissent la grand‑place, s’emparent de l’hôtel de ville et installent leur état‑major dans le château du bourgmestre Eugène Derbaix[91]. Les bâtiments publics écoles, ateliers, usines sont rapidement saturés de soldats et de matériel, tandis que de nombreuses habitations privées sont réquisitionnées pour loger officiers et troupes[94]. La ville devient un point de passage constant pour les unités allemandes. Des régiments d’infanterie et de cavalerie, des convois logistiques et des batteries d’artillerie traversent Binche sans interruption[94]. Parmi ces mouvements, un cortège impressionnant de mortiers autrichiens de 42 cm pièces lourdes destinées au front français défile en direction de la frontière, illustrant l’importance stratégique du secteur dans les premières semaines de la guerre[94]. Le , 615 habitants de Binche sont déportés vers l’Allemagne et envoyés au camp de Wittemberg, où seize d’entre eux trouvent la mort[95][96][97]. Cet épisode marque l’un des moments les plus sombres de l’occupation. À l’automne 1918, la situation militaire bascule. Le , sur les routes de Mons et de Merbes, les troupes allemandes en retraite sont poursuivies par des avions alliés, signe de l’effondrement du front. Durant la nuit suivante, un entrepôt allemand installé dans une verrerie de la rue de Versailles est pris pour cible, illustrant l’intensification des opérations dans la région[98]. Le , jour de l’armistice, les forces britanniques pénètrent dans Binche[99], bientôt suivies par des unités écossaises[100]. Leur arrivée met fin à plus de quatre années d’occupation et ouvre une période de reconstruction pour la ville.

En , Binche subit les premiers effets directs de la Seconde Guerre mondiale. Le 15 mai, une bombe frappe un bâtiment de l’avenue de Brulet, causant d’importants dégâts matériels mais sans faire de victimes. Le même jour, la Wehrmacht ouvre une brèche de près de cent kilomètres entre Sedan et Namur, ce qui précipite l’avancée allemande[101]. Le 18 mai, les troupes allemandes entrent dans Binche et instaurent l’occupation. Dès cette année‑là, la résistance belge commence à se structurer dans la région, ses effectifs augmentant au rythme des privations et des souffrances imposées à la population[101]. À la fin de 1942, Binche et ses quelque 130 résistants sont intégrés au groupe G‑391, qui devient ensuite le Refuge B‑30 « Alouette », puis B‑40 « Le Roitelet »[102]. À partir de 1943, les actions de sabotage se multiplient et gagnent en intensité. Les sous‑stations électriques de Trivières et de Péronnes sont dynamitées, provoquant des coupures de courant dans plusieurs charbonnages et usines. La tension monte également dans la ville[103]. Certains jours, après des affrontements entre ouvriers binchois et soldats allemands, Binche est encerclée : 250 hommes sont arrêtés puis déportés en Allemagne pour être employés dans l’industrie de guerre. Ces événements témoignent de la dureté de l’occupation et de l’importance des réseaux de résistance dans la région[103]. Le , près de Binche, à Vellereille‑le‑Sec, vingt‑quatre wagons sont lancés à la dérive dans la rampe d’Harmignies. Ils déraillent sur une portion de voie préalablement détruite par une explosion, ce qui rend la ligne ferroviaire inutilisable durant six jours[103]. Cet acte de sabotage s’inscrit dans la multiplication des opérations menées par la résistance dans les derniers mois de l’occupation[103]. Dans la nuit du 2 au , une colonne allemande en retraite se dirige vers Binche, mais elle est attaquée par des forces américaines près du carrefour de Bois‑Bourdon, illustrant l’effondrement progressif du dispositif allemand dans la région[103]. Le , les premiers soldats américains et alliés atteignent Binche. Ils arrivent par la rue de Mons avant d’entrer sur l’avenue Charles Deliège, marquant la libération de la ville après quatre années d’occupation[104].

Après la libération, Binche entreprend de renouer avec son histoire et de moderniser son cadre urbain. En 1947, la ville commémore les festivités de 1549, organisées par Marie de Hongrie en l’honneur de son frère Charles Quint, rappelant ainsi un épisode marquant de son passé princier[105]. Depuis le début du XXe siècle, plusieurs programmes de logements ouvriers avaient été lancés pour remplacer les habitations insalubres situées le long des remparts. En 1950, un vaste projet d’aménagement urbain est élaboré, prévoyant la création de nouveaux quartiers destinés à accompagner la croissance démographique et à améliorer les conditions de vie[106]. Seule une partie de ce plan est finalement réalisée, mais elle entraîne la naissance d’un quartier au‑delà de Battignies, légèrement en retrait de l’Athénée royal. L’extension du quartier de l’Athénée se poursuit ensuite, en partie sur des terrains cédés par la commune. Elle s’étend vers l’avenue Marie‑José et jusqu’aux abords de Ressaix, contribuant à structurer la périphérie urbaine et à redessiner l’espace binchois dans l’après‑guerre[107]. Au niveau administratif, l'ancienne commune de Battignies est rattachée à Binche dès 1881[108][109]. Le , les communes de Bray, Buvrinnes, Épinois, Leval-Trahegnies, Péronnes-lez-Binche, Ressaix et Waudrez et de Binche sont fusionnées. La section de Binche est le chef-lieu de l'entité binchoise qui regroupe l'ensemble de ces anciennes communes. En 2024, la ville a célébrée son 900e anniversaire[110],[111].

Héraldique

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Blason de Binche. Les armoiries octroyées en 1838 montraient les armoiries des seigneurs de Binche qui ont dirigé la ville pour les Comtes de Hainaut. En 1857, les armoiries ont été changées et se basaient alors sur le sceau de la ville de 1245. Ce sceau montrait le château local l'un des principaux châteaux des Comtes de Hainaut. De part et d'autre du château se situent deux petiots écus, un avec les armoiries du Hainaut et l'autre avec le lion de Binche. Les armoiries ont été mieux décrites (blasonnées) et octroyées à nouveau en 1980 après la fusion des communes[112].
Blasonnement : D'azur au château fort d'or, le mur d'enceinte crénelé percé de fenêtres et d'une porte à la herse levée et surmontée d'un pignon muni de quatre tours également crénelées à toit conique dont deux de part et d'autre de la porte, le troisième angle, le toit de la quatrième apparaissant derrière un donjon aux fenêtres de style gothique dont la cheminée est surmontée d'une cigogne. Le château fort est adextré d'un écu écartelé aux 1 et 4 d'or au lion de sable, armé et lampassé de gueules, aux 2 et 3 d'or au lion de gueules, armé et lampassé d'azur (Hainaut), et senestré d'un écu d'argent au lion de sable, armé et lampassé de gueules (Binche)[113].
Ancien blason de Binche, avant l'arrêté royal du confirmé en 1980.
Blasonnement : D'argent au lion de sable armé et lampassé de gueules.
Par arrêté de la Communauté française du , la ville de Binche possède son propre drapeau, dont les motifs proviennent des anciennes armoiries : « Drapeau blanc chargé d'un lion noir, les griffes et la langue rouges »
DC - AE


Politique et administration

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Conseil et collège communal 2024 - 2030

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Ci-dessous, le tableau des résultats des élections communales de 2024[114].

Parti Voix (2024) Voix (2018) % (2024) % (2018) +/- Sièges +/- Collège
PS 11.248 11.566 55,92% 57,00% en diminution 1.08 %
20  /  31
en stagnation 0.0 Oui
PTB 2.078 - 10,33% - en stagnation 0.0 %
2  /  31
en augmentation 2.0 Non
MR-CI 5.194 3.164 25,82% 15,59% en augmentation 10.23 %
8  /  31
en augmentation 3.0 Non
EPB 1.596 - 7,93% - en stagnation 0.0 %
1  /  31
en augmentation 1.0 Non
ECOLO - 1.272 - 6,27% en stagnation 0.0 %
-  /  31
en diminution 1.0 Non
DéFI - 655 - 3,23% en stagnation 0.0 %
-  /  31
en stagnation 0.0 Non
Chrétien - 248 - 1,22% en stagnation 0.0 %
-  /  31
en stagnation 0.0 Non
UNION - 3.387 - 16,69% en stagnation 0.0 %
-  /  31
en diminution 5.0 Non
Total 20 116 20 292 100 % 100 % 31


Collège[115]
Bourgmestre Laurent Devin (PS)
Échevins Kevin Van Houter (PS)
Larissa Davoine (PS)
Thomas Beaujean (PS)
Marjorie Alongi (PS)
Philippe Labar (PS)
Cécile Corso (PS)
Président du CPAS Frédéric Tilmant (PS)

Résultats des élections communales

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Résultats des élections et répartitions des sièges au conseil communal depuis la fusion des communes (1977). Le conseil communal de Binche, y compris le bourgmestre et les échevins, est actuellement composé de 31 membres (commune de 30 000 à 34 999 habitants). Le collège des bourgmestre et échevins de Binche comprend quant à lui le bourgmestre et 7 échevins.

Résultats des élections de 1976 Résultats des élections de 1982
Parti Votes (19 179) Sièges Parti Votes (18 975) Sièges
PS 9 657 (50,4 %) 18 PS 10 994 (57,9 %) 20
PSC 4 968 (25,9 %) 8 RC 5 598 (29,5 %) 10
PRL 2 134 (11,1 %) 3 UAC 1 490 (7,9 %) 1
RW 1 507 (7,9 %) 2 PCB 893 (4,7 %) 0
PCB 913 (4,8 %) 0
Résultats des élections de 1988 Résultats des élections de 1994
Parti Votes (18 850) Sièges Parti Votes (18 286) Sièges
PS 10 882 (57,7 %) 20 PS 10 350 (56,6 %) 21
PSC 3 228 (17,1 %) 5 NG 2 952 (16,1 %) 5
AGIR 3 036 (16,1 %) 4 OSER 2 214 (12,4 %) 3
ECOLO 1 577 (8,4 %) 2 ECOLO 1 394 (7,6 %) 1
PTB 127 (0,7 %) 0 GU 1 160 (6,3 %) 1
PTB 216 (1,2 %) 0
Résultats des élections de 2000 Résultats des élections de 2006
Parti Votes (19 129) Sièges Parti Votes (20 537) Sièges
UNION 9 131 (47,7 %) 16 UNION 9 432 (45,93 %) 16
PS 6 513 (34,0 %) 11 PS 8 154 (39,70 %) 14
PRL-MCC 2 287 (12,0 %) 3 MRB 1 367 (6,66 %) 1
ECOLO 1 198 (6,3 %) 1 ECOLO 844 (4,11 %) 0
MCB 579 (2,82 %) 0
DLC 161 (0,78 %) 0
Résultats des élections de 2012 Résultats des élections de 2018
Parti Votes (20 288) Sièges Parti Votes (20 292) Sièges
UNION 4 748 (23,4 %) 7 UNION 3 387 (16,69 %) 5
PS 11 573 (57,04 %) 20 PS 11 566 (57,00 %) 20
MR 2 672 (13,17 %) 3 MR-CI 3 164 (15,59 %) 5
CDH 1 295 (6,38 %) 1 ECOLO 1 272 (6,27 %) 1
Résultats des élections de 2024
Parti Votes (25 503) Sièges Parti Votes (..) Sièges
PTB 2 078 (10,33 %) 2
PS 11 248 (55,92 %) 20
MR-CI 8 194 (25,82 %) 8
EPB 1 596 (7,93 %) 1

Liste des bourgmestres depuis 1800

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Bâtiments de l'administration communale, installés dans l'ancien hôpital Saints-Pierre-et-Paul, rue Saint-Paul. Classé le [116]
Bourgmestres Mandat Parti
C. Lecocq 1800-1801 -
Nicolas Coquiart 1801-1823 tendance catholique
Maximilien de Biseau d'Hauteville 1824-1836 Parti libéral
Hubert Wanderpepen 1836-1856 Parti libéral
Gustave Wanderpepen 1856-1883 Parti libéral
Alfred Pourbaix 1884-1885 Parti libéral
Eugène Derbaix 1885-1921 Parti catholique
Charles Derbaix 1921-1946 Parti catholique
Charles Deliège 1947-1970 PSB
Simone Mabille-Leblanc 1970-1973 Parti libéral (PLP)
Fernand Derval 1973-1976 PSB
Armand Le Roi 1977-2000 PSB
André Navez 2000-2006 PS / MS
Laurent Devin Depuis 2006 PS

Habitations sociales de Binche

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Le , le premier échevin de la ville, Albert Van Bastelaere (UNION) ainsi que le directeur gérant de la société Habitations sociales de Binche et environs, Philippe Gaillard, sont placés sous mandat d'arrêt. Les deux hommes sont inculpés d'abus de biens sociaux, de corruption active et sont écroués à la prison de Jamioulx[117]. Quelques jours après cette arrestation, Van Bastelaere est privé de ses attributions scabinales[118].

Élections du 8 octobre 2006

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D'après les résultats du scrutin, le parti UNION, cartel composé du Mouvement socialiste (Belgique) du bourgmestre sortant André Navez, du cdH, du parti local Oser et d'indépendants, dispose de 16 sièges sur 31. Le Parti socialiste conduit par la ministre-présidente de la Communauté française de Belgique, Marie Arena, récolte 14 sièges, le dernier siège revenant au Mouvement réformateur binchois mené par Jérôme Urbain (25 ans). Même si, de chaque côté, on affirme qu'il n'y a pas eu de «pratique de débauchage», tant dans le parti UNION qu'au sein du PS binchois, la tentation de récupérer l'un ou l'autre siège du camp adverse en vue de conforter une majorité est grande.

Un véritable coup de théâtre se produit lorsqu'une élue du parti UNION, Marie-Rose Trézegnies, décide de quitter le parti, de siéger comme indépendante et de s'allier avec le PS et le MR binchois. La nouvelle coalition négociée par Marie Arena (PS) et Olivier Chastel (MR) dispose donc de 16 sièges sur 31 et compte présenter son pacte de majorité le [119].

Scandalisés, les élus d'UNION décident alors d'organiser une manifestation chaque vendredi sur la Grand-Place de Binche. La première manifestation rassemblera environ 1 500 personnes[120].

Le premier conseil communal de la nouvelle mandature tenu le à l'hôtel de ville de Binche se déroule dans une ambiance électrique et fait la une des journaux télévisés le lendemain : Marie-Rose Trézegnies est la cible des invectives d'une foule de partisans du bourgmestre sortant André Navez. Ce dernier crée la polémique lorsqu'il annonce qu'un élu PS, Philippe Labar, ne peut prêter serment, étant donné qu'il occupe un poste d'enseignant dans cette même commune. Labar décide alors de remettre sa lettre de démission en séance, ce qu'André Navez refuse, demandant alors l'expulsion de Labar de l'hôtel de ville par la police[121]. Le résultat étant de 15 voix de chaque côté, un nouveau conseil communal est tenu le pour régler la situation. Ce jour-là, les membres de la nouvelle majorité PS-MR peuvent désormais prêter serment : Laurent Devin (PS), élu PS ayant remporté le plus grand nombre de voix devant Marie Arena, devient bourgmestre de Binche et Jérôme Urbain, élu MR devient 1er Echevin[122].

Élections de 2012 et 2018

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Lors des élections d'octobre 2012, le PS retrouve la majorité absolue au conseil communal et Laurent Devin est réélu bourgmestre. Aux élections communales de 2018, le PS obtient de nouveau la majorité absolue. Laurent Devin, réélu bourgmestre, ouvre toutefois la majorité socialiste communale au MR-CI.

Jumelage

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Sécurité

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Zone de Police 5912 Binche-Anderlues-Lermes[123], route de Charleroi et ZHC - Poste de secours de Binche[124], rue de la Pépinière.

Patrimoine et culture

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Patrimoine architectural et sites

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Voire : le patrimoine immobilier classé.

Religieux

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  • La collégiale Saint-Ursmer (XVe et XVIIe siècles)[125], classée le [126].
    La collégiale Saint-Ursmer : elle incorpore quelques vestiges du monastère Sainte-Marie, qui a présidé à la naissance de la ville de Binche[127]. La collégiale actuelle remonte au XIIe siècle et est de style roman. Le chapitre de la collégiale de Lobbes est transféré à Binche en 1409, est l'église devint une collégiale et donne le nom du patron de la collégiale de Lobbes. Au début du XVe siècle quand la communauté religieuse est transférée, les chanoines de Lobbes sont arrivés à Binche avec les reliques de Saint-Ursmer. Le remarquable trésor de la collégiale de Binche est le bras-reliquaire de saint Jacques, bras-reliquaire de saint Pierre, buste-reliquaire de saint Ursmer, etc. Le sanctuaire a contribué à l'essor de la ville de Binche au Moyen Âge[128]. La collégiale est restaurée en 1897[129][Note 13] et en septembre 2022[130].
  • L'église du Très-Saint-Sacrement dite des Récollets avant l'incendie de 2022, classée le [131].
    La chapelle Saint-André, située dans le parc communal, classée le [132].
    L'ancien refuge de Bonne-Espérance, classé le [133].
    L'église du Très-Saint-Sacrement, dite « des Récollets » . Construite à l'époque où l'ancien palais de Marie de Hongrie en ruine servait de carrière il est probable que les matériaux ont été utilisés pour l'édification de l'église provienne du palais. La nef a été reconstruite en 1767 et les fenêtres ont été adaptées en style néo-gothique en 1878[134][135]. Cette église a été incendiée en , et est depuis soutenue par un échafaudage. Lors du passage de la tempête Ciarán, une brique est tombée de l'édifice, provoquant la fermeture de la rue des Récollets durant plusieurs jours[136].
  • Le couvent des Récollets[Note 14]. En 1598, la communauté fut installée sur l'emplacement de l'ancien béguinage de Cantimpré. Les bâtiments actuels sont construits au cours du XVIIIe siècle. En 1798, les religieux sont expulsés et les bâtiments sont occupés par les Dames du Sacré-Cœur en 1822 puis par les Servantes du Saint-Sacrement en 1880[137][137]. En 1894, la ville de Binche vend une partie du couvent à une religieuse d'Angers. En 1976, l'église devient paroissiale et l'ancien couvent devient une maison de repos[134].
  • La chapelle Saint-André[138]. Aussi appelée chapelle du Vieux cimetière, datant des XVIe et XVIIe siècles[139][140].
  • L'ancien prieuré de Prisches[127]. L’ancienne prévôté de Prische, situé sur le territoire de Battignies[Note 15]. Autrefois propriété de l’abbaye Sainte-Rictude de Marchienne, est située dans le département du Nord. Mentionnée dès 1234, elle fut exploitée par des fermiers jusqu’à la fin du XVIe siècle, puis gérée par un prévôt religieux et quelques moines jusqu’en 1802. Les bâtiments furent reconstruits en 1698 sous l’abbé Dom A. de Malapert, comme en témoigne une pierre armoriée retrouvée sur place. Le « château » et la ferme actuels, qui les ont remplacés, furent construits entre 1752 et 1756[141]. Le site est classé, le [116].
  • L'église du Sacré-Cœur : construite en 1931 par l'architecte Pire[142], elle se situe sur l'avenue de Burlet.
  • L'ancien refuge de l'abbaye de Bonne-Espérance[127]. Reconstruit au début du XVIe siècle et transformé en musée archéologique dans les années 1950 et abandonné par manque de gestion et c'est dans les années 1980 qu'on entreprit une étude archéologique complète de ce monument et suivie de sa restauration[143].
  • La chapelle Sainte-Anne de Battignies : érigée par l'abbé de Marchiennes-en-Ostrevent, Jean de Jonquoy[127]. Construite aux XVIe et XVIIe siècles en style néo-gothique, c'est un petit édifice composé d'une nef rectangulaire et d'un chevet à trois pans et surmonté d'un clocheton. À l'intérieur de la chapelle, des œuvres d'art sont conservées : une statue de sainte Anne trinitaire en chêne polychromé contemporaine, un Christ gothique en bronze doré ainsi que deux têtes d'angelots en chêne de style Renaissance datant du premier tiers du XVIIe siècle[144]. En 1899, la chapelle a été restaurée[145][146].
  • L'église Notre-Dame du Travail[Note 16]. De style art-déco construite sur les plans de l'architecte Baltazan[147]. Reprise sur la liste du patrimoine immobilier exceptionnel de la Wallonie.
  • L'hôtel de ville avec son beffroi, classé le [149].
    L'hôtel de ville, dont le beffroi figure au patrimoine mondial de l'UNESCO. L’édifice, datant principalement du XVIe siècle, intègre au rez-de-chaussée trois arcades gothiques qui correspondaient autrefois à la halle à viande ou boucherie communale. Il a été construit à l’emplacement de la première « maison dou bourc » ou « loge delle ville », attestée dès le XIIIe siècle[146]. Après le sac de la ville en 1554, Jacques Du Brœucq a remanié l’édifice dans le cadre d’une campagne visant à reconstruire les bâtiments publics détruits par les incendies[150]. Au XVIIIe siècle, l’architecte Dewez a transformé sa façade en adoptant le style néo-classique[151]. De 1896 à 1901[152], l'hôtel de ville a été restauré dans son état d'origine grâce à l'architecte Pierre Langerock et à l'historien Matthieu[89]. De 2023 à 2024, la façade de l'hôtel de ville a fait l'objet d'une nouvelle campagne de rénovation, incluant la remise en peinture des armoiries, des châssis et des portes. Un gille et deux lions symbolisant le carnaval ont été ajoutés au beffroi à la suite de la proposition de l'entrepreneur[153],[154].
  • Le théâtre communal. Érigé de 1933 à 1934 sur les plans de l'architecte Paul Saintenoy[155][156], il remplace l'ancien vaux-hall érigé sous la période hollandaise[157], le théâtre fut transformé en 1990 et inauguré en 1997[158].
    La Justice de Paix, bâtie au début du XXe siècle, classée le [159].
    Le Musée International du Carnaval et du Masque (MUMASK). Le bâtiment qui abrite le musée a été classé le [143].
  • La justice de paix. Bâtie en 1902 par l'architecte Paul Saintenoy en style néo-gothique[160][159][161][162], cet édifice est situé dans l'avenue Charles Deliège.
  • L'hôtel des postes. Construit en 1895 par l'architecte Janlet, en style éclectique ou en néo-renaissance[163][164]. L'édifice a été classé le [159].
  • La gare de Binche. La première gare fut inaugurée le [83][84]. Une nouvelle gare, de style néo-gothique et conçue par l’architecte Langerock, a été construite entre 1905 et 1910[165][166] et inaugurée le [89]. L'édifice est classé au patrimoine depuis 1978.
  • L'ancien hôpital Saints-Pierre-et-Paul. Ce vaste complexe des XVIIIe et XIXe siècles, organisé autour d’un portail classique du XVIIIe siècle, fut autrefois une maison de retraite. Il abrite aujourd’hui les services administratifs de la ville de Binche ainsi qu’une bibliothèque[167]. Le bâtiment est classé le [116].
  • Le musée du Carnaval et du Masque est installé dans l’ancien collège des Augustins, construit en 1738, auquel une aile fut ajoutée en 1778. À l’origine, cet établissement scolaire de niveau moyen fut fondé en 1570 par le Binchois Jean Duquesne, chanoine de l’église collégiale Notre-Dame de Chimay. En 1727, il passa aux mains des Augustins, puis en 1881 devint l’école moyenne communale, avant de passer à l’État en 1882. Entre 1946 et 1947, il fut transformé en athénée royal. Classés en 1965, les bâtiments scolaires furent réaffectés en musée en 1975[168][169][170].
  • Les ruines du château comtal. Ancienne résidence royale de Marie de Hongrie, construite entre 1546 et 1549, et détruite en 1554 par les soldats du roi Henri II de France. Ils ont été classés le [171].
  • Quelques ponts existent encore à Binche on note notamment : le pont Saint-Jacques[Note 17] datant du XVIIIe siècle, recouvert en 1958 est situé sur la Samme et le pont Saint-Paul, qui est coupé de la Samme canalisée, ancien pont-barrage datant du XVIIIe siècle[172].
  • Le Centre de la Dentelle. Association fondée en 1989 et possédant un magasin et lieu d'expositions (« Le Fuseau ») sur la Grand Place, ainsi qu'un atelier de confection dans la rue Saint-Moustier.
  • Le château de Bois-le-Comte à Buvrinnes construit en 1883 dans un style renaissance flamande et agrandi en 1910.
  • Le Kursaal, ancien cinéma reconverti en salle polyvalente. Des évènements et spectacles y sont organisés.

Militaire

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Les remparts de Binche ont été classés, le [176].

Les remparts de la ville repris sur la liste du patrimoine immobilier exceptionnel de la Wallonie.

Au XIIe siècle, Gislebert de Mons désigne Binche comme une villa. Baudouin IV l’entoure d’un mur, que son fils Baudouin V est censé améliorer, mais il n’est jamais fait mention de turris. La chronologie exacte de la grande enceinte pour les époques anciennes repose uniquement sur quelques documents rares : 1289, 1308 et 1321. Le donjon n’est mentionné qu’en 1289 et paraît déjà, à cette époque, en partie abandonné. L’enceinte possédait des merlons et des créneaux. La défense se concentrait surtout au sommet des tours et le long du chemin de ronde. Des structures en bois, appelées « hourds », jouaient alors un rôle clé dans la défense active[177].

La ville a gardé une grande partie de ses remparts (la deuxième enceinte) construits en moellons et schiste locaux. Au XIXe siècle, ils ont été utilisés comme carrière et toute la face nord a fourni des pavés. Par endroits, des constructions ajoutées sont venues se coller aux remparts, les modifiant plus ou moins. L’enceinte, longue de plus de 2,1 km, enferme 22 hectares, compte au moins trente tours dont vingt-cinq sont encore debout, ainsi que six portes démolies au XIXe siècle[177]. Entre 1822 et 1850, la ville vend une partie des remparts, fossés et chemins de ronde à des particuliers, à condition qu’ils y construisent des habitations. Dans le faubourg Saint-Paul, des jardins clos sont aménagés au pied du rempart[178]. Vers 1920, les remparts du Posty étaient dégagés mais pas encore aménagés. Celui de la rue des Boulevards fut restauré dans les années 1960. La muraille reliant le rempart de Bon Secours à celui de Saint-Georges avait été démolie au début du XIXe siècle, après la suppression du quartier de l’Inquiétude et des tannées, un ensemble de taudis insalubres. L’état du rempart était si dégradé que sa démolition était inévitable. Un escalier fut construit à côté de la poste en 1922[179]. En 1972, la restauration du rempart Saint-Ursmer a été achevée[180]. De 1994 à 2000, les remparts ont été restaurés et des fouilles ont été menées grâce aux Fonds structurels européenne de l’Objectif 1 et au soutien de la province de Hainaut[181].

Monuments et statues

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Le monument au Gille à l'entrée du parc.
  • Le monument au Gille : sculpture de Gille installée à l'entrée du parc en 1952, est l'œuvre du sculpteur Robert Delnest[184].
  • La statue du Paysan, rue de Bruxelles.
  • La statue du Marin, place Pont-Martine.
  • La statue du Tamboureur, rue de la Pépinière.
  • La statue du Trompettiste, avenue Charles Deliège près de l'ancienne église du Saint-Sacrement (Récollets).
  • La statue du Pierrot, rue Saint-Paul.
  • La statue du Joueur de viole, rue Georges Dehavay.
  • La statue de l'Arlequin dans la cour du musée du Carnaval.
  • Le monument à l'Indépendance, place Eugène Derbaix. Classé le [185].
    La fontaine de l'Indépendance de la Belgique avec plusieurs statues dues à Aloïs De Beule. Inaugurée en 1932[186], elle est située au centre du square Derbaix.
  • Les statues d'Arnould de Binche, Marguerite d'York, Baudouin le Bâtisseur et de Yolande de Gueldre, personnages qui ont jalonné l'histoire de la ville[185]. Situées sur des colonnes sur le square Derbaix.
  • Les mémoriaux de René Legaux, André Boussart et de Charles Deliège situés dans le parc communal.
  • Le caveau des Combattants, inauguré en 1923 dans le cimetière de Binche par le bourgmestre Charles Derbaix[187].
  • La stèle de Luc Lange dans le parc (ancien cimetière).
  • La plaque en l'honneur de Charles Deliège imposée à l'entrée du musée du Carnaval et du Masque.
  • Les tombes des soldats du Commonwealth dans le cimetière.

Culture

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Musées et centres culturels

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  • Le théâtre communal.
    Le Musée international du Carnaval et du Masque : situé dans l'ancien bâtiment de l'athénée royal (auparavant collège des Augustins), datant de 1738. Une plaque commémorant l'ancien bourgmestre Charles Deliège (1901-1970) figure à l'entrée du musée.
  • Musée gallo-romain et site archéologique de Waudrez.
  • Centre de la Dentelle et des Métiers d’Art de Binche fondé en 1989.
  • Théâtre communal de Binche.
  • Les bibliothèques communales de Binche et de Péronnes-lez-Binche.

Cinéma

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La gare de Binche attire de nombreux réalisateurs de films et de documentaires par son impressionnante architecture néogothique ainsi que par son auvent style XIXe siècle sur le quai arrière.

C'est le cas des films :

L'église orthodoxe de Péronnes-lez-Binche a été également le lieu de tournage du film Kursk en 2018 avec Colin Firth.

Littérature

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  • Histoire de la ville de Binche, Théophile Lejeune, 1887.
  • Le Carnaval de Binche, roman de Léo Claretie, 1900.
  • Les tambours de Binche, Francis Murphy, éditions du Fleuves, 1964.
  • Le carnaval de Binche, Michel Revelard, 2002.
  • Un carnaval de Binche pas comme les autres, Stéphanie Vander Meiren et Martine Antoine, 2013.
  • Binche 40-45, Frédéric Ansion, 2020.
  • Souvenirs du carnaval de Binche, Frédéric Ansion, 2021.
  • Eliott fait le Gille pour la première fois, bande dessinée, Sabine Ruol et Nadia Bastin, 2023.
  • L'appel de la vengeance, roman policier de Lillian Gallo, 2023.

Folklore binchois

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« Gilles portant leur masque de cire ».

Le carnaval de Binche est sans doute le plus célèbre de Belgique[188],[189]. Chaque année, il attire de plus en plus de visiteurs étrangers, notamment grâce à sa reconnaissance, en 2003, par l'UNESCO comme faisant partie du patrimoine mondial en tant que chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité.

Tous les Mardis gras, près d'un millier de Gilles arborant des habits chamarrés et des masques de cire envahissent la petite cité du Hainaut. Leur nom viendrait du prénom espagnol « Gil », très courant au XVIe siècle, lorsque l'Espagne occupait les Pays-Bas. Les Binchois se seraient alors inspirés à la fois des conquistadors et des costumes des Incas pour créer la tenue des personnages de leur carnaval.

Procession religieuse

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Autel de la chapelle Saint-Ursmer avec buste reliquaire et deux reliquaires situés dans la collégiale.

La procession Saint-Ursmer, chaque année le dimanche le plus près du en l'honneur du saint patron de la ville[190].

La devise de la ville est « PLVS OVLTRE » (toujours plus loin), devise de Charles Quint.

Enseignement

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Communales

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Athénée Royal de Binche, bâtiment des secondaires.

École des Arquebusiers (maternelle), école maternelle Versailles, école de la Pépinière (maternelle) et école communale de la Cité-Jardin.

Collège Notre-Dame de Bonsecours (sections primaire et secondaire), institut du Sacré-Cœur (sections maternelle et primaire), institut Provincial Charles Deliège (secondaire professionnel), Athénée royal de Binche (sections maternelle, primaire et secondaire) et Le petit collège Saint-Ursmer.

Académie

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Académie des Beaux-Arts de Binche, rue aux Mourdreux.

Lieux publics

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Cimetières

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Cimetière de Binche[191], rue du Cœur Dolent.

Économie

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Le Groupe Wanty, société belge familiale spécialisée dans les travaux d'infrastructure (voirie, déconstruction, génie civil, terrassement, promotion immobilière, ouvrages d'art, etc.) a son siège social à Péronnes-lez-Binche. Le groupe Wanty est composé de 20 sociétés liées et de cinq sociétés affiliées établies principalement en Belgique et emploie environ 1500 travailleurs en Belgique et à l'étranger. Depuis 2013, le Groupe Wanty s'est fait connaître du grand public au niveau national et international en sponsorisant une équipe professionnelle de cyclisme sur route qui fait partie de l'UCI WorldTeam depuis 2021.

La brasserie « La Binchoise ».

La brasserie La Binchoise est une brasserie artisanale fondée à Binche au XIXe siècle et située dans une ancienne malterie au Faubourg Saint-Paul. En 1995, la brasserie lance la Bière des Ours qui décroche la médaille d'or aux World Beer Championships à Chicago. À la suite de ce succès, la production, relativement confidentielle jusque dans les années 1980, a fortement augmenté à la fin des années 1990. La brasserie La Binchoise exporte désormais ses bières artisanales vers de très nombreux pays et la production dépasse à présent les 3500 hectolitres. En 2001, Bruno Deghorain, Jean Fadel, Gabriel Smet et Christophe Wanty (du Groupe Wanty) s’associent pour créer la S.A. La Binchoise. Depuis 2002, Bruno Deghorain est le maître brasseur chargé de la production de la bière[192],[193]. Les bières sont fabriquées selon une méthode traditionnelle à partir d’eau, de malts, de houblons et d’un mélange d’aromates. Une taverne et un musée de la brasserie sont rattachés à la structure principale de la brasserie dans la malterie du Faubourg Saint-Paul[194].

Dans les années 1960, une zones industrielle a été créée dans les environs de la ville. Située dans le parc de Bray-Péronnes-Waudrez, presque au confluent de trois régions : Centre, Borinage et Thudinie, a été inaugurée en 1965[195]. La ville possède des commerces aussi bien dans le centre historique que dans les villages autour.

Industries de l'époque

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Tanneries

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L’industrie du cuir occupa une place prépondérante dans l’économie binchoise pendant près de cinquante ans. Les activités liées au tannage y sont attestées dès le XIIIe siècle, lorsque les artisans, organisés en corporations, exploitaient la présence de la Samme, dont le débit constant facilitait les opérations de transformation des peaux[81]. La formation des futurs tanneurs reposait généralement sur un apprentissage de trois années, au terme duquel l’ouvrier pouvait exercer son métier selon les normes locales[81]. Le cuir produit devait obligatoirement recevoir le sceau officiel de la ville, appliqué par des contrôleurs appelés « rewards », chargés de vérifier la conformité des pièces[81]. En cas d’absence de ce marquage, la marchandise pouvait être saisie et son propriétaire sanctionné par une amende[81]. Afin de maintenir la qualité et de prévenir les fraudes, des inspections régulières étaient menées tous les trois mois par les autorités urbaines[81].

L’année 1764 voit apparaître dans les archives binchoises la mention de deux tanneries déjà anciennes, dont la production annuelle atteint environ 460 peaux de bœuf, de vache et de cheval, ainsi qu’une soixantaine de peaux de veau. La majorité de ces cuirs est écoulée sur le marché local, tandis qu’une part plus réduite alimente le commerce vers Mons et les localités voisines[81]. Les réquisitions de bétail imposées durant la Révolution française provoquent un ralentissement brutal de l’activité, entraînant une montée du chômage parmi les habitants dépendants de ce secteur[81]. Au début de l’indépendance belge, près d’une centaine d’ouvriers se consacrent à la fabrication de chaussures destinées exclusivement à l’armée, avant que la demande ne s’accroisse nettement sous le règne de Léopold II[196]. À cette période, les débouchés s’élargissent vers les pays balkaniques, les États-Unis, les Pays-Bas, la France et l’Allemagne. Après la Première Guerre mondiale, les exportations se réorientent vers la Mésopotamie, la Syrie et la Palestine[197]. Un recensement effectué en 1896 fait état de 718 personnes employées dans l’industrie du cuir, tandis qu’en 1910, on dénombre 62 chefs d’entreprise actifs dans ce domaine. Au fil du temps, les activités liées aux biens de consommation se diversifient progressivement, marquant une évolution notable du tissu industriel binchois[197].

Au début du XVIIIe siècle, la famille Jennot exploite une tannerie située à proximité de la porte de la Sablonnière, dans l’actuelle rue des Récollets. Cette entreprise, déjà solidement établie, demeure active jusqu’en 1883, année où elle passe, à la suite d’une succession, entre les mains de la famille Lefebvre-Huart, connue pour ses compétences dans le tannage et pour son aisance commerciale[198]. Sous leur direction, l’activité se développe considérablement : de nouveaux bâtiments sont édifiés dans la rue Neuve de la Station (aujourd’hui rue de Robiano), destinés à accueillir leur résidence ainsi que leurs bureaux. L’extension de l’usine couvre alors un vaste périmètre, atteignant les actuelles rue des Passages et rue du Vieux-Sourdiau[198]. Parallèlement, des entrepôts sont construits à proximité de la gare, près de l’actuelle rue de Sébille, témoignant de l’essor industriel et logistique de l’entreprise dans la seconde moitié du XIXe siècle[198].

Brasseries

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Dès le milieu du XIIIe siècle, Binche abritait déjà plusieurs brasseries produisant de la cervoise et de la goudale, témoignant d’une activité brassicole ancienne et structurée[199]. Au XVIe siècle, les sources mentionnent un établissement tenu par Simon le Cocq, tandis qu’en 1635, quatre centres de production sont identifiés : celui de l’Hôpital Saint‑Pierre, la Caillerie exploitée par Jean de Puisch et Pierre Lengrand, la brasserie de Philippe Posteau située hors de la porte de Saint‑Paul, et celle de Mathieu Raucroix installée au moulin de Saint‑Paul[199]. Entre 1662 et 1663, la production totale atteint 2 395 tonnes et demie de bière, un volume qui illustre l’importance économique de ce secteur dans la cité[199]. Le XIXe siècle, particulièrement dans sa seconde moitié, marque l’apogée de l’industrie brassicole binchoise, période durant laquelle les établissements locaux connaissent une activité soutenue et une reconnaissance régionale accrue[199].

Vers le milieu du XIXe siècle, la brasserie Bruere & Cie établit ses installations dans le hameau de Battignies, contribuant à l’essor d’une activité brassicole déjà bien implantée dans la région. Plusieurs autres établissements participent alors au dynamisme du secteur[199]. Parmi eux figure la brasserie Omer Charles, probablement fondée avant 1886 et active jusqu’au début du XXe siècle, ainsi que la brasserie Letellier, frères et sœurs, qui cesse ses opérations à la veille de la Première Guerre mondiale[199]. La brasserie Elie Meunier, créée dans la première moitié des années 1880, connaît plusieurs transformations : en 1903, elle devient la société Elie Meunier‑Rigaumont, puis en 1914 la société Joseph Meunier‑Devergnies[199]. On y produit notamment une « Saison binchoise », bière jeune et pétillante, ainsi que, dès 1900, des Stout, Scotch et Pale Ale inspirées des traditions brassicoles anglaises[199]. L’établissement est couramment désigné sous le nom de brasserie du Sacré‑Cœur, témoignant de son ancrage local et de sa notoriété dans la vie économique binchoise[199].

Au début des années 1870, Jules Paternotte reprend les établissements Pourbaix situés au faubourg Saint‑Paul[Note 20], puis acquiert le moulin à farine voisin afin d’y installer une brasserie‑malterie. Issu d’une famille de brasseurs de Buvrinne, il joue également un rôle notable dans l’économie locale en tant qu’administrateur des verreries de Binche et des laminoirs de Baume[200]. À son décès en 1911, à l’âge de 66 ans, ses fils poursuivent l’exploitation de l’entreprise jusqu’à ce qu’un incendie en provoque la disparition en 1928. La brasserie Leroy, établie rue de Merbes et aussi connue sous le nom de « brasserie Saint‑François », illustre une longue continuité familiale[201]. Son histoire se décline en plusieurs appellations successives : brasserie Leroy jusqu’en 1895, brasserie Leroy‑Brogniez jusqu’en 1906, brasserie‑malterie Hubert Leroy jusqu’en 1930, puis brasserie‑malterie Leroy‑Frères jusqu’en 1954[201]. Outre sa propre production, l’établissement propose une large gamme de bières issues d’autres brasseries. Parmi les spécialités les plus appréciées figurent la Leroy Brune, la Leroy Blonde, la Canette et la Triple‑Blonde, témoignant de la diversité et de la vitalité de la tradition brassicole binchoise[201].

Industrie de la dentelle et du textile

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La dentelle de Binche.

Au cours de la Révolution industrielle, la dentelle binchoise connaît elle aussi une période de prospérité, même si sa production demeure essentiellement artisanale. Vers la fin du XVIIe siècle apparaît vraisemblablement le point de Binche, caractérisé par un assemblage de techniques issues de Gand, Bruges, Valenciennes et d’autres centres dentelliers[202]. Les archives locales de 1738 mentionnent l’existence de treize dentellières actives dans la cité, et l’activité atteint un pic de popularité dans les années 1740 avant de décliner après 1766[202]. Au XIXe siècle, la dentelle retrouve une importance notable : un recensement de 1856 fait état de 1 800 ouvrières travaillant dans ce secteur, témoignant de l’ampleur de cet artisanat dans l’économie locale[203]. À partir de 1862, l’activité dentellière binchoise atteint ses derniers moments de prospérité avant d’entrer dans une phase de déclin rapide. Dans les années qui suivent, environ 400 emplois disparaissent, et en 1866, la main‑d’œuvre ne compte plus qu’un millier de personnes[203]. Le recul s’accentue avec le vieillissement des dentellières : en 1896, elles ne sont plus que six, et en 1912, à peine quatre ou cinq, âgées de 70 à 80 ans. Plusieurs facteurs expliquent cette disparition progressive. L’invention du tulle et des dentelles mécaniques réduit considérablement la nécessité du travail manuel[203]. Les jeunes Binchoises se tournent vers des emplois mieux rémunérés et moins contraignants, tandis que les industries de la chaussure et du textile, en plein essor, renforcent une concurrence qui accélère la disparition de cet artisanat traditionnel[203].

L’essor de l’industrie de la confection à Binche se manifeste véritablement autour de 1850, lorsque Ursmar Deprez ouvre un magasin à l’entrée de la rue de la Gaieté, s’inspirant des premiers commerces d’habillement développés en France sous le règne de Louis‑Philippe[203]. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, ce secteur connaît une expansion rapide qui le place en position de rivaliser, puis de supplanter progressivement l’industrie de la chaussure. Entre 1896 et 1910, le nombre d’entreprises binchoises passe de 54 à 80, signe d’un dynamisme économique marqué[204]. En 1910, les patrons collaborent avec 1 122 ateliers familiaux regroupant 1 799 ouvriers, tandis que seules les structures les plus modestes recourent à une main‑d’œuvre extérieure. Après le ralentissement provoqué par la guerre de 1914‑1918, l’activité reprend rapidement[204]. L’exportation, jusque‑là limitée, gagne en importance grâce à des envois vers la Scandinavie, l’Angleterre, la Suisse et la Hollande, marquant l’ouverture internationale croissante de la confection binchoise[204].

Dans les années 1930, l’industrie de la confection occupe une place dominante dans l’économie binchoise, avec 64 % de la population active employée dans ce secteur. La véritable transformation réside toutefois dans l’introduction progressive de la mécanisation, adoptée dès la fin des années 1920[204]. Les premières machines destinées à coudre les toiles et à piquer les revers, suivies des bancs de machines, amorcent une mutation profonde des méthodes de production. Cette modernisation prend toute son ampleur entre 1937 et 1939, période durant laquelle les ateliers se rééquipent massivement[204]. En 1950, Binche compte vingt‑sept entreprises entièrement mécanisées, marquant l’apogée de cette évolution technique et l’affirmation de la confection comme pilier industriel de la ville[204].

Autres industries et marchés

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À partir des années 1880, les activités industrielles liées aux biens de consommation se diversifient rapidement à Binche. La ville produit alors chaque année près d’un million et demi de kilos de savon mou et environ 45 000 kilos d’huile végétale, témoignant d’un secteur en pleine expansion[197]. Dans ce contexte, le conseiller communal et confiseur Fernand Levie fonde une chocolaterie dans la rue de Fontaine, bientôt surnommée « Unicol »[197]. Les chocolatiers binchois s’attachent à rendre leurs créations particulièrement attractives, tant par leur qualité que par leur présentation. Levie se distingue également par la fabrication d’un pain d’épice réputé pour sa finesse, contribuant à la renommée gourmande de la cité[197]. Binche devient parallèlement un centre de négoce très prisé des éleveurs de chevaux, qui y organisent chaque 16 du mois une foire réputée attirant marchands, acheteurs et curieux venus de la région. Cette tradition mensuelle perdure jusqu’au début des années 1960, témoignant de la vitalité du commerce équin dans la cité, avant de connaître une ultime résurgence en 1980 lors d’une édition spéciale qui marque symboliquement la fin de cette pratique séculaire[197][205][206].

Le voit la création[Note 21] de la Société anonyme Verreries de Binche, dont les administrateurs comptent plusieurs figures industrielles locales, parmi lesquelles les brasseurs Jules Paternotte et Raymond Leroy[207]. En 1904, l’entreprise emploie 343 ouvriers, dont treize femmes, et produit des verres à vitre ainsi que des verres opales destinés à l’exportation, notamment vers le Canada et les États‑Unis[207]. Dans la nuit du au , un incendie ravage une partie des ateliers, fragilisant durablement l’activité. La verrerie ferme définitivement ses portes en 1931, mettant un terme à plus d’un demi‑siècle de présence industrielle dans la cité[207].

Hôpital

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CHU Tivoli : Polyclinique de Binche.

Maisons de repos

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La ville possède des maisons de repos et de soins : Les Récollets, maison de repos et de soins[208], rue de Merbes, Résidence de la Princesse (SPRL Nouvelle Résidence de la Fontaine)[209], rue de la Princesse et Résidence Jeanne Mertens[210], rue du Moulin Blanc.

Tourisme

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L'office du tourisme situé sur la Grand'Place à côté du théâtre.

Office du tourisme, Grand'Place 5[211]. L’Office du Tourisme organise des promenades à pied, des visites guidées et même des activités originales comme des promenades apéritives ou des chasses aux énigmes en ville. Ces moments offrent une façon différente de découvrir Binche, entre patrimoine, histoires locales et bonne ambiance[212].

Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle

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La ville est traversée par la voie Via Gallia Belgica, un des sentiers du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, qui va d'Hélécine jusqu'à Saint-Quentin en France.

Promenades et tourisme vert

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Parc communal de Binche
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Le parc est entouré par les remparts de Binche. Le tour du chemin de ronde au sommet des remparts offre une vue sur la campagne environnante. En haut des remparts, on peut d'observer les vestiges du palais de Marie de Hongrie. Le site a connu un vaste programme de fouilles archéologiques et est classé depuis 1936. On y trouve également la chapelle Saint-André datant du XVIe siècle et du XVIIe siècle, édifice en briques et moellons de grès.

Le Chènoû (marais de Buvrinnes)
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Le palais et les remparts de Binche.

Le site du Chênoû, aussi connu comme le « marais de Buvrinnes » qui couvre 2.5 hectares, est localisé à Buvrinnes à l'est de Binche. Il s'agit d'une zone humide entourée de prairies. Le site est alimenté par plusieurs sources et est traversé par la Samme (ou Princesse). La réserve englobe une friche humide et divers habitats propres aux zones humides. Le marais est également peuplé de vénérables saules et aulnes. On y observe différentes espèces d'oiseaux protégées. Parmi les oiseaux de passage et/ou hivernants, on note la présence de la bécassine des marais du le busard des roseaux et le râle d'eau[213].

Une réserve naturelle domaniale y a été créée en 2019 par convention entre les Cercles des Naturalistes de Belgique et la Commune de Binche[213]. La réserve est classée zone Natura 2000 par la Région wallonne.

Parc Charles Derbaix, avenue Vanderpepen.

Transports et communication

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Plusieurs lignes de bus passent par Binche ; toutes sont exploitées par le TEC Hainaut.

Terminus Jours de service Remarques
E44 Épinois - Mons Lu Ma Me Je Ve Ligne express : desserte uniquement en semaine scolaire (trois fois le matin et trois fois le soir), nombre limité d'arrêts, desserte du P.A.E. de Bray-Péronnes.
21 Binche - Estinnes Lu Ma Me Je Ve Desserte uniquement en semaine scolaire, quatre fois par jour (le matin et le soir) dans chaque direction.
22 Binche - Mons Lu Ma Me Je Ve Sa Di Cadencée en moyenne à la demi-heure en semaine, et à l'heure les week-ends et jours fériés ; une variante dessert l'HELHa en semaine scolaire.
34/ Binche - Givry/Mons Lu Ma Me Je Ve Sa Cadence irrégulière en semaine, et une fois par jour les week-ends et jours fériés ; certains passages sont prolongés jusqu'à Mons.
108 Binche - Erquelinnes Lu Ma Me Je Ve Cadence irrégulière; une variante dessert les localités de Vellereille-les-Brayeux et Merbes-Sainte-Marie dans les deux sens.
132 La Louvière (via Binche) Lu Ma Me Je Ve Sa Cadencée à l'heure la semaine, toutes les deux heures les week-ends et jours fériés ; elle dessert d'abord la commune de Morlanwelz avant de passer par Binche.
133 Idem au niveau de la cadence ; emprunte l'itinéraire du 132 en sens inverse.
136 La Louvière - Anderlues Cadencée à la demi-heure en semaine scolaire, à l'heure en semaine non-scolaire, et toutes les deux heures les week-ends et jours fériés ; une variante dessert la cité Nazareth, à La Hestre, toutes les heures en semaine scolaire. Il s'agit de la seule ligne desservant la localité de Ressaix.
La gare, dont le bâtiment est classé depuis 1978.
Ligne Terminus Jours de service Remarques
IC Binche-Turnhout Lu, Ma, Me, Je, Ve, Di La ligne IC de train (Turnhout-Binche) a 17 stations au départ de Turnhout et se termine à Binche[214].
L Binche-Braine-le-Comte Lu, Ma, Me, Je, Ve La ligne L de train (Braine-le-Comte-Binche) a 8 stations au départ de Braine-le-Comte et se termine à Binche[215].
Intersection des routes nationales 90 et 55(b) à Binche, au croisement de la route de Mons, de l’avenue Charles Deliège et de la rue des Récollets.

La ville est desservie par la Nationale 90 (Mons à Liège) par la Nationale 563 de Gognies-Chaussée à Chapelle-lez-Herlaimont, Binche est aussi desservie par la Nationale 55 (Enghien à Solre-sur-Sambre).

Sports et vie associative

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La commune de Binche abrite aussi de nombreux clubs de sport dans des disciplines diverses :

Infrastructures sportives

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Piscine communale de Binche, rue de la Coopérative, terrain de minifoot et basket, rue de la Coopérative, centre sportif, rue de l'Industrie à Ressaix, hall omnisports de Binche (DBM), rue du Moulin Blanc et stade Aimé Vachaudez, rue du Cœur Dolent.

Evénements sportifs

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Chaque année en octobre se déroule la course cycliste Binche-Chimay-Binche.

Vie associative

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Binche connait un grand nombre d'associations, elles font partie intégrante de la vie de la ville. Bon nombre d'associations n'existent plus actuellement mais portent avec elles une partie de l'histoire locale.

Associations étudiantes

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Union Binchoise des étudiants de Louvain et la Binchoise de Namur.

Jeunesse

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Le Patro du printemps de Buvrinnes, unité scouts BR012, unité Guide HC/01, le Patro de Binche (fermé en 2017) et le Patro Notre-Dame de Leval.

Vie folklorique

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L'ADF (association pour la défense du folklore) la jeune garde libérale, la royale jeunesse catholique, la jeunesse socialiste, l'ADL (association de défense du Lundi Gras), Les Chics types, Les Ladies.

Orchestres et fanfares

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Société royale les Pélissiers, la philharmonie binchoise « En Avant », et la fanfare royale les Chasseurs.

Histoire

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La SAAMB (Société d'archéologie et des Amis du Musée de Binche), 1549 et la compagnie des Hallebardiers.

Ordres civils

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L'ordre de Marie de Hongrie.

Personnalités liées à Binche

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Notes et références

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  1. Binchou en dialecte local (Ibid.)
  2. La première dynastie comtale fut celle des Régniers, suivie par la lignée des Baudouin. Sous ces derniers, le comté connut une phase d’expansion remarquable : Baudouin IV, souvent désigné comme le Bâtisseur, et Baudouin V, connu pour son courage, consolidèrent l’autorité comtale et étendirent son territoire. Leur gouvernement se distingua par un programme soutenu de fortification, qui transforma la région en un ensemble stratégique de places fortes et affirma durablement la puissance politique du comté (Dehon 2009, p. 3).
  3. Le nom d'origine de la Province de Hainaut actuelle (Delmelle 1972, p. 34).
  4. La portion la plus ancienne du système défensif s’élève sur un éperon rocheux que la Samme encercle presque entièrement. Elle correspond aux segments méridionaux de l’enceinte urbaine, formant à l’origine un périmètre réduit destiné à protéger le noyau primitif de l’agglomération. Cette première ceinture fortifiée se refermait à l’extrémité de la Grand’Place par une porte connue sous le nom de Notre‑Dame, qui constituait l’un des accès majeurs à la ville médiévale (Dehon 2009, p. 4).
  5. La porte Saint-Paul a été démolie en 1837 (Piret 2000, p. 9).
  6. La prévôté de Binche formait une circonscription étendue, regroupant la ville elle‑même ainsi qu’un ensemble de quarante‑sept villages. Cet espace administratif couvrait près de trente mille hectares, constituant l’un des territoires les plus vastes et les plus structurés de la région, où s’exerçaient les compétences judiciaires, fiscales et seigneuriales de la prévôté (Dehon 2009, p. 6).
  7. Son surnom serait issu de son apparence, évoquant celle d’un ours, caractéristique qu’on lui attribuait dès sa naissance. Cette étymologie, fondée sur une tradition orale plutôt que sur des sources écrites, illustre la manière dont les communautés médiévales associaient souvent un nom à une particularité physique marquante (Cordier 2000, p. 170).
  8. Le site prit le nom de son propriétaire, Samuel Bette, et finit par être désigné dans l’usage courant sous l’appellation de « Caves Bette ». Cette dénomination populaire s’imposa après que Bette eut réaménagé les lieux en entrepôt destiné à son commerce de denrées coloniales durant l’entre‑deux‑guerres du XXe siècle, transformant ainsi un espace ordinaire en point névralgique de ses activités marchandes (Dehon 2009, p. 41).
  9. Vers le milieu du XVIe siècle, sous l’autorité de Marie de Hongrie, Binche traverse une phase de dynamisme remarquable. La ville bénéficie alors d’investissements politiques et économiques qui renforcent son statut au sein du comté de Hainaut, au point d’être comptée parmi les « bonnes villes », c’est‑à‑dire les centres urbains considérés comme les plus influents et les mieux dotés du territoire. Cette période marque l’affirmation de Binche comme pôle administratif et culturel, soutenu par la présence de la gouvernante et par une politique de valorisation urbaine (Dehon 2009, p. 5).
  10. Entre-temps, Philippe II avait succédé à Charles Quint (Delmelle 1972, p. 67).
  11. L'actuelle avenue Charles Deliège.
  12. Le drapeau porté par les volontaires de 1830 est aujourd’hui conservé dans la salle du conseil de l’hôtel de ville, où il est présenté comme un témoignage matériel des engagements locaux durant les événements qui ont conduit à l’indépendance de la Belgique. Sa présence dans ce lieu institutionnel souligne la valeur mémorielle accordée à cet emblème, devenu un symbole civique de la participation binchoise au mouvement révolutionnaire (Cordier 2000, p. 179).
  13. Au cours de la campagne de restauration, la Commission royale des Monuments et des Sites a dégagé l’église des constructions annexes qui l’enserraient depuis le XIXe siècle, en particulier du côté du parc. Cette opération a permis de restituer la lisibilité architecturale du bâtiment et de rétablir son rapport direct avec l’espace environnant. Dans ce même mouvement, le presbytère édifié en 1822, considéré comme une adjonction tardive altérant la perception du monument, a été démoli afin de rendre à l’édifice son volume originel (Dehon 2009, p. 30-31).
  14. Situation du couvent (50° 24′ 45,3″ N, 4° 10′ 01,8″ E ).
  15. Situation de l'ancien prieuré (50° 24′ 20,3″ N, 4° 11′ 15,5″ E ).
  16. Elle se situe à Bray dans le quartier de Levant-de-Mons.
  17. Surnommé « Pont à Bouzarte », l’ouvrage se trouve dans le faubourg Saint‑Jacques et appartient à un type architectural peu fréquent. Il s’agit d’un pont‑barrage, vraisemblablement édifié au XVIIIe siècle, venu remplacer une structure en bois déjà attestée au Moyen Âge. Son appellation dérive d’une famille établie à proximité, dont le nom s’est imposé dans l’usage local. Situé au point de rencontre des ruisseaux de l’Abbaye et de la Samme, l’ouvrage remplissait une fonction hydraulique essentielle : comme le pont Saint‑Paul, il permettait de moduler le débit de la Samme grâce à un système de vannes fermant les pertuis, assurant ainsi la régulation des eaux dans ce secteur de la ville (Delmelle 1972, p. 44).
  18. La poterne à arc brisé constituait un accès direct vers le château, assurant une liaison discrète mais essentielle entre l’enceinte urbaine et la résidence seigneuriale. À proximité immédiate, la porte dite du Posty conserve le souvenir d’un épisode militaire marquant : en 1578, les troupes du duc d’Alençon franchirent ce passage pour s’emparer de la ville, événement qui a durablement inscrit ce lieu dans la mémoire locale (Delmelle 1972, p. 41).
  19. Le socle constitué de schiste et de psammites, sur lequel s’élèvent les remparts dans le faubourg du Posty, éclaire l’origine du nom « Roquette » autrefois attribué à ce quartier. Cette appellation renvoyait à la nature rocheuse du terrain, caractéristique suffisamment marquée pour façonner la toponymie locale. Aux XIIe et XIIIe siècles, ce secteur formait par ailleurs le fief du châtelain, ce qui lui conférait une importance particulière dans l’organisation seigneuriale de la ville médiévale (Delmelle 1972, p. 39).
  20. Une partie importante des installations de la brasserie d’André Pourbaix occupait autrefois plusieurs bâtiments du secteur, au point d’intégrer même une tour des anciens remparts. Cette présence industrielle au cœur d’un ensemble médiéval illustre la manière dont certaines structures défensives ont été réutilisées au fil du temps, adaptées aux besoins économiques plutôt qu’à leur fonction originelle (Piret 2000, p. 14).
  21. Elle se situait en bordure de la voie ferrée, directement en face de la gare, occupant ainsi une position stratégique au sein du paysage urbain. Cette implantation, typique des infrastructures industrielles du XIXe et du début du XXe siècle, facilitait l’acheminement des marchandises et renforçait le rôle logistique du site dans l’activité économique locale (Glotz 1973, p. 36).

Références

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Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • Frédéric Chantinne, « Réflexions sur les origines du château et de la ville de Binche », dans Trulla et cartæ, Liber discipulorum et amicorum in honorem Michel de Waha, Bruxelles, Le Livre Timperman (lire en ligne), p. 61-76
  • Frédéric Cordier, Binche, 2000 ans d'Histoire, Jumet, iph Editions, , 195 p. (ISBN 2-930336-01-3)
  • Norbert Delporte, Binche et sa région à travers les Âges, Administration communale de Binche,
  • Didier Dehon, Le patrimoine de Binche, Namur, Institut du Patrimoine wallon, coll. « Carnets du patrimoine » (no 55), , 48 p. (ISBN 978-2-930466-69-9)
  • Didier Dehon et al., Le patrimoine de la ville de Binche, Namur, Institut du Patrimoine wallon, coll. « Carnets du Patrimoine » (no 176), , 2e éd., 64 p. (ISBN 978-2-39038-212-6)
  • Joseph Delmelle, Binche la cité des gilles, La Madeleine-lez-Lille, Éditions Actica, , 143 p.
  • Eugène Derbaix, Binche, Union des Imprimeries,
  • Roland Ed., « Une église au Moyen Âge, Notre-Dame à Binche (1363-1413) », Documents et rapports de la Société royale d'archéologie et de paléontologie de Charleroi, t. XLIX, 1951-1954, p. 153-193
  • Samuel Glotz, Binche en cartes postales anciennes, Zaltbommel, Bibliothèque Européenne, , 76 p.
  • Marc Lefebvre, Connaissez-vous Binche ?, Imprimerie du Centre,
  • Théophile Lejeune, Histoire de la Ville de Binche, Editions Winance-Nachtergaele-Binche,
  • Etienne Piret, Binche, son Histoire par les monuments, Librairie de la Reine,
  • Etienne Piret, Le Grand Binche, Alan Sutton, coll. « Mémoire en images », , 128 p. (ISBN 2-84253-363-1)
  • Etienne Piret, Binche, t. II, Tempus, coll. « Mémoire en images », , 128 p. (ISBN 2-84253-383-6)
  • Etienne Piret, Le Grand Binche, t. 3, Tempus, coll. « Mémoire en images », , 128 p. (ISBN 978-90-76684-96-3)

Liens externes

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