Thudinie
La Thudinie est une région naturelle du Hainaut, en Région wallonne de Belgique, caractérisée par la vallée de la Sambre entre Charleroi et la frontière française, et formant la partie sud-est de la région limoneuse hennuyère.
Le centre en est la ville de Thuin. On considère généralement qu'elle englobe les communes d'Erquelinnes, Ham-sur-Heure-Nalinnes, Lobbes, Merbes-le-Château, Montigny-le-Tilleul et Thuin[1]. Elle est globalement délimitée par la vallée de l'Eau d'Heure à l'est et par l'extrémité occidentale du Condroz et la Fagne au sud.
Informations essentielles
| Thudinie | ||
Vue panoramique de Lobbes en Thudinie. | ||
| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Région | ||
| Province | ||
| Géographie | ||
| Coordonnées | 50° 20′ 49″ nord, 4° 15′ 11″ est | |
| Localisation | ||
| Géolocalisation sur la carte : Belgique
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Géographie
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La Thudinie forme un petit ensemble géographique cohérent du sud‑ouest de la Wallonie, structuré par la vallée moyenne de la Sambre et par les plateaux limoneux qui l’encadrent. Cette région, centrée sur Thuin, s’étend entre Charleroi et la frontière française et regroupe traditionnellement les communes d’Erquelinnes, Ham‑sur‑Heure‑Nalinnes, Lobbes, Merbes‑le‑Château, Montigny‑le‑Tilleul et Thuin. Elle appartient à la frange sud‑est de la région limoneuse hennuyère, dont elle partage les sols fertiles et les paysages ouverts, mais se distingue par un relief plus contrasté lié à l’encaissement de la Sambre. Celle‑ci décrit un couloir naturel orienté d’est en ouest, où elle a creusé des vallées profondes et dissymétriques, comme à Thuin où l’altitude varie de 103 mètres au niveau de l’abbaye d’Aulne à plus de 200 mètres sur le plateau de Gozée.
Les plateaux qui dominent la vallée présentent un paysage largement agricole, ponctué de villages installés sur les replats ou en bordure de versants. Les sols y sont majoritairement limoneux, favorables aux cultures, tandis que les versants plus abrupts conservent un couvert forestier important. La Sambre et son affluent la Biesmelle ont façonné non seulement le relief mais aussi l’implantation humaine : les abbayes de Lobbes et d’Aulne, établies sur des promontoires dominant la rivière, illustrent cette adaptation au terrain.

La Thudinie occupe une position charnière entre plusieurs ensembles naturels. À l’est, la vallée de l’Eau d’Heure marque la transition vers les reliefs plus accidentés du sud de l’Entre‑Sambre‑et‑Meuse ; au sud, les premières ondulations du Condroz et de la Fagne introduisent des terrains plus calcaires et des paysages plus vallonnés. Vers le nord, les plateaux s’ouvrent progressivement vers la plaine hennuyère, plus uniforme et moins boisée. Cette situation explique la diversité géomorphologique de la région, où alternent zones humides liées aux cours d’eau, versants boisés et espaces agricoles ouverts.
La morphologie urbaine de Thuin reflète particulièrement cette géographie contrastée : la ville haute, perchée sur un éperon dominant la Sambre, se distingue par ses jardins en terrasses, tandis que la ville basse s’étend dans le fond de vallée. Les voies de communication suivent naturellement les vallées, renforçant le rôle de la Sambre comme axe structurant, tant pour la navigation que pour le développement ferroviaire et routier.
Liste des localités de la Thudinie
modifier- Bienne-lez-Happart
- Biesme-sous-Thuin
- Biercée
- Bersillies-l'Abbaye
- Cour-sur-Heure
- Donstiennes
- Erquelinnes
- Fontaine-Valmont
- Grand-Reng
- Gozée
- Ham-sur-Heure
- Hantes-Wihéries
- Jamioulx
- Labuissière
- Landelies
- Leers-et-Fosteau
- Lobbes
- Marbaix-la-Tour
- Merbes-le-Château
- Montigny-le-Tilleul
- Montignies-Saint-Christophe
- Nalinnes
- Ragnies
- Sars-la-Buissière
- Solre-sur-Sambre
- Strée
- Thirimont
- Thuillies
- Thuin[2]
Histoire
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Une occupation préhistorique est attestée dans la région de Montigny‑le‑Tilleul grâce à plusieurs découvertes archéologiques. La « Pierre de Zeupire », un mégalithe en grès landénien situé sur la route de Beaumont, est considérée comme le vestige d’un ensemble de trois menhirs probablement érigés au IIIe millénaire av. n. è. selon des hypothèses récentes[3]. Dans le hameau de Genly à Montigny-le-Tilleul, une grotte (aujourd'hui disparue) de la rive droite de la Sambre a livré des restes humains et animaux du Quaternaire, dont des ossements d’ours des cavernes, de rhinocéros, de loup, d’hyène, de cervidés et de proboscidiens[4]’[5],[6]. Les fouilles ont également mis au jour des outils en silex racloirs, éclats, assommoirs témoignant d’une présence humaine très ancienne, confirmée par un fémur comparable à celui de l’Homme de Spy[4]. Des objets de l’âge de la pierre ont aussi été trouvés dans le bois Goffin. La disparition de la faune locale est attribuée aux variations climatiques extrêmes du Quaternaire. Une tradition locale évoque enfin l’existence de deux menhirs à Genly, autour desquels auraient été célébrés des rites saisonniers liés au retour du printemps[7].

L’occupation humaine du site de Thuin remonte à plusieurs millénaires, favorisée par une topographie offrant des positions naturelles défensives. Un plateau d’une quinzaine d’hectares, entaillé par la Biesmelle et le Ry de la Goulette, ainsi qu’un promontoire rocheux dominant le confluent de la Biesmelle et de la Sambre, constituaient un ensemble stratégique situé sur l’axe du sillon Sambre–Meuse[8]. Entourés de cours d’eau, de zones humides et de terres fertiles riches en ressources, ces reliefs ont permis l’installation durable de communautés qui ont progressivement fait du lieu une place forte dont la fonction militaire s’est prolongée jusqu’à l’époque moderne[8]. Le paysage actuel, resté largement préservé, conserve les marques de cette longue évolution du peuplement dans la structure même du terrain[8].
La commune de Thuin présente de nombreux indices d’occupation préhistorique et antique. Des fouilles réalisées lors l’aménagement de la nationale 59 ont livré des fossiles, dont des dents de rhinocéros à narines cloisonnées et de chevaux sauvages[9]. Le bois du Grand Bon Dieu conserve les traces d’un ancien retranchement préhistorique[10] réutilisé au Moyen Âge, parfois associé à un oppidum attribué aux Aduatuques[11]. Sur le plateau dominant la Biesmelle, une nécropole gallo‑romaine d’environ soixante-dix sépultures, datée entre le IIᵉ et le IIIe siècle, a révélé poteries funéraires et fibules, suggérant l’existence d’un petit vicus lié aux activités de batellerie au confluent de la Sambre et de la Biesmelle[12]. La région correspondait au territoire des Nerviens, peuple celtique dont l’oppidum principal occupait plusieurs éperons dominant les vallées locales. Des vestiges de remparts en terre et en pieux, ainsi que des levées encore visibles au Bois du Grand Bon Dieu et à La Celle, témoignent d’un système défensif étendu couvrant plus de cent hectares[13]. Dans les années 1980, la découverte d’un dépôt de statères en or et en électrum, datés du Ier siècle av. n. è., a renforcé l’hypothèse d’un centre nervien important dans la région[14],[11]. Ce contexte est parfois rapproché de la bataille du Sabis, affrontement décrit par Jules César en 57 av. n. è., dont la localisation exacte demeure discutée[15]. Après la conquête romaine, la capitale nervienne fut transférée à Bavay, et les voies romaines évitèrent ensuite systématiquement le secteur de Thuin[16]. La vallée de la Haute‑Sambre a livré plusieurs établissements gallo‑romains, dont une vaste villa découverte en 2005 à Merbes‑le‑Château, comprenant un corps de logis important, des thermes et des annexes agricoles[17], ainsi que divers objets métalliques et une bourse de monnaies[18]. À Fontaine‑Valmont, des vestiges d’un complexe sacré avec thermes et temples, datés du début de l’époque romaine, ont été mis au jour en 1954. Au haut Moyen Âge, la région connaît une transition progressive entre structures antiques et médiévales. Déjà marquée par des implantations germaniques, elle voit se mêler populations gallo‑romaines et groupes venus du Rhin, donnant naissance à une culture mêlant traditions romaines, germaniques et chrétiennes. Ce contexte favorise l’essor de centres religieux tels que Lobbes, Aulne, La Celle ou Le Moustier, et l’apparition des premières paroisses et écoles, notamment celle fondée par l’abbé Anson vers 797 à Lobbes[19]. Thuin, située entre Neustrie et Austrasie, acquiert une importance stratégique durable. Les moines de Lobbes y établissent une fortification-refuge, mentionnée dans le polyptyque de 868‑869 sous les noms Thudiniacum castrum ou Thudinium castellum. La forteresse résiste aux attaques normandes de 866 et 881, puis à celles des Huns en 955, épisode marqué par une résistance réputée héroïque des moines retranchés dans l’église supérieure[20].

Au printemps 882, le prince‑évêque Francon, également abbé de Lobbes, trouve refuge dans la forteresse de Thuin lors des incursions normandes. La tradition savante associe à cet épisode la composition de la Cantilène de sainte Eulalie, souvent considérée comme le premier texte littéraire en langue française, ainsi que du Ludwigslied en allemand et d’un poème latin, œuvres longtemps attribuées à Saint‑Amand mais probablement rédigées à Thuin pour soutenir la résistance locale[21]. Épargnées par les destructions, Thuin et Lobbes gagnent en influence : en 889, Francon obtient la seigneurie des deux localités, consolidant un noyau d’autorité lié au pouvoir liégeois. Vers 900, il fonde près du château un chapitre dédié à Sainte‑Marie et Saint‑Théodard, auquel son successeur Eracle ajoute une école[22]. La vallée de la Sambre accueille dès le VIIe siècle un ensemble remarquable de fondations monastiques : outre Lobbes, s’y établissent Maroilles, Hautmont, Maubeuge, Aulne initialement simple oratoire dépendant de Lobbes ainsi que Fosses-la-Ville, Moustier et Malonne. Ces établissements, touchés au IXe siècle par les raids normands, sont suivis de nombreuses autres fondations religieuses qui contribuent à un morcellement politique durable[23]. À l’époque mérovingienne, la Haute‑Sambre appartient au pagus du Hainaut, tandis que l’aval de la rivière relève du pagus de Lomme, futur comté de Namur. Les évêques de Liège étendent progressivement leur influence en intégrant à leurs domaines Lobbes, Leernes et Aulne[24]. Au XVIIe siècle, Thuin est impliquée dans les conflits européens. En 1654, les troupes espagnoles du prince de Condé assiègent la ville sans succès ; le Spantôle, ancienne pièce d’artillerie aujourd’hui emblématique, est traditionnellement associé à cet épisode bien que son origine soit antérieure[25]. À Biercée, la guerre de la Ligue d’Augsbourg, déclenchée par la révocation de l’édit de Nantes, entraîne des dévastations liées aux affrontements entre les puissances coalisées contre Louis XIV. À la fin du XVIIIe siècle, la révolution liégeoise atteint Thuin[26]. Le , le Magistrat traditionnel est renversé au profit d’une municipalité révolutionnaire menée par Pierre Mengal et Constant Bataille, issus des quartiers populaires. Les mesures de contrôle du commerce des grains provoquent des tensions avec les ruraux, organisés autour du fermier Noël Losseau, dont la milice affronte les bandes urbaines et bombarde certains quartiers en 1790[27]. Après dix‑huit mois de troubles, l’ancien Magistrat est rétabli en , jusqu’à l’invasion française de 1792[28]. Le , les troupes françaises, accompagnées de patriotes thudiniens, incendient les abbayes de Lobbes et Aulne, détruisant archives et ouvrages anciens. La population est contrainte de porter la cocarde tricolore, les églises sont réquisitionnées, et les cloches du beffroi sont fondues pour l’artillerie[29].

Le , les troupes françaises, accompagnées de patriotes thudiniens, incendient les abbayes de Lobbes et d’Aulne, détruisant archives et ouvrages anciens. Dans la ville, les autorités révolutionnaires imposent le port de la cocarde tricolore, réquisitionnent l’église de la ville basse comme dépôt militaire et saccagent celle de la ville haute. Les cloches du beffroi sont emportées pour être fondues en matériel d’artillerie[30]. Le 10 mai, les forces du général Marceau prennent Thuin, tandis que la citadelle de Charleroi capitule le après plusieurs jours de bombardements et sous la menace d’exécutions de prisonniers. Le lendemain, les troupes autrichiennes tentent une contre‑offensive qui débouche sur la bataille de Fleurus, affrontement majeur des guerres révolutionnaires réunissant près de 100 000 combattants[31]. Les Français y utilisent pour la première fois une observation aérienne par ballon, permettant de suivre les mouvements ennemis. Le retrait autrichien marque la fin de la domination des Habsbourg sur les Pays‑Bas autrichiens[31]. Dans Thuin comme dans le reste du territoire conquis, l’administration révolutionnaire s’installe rapidement : les lois françaises s’appliquent, les biens des personnes ayant fui sont confisqués et la population doit répondre à de nombreuses réquisitions[31]. Un emprunt forcé est imposé pour financer la guerre, tandis que la conscription oblige les hommes de 20 à 25 ans à servir dans les armées engagées sur plusieurs fronts, de l’Europe centrale à l’Égypte. Une grande partie de ces conscrits ne revient pas, et nombre de survivants rentrent invalides ou malades[31]. Ces contraintes réquisitions, confiscations, emprunts et service militaire provoquent famine, misère et un profond mécontentement, la conscription étant perçue comme une atteinte directe aux libertés et à l’équilibre économique local[31].

À partir de 1812, la Grande Armée souffre d’un manque croissant d’effectifs, entraînant l’incorporation d’hommes mariés et un durcissement des sanctions contre les déserteurs. Les régions occupées, dont la zone thudinienne, subissent une misère grandissante. La campagne de Russie, marquée par une retraite catastrophique, décime les troupes : près de Vilnius, environ 40 000 soldats périssent sans combat, victimes du froid, de la faim et d’attaques locales[32]. Napoléon quitte alors l’armée, regagne Paris, puis est destitué et envoyé à l’île d’Elbe. Dans la région de Thuin, la fin de 1813 est marquée par la famine et les troubles. L’effondrement de l’Empire conduit au départ des derniers soldats français le , suivis le lendemain par une brève occupation cosaque. Le premier traité de Paris () redéfinit les frontières, laissant certains cantons voisins à la France[33]. Après sept siècles d’appartenance liégeoise et plus de vingt ans d’administration française, la région se retrouve affaiblie et isolée avant d’être intégrée au royaume des Pays‑Bas, décision accueillie avec résignation dans un désir de stabilité. Le , Napoléon, revenu au pouvoir durant les Cent‑Jours, se trouve à Jamioulx, d’où il ordonne au général Reille de franchir la Sambre et de se déployer vers la chaussée de Bruxelles, tandis que le général Drouet d’Erlon reçoit l’ordre de passer la rivière à Marchienne-au-Pont pour soutenir le 2e corps[34]. Le même jour, le combat de Ham‑sur‑Heure oppose l’avant‑garde française du général Pajol aux troupes prussiennes du général von Ziethen : une charge de cavalerie française force les Prussiens à abandonner le passage et à évacuer Charleroi[33]. L’évasion de Napoléon de l’île d’Elbe, le , permet la reconstitution d’une armée de plus de 100 000 vétérans. Dès avril, les Prussiens prennent garnison à Thuin. Le , Napoléon est à Beaumont, tandis que le maréchal Ney et le général Reille cantonnent autour de Leers‑et‑Fosteau[35]. Après la bataille de Waterloo, les survivants français refluent vers la France en traversant Thuin le . Le lendemain, les Prussiens réoccupent la région. Le second traité de Paris () restitue à la Belgique plusieurs cantons voisins et inaugure la période hollandaise sous Guillaume d’Orange, conformément aux décisions du Congrès de Vienne[36].

Au début du XIXe siècle, l’usine sidérurgique de Hourpes se distingue par l’installation, en 1826, du premier haut fourneau de l’Europe continentale, réalisé sous la direction de l’ingénieur britannique Thomas Bonehill, alors au service du roi Guillaume 1er[38]. À la même époque, Victor Hugo séjourne dans un relais de poste nommé Tournebride, où il réalise une esquisse du château du Fosteau[39]’[40]. Durant l’été 1914, la région de Thuin est encerclée par des combats intenses sans que la ville ne soit directement atteinte, ce qui préserve son patrimoine médiéval contrairement à de nombreuses localités belges dévastées au début du conflit. Le , la procession dédiée à Notre‑Dame d’el Vaux rassemble une population inquiète face à l’avancée des troupes allemandes. L’événement, interprété par certains comme protecteur, conduit le chanoine Hector Dupont à diffuser de petites effigies de la statue romane de la Vierge, conservées ensuite dans de nombreuses familles[41]. Les affrontements d’ à Lobbes s’inscrivent dans la bataille de Charleroi, elle‑même intégrée à la bataille des Frontières. Les troupes françaises franchissent la frontière belge le et se heurtent aux forces allemandes autour de la Sambre et du plateau d’Heuleu, où les combats culminent le près de la ferme Philémon[42]. En , l’offensive allemande entraîne un exode massif dans l’Entre‑Sambre‑et‑Meuse. Thuin, Lobbes et plusieurs villages voisins subissent des bombardements visant infrastructures ferroviaires et quartiers habités, provoquant de nombreuses victimes parmi les civils en fuite[43]’[44]. Les ponts de la Sambre sont détruits par l’armée française pour ralentir l’avancée ennemie[45]. Le , les troupes allemandes entrent dans une ville largement désertée. L’occupation qui suit, marquée par la présence de la Kommandantur et la réorganisation administrative, voit l’intensification des activités de résistance à partir de 1942, notamment en réaction au travail obligatoire imposé en Allemagne[45]. À Lobbes, l’invasion du provoque une fuite généralisée[46], renforcée par le bombardement de convois de réfugiés le 23 mai. La mobilisation ayant vidé la commune de ses jeunes hommes, la capitulation rapide de l’armée belge met fin à tout espoir de défense prolongée[47]. En , un missile V1 s’abat sur Biercée, détruisant l’église, le presbytère, la maison communale et les écoles. Malgré l’ampleur des dégâts, seules quelques personnes sont légèrement blessées[48]. Les bâtiments publics sont reconstruits après la guerre, l’église et le presbytère en 1955, puis la maison communale et les écoles en 1956[48].

Le projet de liaison routière N54 entre Lobbes et Erquelinnes constitue l’un des chantiers d’infrastructure les plus anciens et les plus débattus du sud du Hainaut. Imaginé dès les années 1980, il vise à compléter l’axe structurant reliant la frontière française à l’agglomération de Charleroi, en supprimant le « chaînon manquant » qui oblige encore aujourd’hui le trafic de transit à traverser les centres de plusieurs communes, notamment Merbes‑le‑Château, Lobbes, Thuin et Beaumont. Le projet a connu de longues périodes d’immobilisme, mais a franchi depuis 2026 plusieurs étapes décisives, devenant une priorité du gouvernement wallon[49]. Conçu comme une route à 2×1 voie et d’une longueur comprise entre 11 et 14 kilomètres selon les sources, le tracé doit relier la N54 existante à Erquelinnes à celle de Lobbes. Son coût global est estimé à un peu plus de 70 millions d’euros, financés intégralement par la SOFICO, qui a approuvé en 2026 le lancement des études globales. Celles‑ci comprennent l’actualisation des données de mobilité, les inventaires environnementaux, les essais géotechniques, les études de génie civil, ainsi que la préparation des dossiers d’expropriation et des demandes de permis[50]. La réalisation est envisagée en trois tronçons successifs : d’abord entre Erquelinnes et la N55 à Merbes‑le‑Château, ensuite entre la N55 et la rue de Binche à Lobbes, enfin entre cette dernière et la N54 existante. Chaque tronçon inclut l’étude d’ouvrages d’art, de franchissements de cours d’eau, d’aménagements cyclables et de dispositifs de gestion des eaux pluviales. Une attention particulière est portée aux voiries communales et aux chemins agricoles, afin de limiter les impacts sur l’activité rurale et de maintenir la cohérence du maillage local[50]. Le gouvernement wallon a également activé un droit de préemption sur les communes concernées, afin de faciliter l’acquisition des terrains nécessaires, et envisage des mesures de remembrement agricole pour réduire les effets de coupure sur les exploitations. Les autorités locales, notamment à Merbes‑le‑Château et Lobbes, voient dans cette infrastructure un moyen de réduire les nuisances liées au trafic de transit, d’améliorer la fluidité des déplacements vers Charleroi et de renforcer l’attractivité économique du territoire[51]. L’échéancier actuellement évoqué prévoit une demande de permis autour de 2028 et un début des travaux en 2029, marquant la concrétisation d’un projet resté pendant plus de quarante ans à l’état de dossier[49].
Patrimoine et culture
modifierPatrimoines et sites remarquables
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Erquelinnes
modifierHam-sur-Heure-Nalinnes
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Cour-sur-Heure
modifierLe château-ferme bâti au date du XVIe et XVIIe siècles[56].
Ham-sur-Heure
modifierLe château, bâti au XIe siècle et plusieurs fois remanié[57], le château appartenait au comte d'Oultremont, aujourd'hui il est devenu la maison communale. L'église Saint-Martin, style néo-gothique construite en 1876 à 1881[58] et la chapelle Saint-Roch, bâtie en 1638[59].
Jamioulx
modifierNalinnes
modifierL'église de la Visitation et le kiosque qui date de 1907[62].
Lobbes
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La collégiale Saint-Ursmer, la portelette datant de la fin du XVIIe siècle en style baroque[63], la ferme de l'ancienne l'abbaye construite sous l'abbatiat de Théodulphe Barnabé[64].
Merbes-le-Château
modifierL'église Saint-Martin, bâtie au XIIIe siècle[65].
Montigny-le-Tilleul
modifierThuin
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Le beffroi, À l'emplacement d'un ancien beffroi effondré quelques décennies auparavant, le beffroi actuel, édifié dans la première moitié du XVIIe siècle, est un vestige de la collégiale des Saints-Lambert et Théodard, démolie en 1811[68]. L'église Notre-Dame du Val, ancienne propriété de l'abbaye de Lobbes, fondée au VIIIe siècle grâce à ses fonds, elle passe ensuite sous l'autorité de la collégiale de Lobbes, devenue auxiliaire de la collégiale Saint-Théodard de Thuin en 1494. Après la Révolution française, l'église devient paroissiale en 1803. D'origine romane, elle est transformée dans un style gothique au XVIe siècle[69]. Le Spantôle (canon) et de nombreux édifices construits durant les siècles, comme le couvent des Sœurs Grises et la chapelle Sainte-Élisabeth, l'église désacralisée Notre-Dame des Carmes, l'hôtel des postes, l'ancien collège des Oratoriens, etc., voir Thuin - Patrimoine architectural.
Gozée
modifierL'abbaye d'Aulne, ancienne abbaye cistercienne fondée en 667 et détruite pendant la révolution française. La pierre de Zeupire, mégalithe qui se situe route de Beaumont, la ferme de Baudribu, propriété de l'abbaye d'Aulne dès le XIIe siècle jusqu'à la Révolution française[70].
Leers-et-Fosteau
modifierLe château du Fosteau, date du XIIIe siècle[71] ; aujourd'hui musée de la pharmacie.
Ragnies
modifierLa Distillerie de Biercée, installée dans la ferme de la Court, bâtisse datant des XIIIe, XVIIIe et XIXe siècles[72].
Thuillies
modifierCulture et folklore
modifierLe folklore de la Thudinie se distingue par un ensemble de traditions profondément enracinées dans l’histoire religieuse, militaire et villageoise de la vallée de la Sambre. Il s’articule autour de rites processionnels, de carnavals locaux et de récits légendaires qui témoignent d’une identité régionale ancienne et cohérente. La manifestation la plus emblématique est la marche Saint‑Roch de Thuin, inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Cette marche militaire, dont l’origine remonte à un vœu formulé après l’épidémie de choléra de 1866, mobilise chaque troisième week‑end de mai des compagnies en uniforme sapeurs, grenadiers, zouaves, pompiers, mousquetaires qui escortent la statue du saint dans un défilé rythmé par les tambours, les tirs de « campes » et les salves de mousqueterie. Le cortège, très codifié, constitue un moment solennel où la ville entière se rassemble autour d’un cérémonial transmis de génération en génération[75],[76].
Dans les communes voisines, d’autres traditions complètent ce patrimoine immatériel. À Lobbes, le carnaval constitue un événement majeur du début du printemps. Il met en scène des personnages uniques en Belgique, tels que les Nonancourts musiciens costumés interprétant des airs de manière volontairement décalée ou encore les Hottes, une confrérie fondée en 1910, à l’origine du personnage du Lobbain, figure carnavalesque représentant une grand‑mère portant un homme dans son sac. Le carnaval se déroule sur plusieurs jours, alternant danses traditionnelles, cortèges, brûlage symbolique d’effigies et rassemblements des différentes guildes[77].
Le folklore thudinien s’enracine également dans des récits légendaires transmis par les communautés monastiques et villageoises. Lobbes conserve par exemple la mémoire du siège de 955, lorsque les Magyars auraient été miraculeusement repoussés après l’apparition de deux colombes et une pluie torrentielle qui aurait dévalé la colline jusqu’à la Sambre. Ce récit, encore évoqué dans la tradition locale, illustre la place des croyances protectrices et des interventions surnaturelles dans l’imaginaire régional[78].
Carnavals
modifierParmi les carnavals dans la région ont note notamment : le grand feu à Gozée qui se tient le samedi qui suit le mardi gras[79]; le carnaval de Biercée qui se tient en avril[80]; le carnaval de Merbes-le-Château[81]; le carnaval de Merbes-Sainte-Marie[82]; le carnaval de Bienne-lez-Happart[83]; le carnaval de Mont-Sainte-Geneviève[84]; carnaval d'Erquelinnes[85]; carnaval de Grand-Reng[86]; carnaval de Sars-la-Buissière[84]; carnaval de Montigny-le-Tilleul[87]; carnaval de Marbaix-la-Tour[88] et le carnaval de Beignée[89] à Ham-sur-Heure.
Marches folkloriques
modifierParmi les marches folkloriques de l'Entre-Sambre-et-Meuse en Thudinie, on trouve notamment : la Marche Saint-Médard, Solre-sur-Sambre, le 2e dimanche du mois de juin[90]; marche Saint-Roch à Thuin tous les 3e dimanches de mai ; marche Saint-Véron se déroule chaque année le troisième dimanche de septembre[91] cette marche a été créée en 2022[92] à Ragnies ; Marche Saint-Jean-Baptiste à Cour-sur-Heure qui est fêté le dimanche le plus proche du [90]; Marche Notre-Dame de Bon Secours à Nalinnes chaque deuxième week-end du mois de juillet ; Marche Saint-Christophe à Marbaix-la-Tour qui se déroule chaque année le dernier dimanche de juillet[93]; Marche Saint-André à Jamioulx a lieu chaque année au mois d'août[90] et les marches de Saint-Roch le dimanches qui suit le et du Bienheureux Richard de Sainte-Anne qui se déroule le dimanche ou le suivant[90] à Ham-sur-Heure.
- Marche Saint-Roch de Thuin.
- Marche Saint-Roch, Ham-sur-Heure.
- Marche Saint-Christophe, Marbaix-la-Tour.
- Marche Notre-Dame du Bon Secours, Nalinnes.
Autres événements festifs dans la région
modifierMusées et attractions
modifierGalerie
modifier- Vues de la Thudinie.
- Les jardins suspendus de Thuin.
- Le château du Fosteau à Leers-et-Fosteau.
- L'ancienne maison communale de Lobbes.
- Vue aérienne de Merbes-le-Château.
- Vue d'Erquelinnes.
- Solre-sur-Sambre.
- L'écluse de Labuissière.
- La Sambre à Fontaine-Valmont.
- Une rue du village de Ragnies (rue du Lieutenant Général Conreur).
- Sars-la-Buissière.
- Bienne-lez-Happart.
- L'ancienne maison communale de Gozée.
- Les ruines de l'abbaye d'Aulne.
- Montigny-le-Tilleul.
- Landelies.
- Vue aérienne d'Ham-sur-Heure.
- L'église Saint-André de Jamioulx.
- Jamioulx.
Économie
modifierL’économie de la Thudinie se caractérise par une structure mixte où dominent les activités de services, un tissu de petites entreprises et une agriculture encore bien présente sur les plateaux. La région, centrée sur Thuin et intégrée au bassin de vie de Charleroi Métropole, présente un profil socio‑économique marqué par une attractivité résidentielle stable, un niveau de vie légèrement supérieur à la moyenne hainuyère et une urbanisation modérée, avec plus de 66 % du territoire cadastré consacré aux activités agricoles[101]. Cette prédominance des terres cultivées, combinée à une densité relativement faible, confère à la Thudinie un caractère semi‑rural où l’économie locale repose en partie sur les exploitations agricoles, les services de proximité et les petites entreprises artisanales.
Le dynamisme entrepreneurial du Hainaut, dont la Thudinie constitue l’un des espaces périurbains, s’est nettement renforcé ces dernières années. Entre et , la province a enregistré une hausse de 19,2 % des créations d’entreprises, la plus forte progression du pays, portée par un effet de rattrapage dans les territoires anciennement industrialisés et par un assouplissement des conditions d’accès à l’activité indépendante[102],[103]. Cette tendance se reflète dans les communes thudiniennes, où l’on observe une multiplication de petites structures dans les secteurs du commerce, des soins, de la construction, des services aux particuliers et des activités touristiques liées au patrimoine (abbaye d’Aulne, centre historique de Thuin, vallée de la Sambre).
Le profil socio‑économique de Thuin montre un niveau de vie médian de 30 650 € par déclaration, un taux d’emploi administratif de 64,4 % et une proportion élevée de diplômés de l’enseignement supérieur (32,4 %), ce qui traduit une population active relativement qualifiée et un marché du travail orienté vers les services et les fonctions métropolitaines de Charleroi[101]. L’attractivité économique reste toutefois modérée : la croissance de la population active est en léger recul, et le vieillissement démographique constitue un enjeu majeur pour la disponibilité future de la main‑d’œuvre.
Les documents de planification territoriale soulignent par ailleurs plusieurs défis structurants : la gestion des réserves foncières, l’organisation du développement commercial, la structuration de l’offre touristique et l’intégration de la Thudinie dans l’espace supracommunal de la Haute Sambre. Ces orientations visent à renforcer l’emploi local, à valoriser les atouts patrimoniaux et naturels et à accompagner les transitions économiques et environnementales, notamment en matière de réindustrialisation, de biodiversité et de résilience territoriale[104].
Dans l’ensemble, l’économie thudinienne apparaît comme celle d’un territoire en transition : encore marqué par son caractère rural, mais de plus en plus intégré aux dynamiques entrepreneuriales et métropolitaines du Hainaut, avec un potentiel de développement lié à la qualité du cadre de vie, au tourisme fluvial et patrimonial, et à la montée en puissance des petites entreprises locales. La plupart des entreprises sont situées dans le zoning Lobbes-Thuin créé dans les années 1970, il est le principal zoning de la région :
- Bidfood, service de distribution de nourritures pour maisons de repos, hôpitaux, écoles et entreprises[105];
- Drinks Distri Boissons Lobbes[106].
- Full Mazout (société de livraison de mazout, diesel, pellets et de bois de chauffage)[107];
- Intérieur et Chaleur, entreprise de chauffage[108];
- Multi-Service Découpe SA[109];
- Full Logistic Thuin SA (service de transport)[110];
- Acos-Visoderm (laboratoire de cosmétique)[111].
Transport
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Le transport en Thudinie s’organise autour d’un réseau multimodal structuré par la vallée de la Sambre, qui constitue l’axe historique et contemporain des déplacements régionaux. La ligne ferroviaire 130A, reliant Charleroi à Erquelinnes et à la frontière française, demeure l’épine dorsale de cette mobilité : elle dessert successivement Lobbes, Thuin, Hourpes et Landelies, assurant une connexion directe vers Charleroi‑Central et Jeumont. La gare de Thuin‑Nord, intégrée à cet itinéraire, joue un rôle de point d’accès majeur pour les navetteurs et s’inscrit dans un corridor ferroviaire en modernisation, marqué par des travaux réguliers de renouvellement des caténaires, des rails et des ouvrages d’art, notamment entre Thuin et Lobbes[112],[113]. Ces interventions s’inscrivent dans une volonté plus large de redynamiser la ligne, avec des investissements envisagés pour restaurer la double voie et améliorer la capacité du trafic[114].

Le réseau de bus du TEC complète cette structure en maillant finement les villages et plateaux de la région. De nombreuses lignes relient Thuin aux communes voisines Beaumont, Chimay, Anderlues, Ham‑sur‑Heure‑Nalinnes, Walcourt ou encore Charleroi et assurent une desserte régulière des hameaux plus isolés. Certaines lignes, comme l’E109, fonctionnent en mode express et offrent un lien rapide entre Momignies, Beaumont, Gozée et Charleroi, tandis que d’autres, comme la ligne ABBA (devenue ligne V1), sont saisonnières et orientées vers les pôles touristiques tels que l’abbaye d’Aulne[112]. Ce maillage dense permet une circulation fluide entre les plateaux agricoles, les vallées encaissées et les centres urbains.

La Sambre, quant à elle, conserve une importance stratégique dans la mobilité régionale. Historiquement voie de batellerie, elle fait aujourd’hui l’objet d’un programme de requalification visant à renforcer le tourisme fluvial et les déplacements doux. La halte nautique de Thuin, située en cœur de ville, doit être prolongée et transformée en véritable port de plaisance, avec capitainerie et quais étendus. Ces aménagements s’accompagnent de nouveaux cheminements piétons et cyclables le long des berges, destinés à relier les quartiers, les espaces naturels et les infrastructures de transport, tout en intégrant les anciens chantiers navals réhabilités[115].
La mobilité douce occupe d’ailleurs une place croissante dans les politiques locales. La ville de Thuin développe un plan cyclable à l’échelle de son territoire, soutenu par des audits, des actions de sensibilisation et des projets d’infrastructures visant à encourager l’usage quotidien du vélo. Cette orientation s’inscrit dans un schéma de développement communal où la mobilité est considérée comme un levier d’aménagement du territoire, aux côtés de dossiers structurants tels que la RN54, dont la finalisation reste un enjeu régional majeur[116].
Services de santé
modifierLa Thudinie dispose d’un réseau de services de santé structuré autour d’une offre de proximité, combinant médecine générale, soins spécialisés, dispositifs sociaux et services à domicile. L’organisation sanitaire y repose sur un maillage de cabinets médicaux, de centres pluridisciplinaires et d’initiatives associatives répartis entre Thuin, Lobbes, Erquelinnes et les communes voisines. Les centres médicaux privés constituent l’ossature de l’offre de soins courants : des structures comme le Centre Médical Maxisoins à Thuin proposent des consultations de médecine générale et paramédicale, tandis que le Centre médical du Dos, également situé à Thuin, se spécialise dans la prise en charge des pathologies vertébrales et de la rééducation fonctionnelle[117],[118]. À Lobbes, le Centre médico‑social de la Thudinie assure un rôle communautaire important, combinant accompagnement social, prévention et services de santé de première ligne, ce qui en fait un point d’appui pour les publics fragilisés[119].
La région bénéficie aussi d’un ensemble de cabinets de médecine générale implantés dans les villages, comme celui du Dr Françoise Dussart à Thuin, qui assurent le suivi médical continu de la population et constituent souvent la première porte d’entrée dans le système de soins[120]. Les soins infirmiers à domicile occupent une place notable dans l’organisation sanitaire locale, en particulier dans un territoire où les hameaux et quartiers dispersés nécessitent une offre mobile : des services comme CMP soins à domicile, actif 24h/24, assurent pansements, injections, accompagnement des personnes âgées ou en convalescence, et coordination avec les médecins traitants[121]. À Erquelinnes, le Centre régional de santé de Thudinie complète ce dispositif en proposant des services de prévention, d’éducation à la santé et d’accompagnement social, renforçant la dimension communautaire de l’offre sanitaire[122].

La clinique Saint‑Joseph de Lobbes, située rue de la Station 25, est un établissement hospitalier intégré au réseau du CHU HELORA, qui regroupe plusieurs sites de soins dans le Hainaut et le Brabant wallon. Elle se distingue comme un hôpital de proximité offrant des services médicaux, chirurgicaux et gériatriques, ainsi qu’un service d’urgences accessible 24 heures sur 24. L’infrastructure se trouve en face de la gare de Lobbes, ce qui facilite son accès en transports en commun, et dispose de parkings gratuits, dont un espace réservé aux urgences[123],[112]. L’établissement propose un ensemble de services cliniques variés, incluant notamment la pédiatrie avec des consultations spécialisées en néphrologie, allergologie, cardiologie ou dermatologie et un hôpital de jour gériatrique destiné aux patients âgés nécessitant une prise en charge pluridisciplinaire en ambulatoire. Les horaires de visite sont adaptés selon les unités, avec des plages élargies pour les chambres particulières et des règles spécifiques pour les soins intensifs et la pédiatrie. Une boutique interne, ouverte en semaine et le week‑end, met à disposition boissons, collations, produits d’hygiène et presse, complétée par plusieurs distributeurs automatiques[124]. La clinique s’inscrit dans la philosophie du CHU HELORA, qui vise à offrir des soins accessibles, performants et centrés sur le respect du patient. Elle fait partie d’un ensemble hospitalier plus vaste comprenant notamment les sites de La Louvière, Nivelles, Tubize, Mons et Warquignies, permettant une articulation entre centres d’expertise et structures de proximité. Cette intégration garantit une prise en charge globale des pathologies, tout en maintenant un ancrage local fort au sein de la commune de Lobbes[125].
Tourisme
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Le tourisme en Thudinie s’articule autour d’un ensemble cohérent de paysages fluviaux, de patrimoine médiéval et d’itinéraires culturels qui structurent l’identité de cette petite région du Hainaut. Dominée par la ville de Thuin, perchée sur un éperon rocheux au confluent de la Sambre et de la Biesmelle, la région attire par la combinaison d’un centre historique remarquablement conservé, de sites monastiques majeurs et d’une tradition batelière encore très présente. Le beffroi de Thuin, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, constitue l’un des pôles d’attraction principaux : sa tour de 60 mètres offre un panorama étendu sur les vallées environnantes et rappelle l’importance des libertés communales médiévales[126]. À ses pieds, les jardins suspendus, aménagés en terrasses sur le versant sud, forment un ensemble unique en Wallonie, reconnu comme patrimoine exceptionnel et bénéficiant d’un microclimat propice à la culture de la vigne ; ils constituent l’un des parcours de promenade les plus emblématiques de la région[126].

La Thudinie se distingue également par la présence de la ville basse, ancien quartier des bateliers, où subsistent des maisons des XVIIe et XVIIIe siècles aux façades étroites et aux plaques portant les noms de bateaux. L’écomusée Thudo, installé dans une péniche, témoigne de l’importance historique de la navigation sur la Sambre, notamment pour le transport du charbon vers Paris au XIXe siècle[126]. Non loin de là, les ruines de l’abbaye cistercienne d’Aulne, fondée au VIIe siècleet détruite à la Révolution, constituent un autre site majeur du tourisme thudinien : leurs vestiges monumentaux, classés au patrimoine majeur de Wallonie, attirent autant les amateurs d’histoire que les promeneurs en quête de paysages fluviaux paisibles[126].
Le tourisme en Thudinie repose aussi sur une offre de mobilité patrimoniale singulière : le musée de l’ASVi conserve une trentaine de tramways historiques, dont certains circulent encore entre Thuin et Lobbes, permettant une découverte originale des paysages de la vallée de la Sambre[126]. Les activités de plein air occupent une place importante : les sentiers balisés, le RAVeL et les chemins de halage offrent de nombreuses possibilités de randonnées pédestres ou cyclistes, tandis que les bois environnants comme le Bois du Grand Bon Dieu proposent des itinéraires plus naturels et parfois associés à des parcours artistiques contemporains, tels que le parcours Fluide, qui relie œuvres d’art et espaces verts[127].

La région valorise également son terroir, avec la présence d’un vignoble sur les coteaux thudiniens, d’une distillerie réputée et de plusieurs producteurs locaux qui participent à l’identité gastronomique du territoire[127]. Les manifestations culturelles, comme la marche folklorique de Saint‑Roch, inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO, ou le Juillet Musical d’Aulne, festival de musique classique organisé dans le cadre exceptionnel de l’abbaye, renforcent l’attractivité touristique de la région[128],[129].
Le tourisme en Thudinie, tel qu’il se déploie dans les communes de Lobbes, Erquelinnes, Merbes‑le‑Château et Ham‑sur‑Heure‑Nalinnes, s’organise autour d’un patrimoine historique dense, d’un réseau de vallées boisées et d’un ensemble de villages dont l’identité est fortement marquée par la Sambre et ses affluents. Les offices du tourisme locaux comme ceux de Lobbes[130], Merbes‑le‑Château[131] ou encore le syndicat d’initiative de Jamioulx[132] structurent une offre qui combine visites patrimoniales, promenades nature et activités fluviales.
Dans la commune de Lobbes, le tourisme repose sur la mise en valeur d’un des plus anciens centres religieux de Belgique, complété par un environnement rural préservé. Les visiteurs y trouvent un paysage de plateaux et de vallées, ponctué de boisements et de chemins de randonnée. La présence d’une réserve naturelle identifiée comme « Thudinie » témoigne de l’intérêt écologique du secteur, où alternent zones humides, prairies et versants boisés. Le Syndicat d’Initiative local organise régulièrement des parcours guidés et des activités centrées sur la découverte du patrimoine et de la nature[133].

À Erquelinnes, la Sambre constitue l’axe majeur de l’activité touristique. Le port de plaisance[134] accueille les navigateurs de passage et sert de point de départ à des promenades fluviales ou cyclistes le long du halage. Le pont dit « romain »[135] et le château‑fort de Solre‑sur‑Sambre[136] forment deux pôles patrimoniaux importants, illustrant l’ancienneté de l’occupation humaine et la valeur défensive de la vallée. Les bois environnants, comme le Bois de Solre, offrent un cadre propice aux promenades, tandis que la confluence de la Thure et de la Sambre[137] constitue un point d’intérêt paysager.
Merbes‑le‑Château développe un tourisme plus intimiste, centré sur ses villages, ses chemins de campagne et la Sambre qui traverse la commune. L’office du tourisme local met en avant des itinéraires pédestres et cyclistes permettant de découvrir un patrimoine rural préservé, des chapelles anciennes et des panoramas ouverts sur la vallée. Les hameaux, souvent établis sur les replats dominant la rivière, conservent une structure traditionnelle qui attire les visiteurs en quête d’authenticité.

À Ham‑sur‑Heure‑Nalinnes, le tourisme s’appuie sur un patrimoine architectural remarquable, notamment le château d’Ham‑sur‑Heure, ainsi que sur un réseau de villages étagés entre plateaux et vallées. Le syndicat d’initiative de Jamioulx participe à la promotion de circuits de randonnée, de découvertes patrimoniales et d’événements locaux. Les paysages y sont variés : bois, vallons encaissés, zones agricoles et petits cours d’eau structurent un cadre propice aux activités de plein air[132].
Dans l’ensemble de la Thudinie, le tourisme repose sur une combinaison de patrimoine religieux et civil, de sites naturels préservés, de promenades fluviales et d’un maillage de villages dont l’identité est restée forte. Les offices du tourisme notamment celui de Thuin et la Maison du Tourisme du Val de Sambre et de Thudinie jouent un rôle de coordination en proposant des brochures, des circuits thématiques et des informations pratiques. L’ensemble forme une destination où dominent la tranquillité, la découverte lente et la valorisation d’un patrimoine ancien intimement lié à la géographie de la Sambre[127].
Sports
modifierLe sport en Thudinie s’organise autour d’un réseau dense de clubs locaux qui reflètent la diversité sociale et géographique de la région. La pratique sportive y est structurée par plusieurs pôles, notamment le Centre sportif local de Thuin[138], qui constitue l’un des principaux lieux d’entraînement et de compétition. Ce complexe accueille différentes disciplines et sert de point de convergence pour les associations sportives de la vallée de la Sambre. À proximité, le Badminton Club Thuin Les Fous du Volant Thudinien[139] illustre la vitalité des sports en salle, avec une activité régulière et une implantation durable dans le tissu associatif local.
Le tennis occupe une place notable dans la région, structuré par deux clubs principaux : le Tennis Club de Thuin, situé rue de Biesme et disposant d’infrastructures étendues et bien entretenues[140], et le Tie Break Thudinien à Lobbes, qui complète l’offre tennistique sur le versant oriental de la Thudinie[141]. Ces clubs, souvent actifs dans l’organisation de tournois régionaux, contribuent à l’ancrage du tennis comme sport intergénérationnel dans la vallée.
Les communes de Thuin et Lobbes accueillent également des structures plus spécialisées, comme Bodilygym Thuin, orienté vers le pilates et la remise en forme , ou encore Le Scavin à Lobbes, un club polyvalent qui participe à la vie sportive locale par des activités variées[142]. À cela s’ajoutent des associations plus récentes ou plus confidentielles, telles que Oxyfun ASBL, qui propose des activités sportives de proximité[138], ou encore des clubs implantés dans les villages périphériques, témoignant d’un maillage sportif fin et accessible.
La région se distingue par la coexistence de clubs traditionnels et de structures plus modernes, souvent installées dans des infrastructures rénovées ou partagées. Le complexe Beobank Arena à Thuin, par exemple, illustre cette évolution vers des espaces multisports adaptés aux besoins contemporains[138]. Cette diversité permet à la population thudinienne de pratiquer une large gamme de disciplines, du sport de raquette aux activités de bien‑être, en passant par les sports collectifs et les pratiques de loisirs.
Notes et références
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Voir aussi
modifierArticles connexes
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