Lobbes

commune de Wallonie (Belgique)

Lobbes est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut. Elle est située près de la Sambre, un affluent de la Meuse.

Lobbes
Lobbes
Panorama et la collégiale Saint-Ursmer.
Image illustrative de l’article Lobbes
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement Thuin
Bourgmestre Steven Royez (Les Engagés)
Majorité Les Engagés
Sièges
Les Engagés
LOBBES et Vous !
MR - Lobbes
17
11
4
2
Section Code postal
Lobbes
Mont-Sainte-Geneviève
Sars-la-Buissière
Bienne-lez-Happart
6540
6540
6542
6543
Code INS 56044
Zone téléphonique 071
Démographie
Gentilé Lobbain(e)[1]
Population
– Hommes
– Femmes
Densité
5 950 (2026)
48,97 %
51,03 %
184,61 hab./km2
Pyramide des âges
– 0–17 ans
– 18–64 ans
– 65 ans et +
()
17,33 %
60,25 %
22,42 %
Étrangers 3,96 % ()
Taux de chômage 11,90 % (2022)
Revenu annuel moyen 21 325 €/hab. (2021)
Géographie
Coordonnées 50° 20′ 46″ nord, 4° 15′ 56″ est
Superficie
– Terr. non-bâtis
– Terrains bâtis
– Divers
32,23 km2 (2023)
86,07 %
7,14 %
6,79 %
Localisation
Localisation de Lobbes
Situation de la commune dans l'arrondissement de Thuin et la province de Hainaut
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Lobbes
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Lobbes
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Lobbes
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Lobbes
Liens
Site officiel lobbes.be

Toponymie

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Pour certains spécialistes, le nom de Lobbes trouve son origine dans le terme Laubacum signifiant ruisseau, d’autres y voient une origine germanique se rapprochant du terme lauh-baki ou lauha-baki signifiant généralement ruisseau des bois[2].

Géographie

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Situation

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La commune de Lobbes est située en Thudinie entre Thuin et Binche à l'est de la province de Hainaut.

Communes limitrophes

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Sections de commune

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#NomSuperf.
(km²)[3]
Habitants
(2025)[3]
Habitants
par km²
Code INS
1Lobbes9,314.01743256044A
2Sars-la-Buissière10,088388356044B
3Bienne-lez-Happart3,9446511856044C
4Mont-Sainte-Geneviève8,906387256044D

Géographie physique

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La géographie physique de Lobbes, commune située dans l’entité de Thuin en Wallonie, se caractérise par un relief doucement vallonné structuré par les ondulations du plateau hennuyer et par l’encaissement progressif de la vallée de la Sambre. L’altitude y varie sensiblement : les données topographiques indiquent une altitude moyenne d’environ 172 m, avec un minimum de 111 m et un maximum de 214 m, ce qui traduit une alternance de bas-fonds humides et de crêtes plus sèches[4]. Ces variations créent un paysage rythmé, où les plateaux agricoles dominent les hauteurs tandis que les versants boisés descendent vers la vallée. Cette configuration est typique de la botte du Hainaut, région marquée par l’érosion fluviatile et la présence de formations géologiques anciennes.

Géologie

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La région de Lobbes, située en Entre-Sambre-et-Meuse, repose sur un socle géologique typique du sud du Sillon Sambre‑et‑Meuse, marqué par l’affleurement de roches paléozoïques et par une structuration héritée des grands plissements hercyniens. Les données régionales montrent que le sous‑sol appartient à l’ensemble des formations dévoniennes et carbonifères qui caractérisent cette partie de la Wallonie. Les terrains y sont majoritairement constitués de grès, schistes et calcaires, issus de dépôts marins anciens, ensuite déformés par les mouvements tectoniques de la fin du Paléozoïque[5]. Les formations les plus anciennes visibles dans la région sont des roches dévoniennes, notamment des grès et schistes déposés dans des environnements marins peu profonds. Ces couches sont suivies par des calcaires carbonifères, riches en fossiles, qui forment traditionnellement les reliefs ondulés de l’Entre‑Sambre‑et‑Meuse. Ces alternances lithologiques expliquent la présence de tiges (crêtes gréseuses) et de chavées (dépressions calcaires), un modelé typique de la zone[5].

Lobbes se situe également à proximité du Sillon houiller, une bande géologique étroite composée de calcaires carbonifères et de puissantes séries de grès et schistes renfermant des couches de houille. Bien que le cœur du bassin houiller se trouve plus au nord, cette proximité explique la présence de structures tectoniques marquées, de failles et de plis orientés globalement est‑ouest, hérités de l’orogenèse hercynienne[5]. Les cartes géologiques fédérales et wallonnes confirment que la région est recouverte localement par des dépôts plus récents, essentiellement quaternaires, composés de limons et alluvions qui adoucissent le relief dans les vallées, notamment celle de la Sambre. Ces dépôts superficiels masquent parfois les affleurements paléozoïques, mais n’en modifient pas la structure profonde[6],[7].

Enfin, les observations de terrain réalisées lors d’activités naturalistes locales soulignent la présence d’éléments géomorphologiques caractéristiques : versants entaillés, crêtes gréseuses, zones calcaires plus érodées et vallées encaissées. Ces éléments confirment l’influence conjointe de la lithologie paléozoïque et de l’érosion quaternaire dans la morphologie actuelle du paysage de Lobbes[8].

Quartiers

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Hameaux et cité

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Vue vers le hameau d'Heuleu vue de la collégiale Saint-Ursmer.
  • Les Bonniers, hameau qui se situe au nord de la commune.
  • La Grattière désigne, dans l’usage régional de la vallée de la Sambre, un escarpement situé au sud du pont franchissant le cours d’eau[9]. Le terme s’applique à une pente particulièrement raide qui mène vers Biercée, sur la rive droite, où le substrat schisteux apparaît directement en surface. Cette caractéristique géologique explique l’association traditionnelle du mot avec des terrains pierreux ou dénudés[9]. L’appellation est rapprochée du patois de Montbéliard grattery, employé pour qualifier un « terrain pierreux et en pente ». Elle semble issue d’un ancien radical gra‑ signifiant « pierre », que l’on rattache à une racine pré‑indo‑européenne kara[9]. De cette base provient également le pré‑latin sciïéi, « petite pierre, gravier », à l’origine de gravaria puis gravière, formé avec le suffixe collectif latin ‑aria pour désigner un lieu caillouteux[9]. L’évolution vers grattière a pu être renforcée par une proximité phonétique avec le verbe gratter, suggérant un relief où la roche semble mise à nu par l’érosion[10].
  • Le Calvaire, il se situe sur le plateau de l'Entreville.
  • L'Entreville est le nom du quartier situé au carrefour du même nom. Il s'appelle ainsi car il se trouve entre le centre de Lobbes et le hameau des Bonners[11].
  • Cité des Dérodes, il est situé au Bonniers.

Lieux-dits

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  • Heuleu, lieu-dit sur les hauteurs de Lobbes. On y trouve un cimetière militaire de la Première Guerre mondiale dominé par une tour blanche. Le toponyme Heul.eu semble désigner un lieu situé en surplomb immédiat de la Grattière[12]. Son origine est généralement rattachée à un ancien composé germanique associant lôh, signifiant « bois », et hul, désignant une « éminence » ou une « colline »[12]. Cette formation s’inscrit dans une famille de termes apparentés présents dans plusieurs langues germaniques[12]. L’ancien français possédait ainsi le mot hauteur, issu de la même racine que l’allemand Hügel, tandis que l’anglo-saxon utilisait hoh pour évoquer une pente abrupte ou un relief marqué[12]. À titre de comparaison, le nom de la commune de Hulluch, dans le Pas-de-Calais, procède d’une évolution similaire : les formes anciennes Hyluz et Hulut, attestées en 1098, témoignent d’une même construction étymologique fondée sur l’idée de colline boisée[12].
  • Gaux, ce lieu-dit se trouve près du centre de la commune.
  • Champ du Loup, une ferme qui porte le même nom datant des XVIIIe et XIXe siècles[13].
  • Les Quatre Chemins, il se situe entre le Calvaire et les Bonniers.
  • Les Crochets, il se situe sur la pente de la collégiale et la Sambre, une rue porte le nom.
  • Pichotin, près de la collégiale Saint-Ursmer.
  • Bambois, sur la rive droite en remontant la Sambre.
  • Briqueterie, nom donné à ce lieu où l'on trouvait une briqueterie.
  • Saint-Nicolèy, sur les hauteurs où se trouve la Portelette.
  • Champ de l'Abbaye.
  • Trou des Loups, entre les Quatre Chemins et les Bonniers.
  • Taille des Chevaux, au nord du quartier des Bonniers.
  • Les Dérodés, dans le quartier des Bonniers.
  • Le Laid Pas, à la limite avec Thuin.
  • Terre du Rœulx, à l'ouest de la commune.
  • Bois de la Houssière, situé au nord-est de la commune à la limite avec Mont-Sainte-Geneviève.
  • Bois de Lobbes, à la limite avec Thuin.
  • Bois du Baron, à la limite ouest de la commune.
  • Bois Gabelle, situé à l'est où se trouve la zone industrielle Lobbes-Thuin.

Hydrographie

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Le pont et la Sambre.
  • La Sambre. La Sambre, cours d’eau navigable majeur de Wallonie, constitue l’axe structurant du paysage local : elle traverse le territoire communal du sud-est vers le nord-ouest et forme une vallée encaissée où se sont historiquement implantés les noyaux d’habitat et les infrastructures[14].
  • Le Laubac, petit ruisseau qui prend sa source à Mont-Sainte-Geneviève et qui passe dans le domaine de l'ancienne abbaye, et se jette dans la Sambre.
  • Étang du Moulin de Mouligneau.
  • Étangs des Viviers qui se situe sur le lit du Laubac avec les étangs de la Brouille et de l'étang des Peupliers.
  • Le Rabion qui coule à l'ouest et qui se jette dans la Sambre.

Démographie

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Démographie: Avant la fusion des communes

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  • Bron:NIS - Opm:1831 t/m 1970=volkstellingen; 1976= inwoneraantal op 31 december

Démographie : Commune fusionnée

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En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :

Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées.

  • Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1 janvier[15]

Histoire

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Antiquité

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La chaussée antique reliant Strée à Estinnes correspond à un ancien diverticule romain perpendiculaire à l’axe majeur Bavai‑Meuse. Depuis Strée, l’itinéraire gagnait Ragnies en franchissant successivement le ruisseau du Mortier puis celui du Marais, avant d’obliquer vers le nord‑ouest à hauteur du Chambry[16]. Bien que son tracé soit aujourd’hui discontinu, plusieurs segments demeurent visibles : à Ragnies, rue des Catias ; à Petit‑Biercée, rue Grignard ; puis sous la forme d’une longue portion rectiligne à Bois‑de‑Villers jusqu’à la Sambre[16].

Sur la rive gauche, l’alignement antique se reconnaît encore près du château de Chevennes, à Sars‑la‑Buissière le long de la Couture du Gros Sou, ainsi qu’à Merbes‑Sainte‑Marie où il sert de limite communale, malgré quelques infléchissements autour du ruisseau du Seigneur[16]. Après Vellereille et le Bois de Pincemaille, la chaussée retrouve une orientation régulière au lieu‑dit Gros Cailloux, avant de rejoindre à Estinnes‑au‑Mont la grande voie Bavai‑Tongres[17]. Cet itinéraire structurant reliait ainsi plusieurs noyaux d’habitat et a durablement façonné l’organisation du paysage régional[18].

Moyen-Âge

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Le territoire de l’ancien canton de Famars, dont le nom évoque un sanctuaire consacré au dieu Mars, était apprécié pour la diversité de ses paysages, mêlant bois, plaines et reliefs qui encadrent la vallée de la Sambre. Un cours d’eau, le Lobach, y rejoignait la rivière[19]. Son nom est généralement interprété soit comme issu de racines germaniques signifiant « ruisseau ombragé », soit comme une allusion à un lobia, pavillon d’été que les souverains austrasiens auraient fait édifier dans les environs[19]. Dominant la vallée, une église construite sur un éperon rocheux témoigne de l’importance ancienne d’un domaine ecclésiastique, même si la région était déjà occupée et structurée avant la christianisation du IVe siècle[20]. La Sambre, navigable par endroits, constituait une voie d’échanges essentielle, et un gué permettait aux marchands de circuler entre les différentes villae qui animaient le paysage rural[20]. L’histoire locale se structure autour de la Sambre, de son gué et du refuge de Grignart, cadre où apparaît la figure de Maurosus, personnage issu d’une lignée royale devenu brigand avant de se convertir. Selon la tradition, il reçoit le baptême de l’évêque de Cambrai, puis revient en 643 pour accomplir une pénitence publique[20]. Après plusieurs pèlerinages à Rome, il est envoyé sur les lieux mêmes de ses anciens méfaits afin d’y mener une vie de réparation. Sous le nom de Landelin, accompagné d’Adelin et de Domitien, il fonde vers 654 les premières cellules monastiques qui formeront l’abbaye de Lobbes[21]. Ces installations, construites avec des matériaux locaux, témoignent des débuts modestes d’un établissement appelé à devenir un centre religieux majeur. Landelin quitte ensuite Lobbes pour établir d’autres fondations à Aulne, Wallers et Crépin, avant de mourir en 686, laissant une empreinte durable sur l’organisation spirituelle et territoriale de la région[22].

À la mort de Landelin, la communauté qu’il avait fondée demeurait fragile. Pour éviter son déclin, les maires du palais des rois francs sollicitèrent Ursmer, originaire de Thiérache, afin de réorganiser l’établissement et de lui assurer une base durable. Grâce à d’importantes donations, parmi lesquelles le domaine de Forestaille offert par Pépin le Vieux, Ursmer renforça considérablement le patrimoine monastique[22]. Les biens apportés par Landelin, ainsi que ceux concédés par Dagobert, furent intégrés de manière définitive aux possessions de l’abbaye[22]. Ces ressources permirent de transformer les cellules dispersées en un ensemble cohérent conforme à la règle bénédictine, ouvrant une période de prospérité qui marque l’âge d’or de Lobbes[22]. L’action d’Ursmer ne se limita pas à l’organisation interne du monastère : son activité missionnaire s’étendit vers les régions de Gand, Bruges et jusqu’au littoral, où il œuvra auprès de populations encore faiblement christianisées, contribuant à l’implantation durable de l’Église dans ces territoires[22]. Le prestige croissant de l’abbaye de Lobbes attira l’attention du pape Sergius, qui remit à Ursmer une portion des reliques de saint Pierre. Ce don, considéré comme un privilège exceptionnel, entraîna l’interdiction d’inhumer dans l’enceinte monastique. Pour répondre aux besoins funéraires, une église distincte fut alors édifiée sur une colline voisine, ancien lieu de cultes préchrétiens[22]. Elle fut confiée à des clercs bénéficiant d’importants biens, constituant le noyau du futur chapitre. La première église abbatiale, commencée sous Ursmer, fut consacrée en 697[23]. Trois édifices successifs lui succédèrent : une abbatiale élevée en 920, remplacée en 1036 ; puis une reconstruction après l’incendie de 1546 ; enfin l’abbatiale de 1576, détruite en 1794 lors des troubles révolutionnaires[24]. Les matériaux issus de cette dernière démolition furent réemployés pour les fortifications de Charleroi. Seule subsiste aujourd’hui l’ancienne église funéraire, devenue paroissiale, dont des fouilles menées en 1942 ont mis en évidence des éléments carolingiens intégrés à la structure[24].

L'abbaye de Lobbes.

Le patrimoine de l’abbaye de Lobbes se constitue rapidement dès le VIIe siècle, porté par les donations de grands seigneurs et par les apports héréditaires des moines. Les domaines concédés regroupent terres cultivables, bois, pâturages, moulins, étangs et populations serviles, formant un ensemble économique cohérent[25]. Les religieux entreprennent le défrichement de la forêt charbonnière, transformant des espaces jusque‑là incultes en zones agricoles structurées[25]. Une part notable des biens provient des largesses du duc Hydulphe, particulièrement dans les diocèses de Cambrai et de Maastricht, ainsi que des conversions obtenues par Ursmer en Thiérache, en Flandre, dans le pays de Waes et en Brabant[25]. Au IXe siècle, un polyptique témoigne de l’étendue des possessions monastiques : elles s’étendent à de nombreuses localités du Hainaut, de Thiérache, de Flandre, mais aussi jusqu’aux régions de Soissons, Laon, Mézières ou la Marne[26]. À partir de la fin du XIIe siècle, le domaine se réduit toutefois à une trentaine de villae[26]. Ce recul s’explique par l’arrêt des grandes donations et, dans certains cas, par une gestion dispendieuse de quelques abbés qui adoptent des comportements proches de ceux des seigneurs féodaux, entraînant une contraction progressive du patrimoine[26]. L’organisation économique de l’abbaye de Lobbes s’inscrit dans le cadre bénédictin tout en conservant des traits propres au contexte régional. Le domaine distingue les terres exploitées directement pour la communauté monastique de celles confiées à des tenanciers en échange de redevances[27]. Les cultures, les prés et les espaces forestiers sont répartis selon un usage hérité de l’époque franque, où l’étendue d’une forêt se mesure au nombre de porcs pouvant s’y nourrir, cet animal constituant alors une ressource alimentaire essentielle[27]. À ces activités agricoles s’ajoutent la meunerie et la brasserie, exploitées soit par les moines, soit par des gestionnaires extérieurs soumis à des paiements en nature ou en argent. La population rurale se compose principalement de colons libres, auxquels s’ajoutent quelques leudes et serfs[27]. Après avoir accompli les corvées dues à la réserve seigneuriale charroi, labour, semailles les cultivateurs travaillent leur propre tenure moyennant redevances[27]. Autour de ces exploitations se forment progressivement des villages, structurés par les chapelles et églises que les moines font ériger et auxquelles ils attachent des droits paroissiaux, assurant ainsi leur influence spirituelle et administrative sur le territoire[27].

Pierre tombale dans la crypte de la collégiale.

L’administration du domaine monastique repose sur les maiores, officiers chargés de centraliser les revenus, d’organiser les travaux, de percevoir les redevances et d’assurer la police rurale. Leur rémunération provient en partie des amendes, d’une retenue sur les redevances et parfois de l’attribution de terres, ce qui souligne leur rôle intermédiaire entre l’autorité abbatiale et la population rurale[28]. L’importance économique de ces domaines apparaît dans les chiffres conservés pour Ragnies, Thuillies, Leernes et Saintes : plus de cent mille hectolitres d’épeautre, des milliers de fusées de lin, du bétail et diverses productions agricoles[28]. Autour de l’abbaye, dotée de granges, ateliers, écuries et d’un vaste bois capable de nourrir un millier de porcs, se développe une véritable économie rurale où vivent près de quatre‑vingt‑dix chaumières de paysans. Cette organisation commence toutefois à décliner lorsque les redevances en nature se transforment en paiements fixes[28]. La dépréciation de l’argent réduit la valeur réelle des revenus monastiques, tandis que les tenanciers, profitant des progrès agricoles, gagnent en autonomie. L’abbaye perd alors une part significative de ses ressources matérielles, ce qui modifie durablement l’équilibre économique du domaine[29]. Les revenus domaniaux de l’abbaye de Lobbes étaient complétés par un ensemble structuré de ressources ecclésiastiques. Le patrimoine des églises dépendantes fournissait rentes en nature et oblations, réparties en cinq catégories : les offrandes dominicales, les droits de sépulture, les dons liés au ministère, le denier versé en semaine et les honoraires de messes. L’abbaye prélevait les deux tiers des deux premières catégories, ce qui constituait une part importante de ses revenus réguliers[30]. Elle percevait également la dîme dans de nombreux territoires, parfois en partage avec d’autres institutions, ainsi que les offrandes liées au pèlerinage des Bancroix, réparties entre moines et chanoines[31]. Malgré cette organisation financière rigoureuse, l’équilibre économique se fragilisa progressivement. Les dépenses princières de certains abbés, l’endettement croissant et l’impossibilité de tirer profit des ventes foncières liées aux croisades affaiblirent durablement l’institution[32]. La spécialisation des revenus chaque service disposant de sa propre dotation ne suffit pas à prévenir la banqueroute qui toucha l’abbaye à la fin du XIIe siècle, aggravée par une indiscipline monastique de plus en plus marquée[32].

L’abbaye de Lobbes exerce très tôt une seigneurie qui confère à son abbé une place reconnue dans la hiérarchie féodale d’Austrasie. Cette autorité découle des liens privilégiés entre le monastère et la royauté : fondé sur des terres dynastiques et doté par les souverains, l’établissement reçoit de Pépin de Herstal, puis des Carolingiens, des prérogatives proches de celles du pouvoir public[33]. Au XIIe siècle, un diplôme d’Arnoul de Carinthie place l’abbaye sous l’autorité de l’évêque de Liège et soustrait son domaine aux agents royaux, renforçant encore l’autonomie de l’institution. L’abbé détient alors police, justice et haute autorité, ce qui attire une population en quête de protection dans un contexte féodal instable[34]. Pour accueillir ces habitants, des terrains proches du monastère sont lotis en 1070. Ils demeurent toutefois soumis à un cens annuel, l’abbé conservant ses prérogatives de seigneur foncier et judiciaire[35]. Cette charte marque la naissance de l’agglomération, selon un processus comparable à celui d’autres centres devenus villes, même si Lobbes reste un village soumis au droit domanial : ses scabini ne sont que des auxiliaires de l’abbé, et l’émancipation communale y progresse faiblement jusqu’à la Révolution française[35]. La domination ecclésiastique exercée par l’abbaye de Lobbes, bien qu’elle ait largement contribué à la structuration culturelle et religieuse de la région depuis l’époque de Landelin, a paradoxalement freiné l’essor local. Dans la forêt charbonnière où s’implante le monastère, le sol devient rapidement propriété ecclésiastique par défrichement ou donation, et aucune construction ne peut être entreprise sans l’accord du chapitre de Saint‑Ursmer[36]. Ce chapitre, particulièrement puissant, est transféré à Binche en 1409 avec l’ensemble de ses biens, malgré les protestations du pouvoir liégeois. Il possédait deux sceaux, dont l’un représentait une tour peut‑être liée à l’exercice de la justice, probablement détruite en 1408[36]. L’octroi de libertés communales ne modifie guère cet équilibre : les représentants locaux demeurent choisis dans l’orbite de l’autorité religieuse, et l’agglomération reste dépendante du cadre domanial[36]. La stagnation de Lobbes contraste avec l’essor de centres plus éloignés comme Bruxelles ou Louvain, tandis que la région subit les tensions nées de sa position entre Liège, Brabant, Hainaut et Namur. Pourtant, sous les Carolingiens, l’économie locale connaît une période de prospérité[36]. Les villae monastiques stimulent les échanges, les redevances en nature exigent un réseau de routes structuré, et la Sambre devient un axe privilégié pour le transport sécurisé des marchandises[37]. Lobbes sert alors d’entrepôt, accueillant à la fois les produits du domaine et les marchandises de passage contre un droit de dépôt. De ce point de redistribution partent des flux vers Dinant, Huy, Liège, Maastricht ou Cologne, mais aussi vers la Picardie et l’Île‑de‑France, tandis que les routes relient le site au Brabant au nord et à Verdun au sud[38].

La sarcophage de Saint-Ursmer dans la crypte de la collégiale.

L’abbaye de Lobbes devient, dès le haut Moyen Âge, l’un des principaux foyers intellectuels du pays de Liège. Les moines, tout en menant une vie ascétique et en participant aux travaux agricoles, consacrent une part importante de leur temps à l’étude. Moins d’un demi‑siècle après la fondation, l’abbé Ermin compose en vers la vie d’Ursmer, considéré comme le véritable organisateur du monastère[39]. Son successeur, le moine Anson, rédige à son tour la vie d’Ermin et rapporte des épisodes contemporains tels que les batailles de Vincy et de l’Amblève ou l’intervention de Charles Martel. Sous son gouvernement, un foyer d’études structuré apparaît, soutenu par les ressources considérables de l’abbaye[39]. La réunion de Lobbes à l’évêché de Liège en 889 favorise un renouveau littéraire illustré par Rothier, auteur prolifique dont les voyages nourrissent une production abondante. L’abbé Folcuin, historien de premier plan, enrichit la bibliothèque, établit un catalogue et confie l’école monastique à Hériger[39]. Ce dernier, l’un des esprits les plus instruits de son temps, compose des écrits historiques, théologiques, poétiques et mathématiques, révélant une véritable vocation encyclopédique[39]. Deux écoles coexistent alors : une école interne destinée aux oblats, et une école externe ouverte aux laïcs. Toutes deux reposent sur l’enseignement des sept arts libéraux, témoignant de l’importance accordée à la formation intellectuelle dans un monastère devenu centre de rayonnement culturel pour toute la région[40]. La bibliothèque de l’abbaye, élément central de la vie intellectuelle du cloître, atteint très tôt une ampleur remarquable : elle compte déjà cinquante‑deux volumes entre 972 et 990, puis cent quarante‑sept en 1049, un chiffre exceptionnel pour l’époque. Des bâtiments primitifs, il ne subsiste aujourd’hui qu’une aile de ferme, une porte Renaissance et un pan de muraille, témoins fragmentaires d’un ensemble autrefois étendu[41]. L’église, cœur architectural du monastère, évolue d’un premier oratoire en bois héritage des techniques gauloises vers une construction en pierre intégrant des matériaux antiques récupérés dans les ruines romaines. À cet édifice s’ajoutent peintures, pièces d’orfèvrerie, cloches coulées sur place et, dès le Xe siècle, un orgue rudimentaire[41]. Au XIe siècle, Richard de Verdun entreprend de remplacer l’ancienne abbatiale carolingienne par une vaste église romane ; les travaux, ralentis par le manque de ressources, s’étendent sur une longue période[42]. Les artistes de Lobbes demeurent peu connus, mais trois noms émergent : le frère Jean, orfèvre ; Bernard, auteur de polychromies ; et Goderan, enlumineur réputé. Leur production fut presque entièrement détruite lors de l’incendie de 1546, puis lors de la suppression du monastère en 1794[43]. La pièce la plus prestigieuse, une bible remarquable par la pureté de son texte, échappa toutefois aux destructions : l’Ancien Testament est conservé au séminaire de Tournai, tandis que le Nouveau Testament a rejoint le British Museum[43].

Les plans précis de l’abbaye de Lobbes restent incertains, mais une lithographie réalisée en 1864 offre une restitution plausible de son organisation générale, conforme aux modèles carolingiens puis romans. Après avoir traversé les crises du calvinisme, l’établissement disparaît en  : les troupes françaises, redoutant qu’il ne serve de refuge aux Autrichiens, y mettent le feu avec l’appui d’habitants hostiles aux communautés religieuses[44]. Les moines prennent la fuite vers l’est en emportant une partie du trésor, tandis que la population pille les caves et que la bibliothèque est brûlée sur la place publique[45]. En 1795, seize religieux tentent brièvement de reprendre possession des lieux, mais la loi du 15 fructidor an IV supprime définitivement les établissements religieux[45]. L’abbaye et ses terres, estimées à près de trente‑cinq mille livres, sont vendues à bas prix. Les bâtiments sont démolis vers 1816, et leurs matériaux réemployés pour les fortifications de Charleroi. Ainsi disparaît l’un des plus anciens foyers spirituels et intellectuels de la région, bien avant l’indépendance belge[46]. L’église Saint‑Ursmer, dressée au sommet de la colline de Lobbes, constitue le dernier témoin lisible d’un vaste domaine ecclésiastique médiéval. Son intérêt majeur tient au fait qu’elle est l’unique édifice du sud‑ouest de la Belgique dont la structure conserve un plan cohérent remontant à l’époque carolingienne, malgré les transformations ultérieures[47]. La restauration de 1865, qui lui ajouta une flèche centrale fondée sur une interprétation discutable des vestiges, n’a pas effacé cette continuité architecturale. Les fouilles de 1942 ont confirmé que l’ensemble appartient pleinement à l’art préroman, remarquable par son état de conservation et par la lisibilité de ses volumes[47]. Fondée entre 691 et 713 par Ursmer, l’église primitive correspond vraisemblablement à l’actuelle crypte, où furent déposés les corps des premiers abbés[47]. L’édifice de la colline fut agrandi dès le Xe siècle et placé sous son invocation. Sa tour centrale, loin d’être un simple clocher, est une construction quadrangulaire de trois niveaux coiffée d’une pyramide à quatre pans, typique des formes carolingiennes tardives[47]. Elle constitue l’un des éléments les plus précieux pour comprendre l’évolution de l’architecture religieuse dans la région. De nouveaux travaux d’extension et d’embellissement furent entrepris au XIe siècle, intégrant l’édifice dans le courant roman tout en préservant la structure carolingienne originelle[47].

Plan de la collégiale pour un projet de restauration.

L’église entre dans une phase complexe après le transfert du chapitre à Binche : elle perd son statut collégial en 1409, avant de le retrouver plus tard, mais les interventions des XVe et XVIIIe siècle altèrent profondément son harmonie. Si la foudre l’épargne en 1776, l’incendie de 1860 détruit la flèche, ouvrant un long débat sur la restauration[48]. En 1864, l’architecte Carpentier reçoit finalement la mission de reconstruire l’édifice ; son projet, financé par la commune, la province et l’État, introduit la flèche actuelle, un ajout spectaculaire mais étranger à la vérité historique et à la silhouette carolingienne originelle[49]. Par ses dimensions, 71,50 m de longueur, 23,20 m de largeur au transept, 18,75 m sous clef de voûte Saint‑Ursmer demeure l’un des monuments les plus significatifs de l’architecture préromane en Belgique. Sa valeur tient à trois éléments essentiels[49]:

  • Plan carolingien cohérent. Rare survivance d’une organisation spatiale du VIIe – Xe siècle encore lisible dans ses volumes.
  • Continuité monastique. L’édifice reflète l’évolution du domaine ecclésiastique depuis Ursmer jusqu’aux transformations romanes.
  • Formes carolingiennes tardives. Notamment la tour quadrangulaire à trois niveaux, coiffée d’une pyramide à quatre pans.

La flèche de Carpentier illustre l’ambivalence du XIXe siècle : volonté de magnifier le passé, mais au prix d’une réinterprétation qui brouille la lecture archéologique. Malgré cela, l’église reste un témoin exceptionnel de l’art préroman, d’autant plus précieux que les destructions révolutionnaires ont effacé l’abbaye dont elle était le cœur spirituel.

Gravure de l'ancienne abbaye Saint-Pierre de Lobbes.

L’abbaye Saint‑Pierre de Lobbes s’impose, dès le IXe siècle, comme un foyer monastique majeur dont la prospérité et le rayonnement attirent l’attention des pouvoirs voisins[50]. Malgré les ravages causés dans la région par les expéditions scandinaves, le site échappa aux attaques vikings, tandis que l’abbé Francon également prince‑évêque de Liège prit part aux opérations militaires menées aux côtés d’Arnould de Carinthie, lesquelles aboutirent à la défaite des envahisseurs lors de la bataille de Louvain en 891[50]. Les troubles politiques consécutifs à la disparition de Charlemagne eurent toutefois un impact plus profond sur l’établissement : l’abbaye passa entre plusieurs mains avant d’être confiée, en 865, à un administrateur nommé Hubert, dont la gestion entraîna une diminution notable du patrimoine monastique[50]. Cette dégradation motiva la rédaction, en 869, d’un polyptique ordonné par Lothaire II, document qui constitue la première attestation écrite de nombreuses localités de la région[50]. Parallèlement, l’afflux croissant de pèlerins attirés par les reliques de saint Ursmer et de ses compagnons conduisit à la construction d’un édifice religieux plus vaste et plus prestigieux[50]. La translation solennelle des reliques, organisée en 823 par l’évêque Halitgaire de Cambrai, semble avoir été l’un des premiers événements célébrés dans cette nouvelle église, dont la structure en grès sombre traversa les siècles. Le bâtiment conserva la mémoire des résistances opposées aux incursions scandinaves, puis à celles des Magyars, dont les dernières opérations en Europe occidentale se déroulèrent en 955[50].

L’abbatiat de Francon marque le moment où l’évolution de Lobbes s’inscrit durablement dans celle de la principauté épiscopale de Liège. À la fin du Xe siècle, le prince‑évêque Notger y exerce son autorité judiciaire et recourt à des mesures spirituelles pour contraindre les communautés locales à respecter les obligations religieuses liées aux Bancroix[50]. La situation géopolitique renforce encore l’importance du site : situé en bordure du comté de Hainaut, alors dirigé par Régnier III, Lobbes devient un point d’appui liégeois face à un voisin réputé pour ses ambitions militaires[50]. Cette tension frontalière conduit à la mise en place de dispositifs défensifs ; en 1260, Jehan II de Thuin autorise l’édification d’un mur fortifié autour de l’enclos abbatial, témoignant de la fonction stratégique que l’établissement conserve au fil des siècles[50]. Au début du XVe siècle, l’abbaye de Lobbes se trouve prise dans les tensions qui accompagnent l’ascension politique de la maison de Bourgogne, désireuse d’étendre son influence sur la principauté épiscopale de Liège[51]. L’élection d’un prince‑évêque issu de la maison de Bavière provoque une réaction populaire à Liège et débouche sur une guerre civile connue sous le nom de conflit des Haydroits[51]. Dans ce contexte de rivalités armées, Guillaume de Bavière mène en 1406 une incursion en Thudinie, au cours de laquelle les demeures des chanoines du chapitre Saint‑Ursmer de Lobbes sont incendiées[51]. La défaite des Liégeois à la bataille d’Othée en 1408 entraîne l’exil de la communauté canoniale, contrainte de se replier à Binche, laissant derrière elle un ensemble monastique largement dévasté[51].

Temps modernes

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La localité de Lobbes connut, au XVIe siècle, une dynamique de croissance qui transforma durablement son rôle régional. Au début du siècle, l’abbé Cordier établit en 1501 un marché hebdomadaire le mardi, mesure qui renforça la fonction commerciale du bourg dans la vallée de la Sambre et structura davantage les échanges locaux. Quelques décennies plus tard, l’abbaye fut frappée par un incendie d’une ampleur exceptionnelle sous l’abbatiat de Caulier, en 1546[51]. La destruction quasi totale des bâtiments monastiques entraîna une vaste entreprise de reconstruction qui mobilisa durablement les ressources de la région et fit du site un chantier majeur de la période[51]. Dans ce contexte se développa le gothique hennuyer, courant architectural largement diffusé dans les localités du Hainaut et des environs. L’abbatiale de Lobbes fut souvent citée comme l’un des exemples les plus représentatifs de ce style, rapproché par certains historiens, dont Simon Brigode, des grandes halles picardes[51]. Les travaux aboutirent à l’inauguration d’une nouvelle église abbatiale le , sous l’abbatiat d’Ermin François. Malgré un environnement marqué par des tensions politiques et militaires récurrentes, cette reconstruction ouvrit pour le monastère une phase de prospérité renouvelée, consolidant son prestige dans la région[51].

La Portelette - Portail d'enceinte de l'ancienne abbaye (XVIIe siècle).

La carte de Ferraris offre un aperçu précis de l’organisation territoriale ancienne de Lobbes, en révélant la manière dont s’articulaient les espaces habités, cultivés et forestiers[52]. La limite nord des zones mises en valeur suivait un tracé passant par le Laid Pas, la rue du Champ du Loup, la rue et la ruelle du Calvaire, puis le Bonnet Bois, avant de rejoindre la rue du Trou des Loups après le franchissement de la rue du Seigneur[52]. Au‑delà de cette ligne, le paysage était dominé par des bois de taillis sous futaie, exploités conjointement par l’abbaye et la communauté villageoise. Ces massifs, régulièrement éclaircis, faisaient l’objet de prélèvements destinés à fournir combustible et matériaux de construction[52]. Le pâturage des chevaux, bovins et porcs, malgré des règlements censés protéger la régénération des jeunes pousses, contribuait à affaiblir le renouvellement forestier, phénomène aggravé par les dégâts liés aux conflits armés[52]. L’abbaye détenait plusieurs ensembles boisés, dont le Bambois, situé au sud de la Sambre, ainsi que le Bonnet Bois, entre l’étang du Mouligneau et la chapelle Saint‑Roch, en vis‑à‑vis de la Terre au Gibet[52]. Les terres arables les plus étendues appartenaient également au domaine monastique : elles s’étiraient entre la route de Bienne‑lez‑Happart (actuelle rue du Spamboux) et le chemin reliant Lobbes à Leval, puis se prolongeaient au‑delà d’un îlot de vergers proche de la chapelle Saint‑Roch jusqu’à la limite méridionale du Trou des Loups, à l’ouest du Laubacq[52]. Les habitants cultivaient pour leur part plusieurs ensembles distincts, répartis dans les interstices du territoire monastique : une parcelle entre la rue du Calvaire et la rue des Carrières, une autre entre la rue du Calvaire et les rues Paschal et Champ du Loup, la terre du Roeulx, ainsi qu’un dernier ensemble au sud d’Heuleu, partiellement situé hors des limites de Lobbes[52]. L’ensemble dessine un paysage où les structures agraires, les boisements exploités et les zones de pâturage reflètent l’équilibre complexe entre propriété monastique et usages communautaires[52]. L’habitat de Lobbes se présentait sous la forme d’un bâti largement dispersé, où les maisons étaient séparées par des intervalles pouvant atteindre une vingtaine de mètres ou davantage. Chaque foyer disposait en général d’un terrain attenant, composé d’un potager, d’un verger ou d’un pré, le tout protégé par des haies ou des levées de terre destinées à préserver les cultures des animaux en pâture[53]. La plupart des familles, à l’exception de quelques artisans, commerçants ou notables, exploitaient une petite parcelle et élevaient au moins un animal de rente, ainsi qu’un porc destiné à la consommation domestique[52]. Les terres de moindre qualité, situées dans la boucle de la Sambre, près de la ruelle de Thuin ou entre le Laid Pas et la rivière les Pasquiers, servaient de pâturage au troupeau communal[53]. Le paysage portait déjà les traits du bocage, particulièrement visibles à Heuleu, où les alignements de peupliers, d’ormes et de saules, associés à des haies fournissant bois de chauffage et matériaux pour la vannerie domestique, structuraient l’espace rural[53]. Cet ensemble formait un territoire où l’habitat dispersé, les pratiques agricoles et les usages collectifs du sol se combinaient pour façonner une organisation villageoise typique des campagnes hennuyères[53]. Lobbes disposait d’une institution judiciaire locale comparable à celles que l’on rencontrait dans de nombreux villages de la région, et dont la mémoire collective a longtemps conservé le souvenir[54]. Cette cour, attestée depuis plusieurs siècles, occupait une place suffisamment marquante pour être évoquée dans certaines pratiques festives : dès le XVIe siècle, des localités comme Cerfontaine caricaturaient, lors du carnaval, les figures du seigneur, du greffier ou du mayeur, en organisant un « jugement » satirique aboutissant à la mise au bûcher symbolique d’une effigie représentant un personnage ayant alimenté les commérages de l’année[54]. En réalité, la cour se composait d’un mayeur, distinct du bourgmestre, et de six ou sept échevins, généralement nommés à vie, auxquels s’ajoutait un greffier formé au droit[54]. Le mayeur était désigné par l’abbé‑seigneur, qui conservait la possibilité de le révoquer. L’institution siégeait à intervalles réguliers, environ tous les quinze jours, et cumulait les attributions judiciaires avec celles d’un office d’enregistrement chargé de consigner les actes civils et les contrats[54]. Elle constituait ainsi un élément essentiel de l’organisation administrative et juridique du village, reflétant l’articulation entre pouvoir seigneurial, pratiques communautaires et régulation locale[54]. Le fonctionnement judiciaire local reposait sur un ensemble de charges complémentaires. Le bailli était chargé d’appréhender les contrevenants, de maintenir l’ordre et d’organiser les exécutions, tandis que les sergents et les geôliers accomplissaient les tâches subalternes : convocations, surveillance, affichage des ordonnances, protection des biens dans les champs et les bois. Tous ces officiers étaient tenus de prêter serment, ce qui inscrivait leur action dans un cadre de responsabilité publique[55]. Le greffier assurait la rédaction des actes, jugements et contrats en double exemplaire : l’un destiné au registre scabinal, l’autre remis aux parties concernées[55]. Les archives chartes, actes civils, registres judiciaires étaient conservées dans un coffre communal, garantissant la continuité administrative et la mémoire juridique de la communauté. Les échevins engageaient leurs biens propres en garantie des dettes du village, ce qui rendait risqué tout départ en cas d’endettement collectif[55]. Les débiteurs insolvables pouvaient être emprisonnés ou exclus de la communauté, mesure qui soulignait la dimension à la fois juridique et sociale de l’institution. L’ensemble de ces pratiques témoigne d’un système judiciaire villageois structuré, où les responsabilités individuelles et les obligations communautaires étaient étroitement liées[55].

Le clocher central de la collégiale Saint-Ursmer.

Trois fois par an, à l’Épiphanie, à Pâques et à la Saint‑Remy, la cour locale convoquait l’ensemble des habitants pour les plaids généraux, grandes assemblées consacrées aux affaires communes[55]. On y débattait des emprunts, des levées de taxes et de la gestion collective, dont un compte rendu annuel était présenté[55]. Ces réunions constituaient un moment essentiel de la vie communautaire, où se mêlaient délibération, contrôle des finances et affirmation des responsabilités locales. En matière pénale, les crimes graves meurtre, mutilation, blessures pouvaient donner lieu à un accord entre le coupable et la famille de la victime, pratique héritée du droit franc et soumise à la ratification de l’abbé[55]. Les affaires jugées à Lobbes étaient ensuite transmises aux échevins de Liège, chargés de prononcer la sentence définitive. Le gibet se trouvait le long du chemin reliant Lobbes à Leval, avant la chapelle Saint‑Roch, lieu d’exécution associé à la justice seigneuriale[56]. Un document daté de 1559 mentionne des exécutions liées à des accusations de sorcellerie, sans qu’il soit possible de déterminer si ces indications renvoient à des faits avérés ou à des prescriptions juridiques[57]. La justice de l’époque, marquée par la torture, les supplices et des peines souvent disproportionnées, reflétait un système pénal particulièrement sévère, où les procédures locales, les traditions héritées du haut Moyen Âge et l’autorité seigneuriale se combinaient pour structurer l’ordre judiciaire[57]. La communauté villageoise de Lobbes se structurait en plusieurs catégories sociales dont les droits et obligations différaient nettement. Les masuirs formaient le groupe le plus stable : héritiers établis durablement dans une maison du lieu, ils bénéficiaient d’anciens privilèges et participaient pleinement aux affaires collectives. À côté d’eux se trouvaient les surcéants, occupants d’une habitation louée et souvent mobiles, qui ne jouissaient pas des mêmes droits, sauf autorisation expresse du seigneur[58]. Les veuves étaient exclues des assemblées publiques, tandis que les non‑bourgeois ne pouvaient intervenir dans la gestion des biens communaux. Les règles encadrant la mobilité et la pauvreté étaient strictes[58]. Les indigents ne pouvaient mendier hors du village, sauf auprès des abbayes, et tout vagabond étranger pouvait être arrêté puis remis au mayeur[58]. L’abbé avait la possibilité de proposer des candidats à la bourgeoisie, moyennant paiement de droits dont le montant augmenta au XVIIIe siècle. Au XVIe siècle, aucun étranger ne pouvait s’installer à Lobbes sans l’accord du seigneur, sous peine de sanctions sévères ; les cabaretiers étaient tenus de signaler tout inconnu séjournant plus de trois jours[58]. Le curé menait une enquête sur les nouveaux arrivants, qui devaient attester de leur catholicité, ce qui montre l’importance du contrôle religieux dans la définition de l’appartenance communautaire[58]. Avec le temps, les personnes économiquement fragiles furent progressivement écartées des délibérations collectives, signe d’une évolution vers une communauté plus restrictive dans l’accès aux droits civiques locaux[58]. L’usage des noms de famille se généralisa à partir du XVIe siècle, sous l’influence du concile de Trente, même si de nombreux sobriquets continuèrent à circuler longtemps dans la vie quotidienne[58].

La fonction de bourgmestre, dans les communautés placées sous l’autorité d’une abbaye, s’inscrivait dans une logique de délégation : l’administration seigneuriale ne pouvant assumer directement l’ensemble des affaires quotidiennes, elle désignait un représentant chargé de dialoguer avec les habitants et de rechercher, avec eux, des solutions jugées acceptables pour la majorité[59]. Cette charge, conçue à l’origine comme un relais de l’autorité abbatiale, demeurait étroitement liée aux intérêts du seigneur, dont elle reflétait les priorités et les orientations[59]. Avec l’évolution progressive des droits reconnus à la communauté villageoise, une seconde dimension apparut : les habitants souhaitèrent disposer d’un mandataire capable de défendre leurs propres intérêts face au pouvoir seigneurial[59]. Cette transformation conduisit, à l’époque moderne, à la coexistence de deux figures distinctes : l’une tournée vers l’abbaye, l’autre vers la collectivité. Cette dualité illustre la tension croissante entre autorité seigneuriale et autonomie communautaire, caractéristique des villages relevant d’un établissement monastique[59]. Les bourgmestres, élus chaque année lors des plaids généraux de Pâques parmi les bourgeois de la localité et soumis au paiement d’un droit d’entrée, exerçaient leurs responsabilités aux côtés des échevins. Leur mission principale consistait à percevoir les impôts décidés par les États de Liège ou les contributions exigées par une puissance occupante, ce qui faisait d’eux des intermédiaires essentiels entre l’autorité extérieure et la communauté villageoise[59]. En période de troubles, ils pouvaient être retenus comme otages, et les troupes étrangères recouraient fréquemment à eux pour obtenir des guides, des travailleurs ou des attelages réquisitionnés[59]. Un exemple conservé dans les archives notariales de 1748 mentionne un bourgmestre nommé Bustin, contraint d’avancer des fonds pour payer des chariots réquisitionnés. Il dut ensuite engager une procédure judiciaire pour obtenir le remboursement de la communauté de Lobbes, ce qui illustre la position délicate de ces représentants, pris entre les exigences des autorités et les capacités financières du village[60]. La fonction, à la fois administrative, fiscale et diplomatique, reflétait ainsi la complexité des rapports entre pouvoir seigneurial, occupations militaires et gestion collective[61].

La communauté de Lobbes devait parfois lever des tailles supplémentaires pour financer des travaux, des procès ou le remboursement d’emprunts collectifs. La fiscalité foncière, d’abord rudimentaire et fondée sur un embryon de cadastre, se complexifia progressivement : les prélèvements s’étendirent aux échanges commerciaux, aux récoltes et au bétail[61]. Lorsque les besoins financiers devenaient importants, plusieurs tailles pouvaient être imposées simultanément afin d’atteindre la somme requise. En 1695, la contribution globale de la communauté était estimée à cinquante florins, ce qui donne une idée de l’ampleur des charges pesant sur les habitants[61]. Les bourgmestres, en tant que mandataires reconnus de la collectivité, assumaient un ensemble de responsabilités particulièrement étendu. Ils défendaient les intérêts communautaires, négociaient les subsides, supervisaient les travaux publics, organisaient l’approvisionnement, géraient les biens communaux avec l’accord du seigneur, veillaient au contrôle sanitaire en période d’épidémie ou d’épizootie, se déplaçaient pour accomplir leurs missions et présentaient chaque année leur gestion aux plaids généraux[61]. Si la charge pouvait offrir certains avantages, elle exposait aussi ses détenteurs à des obligations lourdes et parfois périlleuses, ce qui poussait nombre d’habitants à tenter d’y échapper. Au fil des siècles, l’autorité coutumière perdit progressivement de son influence, tandis que l’intervention du pouvoir central s’accrut[61]. Cette évolution transforma en profondeur le rôle et le statut des bourgmestres dans l’organisation locale, marquant le passage d’une fonction essentiellement communautaire et seigneuriale à une charge intégrée dans un cadre administratif plus centralisé[61]. La société rurale de Lobbes se présentait comme un ensemble fortement hiérarchisé, structuré autour de plusieurs groupes aux statuts et aux ressources nettement différenciés. Au sommet se trouvaient les familles les plus aisées, issues du commerce prospère, de l’exploitation d’ateliers ou de fermes de grande taille[62]. C’est parmi elles que se recrutaient les détenteurs des charges locales, tels que mayeurs et échevins, dont l’autorité reposait sur l’accumulation de biens fonciers et sur des activités économiques génératrices de revenus réguliers[62]. Un groupe intermédiaire rassemblait artisans et travailleurs modestes, dont les ressources, bien que limitées, suffisaient à assurer les besoins essentiels et à maintenir une certaine stabilité sociale. À côté de ces familles dominantes et de leurs dépendants, un tiers environ de la population était constitué de travailleurs journaliers, domestiques, valets de ferme, vachers ou moissonneurs[62]. Leur situation demeurait précaire, mais généralement suffisante pour éviter la misère. La frange la plus vulnérable regroupait les indigents, les vagabonds et les personnes inaptes au travail[62]. Certains étaient secourus par la communauté lorsqu’ils étaient reconnus comme pauvres, selon des critères qui reflétaient à la fois les normes sociales locales et les capacités financières du village. L’ensemble dessinait une société où la répartition des fonctions, des ressources et des droits civiques traduisait une organisation sociale typique des communautés rurales d’Ancien Régime[62].

L'ancienne brasserie qui est un vestige de l'abbaye.

Le travail rural à Lobbes suivait un rythme étroitement dépendant des saisons. Entre le début du mois de mars et la fête de la Saint‑Rémy, la journée s’étendait généralement de cinq heures du matin à sept heures du soir, tandis que les mois d’hiver imposaient une réduction à environ douze heures quotidiennes. Certains métiers, plus exigeants, pouvaient atteindre jusqu’à dix‑sept heures de labeur[63]. Les pauses consacrées aux repas représentaient une à deux heures. Bien que la semaine théorique comptât six jours de travail, la fréquence élevée des fêtes religieuses ramenait le total annuel à environ deux cent cinquante jours[63]. Les obligations liturgiques, notamment la grand‑messe dominicale, suspendaient toute activité, même urgente, ce qui souligne le poids du calendrier religieux dans l’organisation du temps. L’agriculture locale reposait sur un territoire d’environ deux cents hectares de prairies et de terres labourables[63]. Le système de culture suivait l’assolement triennal, alternant céréales d’automne, cultures de printemps et jachère pâturée. Cette organisation favorisait la régénération des sols, malgré des moyens techniques rudimentaires : la charrue en bois, munie d’un soc et d’un coutre en fer, nécessitait plusieurs passages et une fumure limitée[63]. Les exploitations les plus importantes, notamment celles dépendant de l’abbaye, employaient une main‑d’œuvre saisonnière et disposaient d’un cheptel varié comprenant chevaux, bovins, porcs et moutons. Le rendement des céréales demeurait faible, oscillant entre quatre et cinq fois la quantité semée. Les prélèvements seigneuriaux, les aléas climatiques ou les mauvaises récoltes réduisaient encore les bénéfices[63]. Pour compenser cette fragilité structurelle, les agriculteurs diversifiaient leurs activités : transport, coupe de bois ou gestion des dîmes constituaient des compléments indispensables à l’économie domestique. L’ensemble reflète une organisation agricole typique des campagnes d’Ancien Régime, où la combinaison de techniques limitées, de contraintes sociales et de stratégies d’adaptation façonnait le quotidien des travailleurs ruraux[63].

L’élevage constituait un complément indispensable à l’économie rurale, en fournissant laine, peaux et fumure, éléments essentiels à la fois pour l’artisanat domestique et pour l’amélioration des sols. Certaines cultures spécialisées lin, houblon ou chicorée torréfiée occupaient également une place notable dans les activités locales, en offrant des débouchés commerciaux supplémentaires[64]. Les exploitants soumis à un bail à ferme assumaient l’ensemble des risques de production en échange d’un loyer fixe, tandis que le métayage demeurait pratiqué, répartissant les charges et les bénéfices entre propriétaire et exploitant[65]. Les guerres et les bandes suivant les armées entraînaient régulièrement pillages et destructions, accentuant la fragilité du monde rural[66]. Les tentatives d’extension des terres cultivables se heurtaient à l’interdiction de déboiser, et l’absence d’engrais suffisants limitait les innovations agricoles. Malgré ces contraintes, certaines années permettaient un excédent de production : des exportations de grains vers le Hainaut sont attestées à la fin du XVIe siècle, signe d’une capacité ponctuelle à dégager un surplus[65]. La vie rurale était également traversée par des récits et traditions locales, comme l’histoire d’une ferme réputée hantée, dont le propriétaire aurait exploité la mauvaise réputation pour décourager les acheteurs lors d’une saisie judiciaire[67]. Ces anecdotes témoignent de l’imaginaire populaire et du rapport particulier entretenu avec les paysages, les fermes anciennes et les lieux chargés de mémoire, où se mêlaient croyances, stratégies sociales et perception du territoire[67]. Antoine Chivot, seigneur de Lobbes, Haucourt, Precordier, Fossés, Alepolt, etc., bénéficie en de lettres de chevalerie héréditaire, données à Saint-Germain-en-Laye. Ancien échevin d'Arras, il est le fils de feu Jacques Chivot II, qui a été honoré du titre de chevalier et de la charge de président et chef du Conseil provincial d'Artois le . Ce Jacques Chivot II était lui-même fils de Jacques Chivot Ier, mayeur de la ville d'Aire-sur-la-Lys, et petit-fils de Floris Chivot, hommes d'armes du roi catholique (le roi d'Espagne)[68].

L'abside de la collégiale Saint-Ursmer

Au début du XVIIIe siècle, Lobbes ne formait qu’une petite communauté d’environ un millier d’habitants, répartis entre les hameaux situés entre la Grattière et la Gargotte. La moitié occidentale du territoire relevait de l’abbaye de Saint‑Pierre, dont dépendait la population, intégrée à la Principauté de Liège tout en demeurant sensible aux influences hennuyères[69]. Les forêts environnantes, encore étendues, fournissaient bois, fruits sauvages, pâturages et clairières cultivées, constituant une ressource essentielle pour l’économie locale. Un chemin menant vers Blanche Fontaine longeait une source où les voyageurs faisaient halte[70]. Une image de la Vierge, fixée à un charme, donna naissance au culte de Notre‑Dame des Charmes, censée protéger les passants et dissiper les soupçons de pratiques païennes associés aux lieux isolés. Vers 1720, quelques habitants décidèrent d’ériger une chapelle en dur à cet emplacement[71]. Sous l’impulsion de Jacques Bustin, elle fut construite en briques, pierre et ardoises, avec un chevet à pans et une frise décorative. Bien que réalisée sans consultation préalable du curé, l’édifice fut toléré à condition qu’aucune messe n’y soit célébrée[72]. La chapelle ne procura guère de revenus au clergé local, mais elle traversa les siècles. Au XIXe siècle, la forêt fut défrichée pour laisser place à un quartier ouvrier structuré autour de la future Nationale 6[71]. Malgré l’urbanisation, la chapelle demeura intacte, témoin discret de l’évolution du lieu‑dit des Bonniers et de la mémoire collective, même si le nom de son fondateur finit par s’effacer. Elle illustre la manière dont les pratiques dévotionnelles, les transformations du paysage et les récits locaux s’entremêlent pour façonner l’identité d’un territoire[73].

Au milieu du XVIIIe siècle, le doyen de Binche entreprit une tournée d’inspection dans les paroisses relevant de son ressort et transmit ses observations à l’évêque de Cambrai[74]. Les communautés correspondant à l’actuelle entité de Lobbes Lobbes, Sars‑la‑Buissière, Bienne‑lez‑Happart et Mont‑Sainte‑Geneviève figuraient parmi les localités visitées, témoignant de leur intégration dans un réseau ecclésiastique structuré et d’un contrôle pastoral régulier exercé sur les villages de la région[74]. Cette démarche s’inscrivait dans les pratiques de surveillance spirituelle et administrative caractéristiques de l’époque moderne, où les doyens jouaient un rôle essentiel dans la transmission d’informations au diocèse et dans l’évaluation de la vie religieuse locale[74]. Au XVIIe siècle, une tradition rapporte que l’archiduc Albert, lors d’une visite à l’abbatiale de Lobbes en 1617, aurait déclaré que l’édifice deviendrait un jour le lieu de sépulture des moines[51]. Cette prédiction prit une dimension tragique à la fin du XVIIIe siècle, lorsque les troupes révolutionnaires françaises pénétrèrent dans la région en 1794 et incendièrent l’abbaye Saint‑Pierre, mettant fin à près de neuf siècles d’activité religieuse et culturelle. Après la période d’occupation, les vestiges encore visibles furent démantelés en 1817 pour permettre la construction d’un château[75]. La région de la Haute Sambre traversait alors une période de grande pauvreté, mais plusieurs chantiers d’infrastructure contribuèrent progressivement à son redressement[76]. La canalisation de la Sambre, achevée en 1829, l’ouverture d’une ligne ferroviaire en 1852 et l’aménagement précoce d’une route directe reliant Anderlues à Beaumont offrirent à Lobbes les bases d’un renouveau économique. Ces transformations marquèrent l’entrée du village dans une nouvelle phase de développement, où les réseaux de transport jouèrent un rôle déterminant dans la réorganisation du territoire et l’intégration de la localité dans les dynamiques régionales[76]. La collégiale de Lobbes, épargnée lors du passage des troupes du général Charbonnier en 1794, n’en demeurait pas moins dans un état de dégradation avancée. Une restauration profonde s’imposait, et elle fut finalement entreprise en 1865 sous la direction de l’architecte Carpentier, figure active dans la mise en valeur du patrimoine religieux régional[76]. Cette intervention redonna à l’édifice sa cohérence architecturale, mais l’importance historique du site restait encore largement méconnue. Il fallut attendre 1943 pour que les fouilles menées par Simon Brigode révèlent l’ancienneté exceptionnelle de la collégiale, mettant en lumière des phases de construction remontant aux premiers siècles du christianisme dans la région[76]. Ces découvertes replacèrent Lobbes dans le cercle restreint des sites religieux majeurs de la vallée de la Sambre, et contribuèrent à renouveler l’intérêt scientifique pour l’ancienne abbaye et son environnement. Au début du XXIe siècle, un vaste programme de mise en valeur du cadre environnant fut entrepris[76]. Achevé en 2006, il transforma le site en un véritable pôle patrimonial : réaménagement des abords, valorisation des perspectives, intégration paysagère et amélioration de l’accès. La collégiale devint ainsi un atout touristique majeur pour la commune, renforçant l’intérêt culturel et historique du lieu tout en réinscrivant l’édifice dans la mémoire collective contemporaine[76].

Époque contemporaine

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La nationale 59, qui traverse aujourd’hui Lobbes sous les noms de rue des Waibes et rue d’Anderlues, est issue d’un projet routier conçu au début du XIXe siècle, durant le Royaume uni des Pays-Bas. Son établissement découle d’une démarche conjointe des autorités de Thuin et de Lobbes, qui sollicitèrent le l’intervention du roi Guillaume 1er afin d’obtenir une voie de communication directe vers Charleroi, alors en pleine expansion économique[77]. Le tracé devait, à Anderlues, se raccorder à la chaussée nouvellement ouverte reliant Binche, Fontaine‑l’Évêque et Charleroi, et s’inscrire dans un itinéraire plus vaste envisagé entre Beaumont et Bruxelles. Appuyées par la députation des États et par le gouverneur du Hainaut, les communes obtinrent un arrêté royal le , qui fixa le parcours de la future route[77]. L’autorisation de construction suivit en , et la réalisation des plans fut confiée à l’ingénieur de l’État Depuydt, dont la rémunération suscita des remarques en raison de son montant jugé élevé. L’adjudication du chantier, prononcée le , attribua les travaux à l’entreprise Briard, établie à Namur, pour un total de 66 146 francs. La route fut pratiquement achevée à la fin de 1824[77]. À Thuin, le bourgmestre Martin supervisa encore la construction d’un pont sur la Sambre, conçu pour s’intégrer au programme de canalisation du fleuve, lequel fut mené à terme en 1829[77]. Le financement de l’ensemble de l’infrastructure reposa sur les communes initiatrices : Lobbes assuma environ un tiers des dépenses, tandis qu’Anderlues participa par un apport de 5 000 francs[77].

La mise en place de la future nationale 59 s’inscrit dans une période où les autorités locales de la région de Thuin et de Lobbes cherchaient à relancer leurs territoires malgré une succession de bouleversements politiques. Après la domination autrichienne, les années révolutionnaires françaises, l’Empire napoléonien puis l’intégration au Royaume uni des Pays-Bas, les communes durent composer avec les séquelles des conflits, des réquisitions et des destructions[78]. Dans ce contexte instable, elles entreprirent néanmoins de coordonner leurs efforts pour soutenir la reprise économique et améliorer les infrastructures de communication. Plusieurs acteurs contribuèrent matériellement au projet[78]. Le marquis de Brancas céda les terrains nécessaires dans le bois de Fontaine, tandis que l’administration des Eaux et Forêts autorisa l’exploitation d’une carrière près de la chapelle aux Charmes[78]. Les communes elles‑mêmes procédèrent à la vente de parcelles boisées afin de réunir les fonds indispensables à la construction. Si la collaboration entre les localités demeura solide, elle ne fut pas exempte de négociations : Lobbes obtint que la route traverse directement le cœur du village, alors que Thuin dut se satisfaire d’un raccordement par les Bonniers[78]. L’archiviste thudinien J. Rombeau formula plus tard une observation devenue célèbre pour résumer cet épisode, estimant que, en matière de tracés routiers, « les paysans se montrent toujours plus habiles que les bourgeois »[78].

Les Filles de Notre‑Dame du Sacré‑Cœur, fondées en 1874 à Issoudun, s’installèrent en Belgique en 1902, à la suite des lois françaises limitant l’activité des congrégations. Deux religieuses ouvrirent alors une première maison à Thuin, où elles se consacrèrent aux soins à domicile[79]. Leur action, rapidement remarquée, suscita des sollicitations des communes voisines, notamment Lobbes, où elles intervenaient déjà depuis une quinzaine d’années. En 1916, leur présence put s’y établir durablement grâce au don d’une habitation situé rue de la Grattière, offert par Mlle de Harveng[80]. Une seconde maison, donnée en 1918 par Hélène Putsage, permit d’élargir leurs activités, qui combinaient soins infirmiers, soutien aux familles et enseignement religieux. Durant la Première Guerre mondiale, les sœurs assurèrent une assistance aux blessés, accueillirent des réfugiés et poursuivirent leurs missions malgré les pénuries et les bombardements[81]. Après l’armistice, elles transformèrent la maison de la Grattière en home pour enfants orphelins, tandis que la maison du Sacré‑Cœur se spécialisa dans les soins hospitaliers. La Seconde Guerre mondiale provoqua un nouvel exode, mais les religieuses revinrent rapidement pour reprendre leur service auprès des malades et des victimes des attaques aériennes[82]. En 1948, elles furent appelées à travailler à la clinique Saint‑Joseph de Thuin, où elles exercèrent pendant plus de trente ans, jusqu’à la diminution progressive des vocations. Toujours présentes à Lobbes à la fin du XXe siècle, les Filles de Notre‑Dame du Sacré‑Cœur ont marqué durablement la vie locale par leur engagement dans les domaines social, éducatif et hospitalier, laissant une empreinte importante dans l’histoire de la commune[83].

Au début du XXe siècle, Lobbes rassemblait près de 3 600 habitants répartis entre deux pôles aux identités bien distinctes. Le Centre, où se concentraient les fonctions administratives et commerciales, regroupait la maison communale, l’église, la gare, le bureau de poste et diverses professions libérales[84]. Les Bonniers, plus tournés vers les métiers du bâtiment et une économie semi‑rurale, dépendaient de ces services sans en disposer, ce qui entretenait une rivalité locale durable entre les deux quartiers. L’activité économique reposait sur une combinaison de petits métiers et d’emplois industriels. Les carrières de Saint‑Roch employaient des ouvriers saisonniers, tandis que le laminoir de Hourpes attirait une partie de la main‑d’œuvre[84]. S’y ajoutaient des artisans, des bûcherons, de modestes exploitations agricoles et des migrations temporaires vers la France pour la fabrication de briques. Quelques établissements industriels structuraient davantage l’emploi : les briqueteries de la Sambre, une platinerie utilisant la force hydraulique, deux petites fonderies et divers ateliers spécialisés[85]. La gare de Lobbes, située à la jonction de plusieurs lignes, constituait un nœud ferroviaire animé, renforcé par la présence d’agents du Nord Belge. La vie sociale était particulièrement dense : sociétés musicales, cercles dramatiques, associations sportives, groupes carnavalesques et fêtes locales rythmaient le calendrier[86]. Les cafés, nombreux, formaient des lieux essentiels de sociabilité populaire. L’éclairage public demeurait limité jusqu’à l’introduction progressive de l’électricité autour de 1910, et la circulation automobile restait marginale avant 1912, témoignant d’un village encore largement structuré par des modes de vie pré‑industriels[87].

Le monument aux morts.

La commune de Lobbes est directement touchée par les opérations militaires d’, au moment où les premières grandes confrontations de la Première Guerre mondiale se déroulent sur la Sambre et le plateau d’Heuleu[88]. Ces engagements, menés les 22, 23 et , s’inscrivent dans ce que les historiens nomment la bataille de Charleroi, elle‑même intégrée à la vaste bataille des Frontières, qui constitue le prélude stratégique à la future bataille de la Marne[88]. Les troupes françaises, dont les 57e et 144e régiments d’infanterie, franchissent la frontière belge le , saluant un pays qui a choisi de résister à l’invasion allemande[88]. Les combats se concentrent rapidement autour des ponts de la Sambre, dont le contrôle devient un enjeu tactique majeur[88]. Le , les affrontements atteignent leur intensité maximale sur le plateau d’Heuleu, où les unités françaises et allemandes s’opposent dans des combats rapprochés, notamment aux abords de la ferme Philémon[88]. Le , une crue de la Sambre emporte une péniche, détruisant le pont-levis, aujourd'hui disparu. Il a fallu faire appel aux soldats allemands pour retirer l'épave de la rivière[89].

Le cimetière militaire d'Heuleu.

La population de Lobbes est directement confrontée aux violences de l’invasion allemande en , au moment où les combats de la bataille de Charleroi se déroulent sur la Sambre et le plateau d’Heuleu[88]. Les habitants, réfugiés dans les caves, subissent les exactions liées à l’occupation, ainsi que l’incendie de plusieurs bâtiments, parmi lesquels la maison communale, dont les archives disparaissent dans les flammes[88]. Ces événements ont laissé une empreinte durable dans la mémoire locale, matérialisée par un monument commémoratif installé sur les degrés de la collégiale Saint‑Ursmer, et par le cimetière militaire d’Heuleu, devenu un lieu de recueillement fréquenté par des visiteurs français[88]. Ce site a accueilli plusieurs commémorations importantes, notamment en 1934, 1964 et 1984, et une plaque en bronze y reprend quelques vers de Victor Hugo, soulignant la continuité du souvenir collectif. Sur le plan militaire, l’action du général Charles Lanrezac, commandant la 5e armé française, occupe une place centrale dans l’interprétation historique des opérations[90]. Sa décision de déployer le 1er corps d’armée à Dinant dès le pour contrer la cavalerie de von Richthofen, puis de maintenir ses forces le long de la Sambre à partir du , contribue à ralentir les tentatives de débordement menées par l’armée de von Bülow. Le , Lanrezac ordonne un repli général afin d’éviter l’encerclement, aggravé par la retraite simultanée de la 4e armée[91]. Cette manœuvre permet à ses troupes de se retirer sur près de 250 kilomètres sans être détruites, préservant ainsi leur capacité opérationnelle. La 5e armée peut dès lors participer au redressement décisif de la bataille de la Marne, étape majeure du conflit qui ouvre la voie à l’issue du [91].

Au cours du conflit de 1940‑1945, la population de Lobbes se trouve confrontée à une situation très différente de celle vécue en 1914. L’invasion allemande du déclenche un vaste mouvement d’exode vers la France, alimenté par le souvenir encore vif des violences de la Première Guerre mondiale. Le bombardement, le 23 mai, de convois ferroviaires transportant des réfugiés pour la plupart originaires de Liège accentue la panique et précipite les départs[92]. La mobilisation générale a entraîné la quasi‑totalité des jeunes hommes sous les drapeaux, mais la capitulation de l’armée belge, dix‑huit jours après l’invasion, met rapidement fin à l’espoir d’une résistance prolongée[92]. Dès , une forme de vie civile se reconstitue sous l’autorité allemande. Le gouvernement légitime ayant gagné Londres, l’administration est confiée aux secrétaires généraux, tandis que les autorités locales élues sont remplacées par des collaborateurs désignés par l’occupant[92]. Parallèlement, soixante‑quatorze habitants de Lobbes sont faits prisonniers de guerre et envoyés dans divers oflags et stalags ; plusieurs y meurent, et beaucoup reviennent durablement affaiblis[92]. Une résistance locale se met progressivement en place et parvient, par ses actions, à entraver certains projets de l’administration allemande, dont la fermeté s’atténue au fil du conflit. Le bombardement allié du inflige toutefois de lourdes pertes civiles et détruit de nombreux bâtiments, tout en signalant l’approche d’un tournant militaire[92]. La libération, le , ouvre une nouvelle phase, mais la reconstruction administrative et matérielle exige encore de longs mois, d’autant que l’offensive des Ardennes durant l’hiver 1944‑1945 ralentit le retour à la normalité. La capitulation allemande de permet enfin d’espérer le retour des habitants dispersés ou retenus loin de leur foyer depuis cinq ans[92].

Lobbes dans les années 1960 (carte postale).

La réorganisation administrative de 1977 modifie profondément le territoire communal en intégrant à Lobbes trois localités voisines situées au‑delà de l’ancienne frontière de la principauté[93]. Bien que séparées autrefois par cette limite historique, ces entités avaient développé, au fil des siècles, une évolution étroitement liée à celle de Lobbes, tant sur les plans économique que social. Leur intégration traduit ainsi une continuité territoriale plus ancienne que les découpages institutionnels[93]. Sur la Sambre, à l’endroit où la tradition situe la vigilance du personnage légendaire Morosus, censé surveiller autrefois le passage des convois, un pont d’architecture particulièrement soignée est mis en service en 1989[93]. Cette infrastructure, conçue pour élargir et sécuriser le franchissement du fleuve, renforce l’ouverture de la Thudinie et améliore la circulation entre les différentes composantes de la commune élargie. Elle s’inscrit dans une dynamique de modernisation des accès et de valorisation du rôle régional de Lobbes[93].

Politique et administration communale

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Conseil et collège communal 2024-2030

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Collège
Bourgmestre Steven Royez Les Engagés
Échevins Sophie Baudson Les Engagés
Christophe Fitdevoie Les Engagés
Philippe Skilbecq Les Engagés
Stéphane Basile Les Engagés
Président du CPAS Valérie Leporcq Les Engagés

Liste des bourgmestres de 1800 à aujourd'hui

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  • Joseph Gouttière, maire de 1800 à 1805.
  • Chrysostome Bernard, maire, mayeur, bourgmestre de 1806 à 1827.
  • Charles-Emmanuel Lavary, de 1828 à 1865 (Parti libéral).
  • Bernard Pierre François, de 1867 à 1878 (Parti libéral).
  • François Joncret, de 1879 à 1882 (Parti libéral).
  • François Stilmant, bourgmestre et industriel, de 1882 à 1898 (Parti catholique).
  • Léon Duquesne, bourgmestre et notaire, de 1898 à 1921 (Parti catholique).
  • Louis Bernard, de 1921 à 1926 (POB).
  • Charles Halbrecq, de 1927 à 1939 (Parti catholique).
  • Louis Bernard, de 1939 à 1958 (POB-PSB).
  • Franz Van Sevenant, bourgmestre et colonel, 1959 à 1971 (Parti libéral).
  • Robert Honoré, de 1971 à 1982 (PSC).
  • Oscar Baix, de 1982 à 1988 (PSC)
  • André Levacq, de 1988 à 1999 (PSC).
  • Marcel Basile, de 1999 à 2001 (PSC).
  • André Bondroit, de 2001 à 2006 (Groupement d'élus PS et MR).
  • Marcel Basile, de 2006 à 2018 (CDH).
  • Steven Royez, de 2018 à 2020 (CDH).
  • Lucien Baudouin, de 2020 à 2024 (PS).
  • Steven Royez, de 2024 à aujourd'hui (Les Engagés).

Sécurité

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Zone de Police 5912 Binche-Anderlues-Leernes-Quartier Lobbes/Anderlues[94], place communale.

Centre Arthur Regniers

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En 2022, le baron Jean-Marie Bogaert (ex-échevin MR de Lobbes) est arrêté, placé sous mandat d'arrêt et est incarcéré à la prison de Jamioulx[95],[96]. Il gère une fondation (la Fondation Baron-Baronne Jean-Marie et Monique Bogaert) et deux asbl (Vestric et Les amis des infirmes moteurs cérébraux). Des réquisitions bancaires ont permis de découvrir des mouvements financiers qui posent question entre les comptes des asbl, de la fondation, et les comptes personnels de Jean-Marie Bogaert[96]. À la suite du scandale, il est suspendu comme membre du Mouvement Réformateur par Denis Ducarme[97].

Patrimoine et culture

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Patrimoine architectural

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La collégiale Saint-Ursmer (VIIe, XIe, XIIe et XIXe siècle)[98].

Voir aussi la liste du patrimoine immobilier classé de Lobbes.

  • La collégiale qui porte le nom de Saint-Ursmer fondée au IXe siècle fait partie du Patrimoine majeur de Wallonie. Elle est reconnue comme la plus ancienne église de Wallonie. La nef et les deux transepts datent de l’époque carolingienne. À partir de la fin du XIe siècle ou, d’après une étude récente, dès la fin du Xe siècle, période durant laquelle un chapitre de chanoines fut instauré, l’église a été modifiée, notamment par l’agrandissement du chœur et la transformation de la vaste crypte semi-enterrée encore préservée aujourd’hui[99].
  • La portelette.
    L'ancienne abbaye, fondée au VIIe siècle par Saint-Landelin, l'abbaye devint, au Xe siècle, l'un des principaux foyers culturels de la région. Elle connut une nouvelle période de prospérité au XVIIIe siècle, marquée par d'importantes reconstructions sous l'abbatiat de Théodulphe Barnabé (1728-1752). Cependant, l'abbaye fut saccagée pendant la Révolution française en 1794, puis détruite en 1817. Les matériaux furent réutilisés pour restaurer les fortifications de Charleroi[100].
    • La portelette, qui marque la limite du domaine de l'abbaye datant de la fin du XVIIe siècle en style baroque[101], abrite dans ses deux niches les statues de Saint-Ursmer et de Saint-Landelin. La tourelle accolée au mur, construite au XVIe siècle, faisait partie du système défensif. Les murs, quant à eux, remontent au XIIIe siècle[102]. Une réplique de la portelette se trouve à Valle Hermoso en Argentine[103],[Note 1].
    • L'ancienne ferme abbatiale devenu dépôt de brasserie.
      Tramway touristique de Lobbes-Thuin.
      L'ancienne ferme abbatiale, construite sous l'abbatiat de Théodulphe Barnabé[100].
    • L'ancienne ferme datant du dernier tiers du XVIIIe siècle qui est dépendant de l'ancienne abbaye[104].
  • Lobbes est traversée par un tramway touristique qui rejoint Thuin[105]. Cependant, la commune a récemment voté une résolution demandant qu'une section importante d'un intérêt historique significatif soit déferrée pour y installer un espace de parking.
  • L'ancien pensionnat de la Visitation, rue Paschal. Il a été édifié entre 1874 et 1876[106]. Jusqu'en 1948, le couvent était une école libre (primaire et moyenne pour filles)[107]. Aujourd'hui, le couvent a été démoli sauf la façade qui donne sur la rue. À l'arrière se trouve une maison de retraite et une crèche.
  • L'ancienne maison communale. Construite par Alexis Dumont en 1923 et 1924[108], pour remplacer l'ancienne détruite durant la guerre de 1914-1918 par les troupes allemandes, elle se situe sur la place communale. Elle est devenue un poste de police et une salle d'expositions, tandis que l'administration communale a déménagé dans un bâtiment situé entre le pont du chemin de fer et la Sambre.
  • L'église du Sacré-Cœur, construite en 1913, est un édifice au style éclectique conçu par l'abbé Vanding[109]. L'église a été incendiée le [110]. Elle se trouve dans le quartier des Bonniers, au nord de Lobbes-Centre.
    L'ancienne maison communale.
  • La clinique Saint-Joseph, ancien bâtiment de l’abbaye, a été construite par l’architecte Hosdain.
  • Le jardin de Folcuin. Créé en 1997, ce jardin est l'héritage des traditions horticoles des moines, préservées pour lutter contre les famines et les épidémies. Géré par des bénévoles, il offre un espace de convivialité, avec des panneaux didactiques permettant de découvrir l'histoire de ce jardin féodal[111].
  • La chapelle Notre-Dame de Hal, sur le chemin de halage.
  • La chapelle Notre-Dame aux Charmes, située à Lobbes-Bonniers, a été construite au XVIIIe siècle[112].
  • Le pavillon situé rue des Quatre-Bras est de style Louis XVI, probablement rattaché à l’ancienne abbaye, date de 1782[113].
  • La chapelle Saint-Roch, se situe sur les hauteurs à l'ouest de la commune.
  • La tour blanche dans la nécropole d'Heuleu dédiée aux 226 soldats français tombés au champ d'honneur au cours de la bataille de Charleroi au début de la Première Guerre mondiale.

Culture

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Folklore et traditions

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Le carnaval de Lobbes, créé en 1910[114], a un caractère unique : les Hottes, vêtues de costumes de grand-mère, transportent leurs maris dans leur hotte et les Nonancourts, un groupe folklorique, ont été fondés au début du XXe siècle, formant une société musicale unique, avec un costume revisité et des interprétations originales[115][116]. Il existe aussi d'autres sociétés comme les Sorcières lobbaines, les Gilles, les Paysans, etc. Le carnaval de Lobbes-centre qui se tien le week-end après le Laetare[117] et le carnaval de Lobbes-Bonniers qui se tient le week-end avant le Laetare[117].

Chaque dernier week-end de septembre a lieu à Lobbes la Ducasse 1900[118] qui se compose de danses traditionnel, brocante et la dégustation de la bière Saint-Dodon[119].

Pendant les mois d'été, la tradition des joutes nautiques perdure au pont de Sambre grâce aux deux sociétés lobbaines[120].

Remise en lumière par le père Luc en 1995, la procession menée par la confrérie des archers de Sainte-Appoline remonte à ses origines au XVIIe siècle[121].

Lobbes possède un musée sur le miel[122], rue de la Fontaine Pépin.

Bibliothèque

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Réserve centrale du Réseau public de la Lecture (Fédération Wallonie-Bruxelles)[123], rue des Quatre d'Gins no 36.

Lieux publics

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Cimetières

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Lobbes possède deux cimetières :

  • cimetière de Lobbes et la nécropole de Heuleu ;
  • cimetière aux 226 soldats français tombés au champ d'honneur au cours de la bataille de Charleroi au début de la Première Guerre mondiale. Une tour blanche domine le cimetière.

Salle polyvalente

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La commune possède une salle polyvalente « Les Blés Verts »[124].

Enseignement

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École communale du Centre[125], école communale des Bonniers[125] et école libre de Lobbes.

Galerie

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Économie

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L'économie de Lobbes s'est principalement développée grâce à l'exploitation des carrières de grès, dont les blocs étaient transportés vers la gare par wagonnets. Jusqu'au début du XXe siècle, la Sambre attirait également des fonderies et un chantier naval. De l'autre côté, le long de l'actuelle rue de la Saline, un quartier abritant de petites industries comme une saline, une savonnerie, une brasserie et une briqueterie s'était établi au bord de l'eau[127]. Aujourd’hui, c’est la qualité de vie de l’endroit qui y attire non seulement une population avide de calme et d’air sain mais aussi des touristes épris par la beauté de ses sites naturels et architecturaux de la Thudinie.

Tissu économique de Lobbes

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Lobbes présente un tissu économique caractéristique des petites communes semi‑rurales de Wallonie : un maillage de petites entreprises, un secteur tertiaire dominant, et une activité agricole encore visible. Les données statistiques locales disponibles via Walstat indiquent que la commune s’inscrit dans un profil économique marqué par une faible densité d’entreprises et une économie de proximité centrée sur les services et le commerce local[128].

Les données régionales sur l’utilisation du sol (ODWB) montrent que les communes rurales du Hainaut, dont Lobbes, conservent une part significative de terres agricoles, principalement orientées vers[129]:

  • les cultures céréalières,
  • l’élevage bovin,
  • et les prairies permanentes.

Les diagnostics territoriaux mis à disposition par l’Open Data Wallonie‑Bruxelles confirment que les communes rurales de la région présentent une activité agricole encore structurante, même si elle n’est plus dominante en termes d’emploi.

Les indicateurs socio‑économiques régionaux publiés par l’IWEPS montrent que les communes rurales wallonnes, dont Lobbes, se caractérisent par[130]:

  • un taux d’emploi inférieur à la moyenne wallonne,
  • une dépendance aux pôles d’emploi voisins (ici : Thuin, Charleroi),
  • des revenus médians légèrement inférieurs à la moyenne régionale.

Ces tendances sont documentées dans les Chiffres‑clés de la Wallonie (édition 2023).

Entreprises

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La plupart des entreprises sont situées dans le zoning Lobbes-Thuin créé dans les années 1970 :

  • Bidfood, service de distribution de nourritures pour maisons de repos, hôpitaux, écoles et entreprises[131];
  • Drinks Distri Boissons Lobbes[132].
  • Full Mazout (société de livraison de mazout, diesel, pellets et de bois de chauffage)[133];
  • Intérieur et Chaleur, entreprise de chauffage[134];
  • Multi-Service Découpe SA[135];
  • Full Logistic Thuin SA (service de transport)[136];
  • Acos-Visoderm (laboratoire de cosmétique)[137].

Commerces

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Lobbes possède des petits commerces dans le centre et dans le quartier des Bonniers (cafés, friteries, épicerie, etc.).

Brasserie
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Brasserie du Val de Sambre qui se situe dans le Zoning Lobbes-Thuin[138].

Produits du terroir
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Domaine de la Portelette, vignes[139]. Ferme du Champ du Loup, ferme pédagogique avec un magasin de produits locaux[140].

Anciennes industries de l'époque à Lobbes

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La vie économique du secteur reposait sur un ensemble d’activités industrielles de taille modeste mais structurantes. L’élément le plus marquant était le complexe de briqueteries connu sous le nom de La Terre du Roeulx, installé le long de la Sambre. Cette entreprise, qui mobilisait environ une centaine de salariés en majorité des femmes se distinguait par la fabrication de briques de façade et de modèles spécialisés destinés aux conduits industriels, produits qui étaient exportés jusqu’en Amérique du Sud[141]. À proximité du déversoir de l’écluse se trouvait une platinerie hydraulique utilisant l’énergie du cours d’eau pour la production d’outils agricoles tels que pelles et bêches. Cette installation employait près de trente ouvriers[142]. Une petite fonderie de fonte, établie sur l’ancien emplacement d’une saline, complétait ce paysage industriel en réalisant des pièces de petite mécanique grâce au travail d’une douzaine de personnes. Une seconde fonderie, située au lieu‑dit des Quatre‑Bras, se spécialisait dans la fabrication de pompes de cuisine et nécessitait une main‑d’œuvre réduite[142]. Les carrières de Saint‑Roch, alors pleinement exploitées, fournissaient un granit réputé et faisaient travailler environ quarante ouvriers. Autour de ces pôles industriels gravitait un ensemble d’ateliers artisanaux maréchaleries, charronneries, menuiseries, brasseries, saboteries et entreprises de construction qui, bien que de dimension limitée, assuraient un emploi régulier à une partie de la population locale[142].

L’industrie et l’artisanat de Lobbes aux XIXe et XXe siècles se distinguent par une diversité d’activités allant des ateliers familiaux aux petites unités de production. Vers 1850, la maison Bernard & Cie établit un atelier de platinerie près de l’écluse, sous le Bois du Feuillu. L’établissement, initialement consacré au travail de la tôle, évolua au siècle suivant vers le forgeage d’outils agricoles réalisés à partir de rebuts métalliques. Après la Seconde Guerre mondiale, le site fut reconverti en atelier d’estampage, où plusieurs ouvriers notamment issus de la famille Michel demeurèrent durablement implantés dans la commune[143]. Le recensement de 1846 témoigne de l’existence d’un artisanat varié : un brodeur d’or installé près des escaliers de l’église, connu pour être le père de l’historien Wotquenne ; un relieur-cartonnier ; ainsi qu’une savonnerie probablement située dans le quartier de la Grattière. Les rémunérations y étaient faibles : la plupart des adultes percevaient entre 0,50 et 2 francs par jour, tandis que les enfants gagnaient moins d’un franc[144]. À la fin du XIXe siècle, l’économie locale reposait sur plusieurs pôles complémentaires. Deux carrières à pavés employaient environ soixante ouvriers et produisaient près d’un million d’unités annuelles grâce à l’usage de moteurs à vapeur. Les briqueteries, dont la principale était située à la Terre du Roeulx, fabriquaient quelque trois millions de briques par an et attiraient une main‑d’œuvre provenant parfois d’Anderlues, les ouvriers effectuant le trajet à pied[144]. La production brassicole était assurée par deux établissements, Halbrecq et Mary, dont la production cumulée avoisinait les 8 000 hectolitres. S’y ajoutaient un atelier de préparation de laine, deux abattoirs, une petite unité spécialisée dans les outils agricoles et une entreprise active dans le secteur de la construction, complétant ainsi un tissu économique mêlant activités industrielles légères et artisanat traditionnel[145].

Les ateliers E. Briquet - Romain, SA Constructions Mécaniques & Métalliques à Lobbes - Bonniers

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Les ateliers E. Briquet – Romain, établis à Lobbes‑Bonniers, constituèrent une entreprise de constructions mécaniques et métalliques active depuis la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 1970. Fondés par Emile Briquet (1870‑1957), originaire de la région de Chimay, ils apparurent vers 1895 sous la forme d’un atelier de ferronnerie spécialisé dans la réalisation de grilles et d’ouvrages métalliques destinés aux demeures bourgeoises de la localité[146]. L’activité prit rapidement une dimension industrielle : l’atelier fournit des équipements pour les carrières, des pièces destinées aux usines, du matériel pour les charbonnages ainsi que divers dispositifs liés au développement des infrastructures électriques[146]. Pendant la Première Guerre mondiale, Briquet se réfugia à Paris, où il produisit du matériel pour entrepreneurs, avant de revenir en Belgique au moment de la reconstruction[146]. À son retour, l’entreprise s’inséra dans un bassin industriel particulièrement dense et diversifié, fournissant des équipements à des secteurs tels que les verreries, les glaceries, les charbonnages, les cimenteries et les centrales électriques. Cette évolution permit aux ateliers de s’imposer comme un acteur régional important dans le domaine des constructions métalliques jusqu’à leur cessation d’activité au cours des années 1970[147].

Sous la direction de Jacques Druenne, ingénieur civil diplômé en 1929 et gendre d’Emile Briquet, les ateliers connurent une phase d’expansion qui porta leur effectif à une trentaine d’ouvriers à la veille de la Seconde Guerre mondiale[148]. Après 1945, l’entreprise prit part aux transformations techniques du secteur industriel : elle contribua à la mécanisation du bâtiment, équipa plusieurs centrales électriques et participa à la modernisation des installations charbonnières[148]. Cette dynamique s’accompagna d’une diversification des productions, incluant des travaux de chaudronnerie, des équipements destinés au traitement des produits oléagineux et la fabrication d’accessoires ferroviaires[148]. Entre les années 1950 et 1970, les ateliers devinrent concessionnaires en Belgique des convoyeurs SOVEZ et développèrent une gamme de structures métalliques comprenant passerelles, escaliers et panneaux ajourés brevetés sous le nom Grip‑Light, utilisés tant en Belgique qu’à l’étranger[149]. Malgré un personnel dépassant encore les soixante ouvriers en 1975, l’entreprise cessa ses activités vers 1976. Jacques Druenne, dernier dirigeant de la société, s’éteignit en 1990[150].

Tourisme

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L'office du tourisme.

Lobbes et ses villages (Mont-Sainte-Geneviève, Bienne-lez-Happart, Sars-la-Buissière) sont reliés par un réseau de sentiers balisés, idéal pour la randonnée pédestre. Le syndicat d'initiative se trouve au no 17 place Communale. Le Syndicat d’Initiative propose 2 visites et 7 randonnées thématiques, permettant d’explorer patrimoine, nature et villages[151].

Promenade « Au fil de Lobbes ». Itinéraire emblématique de 4,5 km (1 h 15), il relie la collégiale à la Sambre en traversant bois et campagnes[152]:

  • Difficulté : facile ;
  • Départ : Place Communale.

La région organise des événements tels que Lobb’icyclette, alliant promenade à vélo et arts de rue, et s’intègre dans des itinéraires cyclables d’envergure, tels que la Route UNESCO à vélo (tronçon Thuin–Charleroi)[153].

La collégiale est ouverte toute l’année, avec horaires élargis d’avril à octobre. Des audioguides, dont une version adaptée aux enfants, sont disponibles[154],[155].

Transport et communication

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La gare de Lobbes.

Position centrale par rapport aux axes de mobilité (N59, N40, N55 et N559), à 5 minutes d’Anderlues et de Thuin, 20 minutes de Charleroi et de Binche, et 40 minutes de Mons[156].

Situé au croisement des lignes Charleroi-Erquelinnes construite de 1845 à 1852 et de Mons-Chimay désaffectée[157],[Note 2].

La commune de Lobbes est traversée par la ligne 130A, de Charleroi à Erquelinnes, qui passe dans les localités de Mont-sur-Marchienne, Marchienne-au-Pont, Landelies, Hourpes, Thuin, Lobbes, Fontaine-Valmont, Labuissière, Solre-sur-Sambre et Erquelinnes-Village et Erquelinnes.

Lobbes est desservi par les lignes des TEC : 21, 91[158], 109b[159] et 119.

Clinique Saint-Joseph

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La clinique Saint-Joseph.

La clinique Saint‑Joseph de Lobbes, située rue de la Station 25, est un établissement hospitalier intégré au réseau du CHU HELORA, qui regroupe plusieurs sites de soins dans le Hainaut et le Brabant wallon. Elle se distingue comme un hôpital de proximité offrant des services médicaux, chirurgicaux et gériatriques, ainsi qu’un service d’urgences accessible 24 heures sur 24. L’infrastructure se trouve en face de la gare de Lobbes, ce qui facilite son accès en transports en commun, et dispose de parkings gratuits, dont un espace réservé aux urgences[160],[161].

L’établissement propose un ensemble de services cliniques variés, incluant notamment la pédiatrie avec des consultations spécialisées en néphrologie, allergologie, cardiologie ou dermatologie et un hôpital de jour gériatrique destiné aux patients âgés nécessitant une prise en charge pluridisciplinaire en ambulatoire. Les horaires de visite sont adaptés selon les unités, avec des plages élargies pour les chambres particulières et des règles spécifiques pour les soins intensifs et la pédiatrie. Une boutique interne, ouverte en semaine et le week‑end, met à disposition boissons, collations, produits d’hygiène et presse, complétée par plusieurs distributeurs automatiques[161],[162].

La clinique s’inscrit dans la philosophie du CHU HELORA, qui vise à offrir des soins accessibles, performants et centrés sur le respect du patient. Elle fait partie d’un ensemble hospitalier plus vaste comprenant notamment les sites de La Louvière, Nivelles, Tubize, Mons et Warquignies, permettant une articulation entre centres d’expertise et structures de proximité. Cette intégration garantit une prise en charge globale des pathologies, tout en maintenant un ancrage local fort au sein de la commune de Lobbes[163].

La Visitation

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La maison de repos La Visitation, située à Lobbes dans la province de Hainaut, est un établissement résidentiel pour personnes âgées géré par l’ASBL Entraide Fraternelle Jolimont. Implantée au cœur de la commune, elle domine la vallée de la Sambre et offre un panorama sur la collégiale Saint-Ursmer, ce qui contribue à son caractère paisible et à son ancrage local. L’institution accueille des résidents valides, en perte d’autonomie physique ou psychique, ainsi que des personnes désorientées ou en fin de vie, dans un cadre conçu pour allier sécurité, confort et atmosphère familiale[164].

L’établissement dispose d’une capacité d’hébergement comprenant 31 lits de maison de repos et 42 lits de maison de repos et de soins, répartis en 67 chambres individuelles et 3 chambres doubles. Chaque chambre est équipée d’une salle de bain privative avec douche de plain-pied, lavabo et WC, ainsi que d’un mobilier de base incluant un lit électrique et un fauteuil relax. Les résidents ont la possibilité d’apporter leur propre mobilier afin de personnaliser leur espace de vie. Les espaces communs comprennent notamment des salles de séjour climatisées avec vue sur la vallée, des kitchenettes et des coins repos à chaque étage[165].

La Visitation s’inscrit dans un ensemble intergénérationnel comprenant également une crèche et un espace d’accueil extrascolaire, favorisant les interactions entre générations. Une résidence-services attenante, ouverte en 2023, propose des logements adaptés et un espace bien-être incluant une piscine destinée à encourager l’activité physique des seniors. L’établissement met l’accent sur la qualité des soins, l’accompagnement pluridisciplinaire et le maintien de l’autonomie, tout en offrant diverses activités de loisirs et des services tels que coiffure, esthétique ou pédicurie[164].

Crèche

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La crèche Les Petits Canailles de Lobbes est un milieu d’accueil pour enfants de 0 à 3 ans, agréé par l’Office de la Naissance et de l’Enfance et géré par l’ASBL Le Bosquet, liée au Groupe Jolimont[166],[167]. Installée dans un bâtiment récent doté d’un jardin, elle accueille environ 56 enfants répartis en sections selon l’âge. L’horaire s’étend du lundi au vendredi dès 6 h 30, avec un encadrement continu incluant repas, siestes et activités d’éveil. Les repas, élaborés avec l’équipe diététique du Centre Hospitalier de Jolimont, s’inscrivent dans le Green Deal Cantines durables. L’établissement développe plusieurs projets pédagogiques, dont une Bibliocrèche favorisant l’éveil au langage et un potager éducatif soutenu par la Wallonie. Des activités intergénérationnelles sont organisées grâce à la proximité de la maison de repos La Visitation, renforçant l’ancrage communautaire de la structure[166].

Sports et vie associative

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Football : RFC Lobbes[168] ; Tennis : Tennis Club de Lobbes[169],[170]; Volley-ball : Portelette Lobbes VC[168]: Futsal : Futsal Lobbes[171].

Infrastructures

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Complexe Le Scavin. Il s’agit d’un hall omnisports destiné à accueillir clubs locaux, activités sportives scolaires et événements communaux. L’équipement constitue l’un des pôles sportifs majeurs de la commune[172]. Le complexe a connu un long processus de rénovation, marqué par des retards importants. Fermé depuis 2009, il a fait l’objet d’un chantier prolongé dont l’ouverture a été plusieurs fois reportée. En 2017, la commune indiquait être en phase de réception provisoire des travaux, tout en reconnaissant que les finitions tardaient à être achevées[173].

En 2024, un marché public a été lancé pour la rénovation et le réaménagement des abords du site, incluant notamment[174]:

  • enlèvement et remplacement des revêtements,
  • réfection des bordures et filets d’eau,
  • travaux de nivellement,
  • mise en conformité des avaloirs,
  • aménagement des accès et du parking. Ces travaux s’inscrivent dans le programme régional « Cœur de village 2022‑2026 ».

Il y a le stade de football Roger Langelez qui se situe sur le territoire de Thuin mais proche de Lobbes et piscine Aquacenter[175], rue Paschal sur le site de la Visitation.

Vie associative

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Patronage Jean XXIII et Sainte-Agnès de Lobbes, basé rue des Écoles, actif dans l’animation des jeunes et l’organisation d’activités communautaires[176].

La dimension de la vie culturelle est soutenue par[177],[151]:

  • Le Centre culturel Haute Sambre, partenaire de la commune, qui propose des activités artistiques, expositions et ateliers pour tous publics .
  • Le Syndicat d’Initiative, organisateur de visites guidées, événements patrimoniaux et animations saisonnières (marché de Noël, visites guidées, activités estivales) .

Les événements annuels tels que Lobbes Estivales, les concerts, les marchés artisanaux ou les fêtes de village témoignent d’une vie culturelle active et participative[178].

Des mouvements proches situés dans les villages voisins (Thuin, Bienne-lez-Happart, Sars-la-Buissière), qui participent régulièrement aux événements intercommunaux, comme les marches ADEPS ou les activités estivales.

Les actualités communales témoignent d’une activité associative soutenue, avec des événements récurrents[178]:

  • Marches ADEPS ;
  • Visites et promenades guidées (G’Lobbes Trotters) ;
  • Marché de Noël au pied de la Collégiale ;
  • Activités des mouvements de jeunesse (petits-déjeuners, fêtes locales) ;
  • Concours de pétanque organisés par des groupes locaux (ex. Les Récalcitrants de Lobbes Bonniers) ;
  • Animations estivales dans les différents villages ;

Ces manifestations, largement relayées par la commune, illustrent une vie associative vivante et structurée.

La commune relaie également des initiatives sociales, notamment via[178]:

  • Le Plan de Cohésion Sociale, organisateur d’événements familiaux tels que le Family Day .
  • Des actions citoyennes (journées propreté, animations intergénérationnelles) portées par des groupes locaux et relayées dans les actualités communales .

Ces initiatives renforcent la solidarité locale et l’implication des habitants.

Personnalités

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Buste-reliquaire de saint Ursmer conservé dans la collégiale.

Notes et références

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  1. (31° 07′ 05,7″ S, 64° 29′ 04,4″ O )
  2. La ligne 109 a été désinfectée le .

Références

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Annexes

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Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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  • Simon Crépillon, « Un peut d'histoire locale », Haut Pays de Sambre, no 2, , p. 1-40 (lire en ligne [PDF])
  • Simon Crépillon, « Métiers disparus : Le Sabotier », Haut Pays de Sambre, no 3, , p. 15-17 (lire en ligne [PDF])
  • Pierre-Jean Foulon, Lobbes en cartes postales anciennes, Zaltbommel, Bibliothèque Européenne, , 38 p.
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  • Jean Meurant, « L’esprit de nos quartiers : le premier promoteur des Bonniers », Haut Pays de Sambre, no 4, , p. 6-9 (lire en ligne [PDF])
  • Jean Meurant, « Lobbes (6540) », Haut Pays de Sambre, no 74, , p. 4-17 (lire en ligne [PDF])
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  • Colette Piérard, La Sambre, chronique d'une normalisation, Éditions Met, , 220 p. (ISBN 2-930148-11-X)
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  • Arthur Wérion, « L’industrie et l’artisanat à Lobbes », Haut Pays de Sambre, no 63, , p. 5-7 (lire en ligne [PDF])
  • Arthur Wérion, « Les ateliers E. Briquet - Romain, SA Constructions Mécaniques & Métalliques à Lobbes - Bonniers », Haut Pays de Sambre, no 71, , p. 18-24 (lire en ligne [PDF])

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