Gozée

section de Thuin, Belgique

Gozée (en wallon Gouzêye) est une section de la commune belge de Thuin, située en Région wallonne dans la province de Hainaut.

Gozée
Gozée
Ancienne maison communale de Gozée.
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement Thuin
Commune Thuin
Code postal 6534
Code INS 56078B
Zone téléphonique 071
Démographie
Gentilé Gozéen(ne)[1]
Population 4 113 hab. (1/1/2025)
Densité 219 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 20′ 00″ nord, 4° 21′ 06″ est
Superficie 1 880 ha = 18,80 km2
Localisation
Localisation de Gozée
Localisation de Gozée au sein de Thuin
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Gozée

C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977. Dans le hameau d'Aulne, situé en bord de Sambre, se trouve l'abbaye d'Aulne.

Toponymie

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Le nom de Gozée trouve son origine dans une formation toponymique gallo-romaine ou médiévale Gold-s-(i)-acum signifiant « habitation de Goldso », Goldso étant un anthroponyme germanique.

Géographie

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Gozée se trouve à la limite du Condroz (à l'est) et surplombe le cours de la Sambre au nord-ouest qui a creusé une profonde vallée. Pour cette raison, l'altitude s'élève de 103 m (à l'abbaye d'Aulne) à 215 m (sur le plateau de Gozée). Plusieurs ruisseaux se jettent dans la Sambre le principal étant celui de Marbisoeul. C'est un village de Thudinie sis à 15 km au sud-ouest de la ville de Charleroi.

Gozée est bordé au nord par les localités de Leernes, Landelies et Montigny-le-Tilleul, à l'est par celle de Marbaix-la-Tour, au sud par les localités de Marbaix-la-Tour et Thuillies et à l'ouest par la ville de Thuin[2]. Au nord-ouest, on trouve les bois de la Grattière et du Prince qui bordent un méandre abandonné de la Sambre dont l'orifice se situe à l'abbaye d'Aulne[3]. Cet ancien méandre explique la présence de plusieurs étangs.

Gozée comporte une série de subdivisions dont Gozée-Centre, l'abbaye d'Aulne, Beaudribu, Le Bout-La Haut, Jonquière-Zeupire-Marbisoeul, Chant d’Oiseaux, Bois Du Prince Thuin, Zone Thuin, Bois de Gozée, Hourpes, et Bois de La Grattière[4].

Évolution démographique

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  • Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre.

Histoire

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Des traces d'occupation néolithique ont été découvertes, notablement la « Pierre de Zeupire », mégalithe qui se trouve sur la route de Beaumont. À l'origine, il faisait partie d'une série de trois menhirs en grès Landénien en forme trapézoïdale avoir été érigés au IIIe millénaire avant notre ère, d'après de récentes hypothèses[5]. L'abbaye d'Aulne fondée par saint Landelin au VIIe siècle a été d'abord une dépendance de l'abbaye Saint-Pierre de Lobbes et détruite en 1794. En 868, Gozée était une possession de l'abbaye de Lobbes. Gozée et Marbaix ont été dans la même seigneurie au XIVe siècle, elles faisaient partie de la châtellenie de Thuin. Au XIIIe siècle, le village d’Aulne fut démantelé à la suite d’une décision visant à éloigner la population laïque des abords immédiats du monastère[6]. Les habitants furent déplacés vers un site voisin de Marbaix, avec lequel ils constituèrent une seigneurie dépendant de la mense épiscopale de Liège, dont les terres et viviers contribuaient aux revenus du diocèse[6]. La première mention connue de l’église Saint‑Géry de Gozée remonte à 1233. Le territoire présente une concentration notable d’exploitations agricoles anciennes, parmi lesquelles figurent Baudribus, la Grande Cour, la Joncquière, la Petite Cour et Zone[6].

Monument aux morts de Gozée, œuvre d'Hector Brognon.

Au début du XIXe siècle, Gozée acquit une importance accrue en raison de plusieurs aménagements routiers qui améliorèrent sensiblement les communications régionales[6]. Plusieurs axes furent ouverts ou modernisés durant cette période : la liaison entre Marchienne-au-Pont et Beaumont fut réalisée entre 1833 et 1840, la route reliant Thuin à Gozée en 1838, celle de Gozée à Marbaix-la-Tour et Ham‑sur‑Heure en 1839, ainsi que l’itinéraire de Gozée‑la‑Haut vers Bomerée la même année[6]. Ces infrastructures contribuèrent à intégrer davantage la localité dans les réseaux de circulation du Hainaut. La fin du siècle marqua une nouvelle étape avec l’arrivée du tram à vapeur[6]. En , une ligne reliant Montigny‑le‑Tilleul à Thuillies fut mise en service, offrant à Gozée un moyen de transport moderne et renforçant son rôle dans les déplacements locaux et intercommunaux[6].

Un fait divers macabre a marqué Gozée dans la nuit du 5 au . Des truands de la bande noire agressent une dame de 62 ans, lui cassent volontairement le bras et la brutalisent. Elle décède quelques jours plus tard de ses blessures. En 1862, ce crime est jugé lors du procès de la bande. Deux des inculpés sont condamnés à mort et guillotinés.Lors de la Première Guerre mondiale, des combats violents faisant partie de la bataille de Charleroi se sont déroulés le , sur le territoire de Gozée[7]. Elle a opposé les troupes allemandes de la IIe armée allemande du général von Bülow à la Ve armée française du général Lanzerac. Dans la matinée du , les Allemands prennent l'offensive en débouchant des bois de la Grattière, d'Aulne et du Prince. Vers midi, le nord du village tombe. Les Français contre-attaquent et bombardent vigoureusement les Allemands. Ceux-ci ne prennent le dessus en fin de journée que par un mouvement d'encerclement à partir de la ferme de Baudribus et de Marbaix-la-Tour. Le nombre de tués s'élève à 574 Allemands et 474 Français[8]. À l'issue de la bataille, l'église sert d'hôpital provisoire avant le transport des blessés dans les hôpitaux de Charleroi. Cinq Gozéens perdent la vie, 36 maisons sont incendiées dont la maison communale, celle du bourgmestre sur la place et la ferme de Baudribus[9]. En 1977, lors de la fusion des communes, Gozée a été rattachée à la ville de Thuin.

Liste des bourgmestres 1830 à 1977

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  • Simon Buisseret, de 1808 à 1856 (unioniste-Parti libéral).
  • Charles Buisseret, de 1856 à 1870 (Parti libéral).
  • Jean-Baptiste Bailleux, de 1870 à 1905 (Parti libéral).
  • Jean Monseux, de 1905 à 1914 (Parti libéral).
  • Léon Isbèque bourgmestre ff, de 1914 à 1924 (Parti catholique).
  • Armand Bury, de 1924 à 1941 (Parti libéral).
  • Henri Bury, de 1947 à 1964 (Parti libéral).
  • Roger Coqlet, de 1964 à 1976 (PSC).

Patrimoine et culture

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Patrimoine architectural et monumental

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La pierre de Zeupire.
  • La pierre de Zeupire, monument mégalithique en grès rose pesant 20 tonnes, se trouve sur la route de Beaumont.
  • La ferme de la Jonquière, construite à la fin du XVIIIe et au XIXe siècle[10]. Elle se situe au lieu-dit de la Jonquière.
  • La ferme de Marbisœul. Ancienne propriété de l'abbaye d'Aulne, ses terres furent acquises par l'abbé Jean de Filfort auprès d’Oste de Rianwelz, avoué de Marchienne, en 1276. Elle fut reconstruite en 1786 et 1789 par l'abbé Gérard, avant d'être mise en vente en 1797[10].
  • La ferme de Baudribus. Ancienne résidence des trois abbés de l'abbaye d'Aulne : E. de Noville, qui y aménagea un quartier, B. Louant, qui reconstruisit l'ensemble, et J. L. Scrippe, qui l'agrandit et l'embellit. Elle appartenait à l'abbaye dès le XIIe siècle, mais fut pillée en 1793 et en 1794[11].
  • La ferme de l'abbaye d'Aulne, construite en 1775 par Dom Scrippe[12]. Aujourd'hui le site est utilisée pour des événements culturels.
  • La porte de Landelies, datant peut-être du XVIIIe siècle, a été partiellement reconstruite entre 1935 et 1940[13]. Elle se situe sur le site de l'abbaye d'Aulne.
  • Le monument au mort inauguré le et couronné par une sculpture d'Hector Brognon.

Religieux

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L'église Saint-Géry.
  • L'église Saint-Géry, construite entre 1861 et 1862, a été reconstruite en 1950 par l'architecte Marcel Leborgne après avoir été détruite lors de l'incendie de 1940[11].
  • L'ancienne abbaye d'Aulne, fondée par Landelin, est située dans la vallée de la Sambre et a été détruite en 1794[14].
  • L'église Saint-Joseph (désacralisée), construite entre 1869 et 1873 dans un style néo-gothique, selon les plans des architectes D. Charon et A. Froment de Mons[15]. Elle se situe sur le site de l'abbaye d'Aulne.

Culture

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L'abbaye d'Aulne.

Folklore

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Grand Feu
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Tradition qui a lieu chaque année le samedi suivant Mardi-Gras, cet événement festif célèbre la fin de l'hiver et l'arrivée du printemps. Les festivités débutent dès le jeudi avec la plantation de la perche, un rituel symbolique marquant la fertilité et le renouveau, où l'une des mariées de l'année joue un rôle central[16].

Le samedi, un défilé de chars costumés parcourt le village, soigneusement préparés en secret par les habitants pendant des semaines. L'événement se termine par l'allumage du bûcher, une tâche confiée aux derniers mariés de l'année précédente[16].

Commémoration de la bataille de Gozée
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La commémoration de la bataille de Gozée rend hommage aux soldats français et allemands qui ont combattu le lors de la Grande Guerre. Organisé chaque année autour du par le 49e Régiment d'Infanterie, cet événement de mémoire se déroule à Gozée avec des défilés et des hommages officiels[17].

Enseignement

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Gozée possède deux écoles : l'école communale du Tilleul et l'école communale de Là-Haut.

Économie

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Située sur le site de l'abbaye d'Aulne, la brasserie du Val de Sambre brasse plusieurs bières depuis 2000. Parmi celles-ci, l'Abbaye d'Aulne, reconnue comme bière d'abbaye.

Sport et vie associative

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  • Football : RRCF Gozée.
  • Padel : Pad'Hall.

Infrastructure sportive

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  • Terrain de football, rue Armand Bury.
  • Piscine « La Petite Bleue », rue du Trieu du Bois.

Vie associative

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Jumelage

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Gozée est jumelée avec Drapeau de la France Chamboulive (France).

Personnalités liées

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Notes et références

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  1. Jean Germain, Guide des gentilés : les noms des habitants en Communauté française de Belgique, Bruxelles, Ministère de la Communauté française, (lire en ligne).
  2. Philippe Vandermaelen, Meisser, Dictionnaire géographique de la province de Hainaut, Bruxelles, Établissement géographique, (lire en ligne), p. 220
  3. Bulletin de la Société belge de géologie, de paléontologie et d'hydrologie, Bruxelles, Société belge de géologie, de paléontologie et d'hydrologie, (lire en ligne), p. 181
  4. (nl) « Statistieken Buurt Gozee-Centre », sur AlleCijfers.be, (consulté le )
  5. Le patrimoine monumental de la Belgique, vol. 10, p. 698.
  6. 1 2 3 4 5 6 7 Mulatin 2006, p. 81.
  7. cf. RENARD, J., Le Cahier gozéen de la Grande Guerre, Archives générales du Royaume et Centre d'histoire et d'art de la Thudinie, Bruxelles, 2009 (coll. Études sur la Première Guerre mondiale, no 15).
  8. « Compte-rendu des combats survenus à Gozée les 21,22 et 23 aout 1914 », sur Retour vers les Basses-Pyrénées (consulté le )
  9. « Il y a 95 ans, le sang inondait Gozée », sur Vers l'Avenir, (consulté le )
  10. 1 2 Le patrimoine monumental de la Belgique, vol. 10, p. 699.
  11. 1 2 Le patrimoine monumental de la Belgique, vol. 10, p. 694.
  12. Le patrimoine monumental de la Belgique, vol. 10, p. 716.
  13. Le patrimoine monumental de la Belgique, vol. 10, p. 717.
  14. Le patrimoine monumental de la Belgique, vol. 10, p. 700-703.
  15. Le patrimoine monumental de la Belgique, vol. 10, p. 705.
  16. 1 2 « Grand Feu de Gozée », sur Ville de Thuin (consulté le )
  17. « Commémoration de la bataille de Gozée », sur Thuin (consulté le )

Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • Emmanuel Laurent, La Bande noire de l’entre-Sambre-et-Meuse Coecke et Goethals étaient-ils innocents ?, Print Express Bruxelles
  • Joël Mulatin, Il était une fois l'entité de Thuin, Jumet, iph éditions, , 134 p. (ISBN 2-930336-79-X)
  • Philippe Wille, L'affaire oubliées de Charleroi Gozée, Août 1914, Éditions du Basson, (ISBN 978-2-930582-17-7)