Gilly (Charleroi)

section de Charleroi, Wallonie (Belgique)

Gilly ([ʒili][3] ; en wallon Djilî) est une section de la ville belge de Charleroi située en Wallonie dans la province de Hainaut. Elle constituait l'une des quatorze communes qui ont fusionné en 1977 avec Charleroi.

Gilly
Gilly (Charleroi)
L'ancien hôtel de ville construit en 1976.
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement Charleroi
Commune Charleroi
Code postal 6060
Code INS 52011D
Zone téléphonique 071
Démographie
Gentilé Gillicien(ne)[1]
Population 20 037 hab. (1/1/2025[2])
Densité 2 711 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 25′ 24″ nord, 4° 28′ 41″ est
Superficie 739 ha = 7,39 km2
Localisation
Localisation de Gilly
Localisation de Gilly dans la commune de Charleroi
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Gilly
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Gilly

Toponymie

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Gilly est pour la première fois repris sont le toponyme Gislero en 866 qui se transforme en Gislir dans une charte de Notger en 980 puis Gilier et enfin Gilly dès 1359[4][5][6].

Géographie

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Situation

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Gilly est situé dans la province de Hainaut en Wallonie, la commune est située dans le Pays de Charleroi et elle fait partie de l'arrondissement de Charleroi.

Localités limitrophes

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Géographie physique

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Gilly, au nord-est de Charleroi, se situe au sein d'une région densément urbanisée de l'ancien bassin minier de Charleroi. Les rares espaces verts qu'on y trouve sont les terrils, collines artificielles qui sont progressivement colonisées par la végétation. Ils sont constitués de déblais schisteux issues de l'extraction de la houille pendant des siècles. Ces collines ont modifié le relief de la localité et en constituent les points culminants à 213 m d'altitude au terril des Nutons et au terril des Mastelles.

Le nord de la localité se situe à la limite sud du plateau brabançon. Les parties les moins élevées de Gilly se trouvent à l'est avec le vallon du ruisseau de Gominroux, affluent de la Sambre, où l'altitude s'abaisse à environ 100 m et au sud avec la vallée de la Sambre.

Gilly est situé dans une zone d'affleurement des terrains houillers où les veines carbonifères sont relativement proches de la surface du sol, ce qui a permis leur exploitation dès le XVIIe siècle.

Quartiers

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Principaux quartiers de Gilly

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Gilly-Haies
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Le quartier des Haies constitue l’un des ensembles urbains situés au nord‑est de Gilly, dans l’entité de Charleroi. Son nom dérive du terme haie, issu du francique hagda (vers l’an 1000) et hayas (1053), qui désignait une clôture végétale délimitant une propriété[7]. La langue française a conservé des formes voisines, comme hallier, employé pour désigner un amas serré de buissons. Cette parenté linguistique suggère, comme l’a rappelé Robert Colard, que le secteur devait autrefois présenter un paysage marqué par de petites plantations ou des alignements d’arbustes, dont une partie a disparu au fil des transformations du territoire[7].

Avant l’édification de l’église des Haies, construite entre 1862 et 1864, le quartier comportait encore des terrains non bâtis[7]. Cette situation est évoquée dans la chansonnette L’Egliche des Hayes d’Horace Piérard, qui met en scène la générosité des habitants sollicités pour accueillir ou soutenir financièrement l’édification du lieu de culte. Colard souligne que cette chanson témoigne à la fois de l’esprit communautaire et de l’évolution progressive du quartier vers une urbanisation plus dense[7].

La place actuelle des Haies se compose de deux espaces distincts. Le premier, aménagé le long de la chaussée, est bordé de cafés traditionnellement fréquentés par les maraîchers et les commerçants du marché hebdomadaire du mercredi[7]. Cette activité est attestée depuis 1901, année où le Conseil communal fixa les droits de place pour les vendeurs ambulants. Au fond de cet espace se dresse l’église Sainte‑Barbe, dédiée à la patronne des mineurs, des carriers, des pompiers et des artilleurs, un choix qui reflète l’importance des métiers industriels dans l’histoire locale[7].

Le second espace, légèrement décalé vers la droite, est délimité par le pignon de l’église, la rue de la Tourelle et plusieurs bâtiments privés. En dehors des jours de marché, des braderies ou de la ducasse des Haies organisée au début du mois de juillet, ces deux zones servent principalement de lieux de stationnement pour les riverains et les clients des commerces du quartier[8]. Robert Colard note que cette organisation spatiale illustre la manière dont la place a progressivement intégré des fonctions pratiques liées à la mobilité et à la vie quotidienne, tout en conservant son rôle de centre de sociabilité[9].

Gilly-Vallée
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Le toponyme Vallées désigne un ancien secteur de Gilly situé entre la rue du Louvy et le carrefour formé par les rues Marcus et du Viaduc, à proximité du sentier des Jardins ainsi que des rues Sacrez et du Louvy[10]. Selon Robert Colard, cette appellation est liée aux débuts de l’exploitation charbonnière : le terme « vallée » renvoyait à la descenderie, une galerie inclinée creusée vers le bas dans les premières formes d’extraction[10].

Les historiens O. Lambot et E. Close rappellent que la houille était d’abord extraite depuis la surface avant que les travaux ne s’enfoncent progressivement en profondeur. Ils précisent également qu’à Gilly, jusqu’au XVIIe siècle, les veines de charbon devaient être exploitées d’est en ouest, les ouvriers n’étant pas autorisés à progresser du nord vers le sud, une contrainte qui illustre les méthodes et les règles de sécurité propres aux premières activités minières[10].

Les Corvées
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Le lieu‑dit Les Corvées désigne un secteur situé au sud de Gilly, à la frontière de Châtelineau et de Montignies‑sur‑Sambre. Il correspond approximativement à la chaussée de Châtelet, aux rues Jean‑Jaurès, Saint‑Jacques, Trieu‑Kaisin et Lison, ainsi qu’à la rue des Auduins et à plusieurs impasses voisines[11]. D’après Robert Colard, le nom renvoie aux corvées imposées aux paysans sous le régime féodal et s’apparente à la notion de « taille », impôt médiéval dont subsiste le souvenir dans l’ancienne rue de la Taille de Gilly[11].

Ces appellations reflètent l’organisation rurale ancienne, lorsque le territoire se composait essentiellement de prairies et de quelques habitations dépendant d’un seigneur local. Des documents du XVIIIe siècle mentionnent également, à Montignies‑sur‑Sambre, des chemins nommés Corwaies ou Corvaies, aujourd’hui disparus, situés près de l’actuel pôle commercial du Cora[11]. À Châtelineau, un groupe de maisons porte encore le nom de Cité des Corvées. Ainsi, un même espace partagé par trois localités a conservé des variantes toponymiques distinctes : Corvées à Gilly, Roctiau à Montignies‑sur‑Sambre et Corbeau à Châtelineau, comme le souligne Robert Colard[11].

Les Quatre-Bras
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Le carrefour des Quatre‑Bras, à Gilly, s’est formé autour d’un ancien croisement en T reliant Charleroi, Châtelet, Fleurus et Lodelinsart, avant la création de la route vers Charleroi à la fin du XVIIIe siècle[12]. Selon Robert Colard, l’urbanisation s’y intensifie dès le XIXe siècle, avec l’apparition de commerces qui s’étendent progressivement le long des axes menant aux localités voisines. Jusqu’en 1945, ce point de convergence constitue l’un des principaux pôles commerciaux de l’agglomération carolorégienne[12].

À partir de 1955, un vaste plan communal transforme profondément le quartier : des bâtiments vétustes sont démolis, la rue Vieille disparaît et la circulation est réorganisée alors que le trafic continue de traverser le carrefour. Les façades commerciales sont modernisées, des grandes surfaces apparaissent dès 1960 et plusieurs équipements publics sont édifiés, dont le nouvel hôtel de ville, le centre culturel Le Temps Choisi et les stations de métro Gazomètre et Gilly‑Centre[13]. La construction du pont de la chaussée de Châtelet entraîne aussi l’expropriation de divers immeubles, notamment l’ancienne gare des Quatre‑Bras. Ces aménagements successifs, étalés sur près de trois décennies, donnent au quartier son aspect actuel, comme le souligne Robert Colard[13].

Le Sart Allet
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L'église du Sacré-Cœur du Sart-Allet.

Le quartier du Sart Allet, situé au nord‑est de Gilly, tire son nom du terme sart, issu du bas latin essartum, qui désigne un terrain défriché pour l’agriculture ou le pâturage. Ce vocable est fréquent dans la toponymie régionale, comme le rappelle Robert Colard, et apparaît dans des localités telles que Lodelinsart, Ransart ou Sart‑Saint‑Laurent[14]. Une tradition ancienne, encore attestée dans certaines communes du Namurois, consistait à louer des prairies communales après enchère publique, le gagnant obtenant l’usage du sart sous forme de bail rural[14].

La station Soleilmont du métro de Charleroi.

À Gilly, la rue du Sart Allet n’existe pas : elle se trouve à Châtelineau, reliant le quartier du Wainage à la place Jules Destrée[14]. La place du Sart Allet borde la rue Brasserie Gillieaux et accueille l’église du Sacré‑Cœur, longée par la rue du Vélodrome menant à la chaussée de Fleurus. L’augmentation de la population entraîna l’ouverture d’un oratoire en 1878, remplacé en 1888 par une chapelle devenue succursale autonome de la paroisse Saint‑Remy[14].

La limite paroissiale suivait alors le cours du Grand‑Rieu, venant de Soleilmont vers la Sambre. L’origine du nom Allet demeure discutée : les archives des XVIIe au XIXe siècles mentionnent les formes Hallet, Halet ou Halé, renvoyant à un secteur déjà partiellement défriché où se trouvaient une forge, des activités charbonnières et des exploitations liées à la houille[15]. Robert Colard souligne que le patronyme Hallet, encore présent à Gilly, pourrait avoir donné naissance au toponyme. Le quartier comptait également des cloutiers, métier très répandu dans la région : en 1738, Gilly recensait six maîtres‑cloutiers employant cinquante personnes, et neuf en 1764[16].

Le Sart Culpart
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La rue du Sart Culpart relie les secteurs de Wautelet et Marabout au carrefour formé par les rues Brasserie Gillieaux et Margot de Hainaut, avec en voie adjacente la partie piétonne de la rue Goffart. La place voisine, de forme triangulaire, se situe entre la rue de la Chapelle, la rue Thiot et la rue Margot de Hainaut[16]. Selon Robert Colard, le nom Sart Culpart dérive de l’ancien crupart, mentionné dès le XVIe siècle dans des actes relatifs à des biens ruraux du « Sart Crupart ». Après 1789, l’administration française transforme progressivement cru en cul, tandis que part est conservé, son sens restant compatible avec la toponymie locale[16].

Le terme cru, qui désignait autrefois un terroir ou une production agricole, renvoie ici aux campagnes du Sart Culpart et des Bouillons, terres appartenant aux seigneurs de Lobbes et à l’abbaye de Soleilmont, où l’on cultivait notamment des plantes destinées à la bouillerie[17]. La forme cul s’explique par l’usage wallon de culot, désignant un endroit retiré ou l’extrémité d’un village. L’appellation Sart Culpart s’impose au début du XIXe siècle : elle figure dans les atlas communaux de 1818 et 1832, puis dans la nomenclature vicinale de 1844, où elle désigne plusieurs chemins menant vers le Rambulant, le Socquia et le Noir Dieu, comme le rappelle Robert Colard[17].

Soleilmont
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Quartier au nord-est à la limite avec Gilly, Fleurus et Châtelineau où se trouvent les ruines de l'abbaye de Soleilmont.

Lieux-dits

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Le secteur du Louvy s’étend depuis la chaussée de Lodelinsart vers les rues du Paradis des Chevaux et des Moissons, avec pour voies adjacentes les rues Sacrez et Bodson, le sentier des Jardins et le Fond Thiot. Selon Robert Colard, cette partie du territoire appartenait autrefois à un vaste ensemble forestier où vivaient loups, cervidés et autres animaux sauvages. Des découvertes réalisées en 1870, dont des bois de cerfs près d’une ancienne villa romaine située entre Montignies‑sur‑Sambre et Gilly, confirment la présence ancienne de cette faune. Les archives régionales attestent d’une chasse active menée contre les loups[18]. La Société archéologique de Charleroi mentionne des primes versées à des habitants de Gilly en 1587, 1588 et 1594 pour la mise à mort de ces animaux. En 1599, une battue organisée dans les bois de Lobbes et de Soleilmont aboutit à l’abattage de plusieurs bêtes. D’autres sources, notamment l’ouvrage d’Edmond Yernaux consacré à Montignies‑sur‑Sambre, signalent encore des récompenses attribuées en 1719 et 1720 à ceux qui rapportaient une gueule de loup. En 1671, le mayeur Guillaume de Rouillon justifie même un paiement destiné à des chasseurs spécialisés[19].

La présence du loup dans la région relève donc du fait historique plutôt que du folklore. Certaines traditions locales évoquent un animal redouté surnommé le « Vieux loup », probablement à l’origine du toponyme Louvy. Plusieurs noms de lieux dérivent d’ailleurs du mot « loup », comme La Louvière, Pont‑de‑Loup ou Loverval, autrefois orthographié Louverval, comme le rappelle Robert Colard en citant le Dictionnaire des villes et communes belges d’Eugène De Seyn[19]. Les anciennes cartes conservées dans les archives du cercle d’histoire local confirment l’ancienneté du toponyme. Un plan de 1811 situe le Louvy près de la campagne des Bouillons, tandis qu’un plan de 1832 signale l’existence d’une chapelle portant ce nom, non loin des installations minières de la fosse de l’Ardinoise[19].

Village
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Le secteur où se situe l’église Saint-Rémy porte un nom qui rappelle l’origine de Gilly, à l’époque où ce n’était qu’un village agricole, il y a plusieurs siècles.

Les Hauchies
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La chaussée de Lodelinsart illustrée sur une carte postale.

Le lieu‑dit des Hauchies, à Gilly, s’étend depuis le carrefour formé par les rues Saint‑Bernard, Trieu‑Albart et de la Discipline jusqu’à la limite de Lodelinsart, en face de l’ancienne gare. Il comprend plusieurs voiries adjacentes, dont la chaussée de Lodelinsart et les rues Moulin Brisack, Mathy, Fiotte et Marie‑Hélène[20]. Selon Robert Colard, le nom Hauchies provient de l’ancien terme haussière, dont l’évolution phonétique a transformé les deux s en ch. Une haussière désignait un cordage torsadé utilisé pour le halage ou l’amarrage, issu de la même racine que le verbe hausser, c’est‑à‑dire tirer ou élever[20].

Cette origine s’explique par la présence, autrefois, de plusieurs ateliers de fabrication de cordes à Gilly[20]. Parmi leurs productions figuraient les cordes de fosses, de larges câbles plats composés de plusieurs haussières assemblées, destinés à soutenir les cages d’ascenseur utilisées pour la montée et la descente des gayolles (cages en wallon) dans les installations minières. Robert Colard souligne que cette activité locale a durablement marqué la toponymie du quartier[20].

Le Gazomètre
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Le chemin perpendiculaire à la chaussée de Montignies, situé face à l’école communale, desservait autrefois une usine à gaz avant d’être intégré aux installations des Forges, Usines et Fonderies de Gilly. Comme le rappelle Robert Colard, seules quelques habitations subsistent aujourd’hui près de la chaussée, tandis que le Centre médical Lucien Raynal et la Zone artisanale en milieu intégré occupent l’essentiel de l’ancien tracé[21]. En 1863, la Société du Gaz de Charleroi acquit une parcelle d’environ 71 ares dans la campagne Janson pour y construire un gazomètre, à proximité immédiate de la ligne ferroviaire reliant Charleroi Ville‑Haute aux Quatre‑Bras. L’exploitation se révélant peu rentable, les ateliers, forges, logements et écuries furent cédés en 1871 à la société collective Cornil, Libotte et Cie, comme le signale Colard dans son étude sur Gilly[21].

À la fin du XIXe siècle, l’usine Robert également appelée usine du Gazomètre et future Aciéries et Fonderies de Gilly se trouvait près des ateliers de Nicolas Libotte et de la chaudronnerie Frère. Lors des grèves de 1886, des manifestants venus du Sart‑Allet pénétrèrent dans ces établissements, interrompirent les activités et contraignirent les ouvriers à quitter les lieux. La Société anonyme des Forges, Usines et Fonderies de Gilly fut officiellement fondée en 1904 et poursuivit ses activités jusqu’en 1971[21]. L’arrêt de tram situé au carrefour des chaussées de Charleroi et de Montignies, ainsi que de la rue du Calvaire, fut longtemps désigné sous le nom de « Gazomètre » par les usagers des lignes reliant Charleroi à Fleurus. Cette appellation a été conservée pour la station de métro implantée sur l’ancien site industriel, témoignant de la persistance toponymique évoquée par Robert Colard[22].

Au Noir Dieu
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La passerelle sur la « Houillère », ligne 119 du RAVeL, surplombant la ligne de métro M4.

La rue du Noir Dieu correspond aujourd’hui à un axe reliant le carrefour Bois de Lobbes–Vanniers à la jonction Marabout–Nanèche, dans un secteur où se trouvent les rues des Trieux, Marcus et Noël Sart Culpart. Les documents cadastraux de 1832 signalent déjà un Trieu du Noir-Dieu, repris en 1844 pour désigner un chemin menant vers l’abbaye de Soleilmont[23]. Avant la fin de l’activité charbonnière, un passage à niveau y donnait accès à la ligne ferroviaire du Sart Allet vers Fleurus, dotée d’une petite halte connue sous les noms de Sart Culpart ou du Noir Dieu, comme l’a rappelé Robert Colard[24]. Ce toponyme renvoie à un ancien lieu isolé associé, dès le XVIe siècle, aux croyances surnaturelles et aux affaires de sorcellerie. Les chroniqueurs locaux évoquent des exécutions qui auraient eu lieu sur ce site, avant que l’endroit ne soit perçu comme un « champ du sabbat », réputé pour des rassemblements nocturnes[25].

Selon les interprétations rapportées par Robert Colard, l’appellation pourrait dériver soit des âmes « noircies » des condamnés, soit d’une effigie assombrie par le feu ou l’humidité, dans un contexte où les références religieuses ou mythologiques étaient fréquentes dans la toponymie de Gilly. La ligne ferroviaire ouverte en 1874 reliait Châtelineau-Châtelet au Vieux-Campinaire et à Fleurus, traversant les installations minières du quartier[26]. La halte du Sart Culpart, située au croisement du Noir Dieu et des rues Marcus et Bois de Lobbes, comportait un café nommé Point d’arrêt, établi au no 6 de la rue du Noir Dieu, à proximité de l’actuel tracé du RAVeL de la Houillère. Cette présence ferroviaire, aujourd’hui disparue, constitue l’un des éléments marquants de l’évolution du secteur, régulièrement souligné dans les travaux de Robert Colard[26].

Chantraine
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La place Chantraine correspond à un carrefour où se rejoignent les rues Devillez, de la Lune et de l’Hôpital, dans un secteur anciennement marqué par la présence d’un étang mentionné en 1811 sous le numéro 550[27]. Cet étang se situait près du chemin menant à Montignies‑sur‑Sambre et à deux voies qui correspondent vraisemblablement aux actuelles rues Devillez et de l’Hôpital. Selon Robert Colard, cette configuration reflète un paysage semi‑rural où les zones humides structuraient encore la topographie de Gilly[27].

Le nom Chantraine provient d’une contraction associant le chant et la rainette, petit amphibien arboricole dont les vocalises se distinguent du coassement des grenouilles. Les auteurs littéraires, tels que Giono ou Balzac, ont souvent décrit ce chant comme apaisant ou prolongé, ce qui renforce l’idée d’un lieu autrefois animé par ces espèces autour de l’étang[27]. Pour Robert Colard, cette dénomination témoigne d’une toponymie sensible au milieu naturel, rappelant un espace où les rainettes formaient une présence sonore caractéristique[27].

Le Rambulant
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Le chemin reliant la rue Chèvremont à la chaussée de Fleurus, en bordure de Châtelineau, traverse un secteur marqué par la rue Sart des Pauvres, la Deuxième Avenue et la Cité Germinal[28]. L’appellation « Rambulant » apparaît dans l’atlas vicinal de 1844, où elle désigne la voie menant du chemin du pont de la brasserie Gilliaux à un cabaret portant le même nom[28]. Cette voirie est ensuite citée à plusieurs reprises pour son rôle de liaison entre divers points du quartier, notamment le Sart Culpart, la Fontaine des Malades ou le pont Monceau, comme le rappelle Robert Colard dans son étude sur Gilly[28].

L’origine exacte du toponyme demeure inconnue malgré de nombreuses recherches. Selon Robert Colard, il pourrait s’agir d’un sobriquet, phénomène fréquent dans la toponymie locale[28]. Les premiers registres de population du XIXe siècle mentionnent en effet des briqueteurs et des colporteurs, ces derniers étant appelés en wallon « rambulants » par l’ajout d’un r euphonique, procédé attesté dans d’autres termes régionaux. Il est vraisemblable qu’un habitant exerçant ce métier ait donné son surnom au chemin, lequel serait ensuite passé dans l’usage courant[29].

Au Pont d'Arcole
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La voie reliant la rue du Rond‑Point à la rue Margot de Hainaut longe le quartier Gailly et porte le nom d’Arcole, rappelant la petite ville italienne de la province de Vérone où Bonaparte s’illustra le en s’emparant d’un pont tenu par les troupes autrichiennes[30]. Selon Robert Colard, cette référence pourrait évoquer la participation d’un habitant de Gilly aux campagnes d’Italie, hypothèse fréquente dans la toponymie commémorative du XIXe siècle[30].

À proximité des puits du Noël Sart Culpart, la société charbonnière fit édifier des habitations ouvrières destinées aux familles de mineurs[30]. Un reçu daté du indique que les maisons numéros 16 et 18 étaient louées 20 francs par mois, témoignant des conditions de logement liées à l’activité minière, élément que Robert Colard met en évidence dans son étude sur l’évolution du quartier[30].

Le Bois de Lobbes
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La rue reliant la chaussée de Ransart au carrefour formé par les rues Marcus, Noël Sart Culpart et Noir Dieu s’inscrit dans un réseau comprenant la cité des Gayolles, la rue de la Ceinture et la rue des Vanniers. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, tout le secteur situé au nord du Louvy jusqu’à Jumet‑Hamendes formait un vaste massif forestier, prolongé vers l’est de la commune[31]. Un ancien chemin, très pierreux, le traversait pour rejoindre l’abbaye de Soleilmont depuis le chemin de Ransart, en passant par le Sart Culpart, alors déjà plus habité. Son entretien était assuré par les habitants, qui comblaient les ornières avec des pierres et des fascines, comme le rappelle Robert Colard dans son étude sur Gilly[31].

Les cartes anciennes confirment cette configuration : en 1787 figurent les bois de Lobbes et de la Communauté ; en 1818, le plan cadastral mentionne le Bois impérial de Lobbes et les terres du Pré de Lobbes près de Soleilmont, correspondant aujourd’hui au quartier Gailly[31]. En 1832, l’actuelle rue apparaît comme le « chemin Royal » menant à l’abbaye, tandis qu’un autre chemin reliait le Louvy au Bois de Lobbes, déjà partiellement défriché. Selon Robert Colard, ces éléments témoignent de l’importance foncière des abbés de Lobbes, qui accumulèrent des biens dans toute la région, plaçant Gilly sous leur juridiction complète et leur permettant de nommer mayeurs et échevins[31].

Les Auduins
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La rue des Auduins relie la chaussée de Montignies à celle de Châtelet et s’inscrit dans un réseau ancien comprenant les rues de la Duchère, Jean‑Jaurès, Lison, ainsi que plusieurs sentiers tels que Saint‑Jacques et des Bienheureux. Son tracé figure déjà sur la carte de Ferraris au XVIIIe siècle, où il longe les prés des Zodowins, nom d’un terroir attesté dès 1522 et dont l’évolution graphique conduira à la forme « Audouins »[32]. Les plans du début du XIXe siècle montrent un paysage encore rural, dominé par le « Champ des Audouins », quelques habitations près de la rue Lison, deux petits étangs à l’emplacement de l'ancien reposoir Léopold‑Tibbaut et l’esquisse de l’actuelle impasse Nanon. La voie apparaît alors sous l’appellation « chemin Delbauve », liée à une famille implantée à Gilly depuis plusieurs siècles, dont le patronyme évoluera vers Delbove au fil des transcriptions, comme le souligne Robert Colard[32].

Les documents cadastraux de 1832 confirment la présence de réservoirs d’eau et de propriétés rurales appartenant à diverses familles locales, tandis que l’Atlas vicinal de 1844 fixe définitivement la forme « Auduins ». Le quartier, longtemps agricole, abritait l’une des grandes fermes des Corvées, exploitée dès le XIXe siècle et reprise en 1932 par la famille Chauvaux, dont la laiterie distribuait du lait capsulé à domicile[33]. Le toponyme ne présente aucun lien avec la famille Desandrouins, malgré une proximité phonétique. Au XXe siècle, la rue se dotait d’un reposoir inauguré en 1964 par le bourgmestre Léopold Tibbaut démoli entre 2010 et 2020, d’une chapelle dédiée à Notre‑Dame de Grâce érigée en 1932, ainsi que d’une école maternelle active jusqu’en 1965[33]. Les études toponymiques rapprochent parfois « Auduins » du terme andain, en référence aux lignes de foin laissées dans les champs, une interprétation cohérente avec le caractère agricole du secteur, même si l’origine exacte du mot Zodowins demeure inconnue, comme le rappelle Robert Colard[33].

Les cités sont :

  • Cité Germinal, « Le Foyer Gillicien », a successivement fait ériger en 1951, en 1963, 132 maisons à trois chambres, 8 appartements à deux chambres et 89 maisons à trois et cinq chambres, en 1965, un immeuble de 24 appartements qui se situe à la rue du Pont d'Arcole et, en 1974, un autre immeuble avec 51 appartements dans cette rue et un autre de 115 appartements à la rue du Rambulant[34].
  • Cité Gailly, nom donné en l'honneur de Joseph Gailly, conseiller provincial et administrateur-gérant de la société de construction d'habitations à bon marché « Le Foyer Gillicien »[35].
  • Cité des Nutons, érigé en 1958 à l'initiative de la société coopérative « Le Foyer Gillicien », elle est composée de 11 maisons et 4 appartements[36].
  • Cité des Gayolles ou cité Léopold Tibbaut, il a été créé en 1980 par le « Foyer Gillicien » qui a érigé des appartements (28 en 1980 et 36 en 1983) et des maisons unifamiliales (36 en 1980 et 17 en 1983)[37]. Le mot gayolle signifie cage en wallon. Cette cité porte aussi le nom de Léopold Tibbaut dernier bourgmestre de Gilly avant la fusion des communes en 1977.

Terrils

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Les terrils sont Les Vallées, des Mastelles, Saint-Xavier no 3, des Nutons et des Viviers.

Démographie

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Évolution de la population[38],[39]
1801 1846 1900 1947 1977[Note 1] 2001
2 810 7 522 22 604 24 271 22 231 19 691

Histoire

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Origine

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Des fouilles effectuées en 1868 ont révélé la présence d'un oppidum de l'époque gauloise à Soleilmont où la fabrication de poteries était assez développée. D'autres fouilles ont mis au jour les restes d'une villa romaine à la limite avec Montignies-sur-Sambre[4].

Moyen-Âge

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L'abbaye de Soleilmont avant l'incendie de 1963.

Le nom de Gilly est mentionné pour la première fois dans le polyptyque de l'Abbaye de Lobbes en 866 dont cette localité était une dépendance au même titre que de nombreuses localités de la région de Charleroi telles que Jumet, Lodelinsart, Heigne, Roux, Dampremy, Charnoy, etc. Des redevances étaient acquittées à l'abbaye en nature à partir des productions locales : en avoine, froment, fruits, lin, vin, cire, voire en corvées, le servage étant toujours en usage. L'abbé avait droit de justice et nommait les édiles communaux, mayeurs et échevins[4]. Le village passe ensuite sous l'autorité du comté de Namur. Cette appartenance est contestée sans succès par le prince-évêque de Liège aux XIVe et XVe siècles.

Temps Modernes

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Gilly passe ensuite successivement sous l'autorité des ducs de Bourgogne, de l'Espagne puis de l'Autriche. Le XVIIe siècle est une période de calamités pour Gilly. Elles sont causées par la proximité de la citadelle de Charleroi et de ses sièges qui amènent réquisitions, incendies et pillages par des gens de guerre. Le XVIIe siècle ramène le calme jusqu'à la Révolution française en 1789[40]. Des chaussées sont construites et la population de Gilly augmente. À la fin de l'Ancien régime, s'amorce un mouvement de contestation de l'autorité autrichienne lors d'assemblées organisées à Jumet et Gilly. Concrètement, les gilliciens refusent de payer les aides et tailles dus aux seigneurs locaux au service de l'Autriche[4].

Au niveau industriel, la verrerie voit le jour à Gilly au début de l'époque moderne. Par octroi des archiducs Albert et Isabelle daté du , Rock de Colnet établit la verrerie des Hamendes. En 1686, Jean-Baptiste de Colnet obtient l'autorisation du roi d'Espagne d'établir à Gilly une verrerie pour la fabrication de vitraux peints[41]. L'industrie du charbon naît en parallèle. Dès le XVIIe siècle, les veines de charbon sont exploitées ainsi que l'indique une convention datant de 1666. En 1770, un document administratif mentionne une exploitation importante et des ressources abondantes de houille sur le territoire de Gilly. Les premiers terrils apparaissent : « les débris de houillères couvrent la surface en bien des endroits jusqu'à trois ou quatre pieds de hauteur »[4].

Époque contemporaine

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Période française

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À la suite de la conquête du territoire belge par les armées de la République française à la fin du XVIIIe siècle, Gilly est rattaché administrativement au département de Jemappes. Le , a lieu la bataille de Gilly qui oppose l'armée française commandée par Napoléon Ier et l'arrière-garde de l'armée prussienne composée d'environ 10 000 hommes, sous les ordres du général von Ziethen. Ce combat, à la veille de la bataille de Ligny marque le début des hostilités de la campagne de Belgique. Au cours d'une charge de cavalerie, le général Letort, commandant des dragons de la Garde impériale et aide de camp de Napoléon, poursuit l'infanterie prussienne en la sabrant, enfonce deux carrés d'infanterie et met en pièce le 28e régiment prussien. Il est cependant mortellement blessé par balle au bas-ventre[42]. C'est à Gilly (Sart Allet) que Napoléon observe du haut d'un vieux moulin la bataille engagée dans les bois de Soleilmont entre les Prussiens et les Français du général Letort[43].

Développement de l'industrie

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La seconde moitié du XIXe siècle voit l'accélération de l'exploitation minière sur le sol de Gilly. En 1857, est fondée la Société Civile de Noël-Sart-Culpart[44] ainsi que la SA des Houillères Unies du Bassin de Charleroi, fruit de la fusion de plusieurs charbonnages[45]. Le charbonnage Vallées-Congo et Yser commence ses activités vers 1868[46] et la SA des charbonnages du Nord de Gilly à partir de 1874. Parallèlement apparaissent dans le paysage les différents terrils de Gilly : des Nutons, Les Vallées, Congo et Yser, des Viviers et des Mastelles. De nombreux charbonnages et maisons ouvrières sont construites et la population augmente rapidement. En 1930, le terril des Vallées s'effondre sur le quartier de Louvy heureusement sans causer de victimes. Après la Seconde Guerre mondiale, l'importante activité minière périclite progressivement jusqu'à sa cessation dans les années 1970. Les charbonnages sont alors abandonnés ou détruits et certains terrils (terril des Viviers et Congo et Yser) sont arasés pour laisser la place à de nouveaux bâtiments tels que le Grand Hôpital de Charleroi sur le site des Viviers.

La verrerie, présente dans de nombreuses localités de Charleroi, connaît également un bel essor à Gilly avec la construction de deux usines au cours du XIXe siècle : La Discipline et la SA des verreries de Charleroi. Ces sociétés produisent des vitres dans des fours à pot puis dans des fours à bassin plus rentables à partir de 1884[47]. En 1886, Gilly, comme les autres localités du bassin de Charleroi, est touchée par de grandes grèves et émeutes d'ouvriers de l'industrie charbonnière et verrière. Une des raisons est l'introduction des fours à bassin dans les verreries qui ainsi produisent plus et nécessitent moins de main-d'œuvre. L'abbaye de Soleilmont est incendiée et pillée et l'armée belge doit intervenir pour étouffer l'insurrection ouvrière. La production de verre cessera à la fin des années 1970 notamment à la suite de conflits sociaux à la verrerie La Discipline. Le terrain des anciennes verreries est alors progressivement réhabilité pour accueillir des PME et des logements[48].

Le développement du réseau de tramways

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L’organisation des transports publics dans l’agglomération carolorégienne prend forme au début du XIXe siècle, lorsque les autorités commencent à concéder des services de messageries hippomobiles[49]. Dès 1834, des diligences relient Charleroi, Gilly, Fleurus et Gosselies, assurant à la fois le transport de voyageurs et de marchandises. Robert Colard rappelle que ces premières liaisons constituent l’embryon d’un réseau structuré, encore dépendant d’initiatives privées comme celles de Joseph Lalieu ou François Nicaise[49].

À partir des années 1870, l’idée d’un tramway à traction chevaline s’impose dans un contexte où fiacres et diligences apparaissent dépassés. Le Conseil communal de Charleroi adopte en 1873 un cahier des charges pour l’établissement de « chemins de fer américains », terme désignant les trams hippomobiles[49]. Parmi les tracés envisagés figure un axe reliant la Ville-Haute à la Grand’Rue, amorce d’une future liaison vers Gilly. Une concession est ensuite accordée aux entrepreneurs Gilles et Gozée pour relier Charleroi Ville-Haute à la place Saint-Pierre de Gilly, à condition de respecter un itinéraire praticable. Cette évolution, souligne Robert Colard, marque la transition vers un mode de transport plus régulier et mieux encadré[49].

La pose des rails commence en 1881 pour une ligne reliant la gare de Charleroi-Sud à Gilly, suscitant une vive curiosité dans la population. L’année suivante, la traction vapeur est introduite entre la rue de l’Écluse et Waterloo, tandis que les chevaux restent utilisés jusqu’aux Quatre-Bras de Gilly[50]. La création de la Société nationale des chemins de fer vicinaux en 1887 vise à pallier les limites des exploitations privées et à structurer durablement le réseau. Vers 1895, les rails atteignent la Ville-Haute, facilitant les déplacements des habitants de Gilly, qui profitent de ce nouveau moyen de transport pour se rendre en ville à moindre coût, phénomène que Robert Colard identifie comme un tournant dans les pratiques de mobilité locales[50].

Les voies du métro à l'entrée de la station « Marabout ».

L’électrification du réseau carolorégien ouvre une nouvelle phase de modernisation au début du XXe siècle. En 1904, la Société anonyme des Tramways électriques du Pays de Charleroi met en service la ligne Charleroi‑Sud–Gilly Quatre‑Bras et installe un dépôt‑atelier à Genson, encore utilisé aujourd’hui par les autobus du TEC[51]. Les anciennes motrices à vapeur ont déjà disparu en 1902, mais les débuts de l’électrique restent parfois délicats, notamment en raison des perches à roulettes, rapidement remplacées par des pantographes. Robert Colard souligne que cette transition marque l’entrée de Gilly dans une logique de transport urbain modernisé[51].

L’Exposition universelle de 1911 entraîne une hausse du trafic et un prolongement de la ligne jusqu’à la rue de Soleilmont, à la limite de Châtelineau. Le raccordement vers Fleurus‑centre est achevé en 1931[51]. Les tarifs demeurent différenciés selon la classe, avec un aller simple Charleroi–Fleurus dépassant légèrement deux francs en seconde classe. Les lignes sont alors numérotées : 1 pour le Sart‑Allet, 2 pour Soleilmont, 3 en navette entre Ville‑Haute et Quatre‑Bras, 4 vers Châtelineau et 7 vers Fleurus. Cette organisation, rappelle Robert Colard, témoigne d’un réseau désormais structuré et hiérarchisé[51].

La traction électrique disparaît progressivement dans la seconde moitié du XXe siècle : en 1969 pour la ligne 4, en 1973 pour la ligne 7 et en 1974 pour la ligne 2[51]. Les autobus prennent le relais sous la gestion de la Société des Transports Intercommunaux de Charleroi, fondée en 1962, avant que les TEC n’assurent cette mission. Cette substitution marque la fin d’une époque où le tramway constituait l’ossature des déplacements entre Charleroi, Gilly et Fleurus[51].

Les archives photographiques rappellent les débuts du réseau, notamment une image de 1886 montrant une « baladeuse » ouverte tractée par un cheval, ou une impériale tirée par une motrice du type 240 lors de l’Exposition de 1911[51]. Les cahiers des charges de l’époque, cités par Madame Tibbaut‑Paquet dans son étude sur Gilly, détaillent les contraintes imposées aux concessionnaires : voie simple avec garages, possibilité d’ajouter une seconde voie, voitures divisées en deux classes, capacité limitée selon la pente, éclairage par lanternes et balustrades de sécurité à l’impériale. Ces prescriptions illustrent, selon Robert Colard, la volonté d’encadrer strictement un mode de transport encore en pleine évolution[51].

La station Soleilmont.

La création des TEC Charleroi en 1991 s’inscrit dans la réorganisation du transport public wallon et marque l’intégration de l’agglomération dans un système combinant bus, trams et métro léger. Le projet de métro, étudié dès 1960, avance lentement en raison de contraintes techniques et financières[52]. La première pierre est posée en 1971 et l’antenne de Gilly est reliée au centre-ville par un tunnel long et complexe, creusé sous d’anciens sites industriels, plusieurs chaussées et même les caves de bâtiments publics. Les travaux, menés surtout en 1982, modifient profondément le paysage urbain[52]. Les stations de Gilly, construites en 1983, sont finalement ouvertes en , avec un terminus provisoire à l’impasse du Major en attendant le prolongement vers Soleilmont. Robert Colard souligne que cette infrastructure souterraine constitue l’un des chantiers les plus ambitieux jamais réalisés dans la commune[52].

L’ouverture du métro transforme les pratiques de mobilité : l’arrêt Gazomètre devient un pôle d’échanges majeur, redistribuant les lignes d’autobus vers les communes voisines[53]. La ligne 54–55 du métro léger entre alors en service et intègre Gilly dans un réseau structuré, moderne et interconnecté. Selon Robert Colard, cette mise en service marque l’achèvement d’un long processus de modernisation amorcé dès les premières études des années 1960[53].

La liaison Charleroi-Gilly-Haies
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La liaison vicinale entre Charleroi et Gilly Haies s’inscrit dans l’essor progressif du réseau de la SNCV à la fin du XIXe siècle. Dès 1891, une première ligne atteint Châtelineau, prolongée l’année suivante jusqu’à Châtelet, et rencontre un accueil favorable malgré son caractère rudimentaire[54]. À cette époque, plusieurs habitants de Ransart déplorent l’absence d’un service similaire vers Gilly, dont les usines attirent chaque jour de nombreux ouvriers ransartois, tandis que les commerces gilliciens séduisent une clientèle croissante des communes voisines. Robert Colard souligne que cette pression sociale et économique explique l’intérêt précoce pour une liaison structurée[55]. Le , le conseil communal de Gilly donne son accord de principe pour une ligne reliant Gilly Quatre‑Bras à Ransart, avec un éventuel prolongement vers Heppignies. Le projet avance lentement, freiné par les tensions internationales précédant la Première Guerre mondiale[55]. Ce n’est que le , trois semaines avant l’Armistice, qu’une liaison électrique entre Gilly Haies et Ransart Masses‑Diarbois est inaugurée. Elle reçoit l’indice « R », tandis que la lettre « C » identifie les trams vers Châtelineau et Châtelet. La ligne est ensuite prolongée jusqu’à la gare de Châtelineau. Selon Robert Colard, cette mise en service tardive illustre la résilience d’un projet longtemps retardé[55].

En 1928, les lettres sont remplacées par des numéros : le « R » devient le 57, reliant Ransart Masses‑Diarbois à Châtelet Saint‑Roch via Gilly Haies. Depuis la rue Turenne à Charleroi, la ligne « C » se subdivise : le 55 dessert Ransart Masses‑Diarbois et le 56 Châtelet Saint‑Roch[56]. Une navette 58 circule entre les Six‑Bras de Châtelineau et Gilly Haies, remplaçant temporairement le tram 4 entre 1923 et 1929, en raison d’une suspension de la convention entre la SNCV et les TEP Charleroi[56]. Le service 57 est partiellement supprimé en 1936 et remplacé par une navette 67 reliant Gilly Haies à Ransart Masses‑Diarbois. En 1938, cette navette n’atteint plus que Jumet‑Hamendes, où les voyageurs doivent changer pour poursuivre vers Ransart ou Fleurus. Après la Seconde Guerre mondiale, une réorganisation générale du réseau entraîne la suppression définitive de la ligne 57[56]. Une nouvelle liaison est créée fin 1945, reliant Mont‑sur‑Marchienne (Point du Jour) à Ransart Masses‑Diarbois via Charleroi‑Sud, le viaduc de Bon‑Air et Gilly Haies. Elle porte le numéro 55 à l’aller et 54 au retour. Robert Colard rappelle que cette restructuration marque la fin du tram vicinal comme mode de transport dominant dans l’est de l’agglomération[56].

À partir du , le terminus de la relation 54‑55 est prolongé jusqu’à Ransart‑Bois. En , les convois sont limités à la gare de Charleroi‑Sud. Une nouvelle restructuration en remplace les trams par des autobus entre Ransart et Charleroi, même si des trams continuent à circuler aux heures de pointe sous le numéro 48 jusqu’en 1963. Par la suite, les lignes d’autobus TEC 12, 12 barré, 27 et 28 empruntent la chaussée de Ransart, desservant notamment la gare de Châtelet‑Châtelineau, le carrefour de Jumet‑Hamendes et l’IMTR de Loverval[57]. La chaussée de Ransart, longtemps pavée de blocs disjoints par un trafic intense, constitue durant plus d’un demi‑siècle une difficulté majeure pour les cyclistes. Nombre d’entre eux l’empruntent quotidiennement pour se rendre au travail, à l’école moyenne de Gilly ou dans les commerces locaux[58]. Les rails du tramway, dont les rainures piègent facilement les roues, provoquent chutes et crevaisons. Deux ateliers de cycles situés entre l’entrée de la chaussée et la rue Trieu Albart assurent alors les réparations : l’établissement « Chez Sublime », connu pour sa marque, et l’atelier de Roger Dewever, apprécié pour son savoir‑faire[58].

La liaison Charleroi-Châtelet
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L’évolution des transports en commun entre Charleroi, Châtelineau et Châtelet s’inscrit dans la modernisation progressive du réseau vicinal à la fin du XIXe siècle. Selon Robert Colard, une première liaison à traction vapeur est ouverte le depuis les abords de l’ancienne prison de Charleroi, reliant la ville au hameau de Six‑Bras après avoir traversé la rue du Grand‑Central, Lodelinsart, Bon‑Air, Gilly‑Haies et les Corvées[59]. L’itinéraire est prolongé en 1892 jusqu’au quartier Saint‑Roch à Châtelet, qui devient le terminus. L’électrification de la ligne est approuvée en 1895 et la transition complète vers la traction électrique est effective en 1901. Le terminus est ensuite déplacé en 1912 vers l’arrêt de la rue Turenne, connu sous le nom d’« Eden ». Jusqu’en 1928, les lignes vicinales sont identifiées par des lettres, la liaison vers Châtelet portant la lettre « C ». L’introduction des numéros directionnels en juillet 1928 attribue le numéro 56 à la ligne Charleroi–Châtelet via Bon‑Air, Gilly‑Haies et Châtelineau[60].

À partir de 1918, un accord d’affermage permet à la Société des tramways électriques du pays de Charleroi d’exploiter les infrastructures électriques entre les Quatre‑Bras et la gare de Châtelineau, créant la ligne 4, surnommée « trams verts ». Comme le rappelle Robert Colard, cet accord est suspendu en 1923, rétabli en 1929 et maintenu jusqu’en 1969[61]. Durant l’interruption, une navette numérotée 58 assure la liaison locale entre Six‑Bras et Gilly‑Haies. La ligne vicinale Charleroi–Châtelet est supprimée en , tandis que les trams de la ligne 4 circulent encore deux ans avant d’être remplacés par des autobus. Les arrêts situés sur le territoire de Gilly se répartissent alors dans les rues Didi, Saint‑Bernard, du Louvy, Hanoteau, de l’Observatoire, ainsi qu’aux places des Haies, des Corvées et aux Quatre‑Bras[61].

Fondée en 1904, la Société des tramways électriques du pays de Charleroi exploite les trams 4 depuis la gare du Sud en passant par la Ville‑Haute, le pont de Waterloo et la Grand’Rue. Certaines motrices électriques sont construites par l’entreprise Julien Dulait, future ACEC, ce que souligne également Robert Colard. Un vestige de cette période subsiste longtemps : une motrice de la ligne 56, la S.10093, installée au rond‑point dit « CORA » entre les Corvées et le Chant des Oiseaux[61]. Son film directionnel mentionnait encore « Charleroi – Eden – Gilly – Châtelet ». Retirée en 2016, elle symbolisait pour certains une nostalgie dépassée et pour d’autres un patrimoine disparu. La mémoire locale conserve enfin des images typiques de l’exploitation vicinale : conducteurs actionnant la sonnette au pied, receveurs munis de leur sacoche, contrôleurs au képi strict, voyageurs serrés sur la plate‑forme arrière ou lanière de cuir servant à demander l’arrêt. Ces pratiques illustrent une époque où le tramway électrique représentait un progrès notable par rapport aux anciens omnibus hippomobiles[61].

Le chemin de fer et les gares des Haies, de Sart-Allet et des Quatre-Bras

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La gare des Haies
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La gare des Haies était l’un des arrêts d’un ancien réseau ferroviaire desservant plusieurs quartiers de l’agglomération carolorégienne. À proximité de l’actuelle station du « Marsupilami », autrefois gare de Waterloo, la ligne se scindait près du dépôt de bus TEC situé entre Gilly et Montignies‑sur‑Sambre[62]. Une branche se dirigeait vers les Quatre‑Bras de Gilly, rejoignant la chaussée de Châtelet avant d’être démantelée et de servir d’assise à la future route de la Basse‑Sambre, axe menant vers Farciennes, Floreffe et Namur[62]. Robert Colard rappelle que cet ancien tracé constitue aujourd’hui l’un des principaux itinéraires routiers de la région. L’autre embranchement franchissait la chaussée de Namur à Montignies‑sur‑Sambre, pénétrait dans Gilly par la rue du Moulin et longeait une voirie qui deviendra la rue du Chemin de Fer. Une partie de cette emprise désaffectée fut intégrée plus tard au tracé de la Rocade gillicienne lors de son aménagement[62].

La halte des Haies se situait à proximité de la chaussée de Lodelinsart, secteur où se sont installées diverses entreprises commerciales, dont MRC, TEFAL et Dinsart. Au‑delà de ce point, la ligne poursuivait son parcours vers le Feignat, à hauteur de la chaussée de Ransart, traversait le site des Houillères‑Unies et rejoignait la gare du Sart‑Culpart, assurant ainsi une liaison directe entre Charleroi‑Nord et la gare du Sart‑Allet[62]. Avec l’essor industriel de Gilly et la croissance démographique, l’exploitant ferroviaire adapta progressivement le service afin de permettre aux habitants et aux ouvriers d’utiliser les gares locales en complément du transport de charbon, de marchandises et de colis[62]. C’est dans ce contexte que le Conseil communal, lors de sa séance du , exprima le souhait de voir la halte des Haies accueillir un trafic voyageurs régulier, une évolution que souligne également Robert Colard. Au début des années 1980, plusieurs activités commerciales subsistaient encore dans ce secteur : au numéro 30, un marchand de matériaux et de combustibles connu sous l’enseigne Chez Andris ; au numéro 35, un atelier spécialisé dans les métaux ferreux appartenant aux établissements Laboureur ; et au numéro 39, une société active dans le matériel de camping et de caravaning, la SPRL GYL Camping[63].

La gare de Sart-Allet
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L’ancienne gare de Gilly‑Sart‑Allet, située à l’extrémité de la rue de la Station anciennement rue du Coquelet occupait un point stratégique du réseau ferroviaire local[64]. Selon Robert Colard, l’ancienne appellation de cette voirie provient d’une chapelle dédiée à Notre‑Dame de Foy, encore mentionnée dans plusieurs documents du XIXe siècle. Un plan de 1862, établi lors d’une concession funéraire pour la famille Gillieaux, confirme l’usage du nom « rue du Coquelet » pour la portion longeant l’église Saint‑Remy[64].

La gare fut construite lors de l’ouverture, le , de la ligne 119 reliant Châtelineau à Luttre, infrastructure confiée à la Compagnie des chemins de fer des bassins houillers du Hainaut. Les trains y desservaient successivement les stations du Sart‑Culpart, de Jumet Bois‑Noël et de Gosselies avant de rejoindre Luttre[64]. Comme le rappelle Robert Colard, plusieurs raccordements industriels alimentaient les charbonnages des Houillères‑Unies, le siège du Vivier dépendant du Trieu Kaisin, ainsi que diverses entreprises locales telles que les ateliers Joseph Fontaine, les constructions métalliques Jean Berger ou le chantier Durant[64]. Parmi les stations de la ligne, Sart‑Allet est la seule à avoir conservé son architecture d’origine. Elle fut désaffectée en 1985. Les bâtiments accueillent aujourd’hui différents occupants : l’association Faim et Froid, qui y entrepose des dons destinés aux personnes en difficulté, et la société Districoal, installée au no 102 de la rue de la Station, spécialisée dans la vente de combustibles domestiques[64].

Sur le territoire de Gilly, la ligne 119 franchissait plusieurs ponts, notamment à la rue des Bouillons, à la rue du Rond‑Point et au site des Trois‑Ponts, disparu lors de l’aménagement de la bretelle d’accès au ring de Charleroi. Le démantèlement progressif du réseau ferroviaire a permis la reconversion de certaines emprises en itinéraires de promenade[65]. L’ancien tracé accueille aujourd’hui un segment du RAVeL La Houillère, offrant un parcours sécurisé entre le canal Charleroi‑Bruxelles à Roux et la Sambre à Châtelet. Ce chemin longe l’ancienne gare du Sart‑Allet, le complexe des Vallées et le terril Saint‑Xavier, témoins du passé industriel de la commune, comme le souligne Robert Colard[66].

La gare des Quatre-Bras
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La gare des Quatre‑Bras, également appelée gare de la Ville‑Haute ou gare de Waterloo, occupait l’espace situé entre l’actuel rond‑point du « Marsupilami » et la clinique Notre‑Dame, le long de la Grand’Rue de Charleroi. Son appellation rappelait la porte Waterloo, percée dans l’enceinte militaire édifiée par l’administration hollandaise dès 1816, peu après la défaite du [67]. Cette installation, active au XIXe siècle et au début du XXe siècle, était exclusivement dédiée au trafic marchandises et raccordée à la ligne 140 reliant la gare de l’Ouest, Dampremy, Lodelinsart et Fleurus, comme le signale Robert Colard[67]. L’essor industriel de Montignies‑sur‑Sambre et de Gilly entraîna une demande accrue en infrastructures ferroviaires. La société des chemins de fer Louvain–Charleroi obtint l’autorisation de créer un embranchement vers ces communes, limité à la chaussée de Châtelet, au niveau des Quatre‑Bras. La voie, numérotée 263, fut aménagée sur le tracé correspondant aujourd’hui à la route de la Basse‑Sambre et mise en service le [67].

Le parcours longeait notamment le terril du puits no 12 des charbonnages du Mambourg, futur emplacement du centre commercial Ville 2, et desservait de nombreuses entreprises implantées le long de la ligne. Parmi elles figuraient les Ouvriers Réunis, avec moulin, brasserie et boulangerie, un gazomètre fondé en 1863 mais abandonné en 1871, ainsi que les Forges et Fonderies de Gilly[67]. La voie atteignait aussi le dépôt des « Trams Verts », le puits des Ardinoises, les Houillères‑Unies près de la rue Devillez, la scierie Piérard et un dépôt de matériaux exploité par la famille Dailly. Robert Colard souligne que cette desserte directe permettait aux entreprises de recevoir leurs matières premières et d’expédier leurs produits sans recourir à la route ni à la gare du Sart‑Allet[67].

Les ateliers Berger, les boulonneries Meurice et du Centre, les ferronneries et poêleries du Hainaut dirigées par Joseph Fontaine ou encore la tuyauterie Dofny comptaient parmi les utilisateurs réguliers. La fermeture progressive de la station des Quatre‑Bras, autour de 1950, fut largement regrettée par ces acteurs économiques[68]. Le bâtiment principal, ancien bureau et consigne, fut ensuite acquis par l’entreprise Émile Spiessens pour y installer un centre de distribution de combustibles tels que charbon, mazout ou gaz. Sa démolition, vers 1995, laissa place à un parking agrémenté de parterres. Une photographie publiée le dans La Nouvelle Gazette montre la vaste tranchée annonçant la construction de la route de la Basse‑Sambre (N90), venue remplacer l’ancienne voie ferrée[69].

Première Guerre mondiale

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L'Entre-deux-Guerres

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Effondrement du terril des Vallées en 1930
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La commune de Gilly fut touchée en par un important glissement de terril, événement géologique et industriel qui marqua durablement la mémoire locale[70]. Selon Robert Colard, les stériles issus de l’exploitation minière schistes, pierres et matériaux inertes étaient depuis longtemps déversés dans la zone des Grandes Vallées, couvrant les secteurs Marcus, Bois de Lobbes, Saint‑Joseph et Vanniers. Leur accumulation forma un terril massif, élément ordinaire du paysage industriel à une époque où la population vivait encore dans une relative tranquillité avant la crise économique[70].

Ramasseuses d'escarbilles, sur le terril des Vallées.

Au début du mois de juin, plusieurs habitants signalèrent des déformations du sol : le terril se bombait par endroits et des pavés se soulevaient. Des bruits sourds furent également rapportés, sans explication immédiate[70]. Le , un léger affaissement fut observé rue des Vanniers. L’ancien mineur Jules Lenoble, domicilié rue Marcus, interpréta ces signes comme l’annonce d’un mouvement du terril et alerta le voisinage, contribuant à l’évacuation rapide de plusieurs habitations[70]. Un couple de riverains, Émile Paquet et son épouse, tous deux sourds, dut être secouru par un voisin qui força leur porte pour les mettre à l’abri[70].

Dans la nuit du 18 au , une masse d’environ 800 000 tonnes de terre, pierres et déchets miniers se détacha soudainement. Le glissement détruisit le mur de béton retenant le terril, emporta tout sur son passage, ensevelit des maisons et recouvrit jardins et cours, notamment dans le secteur du Fond Potet[70]. Certaines habitations furent déplacées de plusieurs mètres, d’autres se retrouvèrent perchées au‑dessus de leur niveau initial. Malgré l’ampleur des destructions, aucune victime ne fut recensée, bien que de nombreux habitants se retrouvèrent démunis. Neuf maisons furent entièrement détruites, dont celles de Zacharie Georges, policier communal, et de Jules Lenoble, dont l’alerte avait permis d’éviter un drame[71]. Ce dernier perdit néanmoins ses pigeons, écrasés dans leur panier. Comme le rappelle Robert Colard, l’événement attira des milliers de curieux venus observer les dégâts. Les causes exactes du glissement ne furent jamais établies avec certitude : il ne s’agissait ni d’un séisme, ni d’une éruption, ni d’une inondation, mais d’un effondrement de terril d’une ampleur exceptionnelle, longtemps présent dans les récits de Gilly[72].

Deuxième Guerre mondiale

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Durant la période de l'Occupation, Gilly fut intégré, de 1942 à 1944 dans le Grand Charleroi faisant partie du District 1 aussi appelé District de Charleroi. Gilly fut libérée par les Américains, le [73].

L'après guerre

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Léopold Tibbaut fut le dernier bourgmestre de la commune autonome de Gilly, exerçant cette fonction de 1960 jusqu’à la fusion des communes en 1976. Initialement pressenti pour occuper la charge dès 1957, il renonça par respect pour le bourgmestre sortant, Joseph Gailly, avant d’être officiellement nommé en . Son mandat fut ensuite reconduit à deux reprises[74]. Durant plus de quinze ans, il orienta l’action communale vers le développement urbain, commercial et social. Il encouragea l’implantation de grandes surfaces et de commerces spécialisés, impulsa des travaux d’égouttage et d’amélioration de la voirie, et soutint la création d’axes routiers destinés à fluidifier le trafic. Il participa également à la reconversion de friches industrielles et de terrains charbonniers, favorisant l’émergence de nouveaux ensembles résidentiels, artisanaux ou commerciaux[75]. Son administration accorda une attention particulière au logement social, aux infrastructures sportives et aux équipements collectifs, notamment les centres pour aînés et les installations destinées aux associations locales. Reconnu pour sa disponibilité et son sens du service public, il entretenait un contact direct avec les habitants et cultivait une approche à la fois affable et ferme[76]. Ancien prisonnier de guerre et résistant, il demeura très attaché aux commémorations patriotiques. L’un de ses derniers accomplissements majeurs fut l’inauguration du nouvel Hôtel de ville de Gilly en , quelques mois avant l’intégration de la commune à Charleroi. Il poursuivit ensuite son engagement au sein du Collège communal jusqu’en 1982, chargé des Travaux publics. Sa carrière reste associée à une période de transformation profonde de Gilly et à un attachement constant à sa commune d’origine[77]. Le jour de Noël en 1963, un incendie ravage l'abbaye de Soleilmont, devenu inhabitable, une nouvelle abbaye fut construite sur le territoire de Fleurus[78].

La route de la Basse Sambre constitue un axe structurant reliant la limite de Montignies‑sur‑Sambre à celle de Châtelineau, en direction du Taillis‑Pré et de Fleurus. Son tracé croise plusieurs voies importantes du paysage urbain carolorégien, notamment la chaussée de Montignies, la rue Devillez, la chaussée de Châtelet, les rues des Hayettes et Hanoteau, ainsi que le sentier des Bancs et le périphérique R3, élément majeur du réseau routier carolorégien[79]. Le développement de cet axe a favorisé l’implantation de plusieurs infrastructures notables. On y trouve notamment un vaste garage Mercedes‑Benz, principal établissement de la marque pour la région de Charleroi, ainsi qu’une zone artisanale intégrée, créée à l’initiative de la Chambre de commerce et d’industrie de Charleroi et inaugurée le sous l’égide du Centre européen d’entreprise et d’innovation. À proximité du cercle Saint‑Remy, rue Hanoteau, un complexe hôtelier et de loisirs est également venu compléter l’ensemble[79].

La création de cette voie rapide répondait à la nécessité de désengorger la route nationale 29, axe traditionnel reliant Charleroi à Fleurus, Gembloux, Jodoigne et Tirlemont. L’infrastructure fut officiellement inaugurée le . Afin d’améliorer la fluidité du trafic aux points névralgiques notamment aux carrefours de la rue de la Limite, de la chaussée de Montignies et de la chaussée de Châtelet trois trémies furent aménagées. Des voies parallèles assorties de bretelles d’accès vers Châtelet, Montignies‑sur‑Sambre et Lodelinsart complètent le dispositif, facilitant la circulation locale et limitant les congestions sur l’axe principal[79].

Armoiries

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Sceau de l'ancienne administration communale de Gilly.
Blasonnement : Un Saint-Remi mitré, revêtu de ses habits pontificaux, tenant de la main droite une fiole que lui apporte une colombe et de la gauche la crosse épiscopale, le saint placé devant une clef formant sautoir avec la crosse[80].



Listes des bourgmestres de 1811 à 1977

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Monument à Elie Braconnier, bourgmestre de 1927 à 1936.
  • Bonaventure Gilleaux, de 1811 à 1831 (Parti libéral).
  • Ferdinand Hanoteau, de 1831 à 1854 (Parti libéral).
  • Jean-Baptiste Wautelet, de 1855 à 1860 (Parti libéral).
  • Jean-Baptiste Genard, de 1861 à 1869 (Parti libéral).
  • Florent Hanoteau, de 1870 à 1880 (Parti libéral).
  • Sylvain Berger, de 1881 à 1884 (Parti libéral).
  • Nicolas Frère, de 1884 à 1894 (Parti libéral).
  • François Dofny, de 1895 à 1903 (Parti libéral).
  • Joseph Meurice, de 1904 à 1912 (Parti catholique).
  • Modeste Drailly, de 1912 à 1914 (Parti catholique).
  • Oscar Lambot, de 1914 à 1921 (Parti catholique).
  • Léopold Latinis, de 1921 à 1927 (POB).
  • Elie Abel Braconnier, de 1927 à 1936 (POB).
  • Joseph Gailly, de 1936 à 1960 (POB-PSB).
  • Léopold Tibbaut, de 1960 à 1976 (PSB)[Note 2],[81].

Patrimoine et culture

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Patrimoine architectural et monumental

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Patrimoine civil

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L'ancienne maison communale de 1825, vue de la chaussée de Lodelinsart. (Carte postale du début du XXe siècle).
  • L'hôtel de ville de Gilly. La première maison communale fut édifiée en 1824 sous le régime hollandais[82]. En 1864, les locaux sont jugés vétustes et insuffisants et en 1875 un concours pour une nouvelle maison communale est lancé à tous les architectes du pays[82]. Il y a eu un projet d'hôtel de ville de style néo-flamand avec beffroi conçu par l'architecte Jean-Jacques Winders[83]. Après 37 ans de tergiversation entre autorités locales, pouvoirs de tutelle, architectes et expropriations le projet tombe à l'eau[84]. Les services communaux déménagent dans des maisons expropriées qui se trouvent à l'arrière de la place et aménagées en bureaux. Ils resteront jusqu'en 1963[84]. En , un nouvel architecte est désigné, il se nomme Jules Lair[83]. L'avant-projet est approuvé en 1955[84]. Et le projet définitif en [84]. Le projet ne sera pas concrétisé en raison du décès de l'architecte à la suite d'un accident de circulation[85]. Le dossier est confié aux architectes Gérard De Brigode et André Balériaux[86]. En des préfabriqués sont installés sur la place Chantraine[87]. La première pierre fut scellée le par Lucien Harmignies, à l'époque ministre de l'Intérieur[87]. L'inauguration du nouvel hôtel de ville eut lieu le , et portera son nom jusqu'au pour devenir une maison communale annexe[87].
  • Le Grand Hôpital de Charleroi (GHdC) inauguré en 2024.
  • Le terril des Viviers, site de grand intérêt biologique dont une partie réduite a été conservée après la construction du Grand Hôpital de Charleroi - Les Viviers.

Patrimoine religieux

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L'ancienne abbaye de Soleilmont[88].
L'église Saint-Remy. Tour du XVIe siècle - bâtiment édifié en 1775[89].
L'église Sainte-Barbe.
  • L'abbaye de Soleilmont. Abbaye de moniales cisterciennes. En 1088, elle est fondée par des religieuses auxquelles viennent se joindre, selon la légende, des épouses dont le mari était parti aux Croisades. Les premières religieuses qui l'occupent, sous le pontificat du pape Grégoire VIII, étaient probablement des Bénédictines de l'Ordre de Saint Benoît[90]. En 1794, la bataille de Fleurus, remportée par Jourdan contre les Autrichiens, ouvre davantage la Belgique à la France. De ce fait, les sœurs doivent vendre l'intégralité du patrimoine pour payer une contribution de 30 000 francs imposée par l'occupant[90]. L'abbaye fut pillée par les grévistes en 1886 mais les pièces précieuses furent sauvées notamment une lettre datant de 1617 de l'Archiduc Albert, une statue en bois de Saint-Bernard datant du XVe siècle et une étole du même saint datant du XIIe siècle et de précieuses archives furent également mises à l'abri[91]. En 1914, à l'arrivée des Allemands et pendant la bataille de Charleroi (Couillet du 22 au ), l'abbaye est transformée en hôpital. Le jour de Noël 1963, un immense incendie ravage l'ensemble des bâtiments[78]. Devenu inhabitable, l'abbaye de Soleilmont fut abandonnée et remplacée par des nouvelles constructions dans le bois de Soleilmont, sur le territoire de Fleurus[78].
  • L'église Saint-Rémy. Située dans le quartier du « Village », c'est la plus vieille église de la commune ; elle date de 1775[92].
  • L'église Sainte-Barbe. La première pierre est posée le en présence de nombreuses personnalités[93] en style néo-gothique par l'architecte Pasquet[94].
  • L'église du Sacré-Cœur. Le nombre d'habitants ne cessant de croître au quartier du Sart Allet, un oratoire fut ouvert en 1878 pour faciliter l'accueil des catholiques pratiquants[14]. L'église fut érigée dans le quartier de Sart-Allet en 1888 de style néo-roman[95].
  • L'église Notre-Dame de Lourdes. Elle se trouve dans le quartier de Sart-Culpart. Durent le XIXe siècle, avec le développement du commerce et de l'industrie locale, la population gillicienne n'a cessé d'augmenter et notamment celle du Sart-Culpart[96]. Vers 1900 il y eut la possibilité de construire une église à leur intention mais le projet est abandonné[96]. La première pierre est posée le et consacrée le de style néo-roman. L'église est dédiée à Notre-Dame de Lourdes et est Reconnue comme sanctuaire de Bernadette Soubirous[97], une relique de cette sainte est conservée à l'église depuis le [97].
  • La chapelle Notre-Dame de Grâce. Elle est érigée en 1932 à l'initiative de R. Misonne et de sa famille[98].
  • La chapelle Saint-Fiacre. Elle se trouve rue Paradis des Chevaux. Elle est inaugurée en par Charles-Marie Himmer, évêque de Tournai[99].

Monuments et mémoriaux

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Le monument aux morts de la place Saint-Pierre.
  • Le Monument aux Morts, inauguré le et dédié « À nos héros », en hommage aux habitants de Gilly tombés lors des conflits de 1914‑1918 et 1940‑1945. L’œuvre du sculpteur Jules Vanderstock se compose de trois figures : au centre, une Victoire ailée protégeant un soldat âgé, accompagnée de la devise Pro Patria ; à droite, une mère tenant son enfant, symbole de la douleur familiale ; à gauche, un vieillard appuyé sur sa canne, incarnant le deuil et la perte[100]. Une plaque commémorative figure sur la face avant du Monument aux Morts en hommage au casque bleu Alain Debatty, caporal originaire de Gilly et militaire de carrière au régiment des para‑commandos. Il fut assassiné le à Kigali, au Rwanda, lors de sa mission sous mandat des Nations unies[100]. Il se situe sur la place Saint-Pierre.
  • Le monument des trois têtes, œuvre de Charles Delporte, sur le rond-point de l'avenue Alain Debatty.
  • Le monument sur le rond-point des Vallées.
  • La stèle Joseph Gailly, placée en 1956 à l'entrée de la cité Gailly, au coin des rues du Pont d'Arcole et du Rond-Point[35].
  • La stèle Léopold Tibbaut, de forme pyramidale à trois faces renversée érigée au centre de la cité, elle porte l'inscription « Quartier Léopold Tibbaut »[37].
  • Le buste d'Élie Braconnier, inauguré en 1937 par le sculpteur Jules Vanderstock, est fixé sur une roche avec des inscriptions gravées « Élie Braconnier, Directeur d'école, Bourgmestre, Sénateur, la population reconnaissante »[101].

Culture

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La salle de spectacle « Centre du Temps Choisi », chaussée de Lodelinsart.

La salle de spectacles Centre du Temps choisi construite par les architectes De Brigode, Balériaux & Associés en 1965 et inaugurée en 1986. En début juillet, il y a la ducasse de Gilly-Haies.

Folklore

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Marche Notre-Dame de Lourdes, créée en 2009 se déroule dans le quartier du Sart-Culpart tous le 1er dimanche de septembre[102].

Lieux publics

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Cimetières

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Le cimetière de Gilly, situé rue des Nutons à Gilly, section de la ville de Charleroi, est une nécropole communale représentative de l’évolution funéraire en Wallonie depuis le XIXe siècle. Il s’étend à proximité du terril des Nutons et du parc Joseph Gailly, dans un environnement marqué par l’histoire industrielle de la région . Conçu comme un espace structuré de sépulture et de recueillement, il rassemble un ensemble varié de tombes, caveaux et monuments qui témoignent de la diversité sociale et culturelle de la population gillicienne.

Le cimetière principal, parfois distingué du cimetière de Gilly Village, s’inscrit dans le réseau des 23 cimetières gérés par la Ville de Charleroi et est accessible quotidiennement selon les horaires communaux[103]. Son organisation reflète les principes d’aménagement des nécropoles belges du XIXe siècle : allées rectilignes, divisions clairement délimitées et présence de monuments familiaux parfois imposants. Plusieurs concessions anciennes présentent des styles funéraires variés, allant du sobre caveau en pierre bleue aux monuments plus élaborés, ornés de symboles religieux ou allégoriques.

À proximité immédiate se trouve également l’ancien cimetière paroissial de Gilly Village, attenant à l’église Saint‑Remy. Désaffecté depuis plusieurs décennies, il constitue un témoin précieux de l’histoire locale. Les sépultures, majoritairement datées de la fin du XIXe siècle à l’après‑Seconde Guerre mondiale, regroupent souvent plusieurs générations d’une même famille, offrant une source importante pour la généalogie régionale[104]. Ce site, figé dans le temps, conserve des inscriptions funéraires remarquables relevées et étudiées par des historiens locaux.

Le Parc Saint‑Pierre, plus discret et moins documenté, occupe une position centrale dans le tissu urbain de Gilly ; il se caractérise par son accessibilité continue et par son rôle de petit espace de verdure inséré dans un environnement résidentiel[105]. Plus au sud, le Parc Sénécharles, implanté dans un secteur résidentiel, présente l’aspect typique d’un parc de proximité, composé d’allées bordées d’arbres, de pelouses et d’aires de repos, et joue un rôle de respiration dans un quartier densément bâti[106]. À proximité immédiate se trouve un autre espace vert, simplement désigné comme le Parc Misonne dans les inventaires locaux, également situé rue des Hayettes ; il s’agit d’un parc citadin de dimensions modestes, ouvert en permanence, utilisé principalement pour la promenade quotidienne et les activités familiales[107]. On trouve notamment dans la cité Joseph Gailly un parc destiné aux résidents du quartier, nommé en l’honneur de l'ancien bourgmestre de Gilly Joseph Gailly.

La place Jules Destrée

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La place Jules Destrée.

La place Jules Destrée à Gilly a connu au cours des années 2020 une transformation profonde qui s’inscrit dans une dynamique plus large de requalification des espaces publics carolorégiens. Longtemps dominée par un vaste parking à ciel ouvert et par des équipements publics peu connectés entre eux, elle constituait un centre fragmenté, marqué par l’héritage industriel de l’ancienne commune. Le concours Europan 13, lancé en 2013, a servi de catalyseur à une réflexion urbanistique d’envergure, dont le bureau CENTRAL a été désigné lauréat en 2017. Le projet, achevé en 2025, repose sur une vision visant à reconnecter les différentes composantes du quartier et à redonner à la place un rôle structurant dans la vie locale[108].

Vue vers l'école communale Jules Destrée.

La transformation s’articule autour de trois axes majeurs : la création d’une forêt urbaine destinée à relier les fragments du tissu urbain, la reconversion de l’ancien parking en une grande place publique polyvalente, et la rénovation du complexe sportif, désormais ouvert sur l’espace public et complété par un pavillon dédié à la boxe et aux activités collectives. Cette stratégie globale est complétée par une série d’interventions ponctuelles inspirées de l’« acupuncture urbaine », visant à renforcer les liens entre les bâtiments existants et les espaces extérieurs[109].

Vue sur la forêt urbaine.

Les travaux, menés entre 2023 et 2025, ont intégré des techniques durables : plantation de 24 000 vivaces et 370 arbres, installation de revêtements perméables tels que 5 000 m2 de Komex, pose de 7 000 m2 de pavage et création de fosses drainantes de 10 à 20 m3 pour favoriser l’infiltration des eaux pluviales. L’objectif était de réduire les îlots de chaleur, d’améliorer la gestion de l’eau et de renforcer la présence du végétal dans un quartier historiquement minéralisé. La nouvelle place accueille désormais une voirie partagée, des espaces aquatiques, une fontaine, ainsi qu’un parvis central destiné aux événements culturels et festifs[108].

Enseignement

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Communale

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École fondamentale communale des Haies (maternel et primaire), École fondamentale communale Gilly-Centre (maternel et primaire) et École fondamentale communale Jules Destrée (maternel et primaire).

Lycée François de Sales (secondaire), École fondamentale libre du Sart-Allet (maternel et primaire), École fondamentale libre de Gilly Sart-Culpart et cité Germinal (maternel et primaire), École fondamentale libre Chantraine - Sacré-Cœur (maternel et primaire) et Institut de la Visitation fondamental libre (primaire).

Haute École Louvain en Hainaut : sections infirmier, oncologie, radiothérapie, sage-femme SIAMU, technologue en imagerie médicale (supérieur), Établissement Communal d'Enseignement de Promotion Sociale de Gilly (ECEPS) et Athénée royal de Gilly (secondaire).

Économie

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Reconversion économique

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Les terrains autrefois occupés par les charbonnages font l'objet d'un projet de reconversion immobilière et commerciale. C'est ainsi qu'une superficie de 16 hectares du terrils des Combles Sainte Zoé au sud de la route de la Basse-Sambre abritera un quartier mixte à vocation essentiellement résidentielle.

Sur le site des Viviers, au croisement du Ring R3 et de la N90, Gilly voit actuellement la construction du Grand Hôpital de Charleroi (GHdC) qui fait partie du Réseau Hospitalier Charleroi Métropole. À partir de , cet hôpital remplacera progressivement les implantations des hôpitaux Notre-Dame, Saint-Joseph, Reine Fabiola, l’IMTR et Sainte-Thérèse qui étaient jusque-là dispersés dans la région de Charleroi. L'ancien site de l'hôpital Saint-Joseph à Gilly sera ainsi transformé en zone de logements durables comprenant près de 400 nouveaux appartements, maisons, logements en « co-living » ainsi que des commerces de proximité et immeubles destinés aux professions libérales[110].

Parmi les autres entreprises/associations notables sur le sol de Gilly, l'on note :

  • SA Entreprises Koeckelberg : secteur de la construction.
  • ASBL Le Maillon : maison d’hébergement pour personnes handicapées mentales adultes « travailleurs et non travailleurs ». Elle est une création de l’Association de la Région de Charleroi pour l’Aide aux Handicapés Mentaux.

Dans le courant des années 2000, le TEC Charleroi entreprend de terminer la boucle du métro léger de Charleroi et de mettre en service la ligne M4 vers Gilly dans sa totalité.

Les industries de l'époque

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Les charbonnages

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Les charbonnages :

  • Charbonnage de Noël-Sart-Culpart : en activité jusqu'en 1960 ;
  • Charbonnage Vallées-Congo et Yser : en activité de 1868 à 1952 ;
  • Société des Charbonnages des Viviers Réunis ;
  • SA des charbonnages du Nord de Gilly : en activité de 1874 à 1968 ;
  • SA des Houillères Unies du Bassin de Charleroi : en activité jusqu'en 1963.
La société anonyme des charbonnages de Noël-Sart-Culpart
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L’exploitation du charbon à Gilly prit forme à la fin du XVIIe siècle et se développa durant le XVIIIe siècle. Selon Robert Colard, les archives de 1782 mentionnent plusieurs familles locales Fontaine, Cornil, Dubois actives sur diverses veines identifiées sous les noms Maton, Veine au Clou, Noël, Magre, Layabois ou encore Pistole sous Gilly et au Bois de Lobbes, avec une extension partielle sous Châtelineau. En 1798, Fontaine, surnommé « l’Escholier », obtint la maintenance de plusieurs gisements pour la société charbonnière dite de Noël sous Gilly[111]. L’activité déclina progressivement et cessa vers 1814‑1815. Au début du XIXe siècle, une reprise fut envisagée mais les négociations révélèrent des intérêts opposés. En 1830, deux groupes se formèrent : les « Fracquis », anciens propriétaires aisés tels que les familles Michaux Frère, Fontaine, Leroy ou Marquet, ainsi nommés en référence à leur tenue soignée ; et les « Mau‑Muchis », personnes plus modestes liées aux anciennes concessions, dont les familles Wautelet et Genard, détentrices de droits sur des veines comme Paumonceau, Maton ou Puante. Robert Colard souligne que cette opposition prit un tour conflictuel, marqué par des obstructions de galeries et le comblement de puits[112].

Après vingt‑cinq ans de procédures, de transactions et de jugements, l’administration des Mines imposa finalement un accord permettant la création d’une société civile en 1855, devenue en 1875 la « SA des charbonnages de Noël Sart Culpart ». De nouveaux creusements furent entrepris en 1859 pour remplacer les anciens puits Combles, Milieu et Midi, constituant le « Siège Saint‑Xavier »[112]. Le site minier s’étendait entre le chemin concerné, la rue des Nutons et la rue des Trieux, jusqu’à la jonction des voies ferrées de la ligne 119 et des raccordements industriels de la fosse des Vallées[112]. L’ensemble regroupait bâtiments administratifs, ateliers, vestiaires, douches, lavoirs, lampisterie, puits d’extraction et de retour d’air. Une haute cheminée de ventilation, surnommée « el cawoûte », dominait les installations. Le chevalement, appelé « belfleûr », assurait la descente du personnel et des chevaux ainsi que la remontée du charbon. On y trouvait aussi les stocks de charbon trié, les réserves de bois de soutènement, le départ de l’aérien vers les terrils situés au‑delà de la rue des Nutons, une gare privée et le terril no 1 occupant près d’un tiers du terrain[112].

Avec le recul de l’industrie charbonnière au profit du pétrole, du diesel, du mazout et du gaz naturel, les fosses du sillon Sambre‑et‑Meuse fermèrent progressivement. Le puits Saint‑Xavier arrêta ses activités le . Seuls les bâtiments administratifs subsistent aujourd’hui[113]. Le paysage minier a laissé place à un vaste chantier de l’entreprise de travaux publics SA Koeckelberg, installée au no 44 de la rue, occupant environ huit hectares avec bureaux, hall d’accueil, parkings, zones de stockage, ateliers et garages. La liquidation des biens du charbonnage entraîna plusieurs ventes[114]. En 1967, Armand Lefèvre acquit une partie du site pour y installer des ateliers. En 1972, la société Koeckelberg acheta le terrain et le terril, dont les stériles furent exploités entre 1990 et 1995 par la firme Exter pour servir d’assise à des ouvrages d’art tels que autoroutes, ponts ou remblais. En 1985, une partie des biens de Lefèvre fut rachetée par la SA Boulangerie Émile Hody, active dans plusieurs communes voisines, notamment à Gosselies, Ransart, Fleurus et Gilly[114].

Charbonnage Vallées-Congo et Yser
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Le mot vallée, utilisé autrefois pour désigner une galerie inclinée servant de descenderie dans les mines, prend un sens particulier dans l’histoire charbonnière de Gilly. Comme le rappelle Robert Colard, l’exploitation de la houille y débuta en surface avant de s’enfoncer progressivement en profondeur. Les travaux des historiens O. Lambot et E. Close indiquent qu’avant le XVIIe siècle, les méthodes d’extraction imposaient un axe de travail est–ouest, tandis que les déplacements nord–sud étaient proscrits[115]. C’est dans ce contexte que s’est fixée l’appellation locale des « Vallées », héritée de plusieurs siècles d’activité minière. Le cadastre de 1811 mentionne déjà les « Petites Vallées » et les « Grandes Vallées », situées entre les actuelles rues Saint‑Joseph, Bois de Lobbes, Louvy et la lisière encore intacte du Bois Impérial. Selon Colard, cette zone accueillit les premiers cayats et puits du quartier du Louvy[115].

Charbonnages des Viviers. Tireuses de berlines.

Le plan de 1832 confirme l’importance du site en y localisant le siège de l’Ardinoise, exploitation qui forma, avec les gisements des Grandes Plateures, des Sept Actions, de la Ronche et des Petite et Grande Aises, le noyau de ce qui deviendra la Société des charbonnages du Centre de Gilly[10]. Cette dernière fusionna en 1868 avec plusieurs exploitations voisines, dont la fosse d’Appaumée à Ransart, pour constituer la Société des Houillères Unies du bassin de Charleroi. L’histoire industrielle du lieu se prolongea en 1893 avec l’intégration d’une fabrique d’agglomérés, spécialisée notamment dans la production de boulets, au puits des Vallées[70].

L’exploitation cessa définitivement ses activités le . Les infrastructures disparurent peu après, y compris le bâtiment qui avait accueilli une machine à feu dès 1766[70]. Comme le souligne Robert Colard, le site fut ensuite profondément réaménagé : implantation d’une grande surface commerciale, création de nouveaux axes routiers, dont un tronçon de l’avenue Caporal A. Debatty et du Trieu Albart en direction de Ransart. Ces transformations ont effacé les traces visibles de l’ancien paysage minier, tout en conservant dans la toponymie locale le souvenir des « Vallées »[70].

La société anonyme du Trieu-Kaisin - puits no 1 des Viviers
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Le charbonnage Trieu-Kaisin puits des Viviers.

Le nom de Trieu Kaisin désigne un ensemble de voiries situées à la limite de Gilly et Châtelineau, comprenant notamment la rue Lison, l’impasse Nanon et la rue du Corbeau. Cette appellation provient de la Société des charbonnages du Trieu Kaisin, fondée en 1886 par la fusion de plusieurs petites concessions dont les propriétaires détenaient les droits d’exploitation sous les territoires des trois communes concernées[116]. En 1897, la société acquit les concessions des Viviers réunis, couvrant 165 hectares en sous‑sol sous Gilly, ce qui explique la présence sur certaines cartes d’anciens sites miniers abandonnés, comme le puits no 1 du Vivier situé à l’emplacement de l’actuelle rue de l’Observatoire. Robert Colard souligne que ces traces cartographiques témoignent de l’intense activité charbonnière qui structura durablement le paysage local[116].

L’origine du toponyme Trieu Kaisin reste discutée dans la littérature historique. Certains auteurs mentionnent qu’en 1688 apparaît la forme « Trils Caisen » pour désigner une veine de charbon appelée Veine au boeurre, exploitée au terroir des Gilliers par les sieurs Genard, du Raily, Wautelet et leurs associés[116]. D’autres sources évoquent, entre le XVIe et XVIIIe siècle, une terre nommée « Tri Köjin », située près du point de rencontre des territoires de Gilly, Châtelineau et Montignies‑sur‑Sambre, dans une zone correspondant aujourd’hui aux abords du complexe commercial Cora. Selon Colard, ces variantes toponymiques reflètent la superposition de traditions locales et de pratiques minières anciennes, qui ont façonné la mémoire du lieu[116]. Aujourd'hui, le terril est occupé par le complexe hospitalier du Grand Hôpital de Charleroi.

Les verreries

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L’implantation des premières verreries dans le bassin carolorégien remonte au XVe siècle, lorsque la famille Colinet parfois orthographiée Colnet originaire de la Thiérache, s’établit progressivement dans plusieurs localités de la région. Des maîtres verriers portant ce nom sont attestés à Fontaine‑l’Évêque dès 1467, à Leernes en 1531 et à Barbençon en 1559[116]. À Gilly, leur présence est documentée à partir de 1599 : Roch Colnet, relayé ensuite par son neveu Jacques, y exploite une verrerie installée dans le fief de Longbois, aux Hamendes, près de Jumet. Les fouilles réalisées en 1890 lors de la construction de la brasserie des Hamendes future brasserie Dussart ont mis au jour des vestiges confirmant l’existence d’une verrerie du XVIIe siècle à cet emplacement, qui a été occupé par un restaurant. Robert Colard souligne que ces traces matérielles illustrent l’ancienneté de l’activité verrière à Gilly[116].

Un autre membre de la lignée, Jean‑Baptiste Colnet, obtient en 1686 le privilège de produire du verre. Sa manufacture est alors installée à la Grand’Rue, actuelle chaussée de Fleurus, près de la ruelle Baltar. Inhumé dans l’église Saint‑Remy du Village, il appartient à une famille reconnue comme gentilshommes verriers, anoblis pour leur rôle pionnier dans l’essor de l’industrie du verre dans la région. Le développement de cette activité s’explique par la présence d’un personnel hautement qualifié souffleurs, étendeurs, ingénieurs dont la réputation dépassa rapidement les frontières, poussant nombre d’entre eux à s’expatrier en Europe, en Russie, aux États‑Unis, en Chine ou en Afrique du Sud[117]. Il repose également sur l’esprit d’entreprise de familles industrielles telles que les Lambert, Gobbe, Chausteur, Misonne, Bivort, Andris, Mondron, Drion ou Jonet, comme le rappelle Colard[117]. En 1823, le bassin de Charleroi compte douze verreries en activité, réparties entre Charleroi, Dampremy, Lodelinsart et Jumet, mais aucune encore à Gilly. La situation évolue au XIXe siècle : les archives du Musée du Verre mentionnent la SA des Verreries de Charleroi, active dès 1875, dotée en 1886 de cinq fours à pots au charbon et de deux fours au gaz. Entre 1920 et 1924, la SA des Verreries et Verres spéciaux de Charleroi y produit du verre coulé. Après sa fermeture, la SA des Verreries de Gilly est fondée ; la mécanisation y débute en 1925. L’usine, connue plus tard sous le nom de La Discipline, cesse ses activités en 1975 après avoir successivement intégré l’Union des Verreries mécaniques belges, puis Univerbel et enfin Glaverbel[118].

La verrerie Chausteur, spécialisée dans la production à la bouche, disparaît en 1925, incapable de s’adapter au procédé mécanique Fourcault. Ses installations sont reprises en 1929 par la SA Splintex Continental, fondée par Jean Dimitri Pastouchoff, un « Russe blanc » réfugié après la révolution de 1917. Grâce à ses contacts en Angleterre, Pastouchoff obtient une licence exclusive pour la fabrication européenne de verre de sécurité, technologie développée après un accident mortel impliquant la fille de l’industriel Weisblatt[119]. La production commence en 1930 dans les anciens halls Chausteur et se diversifie : verre feuilleté pour pare‑brise et masques à gaz (1930‑1948), verre trempé (à partir de 1948), pare‑brise bombés (1961), vitrages chauffants (1972)[119]. En 1974, Splintex devient filiale de Glaverbel. Une nouvelle usine, ouverte en 1979 dans le zoning industriel de Fleurus, emploie environ 800 personnes, tandis que le siège social reste à Gilly, rue Chausteur. L’entreprise est alors le seul producteur du Benelux capable de fournir trois millions d’ensembles complets de vitrages automobiles par an, destinés tant aux usines belges (General Motors, Renault, Volkswagen) qu’à des constructeurs étrangers comme Rover, Honda, Opel, BMW, Fiat ou Renault Flins[119].

Après la Seconde Guerre mondiale, la demande croissante en verre entraîne une concentration des entreprises et la création d’outils de recherche communs. Dès 1945, un premier laboratoire et un bureau d’études sont installés dans les dépendances des Verreries de Gilly. La fusion de plusieurs sociétés conduit à la formation de Glaverbel‑Mécaniver, qui décide la construction d’un centre de recherche moderne à Jumet, rue de l’Aurore, inauguré en 1971[120]. Environ 270 personnes y travaillent, dont 70 chercheurs universitaires, couvrant l’ensemble des domaines scientifiques liés au matériau verrier, de la recherche fondamentale au développement industriel. À côté de ces grandes unités, Gilly a également accueilli plusieurs ateliers plus modestes : la verrerie Andris‑Lambert, la verrerie à bouteilles Pouplier‑Cordier, la verrerie Bodson‑Burny, l’atelier de verres spéciaux François Hermant actif jusqu’en 1911, la verrerie Cormont‑Dumont produisant en 1886 du verre à vitre et de la bouteillerie, ou encore la verrerie Pirsoul‑Brivé, fondée en 1906 et spécialisée dans les carreaux en verre opale. La SA Soie de verre, installée rue Devillez en 1932, y fabrique des fibres de verre jusqu’en 1938[121].

Les verreries :

  • SA des verreries de Charleroi : verres dépolis et à dessins ;
  • La Discipline à Gilly : usine de verre à vitre. Cette verrerie doit son appellation à sa réputation, les ouvriers estimant que, dans cette usine, « on est plus à la discipline qu’à l’armée ». Au milieu du XIXe siècle, le verre à vitre est l’une des branches de l’industrie verrière qui a contribué au rayonnement international de la région de Charleroi et ce, jusque dans les années 1870. En 1930, la Discipline est intégrée à une nouvelle société, l’Union des verreries mécaniques belges (Univerbel). Cette société fusionne avec la société Glaver en 1961 pour former Glaverbel. À cette époque, 1 100 ouvriers travaillent à la verrerie La Discipline[122]. En 1981, Glaverbel est cédé à AGC Glass Europe.

Autres industries

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Les scieries Piérard
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Les scieries Piérard constituent l’un des principaux pôles de transformation du bois à Gilly entre le XIXe siècle et le milieu du XXe siècle. Fondée par Jean‑Hubert Piérard près de la chapelle Sainte‑Fiacre, l’entreprise débuta comme une modeste scierie‑menuiserie utilisant des équipes de scieurs à bras[123]. Selon Robert Colard, l’essor de l’exploitation charbonnière régionale entraîna une forte demande en bois d’étançonnement, favorisant l’expansion de la scierie et son transfert vers des emplacements plus vastes, notamment la place Try‑Royelle puis le site de l’ancien charbonnage de l’Avaleresse[123]. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’établissement acquit une réputation solide, participant notamment à la réalisation des lambris de l’église Sainte‑Barbe en 1866[123].

Les ateliers, équipés de scies à vapeur, produisaient poutres, lattes, caisses et divers bois d’œuvre. Les essences provenaient tant des forêts locales que de régions scandinaves ou de zones tropicales, ces dernières transitant par le port de Gand où la famille Piérard exploitait un chantier de transbordement, comme le rappelle l’historien Colard[123]. Installée entre la rue Devillez et la chaussée de Charleroi, l’usine se distinguait par sa haute cheminée, élément marquant du paysage industriel jusqu’aux années 1950[124]. L’activité cessa peu après, laissant place à des aménagements urbains contemporains, dont le parking du complexe commercial ColruytWibra. La disparition de la cheminée et des ateliers mit fin à plus d’un demi‑siècle de présence industrielle au cœur du quartier, une évolution que Colard situe dans le mouvement général de reconversion des anciens sites artisanaux et industriels de Gilly[125].

Ateliers de constructions métalliques Quinet
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Les Ateliers de constructions métalliques Quinet, fondés en 1894 par Joseph Quinet‑Vieslet, s’inscrivent dans le contexte d’une forte croissance des boulangeries à Gilly, portée par l’augmentation de la population[126]. L’entreprise, d’abord modeste, se spécialise rapidement dans la fabrication d’équipements destinés aux professionnels du secteur[126]. Comme le rappelle Robert Colard, cette orientation permet à l’atelier de s’étendre progressivement, jusqu’à devenir, quarante ans après sa création, une véritable usine installée au numéro 158 de la chaussée de Charleroi[126].

Un document daté du illustre l’ampleur atteinte par la production[126]. La firme propose alors des installations complètes pour boulangeries et pâtisseries, ainsi qu’une série d’appareils brevetés : machines pour peser et façonner des pâtons de formes variées, pétrins mécaniques capables de travailler entre 50 et 1 200 kg de farine, fours à deux ou trois soles fixes, dispositifs de tamisage, mélangeurs, élévateurs de farine ou encore machines à battre les œufs. Selon l’historien Colard, cet ensemble témoigne d’une maîtrise technique rare dans le domaine de la fabrication artisanale[126].

Durant l’occupation allemande, de à , l’entreprise acquiert une notoriété particulière auprès des habitants de Gilly et de la région carolorégienne. Elle commercialise un petit four portatif fonctionnant au bois, adapté aux cuissons domestiques. Cet appareil permet aux ménagères de cuire elles‑mêmes, une fois par semaine, la pâte préparée avec la ration de farine attribuée à chaque membre du foyer via les timbres de ravitaillement[126]. L’usage de ces fours répond avant tout à un impératif d’économie : en pétrissant et en cuisant leur pain, les familles évitent toute perte de matière première, précieuse en période de pénurie. Certaines améliorent même la pâte en y ajoutant beurre, margarine, sucre candi ou raisins secs, réalisant ainsi des préparations telles que le craquelin ou le cramique, une pratique que Colard rattache aux stratégies domestiques de survie alimentaire durant la guerre[126].

Les Forges, Usines et Fonderies de Gilly
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Les Forges, Usines et Fonderies de Gilly prennent forme en 1872 sous la forme d’une société anonyme installée sur l’ancien gazomètre communal, où opérait auparavant un atelier privé de travail du fer. Dès la fin du XIXe siècle, l’entreprise élargit sa production à des machines destinées aux laminoirs, aux installations à coke et à l’extraction minière[126]. Un document daté de 1892, signé par l’administrateur‑délégué Aimé Robert, témoigne de la vigueur industrielle de la firme, alors active dans la fabrication d’appareils d’exhaure, de machines d’extraction de grande puissance, d’équipements pour laminoirs, de dispositifs de polissage des glaces et d’engins mécaniques variés destinés à l’industrie lourde. Cette phase de croissance est décrite par Robert Colard comme l’un des premiers moments d’expansion industrielle marquants de Gilly. En 1904, une nouvelle société reprenant la même dénomination est constituée devant le notaire Clercx[126]. Son siège administratif est établi chaussée de Charleroi, où se concentrent les services techniques et de direction. Lors de l’Exposition industrielle de Charleroi en 1911, l’entreprise présente un vaste ensemble de machines, dont des presses brevetées pour la fabrication de boulets ovoïdes et de briquettes, des ventilateurs miniers de grande dimension, une machine d’extraction à haute vitesse et une locomotive Compound utilisée par une compagnie ferroviaire du Nord de la France. Ces réalisations, mises en valeur dans le Livre d’or de l’exposition, illustrent selon Robert Colard la place centrale de Gilly dans l’ingénierie mécanique régionale[127].

La firme développe ensuite une production de locomotives à voie normale et à voie étroite, fournissant notamment la Société nationale des chemins de fer belges et l’Administration des Chemins de fer de l’État. Ses exportations s’étendent à plusieurs pays européens ainsi qu’au Japon. Durant l’entre‑deux‑guerres, une division spécialisée dans les machines‑outils est créée, produisant aléseuses‑fraiseuses, raboteuses, rectifieuses cylindriques et équipements destinés à la fabrication du fil barbelé[128]. Une large part de ces machines est exportée, tandis que l’entreprise atteint son apogée avec environ sept cents employés. À cette activité mécanique s’ajoute une production d’équipements électriques pour arsenaux ferroviaires et chantiers navals, témoignant de la diversification industrielle de Gilly, décrite en détail par Robert Colard dans ses travaux[129]. L’organisation du site industriel repose sur plusieurs accès destinés à faciliter l’arrivée des matières premières et la sortie des produits finis : une entrée principale sur la chaussée, un chemin carrossable situé près de l’impasse du Gazomètre et un raccordement ferroviaire vers la ligne industrielle reliant la gare de la Ville‑Haute aux Quatre‑Bras. À partir des années 1960, la crise économique régionale entraîne le déclin progressif de l’entreprise[130]. Les activités cessent définitivement le , une date marquée par le départ des ouvriers métallurgistes à la veille de la fête de saint Éloi. La reconversion du site est ensuite confiée à l’Association pour le développement économique de Charleroi, avec l’appui de la Société nationale de crédit à l’industrie. La démolition des installations, qui couvraient environ neuf hectares, débute en 1971. L’emplacement accueille aujourd’hui notamment la station de métro du Zami et la nouvelle poste, remplaçant l’un des ensembles industriels majeurs de Gilly[49].

SA des Corderies et Câbleries Baudewyns
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Corderie-câblerie Baudewyns située à la rue de Ateliers. Fournissant l'industrie d'extraction de câbles, elle disparu lors de la fermeture des mines à charbon dans le pays de Charleroi.

Le quartier doit son appellation à l’implantation, à la fin du XIXe siècle, de deux ateliers industriels qui structurèrent durablement son paysage. Le premier, la Société anonyme des Corderies et Câbleries Baudewyns, transférée de Montignies‑sur‑Sambre à Gilly‑Haies, occupait des bâtiments dont subsistent encore les inscriptions publicitaires sous la corniche[131]. Selon Robert Colard, cette entreprise fut l’un des principaux centres de production de câbles métalliques et textiles de la région. La vocation du site se maintint au XXe siècle avec l’arrivée de Bridon Ropes (anciennement Anglo‑Continental), spécialisée dans les câbles de levage et de traction à haute résistance, jusqu’à la fermeture de l’atelier en [131].

À côté de cette activité se trouvait la Robinetterie nationale, dirigée par Eugène Lefèvre, industriel carolorégien né en 1880 et marié à Nelly Dofny, originaire de Gilly. Les registres de population des années 1920‑1930 le décrivent comme actif dans la fonderie de fer et de cuivre[131]. Les ateliers étaient établis derrière la maison familiale, dont la façade conserve des ornements art déco du début du XXe siècle, encore perceptibles malgré l’usure du temps. En 1952, l’entreprise produisait divers équipements de robinetterie en métaux ferreux et non ferreux, destinés à des usages soumis à des pressions variées. Elle adopta plus tard l’appellation Ro‑Na‑Valves, abréviation de Robinetterie nationale, avant de cesser ses activités en 1966[132]. Robert Colard souligne que cet ensemble formait, avec les câbleries voisines, un noyau industriel cohérent au sein du quartier. Les bâtiments furent ensuite réaffectés et accueillirent la société CMJ Vitrerie générale, active dans la fabrication et la pose de produits en verre et en PVC : châssis, portes, y compris de garage, vérandas, miroirs, gravures et mobilier en verre. Installée au numéro 18 de la rue, cette entreprise prolongea l’usage artisanal et industriel du site, assurant une continuité fonctionnelle dans ce secteur de Gilly[133].

Corderie J. B. Ligny SA
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La commune de Gilly compta durant tout le XIXe siècle plusieurs ateliers spécialisés dans la fabrication de cordes et de câbles de traction, indispensables aux charbonnages. Parmi les productions locales figuraient les « cordes de fosses », câbles plats composés de haussières destinés à soutenir les cages d’ascenseur utilisées pour la montée et la descente des gayolles dans les puits. Un recensement de 1866 signale six maîtres cordiers actifs, dont Jean‑Baptiste Ligny, installé à l’angle des rues des Hauchies et de la Discipline, tandis que son domicile se trouvait rue Sainte‑Agnès. Robert Colard rappelle que ces ateliers formaient alors un secteur artisanal structurant pour Gilly[134]. Un inventaire professionnel de 1875 confirme l’existence d’autres fabricants de câbles destinés aux mines et à la navigation, utilisés pour les treuils, cabestans, gouvernails, ancres ou amarres de péniches. Parmi eux figuraient E. Darras, A. Loison et J.-J. Materne. En 1900, une nouvelle corderie fut fondée rue des Ateliers par Joseph Baudewyns, qui avait débuté en 1869 dans un petit atelier avant de transférer son activité en 1879 au rivage Sainte‑Barbe, le long de la Sambre à Montignies‑sur‑Sambre. C’est là qu’il mit au point un procédé manuel permettant de combiner fils métalliques et fibres textiles dans un même câble, une innovation relevée par Robert Colard[135].

À partir de 1882, Baudewyns introduisit une mécanisation progressive : un manège mû par deux chevaux actionnait les machines utilisées par les dix‑huit ouvriers, avant l’installation d’une machine à vapeur en 1885. L’entreprise se développa régulièrement et, avec l’appui de ses fils dont l’un était ingénieur, Baudewyns décida en 1900 de rapatrier l’ensemble de la production à Gilly. Ce choix résultait des crues répétées de la Sambre et du manque d’espace disponible pour répondre à une demande croissante, stimulée par l’essor industriel en Belgique et à l’étranger[135]. Une carte postale ancienne atteste qu’à cette époque la firme prit le nom de « Société anonyme des corderies et câbleries mécaniques Baudewyns à Gilly‑Haies », occupant plus de trois hectares. Les maisons Ligny et Baudewyns présentèrent leurs productions à l’exposition de Charleroi de 1911, où leurs stands furent remarqués dans la section consacrée aux fabricants de câbles. Une photographie de Jean‑Baptiste Ligny, alors trésorier du groupe XV, fut publiée dans le Livre d’or édité pour l’événement, témoignant de la reconnaissance accordée à ces ateliers dans le paysage industriel régional[135].

Autres petites industries
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Entre le carrefour des Quatre‑Bras et le quartier des Corvées, l’activité commerciale demeura longtemps réduite, hormis quelques bâtiments isolés, deux ateliers artisanaux et un vaste entrepôt. Parmi ces établissements figurait l’atelier de Jean Fontaine, poêlier installé à l’entrée de la chaussée de Fleurus, où étaient produits étuves, petite chaudronnerie, clous et divers articles métalliques. Le développement progressif de son commerce l’amena, à la fin du XIXe siècle, à ouvrir un magasin doté de larges vitrines présentant outils, seaux, pelles et articles ménagers, future enseigne La Ménagère aux Quatre‑Bras[136]. Selon Robert Colard, cette entreprise familiale prospéra grâce à une solide culture du travail transmise aux enfants. L’atelier devenant insuffisant, une société fut fondée le au no 41 de la chaussée de Châtelet sous le nom Labor, spécialisée dans les appareils de chauffage au charbon et les pots bouilleurs brevetés[136]. La proximité de la gare des Quatre‑Bras facilitait l’acheminement des marchandises, comme l’illustre une carte postale ancienne montrant un raccordement ferroviaire atypique : deux rails traversaient la chaussée sans barrière ni passage à niveau pour rejoindre l’arrière de l’usine. Lors des manœuvres, le personnel de Labor, celui de la gare et des bénévoles interrompaient la circulation, alors essentiellement hippomobile, afin de pousser les wagons chargés[137].

Un second atelier important se trouvait dans le quartier des Corvées, autrefois animé par une vingtaine d’estaminets, une brasserie, deux menuiseries, plusieurs fermes et deux relais pour voituriers. Dans l’inventaire des commerces et industries de 1875, une fonderie dirigée par L. Piret apparaît parmi les établissements travaillant le fer. Des recherches ont montré qu’un atelier de construction fondé par B. Piret existait déjà en 1870[138]. Une facture du , conservée dans les archives d’un membre du Cercle d’histoire, atteste l’activité des Fonderies de Fer et Cuivre B. Piret‑Libert, établies au no 273 de la chaussée de Châtelet, qui fournissaient notamment des curseurs en bronze à des constructeurs de Châtelet. Robert Colard souligne que cette entreprise, active depuis plus d’un siècle, traversa sans interruption les périodes de prospérité, les crises et les conflits mondiaux[138].

Au début du XXe siècle, la fonderie produisait des pièces en bronze, cuivre, métal blanc et aluminium, ainsi que des poulies, volants, engrenages, cuves destinées à l’industrie chimique et divers éléments usinés. À partir de 1950, sous l’impulsion de Philémon Vermeire, gendre de Benjamin Piret, l’entreprise abandonna les alliages cuivreux et se mécanisa : le moulage manuel fut remplacé en 1956 par des machines automatiques et des convoyeurs. Elle se spécialisa alors dans les semelles de frein en fonte pour chemins de fer, dont plus de quatre‑vingts modèles existaient, adaptés aux différents types de trains[138]. En 1999, environ six cent mille pièces furent produites par une trentaine d’ouvriers, destinées à la SNCB ainsi qu’à des compagnies ferroviaires suisses, allemandes, autrichiennes, luxembourgeoises, scandinaves, du Proche‑Orient et d’Afrique du Nord. Pour affronter la concurrence internationale tout en préservant son autonomie, la fonderie fut intégrée en 1989 au groupe allemand Ruetgers, au sein de la société Abex Rail, dernière évolution d’un atelier dont Robert Colard retrace la remarquable continuité[139].

Un important entrepôt complétait les activités industrielles du secteur, plusieurs entreprises bénéficiant d’un raccordement ferroviaire à la gare des Quatre‑Bras pour recevoir leurs matières premières et expédier leurs produits. Parmi elles figurait la maison Dailly, spécialisée dans les matériaux de construction. Fondée en 1881 par Émile Dailly‑Piérard près de la gare du Sart‑Allet, l’entreprise connut une croissance rapide avant d’être transférée en 1890 à la chaussée de Lodelinsart, face à la place communale, où fut installé un premier dépôt de briques, blocs, ciment et carrelages, adjacent à l’habitation familiale et aux bureaux[140]. Après la Première Guerre mondiale, la reconstruction entraîna une forte demande en matériaux, rendant nécessaire une extension. En 1919, Fernand Dailly acquit une maison au no 30 de la chaussée de Châtelet, attenante à un quai de la gare des Quatre‑Bras, puis d’autres quais dans les années 1930. Ce site devint l’entrepôt principal, surpassant celui situé au‑delà des Quatre‑Bras, vers les Haies. Robert Colard souligne que cette implantation au contact direct du réseau ferroviaire fut déterminante pour l’essor de l’entreprise[140]. L’activité cessa en 1978 et l’emplacement fut racheté par Pol Francq, qui y fit construire un magasin de maroquinerie sous l’enseigne Arlequin devenu par la suite Zeeman. La maison du no 30, datée de 1745 et encore habitée par le petit‑fils du fondateur, ainsi que les quais attenants, furent expropriés lors de la construction de la RN 90, inaugurée en 1985. Deux siècles plus tôt, ce lieu n’était qu’une ferme entourée de prés et de champs, illustrant l’évolution progressive du paysage économique local, évolution que Robert Colard met en perspective dans son ouvrage consacré à Gilly[140].

Au XXe siècle, la chaussée de Fleurus, alors l’une des artères commerçantes les plus dynamiques de Gilly, accueillit plusieurs ateliers et petites industries qui, sans rivaliser avec les grandes fonderies de la chaussée de Charleroi, occupèrent une place notable dans l’économie locale. Parmi les établissements les plus anciens figurait la tuyauterie fondée en 1879 par Jules Dofny, dont l’habitation correspond aujourd’hui au no 80[141]. L’entreprise demeura sur place jusqu’à la fin des années 1940 avant d’être transférée en 1949‑1950 vers la chaussée de Montignies, dans les bâtiments désaffectés du stade Henri Ferauge. Robert Colard rappelle que cette implantation illustre la continuité des petites industries familiales dans le quartier. Plus bas, au début du XXe siècle, une petite tannerie exploitée par la famille Devillez‑Dechamps cessa ses activités avant la Seconde Guerre mondiale, un descendant ouvrant ensuite un commerce de couleurs et de papiers peints[141]. À proximité de la place du Village, un tonnelier nommé Thibout, connu sous le surnom « El Tonnli », exerçait encore avant 1935. Plus loin, au no 130, Camille Cornil poursuivait la fabrication de lampes de mines, activité initiée en 1846 par ses prédécesseurs à une époque où l’essor houiller stimulait la demande en matériel d’éclairage. Le répertoire commercial de 1875 mentionne d’ailleurs un V. Cornil à la rubrique des lampistes[141].

En face, sur le côté droit en descendant la chaussée, Georges Guillaume produisit durant plusieurs années des limes dans un atelier situé au fond d’un long couloir doté d’une entrée distincte. Au‑delà du passage à niveau, après la place Saint‑Pierre, se concentraient plusieurs entreprises spécialisées dans le travail ou le négoce des métaux. Au no 186 se trouvait la SPRL Georges Durant et Cie, fondée en 1936 et active dans la vente en gros de fer, tôles et produits similaires[141]. Plus loin, au no 216, les ateliers de constructions Jean Berger, créés en 1900 et constitués en SPRL en 1956, occupaient environ 3 000 m2 et fabriquaient des installations de triage et de lavage du charbon, des treuils pour mines et carrières, des wagons et wagonnets, ainsi que des équipements destinés aux brasseries, malteries, distilleries ou savonneries[141]. À côté, au no 218, Raymond Servais développa à partir de 1927 une activité de négoce et d’expédition de produits métalliques. Enfin, les ateliers Goffe et Fils, installés au no 220, fondés en 1905 par Félicien Goffe et repris par ses fils Eugène et Alfred, produisaient à la veille de la guerre de 1940 près de trois cents tonnes annuelles de tuyauteries, chaudronneries et charpentes métalliques. Robert Colard souligne que cet ensemble d’ateliers formait un maillage industriel dense, caractéristique de la chaussée de Fleurus durant la première moitié du XXe siècle[142].

Au XIXe siècle, la chaussée de Montignies rassembla plusieurs ateliers spécialisés dans le travail du fer et du cuivre, qui connurent une longue période de prospérité avant de disparaître sous l’effet des évolutions techniques et de la concurrence. Parmi eux figuraient les Ateliers Frère et Cie, héritiers d’une entreprise fondée en 1873 près du sentier de l’Épine, à la limite de Montignies. En 1911, lors de l’Exposition de Charleroi, cette maison présenta des assemblages de tuyauterie pour pressions moyennes et fortes, des chaudières brasées et des garde‑corps en cuivre poli, obtenant une médaille d’or. Encore active en 1952 au no 240A de la chaussée, elle produisait également des charpentes et du matériel de manutention[143]. Robert Colard souligne que cet atelier illustre la vitalité des petites industries métallurgiques de la commune. Un autre établissement notable fut celui fondé en 1870 par Joseph Berger au no 86 de la chaussée, près de la rue Horace Piérard. Dirigée successivement par Aimé puis François Berger, l’entreprise se distingua par la fabrication de machines de broyage et de triage, de charpentes métalliques et d’équipements destinés aux cokeries, carrières, verreries et cimenteries[143]. Une correspondance de 1937 mentionne l’étude d’une trémie peseuse intégrée à un dispositif de manutention du charbon. Employant jusqu’à une centaine de personnes, l’usine demeura active jusqu’au milieu du XXe siècle. Il n’en subsiste aujourd’hui qu’une maison de maître à l’angle de la rue Horace Piérard[143].

La Boulonnerie du Centre, fondée vers 1836 près de la rue Devillez, transforma pendant de nombreuses années des barres métalliques en boulons, crampons et longs clous destinés aux charbonnages. Son essor fut tel qu’un projet d’extension fut envisagé sur le terrain instable de l’ancien cayat de houille dit « L’Avaleresse », projet finalement refusé. Le site accueillit ensuite les Chantiers Charbonniers, puis, en 1999, l’Airbus‑Café aménagé en taverne‑restaurant, détruit par un incendie en 2020. Cette boulonnerie ne doit pas être confondue avec celle fondée en 1889 par Joseph Meurice, ancien commis de gare devenu industriel, dont les ateliers se trouvaient à l’angle de la rue Devillez et de la chaussée de Châtelet. Après son décès, l’entreprise fusionna en 1931 avec les Usines Martinet pour former les boulonneries Martinet‑Meurice, dont les installations furent vendues dès 1932[143]. Une entreprise toujours active prit la relève de ces ateliers disparus : la Tuyauterie Dofny, aujourd’hui implantée au no 150 de la chaussée de Montignies. Son origine remonte à 1879, lorsque Jules Dofny, plombier‑zingueur réputé, établit son atelier à la chaussée de Fleurus, près des Quatre‑Bras, fournissant notamment de nombreux charbonnages. L’atelier fut agrandi en 1891, en même temps qu’une maison encore occupée par ses descendants[144]. Après la mort de son fondateur en 1910, l’entreprise poursuivit son développement sous la direction de son fils Marcel. La croissance de l’après‑guerre rendit les installations d’origine insuffisantes, ce qui conduisit la famille à acquérir, vers 1949‑1950, les anciennes dépendances du stade Henri Ferauge pour y établir de nouveaux ateliers. L’entreprise familiale évolua ensuite en deux sociétés anonymes, la CIS (Chauffage‑Industrie‑Sanitaire) et Tuyauterie et Montage, perpétuant l’activité initiée par Jules Dofny. Robert Colard met en avant cette continuité comme un exemple de résilience industrielle locale[145].

À l’angle de la rue des Sept Actions, à la limite de Montignies‑sur‑Sambre, fonctionna après la Libération de 1944 une usine produisant des briques en béton. Connue sous le nom de SA des Briqueteries économiques et agglomérés de ciment de Gilly, elle joua un rôle important dans la reconstruction régionale. Ses installations, reprises plus tard par la société Koekelberg comme second entrepôt d’environ 1,6 hectare, fournirent des millions de briques destinées au pavage de rues, de places et d’espaces publics endommagés durant la guerre[146]. La place du Manège à Charleroi fut notamment réaménagée avec ces matériaux, les travaux étant réalisés par des prisonniers allemands encadrés par les premiers soldats belges mobilisés pour la reconstitution de l’armée. Robert Colard souligne que cet établissement fut l’un des acteurs majeurs de la remise en état des infrastructures locales[147].

Dans la même rue se trouvait également une fonderie de cuivre et de bronze appartenant à la famille Regnac. Fondée en 1825 par un certain Louis, elle demeura active durant plusieurs générations. Après l’autorisation accordée à l’un de ses descendants, également prénommé Louis, d’installer un atelier au Faubourg de Charleroi, l’activité fut transférée à Gilly[147]. La firme apparaît dans le Livre d’Or de l’Exposition de Charleroi de 1911 sous la dénomination « E. et J. Regnac fils », avec siège social rue de Marcinelle. À cette époque, la production comprenait des pièces pour trains de laminoirs, des éléments destinés aux métaux blancs antifriction et des composants pour l’équipement de lignes de tramways[147]. Un programme publicitaire de 1952 situe les Usines Regnac SA au no 39 de la rue des Sept Actions, précisant qu’il s’agit d’une fonderie de bronze assortie d’un atelier de parachèvement. L’entreprise, qui employa de nombreux habitants de Gilly, cessa ses activités en 1987. Les bâtiments accueillent aujourd’hui la société Facozinc‑Fabrimétal, spécialisée dans la fourniture de matériel pour plombiers‑zingueurs, ultime héritière d’un site industriel dont Robert Colard retrace la longue continuité[147].

Les brasseries
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Les activités brassicoles présentes à Gilly au cours du XIXe siècle semblent avoir été limitées en nombre, mais plusieurs établissements sont néanmoins signalés dans les documents de l’époque. Robert Colard mentionne notamment les brasseries tenues par la veuve A. Cornil, par L. Gillieaux et par F. Lebrun, auxquelles s’ajoute celle de Nicolas Frère, répertoriée dans l’inventaire des commerces et industries publié en 1875[148]. Une annonce datée de 1892 situe la brasserie Frère dans la rue Wautelet et indique qu’elle produisait différentes variétés de bière, allant des bières fortes aux bières de ménage, ainsi que des mélanges tiercés. Ces produits étaient présentés comme de première qualité et pouvaient être saccharinés selon les besoins du client[148]. Après le décès de Nicolas Frère, l’exploitation fut poursuivie par son épouse, identifiée sous le nom de Zoppi, puis par leurs héritiers, et demeura active au‑delà de la Première Guerre mondiale. Cette continuité familiale est soulignée par Robert Colard dans son étude sur l’évolution économique de Gilly[148].

L’historien A.-B. Van Bastelaer, cité également par Robert Colard, rapporte que la profession de brasseur fut exercée à Gilly par Antoine Wautelet. L’un de ses fils, Jean Wautelet, fut élu à la Chambre des représentants en même temps que Charles Lebeau, bourgmestre de Charleroi entre 1851 et 1873, et qu’Eudore Pirmez, ancien ministre d’État dont le nom a été donné à une voirie du quartier du Trieu Albart[148]. Pour entreposer une partie de sa production, Antoine Wautelet utilisa l’une des poternes de l’ancienne forteresse de Charleroi, avant la démolition de celle‑ci entre 1868 et 1871. Cette utilisation des infrastructures militaires désaffectées illustre, selon Robert Colard, la manière dont les brasseurs locaux s’adaptaient aux ressources disponibles[148]. La rue Wautelet, où se trouvait la brasserie Frère, accueillit également le bureau de poste Gilly 3, installé au numéro 47. Avant son transfert à cette adresse, l’office postal se trouvait au numéro 9 de la rue du Sart Culpart[148]. Ces déplacements successifs témoignent des transformations du quartier et de l’évolution de ses services publics, un phénomène que Robert Colard relie à la croissance urbaine progressive de Gilly au tournant du XXe siècle[148].

Commerces

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Le commerce à Gilly, ancienne commune aujourd’hui intégrée à Charleroi, se caractérise par une évolution marquée par un déclin progressif depuis la seconde moitié du XXe siècle. Jadis considéré comme l’un des pôles commerçants les plus dynamiques de l’agglomération carolorégienne, Gilly comptait plus de 500 commerces au début des années 1960, témoignant d’un tissu économique dense et varié. Cette vitalité s’est progressivement érodée sous l’effet de plusieurs facteurs structurels, parmi lesquels l’exode commercial vers les centres commerciaux modernes, les mutations sociétales et l’individualisation croissante des commerçants, autant d’éléments analysés dans le documentaire La clé sous la porte, qui retrace cinq décennies d’affaiblissement du commerce de proximité dans la localité[149].

L’évolution du commerce gillicien s’inscrit également dans un contexte urbain plus large, notamment celui de l’axe Charleroi‑Centre – Gilly Quatre‑Bras, étudié comme un continuum économique d’environ cinq kilomètres. Cet axe a connu d’importantes transformations urbaines et commerciales, dont l’impact a été mesuré à travers l’analyse du commerce de détail, l’évolution des structures anciennes et l’apparition de nouvelles formes commerciales. Les études géographiques consacrées à cet axe soulignent son rôle potentiel de pôle « grand régional », tout en mettant en évidence les effets des mutations urbaines sur la distribution commerciale locale[150],[151].

Ainsi, le commerce à Gilly apparaît aujourd’hui comme le résultat d’un long processus de recomposition, marqué par la concurrence des grands centres commerciaux, la transformation des modes de consommation et la difficulté des commerces traditionnels à s’adapter à ces changements. Malgré ce déclin, l’histoire commerciale de Gilly demeure un élément significatif du patrimoine économique carolorégien, documenté et conservé notamment grâce aux archives locales[152].

Les braderies

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Les braderies de Gilly (qui se déroulent une au mois de mai et une au mois d'octobre), considérées comme les plus anciennes de Belgique avec une histoire approchant désormais le siècle, constituent un phénomène commercial et festif profondément ancré dans l’identité gillicienne. Elles se déploient traditionnellement au cœur de l’ancien centre commerçant, autour des quatre grandes chaussées Fleurus, Châtelet, Lodelinsart et l’Impérial dont la fermeture temporaire transforme l’espace urbain en vaste zone piétonne dédiée aux bonnes affaires, aux animations populaires et à la sociabilité locale. Depuis leurs origines, ces braderies remplissent une double fonction : permettre aux commerçants d’écouler leurs stocks à prix réduits et offrir aux habitants un moment de convivialité collective. Leur longévité, attestée par près de 95 à 97 éditions selon les années, témoigne de leur rôle structurant dans la vie économique et sociale de Gilly[153]’.

Les braderies de Gilly jouent également un rôle économique non négligeable. Elles constituent un moment stratégique pour les commerçants, qui profitent de l’événement pour attirer une clientèle élargie, dynamiser leur visibilité et écouler leurs marchandises. Les forains, quant à eux, y trouvent un rendez-vous régulier et rentable, particulièrement apprécié après les périodes d’interruption ou de météo défavorable. Les bilans dressés après chaque édition soulignent généralement une fréquentation importante, un impact positif sur les ventes et un attachement durable du public, confirmant la place centrale de la braderie dans le calendrier carolorégien[154].

L’histoire des services de santé à Gilly est marquée par l’évolution progressive des anciennes implantations hospitalières locales. Le site Saint‑Joseph, situé au cœur de Gilly, trouve son origine dans un dispensaire fondé en 1869 pour venir en aide aux blessés des charbonnages. Ce premier noyau hospitalier s’est développé au fil du temps pour devenir l’une des implantations majeures des Hôpitaux de Gilly, avant leur fusion en 2008 avec le CHNDRF pour former le Grand Hôpital de Charleroi[110]. Avec l’ouverture du nouvel hôpital des Viviers, les anciens sites dont Saint‑Joseph font l’objet de projets de reconversion en quartiers résidentiels et mixtes, intégrant logements, services et espaces publics, témoignant de la transformation urbaine et sanitaire de la commune[110].

Grand Hôpital de Charleroi - site Les Viviers.

Les services de santé à Gilly s’articulent aujourd’hui autour d’un pôle hospitalier majeur, complété par un réseau de structures médicales de proximité. Le cœur de l’offre est constitué par le Grand Hôpital de Charleroi – Les Viviers, implanté depuis 2024 sur le site du Campus des Viviers à Gilly. Cet établissement regroupe désormais la quasi‑totalité des activités hospitalières auparavant dispersées entre les sites de Saint‑Joseph, Sainte‑Thérèse, Reine Fabiola, Notre‑Dame et l’IMTR. Avec près de 1 000 lits, environ 4 500 collaborateurs dont 600 médecins, et une organisation structurée en pôles de soins spécialisés, il constitue l’un des plus grands complexes hospitaliers du pays et le principal centre de soins aigus de la région carolorégienne[155],[156].

L’accessibilité constitue un autre élément structurant de l’offre de soins à Gilly. Le site est desservi par plusieurs lignes de bus, dont une ligne dédiée « GHdC », et une liaison tramway directe avec le site Notre‑Dame est prévue d’ici 2027. Les infrastructures comprennent des parkings organisés par zones, des espaces pour personnes à mobilité réduite et des bornes de recharge électrique. Cette accessibilité renforce le rôle du site comme centre régional de référence[156].

Maison de repos

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  • Maison de repos et de soins et résidence service « Résidence No p'tit nid ». La Résidence No P’tit Nid est un établissement public d’hébergement pour aînés situé à l’impasse du Major, au cœur de Gilly, dans l’entité de Charleroi. Elle relève du CPAS local et dispose d’une capacité totale de 74 lits, dont 45 lits agréés en maison de repos et de soins (MRS) et 29 lits en maison de repos pour personnes âgées (MRPA). L’agrément régional est enregistré sous le numéro MR/052.011.064/AGR, tandis que la partie MRS est identifiée sous le numéro S 1045. L’établissement accueille aussi bien des personnes valides que dépendantes, y compris des résidents atteints de la maladie d’Alzheimer ou présentant des troubles de désorientation[157],[158].
  • Le Corderie[159], rue Sainte-Agnès.

Transports

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Le réseau de transports en commun par bus à Gilly, section orientale de la ville de Charleroi, s’inscrit dans l’organisation générale du TEC, opérateur public wallon chargé de l’exploitation des lignes urbaines et suburbaines. Il se caractérise par une desserte structurée autour des axes reliant Gilly au centre de Charleroi, aux quartiers voisins et aux pôles d’activité récents. Les services y sont organisés selon une logique de maillage, combinant lignes régulières, correspondances avec le métro léger et navettes spécialisées[160].

Vue panoramique vers Soleilmont avec les voies du métro depuis l'impasse du Major près de la maison de repos Residence No P'tit Nid.

Les arrêts situés dans le quartier, tels que Gilly (M), constituent des points de correspondance importants avec la ligne de métro M4, qui relie la gare centrale de Charleroi à Soleilmont. Les données d’exploitation montrent une fréquence soutenue, avec des départs cadencés dans les deux directions, permettant une connexion rapide vers le centre-ville ou vers les quartiers périphériques. Les arrêts sont implantés le long d’artères structurantes comme la chaussée de Lodelinsart, où se concentrent plusieurs correspondances[161].

Depuis 2024, la desserte de Gilly s’est enrichie d’une navette dédiée reliant la station Gazomètre au site hospitalier des Viviers, où le Grand Hôpital de Charleroi a été relocalisé. Cette ligne spécifique, exploitée quotidiennement, vise à assurer un accès continu au nouveau complexe hospitalier en attendant l’ouverture de la future ligne de métro M5, prévue pour 2027. Les véhicules affectés à cette navette sont identifiables par un habillage distinctif, et les titres de transport y sont compatibles avec les supports habituels du TEC[162].

L’ensemble du réseau de bus de Gilly s’intègre dans la cartographie plus large du TEC, dont les plans et horaires sont accessibles via les outils officiels de l’opérateur. Ceux‑ci permettent de consulter les itinéraires, les correspondances et les points de vente, ainsi que les informations de trafic en temps réel[161].

C'est ainsi qu'on y trouve les stations Gazomètre, Gilly, Marabout, Sart-Culpart et Soleilmont qui constitue le terminus de la ligne M4 et la station Viviers pour la ligne du M5.

Gilly possédait autrefois deux lignes de chemin de fer :

  • L'ancienne gare Gilly Sart-Allet, maintenant Relais du RAVel.
    la ligne 131 de Gilly (Y Noir-Dieu) à Bois-de-Nivelles : elle desservait les nœuds ferroviaires de Gilly, du Vieux-Campinaire et de Fleurus à partir de 1874. Elle est désormais désaffectée.
  • la ligne 119 de Luttre à Châtelet : cette ligne a été en activité de 1874 à 1992. Les rails ont laissé la place au RAVeL de la Ligne 119 - La Houillère à vocation récréative pour les piétons et cyclistes qui s’est vu décerner le prix européen des voies vertes[163]. Il relie Gosselies à Châtelet. La gare de Gilly-Sart-Allet est devenue la propriété de l'association d'action sociale « Faim et Froid » et dénommée le « Relais du RAVeL ». Elle propose des équipements, activités et services aux utilisateurs de la voie verte qui a remplacé la ligne ferroviaire, mais aussi aux habitants du quartier.

Au niveau routier et autoroutier, la localité se trouve au croisement du Ring R3 et de la N90 ainsi que les nationales 29, 569 et 572.

Sports et vie associative

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Evénements

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Depuis 2015 se déroule au mois d'avril le jogging de l'abbaye de Soleilmont avec une distance de 5 et 10 km. Le parcours emprunte des sentiers du bois de Soleilmont. Le jogging fait partie du challenge du Hainaut de jogging.

Infrastructures

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L'ancien vélodrome
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Le vélodrome de Gilly, situé sur le territoire de Charleroi, constitue un exemple marquant d’infrastructure sportive récente rapidement tombée en désuétude. Construit en 2000 dans le cadre d’un projet régional visant à doter la Wallonie de plusieurs pistes cyclistes modernes, il se distingue comme la seule piste véritablement professionnelle de la région. Son anneau de 250 mètres, doté de virages inclinés à 40°, était homologué pour accueillir des compétitions officielles et l’établissement de records, ce qui le plaçait au-dessus des simples pistes d’apprentissage prévues ailleurs. Dès ses premières années, il a servi de cadre à divers événements, notamment le départ d’une étape du Tour de la Région wallonne, remportée par Tom Boonen, tandis qu’Axel Merckx s’y imposait au classement général[169].

Malgré ces débuts prometteurs, le site a rapidement souffert d’un manque d’entretien et d’une conception inadaptée au climat belge, son absence de couverture rendant son utilisation difficile et limitant son attractivité. Au fil des années, l’anneau a été progressivement abandonné, envahi par la végétation et marqué par des dégradations visibles, bien qu’il reste accessible à certains sportifs. Les autorités communales ont reconnu que l’infrastructure avait été mal pensée et qu’aucune rénovation n’était envisagée à court terme, la priorité étant donnée à d’autres équipements sportifs[170].

Le site a néanmoins fait l’objet d’une attention renouvelée dans le cadre d’un vaste programme de réaménagement urbain. Une subvention importante a été accordée pour transformer le « Site des Vallées », incluant le vélodrome, en un espace polyvalent destiné à accueillir de nouvelles fonctions sportives et récréatives. Ce projet prévoit notamment le démantèlement des installations vétustes, dont la tribune devenue inutilisable, ainsi que la condamnation du tunnel d’accès central. Ces travaux marquent une étape vers la reconversion du lieu en un espace de vie et de sport intégré au quartier[171].

La disparition progressive des éléments emblématiques du vélodrome s’est matérialisée en 2025 par la démolition de sa tribune, symbole d’un équipement ambitieux mais rapidement délaissé. Cette intervention ouvre la voie à une exploitation future plus cohérente avec les besoins actuels, orientée vers une structure multisports[172].

L'ancienne piscine de Gilly
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L’ancienne piscine de Gilly, située sur la place Destrée à Charleroi, est un équipement sportif municipal inauguré au cours de la seconde moitié du XXe siècle et longtemps utilisé comme bassin public pour les écoles et les habitants du district. Conçue avec une cuve enterrée, particularité technique qui rendait impossible l’accès aux installations par le dessous, elle s’est révélée difficile à entretenir : en cas de problème de tuyauterie, il fallait intervenir directement dans le bac, ce qui rendait toute réparation lourde et coûteuse. Cette contrainte structurelle a contribué à la fermeture définitive du site après plusieurs décennies d’exploitation[173].

Depuis sa désaffectation, le bâtiment est devenu un chancre urbain, régulièrement cité parmi les infrastructures emblématiques laissées à l’abandon à Gilly, aux côtés du Centre Temps Choisi et du vélodrome. Son état de dégradation a suscité de nombreuses réactions locales, notamment en raison de son emplacement central et de son rôle passé dans la vie quotidienne du quartier[174].

La piscine fait aujourd’hui l’objet d’un projet de reconversion majeur dans le cadre de la Politique intégrée de la Ville de Charleroi. La municipalité prévoit de transformer l’édifice en salle polyvalente ou complexe sportif, destiné à accueillir écoles, associations sportives et activités culturelles. Le programme inclut l’isolation complète du bâtiment afin d’en réduire la consommation énergétique, ainsi que la création d’un pavillon de boxe adjacent, pensé pour des disciplines telles que la danse, le karaté ou le taekwondo. Ces aménagements s’inscrivent dans un vaste chantier de requalification de la place Destrée et de ses abords, dont le coût global dépasse les 4,2 millions d’euros, en grande partie subsidiés[173].

L’ancienne piscine de Gilly représente ainsi un exemple typique d’infrastructure publique en déshérence, appelée à retrouver une fonction structurante dans le tissu urbain grâce à une politique de revitalisation visant à créer une nouvelle centralité pour le district[175].

Autres infrastructures
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Gilly possède, entre autres, les courts de tennis du R Drive Gilly à la chaussée de Lodelinsart, le stade Léopold Tibbaut, d'un hall sportif derrière l'ancienne piscine et le terrain du RFC Gilly situé rue des Vallées à côté du site de l'ancien vélodrome.

Vie associative

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Siège de la Fédération des Patros, organisation de jeunesse, on note aussi la présence de TE016 : 16 EME TE[176] (scouts) et du Patro Royal du Sacré-Cœur[177]. Le « Gazo » est une maison pour jeunes située près de l'Athénée royal de Gilly. Une école des devoirs est aussi organisée par cette ASBL.

Personnalités

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Notes et références

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Références

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Voir aussi

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Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

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Liens externes

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Bibliographie

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