Jumet

section de Charleroi, Wallonie (Belgique)

Jumet (en wallon Djumet) est une section de la ville belge de Charleroi située en Wallonie dans la province de Hainaut. Avant la fusion des communes belges de 1977, Jumet était une commune à part entière.

Jumet
Jumet
Ancien hôtel de ville (1827).
Blason de Jumet
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement Charleroi
Commune Charleroi
Code postal 6040
Code INS 52011N
Zone téléphonique 071
Démographie
Gentilé Jumétois(e) ou Jumettois(e)[1]
Population 24 938 hab. (1/1/2025[2])
Densité 1 971 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 27′ 02″ nord, 4° 25′ 30″ est
Superficie 1 265 ha = 12,65 km2
Localisation
Localisation de Jumet
Localisation de Jumet dans la commune de Charleroi
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Jumet

Deux secteurs industriels ont façonné la commune de Jumet : le verre et le charbon[3].

Toponymie

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Selon l'historien carolorégien Robert Hug[4], un domaine agricole (fundus) gallo-romain  qui s'étendait au IIe siècle dans la Forêt charbonnière, au voisinage immédiat de la chaussée romaine de Bavay à Cologne  était appelé Gimiacum, puisqu'il était propriété de citoyen Gimmius, dont la sépulture a été retrouvée lors de fouilles, à la fin du XXe siècle, d'une nécropole au Diarbois[5].

Jean-Jacques Jespers avance que le domaine portait le nom de « Giamonius », peut-être dérivé de celui du septième mois, giamonios, du calendrier celtique[6].

Géographie

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Localités limitrophes

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Communes limitrophes de Jumet
Gosselies
Roux Jumet Ransart
Marchienne-au-Pont Lodelinsart Gilly

Géologie et relief

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L'altitude minimum de 120 m se situe au pied de la colline de Heigne et le point le plus élevé à 183 m se trouve à l'extrémité ouest de la piste (unique) de l'aéroport dit « de Gosselies » (Brussels South Charleroi Airport).

C'est à Jumet que s'estompe, au sud, le plateau brabançon et que s'amorcent les pentes vers les vallées conjointes du Piéton[Note 1] et de la Sambre. Jumet est dans une zone d'affleurement des terrains houillers où les veines carbonifères sont relativement proches de la surface du sol[7].

Hydrographie

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Le territoire de Jumet est parcouru par plusieurs petits cours d’eau, aujourd’hui pour la plupart voûtés sur la majeure partie de leur tracé. Selon l'historien Robert Arcq, trois ruisseaux y prennent traditionnellement leur source et ont, à des degrés divers, contribué à l’activité économique locale[8]:

  • Le ruisseau des Bans naît sur le plateau de Heigne. Son cours traverse les anciens bans de Jumet avant de s’orienter vers le nord et de se perdre dans les zones marécageuses de Gosselies. Robert Arcq souligne que ce ruisseau, bien que modeste, a constitué un élément du réseau hydrographique local avant son recouvrement progressif.
  • Le ruisseau Tic‑tic prend sa source à proximité de l’actuel aéroport de Charleroi. Il conflue ensuite avec le ruisseau de Houbois, issu de Ransart, pour former le ruisseau de Lodelinsart. Sur son parcours, le Tic‑tic alimente deux étangs situés au lieu‑dit Diarbois. Selon Robert Arcq, l’appellation « Tic‑tic » est une onomatopée évoquant le bruit produit par la roue du moulin qu’il actionnait autrefois. Ce moulin, encore mentionné au cadastre de 1818, appartenait alors à Christophe Quinet. Il fut désaffecté au cours du XIXe siècle.
  • Le ruisseau des Marteaux prend naissance dans le secteur de la Brûlotte. Son cours passe notamment sous la rue Biernaux, à proximité des anciennes installations du Service des Travaux. Le toponyme « quartier des Marteaux », autrefois utilisé pour désigner la zone située au nord de la Brûlotte, témoigne de la présence ancienne de forges dont les marteaux étaient actionnés par la force hydraulique. Selon Robert Arcq, ce ruisseau est ainsi associé à l’activité métallurgique traditionnelle de Jumet, notamment les clouteries et chaîneteries.

Jumet est traversée de quelques mètres au nord-ouest par le canal Charleroi-Bruxelles.

Géographie politique

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Les localités de Jumet, Heigne et Roux apparaissent dans les sources médiévales comme trois entités proches dont les liens territoriaux sont anciens[9].B ien que ces villages aient longtemps formé une seule circonscription, les documents du Moyen Âge les citent souvent séparément, ce qui suggère comme l’indique Robert Arcq l’existence initiale de domaines distincts progressivement réunis avant ou durant la période mérovingienne. La Descripto Villarum de 866 témoigne déjà de cette fusion administrative[9].

Selon Arcq, cette unité territoriale demeura stable jusqu’au début du XIXe siècle. En 1804, l’administration française entreprit une réorganisation des communes visant à clarifier des frontières jusque‑là irrégulières[9]. Avant cette réforme, les limites ne formaient pas des lignes continues : elles comportaient des enclaves, des avancées et des chevauchements qui compliquaient fortement les relevés cadastraux[9]. Arcq souligne que la situation était particulièrement complexe entre Jumet et Gosselies, où les territoires s’interpénétraient au point de rendre la démarcation presque impossible à établir avec précision[9].

Les seigneuries de Gosselies

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À l’époque moderne, Gosselies ne formait pas une entité territoriale unifiée. Selon Robert Arcq, le village était alors partagé en trois seigneuries distinctes, dont la réunion progressive a conduit à la configuration communale actuelle[9]. L’historien bénédictin Ursmer Berlière s’est attaché à reconstituer les limites de ces anciennes juridictions, en s’appuyant sur les archives locales et les vestiges de la topographie seigneuriale[9].

La seigneurie principale
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Elle englobait le bourg de Gosselies et l’ensemble de la partie orientale du territoire actuel. Elle comprenait également selon Robert Arcq[9]:

  • une avancée septentrionale entre Courcelles et Thiméon;
  • au sud, Hodiarbois et les terres attenantes jusqu’à Jumet-Houbois ;
  • Charlepré, au fond du bois de Heigne ;
  • le bois de la Prelle, jouxtant la Bruhaute ;
  • Nayabois, aux confins de Marchienne-au-Pont.
La seigneurie de Sart-les-Moines
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Relevant de l’abbaye de Liessies, elle regroupait les terres entourant le prieuré et s’étendait en un large coin jusqu’aux abords du bourg de Gosselies. Elle possédait également selon Robert Arcq[9]:

  • les terres de Plomcot à Roux ;
  • le Trieu des Mosnes, au pied du bois de Heigne, face aux étangs Caluwart[Note 2];
  • une maison située sur la place Francq.
La seigneurie du Moncil
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La seigneurie relevant du chapitre de Binche exerçait son autorité sur un ensemble de terres s’étendant depuis le bois de la Prelle jusqu’au secteur du Carrosse, incluant la partie méridionale du Gosselies actuel[9]. Comme le souligne Robert Arcq, cette juridiction formait un maillage territorial complexe, marqué par la présence d’enclaves et d’emboîtements réciproques entre les différentes seigneuries voisines. Ces irrégularités reflètent la structure foncière fragmentée qui caractérisait la région à l’époque moderne[9].

Les enclaves jumétoises

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Les archives signalent que Jumet possédait, à l’époque moderne, plusieurs enclaves disséminées dans les juridictions voisines. Robert Arcq relève notamment un document de 1614, rédigé par l’abbé de Liessies, décrivant une seigneurie jumétoise traversant Gosselies, se prolongeant vers Thiméon et atteignant la place de Mellet, tout en demeurant entièrement enclavée dans des territoires appartenant à d’autres villages[9]. Les registres de répartition des tailles entre 1780 et 1792 confirment cette dispersion, en mentionnant des possessions jumétoises à Mellet, Viesville, Thiméon, Heppignies et Wayaux, révélant un maillage foncier particulièrement fragmenté[9][10].

Enclaves principales dans Gosselies
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Jumet y possédait notamment selon l'historien jumétois Robert Arcq[11]:

  • une longue bande de terres entre l’ancien chemin de Namur et le bois Lombut, prolongée jusqu’aux limites de Ransart et recoupant la chaussée de Bruxelles vers Wayaux;
  • le Chapois et les terres environnantes, jusqu’aux abords de l’actuelle église de Gosselies ;
  • les terres de Trévieusart, près du bois des Manants (limite de Thiméon) ;
  • le champ de la Sainte-Famille, près de Viesville ;
  • une bande de terrains de part et d’autre de la chaussée de Bruxelles, à proximité de l'ancien site de Caterpillar ; diverses parcelles isolées.

Selon Robert Arcq, ces enclaves relevaient directement de la juridiction de Lobbes. Les habitants y payaient leurs redevances à Jumet, et les unités de mesure agraire différaient selon la juridiction : à Gosselies, la verge mesurait 16,5 pieds de Saint-Lambert ; à Jumet, 17,75 pieds[11].

Les terrains d’entrecour

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Certaines terres relevant de Jumet bénéficiaient du droit d’entrecour, qui autorisait une jouissance commune entre les habitants de Jumet et de Gosselies. Ce régime concernait notamment les marais de Jumet‑lez‑Gosselies et ceux de Gosselies‑lez‑Jumet, situés entre le Chapois et le Laid Pige[Note 3][11]. Comme le rappelle Robert Arcq, l’usage de ces terrains se faisait de manière réciproque : Gosselies laissait ses marais à la communauté jumétoise, tandis que Jumet accordait les mêmes droits sur les siens, illustrant une forme de gestion partagée du paysage humide local[11].

Contestations et litiges

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L’absence de cadastre et la complexité des frontières locales favorisaient les contestations entre Jumet et Gosselies. Robert Arcq signale que certains propriétaires tiraient parti de cette situation en se déclarant jumétois lorsque la fiscalité y était plus avantageuse, puis en revendiquant l’appartenance à Gosselies lorsque les conditions s’inversaient[11]. Ces changements opportunistes entraînaient des litiges récurrents, parfois difficiles à résoudre. Dans certains cas, des terres jumétoises situées à proximité immédiate du bourg de Gosselies étaient imposées par Gosselies, qui reversait ensuite les montants perçus à Jumet, illustrant la confusion administrative générée par des limites territoriales mal définies[11].

Évolution des frontières communales

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Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le territoire de Jumet formait une mosaïque complexe d’enclaves et de parcelles disputées, héritée d’anciens découpages seigneuriaux[12]. Plusieurs terrains relevaient juridiquement de Gosselies, de Sart‑les‑Moines ou d’autres seigneuries, créant des situations administratives atypiques. Robert Arcq rappelle que certains itinéraires officiels, comme celui menant au gibet de la justice Wargnies, devaient contourner les juridictions voisines pour respecter les limites légales[12].

Les enclaves situées sur le territoire de Gosselies firent l’objet de négociations prolongées. L’échange envisagé se heurtait à l’inégalité de valeur entre les terres proposées par Gosselies et celles appartenant à Jumet mais enclavées dans la localité voisine. Après de longues discussions, un accord fut finalement conclu[12]: Jumet obtint les terres d’Hodiarbois, du Moncil, de Nayabois, de Plomcot, une partie de Sart‑les‑Moines, ainsi que les lieux‑dits du Bordia, des Hayettes, du Trianois, et la maison Denecken à Heigne. En contrepartie, Jumet céda à Gosselies plusieurs biens, dont la Chapois, la Cense du Marais, le Sépulchre, les Charnues, la Croix‑Dominum, le hameau de Trévieusart et les terres de Piersoux[12].

Parmi les enclaves gosseliennes situées en terre jumétoise figuraient notamment Nayabois et Plomcot aujourd’hui intégrés à Roux ainsi qu’une petite parcelle relevant de Sart‑les‑Moines au cœur du village de Heigne. Ces anomalies territoriales résultaient vraisemblablement d’anciens démembrements de la seigneurie de Jumet et de donations successives[12]. La réorganisation administrative française de 1804 mit fin à une partie de ces irrégularités : Jumet céda plusieurs terres périphériques aux communes voisines. En 1818, l’administration hollandaise détacha le quartier de Roux[Note 4], qui devint une commune autonome, fixant définitivement les frontières[12].

Les cartes de Ferraris (1771‑1778) et le relevé cadastral de Delnest (1818) montrent un territoire structuré autour de trois noyaux d’habitat Jumet, Heigne et Roux entourés de terres agricoles et de massifs boisés[13]. L’économie locale demeurait largement rurale, bien que des activités pré‑industrielles fussent déjà présentes : brasseries, distilleries, blanchisseries, tannerie, verreries et premiers puits charbonniers[Note 5][13]. Jumet comptait également un moulin à eau et plusieurs moulins à vent, dont seul celui de Heigne a subsisté. Au début du XIXe siècle, Jumet restait donc une commune essentiellement agricole, mais où les signes avant‑coureurs de l’industrialisation étaient nettement perceptibles[13].

Géographie ecclésiastique

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De l'époque franque (888) jusqu'à l'occupation par les troupes révolutionnaires françaises :

  • Jumet dépend de l'abbaye de Lobbes, incendiée le et officiellement dissoute en 1796. Les moines de Lobbes ont établi notamment, en 1231, le prieuré de Heigne à Jumet[14]. La chapelle Notre-Dame de Heigne en est un témoignage.
  • Jumet dépend de l'évêché de Liège de 888 à 1561, quand les bulles pontificales Super Universas du , du pape Paul IV et des limites du , du pape Pie IV, créent l'évèché de Namur aux dépens de celui de Liège ;
  • Jumet n'étant pas cité dans la bulle, il faut attendre le Pouillé (l'inventaire) de 1639 pour lire que Jumet relève bien du diocèse de Namur et du décanat de Fleurus[15],[16] ;
  • Après le Concordat, Jumet fait partie du diocèse de Tournai (1802).

Actuellement, les paroisses de Jumet (culte catholique romain) font partie du Diocèse de Tournai et de deux doyennés.

Quartiers

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Jumet se compose des quartiers suivants :

  • La place du Chef-Lieu.
    le Chef-Lieu est situé au nord. Selon Robert Arcq, au Moyen-âge, le village comptait trois hameaux ; Heigne, Roux et Jumet dont il y est le centre administratif qui comprend l'ancienne maison communale et l'église Saint-Sulpice[17];
  • Gohyssart, est situé au sud-ouest de la commune. Selon Robert Arcq , l’origine de ce quartier remonte au XIIe siècle, à une époque où la population de la région augmente et où l’on doit défricher de nouvelles terres pour les rendre cultivables. Son nom provient du terme sarts, qui désigne des terrains essartés, c’est‑à‑dire déboisés, ainsi que du nom de leur propriétaire. Selon l'historien, Sart de Gohi serait en effet la forme contractée d’un ancien nom franc, Godo‑Hari[18];
  • Heigne est situé à l'ouest. Il est mentionné pour la première fois sous le nom de Hunia Castellum en 866. Selon Robert Arcq, depuis longtemps le plateau de Heigne est un lieu de culte, un sanctuaire païen se dressait là bien avant la première construction de l'église. Selon l'historien, en 1225, un prieuré est installé par les moines de Lobbes qui est destiné à accueillir les pèlerins et a gérer l'église qu'ils s'installèrent dans les restes de l'ancien fortin dont les ruines furent enlevés[19];
  • Vue sur l'actuelle place du Ballon au XXe siècle. Le quartier de Gohyssart a remplacer le quartier de la Station comme pôle commerciale de Jumet[20].
    la Station est situé au centre. Une gare a été construite à la Brûlotte par la société du Grand Central pour la ligne qui va de Charleroi à Luttre. À la suite de la création de cette station dans ce quartier d'ouvriers, de nombreux commerces ont ouvert et un hôtel-restaurant a vu le jour sur la place de cette gare. Cette station a été fermée le et démolie l'année suivante[21];
  • le quartier de Houbois, situé entre la chaussée de Bruxelles et les Hamandes, tire son nom ancien, Houbwéz, d’une expression signifiant « la hutte près du gué ». Cette appellation évoque, comme le note Robert Arcq, les premières habitations isolées qui formèrent le noyau initial du hameau. Longtemps, le secteur ne fut qu’un ensemble dispersé de constructions rurales au cœur de la campagne. À la fin du XIXe siècle, l’essor des verreries et des charbonnages attira une main‑d’œuvre croissante, entraînant une densification progressive du bâti et une structuration plus nette du quartier. L’augmentation rapide de la population, combinée à l’éloignement du lieu de culte le plus proche, conduisit à la décision d’ériger une église en 1868. L’édifice fut achevé en 1880, marquant l’intégration définitive de Houbois comme hameau organisé au sein de Jumet[22];
  • le quartier des Hamandes, situé à l’est de Jumet, était autrefois connu sous le nom de Petites Hamandes. Selon Robert Arcq, cette appellation dérive du roman hamaides, lui‑même issu du francique hamita, qui signifie « clôture » ou « barrière ». Le toponyme renvoie probablement à des prés clos où se pratiquait l’élevage durant la période médiévale. Les Hamandes jouèrent un rôle notable dans l’économie locale. C’est en effet dans ce secteur qu’une verrerie fut implantée : la famille Colnet y établit en 1620 une « fournaise » dans le Bois‑du‑Sart, introduisant une activité industrielle durable dans le quartier. Plus tard, en 1881, Valentin Lambert y fit construire le château Mondron, témoignant de l’essor économique et social du secteur à la fin du XIXe siècle[23].

Autres quartiers et lieux-dits

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  • La Quairelle, situé à Gohyssart. Selon Robert Arcq, il vient du nom wallon kwérèle que les mineurs nommaient le grès houiller[24];
  • Le Try-Charly, situé dans le quartier de la Station. Il se nomme en wallon, èl Trî Tchârlî, par traduction, le trieu appartenant à Charlier. Selon Robert Arcq, au XIXe siècle siècle seulement que se constitua ce quartier qui auparavant, on n'y trouvait que quelques masures très modestes dont il en a encore au coin de la rue du Baÿ subside encore un exemple de ces anciennes constructions. En 1922, une église fut construite et en 1946, une paroisse autonome fut érigée[25];
  • La Brûlotte, il est situé dans le quartier de la Station. Autrefois il y avais à cet endroit des marteaux, des forges dont le pilon était actionné par l'énergie hydraulique souligne Robert Arcq. Un ruisseau, aujourd'hui voûté, qui traversait le quartier de la Brûlotte venant de la rue Biernaux, se nomme le ruisseau des Marteaux. Selon l'historien, une verrerie se trouvait dans ce quartier dès le XVIIIe siècle qui se nommait verrerie Drion, qui fut reprise par la Société des Manufactures pour disparaître à la fin de ce siècle. Une usine électrique fut construite par référendum de la population en 1901[26]. Le nom du quartier signifie terre défricher par le feu[27] ;
  • Saint-Ghislain, quartier situé entre le Chef-Lieu et la chaussée de Bruxelles. Selon Robert Arcq, une chapelle dédiée à Saint-Ghislain existait a cet endroit mais elle fut détruite. C'est une des dernières haltes pour les pèlerins de la Madeleine avant de rentrer à Heigne[28];
  • Saint-Roch, situé à Heigne. Selon Robert Arcq, une chapelle dédiée à Saint-Roch justifie le nom du quartier. Cette chapelle fut édifiée en 1714 et détruite lors du bombardement américain le . Une nouvelle chapelle fut construite en 1951[29] ;
  • La Malavée, quartier situé au carrefour de la statue du Mamelouk. Ce mot ne désigne pas une souillon ni un endroit plus sale qu'un autre. Selon Robert Arcq, l'adjectif du mot « male » signifie mauvais, difficile quant au mot « avée », signifie simplement le temp qu'il faut réciter une ave, c'est-à-dire un court moment, signification que le mot a gardé dans l'expression wallonne « in ave d'timps ». Une male avée peut se traduire par « un mauvais moment à passer ». Un quartier du même nom existe à Marcinelle[30];
  • Le quartier de la Coupe, situé entre les secteurs de la Station et de Gohyssart, tire son nom wallon à l’Coupe de l’ancien français coupet, « sommet », à l’origine du terme wallon coupète. Comme le souligne Robert Arcq, cette étymologie reflète la topographie du lieu, établi au sommet d’une butte autrefois recouverte de forêts. Ces bois furent progressivement défrichés, et un moulin à vent y fut construit au XIXe siècle, aujourd’hui disparu. Des tuiles romaines furent découvertes dans le quartier au XIXe siècle, témoignant d’une occupation ancienne. Dès le XVIIIe siècle, une verrerie connue sous le nom d’èl four del Coupe y était en activité. Elle fut acquise par la famille Houtart avant de passer, en 1845, entre les mains de Bennert et Bivort, illustrant l’implantation précoce d’activités industrielles dans ce secteur de Jumet[31];
  • Le Sarti, situé à Heigne vers Roux, selon Robert Arcq, ce nom rappelle que à cet endroit était couvert d'arbres d'une forêt qui fut défricher d'où il vient ce nom[32];
  • Le Chaumonceau, situé entre Gohyssart et Lodelinsart. Selon Robert Arcq, le nom viendrait du latin calvus mons, le mont chauve. C'était une colline dénudée au dessus du bois Saint-Charles disparut depuis. Un charbonnage fut ouvert au XVIIIe siècle et fermé en 1957[33];
  • Le Spinoy, quartier situé entre Heigne et le Chef-Lieu. Selon Robert Arcq, le nom de ce quartier rappelle autrefois l'endroit était plantés d'arbres épineux. Du latin « spinetum »[34];
  • Belle-Vue, il est situé au sommet de la chaussée de Bruxelles, tout près de Gosselies, selon Robert Arcq, il fut nommé à cause de la vue qu'on voyait de tout la région[35];
  • Le Brûlin, situé à la chaussée de Gilly à Houbois. Selon Robert Arcq, le nom vient du bas latin brogilium ou brolium qui peut désigner un prêt enclos ou encore un petit bois fermé de haies pour maintenir le gibier[36];
  • Tongres, il est situé à l'est de la chaussée de Bruxelles. Une chapelle avait été édifiée mais elle a été détruite en 1903[37];
  • Trianoy, il est situé vers Ransart à Houbois. À l'origine c'était un bois qui s'étendait vers Gilly entre Ransart et Houbois. Selon Robert Arcq, ces terres étaient possession gosselienne. Elle est citée pour la première sous la forme « Trannoy » en 1377 qui signifie un endroit planté de peupliers[38];
  • L'Altrée, situé près du quartier de Houbois, cet endroit devait être autrefois désert et inculte, car son nom viendrait selon Robert Arcq, de l'ancien français haloterée qui désigne une terre inculte et couverte de buissons[39].

Voies de communication

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Axes routiers anciens

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L'autoroute A54.

Les axes routiers ci-après figurent déjà sur les cartes de cabinet des Pays-Bas autrichiens, levées à l'initiative du comte de Ferraris de 1770 à 1778 :

  • Axe routier Est-Ouest de Gilly à Courcelles : rue Louis Lambert, chaussée de Gilly, rue Biernaux, rue Wattelar, rue de la Libération. Il est partiellement parcouru par les marcheurs du Tour de la Madeleine, fleuron du folklore de Jumet ;
  • Axe routier nord-sud Bruxelles-Genappe-Gosselies-Charleroi, actuelle Nationale 5, il coupe la partie Est de la localité :
    • a été pavé vers 1720-1721, pour transporter en toutes saisons vers les lieux de consommation le charbon extrait dans la région de Charleroi[40] ;
    • emprunté les 15 et , étape finale de la marche des cent jours par les armées françaises de Napoléon 1er, arrêtées à Waterloo le  ;
    • emprunté par 1 armée allemande le , venant de Bruxelles et se dirigeant vers la vallée de la Sambre.

Axes routiers récents

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  • Axe routier Est-ouest : chaussée de Châtelet - route du Centre - [tronçon manquant de la rue de Marchienne à Jumet Gohyssart jusqu'à la rue des Quatre Seigneuries à Courcelles] - route du Centre jusqu'au Ring 3 et rue de la chaussée à Forchies-la-Marche ;
  • Axe routier nord-sud : autoroute A54 Nivelles-Charleroi (E420), voie de délestage de la Nationale 5, elle coupe la partie nord-est.

Transports publics

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Vue de l'ancienne gare de Jumet qui était construite dans le quartier de la Station.

Voies ferrées (Infrabel)

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La gare de Jumet est fermée au service des voyageurs en 1953 et au service des marchandises en 1989. Les voyageurs ont dorénavant quelques alternatives :

La gare de Jumet-Brulotte et les voies ferrées industrielles de la commune ont connu un important trafic de marchandises - particulièrement la houille et les produits de l'industrie verrière - de 1880 aux années 1960, sur les lignes 119 (Châtelineau)-Châtelet - Luttre-(Pont-à-Celles) et 121 Roux-Lambusart.

La gare de Jumet-Hamendes avait une vocation de gare à marchandises[41].

TEC Charleroi

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Arrêt de tram et de bus, la station Madeleine se trouve à proximité du dépôt TEC. C'est un stationnement incitatif à la sortie de la A54, comprenant plus de 200 places de stationnement pour automobiles.

La localité est sillonnée par :

Démographie et population

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Évolution de la population[42],[43]
1801[Note 6] 1846 1900 1947 1977[Note 7] 2001
5 205 9 018 25 937 28 569 27 695 24 491

En 1810, Jumet est déjà la commune la plus peuplée de la région avec ses 5 420 habitants (Charleroi en compte 4 020 et Dampremy 392), c'est entre 1846 et 1871 que l'accroissement de la population est le plus fort, passant de 5 829 habitants en 1830 à 9 018 en 1846, à plus de 13 000 (la plupart des ouvriers) en 1864 (600 naissances par an), et à 20 240 en 1871[44].

Histoire

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Des romains au royaume des Belgiques

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Avant la conquête romaine

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Les traces les plus anciennes d’occupation humaine à Jumet remontent au Néolithique, comme l’attestent les découvertes effectuées au XIXe siècle sur le plateau du Diarbois, où furent mis au jour des outils en silex, des pointes de flèches et divers objets taillés[45]. Selon Robert Arcq, ces indices témoignent d’une fréquentation précoce du site, bien avant toute présence romaine. En 1880, le même plateau livra un cimetière nervo‑romain contenant vases, urnes et monnaies, permettant de situer cet ensemble funéraire au IIe siècle de notre ère. Quelques années plus tard, en 1885, des tuiles romaines à rebord furent découvertes à la Coupe, confirmant les indications déjà suggérées par la toponymie locale[46]. Arcq souligne toutefois que ces éléments, bien qu’importants, ne suffisent pas à considérer Jumet comme un village constitué à cette époque. Il s’agissait plutôt d’une exploitation agricole, probablement étendue, mais réduite à une ferme et à ses dépendances[47]. La formation de véritables noyaux villageois dans la région ne se stabilisera qu’à l’époque franque, lorsque les structures d’habitat deviendront plus durables et mieux organisées[47].

Le territoire de Jumet est occupé par les Aduatuques, y installés vers -110 et qui comptent parmi les plus farouches résistants à l'envahisseur romain. Leur tribu est entièrement décimée par les Romains qui déportent et vendent comme esclaves 2/3 d'entre eux (César, dans ses « Commentaires », cite le nombre de 53 000 individus)[48].

Époque romaine (à partir de 57 av. J.-C.)

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Le vaste territoire laissé libre par la disparition des Aduatuques est attribué par les Romains à un groupe de tribus d'origine germanique connu sous le nom de « Tongres » et c'est ainsi que, jusqu'à la fin de l'époque romaine, le territoire de Jumet (Gimiacum) est englobé dans la subdivision administrative appelée « Civitas Tungrorum », la Cité des Tongres, à la limite cependant de la Cité des Nerviens. La chaussée romaine de Bavay à Cologne passe à Liberchies, environ 10 km au nord du territoire de Jumet[49]. Un diverticulum (chemin) nord-sud, traversant Gosselies et Jumet, relie Liberchies à la chaussée romaine de Bavay à Trèves, au point de jonction de Fontaine-Valmont (site des Castellains)[50].

Époque franque

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À partir du VIIe siècle, Gimiacum est englobé dans le Pagus Darnuensis (pays de Darnau), subdivision du Pagus Lomacensis (pays de Lomme). Les terres de Jumet, Heigne et Roux, toujours associées, sont léguées à l'abbaye de Lobbes, au plus tard en 713[51].

Moyen Âge

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La première mention connue de Jumet apparaît en 866 dans la Descriptio Villarum de l’abbaye de Lobbes, inventaire des domaines monastiques. Le texte y décrit Jumet comme une villa, c’est‑à‑dire un vaste domaine agricole structuré autour d’un centre d’exploitation[52]. Le territoire comprenait : une réserve monastique (mansus indominicatus), exploitée directement par l’abbaye et située à l’emplacement du futur Chef‑Lieu, où se trouvait déjà une église paroissiale dépendant du doyenné de Fleurus ; 60 manses à Jumet, ainsi que 8 manses à Heigne et 8 à Roux, chacune exploitée par une famille en échange de redevances fixes, principalement en nature[53]. L’abbaye disposait à Jumet et à Heigne[Note 8] de granges destinées à recevoir les dîmes agricoles. Les manses y versaient, selon les années, soit neuf muids d’épeautre et trois muids d’orge, soit un porc accompagné de trente fuseaux de laine. Comme le souligne Robert Arcq, ces redevances illustrent la place centrale de l’épeautre pour la fabrication du pain, l’usage de l’orge dans la production de bière et l’importance de l’élevage porcin et ovin dans l’économie locale[54]. La culture du houblon, attestée de manière ancienne, complète ce tableau rural. Le domaine monastique comprenait également un moulin banal sur le Piéton, une brasserie soumise à une redevance mensuelle de vingt aimes de cervoise, un bois commun et une forêt de glandée, particularité notable puisque ces espaces étaient laissés à l’usage des habitants sans prélèvement seigneurial. La mention d’un castellum à Heigne, souvent à l’origine de récits légendaires, renvoie vraisemblablement à une simple fortification ou à un poste de surveillance[55]. Au IXe siècle, Heigne comptait environ huit bonniers de terres cultivées, soit près de sept hectares. La Descriptio Villarum offre ainsi un aperçu précieux de l’organisation foncière des domaines monastiques, de l’économie rurale fondée sur les céréales, l’élevage et la brasserie, ainsi que des structures sociales articulées autour des manses et des obligations banales. Arcq rappelle que, malgré les transformations ultérieures, Jumet conserva jusqu’au XIXe siècle un paysage agricole encore proche de celui décrit en 866[56].

L’existence d’un moulin[Note 9] à Jumet est attestée dès le haut Moyen Âge. La première mention conservée apparaît dans le polyptyque de l’abbaye de Lobbes, rédigé en 866, qui signale un moulin établi sur le Piéton, au pied de la colline de Heigne. Cet équipement y est décrit comme un moulin banal, c’est‑à‑dire une installation dont l’usage était imposé aux habitants par le système féodal[57]. Selon Robert Arcq, cette mention témoigne de l’ancienneté de l’activité meunière dans la vallée du Piéton, confirmée par la présence du bâtiment sur l’ensemble des plans anciens. Le moulin demeura en service jusqu’au milieu du XXe siècle, après avoir connu de nombreuses transformations au fil des siècles ; la dernière configuration connue remonterait aux XVIe ou XVIIe siècles[58]. L’installation hydraulique reposait sur une vanne aménagée dans le cours du Piéton, destinée à alimenter une roue motrice actionnant les meules. L’exploitation se poursuivit jusque dans les années 1950, avant que l’édifice ne soit démoli lors des travaux d’élargissement du canal Charleroi‑Bruxelles. Aucun relevé architectural complet n’a été réalisé avant sa disparition, ce qui laisse aujourd’hui une part d’incertitude sur l’évolution précise de ses structures[58]. L’existence d’une église à Jumet est attestée dès 866 par le polyptyque de l’abbaye de Lobbes, qui signale un petit édifice rural composé d’une salle rectangulaire d’environ 4,70 m de largeur pour m de longueur. Selon Robert Arcq, cette construction correspond au type modeste des premières églises villageoises du haut Moyen Âge[59]. L’édifice fut probablement remanié au Xe siècle, moment où il aurait reçu un chœur rectangulaire. C’est vraisemblablement à cette époque, vers 965, qu’Eracle, évêque de Liège, procéda à sa dédicace, lorsqu’il restitua à Lobbes la villa de Jumet qu’un seigneur laïc avait soustraite à l’abbaye[59]. La charte datée de 960‑965 précise que l’église fut consacrée lors de cette restitution. L’édifice primitif subsista jusqu’aux XIVe XVe siècles, période durant laquelle il fut agrandi ; seules demeurent aujourd’hui les fondations du chœur à trois pans, large de m et profond de 2,30 m, vestiges qui permettent encore d’appréhender l’évolution de l’église médiévale de Jumet[60]. En 888, Arnulf de Carinthie, roi de Germanie, fait don de Lobbes et de tous ses biens à Francon, évêque de Liège. Or, l'évêque de Liège est aussi abbé de Lobbes et plus tard, le prince-évêque de Liège est le prince de l'abbaye de Lobbes et l'abbé de Lobbes est seigneur de Jumet, Roux, Heigne par délégation du prince-évêque : c'est ainsi que, nonobstant les innombrables revendications d'ordre territorial ou fiscal des princes voisins, Jumet, Roux et Heigne resteront jusqu'en 1780 liées à la Principauté de Liège[61],[15]. En effet, ce n'est qu'à la mort de Marie-Thérèse, impératrice d'Autriche et souveraine des Pays-Bas autrichiens, que le prince-évêque de Liège renonce à ses prérogatives sur Jumet : désormais, Jumet devient une terre franche du duché de Brabant[62]. Pendant la période médiévale, Jumet avec les hameaux de Heigne et de Roux ont gardé leur caractère d'entités séparées[63].

La chapelle Notre-Dame avec le site de la Maison des Éclaireurs, en face sont les vestiges de l'ancien prieuré de Heigne.

Le site aujourd’hui occupé par la Maison des Éclaireurs, à Heigne, correspond à l’emplacement de l’ancien château Dogniaux, où les moines cisterciens de l’abbaye de Lobbes s’installèrent au XIIIe siècle. Depuis plusieurs siècles déjà, l’abbaye détenait les terres de Heigne, tandis que la chapelle locale relevait du Prince‑Évêque de Liège. En 1231, Jean d’Eppes céda cette chapelle à Lobbes, permettant l’établissement d’une communauté chargée du service religieux[64]. Selon Robert Arcq, l’église, déjà notable, fut probablement agrandie à cette occasion. La réputation du culte marial de Heigne entraîna la fondation d’un prieuré destiné à accueillir les nombreux pèlerins, offrant hébergement et nourriture comme dans les principaux sanctuaires médiévaux[64]. La présence cistercienne perdura jusqu’à la Révolution française ; en 1796, les religieux durent céder leurs biens à la commune de Jumet. L’ancien prieuré fut alors converti en hospice, puis en pensionnat, avant d’être acquis par Antoine Houtart, maître verrier, qui utilisa la chapelle désaffectée comme dépôt de verre[65]. En 1201, Jumet obtint un privilège remarquable pour l’époque : la reconnaissance officielle de plusieurs droits jusque‑là soumis aux usages coutumiers. Cette charte, la première connue dans tout le Hainaut, ne se contentait pas d’entériner des pratiques existantes ; elle allégeait sensiblement les obligations pesant sur les exploitants des terres[66]. Selon Robert Arcq, ce texte s’inscrit dans un contexte plus large d’émancipation sociale qui se manifeste aux XIe et XIIe siècles, notamment après les croisades, période durant laquelle la vie rurale connaît un essor marqué[67]. Les grands défrichements de cette époque ont laissé leur trace dans plusieurs toponymes tels que Gohyssart, Lodelinsart ou Sart‑Dame‑Aveline, le terme sart désignant une zone nouvellement déboisée. Cette mise en culture fut rendue possible par la décision de nombreux grands propriétaires, touchés par la dévaluation consécutive aux expéditions lointaines, d’attribuer des terres à ceux qui acceptaient de les mettre en valeur[68].

Deux siècles et demi après la charte de 1201, les autorités locales de Jumet rédigèrent un acte confirmant les privilèges dont les habitants jouissaient « depuis si longtemps qu’il n’existe aucune mémoire du contraire ». Il ne s’agissait pas d’une nouvelle charte, mais d’un record, c’est‑à‑dire une reconnaissance officielle de droits anciens que la communauté souhaitait préserver face à une autorité supérieure jugée parfois négligente[69]. En 1461, Henri Walgraffe, de Heigne, et Pièrard Liénard, de « Roux dessous Heingne », bourgmestres et mambourgs, furent mandatés pour obtenir la mise par écrit de ces privilèges. Ils justifièrent leur démarche en rappelant que « la mémoire de l’homme est fragile » et que les documents anciens peuvent disparaître ou se détériorer, ce qui incita les Jumétois à sécuriser leurs droits[69]. Selon Robert Arcq, le premier paragraphe de cet acte fixe le droit de bourgeoisie : toute personne résidant à Jumet, Heigne ou Roux doit être considérée comme bourgeois, ce qui implique une égalité de privilèges et suggère que l’émancipation des serfs était désormais acquise. Un étranger pouvait également obtenir la bourgeoisie en s’établissant à Jumet par mariage, moyennant le paiement de quatre « vieux esterlins », confirmant l’ouverture contrôlée de la communauté à de nouveaux habitants[69][Note 10].

L’acte s’achève en mentionnant deux droits directement liés à l’exploitation du sol. Il y est précisé que les bourgeois sont autorisés à prélever de l’argile sur les terres du seigneur, à condition toutefois de ne pas lui causer de préjudice. Cette indication laisse supposer que des briqueteries existaient déjà à Jumet au XVe siècle. Il faut dire qu’en plusieurs endroits, le sous-sol de la région renferme une argile particulièrement adaptée à la fabrication de briques. Les habitants de Jumet avaient d’ailleurs acquis très tôt une solide réputation de briquetiers, un savoir-faire qui perdura jusque bien après la Première Guerre mondiale. De nombreuses maisons jumétoises sont encore aujourd’hui bâties avec des briques moulées et cuites sur place, à partir de l’argile extraite directement des fondations[70]. Cet acte de 1461 témoigne clairement de l’évolution de la notion de liberté au fil des siècles. On est désormais bien loin du serf soumis aux corvées et aux exigences arbitraires de son seigneur. Le paysan n’est plus attaché à la terre comme un esclave : il devient un véritable exploitant agricole, bénéficiant de droits reconnus et garantis par l’autorité seigneuriale. Cette nouvelle condition, une fois établie, restera en vigueur pendant plusieurs siècles et ne subira que de faibles transformations sous l’Ancien Régime[70].

Sous l’Ancien Régime, Jumet relevait d’une organisation seigneuriale stable, placée directement sous l’autorité de l’abbé de Lobbes, seigneur foncier exerçant des droits étendus sur la communauté : perception des redevances, corvées, taxes extraordinaires et juridiction locale[71]. À plusieurs reprises, le village dut contribuer à des dépenses imposées par ses supérieurs, notamment en 1164 pour l’entretien du château de Thuin ou en 1466 pour une rançon exigée après le sac de Liège. L’abbé tenait ses pouvoirs du prince‑évêque de Liège, suzerain du domaine, mais disposait d’une autonomie importante dans la gestion du fief. Un acte de 1702 précise ses prérogatives : autorisation pour l’usage des biens communautaires, contrôle des procureurs, suspension des plaids et droit de rémission pour certains crimes[71]. Selon Robert Arcq, l’avoué, chargé de la protection militaire du domaine, bénéficiait lui aussi de revenus spécifiques et pouvait lever des hommes pour la guerre. Ce droit d’avouerie, héréditaire mais soumis à serment devant l’abbé, était strictement encadré ; tout abus pouvait entraîner la grande excommunication. L’avouerie de Jumet subsista jusqu’en 1616, lorsque les archiducs Albert et Isabelle l’échangèrent contre la seigneurie d’Eschérenne dans le cadre de la fondation de Philippeville. L’abbaye de Lobbes récupéra alors l’ensemble des droits d’avouerie, à l’exception de la mortemain et du meilleur catel, qui demeurèrent exclus de cette restitution[72].

Depuis le Moyen Âge, l’évolution la plus significative du paysage de Jumet est la disparition progressive des vastes étendues boisées qui couvraient autrefois presque tout le territoire. Une monographie publiée en 1962 signalait déjà que la localité ne conservait plus que trois petits massifs le bois d’Heigne, le bois du Comte et le bois Puissant dont la superficie n’a cessé de se réduire. Selon Robert Arcq, ces fragments forestiers constituent les derniers témoins de la sylva carbonaria, la grande forêt charbonnière qui, à l’époque romaine, recouvrait une large partie de la Belgique actuelle[73]. Malgré sa réputation d’imperméabilité, cette forêt fut progressivement défrichée, d’abord par les Romains, puis par les peuples germaniques. L’ancien nom du bois d’Heigne, appelé autrefois bois Saint‑Pierre de Lobbes, rappelle son étendue originelle : il entourait presque entièrement le hameau de Heigne et s’étendait jusqu’au Piéton. Vers le nord, il rejoignait le bois des Hayettes ancien bois Saint‑Michel du Sart lui‑même prolongé par le bois de la Prelle, propriété du seigneur de Gosselies au XIVe siècle. Ces vestiges permettent encore d’entrevoir l’ampleur du couvert forestier médiéval et les transformations profondes qu’a connues le paysage jumétois au fil des siècles[73].

l’ouest du territoire jumétois se trouvaient autrefois le bois de Sourdeval et le bois Brûlé, deux massifs aujourd’hui disparus. Le bois d’Heigne s’étendait vers Roux en se prolongeant par le bois de Sourdeval, partagé au XIIIe siècle entre les seigneurs de Gosselies et le duc de Brabant avant d’être cédé à l’abbaye de Lobbes[73]. Ce massif était bordé par le bois Brûlé, encore mentionné en 1548. Au sud, le bois de Sourdeval rejoignait le bois du Râle, défriché dès le XIIe siècle ; le toponyme Roux dérive d’ailleurs du germanique rode, « défriché », rappelant l’ampleur des essartages médiévaux. Selon Robert Arcq, l’ensemble formait un vaste continuum forestier aujourd’hui réduit à quelques vestiges[74]. Au sud‑est, après une zone de landes, s’étendait le bois de la Coupe, depuis l’actuelle place du même nom jusqu’à Chaumonceau, puis vers Marchienne‑au‑Pont où il se prolongeait par le bois de La Docherie. À cette époque, la chapelle Notre‑Dame‑au‑Bois se trouvait en pleine forêt, témoignant de l’importance du couvert sylvestre dans le paysage médiéval de Jumet. Ces bois, aujourd’hui fragmentés ou disparus, permettent encore d’appréhender l’étendue de la sylve ancienne et les profondes transformations du territoire au fil des siècles[74]. La partie orientale de Jumet formait autrefois un vaste ensemble forestier continu comprenant le bois des Hamendes, le bois des Queuwes et le bois de Soleilmont, ce dernier subsistant encore partiellement sur le territoire de Gilly[75]. Le bois des Hamendes jouxtait le bois du Trianoy, mentionné en 1377, prolongé par le bois de Rainspesse et le bois de Berisart. Plusieurs lieux‑dits de Ransart Les Raspes, Bois des Dames, le Soquoy témoignent de cette ancienne couverture sylvestre. Au nord, le bois du Trianoy rejoignait le bois de Hodiarbois, rattaché à Gosselies jusqu’en 1804 ; le bois du Comte, aujourd’hui privé, en constitue l’un des derniers vestiges[75].

Au sud, la forêt se prolongeait vers Lodelinsart, où des toponymes comme Gros Fayt rappellent un paysage ancien de hêtraies sur sols graveleux. Selon Robert Arcq, ces éléments permettent de reconstituer l’ampleur du continuum forestier médiéval qui enveloppait Jumet[75]. Plusieurs anciens toponymes jumétois évoquent la faune réelle ou supposée de ces bois. La rue des Patriotes portait autrefois le nom de rue du Renard, tandis que l’actuelle rue de l’Étoile était connue comme rue de la Trappe au Loup, appellation qui désignait jadis tout le quartier et suggère l’existence d’un dispositif de capture. La rue de Condé était appelée localement èl pîd du leu, forme résultant d’une confusion entre pîd et l’ancien wallon pîdge, issu du latin petreus (« voie empierrée »). L’expression pourrait donc signifier « sentier du Loup », peut‑être en référence à un animal aperçu ou abattu. Toutefois, plusieurs toponymes apparentés Pont‑de‑Loup, Bois‑de‑Loup dérivent en réalité du terme ancien lo (latin lucus, « bois »), déformé par étymologie populaire. La forme primitive Funderlo (« le bois près du pont ») en est un exemple. Appliquée au Pîd du Leu, cette étymologie suggère plutôt le sens de « sentier traversant le bois », possiblement l’une des plus anciennes voies de Jumet[75].

Temps Modernes

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L’implantation de l’industrie verrière à Jumet remonte au XVIIe siècle, lorsque la famille de Colnet établit une première verrerie dans le quartier des Hamendes. Selon Robert Arcq, cette entreprise, spécialisée dans la production de verre à vitre et de bouteilles, fut détruite en 1690. Les de Colnet appartenaient à une lignée de verriers actifs dans plusieurs régions européennes, notamment en Allemagne, dans le Pays de Liège et aux Pays-Bas[76]. Leurs armoiries associaient un faucon, rappelant le privilège de chasse accordé aux maîtres verriers, et des rameaux de fougère, allusion à la potasse utilisée dans la fabrication du verre. La famille disparaît à la fin du XVIIIe siècle. L’essor durable de la verrerie jumétoise est attribué à la famille de Condé, alliée aux de Colnet par mariage[77]. Vers 1650, Jean de Condé introduit l’usage de la houille pour alimenter les fours, une innovation que Robert Arcq considère comme décisive pour l’évolution technique de la région. Au milieu du XVIIIe siècle, Jumet devient, avec Charleroi, l’un des principaux centres verriers des Pays-Bas méridionaux[78]. La famille décline toutefois à la fin de l’Ancien Régime. Une autre lignée, les Falleur (ou Faller), d’origine sarroise, s’établit également à Jumet au XVIIe siècle et contribue durablement à l’activité verrière locale. Malgré une tentative d’adoption de la particule nobiliaire, seule une partie de la famille l’utilise, comme le signale Robert Arcq dans son étude[78].

À la fin du XVIIe siècle, la famille Houtart, établie à Heigne, devient l’un des moteurs de la modernisation de la verrerie dans la région de Jumet. Comme le souligne Robert Arcq, cette lignée fonde au XVIIIe siècle plusieurs ateliers et contribue à diffuser la technique du soufflage en canons, jusque‑là réservée aux verriers allemands. L’ouverture de cet apprentissage à des artisans locaux permet d’éviter une pénurie de main‑d’œuvre et favorise l’essor de la production[79]. Plusieurs membres de la famille exercent des responsabilités publiques, tandis que la lignée compte de nombreux maîtres verriers, témoignant de son influence durable[79]. Les relations politiques entre la Principauté de Liège et le comté de Hainaut furent longtemps marquées par des rivalités territoriales auxquelles se greffèrent, à partir du bas Moyen Âge, les ambitions bourguignonnes puis brabançonnes, ces dernières agissant en tant que comtes de Hainaut[80]. La Principauté, constituée par des donations royales plutôt que par des conquêtes, formait un ensemble fragmenté et riche en enclaves, situation qui lui conférait une place singulière dans l’équilibre régional. Robert Arcq rappelle que cette configuration géopolitique explique en grande partie les tensions récurrentes entre les pouvoirs voisins. Jumet, rattaché à Liège depuis la donation de l’abbaye de Lobbes à l’évêque en 888, occupait une position frontalière stratégique entre Hainaut, Brabant et Namur[81]. Son éloignement du centre liégeois favorisait des interactions pratiques avec les juridictions voisines, générant litiges, chevauchements de compétences et interventions répétées des autorités hennuyères et brabançonnes. L’avouerie de Jumet, concédée en 1201 au comte de Hainaut, devint une source durable de contestations. Intégrée aux possessions bourguignonnes en 1428, elle permit aux ducs de Bourgogne puis aux souverains espagnols de revendiquer périodiquement des droits sur le territoire, malgré la souveraineté reconnue du Prince‑Évêque[82].

Les épisodes de taxation de guerre en 1470, les conflits forestiers du XVIe siècle ou encore la construction de Philippeville en 1616 illustrent ces rivalités persistantes. Au XVIIe siècle, les troubles internes de la Principauté de Liège et la présence de troupes étrangères accentuèrent l’ambiguïté politique locale[82]. Une partie de la population de Jumet manifesta une préférence pour l’autorité brabançonne, tandis que les institutions liégeoises réaffirmaient régulièrement leur souveraineté. Malgré ces tensions et les stratégies opportunistes de certains habitants, Jumet demeura officiellement terre liégeoise jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, comme le rappelle Robert Arcq[82]. Au XVIIe siècle, Jumet se trouve au cœur d’un litige prolongé entre la Principauté de Liège et le Brabant, chacun revendiquant la juridiction sur cette terre frontalière. En 1656, lors de l’autorisation du canal de la Sambre par Philippe IV, la neutralité du territoire est implicitement admise : le souverain précise que les embarcations traversant Jumet ne peuvent être soumises à aucune taxe[Note 11][83]. Dix ans plus tard, en 1666, le Conseil Privé du Roi confirme que Jumet relève de la Principauté de Liège, position réaffirmée en 1668 par le prince‑évêque Maximilien‑Henri de Bavière, qui y confirme la haute justice liégeoise et accorde divers privilèges aux habitants. Malgré ces décisions, le Brabant poursuit ses interventions administratives et judiciaires[83]. À partir des années 1690, plusieurs habitants et magistrats contestent l’autorité liégeoise et se tournent vers les institutions brabançonnes, déclenchant une série de conflits entre les deux pouvoirs. Robert Arcq souligne que cette période marque l’un des moments les plus complexes de l’histoire juridique jumétoise[83]. En 1702, la Conférence alliée, chargée de l’administration des Pays‑Bas durant la guerre de Succession, tranche en faveur de Liège et reconnaît officiellement Jumet comme terre liégeoise. Le différend se prolonge néanmoins tout au long du XVIIIe siècle. Divers incidents, dont l’arrestation du sergent Pierre Richir en 1734, ravivent les tensions[84]. À partir de 1743, l’administration brabançonne impose progressivement ses règlements à Jumet, sans réaction notable du prince‑évêque. Finalement, le , le prince‑évêque renonce à toute prétention sur Jumet au profit de l’impératrice Marie‑Thérèse. Le territoire devient alors officiellement brabançon, mettant un terme à plusieurs siècles de contestation territoriale, comme le rappelle Robert Arcq dans son étude[85].

Pays-Bas autrichiens (1713-1794)

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Jumet est à la limite du duché de Brabant (Marchienne-au-Pont relève de la Principauté de Liège, Charleroi-Dampremy-Lodelinsart du comté de Namur, Gosselies et Ransart sont terres franches du duché de Brabant. Pendant le XVIIIe siècle, jusqu'en 1780, le lien avec les princes-évêques de Liège est présumé nominal et c'est en vain que ces derniers réclament ces terres de bout de ligne, enclavées quasi dans les Pays-Bas[62].

Le Régime français (1794-1815)

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Le , la victoire de Valmy sauve la France de l'invasion étrangère. Peu après, le général français Dumouriez reçoit l'ordre d'occuper les Pays-Bas autrichiens : sa victoire de Jemmapes, le , fait de Jumet une terre française jusqu'en 1815, avec une parenthèse qu'ouvre la défaite du même Dumouriez à Neerwinden, le , et que ferme la victoire remportée à Fleurus, le , par le général français Jourdan, commandant en chef de l'armée de Sambre-et-Meuse. Après quoi, Jumet fait partie du département de Jemmapes jusqu'à la défaite de Waterloo[86].

À Jumet, la période révolutionnaire laissa peu de traces matérielles, mais les archives communales témoignent des difficultés subies par la population. Dès 1794, le village fut successivement occupé par des troupes autrichiennes puis françaises, qui imposèrent logements, réquisitions de chevaux, de chariots et de fourrage, ainsi que la fourniture de guides locaux. Bien que la commune ait pris en charge une partie des frais, ceux‑ci furent remboursés en assignats dévalués. L’hostilité envers le nouveau régime culmina avec la destruction de l’« Arbre de la Liberté » planté sur la place communale, un incident qui fit écho jusqu’à Bruxelles[87]. Le prieuré de Heigne fut vendu en même temps que l'église. L'église devient par la suite un magasin à verre d'une verrerie à bouteilles et à vitres, fondée par Henri Houtart à Heigne en 1760[88].

Gravure « Transport du ballon l’Entreprenant, de Maubeuge à Charleroi ».

La première observation militaire de l'histoire de l'aérostation a lieu à Jumet lors de la bataille de Fleurus remportée par le général français Jourdan le .

L'Entreprenant, un aérostat gonflé à l'hydrogène, est acheminé de Maubeuge - où a été construite une unité gazière - jusqu'au plateau du moulin de Jumey où il sera utilisé. Le ballon gonflé et dépourvu de sa nacelle est traîné par des cavaliers ; il traverse Jumet le , « ...le général Jourdan a témoigné le désir qu'il (l'aérostat) pût être transporté à Jumet pour juger les mouvements de l'ennemi qu'on soupçonnait se rassembler, l'ordre a été donné et il a passé la Sambre à 4 heures, est arrivé vers 6 h 1/2 à Jumet, il marchait au grand trot des cavaliers d'escorte qui tenaient les cordes »[89].

Le ballon s'est élevé depuis le plateau occupé actuellement par le dépôt du TEC Charleroi et l'extrémité ouest de la piste de l'aéroport de Gosselies. C'est là aussi que se trouvait l'état-major[90] du général français Jourdan et les représentants du Peuple Guyton de Morveau, Gillet et Saint-Just, « sur le plateau du moulin de Jumey… »[Note 12] situé à l'altitude approximative de 180 mètres[91].

En juin 1815, au cours de la campagne des Cent‑Jours, Napoléon pénètre en Belgique et atteint Charleroi le 14. Deux jours plus tard, il affronte les troupes prussiennes à Ligny tandis que le maréchal Ney se dirige vers les Quatre‑Bras[92]. À Gosselies, l’avant‑garde française se heurte à des unités prussiennes, mais l’intervention des lanciers de Piré, suivie de l’arrivée des corps de Reille et d’Erlon, assure une prise rapide de la localité. Robert Arcq signale que la jonction entre Ney et Reille se produit à Belle‑Vue, où le maréchal échappe de peu à un tir isolé provenant de la verrerie Falleur[92]. Le 18 juin, les habitants de Jumet entendent toute la journée le grondement de l’artillerie provenant de Waterloo. Après la défaite de Mont‑Saint‑Jean, la chaussée est envahie par les éléments dispersés de l’armée française en retraite[92]. Napoléon traverse Jumet vers trois heures du matin, en direction de Philippeville, laissant à Charleroi une partie de ses effets personnels. La tradition locale rapporte que deux habitants de Jumet, ainsi qu’un certain Cowache de Charleroi, auraient récupéré quelques objets impériaux abandonnés, parmi lesquels un chapeau attribué à Napoléon, vendu par la suite pour quinze francs. Robert Arcq mentionne cet épisode comme l’un des récits populaires liés au passage de l’Empereur dans la région[92].

Le royaume uni des Pays-Bas (1815-1830)

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À la fin de l'année 1815, dès la constitution du royaume uni des Pays-Bas, Jumet s'étendait sur plus de km, de Ransart à Courcelles (lieu-dit Rianwelz). La commune de Jumet est, à cette époque, divisée en quatre sections. Les habitants de la quatrième section, composée des hameaux du Roux, de Hubes et de Wilbeauroux réclament l'indépendance. En conséquence, la commune de Jumet en est amputée en 1819[93].

En 1818, Jumet apparaît comme l’un des centres verriers les plus dynamiques du bassin carolorégien. Cinq ateliers y fonctionnent simultanément : la verrerie de la Brûlotte, tenue par la veuve Alexandre Drion ; celle de Heigne, exploitée par Emmanuel Houtart ; deux établissements appartenant à Henry Houtart, situés à Belle‑Vue et à la Coupe ; enfin la verrerie du Bois‑del‑Ville, dirigée par Jean‑Joseph Ledoux[13]. Ces entreprises, héritières d’une tradition verrière établie depuis l’époque moderne, témoignent de la densité industrielle déjà présente dans la commune avant l’essor des grandes manufactures du XIXe siècle. Robert Arcq souligne que cette concentration d’ateliers illustre la continuité d’un savoir‑faire local solidement implanté[13]. Parallèlement, l’exploitation du charbon progresse lentement sur le territoire communal. Le plan cadastral de 1818 recense cinq puits encore en activité, de type cayats, fosses peu profondes et de faible extension, très éloignées des charbonnages mécanisés qui apparaîtront plus tard[13]. Les sites identifiés comprennent un puits communal situé à l’emplacement de l’actuelle rue des Combattants, dans le quartier de la Station ; deux puits relevant du « Gouvernement belge », ceux de Chaumonceau et de Gohissart, ce dernier se trouvant à l’emplacement de l’église actuelle de Gohyssart ; un puits au champ du Pont Lotin, exploité par Pierre Poschet, originaire de Chimay ; et un puits de la rue Pont‑Bergerand, en contrebas du « Vieux Gohissart », exploité par la Société du Bois de Jumet, future Société d’Amercœur en 1880[13]. Le plan de Delnest ne recense que les exploitations encore actives en 1818, mais de nombreux autres cayats avaient été ouverts puis abandonnés auparavant. Plusieurs de ces anciennes fosses seront ultérieurement remises en service, soit par la Société d’Amercœur, soit par le charbonnage du Centre de Jumet, comme le rappelle Robert Arcq dans son étude[13].

Après la chute de l’Empire napoléonien, les provinces belges sont intégrées au Royaume uni des Pays‑Bas (1815‑1830), période marquée par une centralisation accrue de l’administration hollandaise. L’imposition du néerlandais comme langue officielle, le contrôle strict de la presse, l’exclusion fréquente des Belges en particulier des Wallons des fonctions publiques et l’alourdissement de la fiscalité alimentent un mécontentement croissant. Ces tensions débouchent sur la Révolution belge de 1830[94]. Les premiers troubles éclatent à Bruxelles le 24 août, suivis le lendemain par l’émeute déclenchée à l’issue de la représentation de La Muette de Portici. Dans la région de Charleroi, l’un des acteurs locaux est Auguste Frison (1795‑?), brasseur établi à Jumet et opposant précoce à l’administration hollandaise[94]. Le 5 septembre, il rassemble des patriotes de Jumet, rejoints par ceux de Lodelinsart et Dampremy, pour une démonstration armée à Charleroi et pour expulser la garnison hollandaise de leur commune. Robert Arcq souligne que Frison fut l’un des premiers organisateurs de la mobilisation révolutionnaire dans le bassin carolorégien. Avec Antoine Fonson, François‑Joseph Houtart et Louis Puissant, Frison met ensuite en place le soutien logistique aux insurgés bruxellois : acquisition d’armes, formation d’une garde bourgeoise et interruption des communications de la forteresse de Charleroi. Le drapeau belge est hissé dans plusieurs localités le 17 septembre[95]. Le 24 septembre, un contingent de volontaires de la région dont trente‑deux Jumétois part combattre à Bruxelles. Parmi eux figure Jean‑Charles Dehennaut (1793‑1830), originaire de Jumet et engagé dans la compagnie de Gosselies. Il est tué le 26 septembre lors des combats près de l’Hôtel de Belle‑Vue. Inhumé à la place des Martyrs, il devient l’un des premiers morts jumétois de la Révolution, et sa famille reçoit une pension du nouveau gouvernement belge, comme le rapporte Robert Arcq[96].

Depuis l'indépendance belge

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Auguste‑Joseph Frison est élu premier bourgmestre de Jumet le . Dès son entrée en fonction, il renonce à ses émoluments et souhaite la gratuité de la charge, initiative relayée par d’autres magistrats. Il siège à la Chambre des représentants en 1833 et 1839, puis reçoit le titre de chevalier de l’Ordre de Léopold le . François‑Joseph Houtart, ancien combattant des affrontements de la Montagne‑de‑Fer, du Parc et de Campenhout, devient à son tour membre de la Chambre des représentants avant d’exercer un mandat de sénateur de 1863 à 1870[97]. Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, Jumet traverse une période de mutation sociale profonde[98]. Selon Pierre Arcq, cette évolution est marquée par l’affirmation du mouvement ouvrier et par l’apparition d’industriels qualifiés de « sociaux » ou « progressistes »[98]. Dans les métiers du verre, Schmidt et Falleur structurent l’organisation des ouvriers, tandis qu’à Gohyssart, Callewaert fonde l’Union des Mineurs, premier syndicat de houilleurs de la localité et du pays, auquel s’ajoute la coopérative Eurêka[99]. Arcq souligne que cette dynamique s’accompagne d’un intérêt croissant de certains patrons, tels Henri Lambert ou Jules Francq, pour les conditions de vie des travailleurs les plus modestes, introduisant des conceptions sociales nouvelles dans le paysage industriel jumétois[98]. Ces transformations influencent rapidement la vie politique. Dès les années 1870, des représentants du courant libéral progressiste avant même la fondation du Parti Ouvrier Belge en 1885 accèdent au Conseil communal. Les bourgmestres Léopold Jacqmain et Jean‑Baptiste Ledoux, décrits par Arcq comme des figures réformatrices, orientent leur action vers l’amélioration du quotidien des habitants. Sous leur administration, la commune modernise ses infrastructures, renforce ses équipements collectifs et développe l’enseignement ainsi que la formation professionnelle. Cette politique, qui façonne durablement la physionomie de Jumet, constitue l’un des jalons essentiels de la transition sociale analysée par Pierre Arcq dans son étude historique[99].

Le Monde illustré du , illustrant le pillage des verrerie et le château Baudoux.

L’essor du mouvement ouvrier à Jumet débute entre 1866 et 1868, période où apparaissent les premiers troubles sociaux. D’après Robert Arcq, quatre unions ouvrières sont alors actives : les Affranchis de Jumet, les Francs Prolétaires de Houbois, les Libres Penseurs de Gohyssart et un groupe non nommé à Heigne[100]. Ces associations, encore éloignées des structures syndicales modernes, fédèrent les travailleurs autour d’idéaux communs face à la pauvreté et aux tensions sociales. À partir de 1880, l’organisation ouvrière se spécialise par métier[101]. En 1882, Albert Delwarte, Oscar Falleur et Xavier Schmidt créent l’Union Verrière à Lodelinsart pour s’opposer à l’introduction d’une main‑d’œuvre meilleur marché et à la baisse des salaires dans les verreries[101]. Installée à Charleroi en 1883, l’Union est confrontée en 1886 à l’arrivée des fours à bassin, qui provoque une grève suivie d’émeutes : plusieurs verreries, dont celle de Baudoux, sont détruites et les dirigeants condamnés à de lourdes peines. L’organisation se fragmente ensuite en une multitude de petits syndicats[101].

Le château d'Eugène Baudoux après l'incendie en mars 1886.

En 1894, Edmond Gilles fonde à Lodelinsart la Nouvelle Union Verrière, réunissant les métiers du verre chaud et du verre froid. Bien que rapidement influente, elle est affaiblie par des dissensions internes. Une grève à la verrerie Misonne en 1903 entraîne le départ d’une partie des coupeurs, puis la scission définitive en 1904 au profit du syndicat des coupeurs et magasiniers verriers[101]. Ce dernier fait construire à Jumet L’Idéal, vaste complexe comprenant salles de réunion, de spectacle et de projection. Robert Arcq souligne que ce lieu devient un centre majeur de sociabilité ouvrière jusqu’après la Seconde Guerre mondiale. Détruit par un incendie dans les années 1960, il est ensuite remplacé par un bâtiment commercial[101].

L'étenderie de la verrerie Baudoux après l'incendie de 1886.

À la fin du XIXe siècle, la Belgique est touchée par une crise industrielle profonde qui entraîne l’effondrement des marchés, la hausse des prix et une baisse généralisée des salaires. Selon Robert Arcq, cette conjoncture accentue la précarité ouvrière dans les bassins industriels et nourrit un mécontentement social qui débouche, en 1886, sur un vaste mouvement de grève[102]. Dans la région de Charleroi, la contestation commence le 25 mars au puits Sainte‑Henriette de Fleurus, puis gagne la fosse du Nord à Gilly avant de s’étendre à toute la région[102]. Les grévistes imposent l’arrêt du travail dans plusieurs établissements de Charleroi‑Nord, dont les ateliers Libotte, la verrerie Brasseur et la chaudronnerie Frère, tandis que diverses verreries Jonet, Fourcault, Gilson et Dorlodot sont saccagées[102]. Dans l’après‑midi, un groupe de plusieurs milliers de manifestants se dirige vers les Hamendes, où l’usine locale est pillée puis incendiée. La verrerie Baudoux est également attaquée ; son propriétaire échappe de peu à une tentative de meurtre, les émeutiers cherchant à le jeter dans un bassin de verre en fusion[103]. La demeure familiale est ensuite détruite. Les forces de l’ordre, malgré l’envoi de lanciers, ne parviennent pas à contenir les troubles, qui se propagent à l’ensemble du bassin. À Roux, les affrontements causent vingt morts et de nombreux blessés. Les émeutes ne cessent que le 29 mars, après plusieurs jours de violences[103]. La répression judiciaire est particulièrement sévère[Note 13] : de nombreux ouvriers sont condamnés ou contraints à l’exil. Arcq souligne qu’une partie d’entre eux émigre vers les États‑Unis, où ils fondent de nouvelles verreries qui deviendront, avec le temps, concurrentes de l’industrie belge. Jumet constitue l’un des principaux foyers de cette émigration. Les événements de 1886 marquent durablement la mémoire ouvrière et influencent l’évolution des mouvements sociaux en Belgique[103].

Au XIXe siècle, la Wallonie est frappée par une crise économique qui touche simultanément l’industrie et l’agriculture. La baisse des salaires, l’augmentation du coût de la vie et les épidémies agricoles poussent de nombreux ouvriers, en particulier des verriers, à émigrer vers les États‑Unis, où les rémunérations sont nettement plus élevées. Selon Robert Arcq, l’exode s’intensifie dès le milieu du siècle : plusieurs centaines de familles wallonnes, dont plus de deux cents originaires de Jumet, s’établissent principalement au Wisconsin et en Pennsylvanie[104]. Le long de la ligne PittsburghGreensburg, une communauté verrière se forme autour d’une usine fondée par l’industriel américain H. S. Mackee. La localité, d’abord surnommée New‑Jumet, reçoit en 1888 le nom de Jeannette, en hommage à l’épouse jumétoise du fondateur, devenu maire. Arcq souligne que cette immigration se poursuit jusqu’au début du XXe siècle et laisse une empreinte durable dans la région : de nombreux habitants portent encore des noms issus de familles jumétoises, témoignant de l’importance culturelle et onomastique de cette migration[105].

La chaussée de Bruxelles au début du XXe siècle.

Au niveau santé, le premier établissement hospitalier moderne de la commune fut la clinique privée du docteur Louis Dogniaux, ouverte en 1892 à Heigne. Selon Pierre Arcq, en 1902, l’établissement connut une première extension avec la construction d’un bâtiment supplémentaire portant sa capacité à environ 130 lits[Note 14]. En 1909, Dogniaux fit édifier, à la rue du Masy, un hôtel-dieu destiné à l’accueil des patients indigents. Parallèlement à ces initiatives privées, les notables locaux organisèrent, dès le début du XXe siècle, diverses manifestations populaires afin de financer la création d’un hôpital civil. Selon l'historien, ce projet aboutit en 1911 avec l’inauguration d’un hôpital-sanatorium, construit sans subvention publique et considéré comme l’un des établissements les plus modernes de la région. Devenu obsolète après un demi‑siècle d’activité, l’hôpital fut désaffecté et remplacé en 1968 par une nouvelle clinique située rue de Gosselies. Cette dernière, à son tour dépassée par l’évolution des techniques médicales et pénalisée par sa proximité avec l’aéroport, fut abandonnée au profit de la Polyclinique de la Madeleine, implantée rue de Borfilet, puis démolie en 2006[106].

Le monument du MNB à son chef Émile Ruiters et à tous ses morts. Œuvre d'Alphonse Darville.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la localité de Jumet joua un rôle notable dans l’organisation de la résistance en province de Hainaut. Selon Pierre Arcq, dès 1941, elle devint l’un des foyers du Mouvement National Belge, au sein duquel fut établi le Grand état-major provincial. Les membres du MNB, activement pourchassés par les autorités d’occupation allemandes, subirent de lourdes pertes : dans la seule province de Hainaut, 119 résistants affiliés au mouvement furent tués[107]. Un monument commémoratif fut inauguré le dans la rue Ledoux afin d’honorer ces victimes. Le médaillon qui l’orne représente Émile Ruiters, chef provincial du MNB pour le Hainaut et ses extensions. Avec Albert Losa, originaire de Lodelinsart, il participa à la structuration du réseau résistant dans la région de Charleroi. Arrêté le , Ruiters mourut en captivité au camp de Gross-Rosen, en Allemagne, le [107]. Sous l'occupation allemande, Jumet a été intégrée dans le Grand Charleroi, elle fessait partie alors du District III de 1942 à 1944. En 1944, dans le cadre des opérations préparatoires au débarquement allié, l’aviation américaine intensifia ses bombardements sur les infrastructures de communication. Selon Pierre Arcq, le , un raid visant la gare de formation de Monceau manqua sa cible et frappa plusieurs rues de Jumet, notamment les rues des Aiselies, Anseele, Masure et de la Madeleine. Arcq souligne que la rue Masure fut particulièrement touchée : environ une centaine d’habitations furent détruites, causant 52 morts et plus de 60 blessés graves. Un monument dédié aux victimes fut ultérieurement érigé devant l’école de la rue Anseele[108]. Le , les troupes américaines traversèrent Jumet en empruntant la chaussée, poursuivant l’armée allemande en retraite lors de la libération de la région[109]. Après la guerre, l'émergence de nouvelles sources d'énergies, de nombreux charbonnages ferment leurs portes. C'est le cas des puits Saint-Louis et Saint-Quentin en 1967[110][111], Chaumonceau en 1957[112], Belle-Vue en 1961[113] et Hamendes en 1960[114]. En 1977, la commune de Jumet a été fusionnée avec Charleroi. En 1997, la verrerie Verlipack anciennement Verrerie de la Coupe a fermée définitivement ses portes ce qui marquera la fin de toutes activités verrière dans la commune[115].

Armoiries

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Blason de Jumet.
Blasonnement : D'azur à deux clés d'or posées en sautoir[116].



Politique et administration

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Liste des bourgmestres de 1830 à 1976

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Le dernier bourgmestre de la période hollandaise est Auguste Puissant. Viennent ensuite :

  1. Auguste Frison (1795-1870) philanthrope et franc-maçon, bourgmestre de 1830 à 1857.
  2. Clément Tahon (1828-1877) avocat catholique, bourgmestre de 1857 à 1864, issu de la famille qui a exploité le moulin à vent du lieu-dit Bellevue qui a servi de poste d'observation aux armées françaises lors de la bataille de Fleurus (le ballon de Fleurus).
  3. Léopold Jacqmain (1813-1898), notaire libéral, bourgmestre de 1864 à 1877.
  4. Jean-Baptiste Ledoux (1835-1917), philanthrope franc-maçon libéral et anticlérical, bourgmestre de 1877 à 1912, à l'origine de la construction d'un orphelinat et de la maison de retraite pour personnes âgées.
  5. Joseph Lauwers (1867-1933), avocat libéral, bourgmestre de 1912 à 1919 (démissionnaire le ). François Dewiest fera fonction de bourgmestre en 1919 et 1920.
  6. Jules-Maximilien Francq (1860-1933), commerçant et dirigeant d'une petite entreprise, libre-penseur et franc-maçon anticlérical, bourgmestre de 1920 à 1922, démissionnaire de cette fonction le .
  7. Aimable-Pierre-François Dewiest (1864-1943), agent d'assurances, bourgmestre socialiste de 1922 au , date de l'incorporation de Jumet dans le Grand Charleroi ; pour raison de santé, il est remplacé le par Auguste Delvaux, bourgmestre faisant fonction.
  8. Auguste Delvaux (1875-1951), ouvrier verrier étendeur, bourgmestre socialiste de 1944 à 1951.
  9. Marceau Remson (1900-1978), employé, bourgmestre socialiste de 1951 à 1964.
  10. Jean Deterville (1923), docteur en droit, bourgmestre socialiste de 1965 à 1970.
  11. Raymond Payen (1923-1997), chef d'entreprise, bourgmestre social-chrétien de 1971 à 1976[117].

Patrimoine et culture

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Patrimoine civil

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Théâtre Le Varia

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Le Varia.

Construit en 1913 par l'architecte E. Claes, sa façade Art nouveau en béton témoigne d'un certain modernisme éclectique avec des emprunts de modern-style. Bâtiment désaffecté en 1986 puis classé en 1992[118],[119].

Maison communale

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Située sur la place du Chef-Lieu, c'est le plus ancien Hôtel de Ville conservé dans l'entité de Charleroi.

C'est un édifice néo-classique construit entre 1825 et 1827 d'après les plans de l'architecte Jean Kuypers, qui deviendra plus tard l'architecte de la ville de Charleroi où il sera l'auteur du Palais de Justice de la place de la Ville Haute et de l'église Saint-Antoine à la Ville Basse[120].

Façade enduite alignant des fenêtres rectangulaires sur deux niveaux marqués par des bandeaux. Travées d'entrée en saillie, ouvertes au rez-de-chaussée par une triple arcade en plein cintre, surmontées d'un étage supplémentaire percé d'une fenêtre en demi-lune. À droite, petit corps contemporain, traité de la même manière, avec au rez-de-chaussée une travée serlienne[121].

Le château Mondron

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Le château Mondron.

La construction du château Mondron, sans doute le plus remarquable des châteaux d'industrie de la région, débute en 1881 à l'instigation de l'industriel Valentin Lambert (1810-1886) qui jouera un rôle considérable dans le développement de la verrerie à vitres. Géré par l'ASBL Saint-Lambert-Mondron, il se prête à la location de salles dans un cadre d'espaces verts aménagés. Le château est le point de chute de la marche Sainte-Rita de Jumet-Hamendes[122]. Une église fut ajoutée en 1929 à la suite de la demande des héritiers des familles Mondron et Lambert sous la dédicace de Saint-Lambert[122].

Monuments commémoratifs

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Monument aux morts de Jumet
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Le monument aux morts.

Il est situé rue de la Station, il a été inauguré le . En 1919, des fonds ont été récoltés ainsi qu'un comité qui a été formé pour l'élever[123]. Ce monument est l'œuvre du sculpteur Weygers. Selon Pierre Arcq, la statue du « Semeur de la Paix » a été placée en remplacement d'une lanterne électrique qui surmontait le monument[124]. Après la Seconde Guerre mondiale, le monument fut complété des noms des 139 victimes militaires et civils et une urne en bronze est ajoutée où se trouve la « flamme du souvenir »[123].

Le Ballon de l'an II
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Le Ballon de l'an II, sculpture sur la place du Ballon.

Cette œuvre de l'artiste Giuseppe Miggiano est exposée au carrefour de la place du Ballon[Note 15]. Elle commémore le passage à cet endroit, le 24 juin 1794, d'un ballon à hydrogène transporté depuis Maubeuge, pour observer les mouvements des coalisés avant et pendant la bataille de Fleurus en 1794 (An II de la première république)[125].

Autres monuments commémoratifs
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Parmi les monuments et plaques de commémorations qui se trouvent sur le territoire de Jumet on note notamment :

  • une stèle dédiée à Robert Arcq, écrivain et historien à côté de la chapelle de Heigne ;
  • deux plaques qui commémorent les 600e et 652e du Tour de la Madeleine situées à l'entrée de la place Jules Francq ;
  • un monument aux victimes des bombardements du quartier Saint-Roch, située devant l'école communale de Heigne, rue Anseele[126];
  • l'arbre du centenaire de l'indépendance de la Belgique a été planté en 1930 derrière le monument aux morts, rue de la Station[124];
  • une stèle qui commémore le jumelage de Jumet avec Saint-Junien, situé derrière le monument aux morts[127];
  • une statue d'un mamelouk, édifiée en 1999 sur un rond-point dans le quartier de la Malavée ;
  • un buste à l'effigie d'Orsini Dewerpe, enseignant, auteur-compositeur et musicien, installé devant l'athénée du même nom ;
  • le monument en mémoire du Mouvement National Belge, installé en novembre 1947 à la rue Ledoux[107];
  • un monument aux victimes des deux guerres situé dans le cimetière du Chef-Lieu ;
  • deux plaques commémoratives dédiées aux volontaire de 1830 et aux Jumétois morts au Congo, imposées dans l'ancienne maison communale ;
  • un monument dédié aux 241 victimes de la Serna[128][129], élevé dans le zoning de Jumet.

Patrimoine religieux

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La chapelle Notre-Dame de Heigne.
L'église Saint-Sulpice.

La chapelle Notre-Dame de Heigne

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La chapelle Notre-Dame de Heigne est un édifice religieux classé de style roman datant du XIIe siècle, ayant subi des transformations aux XVIIe et XVIIIe siècles[14]. C'était un lieu de pèlerinage relativement important dépendant du prieuré de Heigne, fondé en 1231[130] et situé à Jumet, prieuré dépendant de l'abbaye de Lobbes[131]. En 1937, des fouilles sont effectuées par l'architecte Simon Brigode auxquelles succèdent une restauration de l'édifice.

La chapelle Notre-Dame des Affligés

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La chapelle Notre-Dame des Affligés de Jumet, classée en 1980, est un lieu de pèlerinage connu depuis le XVIe siècle. La chapelle actuelle fut construite en 1677 et agrandie en 1707[132].

L'église Saint-Sulpice

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L'église Saint-Sulpice de Jumet a des origines très anciennes. Les traces matérielles les plus anciennes d'un édifice religieux à cet endroit datent du Xe siècle. Trois églises précédant la construction actuelle sont identifiées lors de fouilles effectuées en 1967. De style classique, le bâtiment actuel est érigé entre 1750 et 1753 par un architecte anonyme. L'église de brique et pierre calcaire est très homogène. Elle est classée depuis 1949 au patrimoine culturel[133].

L'église de l'Immaculée Conception

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L'église de l'Immaculée Conception.

« L'église de Gohyssart à Jumet, intéressant témoignage de l'art religieux du XIXe siècle (Introduction de Luc-Francis Genicot)[134] », est une église de style néo-roman (1863-1866), consacrée le , édifiée d'après les plans de l'architecte tournaisien Justin Bruyenne (1811-1896) « dans l'effervescence exaltée d'une région en pleine révolution industrielle et en proie à une transformation sociale profonde et irréversible (préface de Jean-Pierre De Clercq)[135] », près du chemin où est passé le ballon L'Entreprenant, en 1794, et où circule le charroi transportant la production houillère de la fosse Saint Louis (rue du Pont Bergerand) et de la Fosse du Ballon (ou fosse Cense) voisine vers le pavé Puissant (rue Puissant) et la chaussée de Bruxelles. Elle est proche aussi de la fosse Amercœur dite Fosse Notre-Dame-au-Bois dont le potentiel de la production nécessite l'importation d'une main-d'œuvre très importante que l'Église catholique veut garder dans son giron.

L'église Saint-Joseph

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L'église Saint-Joseph.

À la fin du XIXe siècle, le hameau de Houbois, autrefois dispersé dans la campagne, connaît une croissance démographique liée à l’industrialisation et à l’arrivée d’ouvriers verriers et mineurs[136]. Situé à plus de trois kilomètres du centre de Jumet, le quartier obtient en 1868 l’autorisation d’ériger une chapelle dépendante de la paroisse Saint‑Sulpice[137]. En 1869, le curé André acquiert un terrain de 74 ares auprès de Mlle Daubresse, moyennant une rente viagère et certaines obligations religieuses[136]. Robert Arcq souligne que le chantier, rapidement confronté à un manque de moyens, doit être réduit : les plans déposés en 1876 par l’architecte Cador sont simplifiés, la tour, les tourelles et deux travées étant supprimées[Note 16], ne laissant que des fondations inachevées sous l’actuelle place[136].

Malgré les souscriptions, les dons et les subsides, la Fabrique d’église reste en difficulté financière. L’adjudication est attribuée en 1877 aux entrepreneurs Lombard et Léon, et l’édifice est progressivement achevé entre 1879 et 1881, non sans incidents, dont la destruction des vitraux peu après leur installation[136]. L’église est terminée en 1880, mais les dettes persistent. Arcq rappelle que la Fabrique ne respecte pas les conditions du don du terrain, qui imposaient la préservation d’un espace planté d’arbres : une partie est utilisée pour construire l’école des Sœurs. Houbois devient une paroisse autonome le , sous le vocable de Saint‑Joseph[138]. Le curé André, décédé en 1887, ne voit pas l’aboutissement de son projet[139].

L'église du Sacré-Cœur

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L'église du Sacré-Cœur, selon Robert Arcq l'un des premiers édifices religieux à être construit en béton armé[25].

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, le Try‑Charly demeure un hameau peu développé, composé de quelques habitations modestes dont certains exemples subsistent rue du Bay. Son essor débute avec le percement de la ligne du Grand Central et l’installation d’une gare à la Brûlotte, ainsi qu’avec l’expansion de l’industrie verrière, qui transforme progressivement le quartier en l’un des pôles urbains majeurs de Jumet[140]. L’augmentation de la population rend nécessaire la création d’un lieu de culte de proximité. Une ancienne Maison du Peuple, construite vers 1892 rue Vandervelde et vendue en 1905[25], est achetée par des vicaires et aménagée en chapelle provisoire, reconnue par arrêté royal du comme dépendance de la paroisse Saint‑Sulpice. Robert Arcq souligne que cette première installation religieuse accompagne la structuration du quartier à la veille du XXe siècle[140].

La construction d’une église définitive s’impose rapidement. En 1920, les terrains de l’ancienne savonnerie Frère, rue du Bay, sont acquis pour cet usage. L’édifice est bâti en 1922 selon une technique rapide mêlant béton armé et briques, et achevé au début de 1923 ; la cloche est bénie le 17 mai et l’église consacrée le 28 mai[141]. Des travaux de toiture doivent être entrepris en 1929 en raison d’infiltrations. La chapelle provisoire est aliénée en 1924 et redevient habitation privée[141]. Le , la création d’une paroisse propre au quartier est jugée opportune ; le 22 juin, l’évêque Carton de Wiart érige la paroisse du Sacré‑Cœur, détachée de Saint‑Sulpice, décision confirmée par arrêté royal du 19 septembre 1946. Le Try‑Charly devient ainsi la quatrième paroisse de Jumet, étape que Arcq considère comme l’aboutissement de son développement urbain[141]. L'église du Try-Charly dont l'architecture et similaire à celle de Genval dans le Brabant-Wallon[142].

La chapelle Notre-Dame-au-Bois

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La chapelle Notre-Dame-au-Bois.

Chapelle de style baroque tardif construite une première fois en 1757 pour commémorer des événements miraculeux, démontée et reconstruite en retrait de la route par Clément Bivort en 1855. La chapelle est un lieu de pèlerinage[143].

Construit en brique et pierre calcaire sur un plan rectangulaire, l'édifice, monté sur un petit soubassement appareillé et cantonné de pilastres de briques, se termine par un chevet semi-circulaire aveugle. En façade, entre deux harpes d'angle, porte à encadrement calcaire à crossettes surmontée d'un entablement à fronton semi-circulaire portant le chronogramme « Vierge Marie/Danc Ce boIs/eXaVCe/nos VoeVX » (1741).

Large cordon larmier se prolongeant latéralement en corniche. Pignon en forme de fronton en plein cintre bordé de pierre et flanqué de volutes. Deux registres séparés par un cordon, comportant l'un, un second chronogramme « Mère De grâCe InfInIe/reCeVez/toVs nos VoeVX » (1733), l'autre, une niche en plein cintre à encadrement calcaire.

Dans les faces latérales, une grande fenêtre à encadrement calcaire avec arc en anse de panier à lourds claveaux et montants harpés. Corniche de pierre en cavet. Toiture d'ardoises en carène, sommée à l'avant d'un clocheton à petit toit en bulbe[144].

Autres lieux de cultes jumétois

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Le temple protestant de Gohyssart, faisant partie de l'Église Unie de Belgique.

Parmi le petit patrimoine religieux et d'autres lieux de culte qui existe actuellement ou qui on disparues qui se trouve sur le territoire de Jumet on note notamment :

  • le temple protestant, il est situé rue Dewiest à Gohyssart et il a été inaugurée le [145];
  • la potale dédiée à Saint-Hubert[146]. Datant du XVIIIe siècle, elle se situait avant encastrée dans le mur qui longe l'ancienne propriété du charbonnage d'Amercœur, qui était située en face du cimetière de Gohyssart, elle a été déplacée à côté de la chapelle Notre-Dame du Bois[147];
  • la chapelle Saint-Roch, située rue Anseele[148], une première chapelle fut construite en 1714 mais elle fut détruite pendant la Seconde Guerre mondiale et elle fut reconstruite en 1951[29];
  • la chapelle Notre-Dame de Beauraing, située rue Puissant ;
  • la chapelle Notre-Dame de Fatima, située dans rue de la Station. Elle remplace une chapelle édifiée en 1848, l'actuelle date de 1953 ;
  • la chapelle Saint-Ghislain, située rue Derbèque, elle fut construite au XVIIIe siècle mais elle fut détruite[149][28];
  • la chapelle Notre-Dame de la Consolation, elle se situe rue de la Consolation. Elle date du XVIIIe siècle[150];
  • la chapelle Notre-Dame de Tongre, situé place de Tongre, elle avait été bâtie en 1660[151] mais elle fut détruite en 1903[152] pour dégager la place[153];
  • la chapelle Notre-Dame de Bonsecours, elle était située dans le quartier du Try-Charly, au coin des rues Biernaux et de la Station. À la suite de la rectification de la rue, elle fut démolie en 1907[154];
  • la chapelle Saint-Antoine, elle fut édifiée au coin de la place du Ballon et de la rue César De Paepe mais elle fut démolie à la fin du XIXe siècle[154];
  • un calvaire avait été édifiée au lieu-dit du Fond Sacrot, au coin des rues de l'Industrie et Jeannette (anciennement rue Paul Pastur). Elle fut démolie avant le Seconde Guerre mondiale puit reconstruite sur un pignon d'une maison[155] mais elle fut détruite lors de la construction d'un garage en 1983[156].

Patrimoine immatériel

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Tour de la Madeleine

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Statue du Mamelouk, installée en 1999.

Jumet c'est aussi le Tour de la Madeleine, qui est à la fois une procession religieuse et une marche folklorique, où plusieurs milliers de figurants défilent le dimanche le plus proche du 22 juillet, fête de Sainte Marie-Madeleine.

Marche Sainte Rita de Jumet-Hamendes

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Depuis 2001, une marche folklorique, en l'honneur de Sainte Rita se déroule dans le quartier de Jumet-Hamendes. La rentrée et les temps forts de cette marche s’articulent autour du Château Mondron. Elle a lieu chaque année le deuxième dimanche de septembre[157].

Culture locale

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Depuis 1980, Jumet a sa propre radio locale intitulée J600 (J pour Jumet et 600 parce que créée pour le 600e anniversaire du Tour de la Madeleine). Elle émet chaque jour en fréquence modulée 106.1.

Cette radio, dont les émissions sont animées par des bénévoles, émet depuis le quartier de Heigne. Lors des festivités du Tour de la Madeleine, elle en retransmet les événements les plus marquants.

Bibliothèque publique

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Le réseau des bibliothèques publiques de Charleroi dispose de la bibliothèque filiale « La Madeleine », rue Ledoux, 23A, dans le quartier de la Station[158].

Carnaval

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Le carnaval du Ballon, fondé en 2019, ce carnaval se déroule dans le quartier de Gohyssart dont il est animé par des gilles et des costumés[159].

Loisirs

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Promenades vertes

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RAVeL 1

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La section de Jumet est sillonnée d'Ouest en Est par l'assiette des anciennes lignes de chemins de fer 119 (Châtelineau)-Châtelet-Luttre-(Pont-à-Celles) et 121 Roux-Lambusart, reconverti en itinéraire réservé aux piétons, cyclistes, personnes à mobilité réduite et aux cavaliers, et nommé réseau RAVeL 1.

Parc de la Serna

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Parc de la Serna.

Le domaine est acquis en 1677 par la famille espagnole de la Serna qui s'en sépare en 1960. Le château est rasé en 1970 pour permettre le développement de la zone industrielle de Jumet, mais le parc appartient à la Ville de Charleroi et est ouvert au public. Seize hectares de bois maintenus dans un état semi-sauvage et propices aux promenades. Les promenades de printemps y sont particulièrement fleuries[128].

Parc Bivort

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Le patron-verrier Henry-Joseph Bivort (1809-1880) était le frère de Clément, directeur des charbonnages d'Amercœur et administrateur de nombreuses sociétés. En 1868, il fait construire une vaste maison bourgeoise dans sa propriété de la Bruhaute et y aménage un parc. Le château est aujourd'hui rasé, mais le parc est ouvert au public. Il répond aux règles paysagères anglaises par sa longue drève de marronniers centenaires. Une pièce d'eau en forme de goutte agrémente le centre du site où sont plantés de nombreux arbres rares et remarquables[160].

Parc Sadin

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Situé chaussée de Bruxelles et à la rue Rogier. Sadin était le nom du directeur de la Société anonyme des Verreries nationale qui étaient situé à la chaussée de Bruxelles. En 1892, elle est absorbée par la Société anonyme des Verreries de Jumet[161].

Enseignement

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Primaires

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Communales

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L'Athénée royal Orsini Dewerpe.

Au niveau de l'enseignement communale, Jumet possède[162]: École de Heigne, rue Édouard Anseele ; École de Gohyssart, rue Dewiest ; École Robert Arcq, rue Vandeweyer ; École du Trî Charly, rue Surlet ; École du Brûlin, rue du Brûlin ; École de Houbois, chaussée de Gilly et École des Hamandes, rue François Deterville.

Au niveau de l'enseignement libre, Jumet possède[163]: Centre scolaire Catholique Saint-Joseph-Notre-Dame, section primaire, rue du Chaumonceau ; École fondamentale libre Saint-Joseph Heigne, rue Derbèque ; Institut Saint-Joseph, rue Émile Strimelle ; École fondamentale libre Notre-Dame, rue Auguste Frison et son implantation à la rue Saint-Ghislain ; École fondamentale Saint-Joseph, rue Egmont ; Athénée royale Orsini Dewerpe section maternelle et primaire (Le Petit Orsini) faisant partie de l'Athénée royale de Jumet Orsini Dewerpe, rue Puissant.

Secondaires

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Au niveau secondaire on trouve à Jumet[163]: Athénée royale Orsini Dewerpe, rue Jean-Baptiste Ledoux ; Centre scolaire Catholique Saint-Joseph-Notre-Dame, section secondaire, rue Émile Strimelle.

Économie

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L’économie actuelle de Jumet, intégrée à la dynamique plus large de Charleroi et de la Wallonie, se caractérise par une structure tertiarisée, une base industrielle résiliente mais fragilisée, et une population stable autour de 24 865 habitants en 2024[164]. Jumet participe à un tissu économique régional marqué par un ralentissement conjoncturel, une résilience des entreprises et une pression accrue sur les coûts énergétiques, trois traits mis en évidence par les analyses économiques wallonnes de 2025‑2026. Les entreprises locales, comme l’ensemble du bassin carolorégien, sont exposées aux tensions internationales, notamment les conflits au Moyen‑Orient, qui affectent les chaînes logistiques, les prix de l’énergie et les marges industrielles[165].

Le secteur industriel, historiquement central à Jumet, demeure présent dans l’économie régionale, mais il évolue dans un contexte de hausse durable des coûts énergétiques et de report d’investissements. Les prévisions indiquent que les prix du pétrole et du gaz resteront durablement supérieurs à leur niveau d’avant‑crise, ce qui pèse sur les activités manufacturières et sur les perspectives de financement des entreprises[166]. Cette situation s’inscrit dans une tendance belge plus large où l’industrie a connu un repli notable, avec une baisse de 14,8 % de la production manufacturière en glissement annuel au deuxième trimestre 2025, tandis que les services demeurent le principal moteur de croissance nationale[167].

À l’échelle wallonne, dont Jumet reflète les dynamiques locales, les indicateurs conjoncturels montrent une dégradation du marché intérieur, une confiance des consommateurs en recul et des perspectives d’investissement redevenues négatives pour la première fois depuis 2022. Les entreprises signalent un impact direct sur leurs carnets de commandes et leurs marges, tandis que l’incertitude fiscale notamment autour de la taxe sur la force motrice et du précompte immobilier sur le matériel a envoyé un signal défavorable aux investissements productifs[165]. Malgré cela, la région conserve des points d’appui, en particulier la résilience des exportations et la capacité d’adaptation des entreprises, éléments qui bénéficient indirectement aux sous‑entités comme Jumet[166].

La population de Jumet, stable depuis plus d’une décennie, témoigne d’une lente croissance démographique (+166 habitants entre 2011 et 2024), ce qui contribue à maintenir une base de consommation locale sans expansion rapide. Cette stabilité démographique s’inscrit dans un contexte où la demande intérieure wallonne reste fragile, les ménages étant affectés par l’inflation et la normalisation progressive des aides énergétiques[164],[167].

Tissu économique actuel à Jumet

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L’économie actuelle de Jumet, intégrée au tissu urbain de Charleroi, se caractérise par une structure tertiaire dominante, soutenue par un zoning industriel actif où subsistent des pôles de production, de logistique et de services techniques. Le Zoning de Jumet, situé autour de l’Allée Centrale et des Premières et Deuxièmes Rues, concentre aujourd’hui une série d’entreprises qui illustrent la transition économique wallonne : maintien d’activités industrielles spécialisées, montée des services aux entreprises, et diversification vers des ateliers techniques à haute valeur ajoutée. Parmi les acteurs industriels encore présents, Hitachi Energy Belgium occupe une place notable dans la fabrication d’équipements électriques, confirmant la persistance d’un savoir‑faire technique dans la région[168]. Le secteur métallurgique est représenté par Gerico Industry, spécialisé dans la transformation du métal, témoignant de la continuité des activités de production malgré leur réduction par rapport au passé verrier et sidérurgique de Jumet[169]. Des ateliers d’usinage comme PlastiService Charleroi montrent l’évolution vers des micro‑structures industrielles flexibles, orientées vers la sous‑traitance et les petites séries techniques[170].

Le tissu économique local s’appuie également sur des entreprises de services, essentielles dans une économie tertiarisée. Atelier Cambier asbl, actif dans les services aux entreprises, illustre cette montée en puissance des structures de soutien administratif, logistique ou social[171]. Le Ceres Group Business Center, centre d’affaires, reflète l’importance croissante des espaces de bureaux mutualisés et de l’accompagnement entrepreneurial dans la région[172]. À cela s’ajoutent des entreprises de construction comme XLG Charleroi, qui participent à la dynamique de rénovation urbaine et industrielle du bassin carolorégien[173]. Le commerce technique reste présent, notamment via Tasiaux Jumet, magasin de matériel électrique, qui s’inscrit dans la continuité des activités artisanales et industrielles locales[170]. Enfin, des ateliers spécialisés tels qu’EMAC Belgium, actif dans la menuiserie, montrent la persistance d’un artisanat industriel modernisé, intégré aux chaînes de construction et d’aménagement[174]. Dans l’ensemble, l’économie jumetoise actuelle se caractérise par une diversification maîtrisée : un noyau industriel réduit mais stable, une montée des services aux entreprises, et une constellation d’ateliers techniques qui perpétuent le savoir‑faire manufacturier local. Cette configuration reflète les tendances observées dans l’ensemble de la Wallonie, où les anciens bassins industriels se recomposent autour de petites et moyennes entreprises spécialisées, de centres de services et d’activités tertiaires, tout en conservant une identité productive héritée de leur histoire.

Industries de l'époque

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Industrie verrière du XVIIe siècle au XXe siècle

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Grandes consommatrices d'énergie, les verreries ont contribué au développement de l'extraction charbonnière. Au cœur des gisements miniers, Jumet est pionnière puisque la famille de Colnet - lignée de gentilshommes verriers - y construit la première fournaise (four) en 1621, dans le bois du Sart, aux Hamendes. Ils trouvent sur place les matières premières, le bois de chauffe et la potasse (en provenance de cendres de bois ou de végétaux tels la fougère) nécessaires à la fabrication du verre. La verrerie produit surtout du verre à vitres « en plat » et des petits objets en verre commun (petits récipients, fioles, etc).

C'est à Jumet que l'industrie verrière semble avoir été le plus anciennement pratiquée dans la région carolorégienne. Les de Colnet avaient importé leur savoir-faire de Thiérache, où ils avaient déjà exploité, dès le XIVe siècle, des fours dont le verre était soufflé selon les deux techniques de l'époque :

  • le soufflage en manchons (introduit à Jumet en 1727)[3]:
    • travail du soufflage destiné à façonner un cylindre de verre ;
    • travail de l'étendage qui permet la transformation du cylindre froid en une feuille de verre plat, en le fendant sur sa longueur et en le déployant avec des tenailles.
  • le soufflage en plateau : les disques de verre ou cives sont obtenus grâce à la force centrifuge et par l'ouverture d'une bulle de verre. Il n'apparaît qu'au XIVe siècle et est abandonné au milieu du XVIIIe siècle.

Vers 1650, d'autres verriers expérimentés arrivent à Jumet :

  • Engagé dans une verrerie liégeoise en 1650, Martin Falleur (1620-1685) s'installe à Jumet où il développe son art. Il est originaire de la Forêt-Noire.
  • Jean de Condé, issu d'une famille lorraine, épouse en 1654 Marie de Colnet, nièce de Jean de Colnet, maître verrier à la verrerie des Hamendes. Leur fille Marie de Condé (1656-1741) épousera en 1680 Gédéon Desandrouin (1640-1735), maitre verrier dans le Clermontois, arrivé en 1667 après la prise de la forteresse de Charleroi par les armées de Louis XIV[175].

Avant celle du verre à vitres, la production de bouteilles prend un développement important dès le milieu du XVIIe siècle, la famille Falleur s'y distingue.

Au XVIIIe siècle, l'arrivée de verriers allemands dans la région de Charleroi - surtout le périmètre limité de Lodelinsart, Gilly, Dampremy, Charleroi et Jumet - va donner un élan capital à l'industrie verrière. En effet, ceux-ci étaient passés maîtres dans le procédé de soufflage en canons. Leurs noms méritent d'être cités : Jean Gaspar Müller, Jean Ulric Greiner, Jean Georges Reinhardt, trois souffleurs originaires de Sarre - arrivés en 1726 - et Melchior Andries et Jean Engelhardt - arrivés en 1729 - pour la production de verre plat, Joseph Schmidt, Balthasar Andries et Jean Andries arrivés en 1734, enfin Philippe Amrhein et Jean Gaspar Weygant arrivés en 1740.

En 1763, quatre verreries existent à Jumet et emploient quarante-cinq ouvriers dont treize souffleurs. Elles sont exploitées respectivement par les familles Falleur, de Dorlodot, de Condé et de Colnet. Avec Charleroi, et grâce au savoir-faire des verriers allemands, Jumet est la plus importante commune verrière des Pays-Bas autrichiens. La production consiste essentiellement en feuilles de vitrage ordinaire de teinte légèrement verdâtre, dont les verreries ont le monopole dans les Pays-Bas autrichiens et la Principauté de Liège.

Plus d’une centaine de verreries différentes ont cohabité ou se sont succédé en l'espace d'un siècle dans le périmètre limité de Lodelinsart, Gilly, Dampremy, Charleroi et Jumet + Roux[Note 17].

Après la révolution française (1794), d'autres industriels apparaissent : les Ledoux installent deux nouvelles fabriques, qui produiront du verre à vitres blanc en recourant à la soude artificielle. Les Drion et les Houtart reprennent les verreries exploitées précédemment par les de Colnet et les de Dorlodot.

Après l'indépendance belge, en 1834, Jumet est la commune qui groupe le plus d'établissements verriers, soit sept sur les dix-huit que compte la région de Charleroi où se trouve concentrée la quasi-totalité de la production belge de verres à vitres et à bouteilles.

En 1836 se constitue la société anonyme « Manufactures de glaces, verre à vitre, cristaux et gobeleterie » qui reprend notamment deux verreries jumétoises appartenant respectivement aux familles Drion et Houtart. Une autre société anonyme, la « Société de Charleroy pour la fabrication du verre et de la gobeleterie » est créée à Charleroi la même année, mais ne vécut qu'une dizaine d'années. L'objectif de ces sociétés était de réunir les capitaux nécessaires à un plus grand développement. Jusqu'en 1845, l'augmentation de la production ne se fera que par le développement des verreries existantes. Jusqu'en 1881, ce ne sont pas moins que treize nouveaux établissements qui seront érigés dans la commune. Les perfectionnements techniques, chauffage au gaz et surtout la mise au point au milieu des années 1880 des fours à bassins, dynamisent le secteur qui connaîtra une prospérité inégalée. Les ouvriers s'organisent en syndicats; si l'Union Verrière ne résiste pas aux multiples condamnations de ses membres après les émeutes de 1886, la Nouvelle Union Verrière d'Edmond Gilles prospéra dès 1894 auprès des ouvriers du verre chaud et le Syndicat des verriers magasiniers belges, dont le siège est situé à Jumet, auprès du verre froid. On estime qu'à la fin du XIXe siècle, la moitié de la main d'œuvre jumétoise était employée dans le secteur du verre. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, toute la production de bouteilles de Belgique était réalisée par trois verreries de Jumet. Ruinée par la concurrence allemande, elle était près de disparaître lorsque Léon Monnoyer, président des Verreries de Jumet, décida de consacrer un de ses sièges exclusivement à la fabrication de bouteilles. C'est ainsi qu'en 1911, cet établissement était le seul producteur belge de bouteilles, avec une production annuelle de 12 000 000 de pièces réalisées entièrement à la bouche grâce à des souffleurs venus d'Allemagne.

Avec le développement des machines, et notamment du procédé Fourcault d'étirage du verre, l'industrie verrière va être totalement bouleversée. L'ouvrier verrier devient un rouage dans le processus de fabrication. Les ouvriers spécialisés, souffleurs, étendeurs, coupeurs, jadis si fiers de leurs privilèges vont disparaître en quelques années. Peu avant la Première Guerre mondiale, la surface de verre à vitres produite est élevée : pour exemples, les verreries des Hamendes, dirigées par Louis Lambert et employant 1 400 personnes, produisent en 1912 plus de 5 000 000 m² de vitres, la Société anonyme des Verreries belges (ex-verreries Baudoux) produit 4 000 000 m² en employant 1 200 personnes[176].

En septembre 1930, les ultimes canons de la verrerie à vitres sont soufflés à la Verrerie de la Coupe de Jumet. C'est également en 1930 que les sociétés belges produisant du verre à vitres se regroupent au sein de l'Union des Verreries Mécaniques Belges (UVMB), en vue de réorganiser un secteur possédant des moyens de production pléthorique. De nombreuses installations, dont plusieurs jumétoises (notamment les Verreries du Centre), furent définitivement arrêtées. En 1961 est constituée la S.A.Glaverbel, par la fusion de l'UVMB et de la société Glaver. La verrerie des Hamendes assurera à elle seule toute la production belge de verre à vitres. Le secteur de la bouteillerie connaît lui aussi sa concentration lors de la création, en 1963, des Bouteilleries Belges Réunies, regroupant les trois principaux établissements belges, dont les verreries de la Coupe (Bennert et Bivort) à Jumet. Cédé ensuite à la S.A.Verlipack, l'établissement est définitivement fermé en 1997, mettant ainsi un point définitif à l'aventure du verre à Jumet[177].

Extraction houillère aux siècles passés

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Terril du charbonnage d'Amercœur au début du XXe siècle avec vue sur l'église de l'Immaculée-Conception.

La Charte de Jumet[178] de 1461 réglait déjà le partage de la houille extraite dans la commune de Jumet entre le seigneur et les habitants. Primitivement, l'extraction de la houille se pratique par effleurement et sur une petite échelle ou est effectuée soit par des carrières à ciel ouvert, soit par des galeries inclinées partant de la surface du sol et poursuivant sur une pente douce le déhouillement des veines en profondeur[179]. Ces systèmes d'exploitation sont en usage dans la région de Charleroi jusqu'au XVIIe siècle, époque où le pays de Charleroi commence à se peupler et à prendre de l'extension. Il faut attendre le recensement de 1768 pour que Jumet compte environ huit cents maisons[180] et un compte de l'abbaye de Lobbes des années 1698-1702 cite le chiffre de quarante veines données en bail, mais dont les trois quarts ne sont plus exploitées[181].

Démarches pour exploiter une veine de houille à Jumet au XVIIIe siècle
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Dans la principauté de Liège, pour se lancer dans l'exploitation d'une veine de charbon, il faut d'abord obtenir l'autorisation du propriétaire du sol. À Jumet, c'est l'abbé de Lobbes qui est le seigneur trèsfoncier et c'est lui qui va concéder les baux d'exploitation minière sous forme d'une autorisation qu'on appelle congé. En retour, le futur exploitant devra lui payer un « droit de terrage », une redevance minière seigneuriale qui peut s'acquitter soit sous la forme du « cens »[Note 18] par le paiement annuel d'une somme fixe ou de « l'entrecens » sous forme d'une redevance proportionnelle à l'importance de l'extraction. Néanmoins, le droit minier en principauté de Liège permet au propriétaire de la surface du sol d'exploiter sur son bien la terre-houille (mélange de terre et de houille) qui peut être ramassée en surface « au jet de pelle ». C'est donc bien pour l'exploitation de la houille tendre que le congé est nécessaire. L'exploitation est confiée au parçonnier, qui n'est pas nécessairement un houilleur de profession ; il peut être un travailleur agricole qui se livre à l'extraction du charbon quand les travaux des champs lui en laissent le temps. En général, il a du sous-sol une connaissance très précise car à Jumet les veines carbonifères s'enchevêtrent, se confondent ou se perdent.

Au milieu du XVIIIe siècle, l'exploitation des veines à faible profondeur touche à sa fin car les couches supérieures sont épuisées. Approfondir reste une solution, mais il faut disposer de moyens techniques performants pour faire face aux difficultés d'extraction et surtout, il faut pouvoir évacuer les eaux souterraines. Vers 1712, l'Anglais Thomas Newcomen a bien inventé une machine d'exhaure, mais ça représente un lourd investissement pour un petit parçonnier ; c'est pourquoi l'exploitation des veines carbonifères profondes sera dorénavant financée par des hommes assis sur un coussin financier confortable.

Volet technique de l'extraction en profondeur au XVIIIe siècle
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Dans l'exploitation d'une fosse, plusieurs fonctions doivent être assurées :

  • descendre et remonter les personnes qui y travaillent ;
  • ramener à la surface la houille extraite et transporter au fond le matériel destiné aux travaux et à l'entretien ;
  • épuiser les eaux souterraines et aérer les galeries ou conduits.

Ces conditions d'exploitation sont assurées par des puits ou bures et la profondeur à laquelle on descend est fonction de la capacité à renouveler l'air et épuiser les eaux : environ deux cents mètres.

  1. Le puits d'extraction : creusé par des avalleurs qui, au fur et à mesure de l'avancement des travaux garnissent les parois d'un revêtement pour éviter les éboulements. Au fond du puits, à côté de la bure, est disposée une vaste salle bien étançonnée d'où on charge la houille extraite ; c'est là que débouchent les galeries principales permettant aux hiercheurs d'amener les houilles extraites des tailles pour les évacuer au jour chargées dans des cuffats (cuves de bois pourvues d'une armature de fer). Le plus ancien de ces engins d'extraction est un simple treuil à bras appelé bourriquet.
  2. Le puits d'aérage : le problème de l'aérage reste le grand problème de l'approfondissement des fosses ; si dans une fosse de trente ou quarante mètres l'air se renouvelle naturellement, il n'en est plus de même à de plus grandes profondeurs où le grisou (gaz méthane) risque d'asphyxier les travailleurs et de provoquer des explosions. Toute la technique consiste donc à créer dans la fosse un courant d'air par l'enfoncement d'un nouveau puits dit puits ou bure d'aérage. En y ajoutant dehors une cheminée en briques, le tirage est considérablement amélioré.
  3. L'exhaure ou épuisement des eaux souterraines : là où le niveau d'exploitation est peu profond dans une exploitation proche d'une vallée - cas rare en l'occurrence - on place un conduit amenant en pente douce les eaux directement à l'extérieur. Pour toutes les autres exploitations, il faut amener les eaux des galeries au plus profond de la mine, dans un réservoir appelé bougnou, vidé la nuit (en dehors des heures d'extraction) à l'aide de petits tonneaux appelés tinnes remontés au jour pour y être vidés. Quand on commence à exploiter plus profondément, il faut épuiser avec une machine à feu du type Newcomen. En 1747, une machine d'exhaure installée dans la Cour Puissant (actuellement Allée verte) pompe les eaux du bougnou de la houillère de Notre-Dame-au-Bois de Jumet.
Le temps des investisseurs à Jumet
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Avec l'arrivée du grand capitalisme dans les exploitations, les années 1735-1740 marquent un tournant, car des hommes d'affaires, gros industriels soucieux de participer à la production d'un combustible nécessaire pour leurs autres entreprises, et des gens fortunés, riches propriétaires désireux d'y placer des fonds, vont investir de grosses sommes dans l'industrie houillère à Jumet : François-Louis Puissant et son fils François-Joseph, maîtres de forges à Charleroi, Simon Bivort, propriétaire d'une papeterie habitant Namur, Pierre-Joseph Renson, maître de forges habitant Dinant. En 1745, ces investisseurs vont obtenir du Sieur Abbé de Lobbes un bail consenti à la « Société Notre-Dame-au-Bois de Jumet » qu'ils viennent de créer[182].

Voies de communication
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Écouler la houille à un rythme soutenu auprès des consommateurs lointains implique le transport en toutes saisons. Au XVIIIe siècle, seule la route Bruxelles-Charleroi, pavée dès 1720-1721, répond à ce critère. Pour écouler sa production vers cette route, la « Société Notre-Dame-au-Bois de Jumet » trace une route pavée de grès (actuelle rue Puissant) depuis la Cour Puissant[183].

Plus tard, la production des puits sera aussi évacuée par :

Principaux puits houillers de Jumet au XXe siècle
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  • Société anonyme des charbonnages d'Amercœur, constituée en société anonyme le par plusieurs petites concessions, Notre Dame du Bois, Petite veine, Broce et Naye-à-Bois s'étendant sur 398 Ha. En 1929, la société emploie 1 673 ouvriers et produit annuellement plus de 300 000 tonnes de charbon maigre et demi-gras ; en 1955, elle n'en emploie plus que 743 et un an plus tard 167 :
    • Puits Belle-Vue à Jumet-Gohyssart, rue de Bayemont, abandonné en 1961 ;
    • Puits Naye-à-Bois (sur Roux dès 1819, fermé en 1959), site de la centrale électrique d'Amercœur ;
    • Puits de Chaumonceau en bordure de la rue Puissant, abandonné en 1960.
  • Société des charbonnages du Centre de Jumet constituée en société anonyme le par la réunion de plusieurs petites exploitations, le Bois d'Heigne et Cabinette[Note 19], la Caillette, la vallée du Piéton et le Grand Bordia[Note 20], le Bois de Presles et Trieu des Agneaux. En 1930, la société emploie 960 ouvriers, en 1956 elle occupe encore 792 ouvriers :
    • Puits Saint-Quentin, à Jumet-Heigne, rue de de la Croix Pouillon. Enfoncé en 1838 et abandonné en 1967[Note 21] ;
    • Saint-Louis[Note 22], quartier Bruhaute, rue du vigneron[Note 23]. Enfoncé en 1891 et abandonné en 1967[185].
  • Société anonyme des Charbonnages réunis de Charleroi :
    • Puits du Bois de Jumet, à Jumet-Hamendes, entre la rue de la Liberté et la rue des Hamendes. Fermé le [186],[187],[188].

Anciennes industries jumétoises

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Anciennes usines et ateliers
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Parmi les usines et ateliers qui s'étaient en activités à Jumet, on note notamment :

  • les Usines de Jumet, connues sous le nom d’ateliers Germeau, sont fondées au XIXe siècle par les frères Germeau, ingénieurs spécialisés dans la conception de chaudières industrielles. L’entreprise acquiert une réputation internationale grâce à la fabrication d’équipements destinés aux usines, aux exploitations minières et aux navires marchands. Selon Pierre Arcq, ces ateliers constituent l’un des pôles techniques majeurs de Jumet durant l’essor industriel de la région. Après leur fermeture, le site est repris par les usines Lecomte, qui y développent une production de matériaux réfractaires. Ces produits, destinés aux industries locales, notamment les verreries et les émailleries, prolongent l’activité industrielle du lieu tout en marquant une évolution vers des technologies adaptées aux hautes températures[189];
  • la Fonderie Wéry et fils se trouvait dans l'actuelle rue Dewiest, selon Pierre Arcq, elle fabriquait des pompes, robinets, lampes de mine[190].
  • la Poêlerie‑Émaillerie de Jumet, connue sous le nom Dehon‑Lefèbvre, est fondée en 1897 par François‑Joseph Dehon, qui ouvre d’abord un magasin de quincaillerie et de poêlerie rue Wattelar, à Heigne. Il développe ensuite une production d’appareils de chauffage en tôle émaillée sous la marque DLJ, créant de nombreux modèles qui contribuent à la réputation croissante de l’entreprise. Selon Pierre Arcq, la participation à la Foire commerciale de Bruxelles en 1931 constitue un tournant : le succès rencontré y assure à la poêlerie une notoriété nationale. En 1936, une nouvelle émaillerie est construite rue du Vigneron. Elle devient la seule émaillerie de Jumet et l’une des rares implantées en dehors de Gosselies, renforçant le rôle industriel du quartier. L’établissement poursuit ses activités jusqu’en 1977, année où il est cédé aux Établissements Jordan, marquant la fin de l’entreprise fondée par Dehon et l’ultime étape de son évolution dans le paysage industriel jumétois[191];
  • la savonnerie de la Rosace exploitée par la société Frère, qui s'était installée à la rue du Baÿ. Selon Pierre Arcq, en 1920, le site a été mis en vente et c'est sur ce site qui a été construite l'église du Sacré-Chœur[25];
  • les Régies des Eaux et l'Électricité, ont été la fierté de la commune. Selon Pierre Arcq, le Service de l'électricité a été créée par un référendum auprès des habitants en 1900. À la rue Biernaux, une première centrale fut inaugurée en 1901[192][193].
Les brasseries
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Site de l'ancienne brasserie de l'Union en 2019 avec la l'aile édifiée en 1946[194].

Parmi les brasseries et distilleries qui s'étaient en activités à Jumet, on note notamment :

  • la brasserie de l'Union, fondée en 1864, a produit jusqu'à 350.000 hl, en 1978[195],[196]. Cette brasserie fut fondée par Jean-Baptiste Biernaux et Léopold Deposson sous le nom de Brasserie de Jumet mais surnommée par les Jumétois « Brasserie Biernaux » puis plus tard selon Robert et Pierre Arcq sous le nom de l'Union, elle devient une des entreprises brassicoles de la région de Charleroi[197][198][199]. Elle est fermée en 2006 ;
  • la Brasserie de la Concorde, qui était située au coin des rues Sohier et de l'Industrie[200];
  • la Brasserie du Château d'eau, qui était située à la chaussée de Bruxelles[201];
  • la distillerie Firmin Piron-Cooremans qui était située rue Berteaux[202];
  • la Brasserie Piron-Duval qui était située à la chaussée de Bruxelles peut avant le carrefour de la rue Berteaux[202];
  • la brasserie des frères Coyette qui était située à la Mallavée, cette brasserie a été absorbée en 1952 par la Brasserie de l'Union[203]. Elle fut la plus importante de Jumet[204];
  • la Brasserie de la Madeleine, selon Pierre Arcq, elle a été fondée en 1892, était situé rue de l'institut Dogniaux par A. Tricot. Cette brasserie a été reprise par l'Union et les bâtiments furent transformés en magasin de vins et liqueurs sous le nom des Établissements vinicoles Côte d'Or[203];
  • la brasserie Quisenaire-Lavendy qui était située à la rue Bara au Try-Charly[205].

Service de santé

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Maison de repos

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Résidence Biernaux sprl, rue Maximilien Wattelart, Résidence Saint-Vincent, rue de Bayemont, Les Marronniers, maison de repos et de soins, rue Jules Wauters et Résidence Jules Bosse, rue de Gosselies, (faisant partie du CPAS de Charleroi).

Clinique

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Polyclinique de la Madeleine HUmani-CHU Charleroi-Chimay[206], rue de Borfilet.

Sports et vie associative

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Au niveau sportif, Jumet possède des clubs de : football : Royal Jumet Sport Club[207]; rugby : Black-Star Charleroi[208] ; tir à l'arc : Silver Star Charleroi ; hockey : Wolves Charleroi[209] ; basketball : Spirou Basket Jeunes ; tennis : RECT Jumet.

Infrastructures sportives

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Au niveau des infrastructures sportives dans la localité on trouve : un centre omnisports et deux terrains de football au sentier de l'Épée, courts de tennis de la RECT Jumet, rue de Jeannette, un centre de karting[210], rue de l'Alliance et le Centre Sportif de l'Arc-en-Ciel, place du Prieuré.

Vie associative

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Au cœur du secteur social, la Croix‑Rouge de Belgique, section Jumet occupe une place centrale. Installée chaussée de Gilly, elle assure des missions de solidarité allant de l’aide alimentaire aux actions de première ligne lors de situations d’urgence, ce qui en fait un acteur majeur de la cohésion locale[211]. Le CPAS – Antenne sociale de Jumet, situé rue de Gosselies, complète ce dispositif en offrant un accompagnement administratif, financier et psychosocial aux habitants en difficulté, consolidant ainsi le rôle de Jumet comme espace de services publics de proximité[212]. À ces structures s’ajoutent des initiatives caritatives indépendantes, telles que Les Sang Frontières, association engagée dans l’aide matérielle et l’accompagnement des personnes précarisées[213].

Sur le plan culturel et citoyen, Jumet bénéficie de la présence d’associations telles qu’Une Nouvelle Ville ASBL, implantée place Jean Jaurès, qui développe des projets socioculturels destinés à renforcer le vivre‑ensemble et à soutenir l’expression artistique locale[214]. Les mouvements de jeunesse sont représentés notamment par Les Éclaireurs, association active sur la place du Prieuré, qui propose des activités éducatives et collectives centrées sur l’autonomie, la solidarité et la découverte de l’environnement.

Jumelage

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Personnalités

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  • François-Louis et François-Joseph Puissant, maîtres de forges : François-Louis Puissant (1690-1757) est le deuxième fils de Noël. Né à Charleroi le , il épouse le en l'église de Marcinelle Marie-Dorothée Molle et ils s'établissent à Charleroi où ils ont onze enfants dont François-Joseph baptisé à Charleroi le et inhumé dans l'église de Marcinelle où sa pierre sépulcrale est toujours en place et bien visible[215].
  • Clément Bivort (1819-1875) : né à Jumet le et décédé en son château de Fontaine-l'Évêque le . Directeur de la S.A. Charbonnages de Monceau-Fontaine et du Martinet dès 1842, il est également administrateur de la Société d'Amercœur constituée en 1823 à Jumet et dont la famille Bivort possède la moitié des parts. Il en devient le directeur au plus tard en 1860. Il devient vice-président de l'Association charbonnière des bassins de Charleroi et de la Basse-Sambre. En 1860, il est conseiller provincial du canton de Fontaine-l'Évêque. Le mécénat de la famille Bivort et de la Société d'Amercœur ont contribué à l'édification de l'église de l'Immaculée-Conception de Jumet-Gohyssart. En 1875, il forme avec l'avocat Clément Tahon (†1877), bourgmestre de Jumet, président du Cercle catholique de Charleroi de 1871 à 1877, un comité provisoire pour l'édition d'un journal catholique à Charleroi afin de lutter contre « la propagation impie des ennemis de la religion ». Il est le frère d'Édouard (1814-1886), curé de Gohyssart de 1866 à 1886 et le frère d'Henri-Joseph Bivort-Schmidt (1809-1880), maître de verrerie à Jumet-Coupe depuis 1845 et dont le château construit en 1868 se trouvait dans le parc qui porte aujourd'hui son nom à la rue Wattelar. À eux trois, ils contrôlent la vie sociale, économique et culturelle de Jumet-Gohyssart[216].
  • Eugène Baudoux : (1841-1912) : maître-verrier. En 1883, il entreprend dans sa verrerie des Hamendes la construction d'un four à bassin très perfectionné en tirant parti des expériences de l'ingénieur Martin-André Opperman (1846-1930) et de son frère Léon Baudoux (1837-1898). Il construit ensuite un deuxième et encore un troisième four encore plus grands. Ce dernier peut contenir 350 tonnes de verre en fusion et exige la présence permanente d'une centaine de souffleurs. Avec ses nouveaux outils, il impose des conditions de travail défavorables. En 1886, dans une économie en récession, le conflit ne va pas tarder à éclater. Le , les grévistes saccagent ses installations et incendient son château. Eugène Baudoux attaquera en justice Jumet et les communes environnantes pour n'avoir pu maintenir l'ordre. Il exige et obtient de plantureuses indemnités qui lui permettront de remettre ses usines en état. En novembre 1886, il a déjà reconstruit un four à bassin[217].
  • Louis Lambert (1842-1921) : né le , Louis Lambert est le fils de Valentin Lambert, administrateur de plusieurs sociétés charbonnières et de la Banque centrale de la Sambre, qui a joué un rôle moteur dans le développement de la verrerie à vitres dans la région de Charleroi. Louis Lambert développe considérablement sa verrerie des Hamendes et en fait une des plus importantes de la région et du monde. Il est président de l'Association des Maîtres de verreries belges de 1890 à 1895 et devient également président du conseil d'administration de plusieurs entreprises charbonnières et métallurgiques. En 1895, il participe à la création des verreries du Donetz, en Russie, dont son fils Fernand deviendra directeur. Il décède à Charleroi le [218].
  • Émile Gobbe (Auberchicourt 1849 - Jumet 1915), maître verrier. Avec Émile Fourcault, il met au point un type de four à bassin qui équipera la majorité des verreries dans le monde. Il invente et développe vers 1901 de la machine à étirer le verre, dans les dépendances du « château Gobbe » à la rue Léopold Jacqmain.
  • Fernand Biernaux (1870-1945) : ingénieur-brasseur de génie, il marque le monde de la brasserie en Belgique et est le premier à produire des bières à basse fermentation[219].
  • Fernand Mayence, né à Jumet en 1879 et y décédé en 1959, philologue, helléniste, archéologue et professeur d'université belge.
  • Léon Molle (1881-1959), chef d'orchestre au Théâtre Royal de la Monnaie.
  • Simon Brigode (1902-1978), né à Jumet, architecte et professeur à l'université catholique de Louvain.
  • Adhémar Hennaut (1899-1976), né à Jumet, dirigeant du Parti Communiste belge (1921-1928), de l'Opposition de gauche (1928-1930) et de la Ligue des Communistes Internationalistes (1932-1939).
  • Roger Guérin (1896-1954) : né à Jumet, céramiste de la période Art déco.
  • Benoît Deper (1986- ) : Créateur et CEO d'Aerospacelab originaire de Jumet.

Notes et références

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  1. Le Piéton arrose la section de Roux, à l'Est de Jumet, et sa vallée est occupée par le canal Bruxelles-Charleroi.
  2. Situés sur le territoire de Roux à la limite avec Jumet (50° 27′ 05,3″ N, 4° 24′ 14,1″ E )
  3. Selon Robert Arcq, ce sentier (du Laid Pige) a été supprimé à la suite de la réalisation de la bretelle de l'autoroute qui passe derrière la chapelle Notre-Dame des Affligés (Arcq 1973, p. 29).
  4. Roux lui-même était un minuscule hameau à cet époque, mais les autres hameaux de Wilbeauroux, Plomcot, Judonsart, Hubes, Nolichamps, Naye-à-Bois, le Martinet, la Bassée, le Sarty et les Aiselies (Arcq 1973, p. 30).
  5. Une fosse et un pâturage a été mentionnée en 1620 et 1621 dans un compte de la seigneurie de Gosselies. Cette fosse deviendra par la suite le puits de Naye-à-Bois qui faisait partie du charbonnage d'Amercœur (Arcq 1973, p. 30).
  6. Avec Roux.
  7. Fusion de communes en Belgique.
  8. Les vestiges de la grange du prieuré de Heigne correspondent au bâtiment encore visible à gauche de l’entrée de la Maison des Éclaireurs. Cet édifice, décrit dans le procès-verbal d’estimation rédigé lors de la vente des biens du prieuré en 1796, constitue l’un des rares témoins matériels de l’ancien domaine monastique. Le document, analysé notamment par Robert Arcq, fournit une description précise de la construction telle qu’elle se présentait à la fin du XVIIIe siècle: l’ensemble, déjà très dégradé, mesurait trente‑sept pieds de long pour vingt‑deux pieds de large et comportait une cave destinée au stockage des légumes, élément typique de l’organisation économique des prieurés cisterciens. Selon cette estimation, environ deux tiers du bâtiment étaient affectés à un usage carcéral, ce qui témoigne de la fonction judiciaire et disciplinaire que certains établissements religieux exerçaient encore à l’époque moderne. La partie restante servait à la perception des droits seigneuriaux dus au prieuré et au monastère, désignés sous les appellations traditionnelles de « poules », « assises » et autres redevances. Ces termes renvoient à des formes variées de contributions en nature ou en argent, caractéristiques du système féodal et de l’économie rurale d’Ancien Régime. L’édifice, aujourd’hui intégré au site de la Maison des Éclaireurs, constitue ainsi un témoin significatif de l’organisation matérielle et administrative du prieuré de Heigne, illustrant à la fois ses fonctions agricoles, judiciaires et seigneuriales (Arcq 1973, p. 39).
  9. Selon Robert Arcq, ce moulin se trouvait sur l'actuel territoire de Roux à la suite de la séparation de cette commune en 1818 (Arcq 1973, p. 31).
  10. L’esterlin était autrefois une unité de poids utilisée dans le domaine monétaire. À l’origine, cette mesure correspondait à une quantité d’or équivalente au poids de trente‑deux grains de blé, ce qui illustre l’usage fréquent, au Moyen Âge, de références agricoles pour définir des standards de mesure. Dans le comté de Hainaut, l’esterlin représentait le vingtième d’une once, soit environ 1,5 gramme, valeur qui permettait de calibrer précisément les transactions et les émissions monétaires. Le terme a traversé les siècles et subsiste aujourd’hui dans l’expression « livre sterling », qui conserve le souvenir lointain de cette ancienne unité de poids. Bien que la monnaie britannique n’ait plus aucun lien direct avec la mesure médiévale, l’héritage linguistique témoigne de la continuité des usages et de l’évolution progressive des systèmes monétaires européens (Arcq 1973, p. 45).
  11. Le projet de canal, initialement proposé par l’archiduc Léopold-Guillaume, fut abandonné en raison de l’opposition des Provinces-Unies. Destiné au transport de la houille provenant du bassin de Charleroi, il fut successivement relancé en 1699 par Maximilien-Emmanuel de Bavière, puis réexaminé en 1750, 1783 et en 1803 sous Napoléon. Les discussions reprirent en 1819 et aboutirent au projet de l’ingénieur Vifquain, approuvé le . Les travaux, confiés à la société Claessens, Castinel et Cie, débutèrent le et le canal fut inauguré le (Arcq 1973, p. 61).
  12. Moulin en bois et non en pierre comme figuré à tort sur les aquarelles de F. de Myrbach, illustrant certaines scènes de la bataille.
  13. Selon l'historien Pierre Arcq, la commune de Jumet fut condamnée au paiement de pénalités financières importantes, dont l’ampleur eut pour effet de freiner durablement son développement économique et administratif (Arcq 2002, p. 112).
  14. C'est actuellement l'IPPJ de la Fédération Wallonie-Bruxelles, rue de l'institut Dogniaux.
  15. Jusqu'en 1997, cette place de Jumet-Gohyssart a aussi porté le nom de « Place Ferrer », en hommage à Francisco Ferrer, anarchiste libre-penseur espagnol, promoteur de la pédagogie rationaliste, condamné injustement et fusillé le .
  16. Selon l'historien Robert Arcq, l’église, dans sa configuration d’origine, devait présenter des proportions similaires à celles de l’église de Gohyssart. Quant à la tour, elle aurait pu adopter un aspect proche de celle-ci, tout en étant flanquée de deux tourelles latérales (Arcq 1988, p. 144-145).
  17. L'histoire de Jumet et celle de Roux sont allées de pair, à quelques exceptions près jusqu'à ce que l'arrêté royal de Guillaume Ier des Pays-Bas, du , fasse de Roux une commune à part entière.
  18. Suivant Darquenne, le cens, rétribution annuelle et très modique, variait entre 12 et 20 livres (une livre vaut un franc du système monétaire belge de 1965). In Roger Darquenne, Histoire économique du département de Jemappes, Mémoires et publications de la Société des Sciences, des Arts et des Lettres du Hainaut, tome 79, Mons, 1965, p.76.
  19. La Société du Bois d'Heigne et Cabinette exploitait la fosse de Saint-Quentin. Presque tous les actionnaires de cette société étaient de la ville de Saint-Quentin, d'où le nom donné à cette mine.
  20. Les veines du Grand Bordia étaient exploitées dès le milieu du XVIIIe siècle.
  21. Emplacement du puits (50° 26′ 40,9″ N, 4° 24′ 11,4″ E ).
  22. Il fut appelé Saint-Louis en l'honneur de la famille Misonne. Un des membres de la famille, Louis Misonne était membre du conseil d'administration.
  23. Emplacement du puits (50° 26′ 51,2″ N, 4° 25′ 13″ E ).

Références

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  125. Passé à Goysart à la Saint Jean,... « L'Entreprenant »... plateau du moulin de Jumey (Baron de Selle de Beauchamp, lieutenant de la compagnie d'aérostiers, « Souvenirs... », page 47).
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Voir aussi

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Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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