Courcelles (Belgique)

commune de Wallonie (Belgique)

Courcelles (en wallon Courcele) est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut, ainsi qu’une localité où siège son administration.

Courcelles
Courcelles (Belgique)
L'église Saint-Lambert au Petit-Courcelles, construite en 1838.
Blason de Courcelles
Héraldique
Image illustrative de l’article Courcelles (Belgique)
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement Charleroi
Bourgmestre Caroline Taquin (liste « Bourgmestre »)
Majorité Bourgmestre, Les Engagés, Ecolo
Sièges
Bourgmestre
PS
Les Engagés
Ecolo
31
20
8
2
1
Section Code postal
Courcelles
Gouy-lez-Piéton
Souvret
Trazegnies
6180
6181
6182
6183
Code INS 52015
Zone téléphonique 071
Démographie
Gentilé Courcellois(e)
Population
– Hommes
– Femmes
Densité
31 673 (2026)
48,58 %
51,42 %
711,43 hab./km2
Pyramide des âges
– 0–17 ans
– 18–64 ans
– 65 ans et +
()
20,64 %
59,90 %
19,47 %
Étrangers 10,75 % ()
Taux de chômage 19,75 % (2022)
Revenu annuel moyen 17 197 €/hab. (2021)
Géographie
Coordonnées 50° 27′ nord, 4° 23′ est
Superficie
– Terr. non-bâtis
– Terrains bâtis
– Divers
44,52 km2 (2023)
67,7 %
14,89 %
17,4 %
Localisation
Localisation de Courcelles
Situation de la commune dans l'arrondissement de Charleroi et la province de Hainaut
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Courcelles
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Courcelles
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Courcelles
Liens
Site officiel www.courcelles.eu

Toponymie

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Le toponyme Courcelles est généralement interprété comme un héritage linguistique de la période médiévale. Selon l’historien Élie Lemal, auteur de l’ouvrage consacré à l’histoire de la commune publié en 1930, ce nom dériverait très probablement de Curticella ou de Curtis, deux termes issus du latin médiéval. Ils désignaient une unité territoriale vouée à l’exploitation agricole, souvent structurée autour d’un domaine seigneurial ou d’une ferme importante[1]. Dans la perspective de Lemal, cette étymologie met en lumière l’ancien rôle rural du site, dont l’organisation sociale et économique se serait développée autour de ces premières implantations agricoles[1].

Au fil des siècles, l’évolution phonétique du mot aurait conduit à la forme actuelle, Courcelles, tout en conservant la mémoire de cette fonction originelle[1]. L’analyse proposée par Élie Lemal s’inscrit dans une tradition historiographique qui cherche à reconstituer les paysages anciens à partir des noms de lieux, considérés comme des témoins privilégiés de l’activité humaine[1]. Ainsi, le nom de la localité apparaît comme un indice de son passé agraire, révélant la manière dont les communautés médiévales structuraient leur environnement et organisaient la mise en valeur des terres[1].

Géographie

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Présentation

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Avec une superficie de 44,24 km2 et 31 309 habitants (au 1/1/2018)[2], Courcelles est une des cités importantes du bassin carolorégien et elle a, à ce titre, largement contribué au développement industriel de la région[3].

Sections de la commune

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#NomSuperf.
(km2)[4]
Habitants
(2025)[4]
Habitants
par km2
Code INS
1Courcelles15,2917.1381.12152015A
2Souvret3,794.1441.09352015B
3Trazegnies8,926.82576552015C
4Gouy-lez-Piéton16,533.32920152015D

Communes limitrophes

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Géographie physique

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Géologie

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Le relief de Courcelles se caractérise par une série d’ondulations qui façonnent cinq dépressions successives orientées du nord vers le sud[5]. L’historien Élie Lemal, qui a décrit la topographie de la commune dans son ouvrage de 1930, souligne que la première de ces vallées, Claires‑Fontaines, s’étire vers l’est et rassemble à sa base les autres dépressions. Suivent les vallées du Chenoit, de Forrière, de la rue Royale et enfin celle de la rue Friot[5]. À l’exception du Chenoit, toutes prennent naissance sur le plateau de Sart‑lez‑Moulin, ce qui témoigne d’une structuration géographique dominée par les hauteurs du plateau et les écoulements naturels qui en descendent[5].

Plus au sud, le secteur appelé Trieu occupe le sommet d’un mamelon, dont les pentes s’abaissent progressivement vers Rianwelz, Miaucourt et Wartonlieu. Vers le nord, le paysage adopte une configuration plus étale : un plateau se déploie en direction de Hamal, du Brébant et de Reguignies, avant de s’élever doucement vers le Petit Courcelles et les terres de la Croisette[5]. Cette alternance entre zones planes et reliefs ondulés compose un ensemble géographique typique des communes du bassin carolorégien[5].

Les altitudes relevées dans la commune illustrent ces variations topographiques. Parmi les points les plus significatifs, l’église Saint‑Lambert atteint 169,09 m, tandis que le seuil des écoles du Trieu se situe à 166,59 m. Le canal de la Motte, au niveau de la route, descend à 115,21 m, alors que la station de Courcelles‑Centre se trouve à 140 m[5]. D’autres repères, tels que la jonction des rues Coupe et Rianwelz (145,81 m), les quatre chemins de Forrière (175,77 m), le sommet de la rue de Forchies (187 m) ou encore le pont du numéro 6 au‑dessus du chemin de fer (161 m), témoignent de la diversité des altitudes[5]. Les quatre chemins de Wartonlieu culminent à 155 m, tandis que le Bon Pont descend à 129,92 m. Ces données, rapportées par Élie Lemal, permettent de saisir la complexité du relief courcellois et son influence sur l’organisation historique du territoire[5].

Sous-sol

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Le sous‑sol de Courcelles présente une composition géologique dominée par l’argile et le sable, une caractéristique que l’historien Élie Lemal met en évidence dans son étude de 1930 consacrée à la commune. Dans les zones les plus basses, ainsi que le long des cours d’eau, apparaissent des alluvions modernes, témoins des dépôts récents liés aux mouvements hydrologiques[5]. Au‑dessus de 140 mètres d’altitude, le sable constitue la couche principale du sol, tandis qu’en dessous se trouvent des argiles yprésiennes, parfois appelées argiles bleues, dont l’épaisseur varie de 1 à 36 mètres. Les eaux infiltrées dans les terrains sableux glissent sur cette couche imperméable et ressortent en divers points du territoire, donnant naissance à des sources naturelles qui ont longtemps façonné l’occupation humaine et l’activité agricole[5].

Courcelles se situe également à l’extrémité nord du bassin houiller, ce qui confère à son sous‑sol une importance particulière dans l’histoire industrielle régionale. Les veines de charbon affleurent en plusieurs endroits, permettant les premières exploitations par cayat, une méthode rudimentaire d’extraction en surface[5]. Le grès houiller apparaît notamment au Brébant, où les couches superficielles ont été exploitées, illustrant la transition entre les formations géologiques naturelles et les premières activités minières[5]. Cette présence du charbon, relevée par Élie Lemal, inscrit Courcelles dans la dynamique économique qui a marqué l’ensemble du pays noir, tout en révélant la diversité géologique d’un territoire partagé entre sols agricoles, nappes sableuses et affleurements houillers[5].

Quartiers

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Courcelles-Centre, Sarti ou Sarty, Petit-Courcelles, Le Trieu, La Motte, Miaucourt, Forrière, Reguignies, Wartonlieu, La Glacerie et Rianwelz.

Lieux-dits

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Les Goutteaux, Nouveau Monde, Bois du Sart, Le Sècheron, Benne sans Fosse, Le Hannoy, Les Fonds du Corbeau, Braibant, Bon Pont, Mandat, Sainte-Rosette, Clos du Pèlerin, Le Nord, Scaud, La Tannerie, Taillis, Champ Falnuée, Trieu des Agneaux, Les Culots, Les Gaux, Hulet, Basse Hollande, Wilbauroux et La Jonquière.

Cité André Renard, cité Gueméné Penfao, cité René Thône, cité Constant Druine, cité du Confort et cité Spartacus Hart.

Hydrographie

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Courcelles est traversé par neuf cours d'eau[6],[7]:

Démographie

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Démographie: Avant la fusion des communes

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  • Source: DGS recensements population

Démographie : Commune fusionnée

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En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :

Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées.

  • Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1er janvier[8]

Histoire

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Origines

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Préhistoire

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Courcelles aurait émergé au lieu-dit « Marais Colau », où un atelier de pierres et d'outils datant de la Préhistoire a été mis au jour[9],[réf. à confirmer].

Antiquité

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À l'époque gallo-romaine, Courcelles appartenait à un vaste domaine traversé par le Piéton, qui englobait les territoires de Roux, Jumet, Ransart, Gosselies, Souvret et Thiméon[10]. Un village gallo-romain s'est par la suite développé rue de Viesville. Trazegnies possède également une histoire romaine, avec la découverte des vestiges d'une villa construite entre 268 et 275. Courcelles apparaît dans les sources écrites dès 1017, lorsque les Bulletins de la Société d’Archéologie de Charleroi signalent cette localité comme relevant alors du Brabant. Cette mention ancienne atteste l’existence d’un noyau d’habitat structuré au début du XIe siècle, ce que l’historien Élie Lemal interprète comme l’un des premiers jalons documentés de l’histoire communale. Au fil des siècles, plusieurs découvertes archéologiques ont confirmé l’ancienneté de l’occupation humaine[11]. Avant 1784, des monnaies et des fragments de poteries antiques furent mis au jour à proximité d’un lieu-dit connu sous le nom de « vieux chêne »[11]. Selon Élie Lemal, ce site correspond vraisemblablement au chêne à z’Hartias, un repère topographique traditionnel dont la mémoire locale a conservé le nom[11]. Ces trouvailles, bien que modestes, témoignent d’une fréquentation antérieure à l’époque médiévale et suggèrent l’existence d’activités rurales ou artisanales dans la zone. Un autre épisode marquant de l’histoire locale survint en 1863, lorsque le hameau du Chenoit fut le théâtre de la chute d’un aérolithe[11]. L’événement, largement commenté dans la presse régionale de l’époque, fut considéré comme suffisamment notable pour que la météorite soit conservée au musée de Charleroi. Élie Lemal souligne que cet objet, devenu pièce muséale, constitue un témoignage rare des phénomènes naturels observés dans la région au XIXe siècle[11].

Au cours du XIXe siècle, plusieurs campagnes de fouilles mirent en évidence l’existence d’un vaste cimetière belgo‑romain installé le long de l’ancien chemin reliant Binche à Viesville, une voie secondaire qui rejoignait la chaussée Brunehault entre Bavay et Tongres. Les observations archéologiques montrent que ce secteur, déjà identifié comme ancien par les érudits locaux, constituait un espace funéraire structuré, probablement utilisé durant une période étendue de l’occupation romaine[12]. L’historien Élie Lemal souligne que la position du site, en bordure d’un axe de circulation secondaire, correspond aux pratiques romaines consistant à établir les nécropoles hors des zones d’habitat, le long des voies[13]. Les découvertes s’intensifièrent vers 1876, lorsque des travaux entrepris dans le quartier de Reguignies, pour la construction d’une habitation, entraînèrent un profond remaniement du terrain. Les ouvriers mirent alors au jour un ensemble important de sépultures, dont plusieurs contenaient des dépôts funéraires remarquables : vases, urnes, objets divers associés aux rites de commémoration[13]. Selon Élie Lemal, la variété des objets retrouvés témoigne de pratiques funéraires relativement élaborées et d’un certain niveau de romanisation de la population locale. Bien que nombre de tombes aient été violées à des époques postérieures à l’Antiquité, les vestiges conservés permettent d’identifier clairement des usages romains, notamment la crémation[13]. Les fouilles ont livré des cendres, des clous oxydés provenant des cercueils ou des structures de combustion, ainsi que des restes d’animaux sacrifiés sur les bûchers, éléments caractéristiques des rites funéraires romains. Pour Élie Lemal, ces traces matérielles constituent un témoignage précieux de la présence romaine dans la région de Courcelles et de l’intégration de ses habitants aux pratiques culturelles de l’Empire[13].

Les fouilles menées dans la seconde moitié du XIXe siècle permirent d’identifier, en plus des sépultures belgo‑romaines déjà mises au jour, les vestiges d’un bûcher funéraire, élément caractéristique des rites de crémation pratiqués dans la région durant l’époque romaine. Les archéologues rappelèrent que, selon les lois romaines, les lieux de sépulture étaient considérés comme inviolables et sacrés, ce qui confère à ces découvertes une valeur particulière pour la compréhension des pratiques juridiques et religieuses de l’Antiquité[14]. L’historien Élie Lemal souligne que la présence d’un bûcher, associée aux dépôts funéraires déjà recensés, confirme l’existence d’un espace funéraire structuré et durablement utilisé. Le secteur environnant livra également une série d’objets antiques : médailles, fragments de poteries, tuiles à rebord et autres vestiges matériels[14]. Ces éléments, dispersés mais cohérents, attestent une occupation dense dès le IIIe siècle, probablement liée à un habitat organisé situé à proximité de la voie reliant Binche à Viesville. Pour Élie Lemal, la diversité des objets retrouvés témoigne d’une présence humaine continue et d’une romanisation avancée du territoire courcellois[14]. À proximité du carrefour dit du « chêne à chats », lieu auquel la tradition populaire associait autrefois des croyances de sorcellerie, plusieurs découvertes archéologiques vinrent renforcer l’hypothèse d’un habitat structuré. Les traces matérielles mises au jour dans ce secteur notamment des fragments de céramique et des éléments de construction suggèrent l’existence d’un petit noyau de peuplement, peut‑être lié à une exploitation agricole ou à une station située le long de la voie antique. Selon Élie Lemal, la convergence de ces indices permet de restituer une image plus précise de l’organisation du territoire à l’époque romaine, où les zones d’habitat, les nécropoles et les axes de circulation formaient un ensemble cohérent[14].

Les fouilles entreprises en 1884 le long de l’ancien chemin de Mons mirent au jour les substructions d’un bâtiment antique, composé de couloirs et de pièces multiples. Les murs, réalisés en ciment d’un type très ancien, suggéraient une construction remontant à la période romaine[15]. L’abondance de tesson dont certains provenaient manifestement d’ateliers extérieurs à la région ainsi que des traces d’incendie, conduisirent les archéologues à envisager l’existence d’une exploitation rurale active durant l’époque romaine, probablement détruite au haut Moyen Âge. L’historien Élie Lemal interprète ce bâtiment comme un indice supplémentaire de la densité de l’occupation antique dans les collines de Courcelles[16]. Des trouvailles analogues furent signalées dans les environs immédiats : fragments de céramique, éléments de construction, mais aussi des médailles d’Antonin et d’Alexandre Sévère, qui renforcent l’idée d’une présence humaine continue entre le IIe et le IIIe siècle[17]. Pour Élie Lemal, ces découvertes confirment que les hauteurs courcelloises formaient autrefois un secteur densément habité, structuré autour de petites exploitations et de voies secondaires reliant les cités romaines. Les destructions successives observées sur plusieurs sites pourraient être liées aux conflits qui opposèrent, aux IVe et Ve siècles, les peuples de Germanie inférieure et de Belgique, dans une zone située aux limites des cités de Tongres et de Cambrai[18]. Les traces d’incendie relevées sur les vestiges du bâtiment du vieux chemin de Mons s’inscrivent dans ce contexte troublé, marqué par des mouvements de populations, des affrontements locaux et une progressive désorganisation de l’autorité romaine. Selon Élie Lemal, ces indices permettent de restituer une image nuancée de la transition entre l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge dans la région de Courcelles[18].

Moyen Âge

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Naissance de Courcelles

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L’implantation religieuse à Courcelles, bien que discrète dans ses origines, constitue un élément notable de l’histoire locale. Selon Élie Lemal, les premières traces d’un lieu de culte remontent au début du IXe siècle, époque où des moines issus des communautés de Lobbes et de Bonne-Espérance auraient établi une chapelle en bois à l’emplacement de l’actuelle église du Petit-Courcelles[19]. Cette fondation s’insérait dans un ensemble plus vaste de biens monastiques, comprenant notamment le bois de Miaucourt, voisin du prieuré de Sart-les-Moines, ce qui illustre l’importance territoriale des établissements religieux dans la région[19]. Les témoignages conservés indiquent qu’aux environs de l’an 980, l’abbaye de Lobbes percevait depuis près d’un siècle et demi les offrandes provenant des paroisses du doyennat de Fleurus, parmi lesquelles figurait Courcelles[19]. Cette information, relevée par Élie Lemal, confirme l’intégration ancienne du village dans un réseau ecclésiastique structuré, dépendant de centres monastiques influents. Une source du Bulletin de la Société Archéologique de Charleroi mentionne par ailleurs que saint Lambert, devenu évêque des Tongres en 663, fut honoré comme patron par plusieurs localités de la région, dont Boignée, Courcelles, Wangenies et Wayaux[19]. L’hypothèse selon laquelle Boignée aurait été rattaché au chapitre cathédral dédié à ce saint demeure plausible, tandis que Courcelles apparaît explicitement dans un mandement de l’évêque Notger daté de 980[19]. Wangenies est également cité dans un document de 1121, ce qui atteste la continuité de ces liens religieux au fil des siècles. Élie Lemal souligne que ces mentions, dispersées dans les archives, permettent de reconstituer progressivement le rôle joué par les institutions ecclésiastiques dans la structuration spirituelle et administrative de la région courcelloise[19].

Une chronique du XVIIe siècle rédigée par Jean Blondeau, et conservée dans les publications de la Société archéologique de Charleroi, indique que Courcelles relevait alors du marquis de Trazegnies. Celui-ci avait acquis la localité vers 1664 auprès de H. de Lelaing, seigneur de Trivières. Selon Élie Lemal, cette période témoigne d’une organisation seigneuriale où les autorités religieuses et civiles exerçaient des compétences complémentaires[19]. L’abbaye de Bonne-Espérance y entretenait en effet un religieux chargé d’assurer la cure, tandis que les habitants avaient désigné un chapelain pour répondre aux besoins spirituels de la communauté. La paroisse comprenait également la terre de Souverez, autrefois possession de l’abbaye de Gembloux. Cette dernière passa ensuite, par acquisition, sous la juridiction de Bonne-Espérance[20]. Comme le souligne Élie Lemal, l’abbaye y exerçait pleinement les droits seigneuriaux, nommant le mayeur et les échevins, ce qui illustre l’emprise administrative et judiciaire des établissements monastiques sur certaines dépendances rurales. L’ensemble de ces éléments permet de saisir la manière dont Courcelles et ses terres associées s’inscrivaient dans un système féodal où les pouvoirs seigneuriaux, ecclésiastiques et communautaires se superposaient et s’articulaient au quotidien[20]. La chapelle originelle de Courcelles, construite en bois et plusieurs fois restaurée au cours du Moyen Âge, fut finalement démantelée en 1456[20]. À son emplacement s’éleva alors une église bâtie en moellons, dont l’architecture relevait du style roman. Élie Lemal souligne que cette reconstruction, rendue possible grâce au financement de l’abbaye de Bonne-Espérance, constitua une étape décisive dans l’affirmation durable de la vie religieuse locale[20]. L’édifice nouveau inscrivait Courcelles dans la continuité des formes architecturales chrétiennes médiévales, tout en témoignant de l’influence persistante des institutions monastiques sur l’évolution spirituelle et matérielle du village[20].

La seigneurie de Rianwelz
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Les fiefs de Courcelles-Erguignies, Rianwelz et Hamal constituaient des entités féodales distinctes, chacune dotée de son propre cadre seigneurial. D’après les éléments relevés par Élie Lemal, Rianwelz relevait vers l’an 900 du comté de Namur, dont les origines demeurent encore partiellement obscures avant le Xe siècle. Le premier détenteur connu de ces terres serait un seigneur nommé Bérenger de Lomme, mentionné aux alentours de 908[21]. Sa lignée se poursuivit avec Robert 1er, puis Albert 1er, dont dérivèrent Robert II et Albert II, mort en 1064. Les fils de ce dernier, Albert III et Henri, se partagèrent l’héritage familial. Albert III reçut le comté et mena une carrière militaire active, notamment dans les conflits qui l’opposèrent à Godefroid de Bouillon[21]. À sa disparition en 1108, son fils Godefroid hérita du comté, suivi ensuite par Henri l’Aveugle, figure réputée pour son tempérament belliqueux et pour le siège qu’il mena contre Bouillon. Henri ne laissa qu’une fille, ce qui entraîna une réorganisation des possessions familiales[21]. En 1192, l’empereur érigea le comté de Namur en marquisat, qu’il attribua à Baudouin V de Hainaut, neveu d’Henri. Selon Élie Lemal, ce dernier avait déjà cédé la seigneurie de Courcelles à un personnage nommé Anciau, qui adopta par la suite le nom d’Anciau de Courcelles. À partir de cette période, Rianwelz passa dans la mouvance du Hainaut, intégrant ainsi un nouvel ensemble féodal dont les structures reflétaient les recompositions politiques de la fin du XIIe siècle[21].

À la disparition de Baudouin V, le marquisat de Namur passa à son fils Philippe de Courtenay, surnommé « le Noble ». Cette succession ne mit toutefois pas fin aux tensions féodales, car des différends surgirent autour du fief de Rianwelz. Élie Lemal rapporte qu’un accord conclu en 1236 entre Ostes de Ruiantweyes et l’abbaye de Bonne-Espérance permit de résoudre ces litiges : le fief fut alors restitué à la comtesse de Hainaut-Flandre-Namur, réaffirmant l’autorité comtale sur cette terre. Les chroniqueurs médiévaux mentionnent également plusieurs figures liées à ces domaines[22]. Parmi elles se trouve un Jean de Rianwelz, parti en croisade en 1096, dont la présence témoigne de l’intégration des lignages locaux dans les mouvements religieux et militaires de la chrétienté. Élie Lemal rappelle aussi qu’Anciau de Courcelles, à qui Baudouin V avait cédé la seigneurie de Courcelles, accompagna ce dernier lors d’une expédition en Terre sainte[23]. Ces références, dispersées dans les sources, illustrent la manière dont les familles seigneuriales de Courcelles et de Rianwelz participaient aux dynamiques féodales et spirituelles de leur époque, tout en s’inscrivant dans les réseaux politiques du Hainaut et de la Flandre[23].

Au XIIIe siècle, le fief de Rianwelz était détenu par Pierre de Courtenay et son épouse Jolende. Leur descendance fut rapidement marquée par des tensions successorales : leur fille Marguerite tenta de s’emparer du marquisat de Namur, mais l’empereur l’obligea à en restituer la possession en 1237[23]. Élie Lemal souligne que ces conflits illustrent la fragilité des équilibres féodaux dans une période où les lignages seigneuriaux cherchaient à consolider leurs droits. En 1262, Baudouin céda le domaine à Blanche de France, qui en fit don à Marie de Brienne[23]. Les prétentions de Marguerite cessèrent définitivement lorsque Guy de Dampierre acquit le marquisat en 1263, rétablissant une autorité stable sur l’ensemble des terres concernées. Son fils Jean 1er de Namur reconnut en 1307 son hommage à Guillaume de Hainaut, acte qui confirmait l’intégration du marquisat dans les réseaux féodaux du Hainaut[23]. À la mort de Jean 1er en 1330, plusieurs de ses fils héritèrent de ses possessions, dont Guillaume 1er de Flandre, devenu comte de Namur et père de Guillaume II. Ce dernier mourut en 1418, laissant pour successeur son neveu Jean III. Selon Élie Lemal, celui-ci procéda en 1421 à la vente d’une partie du marquisat, témoignant des recompositions territoriales qui marquèrent la fin du Moyen Âge dans cette région[24].

La lignée bâtarde des Namur prit le relais dans la seigneurie de Rianwelz à la fin du Moyen Âge. Jean, connu sous le nom de Bâtard de Namur et seigneur de Rianwelz, épousa en 1388 Jeanne d’Abcoude. À sa mort en 1429, il ne laissa aucun héritier légitime, mais plusieurs enfants naturels. Parmi eux, Philippe, qui devint l’ancêtre des seigneurs d’Elzée et de Huy, et Jean, à l’origine des familles seigneuriales de Trivières et de Rianwelz, une lignée qui s’éteignit au XVIIe siècle[25]. Élie Lemal souligne que cette branche illégitime joua un rôle non négligeable dans la transmission des terres et des titres, malgré son statut particulier dans la hiérarchie féodale. Ce Jean, héritier naturel du Bâtard de Namur, contracta deux mariages : d’abord en 1449 avec Marguerite de Barbançon, puis en 1497 avec Jeanne d’Emeries. De cette seconde union naquit Antoine de Namur, seigneur de Rianwelz et de Trivières, qui épousa Jacqueline d’Ittre[25]. Leur descendance comprenait plusieurs enfants, dont Philippe de Namur, assurant la continuité de cette branche familiale dans les structures féodales régionales. Selon Élie Lemal, ces alliances successives illustrent la manière dont les familles seigneuriales, même issues de lignages bâtards, parvenaient à s’inscrire durablement dans les réseaux politiques et territoriaux du Hainaut[25].

Philippe de Namur hérita de la seigneurie de Rianwelz et apparaît dans plusieurs actes du XVIe siècle qui éclairent la gestion familiale de ce domaine. En 1537, un document établi devant la cour locale fixa les modalités du mariage de sa sœur Anoye avec Charles d’Oultremont ; il prévoyait notamment une rente de cent livres, garantie par des biens situés à Rianwelz. Deux ans plus tard, en 1539, Charles et Anoye cédèrent à Philippe une rente de soixante-quinze livres provenant de leurs propres possessions, ce qui témoigne des échanges patrimoniaux fréquents entre les membres de la famille[25]. Philippe, chevalier et seigneur de Trivières, Rianwelz et Bouviez, exerça plusieurs fonctions administratives : il fut maïeur de Nivelles et bailli des bois de Binche. Élie Lemal souligne qu’il résidait souvent à Rianwelz, où se trouvait son château, centre de son autorité seigneuriale. Marié en 1523 à Jacqueline de Gavre, il transmit ses domaines à sa fille Marie de Namur, épouse de Jacques de la Hamaide[26]. Celle-ci hérita des seigneuries de Trivières et de Rianwelz, qu’elle transmit ensuite à leur fils Charles, assurant la continuité de la lignée. Philippe de Namur mourut à Courcelles-Rianwelz en 1558. Il fut inhumé dans l’église locale, où sa pierre tombale, ornée d’un bas-relief remarquable, subsista malgré les destructions survenues durant la période révolutionnaire. Élie Lemal note que cette œuvre funéraire constitue l’un des rares témoignages matériels conservés de la présence seigneuriale namuroise dans la région[27].

La dalle funéraire de Philippe de Namur et de son épouse Jacqueline de Liedekerke, longtemps visible dans l’église de Courcelles, fut restaurée par l’administration communale le avant d’être transférée à l’intérieur de l’édifice[28]. Élie Lemal rappelle que l’inscription gothique gravée sur les chanfreins mentionne la mort de Philippe, seigneur de Trivières et de Rianwelz, survenue le , ainsi que l’inhumation de son épouse à ses côtés. Le monument, remarquable par la qualité de son exécution, présente les deux effigies sculptées en demi‑relief[28]. Philippe y apparaît en chevalier, vêtu d’une cotte d’armes richement brodée de ses armoiries. Ses mains jointes en prière, dépourvues de gantelets, signalent qu’il ne périt pas au combat. L’épée repose à son côté, tandis que ses pieds sont posés sur un lion, symbole de puissance et de bravoure[28]. Son casque à panache est représenté à proximité, complétant l’iconographie chevaleresque. Jacqueline est figurée selon la mode aristocratique du XVIe siècle, portant également ses armoiries[29]. Elle tient entre ses mains un long chapelet ou une chaîne, motif fréquent sur les tombes féminines de cette époque. Ses pieds reposent sur un chien, emblème traditionnel de fidélité. Élie Lemal souligne que cet ensemble sculpté, malgré les dommages causés durant la période révolutionnaire, demeure l’un des témoignages les plus précieux de l’art funéraire seigneurial dans la région courcelloise[30]. La partie supérieure du monument funéraire de Philippe de Namur présente son écu, décrit par Élie Lemal comme un lion noir armé, lampassé et couronné de gueules sur champ d’or. L’ensemble est surmonté d’un heaume couronné et d’un cimier figurant un lion naissant entre deux ailes[30]. Au XIXe siècle, Camille Lemaigre observa un détail héraldique particulier : l’aile sénestre du vol n’était pas d’or, mais d’hermine, nuance encore perceptible aujourd’hui. Lemaigre nota également que les chaînes ou chapelets représentés sur les monuments féminins du XVIe siècle présentent une grande variété[30]. Certaines effigies montrent des suites de grains terminées par une houppe, tandis que d’autres figurent de longues chaînes d’anneaux descendant parfois jusqu’au chien placé aux pieds de la défunte, symbole traditionnel de fidélité. Ces observations, reprises par Élie Lemal, éclairent les conventions iconographiques de l’art funéraire de la Renaissance dans la région, où les motifs religieux, héraldiques et symboliques se combinent pour exprimer le statut social et les valeurs des familles seigneuriales[30].

La seigneurie de Rianwelz était contiguë à celle de Monceau‑sur‑Sambre, possession de la maison d’Hamal, et la délimitation entre les deux territoires donna lieu à de longues contestations. Élie Lemal rapporte qu’une entrevue entre Philippe de Namur, seigneur de Rianwelz, et Jehan de Hamal, dit d’Odeur, permit finalement de résoudre ce différend[30]. Un accord conclu en 1522 fixa la création d’un fossé de quatre pieds de large destiné à matérialiser la séparation entre leurs domaines respectifs, mesure attestée dans l’inventaire des archives de Monceau[30]. Cette convention, qui s’inscrit dans les pratiques féodales de gestion des frontières seigneuriales, illustre la manière dont les litiges territoriaux étaient réglés par négociation directe entre les parties concernées. Elle témoigne également de l’importance accordée à la précision des limites foncières dans une région où les droits seigneuriaux, les usages ruraux et les obligations vassaliques dépendaient étroitement de la configuration des terres[31]. La seigneurie de Courcelles, attestée dès 820 dans le Brabant, connut au fil des siècles une série de transmissions qui illustrent les recompositions féodales de la région. En 1196, Baudouin V en fit don à la famille d’Anciau, avant qu’elle ne passe aux Le Louchier. Par un enchaînement d’alliances matrimoniales, la seigneurie entra au XVe siècle dans la maison de La Hamaide[32]. Élie Lemal rappelle que Jehan de la Hamaide, devenu parent des Le Louchier par son mariage avec Marie Le Louchier, transmit Courcelles à leur fils Jacques, né en 1433[32]. La lignée se renforça encore par un nouveau rapprochement familial : en 1500, Anne de la Hamaide épousa Pierre Le Louchier de Courcelles, réunissant une fois de plus les deux maisons[32]. Les armes de cette famille, décrites par Élie Lemal, se composaient de trois louches accompagnées d’un semis de croisettes, l’ensemble étant bordé de pièces componées, un motif héraldique caractéristique des lignages brabançons et hainuyers de la fin du Moyen Âge[32]. Cette succession d’alliances témoigne de la manière dont les familles seigneuriales de Courcelles consolidèrent leur position par des stratégies matrimoniales, assurant la continuité de leurs droits et de leur influence dans une région où les structures féodales demeuraient particulièrement imbriquées[32].

Au XVIe siècle, la seigneurie de Courcelles connut une nouvelle phase de recomposition féodale. Jacques de la Hamaide, seigneur de Chérent et de Courcelles, épousa Marie de Namur, héritière de Rianwelz, réunissant ainsi deux fiefs longtemps séparés. Leur fils Charles, prévôt de Binche, administra Courcelles, Chérent et Rianwelz jusqu’à sa mort en 1596[32]. Élie Lemal souligne que cette réunion territoriale marqua un tournant dans l’histoire seigneuriale locale, consolidant l’autorité de la maison de La Hamaide sur un ensemble cohérent de domaines. Après Charles, la seigneurie passa à Antoine de la Hamaide, puis à sa sœur Anne‑Marie. En 1654, celle‑ci céda Courcelles‑Erguignies‑Rianwelz à son neveu Jean de la Hamaide[33]. Marié à Marie de Ricour de Ligne, Jean finit par vendre l’ensemble au marquis de Trazegnies, ce qui entraîna l’intégration des terres courcelloises dans les possessions de cette puissante famille[34]. Un inventaire dressé en 1667, mentionné par Élie Lemal, décrit un domaine particulièrement étendu : il comprenait un château, un moulin banal, des terres agricoles, des bois, diverses rentes, des droits féodaux et même une exploitation houillère. Ce document témoigne de la richesse et de la diversité économique de la seigneurie à l’époque moderne, ainsi que de l’importance stratégique de Courcelles dans les réseaux seigneuriaux du Hainaut[34]. À la fin du XVIIe siècle, la seigneurie de Courcelles‑Erguignies‑Rianwelz passa dans les mains de la maison du Chasteler, inaugurant une nouvelle phase de son histoire féodale. Jean‑François, marquis de Chasteler, né en 1691, exerça d’importantes fonctions publiques : il fut conseiller souverain du Hainaut avant de devenir président du conseil provincial. Élie Lemal souligne que cette famille, par son influence politique et administrative, joua un rôle notable dans la gestion des domaines courcellois[34]. Son fils François‑Gabriel‑Joseph, qui porta le titre de marquis de Courcelles, occupa à son tour diverses charges d’État. Il se distingua notamment lors des tensions suscitées par les réformes de Joseph II, période où les autorités locales furent confrontées à des bouleversements administratifs et religieux[35]. En 1772, il nomma Nicolas‑Joseph Gilbert régisseur du château de Rianwelz, décision qui témoigne de la structuration interne du domaine et de l’importance accordée à sa gestion quotidienne. Selon Élie Lemal, cette transition vers la maison du Chasteler illustre la continuité des grandes lignées seigneuriales dans la région, tout en montrant comment les fonctions politiques et les responsabilités territoriales se combinaient au sein des familles nobles du Hainaut[36].

À la fin du XVIIIe siècle, la seigneurie de Courcelles‑Erguignies‑Rianwelz fut marquée par la figure de Jean‑Gabriel‑Albert du Chasteler, fils aîné du marquis François‑Gabriel‑Joseph. Né en 1763, il fit carrière au service de l’Autriche, où il devint feld‑zeugmeister. Élie Lemal rappelle qu’il se distingua dans les campagnes menées contre les armées révolutionnaires françaises, notamment grâce à ses compétences d’ingénieur militaire : il dirigea les fortifications de Namur, rôle qui témoigne de son importance dans l’appareil défensif autrichien. Très attaché à Courcelles et à Rianwelz, il y résida fréquemment[37]. Lors des troubles de 1794, plusieurs habitants le protégèrent, ce qui lui permit d’échapper aux violences de la période avant de s’exiler successivement en Autriche puis à Venise[38]. Cette même année, il vendit le château de Rianwelz, tout en conservant un droit éventuel de rachat, signe de son attachement persistant à la terre familiale malgré les bouleversements politiques. Jean‑Gabriel‑Albert du Chasteler mourut en 1826 à Venise, où il fut inhumé[39]. Son cœur fut toutefois rapatrié à Moulbaix, autre domaine familial, geste symbolique qui souligne la continuité des liens entre la maison du Chasteler et ses possessions hennuyères. Élie Lemal note que cette trajectoire, mêlant carrière militaire internationale et enracinement local, illustre la complexité des destins nobiliaires à l’époque des révolutions européennes[40].

À l’arrivée des autorités françaises en Belgique, les biens encore détenus par le marquis du Chasteler furent soumis à la procédure de liquidation imposée par le nouveau pouvoir. Élie Lemal signale qu’une annonce officielle de l’administration de l’arrondissement du Hainaut indiquait la mise en vente publique de plusieurs parcelles de taillis et de raspe situées dans l’ancien bois seigneurial de Courcelles. Ces lots, mesurés en verges, étaient proposés au plus offrant sous la supervision des représentants des Domaines nationaux, conformément aux règles de la criée[41]. La vente était fixée au 30 ventôse an III, ce qui correspond à la période de réorganisation foncière menée par le régime révolutionnaire[42]. Une autre affiche, datée du 25 floréal de la même année, annonçait la mise en vente de bois de haute futaie, dont la « grande haye », provenant elle aussi des possessions du marquis du Chasteler. Cette publication mentionnait également une coupe issue de la commanderie du Piéton[42]. Selon Élie Lemal, ces opérations illustrent la manière dont les autorités françaises procédèrent à la dispersion systématique des biens seigneuriaux, intégrés dans les biens nationaux, afin de financer l’État révolutionnaire et de remodeler la structure foncière locale[42]. Désireuse de préserver la mémoire du dernier seigneur de Courcelles-Rianwelz, l’administration communale demanda plus tard l’autorisation d’adopter les armoiries de la famille du Chasteler pour son sceau officiel. Un arrêté royal du valida cette requête et fixa le blason ainsi : d’argent à une bande de gueules, accompagnée en chef d’un lion de sable armé, lampassé et couronné d’or[42].

Temps modernes

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XVe siècle

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À Courcelles, les relations entre les habitants et les religieux de Bonne‑Espérance furent, selon Élie Lemal, ponctuées de nombreux litiges au fil des siècles. Ceux‑ci portaient sur l’entretien des chemins, la construction de ponts, les réparations de l’église ou encore la perception de la dîme. Dans plusieurs de ces affaires, les Courcellois obtinrent gain de cause, ce qui témoigne de la capacité de la communauté à défendre ses droits face à une institution ecclésiastique pourtant influente[43]. En 1456, la chapelle située sur les hauteurs du village fut démolie pour permettre l’édification d’une église romane par les religieux de Bonne‑Espérance, marquant une étape importante dans l’organisation paroissiale locale[43]. À cette époque, la paroisse englobait également Souvret, dont la communauté fut officiellement constituée en 1491 par Marguerite d’York. Sous le règne de Charles Quint, les chartes de 1525 confirmèrent le droit des religieux de Bonne‑Espérance de lever la dîme sur le territoire courcellois[43]. Élie Lemal rappelle que ce privilège donna lieu, plus tard, à un procès notable lié à l’introduction et à la culture de la pomme de terre, illustrant la manière dont les évolutions agricoles pouvaient raviver des tensions anciennes entre seigneurs ecclésiastiques et populations rurales[43]. Au XVe siècle, le paysage de Courcelles demeurait largement forestier : près des deux tiers du territoire étaient encore couverts de bois portant des appellations aujourd’hui disparues. Les terres mises en culture produisaient principalement des céréales, des navets et divers fourrages, tandis que l’élevage de moutons, de bovins et de chevaux constituait une activité courante[44]. Élie Lemal souligne que plusieurs fermes structuraient alors l’économie locale, témoignant d’une organisation rurale déjà bien établie. Le château de Rianwelz, centre seigneurial majeur, disposait d’un moulin, d’une brasserie et d’un four banal, infrastructures essentielles au fonctionnement économique du domaine. Leur présence illustre la manière dont les seigneuries courcelloises combinaient exploitation agricole, activités artisanales et contrôle des équipements communautaires pour assurer leur prospérité[45].

XVIe siècle et XVIIe siècle

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Au milieu du XVIe siècle, plusieurs habitants de Courcelles s’engagèrent dans l’infanterie et se distinguèrent au combat, signe de l’implication de la communauté dans les conflits de l’époque. Élie Lemal rappelle que, parallèlement, le village dut soutenir ses membres les plus démunis : lors des périodes de grande misère, la communauté distribua blé, bois et chaussures afin de pallier les pénuries. Le XVIIe siècle plongea Courcelles dans une succession de guerres[45]. Les ambitions territoriales de Louis XIV entraînèrent la région dans les campagnes qui culminèrent avec le traité d’Aix‑la‑Chapelle en 1668. Les années suivantes furent marquées par des réquisitions massives. En 1674, le village, pris entre les armées française, hollandaise et espagnole, fut entièrement dépouillé de ses animaux, de ses récoltes et de ses provisions[45]. Les soldats allaient jusqu’à arracher les vêtements des habitants, laissant la population dans une détresse extrême. Élie Lemal souligne que la communauté de Marchienne intervint pour soutenir les quelque soixante‑quinze ménages sinistrés, apportant une aide indispensable dans un contexte où Courcelles se trouvait matériellement et humainement épuisée par les opérations militaires. Cet épisode illustre la solidarité entre villages hennuyers face aux ravages des conflits du Grand Siècle[46]. Les comptes communaux de Courcelles montrent, pour cette période, l’extrême lourdeur des impôts et des dépenses imposées par les réquisitions militaires. Élie Lemal relève que plusieurs familles Wilmart, Bizet, Capette, Evrard, Falise, Wéry, Dussart, Leduc, Mascaux, Servais, Leclercq ou Bouillon furent particulièrement éprouvées par ces charges et par les ravages des troupes[47]. Les années 1672‑1673 furent encore marquées par le passage des soldats de Charles de Lorraine, la destruction de ponts, les transports forcés de vivres et de matériel, ainsi que par l’occupation hollandaise[48]. La population, réduite à environ trois cents habitants, montait la garde depuis le clocher et se réfugiait dans les bois au moindre signe de danger. Accablés par la misère, les impôts et les maladies, les Courcellois en vinrent même à refuser le paiement de la dîme, geste révélateur de l’épuisement d’une communauté confrontée à des exigences insoutenables[49]. Élie Lemal signale qu’en 1673, une marquise fit son entrée à la cour d’Hamal, ancienne seigneurie mentionnée dès le XIIe siècle, événement qui contraste avec la détresse du village voisin. Ce décalage souligne la coexistence, dans un même espace, de pouvoirs seigneuriaux encore actifs et de populations rurales profondément fragilisées par les conflits du règne de Louis XIV[49].

À la fin des années 1670, Courcelles dut encore supporter de lourdes réquisitions militaires. En 1677‑1678, l’ensemble des chariots du village fut mobilisé, et un ordre daté du imposa l’envoi de quinze pionniers ; seuls huit se présentèrent, rémunérés à raison de dix‑huit pattards par jour. Les attelages réquisitionnés assurèrent des transports entre Binche, Mons et Charleroi jusqu’au mois d’août suivant, ce qui accrut encore la pression sur une population déjà éprouvée[49]. Élie Lemal souligne que ces obligations, répétées et souvent brutales, s’inscrivaient dans un contexte de guerre quasi permanente qui désorganisait profondément la vie rurale. Malgré ces contraintes, la communauté conserva quelques moments de réjouissance[50]. Le mariage de François Rachart fut célébré avec un faste inhabituel : les dons agricoles offerts à cette occasion un cheval, deux génisses et quinze poules témoignent de la volonté des habitants de maintenir des formes de solidarité et de convivialité, même au cœur des difficultés. Pour Élie Lemal, cet épisode illustre la résilience d’une société villageoise capable de préserver ses rites et ses liens communautaires malgré les réquisitions, les privations et l’insécurité[51]. Vers 1680, plusieurs unions notables furent conclues à Courcelles, témoignant de la vitalité sociale du village malgré les années de guerre et de réquisitions. Parmi elles, Élie Lemal mentionne le mariage de Jacques Pettre et de Barbe Dufranne, formalisé par un acte particulièrement détaillé[51]. Celui‑ci précisait les obligations familiales, les droits d’héritage et les biens transmis en avancement de mariage, révélant l’importance accordée à la structuration patrimoniale au sein des familles aisées. La famille Pettre, propriétaire de la cense de Benne‑sans‑Fosse, comptait alors parmi les plus fortunées de la région[51]. Leur exploitation, l’une des plus importantes du terroir courcellois, illustre la place centrale que tenaient les grandes fermes dans l’économie locale de la fin du XVIIe siècle. Pour Élie Lemal, ces alliances matrimoniales montrent comment les familles rurales les plus en vue consolidaient leur position par des stratégies d’héritage soigneusement encadrées, dans un contexte où la stabilité économique dépendait étroitement de la transmission des biens fonciers[51].

À Courcelles, la fin du XVIIe siècle demeura marquée par une profonde instabilité. En 1681, les hommes valides furent envoyés comme pionniers à Thuin et à Lobbes afin de renforcer les défenses locales. Élie Lemal note que, la même année, le mayeur d’Hamal, Jean Masquelier, fut condamné à une lourde amende pour avoir refusé de fournir des chariots, faute de personnel disponible, ce qui illustre l’épuisement des ressources humaines dans une région constamment sollicitée par les autorités militaires[52]. En 1694, plusieurs soldats originaires de Courcelles ne rentrèrent pas au pays et furent considérés comme déserteurs. La communauté, consciente de la détresse des familles laissées sans soutien, décida de prendre en charge leur subsistance[52]. Pour Élie Lemal, cette décision témoigne de la solidarité villageoise dans un contexte où les guerres successives, les réquisitions et les déplacements forcés avaient fragilisé l’ensemble de la population. Ces épisodes montrent combien la vie rurale, à la fin du XVIIe siècle, était étroitement conditionnée par les exigences militaires et par les tensions politiques de l’époque, tout en révélant la capacité des Courcellois à s’organiser collectivement pour faire face aux crises[52]. À Rianwelz‑Courcelles, la juridiction locale demeurait particulièrement active à la fin du XVIIe siècle, instruisant une variété d’affaires touchant à la vie communautaire. En 1685, les habitants déposèrent plainte contre les religieux de Liessies, qu’ils accusaient de négliger l’entretien d’un pont situé sur le chemin de Fontaine‑l’Évêque[52]. Élie Lemal souligne que ce litige, porté en appel devant la justice de Mons, se prolongea jusqu’en 1727, révélant la fréquence des conflits de voisinage et la lenteur des procédures judiciaires de l’époque[53]. Cette affaire illustre la manière dont les communautés rurales défendaient leurs droits face aux établissements ecclésiastiques, souvent propriétaires de vastes domaines mais parfois peu soucieux des obligations matérielles liées à leurs possessions[54]. Pour Élie Lemal, la durée exceptionnelle de ce procès témoigne de la complexité des rapports entre Courcelles, les abbayes voisines et les autorités judiciaires du Hainaut, dans un contexte où les infrastructures locales chemins, ponts, passages conditionnaient directement la vie économique et sociale du village[54].

Les comptes de 1693 indiquent que Courcelles, Hamal et Rianwelz regroupaient alors soixante‑dix‑sept ménages soumis à une taille commune. Le terroir d’Hamal conservait le privilège d’élire son propre maïeur et participait aux dépenses collectives, notamment l’entretien de la cloche, la rémunération de la sage‑femme ou encore l’accueil des troupes[55]. Élie Lemal souligne qu’une imposition levée en 1696 pour financer la guerre atteignit 1 911 livres, somme considérable pour une communauté déjà éprouvée par les réquisitions. Les autorités locales devaient en outre négocier les fournitures exigées par les commandants militaires : jambons, volailles, moutons, autant de denrées prélevées sur des réserves villageoises déjà fragilisées[55]. L’exploitant houiller Valentin Mascaux fut même contraint de livrer l’intégralité de son charbon à l’armée hollandaise, ce qui paralysa temporairement son activité. Après ces décennies troublées, Élie Lemal note que les archives deviennent moins riches en événements marquants à l’approche du XVIIIe siècle, signe d’un relatif apaisement après une longue période de tensions militaires, de charges fiscales et de désorganisation économique[55].

XVIIIe siècle

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Au début du XVIIIe siècle, la communauté de Courcelles continua de participer aux événements marquants de la région. En 1707, la mort de la princesse de Croÿ entraîna la présence officielle du village à ses funérailles, où Robert Dussart représenta la communauté[56]. Élie Lemal souligne que cette participation témoigne du rôle reconnu des autorités locales dans les cérémonies nobiliaires. Les voies de circulation, fortement détériorées par le passage des armées et les transports agricoles, nécessitaient alors des réglementations strictes[56]. En 1717, l’empereur Charles VI limita le chargement des chariots et imposa des taxes de passage aux barrières locales, notamment celles du Trieu, de Forrière et de la porte de Gouy. Ces mesures visaient à préserver des chemins devenus essentiels pour les échanges économiques et les déplacements militaires[56]. Courcelles était également connu pour l’auberge Saint‑Lambert, tenue par Bizet dit « Précieux ». Élie Lemal rappelle qu’elle était considérée comme la plus ancienne maison de la rue Carnière, lieu de sociabilité important dans un village où les infrastructures publiques demeuraient limitées[56]. La famine de 1709 frappa durement Courcelles et ses environs. Élie Lemal rappelle que les autorités durent interdire la distillation, restreindre l’usage des céréales et organiser des patrouilles pour contenir le vagabondage, signe d’une crise sociale profonde. Les cultivateurs furent contraints d’acheminer leurs grains vers la forteresse de Charleroi afin de les soustraire aux troupes en campagne, mesure qui accentua encore les difficultés locales[57]. En 1727, une taille de 1 422 livres fut levée pour apurer les dettes de la communauté envers la veuve du conseiller Robert et pour répondre aux réquisitions du duc d’Arenberg[58]. Pour Élie Lemal, cette imposition illustre la persistance des charges financières pesant sur les villages hennuyers au début du XVIIIe siècle, dans un contexte où les crises climatiques, les exigences militaires et les dettes accumulées continuaient de façonner la vie communautaire[58].

Au début du XVIIIe siècle, l’église de Courcelles, très dégradée, fit l’objet d’une longue procédure. En 1724, Jean Baudoux mena une pétition pour obtenir sa réparation, initiative relayée par plusieurs notables qui engagèrent un recours judiciaire. Élie Lemal souligne qu’après de nombreuses démarches, une sentence imposa finalement un partage des frais entre l’abbaye de Bonne‑Espérance et la communauté locale[58]. Les travaux furent confiés à l’ardoisier Delgouffre et au charpentier Piret, témoignant de l’importance accordée à la restauration de cet édifice central pour la vie paroissiale. À la même époque, les limites des propriétés demeuraient souvent matérialisées par des haies ou des fossés[59]. Un bornage du bois du Roi réalisé en 1757 en fournit un exemple précis, montrant que les pratiques de délimitation héritées du Moyen Âge restaient encore largement en vigueur. Pour Élie Lemal, ces éléments illustrent la continuité des usages ruraux dans un terroir où les structures foncières évoluaient lentement, malgré les transformations administratives du XVIIIe siècle[60]. Jusqu’en 1759, le ruisseau de Claires‑Fontaines ne pouvait être franchi qu’à gué, ce qui compliquait les déplacements entre les différents terroirs de Courcelles. La construction d’un pont mobilisa d’importants travaux de terrassement, de maçonnerie et de production de matériaux, révélant l’ampleur des efforts nécessaires pour moderniser les infrastructures locales[60]. Élie Lemal souligne que ce chantier s’inscrit dans une période où les communautés rurales cherchaient à améliorer leurs voies de communication, longtemps dégradées par les passages militaires et les usages agricoles. Cette même époque fut marquée par un litige opposant la communauté au marquis de Courcelles au sujet des revenus du « Sartis »[60]. Après examen des archives et des droits anciens, la justice reconnut en 1762 les prétentions de la communauté, confirmant sa capacité à défendre ses intérêts face au pouvoir seigneurial. Pour Élie Lemal, cette affaire illustre la persistance des tensions autour des terres et des revenus ruraux, ainsi que l’importance des procédures judiciaires dans la régulation des rapports entre villageois et nobles[60].

Au milieu du XVIIIe siècle, la vie quotidienne à Courcelles demeurait ponctuée d’incidents et de contraintes. En 1760, l’affaire d’un cheval mutilé entraîna une mise à la honte publique des coupables à la sortie de la messe, pratique courante pour les délits mineurs. Élie Lemal rappelle que ce type de sanction, fondé sur l’exposition au regard de la communauté, jouait un rôle essentiel dans la régulation sociale[61]. Entre 1761 et 1763, la présence de soldats chargés de lever des recrues imposa à la population des charges d’hébergement, tandis que des maladies frappaient durement le bétail, aggravant les difficultés économiques. En 1763, un enfant trouvé, Marie‑Catherine Dondie, fut confié à un habitant selon le système d’adjudication à raval‑coups[62]. Ce dispositif fixait minutieusement les obligations d’entretien, d’habillement et de surveillance, illustrant la manière dont les communautés rurales organisaient la prise en charge des enfants abandonnés[63]. Pour Élie Lemal, ces épisodes montrent une société villageoise soumise à des pressions militaires et sanitaires, mais capable de maintenir des formes de justice locale et de solidarité encadrée, caractéristiques du fonctionnement communautaire dans les campagnes hennuyères du XVIIIe siècle[63]. Au XVIIIe siècle, les relations entre les Courcellois et leur marquis oscillaient entre respect et tensions ponctuelles. Élie Lemal rapporte qu’à l’occasion du retour du seigneur après une campagne, les habitants tirèrent des salves de poudre pour lui rendre hommage[63]. Jean‑Baptiste Molle s’était procuré des réserves de poudre durant la nuit afin de permettre cette démonstration de loyauté, signe de l’importance accordée aux gestes cérémoniels dans la sociabilité villageoise[63]. Un instrument de mesure prêté pour l’organisation de ces salves fut toutefois brisé, ce qui obligea la communauté à indemniser son propriétaire[63]. Pour Élie Lemal, cet épisode illustre la coexistence, dans les rapports entre villageois et seigneur, de marques de déférence et de petites frictions matérielles, caractéristiques du fonctionnement des communautés rurales de l’époque[63]. Touché par l’hommage que lui avaient rendu ses administrés, le marquis convoqua le maïeur et les échevins au château. Élie Lemal rapporte qu’il les reçut dans l’oratoire, leur offrant du vin tout en évoquant ses campagnes militaires. Les représentants de Courcelles profitèrent de cette entrevue pour rappeler la lourde charge fiscale pesant sur la communauté : taxes par maison, par feu, par cheminée, par superficie, auxquelles s’ajoutait la dîme. Ces prélèvements, déjà considérables, avaient été aggravés par les réquisitions imposées lors de l’occupation française de 1745[63].

Après le traité d’Aix‑la‑Chapelle en 1748, la Belgique repassa sous domination autrichienne et Charles de Lorraine fut envoyé comme gouverneur. Selon Élie Lemal, cette période inaugura une phase de stabilité propice au travail agricole[64]. Les terres étaient alors réparties entre plusieurs grands domaines : les héritages seigneuriaux de Rianwelz et d’Hamal, la terre d’Erguignies, les biens religieux, ainsi qu’une cinquantaine de bonniers appartenant à la « table des communs pauvres ». Ces derniers étaient loués tous les six ans en nature, selon des tarifs exprimés en rasures, quartiers ou pintes de céréales[64]. Certains locataires, tels que l’abbaye de Bonne‑Espérance ou le marquis de Châteler, s’acquittaient de leurs redevances en blé, en drap ou en argent, et bénéficiaient du droit de bâtir moyennant paiement. Pour Élie Lemal, cette organisation foncière illustre la complexité des régimes de propriété dans le Courcelles du XVIIIe siècle, où se mêlaient domaines seigneuriaux, biens ecclésiastiques et terres communautaires destinées à soutenir les plus pauvres[64]. Au XVIIIe siècle, l’agriculture courcelloise reposait principalement sur le froment, le seigle, l’avoine, les légumineuses et le lin, tandis qu’environ la moitié du territoire demeurait boisée. Courcelles, Rianwelz et Hamal formaient alors des juridictions distinctes, chacune dotée de son propre maïeur, même si Courcelles assurait la tenue des comptes communs, Hamal ne participant qu’à hauteur d’un quart[64]. Élie Lemal souligne que les registres de 1768 et 1770 détaillent les dépenses liées au logement des soldats, aux patrouilles, aux réparations publiques ou encore aux secours accordés aux plus pauvres[65]. Les troupes de passage, les recruteurs et les escortes de déserteurs imposaient des charges constantes à la population, dans un contexte de guerres fréquentes qui pesaient lourdement sur les ressources locales[66]. Certains soldats restaient des années sans nouvelles de leur famille ; Élie Lemal cite notamment le cas de Lemal de Souvret, revenu après huit ans de campagne et à peine reconnu par les siens. Ces éléments témoignent d’une communauté rurale soumise à des pressions militaires récurrentes, mais capable de maintenir une organisation administrative structurée et une économie agricole diversifiée, malgré les contraintes du temps[66].

À la fin du XVIIIe siècle, la vie locale à Courcelles demeurait animée par une série d’événements variés. Élie Lemal mentionne notamment des chasses aux sangliers dans les bois, l’organisation de patrouilles destinées à protéger le village contre les pillards, ainsi que le passage régulier de régiments qui imposaient des charges d’hébergement et de surveillance[67]. La gestion administrative se faisait en lien étroit avec Binche, tandis que de nouvelles activités économiques apparaissaient : l’introduction de la culture du tabac vers 1774 et les débuts du brassage à Rianwelz témoignent d’une diversification progressive du terroir. Les habitants sollicitèrent également l’agrandissement de l’église, signe d’une communauté soucieuse d’adapter ses infrastructures à une population en évolution[68]. Les séances scabinales se tenaient alors chez la veuve Lechien, lieu où se réglaient les affaires judiciaires et administratives du village. Les comptes de la période mentionnent des dépenses liées aux processions, aux réparations de chemins, à l’aménagement de passages ou encore à l’entretien du corps de garde chargé de prévenir les désertions, reflet d’un contexte où les obligations militaires demeuraient omniprésentes[68]. Pour Élie Lemal, ces éléments montrent une communauté rurale dynamique, confrontée à des contraintes récurrentes mais capable de maintenir une organisation collective solide, d’entretenir ses infrastructures et d’intégrer de nouvelles pratiques agricoles et artisanales à la veille des bouleversements du XIXe siècle[68]. La vente de biens communaux permit d’effectuer deux distributions d’argent aux habitants, en 1774 puis en 1780. Élie Lemal note que la communauté adopta également un enfant trouvé, nommé Siméon, dont elle assuma l’entretien selon les usages de prise en charge collective encore en vigueur. En 1782, la cloche de l’église fut refondue et une baraque d’octroi installée sur la grand‑route, signe d’une volonté de renforcer à la fois les infrastructures paroissiales et les moyens de contrôle fiscal[69]. Malgré ces initiatives, la population vivait dans une grande pauvreté. Les maisons, basses et couvertes de chaume, étaient souvent dépourvues de fenêtres ; l’insalubrité y favorisait une mortalité infantile élevée. Pour y remédier, une sage‑femme fut désignée pour assister les familles les plus démunies, et l’on imposa l’éloignement des latrines afin de limiter les risques sanitaires[70]. Autour de 1780, l’abolition progressive des corvées et de certains droits seigneuriaux marqua les débuts d’une émancipation encore limitée. Élie Lemal souligne toutefois que la dîme demeurait une source persistante de mécontentement et de résistances croissantes, révélant les tensions entre les communautés rurales et les détenteurs de droits féodaux à la veille des bouleversements de la fin du siècle[70].

En 1786, un recensement établit que Rianwelz et Courcelles comptaient 1 598 habitants, dont une proportion particulièrement élevée d’enfants de moins de dix ans. La seigneurie d’Hamal ne regroupait que quarante‑six personnes, réparties entre plusieurs exploitations agricoles tenues par les familles Monnoyer, Dumonceau, Dassonville et Taminiaux, entourées de domestiques et de servantes[71]. Élie Lemal souligne que cette organisation reflète la structure sociale d’un terroir où les grandes fermes demeuraient les pôles essentiels de la vie économique. Deux ans plus tard, une épidémie frappa Courcelles et obligea les autorités locales à mobiliser des fonds pour secourir les nombreux malades[72]. Les ressources étant rapidement épuisées, le curé Despiennes et les responsables des villages voisins décidèrent de vendre les anciens objets de l’église Saint‑Lambert, récemment restaurée. L’adjudication publique dispersa divers matériaux, meubles et ustensiles, témoignant de la gravité de la crise et de la nécessité pour la communauté de recourir à des solutions exceptionnelles[72]. Pour Élie Lemal, ces épisodes illustrent la fragilité des équilibres démographiques et économiques à la fin du XVIIIe siècle, dans un contexte où les villages de la région de Courcelles devaient sans cesse adapter leurs ressources pour faire face aux maladies, aux charges administratives et aux besoins croissants d’une population en expansion[72].

Courcelles ne disposait que d’un seul médecin, le docteur Gilmont, rémunéré non seulement pour ses consultations, mais aussi pour avoir conversé en latin avec des officiers royaux, pratique qui témoignait du prestige associé à la maîtrise de cette langue. Élie Lemal souligne que la communauté devait également financer diverses prestations ponctuelles : musique liturgique lors du retour des troupes, ou encore sonnerie des cloches à la mort du marquis de Chasteler, autant de dépenses reflétant l’importance des rites publics dans la vie villageoise[73]. Après la disparition de Charles de Lorraine et de Marie‑Thérèse, les réformes de Joseph II suscitèrent un vif mécontentement dans la région. En , les autorités locales furent chargées de rechercher des déserteurs supposés, mobilisant fusiliers, patrouilles et habitants, sans qu’aucun fugitif ne soit finalement découvert[74]. Pour assurer l’accueil des soldats déployés, la communauté confia à Bizet, dit « Précieux », la tâche de fournir à boire, illustrant la manière dont les obligations militaires continuaient de peser sur les ressources locales[74]. Selon Élie Lemal, ces épisodes montrent une société rurale soumise à des charges administratives et militaires constantes, mais capable de maintenir une organisation collective, d’assurer les services essentiels et de répondre aux exigences du pouvoir central malgré des moyens limités[74].

En , une trentaine de cavaliers d’artillerie campèrent à Nolichamps afin de prévenir les troubles et de saisir un journal interdit. Élie Lemal souligne que leur présence ne se limita pas à cette mission : ils contrôlèrent également la sortie des grains et réquisitionnèrent plusieurs habitants pour extraire du charbon, imposant une charge supplémentaire à une population déjà éprouvée par les réformes et les tensions politiques[74]. À partir de 1788, l’insécurité s’accentua. Des bandes de pillards, surnommés les « chats », tentèrent de pénétrer dans plusieurs fermes, tandis que des groupes venus d’autres localités coupaient les épis le long du chemin de Nivelles à Roux, malgré l’instauration d’une patrouille permanente[74]. La Révolution brabançonne atteignit alors le Hainaut : certains habitants de Courcelles, dont Dubois et Masquelier, rejoignirent les insurgés de Vander Noot. Le , un appel officiel au calme fut proclamé à la sortie de la grand‑messe. Élie Lemal note que cette lecture publique, loin d’apaiser les esprits, ne fit qu’attiser l’exaspération d’une population déjà fragilisée par les réquisitions, les désordres et l’insécurité croissante[75].

Époque contemporaine

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La révolution et la période française

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À la fin de l’année 1789, les États du Hainaut s’unissent dans un mouvement fédératif qui, au début de , conduit à leur participation à la création des États belgiques unis, une confédération destinée à préserver les autonomies locales face au pouvoir impérial[76]. Selon Élie Lemal, cette organisation militaire repose sur la mobilisation de tous les hommes valides, répartis par cantons. Courcelles, Rianwelz et Hamal sont alors intégrés au canton de Mariemont, chacun des villages disposant d’un encadrement militaire complet. Les volontaires se rassemblent près de l’église à l’appel du signal et reçoivent une solde journalière[76]. Courcelles fournit quarante‑deux hommes, identifiables par une banderole portant le nom du village, détail que Lemal souligne dans son ouvrage[76]. L’épisode révolutionnaire prend fin en 1790 lorsque l’empereur propose un accord de paix et que le congrès reconnaît Charles comme héritier légitime des provinces, rétablissant ainsi l’autorité autrichienne[76]. Les années suivantes sont marquées par une dégradation générale des conditions de vie, aggravée par la guerre opposant la France révolutionnaire à l’Autriche[76]. Après la victoire française de Jemappes en 1792, puis leur revers à Neerwinden en 1793, le Hainaut passe alternativement sous domination française et autrichienne. La bataille de Fleurus, en 1794, scelle définitivement l’annexion des provinces par la France. À cette époque, comme le rapporte Élie Lemal, Courcelles, Rianwelz et Hamal sont administrativement regroupés sous l’appellation de Mairie de Courcelles, nouvelle entité imposée par l’organisation territoriale française[76]. Entre 1793 et 1794, la commune traverse une période de fortes contraintes liées à la succession des armées qui occupent le territoire. Les autorités locales sont tenues d’héberger cavalerie et infanterie, de fournir des chevaux, des chariots, de la paille, des vivres et divers matériaux nécessaires aux troupes. Les réquisitions deviennent presque quotidiennes, phénomène que Élie Lemal décrit comme l’une des charges les plus lourdes imposées aux villages du Hainaut durant ces années de guerre[77]. Les habitants sont régulièrement mobilisés pour des travaux de pionniers, tandis que les officiers exigent l’organisation de patrouilles, procèdent à des perquisitions et établissent des inventaires détaillés des biens disponibles. Les objets métalliques, jugés utiles à l’effort militaire, sont systématiquement enlevés[78]. Après , lorsque les forces françaises prennent définitivement le contrôle de la région, les réquisitions se concentrent sur les grains, les fourrages et les chevaux[78]. Les paiements, lorsqu’ils sont effectués, se font en assignats dont la valeur ne cesse de diminuer, ce qui accentue la précarité des habitants. Lemal signale également que certains convois destinés à Namur sont pillés en chemin, contraignant la commune à remplacer les marchandises perdues, ce qui alourdit encore les obligations imposées à la population[78].

En 1794‑1795, la charge fiscale imposée à la commune s’accroît encore, au moment même où la population, appauvrie par les années de guerre, peine à satisfaire les exigences des autorités. Celles‑ci instaurent des corvées quotidiennes destinées aux travaux militaires et procèdent à la confiscation des derniers chevaux de monture, mesure que Élie Lemal signale comme particulièrement éprouvante pour les habitants[79]. Dans ce climat de contrainte, un arbre de la Liberté est planté en , conformément aux pratiques symboliques de la Révolution française. Toutefois, l’adhésion populaire demeure limitée, et le symbole disparaît en 1815, au terme de la période napoléonienne[80]. La situation alimentaire devient critique, au point que la municipalité se voit contrainte de contracter un emprunt pour acquérir du grain destiné aux habitants les plus démunis. Lemal souligne que cette initiative, bien que exceptionnelle, témoigne de l’ampleur de la famine et de la difficulté des autorités locales à répondre aux besoins essentiels de la communauté[81]. À la fin du XVIIIe siècle, l’occupation française impose à Courcelles un ensemble de réquisitions et de violences qui ne s’atténue qu’avec la transformation de la République en Empire napoléonien. La commune est contrainte de fournir chevaux, bétail, vivres et matériel, pour une valeur totale estimée à plus de 91 000 florins. Élie Lemal souligne que ces prélèvements forcés constituent l’une des charges les plus lourdes supportées par la population locale durant cette période[81]. Les rapports administratifs mentionnent également que les passages répétés des troupes provoquent une prolifération inhabituelle de fourmis et de limaces, entraînant la destruction complète des récoltes. Deux fermes sont en outre incendiées, témoignant de l’ampleur des dommages subis par le territoire[81]. Malgré un apaisement relatif sous le régime impérial, les autorités françaises continuent d’imposer des contributions exceptionnelles. En l’an III, Courcelles est ainsi taxée de 1 000 livres dans le cadre d’un impôt de 500 000 livres frappant l’ensemble du district de Binche. Lemal note que cette fiscalité supplémentaire s’ajoute à des années de réquisitions, de pertes agricoles et de destructions, accentuant encore les difficultés économiques de la commune[81].

La crise économique touche l’ensemble de la population courcelloise. Les fermiers, déjà ruinés par les réquisitions et les destructions liées aux passages de troupes, ne sont pas les seuls à souffrir : les ouvriers agricoles, les cloutiers et les charbonniers vivent dans une pauvreté extrême. Selon Élie Lemal, beaucoup dépendent entièrement de l’assistance publique pour obtenir du combustible, de la nourriture ou des vêtements, signe de l’effondrement des moyens de subsistance traditionnels[81]. En l’an X, la municipalité doit encore prendre en charge l’équipement des conscrits, obligation qui pèse lourdement sur un budget communal déjà exsangue. Pour tenter de soutenir les habitants, les autorités locales décident de vendre les arbres bordant les routes. Le produit de cette vente, soit 1 455 florins, est ensuite redistribué entre les familles les plus touchées par la misère. Lemal souligne que cette mesure, bien que modeste, illustre les efforts de la commune pour atténuer les effets d’une crise sociale et économique persistante[82]. Dans la nuit du 30 au , un ouragan d’une intensité exceptionnelle frappe Courcelles et les localités voisines. La violence du phénomène arrache la quasi‑totalité des toitures en chaume et provoque la destruction de nombreuses habitations. Élie Lemal rapporte que cet épisode météorologique, considéré comme l’un des plus dévastateurs de la région au tournant du XIXe siècle, laisse la population dans une situation de détresse matérielle profonde[83]. Pour faire face à l’ampleur des dégâts et soutenir la reconstruction, la commune décide de liquider certains terrains communaux et de vendre du bois[83]. Le produit de ces ventes permet de financer les réparations les plus urgentes et d’aider les familles dont les maisons ont été entièrement ou partiellement détruites. Lemal souligne que ces mesures, bien que limitées, témoignent de l’effort collectif engagé pour restaurer les infrastructures locales après une catastrophe naturelle d’une rare violence[83].

À partir de 1813, la situation militaire se détériore de nouveau dans la région. Les armées en mouvement traversent Courcelles à plusieurs reprises, imposant des réquisitions de fourrage, d’avoine, de matériel et de vivres. Élie Lemal souligne que ces prélèvements, déjà fréquents durant les décennies précédentes, reprennent alors une ampleur considérable[83]. L’hébergement de trois déserteurs cachés dans le village entraîne l’envoi d’un détachement de vingt‑et‑un soldats, dont le séjour coûte 214 livres à la commune, aggravant encore les charges imposées à une population déjà éprouvée[83]. Les autorités militaires adressent régulièrement des avertissements au mayeur, exigeant des livraisons immédiates de vivres et menaçant de laisser la troupe « fourrager » dans le village en cas de refus[84]. Certaines demandes sont totalement irréalisables : en , une seule réquisition réclame plusieurs tonnes de céréales, de foin, de vin et de viande, quantités que Courcelles est incapable de fournir. Lemal note que ces exigences, disproportionnées par rapport aux ressources disponibles, illustrent la pression extrême exercée sur les communes du Hainaut à la fin des guerres napoléoniennes[85]. En , Courcelles est de nouveau confrontée aux exigences militaires, cette fois imposées par des hussards de la Légion russo‑allemande cantonnés à Fontaine‑l’Évêque. Ces troupes réclament à intervalles réguliers des contributions en argent, en foin ou en paille, ajoutant une charge supplémentaire à une population déjà éprouvée par les réquisitions des années précédentes. Élie Lemal souligne que ces prélèvements, bien que moins violents que ceux observés durant les campagnes napoléoniennes antérieures, s’inscrivent dans une continuité de pressions exercées sur les communes du Hainaut[85]. C’est également à cette période que le nouveau sceau communal est utilisé pour la première fois, marquant une étape administrative importante dans l’histoire locale[85]. Le mayeur reçoit l’obligation de porter une médaille officielle à la boutonnière, signe de son rôle et de son autorité au sein de la commune. Lemal note que cette formalisation des symboles municipaux accompagne les transformations administratives introduites par les autorités étrangères, qui cherchent à structurer et contrôler plus étroitement les institutions locales[85].

Au début du XIXe siècle, les tensions politiques et militaires qui traversent la région ont également des répercussions sur la vie sociale. Les troubles favorisent un relâchement des comportements, ce qui conduit l’administration locale à renforcer la réglementation des cabarets. Élie Lemal indique que les autorités imposent une limitation stricte des heures d’ouverture et interdisent aux tenanciers de retenir des jeunes filles dans les arrière‑salles, pratique jugée contraire aux bonnes mœurs[86]. Pour garantir l’application de ces mesures, des patrouilles sont organisées régulièrement, chargées de contrôler les établissements et de sanctionner les infractions[87]. Les contrevenants s’exposent à des amendes, mais les autorités locales elles‑mêmes peuvent être pénalisées si elles se montrent trop indulgentes. Lemal souligne que cette politique de surveillance accrue témoigne de la volonté des responsables communaux de maintenir l’ordre public dans un contexte où les tensions politiques et militaires fragilisent les structures sociales traditionnelles[87]. Durant la campagne de 1814, plusieurs soldats russes, malades ou blessés, sont laissés dans différents villages de la région, dont une douzaine à Courcelles. Élie Lemal rapporte qu’un incident survient lorsque deux voituriers chargés de conduire ces hommes vers Châtelet abandonnent leur convoi à Gilly pour se rendre dans les cabarets[87]. La commune doit alors dépêcher deux remplaçants, tandis que les fautifs sont condamnés à de lourdes corvées et à loger deux garnissaires pendant huit jours, sanction prononcée le par le sous‑intendant De Glimmes. Cet épisode illustre, selon Lemal, la difficulté des autorités locales à maintenir l’ordre dans un contexte de circulation constante de troupes étrangères[87]. L’année suivante, le , le commandement prussien exige l’envoi de huit bûcherons courcellois, munis d’outils réglementaires, afin de couper du bois destiné au chauffage des troupes stationnées près de Fleurus[87]. Ces ouvriers rejoignent ceux de Jumet pour travailler dans les bois de Gosselies. Les réquisitions de 1815 atteignent un coût total de 9 466 florins et touchent durement 169 familles, ce que Lemal décrit comme l’une des charges les plus lourdes imposées à la commune à la fin des guerres napoléoniennes[88].

Après les combats de 1815, les champs de Courcelles sont parcourus par des habitants qui récupèrent armes et équipements abandonnés. Élie Lemal indique que cette pratique donne naissance à un petit commerce local : certains marchands rachètent cuirasses et fusils pour trois francs pièce, profitant de l’abondance de matériel militaire laissé sur le terrain. Cette activité, bien que marginale, témoigne de la manière dont la population tente de tirer parti des vestiges de la campagne[89]. Le passage annoncé d’un général prussien, le , conduit la commune à dresser un état précis de ses chemins. Les voies, non pavées et composées d’argile, sont souvent impraticables en dehors des périodes de sécheresse[89]. Plusieurs secteurs présentent des zones marécageuses, notamment à la Motte et à la Grippelotte. Sur ordre des autorités militaires, Courcelles doit stabiliser ces passages en utilisant des baliveaux et de la terre sablonneuse, afin de permettre la circulation des troupes. Lemal souligne que ces travaux, imposés dans l’urgence, illustrent les contraintes logistiques auxquelles les communes du Hainaut sont soumises à la fin des guerres napoléoniennes[89].

La période hollandaise

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Un arrêté royal du introduit un droit de passage pour les voituriers franchissant les barrières routières, assorti de sanctions sévères en cas de fraude. Cette mesure, appliquée dans l’ensemble du royaume, vise à encadrer plus strictement la circulation et à renforcer les recettes publiques[89]. Élie Lemal souligne que ces contrôles, souvent perçus comme contraignants par les populations rurales, s’inscrivent dans un contexte de réorganisation administrative après les guerres napoléoniennes. Les tarifs imposés aux barrières sont révisés en 1849, et les recettes augmentent progressivement[89]. En 1856, les barrières de Forrière et de la rue de Seneffe rapportent respectivement 210 et 800 francs, témoignant de l’importance du trafic local et du rôle économique de ces points de contrôle[89]. Malgré la création d’un fonds d’aide par le souverain hollandais destiné à indemniser les communes touchées par les réquisitions et les dommages antérieurs, aucun habitant de Courcelles ne parvient à obtenir une compensation. Lemal note que cette absence d’indemnisation contribue à un sentiment durable d’injustice parmi les familles qui avaient subi les charges les plus lourdes durant les décennies précédentes[90]. Le décret impérial du définit l’organisation des élections dans le canton de Fontaine‑l’Évêque, en précisant la composition des sections locales et les modalités de prestation de serment des responsables. À Courcelles, la sixième section est présidée par Pierre‑Joseph Monnoyer, qui prête serment le devant Auguste Maghe[91]. Élie Lemal souligne que cet engagement officiel, formulé en faveur du respect des lois de l’Empire et de la régularité des opérations électorales, illustre la volonté des autorités napoléoniennes de structurer étroitement la vie politique locale[92]. Le droit de vote est alors strictement limité : il n’est accordé qu’aux dix contribuables les plus imposés, aux dix habitants les plus âgés de chaque commune et aux cent plus imposés du département[92]. À Courcelles, les principaux contribuables comprennent notamment Fontaine Thomas, Cambier Pierre, Dassonville Jean‑François ou encore Bizet Pierre. Les doyens de la localité, presque tous journaliers ou tisserands, sont âgés de 81 à 91 ans, ce que Lemal interprète comme un signe de la longévité remarquable de certains habitants malgré les conditions économiques difficiles de l’époque[93].

Le recensement réalisé dans le cadre des opérations électorales de 1813 dénombre 400 maisons et 2 218 habitants répartis entre Courcelles, le Trieu de Reguignies, Hamal, la Motte, les Sartis, le Trieu‑des‑Agneaux, Forrière et Rianwelz. Élie Lemal précise que la commune compte alors 16 miliciens, 4 volontaires et environ 300 hommes aptes au travail[94]. Les terres agricoles produisent escourgeon, froment, seigle, avoine, trèfle, pommes de terre et fourrage, tandis que le cheptel comprend 110 chevaux, 190 bovins, 400 moutons et 80 porcs. La cense d’Hamal, l’une des exploitations les plus importantes du territoire, s’étend sur 104 bonniers, ce qui témoigne de la place centrale de l’agriculture dans l’économie locale[94]. Sous l’administration hollandaise, les habitants de Courcelles manifestent une forte réticence à acquitter les taxes imposées sur la mouture, l’abattage et diverses accises. La résistance est telle que les autorités locales doivent rappeler, en , que des soldats seront logés chez les retardataires si les paiements ne sont pas effectués[94]. Lemal rapporte que certains villageois développent des stratagèmes pour contourner l’impôt : un nommé Dubois est notamment réputé pour abattre les porcs sans provoquer de cris, afin d’éviter la taxe associée à l’abattage. Cet épisode illustre, selon l’auteur, la tension persistante entre les obligations fiscales et les moyens limités d’une population encore marquée par les difficultés des décennies précédentes[94].

En 1823, un incendie ravage la ferme de Jean Moreau, qui, faute d’assurance, se retrouve totalement ruiné. L’année suivante, il ne reçoit qu’un secours limité de 124 florins, montant que Élie Lemal décrit comme insuffisant pour compenser la perte d’une exploitation agricole complète. Le territoire de Courcelles, riche en charbon, offre cependant à plusieurs familles la possibilité d’extraire et de vendre la houille[94]. Les mineurs, mieux rémunérés que les cloutiers, jouissent d’un niveau de vie relativement confortable, ce qui entraîne parfois des excès dans les cabarets et une recrudescence de comportements jugés problématiques par les notables locaux. Face à ces débordements, l’administration communale adopte en 1826 une série de mesures destinées à encadrer plus strictement les établissements publics[95]. Il devient interdit de servir des boissons aux ivrognes et de danser dans les estaminets, décisions prises à la suite de nombreuses plaintes émanant de pères de famille et de notables. Lemal souligne que ces restrictions témoignent de la volonté des autorités de préserver l’ordre moral dans un contexte où l’essor de l’activité minière modifie les habitudes sociales et les comportements collectifs[96]. En 1826, une violente chute de grêle frappe une partie du territoire de Courcelles, provoquant d’importants dégâts agricoles. Élie Lemal rapporte que quarante‑huit exploitants sont touchés, leurs pertes étant évaluées à plus de 2 300 florins pour une quarantaine de bonniers de céréales. Les cultures, déjà fragilisées par les aléas climatiques des années précédentes, subissent une destruction massive, entraînant une diminution notable des récoltes et accentuant les difficultés économiques de nombreuses familles. Cet épisode météorologique, l’un des plus sévères de la décennie, illustre la vulnérabilité persistante du monde rural face aux catastrophes naturelles[96].

L'indépendance belge

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À l’approche de 1830, le mécontentement envers le régime hollandais s’intensifie dans l’ensemble du pays, et Courcelles n’échappe pas à cette dynamique. La commune participe au mouvement révolutionnaire en envoyant dix‑huit soldats équipés et neuf volontaires, intégrés à une compagnie commandée par Thomas. Élie Lemal souligne que ce contingent, modeste mais déterminé, reflète l’engagement local en faveur de l’insurrection[96]. Parmi les volontaires figurent notamment les frères Delbèque, dont l’un échappe de peu à la mort lors des combats, ainsi que Charles Thiélé, surnommé Crolé du Prussien. Originaire de Dantzig, Thiélé se distingue à Bruxelles et poursuit les troupes ennemies jusqu’au‑delà de Louvain, épisode que Lemal décrit comme emblématique de l’ardeur patriotique manifestée par certains Courcellois durant les journées révolutionnaires[97]. À l’approche de 1830, le mécontentement envers le régime hollandais s’accentue, poussant les communes à s’organiser pour soutenir l’insurrection naissante. À Courcelles, une commission locale est créée, rattachée à celle de Gilly, afin d’encourager l’enrôlement et de surveiller les mouvements des troupes hollandaises[98]. Élie Lemal précise qu’une patrouille permanente est également mise en place : elle a pour mission de sonner le tocsin en cas d’alerte, signe de la vigilance accrue qui règne alors dans la région[98]. Après les combats de septembre, les volontaires courcellois demeurent à Bruxelles. Depuis la capitale, ils adressent plusieurs lettres à l’administration communale pour décrire la situation politique et militaire, tout en sollicitant une aide financière destinée à subvenir à leurs besoins. Lemal souligne que ces correspondances témoignent de l’engagement durable des insurgés locaux et de la solidarité que la commune tente de maintenir malgré les incertitudes de la période révolutionnaire[98].

À la suite de l’installation du gouvernement provisoire en 1830, Courcelles est tenue de contribuer à l’approvisionnement de Charleroi en céréales, tandis que l’achat de grains est soumis à une autorisation spéciale. Élie Lemal souligne que, malgré ces mesures de contrôle, les troubles persistent dans la région. En octobre, plusieurs centaines d’habitants de Roux et de Jumet dont certains armés envahissent Courcelles pour inspecter les réserves de grains, convaincus que des stocks sont dissimulés[99]. Ils fouillent notamment la maison du maître de poste Fontaine, puis se rendent chez un marchand de grains et au presbytère, persuadés d’y trouver des provisions cachées. Lemal note que cet épisode illustre la tension extrême qui règne alors autour du ravitaillement, dans un contexte où la crise politique et les pénuries alimentent la méfiance entre communes voisines[100]. La situation dégénère rapidement lorsque la foule, qui finit par dépasser le millier de personnes, parcourt Courcelles et ses environs pour s’emparer de grains. Des habitants de localités voisines notamment de Courcelles, Roux et Jumet se mêlent au mouvement, plusieurs étant armés. Élie Lemal souligne que cette agitation, nourrie par la pénurie et la méfiance, prend l’allure d’une véritable expédition de réquisition populaire[100]. Divers groupes fouillent d’abord la cure et plusieurs maisons sans y trouver de provisions, puis se rendent chez le meunier Mouton, où ils s’emparent d’une charretée de seigle : parfois payée à un tarif imposé par les pillards, parfois emportée sans paiement. Le bourgmestre Monnoyer est lui aussi contraint de céder le peu de grain qu’il possède, selon une taxe fixée par les émeutiers[100]. D’autres bandes démolissent une partie du grenier du fermier Taminiaux pour s’emparer d’environ soixante mesures non payées, ainsi que de quantités supplémentaires de seigle vendues à prix réduit. Lemal note que cet épisode illustre la tension extrême qui entoure le ravitaillement en 1830, dans un contexte où la crise politique exacerbe les comportements de survie collective[101].

Pendant ces troubles, la demeure de Grégoire est envahie par des groupes en quête de grains. Sa femme est malmenée et frappée, tandis que les émeutiers exigent que les mesures soient prises selon l’ancienne unité locale. Lorsque Grégoire rentre chez lui, il doit laisser mesurer et emporter environ six cents mesures de froment et de seigle, opération qui se poursuit jusque tard dans la soirée. Élie Lemal souligne que cette scène illustre la violence et la désorganisation qui accompagnent les réquisitions populaires de 1830[102]. Chez Madame Bronchain, cent cinquante mesures de vieux froment sont saisies à un prix dérisoire, et la foule devient si dense qu’il devient impossible de circuler dans la maison. L’assesseur Fontaine parvient à détourner une partie des émeutiers en distribuant les quelques mesures qu’il possède, ce qui contribue à désengorger les lieux[102]. D’autres pillages se produisent encore, notamment au moulin à eau de la dame Cambier. Selon Lemal, ces épisodes témoignent de l’extrême tension qui entoure le ravitaillement à la veille de l’indépendance, dans un contexte où la crise politique exacerbe les comportements de survie collective[103]. Le lendemain, les tentatives de pillage se poursuivent à Courcelles. Des groupes s’en prennent d’abord aux récoltes d’un habitant indigent, puis aux censes de Grand et Petit Hamal. À Pont‑à‑Celles, d’importants dégâts sont commis chez le fermier Gailliot. Au cours de ces violences, un jeune homme de Courcelles, Pierre Lacassaigne, est mortellement blessé par balle[104]. Élie Lemal souligne que cet épisode marque l’un des moments les plus dramatiques de ces troubles liés au ravitaillement. Dans l’après‑midi, une nouvelle bande tente de piller la maison Grégoire‑Castiaux, et plusieurs coups de feu sont tirés[104]. L’ancien militaire Jacques Leclercq repousse violemment les pillards, aidé par le secrétaire Lemaître ; plus de trente coups de fusil sont échangés avant que le groupe ne se disperse. Selon Lemal, cette confrontation armée illustre la tension extrême qui règne alors dans la région, où la crise politique et les pénuries conduisent à des affrontements ouverts entre habitants et pillards[104].

Face à la multiplication des attaques, les autorités locales doivent diviser leurs forces pour tenter de contenir les pillages. L’intervention du marquis de Trazegnies, à la tête de plus de trois cents habitants, permet d’établir une alliance entre plusieurs communes afin de répondre collectivement au tocsin. Élie Lemal souligne que cette coordination intercommunale marque un tournant dans la gestion des troubles, alors que les ressources locales sont mises à rude épreuve. Le , alors que les élections communales viennent de commencer, une nouvelle alerte contraint à l’abandon immédiat du scrutin[105]. Les forces de Courcelles, rejointes par celles de Trazegnies, Roux, Souvret, Piéton et Forchies‑la‑Marche, pénètrent sur le territoire de Roux, où elles retrouvent des grains dissimulés dans des jardins ou sous du fumier, et arrêtent plusieurs individus remis ensuite aux autorités compétentes[105]. D’autres communes Frasnes, Liberchies, Rèves, Buzet, Obaix et Villers‑Perwin accourent également pour prêter main‑forte. Une enquête est menée jusqu’au afin d’inventorier les achats de grains effectués auprès des pillards. Le procès‑verbal est clôturé le et signé par les autorités locales. Selon Lemal, ces émeutes causent des pertes considérables pour l’époque, révélant l’ampleur des tensions liées au ravitaillement dans les semaines qui suivent la révolution belge[105]. À la suite des troubles de 1830, le gouvernement provisoire décide le d’organiser officiellement la garde civique dans les grandes communes. À Courcelles, l’unité est installée le . Elle regroupe les citoyens âgés de 21 à 50 ans, répartis en trois bans selon l’état civil et l’âge[106]. Élie Lemal rappelle que le conseil communal finance l’habillement blouse de toile, shako en carton, pique grâce à un quart du produit de la vente des biens communaux[106]. Lors de sa mise en place, la garde compte 380 hommes, dont seulement vingt‑trois disposent d’un fusil. La loi du modernise l’armement en dotant chaque garde d’un fusil à piston[106]. L’unité est maintenue jusqu’en 1853, date à laquelle seules les communes de plus de 10 000 habitants sont autorisées à conserver une garde civique. Courcelles dépense alors 210 francs par an pour son entretien. Selon Lemal, cette institution, bien que de courte durée, témoigne des efforts entrepris pour structurer la sécurité locale dans les années qui suivent l’indépendance[106].

L’implantation du protestantisme à Courcelles remonte au , lorsque le pasteur Jaccard traverse la localité pour la première fois. En provenance de Fontaine‑l’Évêque, où il vient de prêcher, et se rendant à Jumet, son lieu de résidence, il entre dans la commune par le hameau de Forrière. Élie Lemal souligne que cette visite inaugurale marque le début d’une présence religieuse nouvelle dans une région encore largement dépourvue d’institutions d’enseignement accessibles. À partir de cette date, Jaccard effectue plusieurs passages qui aboutissent, en 1847, à l’instauration de prédications régulières[107]. Dès 1850, ces réunions dominicales deviennent hebdomadaires. Constatant les limites de l’instruction dans la commune, le pasteur estime rapidement qu’une école constituerait un soutien essentiel à la communauté protestante. Une première école évangélique ouvre ainsi en 1854, dirigée par Constant Herman, puis, à partir de 1860, par Gustave Dumonceau[107]. L’établissement joue un rôle notable dans la formation des enfants jusqu’à sa fermeture en 1871. Les cultes dominicaux se déroulent d’abord dans la demeure de Xavier Romain. Celui‑ci fait construire en 1859, dans la rue de Trieu‑des‑Agneaux, un bâtiment plus vaste et mieux adapté aux besoins religieux, qui sert également de salle de classe durant la semaine[107]. Lorsque le bail de cette maison approche de son terme, en 1874, la communauté acquiert un terrain et entreprend l’édification d’un temple. L’édifice est achevé le et inauguré le . La même année, le , est fondée l’Union chrétienne de jeunes gens, institution que Lemal considère comme un jalon important dans la structuration de la vie protestante locale[107]. En 1892, la communauté protestante de Courcelles décide d’agrandir ses infrastructures. Sous l’impulsion du pasteur Moll, un premier local destiné aux activités unionistes est construit, puis étendu en 1897. Élie Lemal souligne que le ministère de Moll est également marqué par la création, en 1905, d’un bazar annuel de charité destiné à soutenir diverses œuvres philanthropiques, initiative qui contribue à structurer davantage la vie sociale du groupe. La question des sépultures protestantes demeure cependant longtemps un sujet de discrimination locale[108]. À Courcelles, comme dans plusieurs communes voisines, les protestants ne peuvent être enterrés aux côtés des autres habitants : ils sont inhumés séparément, notamment dans un cimetière situé près du moulin Cambier[109]. Lorsque la commune ouvre un nouveau cimetière en 1874, une parcelle distincte leur est encore réservée, isolée par une haie et dotée d’un accès propre. Cette séparation perdure jusqu’en 1890, date à laquelle les inhumations protestantes sont enfin intégrées sans distinction au reste de la population. Selon Lemal, cette évolution marque une étape importante vers la reconnaissance pleine et entière de la communauté au sein de la vie locale[109].

Après les événements de 1886, la commune tente de réorganiser la garde civique sous la forme d’un corps de volontaires, mais doit finalement constituer un bataillon composé de trois compagnies actives. Élie Lemal rappelle que la loi de 1897 réforme encore l’institution en instaurant des conseils de révision et de discipline, destinés à encadrer plus strictement le fonctionnement de la garde. Les derniers majors en service sont Philippot, Liénart et Jouniaux[110]. Après avoir participé à la mobilisation et aux premiers jours de la guerre, la garde civique est définitivement licenciée. Selon Lemal, cette dissolution marque la fin d’une institution qui, malgré ses limites, avait longtemps représenté un élément de la défense locale et de l’organisation civique dans la commune[111]. Les premières voies de communication de Courcelles ne sont à l’origine que de simples chemins tracés sur le sol naturel, étroits et souvent difficiles à emprunter. Ce n’est qu’après 1830 que la commune voit apparaître des routes empierrées, notamment les axes reliant Mons à Namur, Nivelles à Viesville, Charleroi à Roux et Binche à Souvret. Élie Lemal souligne que ces aménagements marquent une étape importante dans l’intégration de Courcelles aux grands itinéraires régionaux[111]. À côté de ces parcours principaux subsistent divers chemins secondaires, tels ceux de Claires‑Fontaines, de Forrière, de Fontaine, des Garennes, de Reguignies ou d’Hamal[111]. Certains suivent d’anciens tracés interrompus lors du creusement du canal Charleroi–Bruxelles vers 1818. Une multitude de sentiers forestiers complète ce réseau et facilite les déplacements quotidiens des habitants, témoignant d’une organisation encore largement rurale avant l’essor des infrastructures modernes[111].

La population de Courcelles, estimée à environ 150 personnes vers 1600, connaît une croissance continue au fil des siècles : 800 habitants en 1700, près de 2 000 en 1800, puis 2 350 en 1830. Élie Lemal souligne que l’essor industriel du XIXe siècle provoque une accélération spectaculaire de cette évolution démographique, avec 6 250 habitants en 1860, 11 892 en 1890 et environ 15 000 au début du XXe siècle[111]. L’agriculture demeure toutefois un secteur essentiel en 1840, avec plus de 1 100 hectares cultivés, dont une large part consacrée aux céréales. Le cheptel local compte alors des chevaux, des bovins, des moutons, des mulets et des porcs, témoignant d’une économie encore largement rurale avant la domination progressive des activités industrielles[112]. Un ouragan d’une intensité exceptionnelle frappe Courcelles le . Pendant trois heures, une grêle dense ravage les cultures, provoquant des pertes considérables pour les familles les plus pauvres. Élie Lemal indique que le conseil communal accorde alors une aide financière afin de soutenir les foyers les plus touchés par cette catastrophe climatique[112]. À cette époque, les transports demeurent coûteux : les marchandises sont acheminées par des chariots tirés par des chevaux, ce qui limite les échanges et renchérit les déplacements[112]. Les exploitants houillers contribuent toutefois à l’amélioration progressive des chemins pour faciliter l’expédition du charbon, entraînant l’empierrement des principales voies de communication. Selon Lemal, ces travaux marquent une étape importante dans la modernisation des infrastructures locales[112].

L’ouverture du canal Charleroi–Bruxelles à partir de 1820 favorise l’essor du transport fluvial, bientôt complété par la ligne 124, qui dessert la station de Gosselies‑Courcelles dès les années 1840. Élie Lemal souligne que ces nouvelles infrastructures modifient profondément les circulations régionales et accélèrent l’intégration de Courcelles dans les réseaux économiques du XIXe siècle[112]. À partir de 1836, un service voyer accompagne les communes dans la modernisation de leurs routes. Plusieurs axes sont pavés ou élargis au fil du siècle, notamment les rues de Forrière, du Nord, de Binche, de Pont‑à‑Celles, de Rianwelz ou de la Joncquière[113]. La loi de 1841 impose par ailleurs la réalisation d’un atlas complet des chemins vicinaux, document conservé et régulièrement mis à jour dans les archives communales. Selon Lemal, cet effort de cartographie et d’aménagement marque une étape essentielle dans la structuration durable du réseau viaire local[114]. Le développement industriel entraîne la création, en 1872, d’un chemin de fer destiné aux bassins houillers, reliant Roux, Courcelles, Trazegnies, Forchies et Piéton. La station de Courcelles‑Centre qui se trouvait rue de la Jonxquière, ce qui nécessite d’importants remblais ainsi que la construction de raccordements vers les différents puits charbonniers[115]. Élie Lemal souligne que cette infrastructure ferroviaire joue un rôle déterminant dans l’essor minier local, en facilitant l’acheminement du charbon vers les centres de consommation[115]. Au début du XXe siècle, de nombreuses rues sont encore pavées ou améliorées, notamment celles de Forrière, des Graffes, du Chemin Vert, des Claires‑Fontaines, ainsi que les quartiers de Sart d’Hainaut et de Forchies[115]. Après la Première Guerre mondiale, d’autres voies Hamal, Viesville, Desaire ou Nouveau‑Monde bénéficient de nouveaux aménagements. Selon Lemal, ces travaux successifs témoignent de la volonté de moderniser durablement le réseau viaire afin de répondre aux besoins croissants d’une commune en pleine transformation industrielle[115].

La Première Guerre mondiale

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Au début de la Première Guerre mondiale, la mobilisation générale touche l’ensemble des soldats belges, tandis que la garde civique de Courcelles est déployée dans les hameaux voisins dès le [116]. Élie Lemal souligne que l’annonce de l’invasion allemande provoque un mouvement de panique : de nombreux habitants se rassemblent autour des gares, espérant l’arrivée rapide de renforts français[117]. Les autorités locales instaurent l’état de siège, organisent une surveillance nocturne et imposent l’obligation de porter des papiers d’identité afin de contrôler les déplacements et prévenir les incidents. Quelques ressortissants allemands et autrichiens sont retenus à l’hôtel de ville, mesure présentée comme nécessaire pour éviter tout trouble dans un contexte de tension extrême[116]. Les 19 et , les premiers éléments français notamment des dragons en retraite traversent Courcelles. Malgré l’avancée allemande, ils sont accueillis avec enthousiasme par la population, qui voit en leur passage un signe d’espoir. Élie Lemal souligne que cette brève effervescence contraste avec l’inquiétude générale qui règne alors dans le village[118]. Le , tandis que le grondement du canon se fait entendre, des convois de munitions sont déchargés en hâte à la gare, signe de la proximité des combats[118]. Dans l’après‑midi, la garde civique est dissoute, et les habitants retirent précipitamment les emblèmes patriotiques affichés sur leurs façades, conscients que la présence allemande devient imminente[118]. Aux abords du village, des batteries françaises échangent encore quelques tirs avec l’artillerie ennemie avant de se replier. Lemal note que ces engagements, limités mais symboliques, marquent les derniers moments de présence militaire française à Courcelles avant l’occupation[118].

À l’aube du , les premiers uhlans pénètrent dans Courcelles, rapidement suivis par de longues colonnes d’infanterie, de cavalerie et d’artillerie arrivant de Pont‑à‑Celles, Gosselies et Viesville. Les rues sont bientôt envahies par un flot ininterrompu de soldats, de chariots et de pièces d’artillerie, tandis que les habitants, saisis de peur, demeurent enfermés chez eux[119]. Élie Lemal souligne que cette irruption massive de troupes marque le début d’une occupation dont la brutalité surprend une population encore sous le choc des combats voisins. La bataille de Gozée ralentit momentanément l’avancée allemande, entraînant l’arrivée à Courcelles de nombreux blessés[119]. L’ambulance locale du Trieu, rapidement saturée, doit ouvrir des annexes pour accueillir plus de cent soldats. Lemal note que cette organisation improvisée témoigne de l’ampleur des pertes allemandes dans les affrontements du et de la mobilisation immédiate des ressources locales pour faire face à l’afflux de blessés[119]. Au lendemain de l’occupation, l’état‑major allemand exige du bourgmestre Lagneaux la remise immédiate de toutes les armes privées, menaçant d’incendier la commune en cas de résistance. Élie Lemal souligne que cette injonction, formulée dès les premières heures, vise à neutraliser toute possibilité d’opposition locale[120]. Les services publics sont paralysés : les trains cessent de circuler, la poste et les télécommunications sont interrompues, et un chômage total frappe l’industrie comme le commerce, plongeant Courcelles dans une situation économique critique[120]. Les blessés allemands, d’abord soignés dans les structures improvisées du village, sont progressivement évacués vers Charleroi, où les autorités d’occupation imposent une lourde contribution de guerre[120]. Pour faire face à la désorganisation générale, les bourgmestres de l’agglomération se réunissent régulièrement afin d’organiser le ravitaillement et de gérer les magasins communaux. Lemal note que cette coordination intercommunale devient indispensable pour assurer un minimum de subsistance à la population dans un contexte de pénurie et de contrôle militaire strict[120].

À Courcelles, un service de secours est rapidement organisé, d’abord à l’hôtel de ville puis dans une maison réquisitionnée pour répondre à l’afflux de nécessiteux. Une soupe scolaire, bientôt étendue à l’ensemble de la population, est instaurée afin de lutter contre la pénurie alimentaire. Élie Lemal souligne que la commune met également en place des cultures collectives, maintenues jusqu’en 1919, pour garantir un minimum de ravitaillement dans un contexte de restrictions sévères[120]. En , plusieurs responsables communaux dont le bourgmestre Lagneaux, l’ingénieur Lemal, le commissaire Goffin et divers employés sont arrêtés par la police secrète allemande. Ils sont accusés d’avoir diffusé le discours du roi et toléré des écrits hostiles à l’occupant[121]. La plupart sont libérés après une quinzaine de jours, mais Lagneaux et Lemal restent emprisonnés près de trois mois et doivent s’acquitter d’une lourde amende[122]. Par la suite, l’administration communale est tenue pour responsable de vols de matériel téléphonique et doit garantir la bonne conduite de la population. Divers manquements notamment le maintien de l’heure belge ou des infractions aux règlements alimentaires entraînent des pénalités totalisant environ 4 000 marks. Lemal note que ces sanctions illustrent la pression constante exercée par les autorités allemandes sur les communes de l’agglomération[122]. L’occupation allemande se structure autour d’une Kommandantur installée dans la cantine de la verrerie de la Motte, tandis que plusieurs maisons voisines sont réquisitionnées pour loger les troupes. Élie Lemal souligne que cette implantation au cœur d’un site industriel permet aux autorités d’occupation de contrôler efficacement les ressources locales et les mouvements de population[123]. À l’automne 1918, lors du repli allemand, Courcelles devient une zone d’étape et voit défiler des régiments en retraite dans un désordre croissant, phénomène accompagné de pillages qui frappent durement les habitants[124]. À la gare de Courcelles‑Motte, des wagons de munitions incendiés menacent d’exploser ; des ouvriers parviennent à les écarter de justesse, évitant une catastrophe[124]. Les explosions de dépôts voisins provoquent néanmoins d’importants dégâts, endommageant de nombreuses habitations. Lemal note que ces derniers jours de l’occupation sont parmi les plus éprouvants pour la commune, prise entre les violences du repli et les risques liés aux destructions militaires[124].

Les forces d’occupation exploitent d’abord les glaceries de Courcelles pour la production de fibres de bois, avant de démonter les machines, causant des pertes considérables aux propriétaires. Élie Lemal souligne que la verrerie de la Motte est transformée en dépôt d’obus, pouvant en contenir jusqu’à 40 000, ce qui en fait l’un des points logistiques les plus sensibles de la commune durant la guerre[124]. Les réquisitions touchent l’ensemble des secteurs : denrées, matériaux, métaux, véhicules, animaux et machines, pour une valeur dépassant cinq millions et demi de francs de 1914, un montant qui illustre l’ampleur du pillage économique imposé à la population[124]. Les maisons réquisitionnées nécessitent ensuite d’importantes réparations, et l’explosion du dépôt de Monceau brise les vitres de près de trois cents habitations. Plus d’une centaine d’habitants subissent des blessures liées aux déflagrations ou aux effondrements[125]. Les confiscations d’armes et les violations du droit international représentent à elles seules près d’un demi‑million de francs de pertes, selon Lemal, qui décrit ces dommages comme l’un des volets les plus lourds de l’occupation allemande dans l’agglomération[126]. Malgré les conventions de La Haye, 176 habitants de Courcelles sont déportés en Allemagne pour le travail forcé. Élie Lemal souligne que beaucoup refusent de collaborer à l’effort de guerre allemand et subissent des mauvais traitements ; plusieurs meurent en captivité ou peu après leur retour, affaiblis par les privations[126]. L’occupant s’empare également de plusieurs usines locales, dont les établissements Pélerin et Descamps, qu’il dépouille de leurs installations, aggravant encore les pertes industrielles de la commune[126]. Les réquisitions de métaux et de denrées destinées à l’industrie militaire sont imposées sous la menace, même si une partie des matériaux parvient à être dissimulée par la population[126]. Les troupes détruisent aussi du mobilier public et, dès leur arrivée en 1914, saisissent les fonds de la caisse communale, qui seront remboursés ultérieurement. Selon Lemal, l’ensemble de ces confiscations, violations du droit international et destructions représente près d’un demi‑million de francs de pertes, un montant qui illustre l’ampleur des dommages subis par Courcelles durant l’occupation[127].

La Première Guerre mondiale coûte la vie à 57 soldats de Courcelles parmi les 758 mobilisés. Élie Lemal souligne que, dès l’après‑guerre, la commune souhaite inscrire durablement leur souvenir dans l’espace public. Un monument est ainsi érigé devant l’hôtel de ville et inauguré en 1923 lors d’une cérémonie rassemblant autorités locales, associations patriotiques et anciens combattants[128]. Chaque , la population s’y réunit pour commémorer l’armistice et rendre hommage aux morts et aux déportés, perpétuant un rituel qui s’enracine dans la mémoire collective[128]. Le monument rappelle le sacrifice des soldats et des civils, l’unité du pays face à l’invasion et la volonté de transmettre aux générations futures la valeur de la liberté ainsi que le refus des guerres dévastatrices. Selon Lemal, il constitue l’un des symboles les plus visibles de la reconstruction morale de la commune après les épreuves de l’occupation allemande[128].

La Deuxième Guerre mondiale

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Monument en souvenir des victimes de la tuerie de Courcelles le , au lieu-dit du Rognac.

Courcelles, fut durant la Seconde Guerre mondiale un espace marqué par l’occupation allemande, la collaboration rexiste et une activité résistante croissante. Dès 1940, comme dans l’ensemble de la région, l’administration locale fut placée sous contrôle de l’occupant, tandis que les réseaux clandestins se structuraient progressivement dans un environnement ouvrier traditionnellement hostile au fascisme. Les tensions s’accentuèrent nettement en 1944, lorsque les attaques contre les collaborateurs se multiplièrent, notamment après le débarquement allié en Normandie[129]. L’événement le plus marquant de la période est la tuerie de Courcelles du , l’un des épisodes les plus violents de la collaboration armée en Belgique. La veille, le bourgmestre rexiste du Grand-Charleroi, Oswald Englebin, ainsi que son épouse et son fils, furent abattus au lieu‑dit du Bois du Rognac, à la limite de Courcelles et Monceau‑sur‑Sambre. L’attentat, attribué à la Résistance, déclencha une vague de représailles immédiates de la part des milices rexistes, notamment la « Formation B », proche de Joseph Pévenasse[130].

Lieu dit « Bois du Rognac ». Plaque apposée sur la maison dans la cave de la quelle furent rassemblés les victimes de la tuerie de Courcelles le .

Dans les heures qui suivirent, les collaborateurs armés multiplièrent les violences : assassinats isolés, incendies de propriétés, arrestations arbitraires de notables locaux. Une vingtaine d’otages parmi lesquels des ingénieurs, médecins, avocats, policiers et le chanoine Pierre Harmignie furent rassemblés dans une cave exiguë d’une maison du quartier du Rognac. À l’aube du , dix-neuf d’entre eux furent exécutés sommairement ; seuls deux survivants furent retrouvés. Les principaux dirigeants nationaux de Rex, dont Victor Matthys, Louis Collard et Joseph Pévenasse, participèrent directement à l’opération. Ces exécutions, parmi les plus sanglantes commises par des collaborateurs belges, eurent un retentissement national. Après la Libération, une vaste enquête judiciaire permit d’identifier 97 participants sur environ 150 impliqués. En 1947, vingt‑sept d’entre eux furent condamnés à mort et exécutés, tandis que d’autres reçurent de lourdes peines de prison[129]. La tuerie de Courcelles est aujourd’hui considérée comme un symbole de la radicalisation de la collaboration armée dans les derniers mois de l’Occupation. Elle illustre la tension extrême qui régnait alors dans le bassin carolorégien, où la Résistance était particulièrement active et où les milices rexistes cherchaient à maintenir leur influence par la terreur. Les commémorations locales, les monuments et les archives judiciaires ont contribué à inscrire durablement cet épisode dans la mémoire collective régionale[131].

L'après guerre

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À la suite de la fusion des communes, Courcelles a été fusionnée avec Gouy-lez-Piéton, Souvret et Trazegnies.

Armoiries

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Blason de Courcelles, accordé en 1914, confirmé après la fusion de communes. Ce sont les armoiries des derniers seigneurs de Courcelles, les marquis de Chasteler, seigneurs du lieu de la fin du XVIIe siècle à 1795[132].
Blasonnement : D'argent à la bande de gueules accompagnée en chef d'un lion de sable armé, lampassé et couronné d'or[133].



Politique et administration

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Conseil et collège communal 2024-2030

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Ci-dessous, le tableau des résultats des élections communales de 2024[134].

Parti Voix (2024) Voix (2018) % (2024) % (2018) +/- Sièges +/- Collège
ECOLO 940 2.086 5,47% 11,95% en diminution 6.48 %
1  /  31
en diminution 2.0 Oui
LES ENGAGÉS 1.480 - 8,62% - en augmentation 1.03 %
2  /  31
en augmentation 1.0 Non
CDH - 1.325 - 7,59% en stagnation 0.0 %
-  /  31
en stagnation 0.0 Non
PS 4.207 4.186 24,49% 23,98% en augmentation 0.51 %
8  /  31
en stagnation 0.0 Non
BOURGMESTRE 9.532 8.825 55,49% 50,55% en augmentation 4.94 %
20  /  31
en augmentation 2.0 Oui
DéFI 503 1.036 2,93% 5,93% en diminution 3.0 %
0  /  31
en diminution 1.0 Non
Liste Vandenhove 516 - 3,00% - en stagnation 0.0 %
0  /  31
en stagnation 0.0 Non
Total 17 178 17 458 100 % 100 % 31
Collège communal[135]
BourgmestreCaroline TaquinMR - Liste « BOURGMESTRE »
1er ÉchevinJoël HasselinMR - Liste « BOURGMESTRE »
2e ÉchevinHugues NeirynckMR - Liste « BOURGMESTRE »
3e ÉchevineSandra HansenneMR - Liste « BOURGMESTRE »
4e ÉchevineSophie RenauxMR - Liste « BOURGMESTRE »
5e ÉchevineJohan PétréLes Engagés - Liste « BOURGMESTRE »
6e ÉchevineChristel PlisnierListe « BOURGMESTRE »
Présidente du CPASHedwige DehonEcolo

Liste des bourgmestres de 1813 à aujourd'hui

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  • Pierre-Alexandre Monnoyer, de 1813 à 1838 (tendance catholique).
  • Charles Monnoye, de 1848 à 1854 (tendance catholique).
  • Désiré-Joseph Nicaise, bourgmestre et notaire de 1854 à 1873.
  • Antoine Carnière, bourgmestre et médecin de 1873 à 1876 (Parti libéral).
  • François-Philippe Monnoyer, de 1876 à 1895 (Parti catholique).
  • Floris Lagneaux, de 1896 à 1903 (POB).
  • François-Philippe Monnoyer, de 1904 à 1911 (Parti catholique).
  • Henri Lagneau, de 1912 à 1921 (POB).
  • Henri Dewiest, de 1921 à 1926[136] (POB).
  • Constant Druine[137], de 1926 à 1940 (POB).
  • Auguste Adam, de 1940 à 1945.
  • Joseph Tordeur, de 1946 à 1947 (PSB).
  • Rodolphe Baudoux, bourgmestre et médecin de 1947 à 1952 (POB-PSB).
  • Joseph Tordeur, de 1952 à 1958 (PSB).
  • Robert Sampos, de 1958 à 1964 (PSB).
  • Ernest Glinne bourgmestre et député, de 1965 à 1977 et de 1983 à 1984 (PSB-ECOLO-RWF).
  • André Trigaut, de 1989 à 2006.
  • Axel Sœur, de 2007 à 2012 (PS).
  • Caroline Taquin (MR) : bourgmestre depuis 2012 et députée fédérale.

Jumelage

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La ville est jumelée avec :

Patrimoine et culture

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Patrimoine

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Édifices religieux

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  • L'église Saint-Lambert située à Courcelles-Petit, construite entre 1834 et 1838 d'après les plans de l'architecte Kuypers, adopte un style néo-classique[145].
  • L'église Saint-François d’Assise située à Courcelles-Sarty, construite en 1904 dans un style néo-gothique, est l'œuvre de l'architecte Leborgne[146],[147].
  • L'église Saint-Luc située à Courcelles-Forrières est un édifice néo-gothique construit en 1878 par l'architecte Simon[148].
  • L'église Notre-Dame du Rosaire située à Courcelles-Motte, édifiée en 1883 dans un style néo-gothique[149], a vu son clocher achevé en 1906[150], [147].

Édifice civils

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  • L'hôtel de ville, un édifice de style néo-renaissance, a été construit en 1907 par les architectes Simon et Bridoux[151]. Ce bâtiment remarquable est doté d'un beffroi. Auparavant, la maison communale se trouvait au Petit-Courcelles, dans l'ancien presbytère[152].
  • La Posterie, ancien relais de poste datant du XVIIe siècle, transformé en centre culturel[153].
  • Le château de Miaucourt, construit en 1875 par le baron Drion-Houtard, fut acquis en 1905 par les religieuses de l'Adoration du Sacré-Cœur. L'établissement a été fermé après les événements de 1940[154].
  • L'école communale du Trieu, une ancienne école industrielle fondée en 1897 et inaugurée en 1899[155], était un édifice de style néo-classique[149]. Le bâtiment a été démoli en 2022 en raison de menaces pesant sur les enfants de l'école voisine[156].
  • Le château d'eau a vu sa première pierre posée le , avec une construction achevée en [157]. Il se trouve dans la rue du Château d'Eau.
  • L'ancien château de Rianwelz, construit dans la seigneurie éponyme, a appartenu à la famille de la Hamaide au XVIe siècle, puis à celle de Chasteler au XVIIe siècle[148]. Il est situé rue François de Chasteler.
  • La ferme du Grand Hamal, nommée d'après l'ancienne seigneurie où elle fut construite au XVIIe siècle[146], se trouve rue Grand Hamal.
  • Vestiges du puits no 1 du charbonnage de Monceau, un ensemble de bâtiments industriels des XIXe et XXe siècles[149], situés rue Sart-lez-Moulin.
  • Vestige de la ferme du Petit Hamal, une bâtisse datant du milieu du XVIIIe siècle, modifiée aux XIXe et XXe siècles. Elle est située rue Trieux du Brabant[158].
  • La ferme de Bellevue. Ensemble de bâtiments distincts disposés en « U », de style néo-classique, daté de 1835 selon les ancres visibles sur la façade[159]. Il est situé rue de Viesville.

Environs

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Le châtelet d'entrée du château de Trazegnies, d'origine médiévale et amplifié au XVIe siècle[160].
  • L'église Saint-Barthélemy de Souvret, un édifice néo-gothique construit en 1882 par l'architecte Simon[161].
  • L'église Saint-Martin de Gouy-lez-Piéton. Cet édifice, datant du XVIe siècle, a été remanié et agrandi au XVIIIe siècle, puis restauré en 1926[159].
  • L'église Saint-Martin de Trazegnies, un édifice datant des XVIe et XVIIe siècles, restauré au XIXe siècle[162] et en 2020[163]. Dans cette église se trouvent les gisants de Gillion-Othon 1er, Jacqueline de Lalaing, Jean III et Isabeau de Werchin[164].
  • L'ancienne maison communale de Trazegnies, a été construite en 1911[165] en style néo-Renaissance comprenant un beffroi.
  • Le château de Trazegnies. Ancienne propriété de la famille de Trazegnies de 1136 à 1862[166].

Monuments commémoratifs

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  • Monument « A nos morts ». Inauguré le [128][167]. Il se situe en face de l'hôtel de ville.
  • Monument à Jean Friot, inauguré en 1921. Il se situe rue Jean Friot.
  • Monument à la « Gloire du Mineur », inauguré , il se situe place Roosevelt.
  • Monument à l'homme d'état chilien Salvador Allende, inauguré en . Il se situe au square du même nom.
  • Monument « Hommage aux Régiments Cyclistes Frontière », élevé à la jonction des rues Baudouin 1er et du Temple.
  • Monument Abbé Bougard, élevé à côté de l'église Saint-Lambert.
  • Monument du Rognac en souvenir des victimes de la tuerie de Courcelles le .
  • Plaque apposée sur la maison dans la cave de la quelle furent rassemblés les victimes de la tuerie de Courcelles le , rue de la Paix.
  • Sur l'esplanade de l'hôtel de ville se trouvent les monuments : « A nos Héros 1914-1918 et 1940-1945 », En hommage aux prisonniers de guerre de Courcelles 1940-1943 et la plaque des déportés de 1914-1948 et de 1940-1945 imposée sur l'hôtel de ville[168].

Culture et folklore

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Philatélie

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Club Philatélique « Phila 2000 Courcelles », fondé le , un club qui était affilié à la fédération Royale des Cercles Philatélique de Belgique. L’histoire du club philatélique Phila 2000 Courcelles s’inscrit dans la tradition des cercles locaux belges dédiés à la promotion de la philatélie, des échanges entre collectionneurs et de la préservation du patrimoine postal. Installé à Courcelles, dans la province de Hainaut, le club est identifié comme une organisation active au sein du réseau philatélique belge, avec pour personne de contact et président Roger Culot (décédé en ). Cette structure associative se présente comme un lieu de rencontre pour amateurs de timbres, cartes postales et monnaies, et propose des activités régulières centrées sur l’échange, l’étude et la diffusion de la culture philatélique[169].

Le club apparaît publiquement dans les années 2000, notamment à travers ses expositions locales. Une trace marquante est la 20e exposition Phila 2000 à Courcelles, organisée en 2018, qui illustre la longévité et la vitalité de l’association. Cet événement, relayé par la télévision régionale Télésambre, mettait en avant le rôle du club dans le « devoir de mémoire » par la collection et la mise en valeur d’objets postaux et numismatiques. L’exposition rassemblait timbres, cartes postales et monnaies, témoignant de l’ouverture du club à diverses formes de collection et de son ancrage dans la vie culturelle locale[170].

Centre culturel

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La Posterie, centre culturel[171].

Bibliothèque

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Bibliothèque communale[172], rue Philippe Monnoyer.

Événements culturels

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Au mois de décembre se déroulent les Fééries de Courcelles (marché de Noël et artisanal)[173].

Folklore

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La commune est traversée par le Tour de la Madeleine, procession qui se déroule le dimanche le plus proche du .

Enseignement

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Ecoles communales

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École fondamentale communale du Petit-Courcelles[174], école fondamentale communale du Trieu[174] et école fondamental communale de Reguignies[174].

Ecoles Libres

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École Saint-Lambert[175], école de la Motte, école Saint-François d'Assise[176], école paroissiale du Sarty et école libre Saint-Luc[175].

Epsis Les Murets[177], Académie de Musique, des Arts de la Parole et du Théâtre de Courcelles[178] et école industrielle et commerciale de Courcelles[179].

Économie

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L’économie de Courcelles, commune du bassin carolorégien, se caractérise par une structure héritée de son passé industriel et par un tissu d’activités contemporaines dominé par les services, les PME et un parc d’activités particulièrement actif. Située à proximité immédiate des grands axes autoroutiers (E42, A54, R3), la commune bénéficie d’une position logistique stratégique qui a favorisé l’installation d’entreprises variées et la constitution d’un pôle économique régional[180].

Le Parc d’activités économiques de Courcelles, souvent appelé localement « le zoning », constitue l’un des moteurs essentiels de l’économie locale. Conçu à partir de 1978, mis en chantier en 1993 et occupé dès le début des années 2000, il a rapidement atteint sa pleine capacité grâce à son accessibilité et à son attractivité pour les entreprises recherchant une implantation proche des infrastructures de transport. Le site accueille aujourd’hui un ensemble diversifié d’activités, allant de la logistique à la construction métallique, en passant par le commerce de détail spécialisé, ce qui en fait un espace économique moderne et dynamique[180].

L’organisation du parc, dotée de larges zones d’activités, de parkings nombreux et d’une accessibilité adaptée, contribue à son attractivité. Les avis d’usagers soulignent un zoning « bien organisé » et fonctionnel, bien que parfois affecté par des perturbations liées à des mouvements sociaux, phénomène courant dans les zones industrielles du Hainaut[181].

Au-delà du parc d’activités, Courcelles abrite un tissu entrepreneurial varié, composé de sociétés privées, d’associations, de coopératives, d’entités publiques et de structures sans but lucratif. Cette diversité reflète une économie locale plurielle, où coexistent entreprises industrielles, commerces, services aux particuliers, services publics et organisations sociales. La présence de nombreuses formes juridiques témoigne d’un environnement économique hétérogène, caractéristique des communes périurbaines du Hainaut[182].

L’économie courcelloise s’inscrit ainsi dans la dynamique plus large du bassin de Charleroi, combinant héritage industriel, reconversion progressive et développement de zones d’activités modernes. Elle repose sur une localisation stratégique, un parc économique structurant et un ensemble d’acteurs économiques diversifiés, contribuant à la vitalité de cette commune wallonne.

Tissu économique de Courcelles

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Le tissu économique de Courcelles, commune du Hainaut intégrée à la métropole carolorégienne, se caractérise par une structure mixte où coexistent un héritage industriel ancien, un réseau dense de petites entreprises commerciales et artisanales, ainsi qu’une économie de services en expansion. Située dans l’aire d’influence directe de Charleroi, Courcelles bénéficie d’une dynamique économique régionale marquée par la reconversion post‑industrielle et par la présence d’infrastructures de transport majeures, notamment l’aéroport de Brussels South Charleroi Airport, qui constitue un pôle d’emploi et d’activités logistiques pour l’ensemble du bassin.

L’économie locale repose principalement sur un tissu de petites et moyennes entreprises, actives dans le commerce de proximité, l’artisanat, la construction et les services à la personne. Les données disponibles montrent la présence d’un ensemble de commerces variés, tels que des magasins de vêtements comme Terre Factory Courcelles ou La Jardinière, ainsi que des entreprises spécialisées dans les matériaux de construction, à l’image de Cras Shop Trazegnies, qui témoignent de l’importance du secteur du bâtiment dans l’économie locale[183],[184],[185]. L’activité artisanale est également représentée par des ateliers de couture ou de réparation textile, comme Charleroi‑Couture, illustrant la vitalité d’un secteur de niche orienté vers les services personnalisés[186].

Le secteur public joue un rôle structurant, notamment via l’administration communale de Courcelles, qui constitue un employeur local et un centre de services administratifs pour la population[187]. L’économie sociale occupe également une place notable, comme en témoigne la présence d’organisations d’entraide telles que Entraide Interparoissiale Courcelles, actives dans l’aide alimentaire et le soutien aux ménages précarisés[188]. L’enseignement technique et professionnel, représenté par l’École Industrielle et Commerciale de Courcelles, contribue à la formation de la main‑d’œuvre locale et à l’adéquation entre compétences et besoins économiques régionaux[189].

L’ensemble de ces activités s’inscrit dans un espace urbain historiquement marqué par l’industrie charbonnière et métallurgique, dont les friches ont progressivement laissé place à des zones résidentielles, des commerces et des services. Courcelles apparaît ainsi comme une commune dont le tissu économique, bien que dominé par les PME et les services, reste fortement intégré aux dynamiques régionales de Charleroi, notamment dans les secteurs de la logistique, de la mobilité et de la construction.

Industries aux XIXe et XXe siècles

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Charbonnages

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Le charbonnage du 6 Périer à Souvret.

Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, la région de Courcelles commence à manifester un intérêt croissant pour les ressources minérales présentes dans son sous‑sol. Selon Élie Lemal, l’un des premiers lieux où l’on tenta d’extraire la terre‑houille fut le bois de Miaucourt, vers 1650[190]. Cette période marque les débuts d’une exploitation encore rudimentaire, menée par des habitants qui observaient les affleurements naturels et expérimentaient des méthodes simples pour atteindre les couches carbonifères. Au fil des années, d’autres points du territoire révélèrent la présence de charbon[190]. Les sites de Wartonlieu, de La Motte, de Sartis et de Nolichamps furent identifiés comme des endroits où la houille affleurait parfois à la surface. Lemal souligne que les Courcellois, bien avant l’ère des grandes compagnies minières, creusaient alors de modestes ouvertures verticales destinées à atteindre les premières têtes de veines[190]. Ces petits puits, appelés localement « cayats », constituaient une forme d’exploitation pré‑industrielle, témoignant de l’ingéniosité et de la persévérance des habitants dans leur recherche de combustible[190]. L’activité minière demeurait à cette époque limitée, mais elle annonçait déjà l’importance future du charbon dans l’économie locale. Les travaux de Lemal montrent que ces initiatives, bien que modestes, s’inscrivent dans une tradition d’observation du terrain et d’exploitation progressive des ressources naturelles, qui allait profondément transformer Courcelles aux siècles suivants[190].

Au cours du XIXe siècle, l’organisation de l’exploitation charbonnière à Courcelles connut une transformation majeure. Comme le rappelle Élie Lemal, la dispersion des concessions sous le territoire communal rendait nécessaire une structure capable de coordonner les travaux miniers. C’est dans ce contexte qu’en 1853 fut créée la Société Anonyme des Charbonnages du Nord de Charleroi, dont les statuts reçurent l’approbation officielle par un Arrêté Royal daté du de la même année[191]. Le choix de Sart‑lez‑Moulin pour y établir le siège administratif témoigne de l’importance stratégique de ce hameau dans l’organisation industrielle locale, un point que Lemal souligne dans ses observations sur l’évolution du bassin courcellois. La concession principale attribuée à la société s’étendait sur environ 729 hectares[191]. À cette superficie venaient s’ajouter plusieurs territoires complémentaires, parmi lesquels Miaucourt et Gripelotte, représentant ensemble 127 hectares. Le Trieu de la Motte apportait pour sa part 218 hectares supplémentaires. Enfin, une portion de 30 hectares provenant de Monceau-Fontaine fut intégrée par l’intermédiaire de la Société Générale. L’ensemble formait une zone d’exploitation avoisinant les 1 104 hectares, ce qui illustre l’ampleur des ambitions minières dans la région de Charleroi à cette époque[191]. Cette consolidation des concessions constitua une étape décisive dans l’histoire industrielle de Courcelles. Elle permit une gestion plus cohérente des ressources, une rationalisation des travaux et une meilleure coordination des investissements. Selon Lemal, cette centralisation fut l’un des facteurs qui préparèrent le terrain aux innovations techniques et aux développements économiques qui allaient profondément remodeler le paysage minier local au cours des décennies suivantes[191].

Au moment où la Société du Nord de Charleroi amorça ses premières activités, trois puits constituaient l’essentiel de son dispositif d’extraction. Le puits no 1, creusé en 1833, atteignait environ 207 mètres de profondeur. Déjà considéré comme marginal dans les rapports techniques de l’époque, il fut abandonné vers 1850, soit avant même la constitution officielle de la société[191]. Bien que modeste, cet ouvrage reflète les premières tentatives d’organisation rationnelle de l’exploitation houillère à Courcelles, un phénomène que Élie Lemal évoque lorsqu’il décrit les débuts hésitants de l’industrie locale. Le puits no 3 joua en revanche un rôle bien plus déterminant dans le développement du charbonnage courcellois[191]. Foré en 1843, il fut approfondi à plusieurs reprises, suivant les besoins de l’exploitation et les progrès techniques du XIXe siècle. Sa profondeur initiale de 210 mètres fut portée à 410 mètres, puis à près de 700 mètres, ce qui en fit l’un des ouvrages majeurs de la concession[191]. Ces extensions successives témoignent de l’ambition croissante de la société et de l’évolution des méthodes d’extraction, qui passèrent progressivement d’une approche empirique à une organisation industrielle structurée[191]. L’ensemble de ces puits, malgré leurs différences de rendement et d’importance stratégique, illustre la montée en puissance de l’activité charbonnière à Courcelles. Comme le souligne Lemal dans ses observations sur l’histoire minière de la commune, ces installations participèrent à la transformation durable du paysage économique local, préparant l’essor industriel qui marqua la région durant la seconde moitié du XIXe siècle[191].

Plaque d'hommage aux mineurs et hiércheuses, place du Puits Périer à Souvret.

Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, l’organisation minière de Courcelles se structura autour de plusieurs sièges d’extraction dont la Société du Nord de Charleroi fit un usage intensif. Le siège no 4, établi en 1854, regroupait deux puits installés dans un même bâtiment. Ces ouvrages, destinés à l’extraction de la houille, furent approfondis par étapes successives, atteignant d’abord 240 mètres, puis 370 mètres, avant d’être poussés à près de 500 mètres[192]. Le puits no 5, situé à Reguignies, fut creusé en 1856 jusqu’à 136 mètres et passa en 1895 sous le contrôle de la société de Falnuée. Quant au puits no 6, baptisé « Joseph Périer » en hommage au président du conseil d’administration, il fut implanté sur le territoire de Souvret en 1867[192]. L’ensemble de ces sièges, appartenant à une société devenue l’une des plus puissantes du bassin, était relié par voie ferrée aux stations de Monceau, Roux et Courcelles‑Centre, ce qui facilitait l’acheminement du charbon vers les réseaux de distribution. L’histoire des concessions plus anciennes, que Élie Lemal évoque dans ses travaux, montre que la société dite « Falnuée » bénéficiait déjà en 1736 d’un périmètre d’exploitation, étendu ensuite par deux décrets impériaux en 1808, couvrant notamment Reguignies et Wartonlieu[192]. Une autre entité, la Société de la « Motte », dirigée en 1815 par Hubeau, eut une existence brève avant d’être absorbée par Falnuée, signe de la tendance à la concentration des exploitations dans la région. La concession de Benne sans Fosse, accordée en 1776 par le marquis de Chasteler, seigneur de Courcelles, avait en réalité été mise en valeur dès 1757 par Philippe Mascaux et Adrien Lemaître, témoignant de l’ancienneté des initiatives locales en matière d’extraction[192]. À l’aube du XXe siècle, trois sociétés anonymes exploitaient encore les couches profondes du bassin. Le siège de Sart‑lez‑Moulin regroupait les puits numérotés 1 à 6, le premier ayant été abandonné et le cinquième cédé à Falnuée. Cette dernière ne conserva finalement que trois puits actifs : Sainte‑Rosette, situé rue du Nord ; Saint‑Nicolas, à Reguignies ; et Saint‑Hyppolite, à Wartonlieu. Le puits des Rosières, ouvert en 1902, fut fermé en 1908 lors de la liquidation de la société[192]. La société de Courcelles‑Nord avait pour sa part creusé huit puits, mais seuls les numéros 1, 3, 6 et 8 furent réellement exploités, le premier devenant une fosse de réserve. En 1926, cette société produisit 308 430 tonnes de charbon dans le secteur du Nord de Charleroi, tandis que la production totale du bassin atteignait 417 000 tonnes, illustrant l’importance économique persistante de l’activité houillère dans la région[192].

Pour atteindre les couches houillères, les charbonnages courcellois durent franchir des terrains superficiels dont la composition variait selon les sièges. Au puits no 8 de Courcelles‑Nord, les travaux traversèrent successivement 7,90 m d’argile, 14,40 m de sable et 20 m d’argile yprésienne avant d’atteindre le terrain carbonifère. Le siège de Sart‑lez‑Moulin rencontrait une stratigraphie comparable : au puits no 3, les mineurs franchirent m d’argile, 19 m de sable et 32 m d’argile yprésienne[192]. Ces données géologiques, que Élie Lemal évoque dans ses observations sur l’évolution du bassin, illustrent les contraintes techniques auxquelles les exploitants étaient confrontés avant d’accéder aux veines exploitables[192]. L’ancien charbonnage de Benne sans Fosse avait, pour sa part, entrepris la construction d’une galerie destinée à assécher ses chantiers. Cette galerie, devenue par la suite un important égout, constitue l’un des rares vestiges encore visibles de l’exploitation pré‑industrielle[193]. Elle s’étend depuis Petit‑Courcelles, traverse la rue Carnière, passe à l’angle des rues Denis et Bosquet, franchit la rue Nouveau‑Monde et se termine au sud‑est du bois de Miaucourt. Son tracé témoigne de l’ingéniosité des exploitants du XVIIIe siècle, qui cherchaient à maîtriser les eaux souterraines pour rendre les travaux plus sûrs[193]. Ces aménagements, qu’il s’agisse des traversées géologiques ou des galeries d’assèchement, illustrent la manière dont les charbonnages courcellois ont progressivement adapté leurs techniques à un sous‑sol complexe. Ils constituent également un témoignage de la transition entre les exploitations anciennes, décrites par Lemal, et les méthodes plus structurées qui allaient caractériser l’essor industriel du XIXe siècle[193].

Industries divers

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Pendant une longue période, l’économie domestique de Courcelles reposa sur une activité artisanale très répandue : la fabrication de clous[194]. Selon Élie Lemal, cette pratique était si courante que de nombreuses habitations possédaient leur propre petite forge, permettant aux habitants de produire eux‑mêmes les clous nécessaires aux travaux quotidiens[193]. Cette production locale, fondée sur un savoir‑faire transmis de génération en génération, constituait une forme d’industrie familiale typique des villages du bassin carolorégien avant l’essor industriel[194]. À partir des années 1840, cette activité traditionnelle commença toutefois à décliner. L’apparition des clouteries mécaniques de Fontaine entraîna une concurrence directe pour les artisans courcellois, incapables de rivaliser avec la rapidité et le volume de production des machinesXIXe siècle[193]. En l’espace d’une décennie, la fabrication domestique de clous disparut complètement, laissant place à une production mécanisée qui s’imposa dans toute la région. Ce changement illustre la transition entre les pratiques artisanales anciennes, décrites par Lemal, et les transformations industrielles qui marquèrent profondément l’économie locale au milieu du XIXe siècle[193].

En 1853, la société connue sous le nom de Verreries de Gosselies fut créée[194], passant ensuite sous la firme De Lopper-Haidin et Cie, puis devenant la Société des Verreries Haidin et Cie à Courcelles. Elle évolua successivement en Société Anonyme pour la fabrication des bouteilles, puis en société des Verreries de Courcelles, et enfin en Société Anonyme des Verreries Bennert Bivort et Courcelles réunies, à Jumet. La première glacerie en Belgique fut construite autour de 1850 par la société des glaces de Sainte-Marie d'Oignies à Aiseau[194]. La quatrième, érigée en 1870, se trouvait à Courcelles. Face à l'augmentation du nombre de glaceries et à une concurrence féroce, les établissements rivaux créèrent en 1897 un comptoir de vente de glaces belges, dissous en 1901. La lutte reprit, et les glaces de Courcelles, vaincues, furent contraintes de déposer le bilan. La société fut alors rachetée par un groupe américain qui la remit sur pied[194]. En 1911, toutes les glaceries s'associèrent de nouveau, mais celles de Courcelles restèrent en dehors de cette union commerciale[195]. La commune de Courcelles, située dans le bassin de Charleroi, bénéficie d'un sous-sol riche en argile, parfait pour la fabrication de briques. En 1860, tous les hommes y travaillaient comme briquetiers[194], menant chaque année « une campagne », soit à Courcelles où ils exploitaient leurs terres, soit en France ou en Allemagne, près d'Essen. Après la guerre de 1870, le prix des briques augmenta, et le sol de Courcelles se retrouva couvert de chantiers briquetiers pendant plus de dix étés[196]. Au XIXe siècle, il existait également plusieurs brasseries réputées[194].

Tourisme

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Courcelles se distingue par un patrimoine historique et naturel qui attire un tourisme de proximité. Le Château de Trazegnies, monument emblématique de la commune, constitue l’un des pôles d’intérêt majeurs : ancienne forteresse médiévale devenue résidence seigneuriale, il est aujourd’hui apprécié pour son parc paisible, sa boutique de produits locaux et son caractère patrimonial préservé[197]. Le centre ancien conserve également des édifices religieux notables, comme l’église Saint-Martin de Trazegnies, qui témoigne de l’histoire spirituelle et architecturale du territoire[197].

Le tourisme courcellois s’appuie aussi sur des espaces naturels, notamment la réserve naturelle de Gouy-lez-Piéton, un site de biodiversité locale apprécié pour la promenade et l’observation de la faune et de la flore[197]. La commune s’inscrit par ailleurs dans l’environnement plus large de la Métropole de Charleroi, dont les offices du tourisme mettent en avant un paysage de plateaux, de vallées boisées et un patrimoine architectural classé, offrant aux visiteurs de Courcelles un accès rapide à des activités de plein air, des lacs, des forêts et des itinéraires culturels régionaux[198].

La vie culturelle locale est animée par des lieux comme la Posterie, espace polyvalent proposant activités permanentes et événements ponctuels, notamment autour de la lecture, de l’histoire et de la vie associative[197]. Le tissu touristique inclut également des commerces spécialisés, des bars à dégustation tels que The Master of Barley, ainsi que des services de bien-être comme le spa Mala India, contribuant à une offre variée pour les visiteurs en quête de détente ou de découvertes gustatives[197].

Courcelles bénéficie enfin de sa position stratégique au sein d’un réseau de mobilité dense, facilitant les excursions vers les villes voisines et les sites touristiques de la région, comme le suggèrent les itinéraires proposés par les guides routiers et touristiques spécialisés . L’ensemble compose une destination discrète mais riche, où patrimoine, nature et culture locale se conjuguent pour offrir une expérience authentique au voyageur.

Marchés

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  • Courcelles :
    • Chaque mercredi et samedi matin sur la place Roosevelt (place du Trieu).
  • Trazegnies :
    • Chaque jeudi matin sur la place Larsimont.
  • Souvret :
    • Chaque lundi matin sur la place de la Baille.

Les services de santé à Courcelles en Belgique reposent sur un ensemble d’infrastructures médicales et paramédicales qui assurent une prise en charge de proximité pour la population locale. Le Centre de Médecine Spécialisée, implanté rue Philippe Monnoyer, constitue l’un des pôles majeurs : actif depuis plus d’un demi‑siècle, il regroupe des services d’imagerie médicale radiographie, échographie, mammographie, scanner ou densitométrie ainsi qu’un laboratoire de prélèvements accessible en semaine et le samedi. Il rassemble également un large éventail de spécialités médico‑chirurgicales telles que la chirurgie orthopédique, digestive ou vasculaire, la dermatologie, la gynécologie‑obstétrique, la pneumologie, la neurochirurgie ou encore la psychiatrie, complétées par une équipe de professionnels paramédicaux œuvrant dans un cadre pluridisciplinaire[199],[200].

À proximité, le Centre médical du Grand Hôpital de Charleroi propose des consultations spécialisées en cardiologie, dentisterie et orthodontie, endocrinologie, hépato‑gastro‑entérologie, pneumologie et rhumatologie. Ouvert en semaine, il fonctionne sur rendez‑vous et assure un relais ambulatoire entre les habitants de Courcelles et les services hospitaliers du GHdC[201].

Le paysage sanitaire local comprend également un dispositif de prise en charge psychologique et sociale avec le Service Provincial de Santé Mentale de Courcelles. Celui‑ci offre des consultations pour enfants, adolescents, adultes et familles, assurées par une équipe pluridisciplinaire composée de psychologues, logopèdes, assistants sociaux et psychiatres. Ses missions couvrent l’accueil, l’orientation, l’accompagnement psycho‑social, la psychothérapie et les bilans, avec des approches variées allant de l’analytique au cognitivo‑comportemental en passant par l’hypnose ou la pleine conscience. Les consultations sont accessibles sur rendez‑vous et à tarifs modérés, avec possibilités de réduction selon la situation financière[202].

Maisons de repos

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À Courcelles même, plusieurs maisons de repos sont répertoriées. La Résidence Heureux Séjour, située rue de la Ferme, fonctionne comme maison de retraite classique et propose un encadrement résidentiel avec une équipe soignante permanente[203]. Le Centre Spartacus Huart, rue Baudouin 1er, est une résidence pour personnes âgées offrant un hébergement durable et un accompagnement médicalisé, avec une capacité notable et une implantation proche du centre urbain[204]. Le Home de la Peupleraie, à Souvret, assure un accueil 24h/24 et se distingue par une structure de soins adaptée aux besoins lourds, notamment en perte d’autonomie avancée[205]. La Résidence Ernest Glinne, également à Courcelles, propose un hébergement pour seniors dans un cadre résidentiel calme, avec des services d’assistance et de soins adaptés au vieillissement[206]. Enfin, un service de soins à domicile est également référencé dans la commune, bien qu’il ne s’agisse pas d’une maison de repos au sens strict ; il complète néanmoins l’offre locale en permettant le maintien à domicile des personnes âgées[207].

Transports

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Autoroute E42 (MonsCharleroiNamurLiège) : sortie 17 (Roux-Courcelles-Gouy) et autoroute A54 (Nivelles-Charleroi) : sortie 22 (Courcelles-Gosselies)[194].

N582 (Fontaine-l'Évêque-Gosselies) et N584 (Trazegnies-Monceau-sur-Sambre)[194].

TEC Charleroi[194] : lignes 41-42 : Charleroi-Jumet-Roux-Courcelles-Gosselies-Charleroi, lignes 43-83 : Charleroi-Trazegnies-Courcelles-Charleroi, lignes 50-51 : Charleroi-Jumet-Gosselies-Luttre-Gouy-Marchienne-au-Pont-Charleroi et ligne 63 : Charleroi-Gosselies-Fontaine-l’Évêque.

TEC Hainaut[194] : ligne 82 : Mons-Trazegnies ligne 167 : La Louvière-Luttre.

La gare de Courcelles-Motte.

Le transport ferroviaire à Courcelles, en Belgique, s’articule autour de la gare de Courcelles-Motte, un point d’arrêt du réseau exploité par la SNCB. Cette gare permet aux voyageurs d’accéder aux services nationaux de trains, dont les horaires, les correspondances et les perturbations sont consultables en temps réel via les outils officiels de la compagnie ferroviaire belge[208]. Les voyageurs peuvent y planifier leurs trajets, acheter leurs titres de transport et suivre l’état du trafic grâce au planificateur intégré, qui fournit les heures de départ, les voies, les retards éventuels et les alternatives de parcours[209],[208].

Vue sur les quais.

Courcelles-Motte s’inscrit dans un réseau dense reliant les communes du Hainaut aux grands centres urbains belges. Les trains qui y circulent s’intègrent aux lignes régionales desservant notamment Charleroi, nœud ferroviaire majeur de la région, facilitant ainsi les déplacements quotidiens des habitants. Le planificateur SNCB, mis à jour plusieurs fois par minute, permet d’anticiper les correspondances, de vérifier les changements de quai et de tenir compte des travaux fréquents sur le réseau géré par Infrabel, ce qui contribue à fiabiliser les trajets depuis et vers Courcelles[210].

L’accès aux services ferroviaires y est complété par des options multimodales : les voyageurs peuvent combiner train, bus, tram ou vélo, et personnaliser leurs itinéraires selon leurs préférences de transport ou leurs besoins de correspondance. Les outils numériques de la SNCB permettent également de préparer les trajets vers la gare, de consulter les parkings disponibles ou de louer un vélo via les services associés[211].

Sports et vie associative

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L'ancienne piscine construite en 1970 et transformée en salle de padel (Castel Padel Courcelles).
  • Football : Union Sportive Courcelloise[187] et FC Courcelles.
  • Futsal : Futsal Depannage Courcelles[212], Union Méditerranéenne Courcelles[213] et RUS Courcelles Palatino[214].
  • Basket-Ball : Basket Entité Courcelles[215] et Basket Club Courcelles.
  • Plongée : Le Mérou[216].
  • Padel : Castel Padel Courcelles.
  • Tennis : Tennis Club Squash Wimbledon ASBL.
  • Judo : Judo Club Courcelles.
  • Volleyball : Volley Club Courcelles.

Infrastructures

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Stade de football, rue Champ Falnuée, piscine Hisého, rue Émile Bronchain, inauguré le [217],[218], salle de padel, cité Guémené-Penfao.

Événement

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Le Six Périer Funday est un événement annuel dédié à la jeunesse courcelloise, organisé sur le site du Six Périer à Souvret, dans l’entité de Courcelles, en Belgique. Créé pour promouvoir les activités sportives, culturelles et associatives locales, il rassemble en une seule journée un large éventail de clubs, d’associations et de services publics engagés dans l’enfance et la jeunesse. L’événement se déroule sur l’ancien site minier du Six Périer, aujourd’hui réaménagé en un vaste parc de 30 hectares, accessible et propice aux activités de plein air[219].

Le Funday propose traditionnellement un programme dense comprenant des démonstrations sportives (judo, karaté, boxe, capoeira, flag-football américain, arts martiaux divers), des activités ludiques (châteaux gonflables, grimage, simulateurs, ateliers créatifs), des initiations variées (équitation, spéléologie, plongée, sports collectifs) ainsi que des animations assurées par les services de police, de secours et des mouvements de jeunesse. Des expositions de véhicules, des spectacles équestres, des concerts en soirée et un feu d’artifice clôturent généralement la journée. L’accès à l’événement est gratuit et attire un public familial venu de Courcelles et des environs[219].

Le Six Périer Funday s’inscrit dans une démarche de valorisation du tissu associatif local et de mise en avant des opportunités offertes aux jeunes en début d’année scolaire. Il constitue également un moment de convivialité intergénérationnelle, soutenu par de nombreux bénévoles et partenaires institutionnels. Sa tenue récurrente témoigne de son succès et de son ancrage dans la vie culturelle et sociale de la région[219].

Vie associative

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La vie associative à Courcelles se caractérise par un réseau dense et diversifié d’organisations culturelles, sociales, citoyennes et solidaires qui structurent la dynamique locale. Au cœur de ce tissu se trouve La Posterie – Centre culturel de Courcelles, institution reconnue en catégorie 1 par la Fédération Wallonie‑Bruxelles, dont les missions englobent la diffusion artistique, l’aide aux associations socio‑culturelles, la formation, l’éducation permanente et le développement territorial. Son action, fondée sur des valeurs de démocratie, de pluralité culturelle et d’égalité des chances, irrigue une grande partie de la vie associative courcelloise à travers des activités intergénérationnelles, des programmes d’insertion sociale, des animations artistiques et des événements populaires[220],[187].

Autour de ce pôle culturel gravitent de nombreuses associations locales actives dans des domaines variés : solidarité, environnement, folklore, jeunesse, entraide ou encore initiatives citoyennes. Parmi elles figurent des organisations engagées dans la lutte contre le cancer comme Relais pour la Vie de Courcelles, des sociétés folkloriques telles que Les Barons Vadrouilles de Souvret, des groupes d’éducation permanente comme Progrès et Culture ASBL, des associations de solidarité internationale telles que UpHDV, ou encore des initiatives sociales récentes comme Le Comptoir Éco‑Solidaire, dédié au partage, à l’entraide et à la lutte contre l’isolement[221].

La vie associative courcelloise se manifeste également par une multitude d’événements culturels et communautaires, allant des parades festives aux soirées dansantes, des expositions aux rencontres intergénérationnelles. Les archives de la commune et du centre culturel témoignent d’une programmation régulière mêlant traditions locales, initiatives citoyennes et projets artistiques, comme les Fééries de Courcelles, les journées thématiques, les foires aux disques ou les animations de quartier.

Parmi les mouvements de jeunesse ont trouve notamment[222]:

  • Scouts de Courcelles ;
  • Patro Saint-François d'Assise ;
  • HE/20 Trazegnies - Saint-Martin ;
  • U. Trazegnies-Gouy.

Personnalités

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Caroline Taquin, bourgmestre.
  • Adolphe Englebienne (1844-1906), maître de forges, avocat, juge de paix.
  • Nestor Jonet (1849-1913), artiste peintre né à Courcelles.
  • Jean Droit (1884-1961), peintre, illustrateur et écrivain français.
  • Georges Glineur (1911-1997), conseiller communal communiste de 1939 à 1988, échevin des travaux de 1965 à 1970, député Pcb, ancien Doyen d'Age de la Chambre des Représentants, ancien Président de la Fédération de Charleroi du Pcb, décédé en 1997.
  • Ernest Glinne (1931-2009), homme politique, Bourgmestre, Ministre et Député européen PS, ensuite Conseiller communal Ecolo.
  • Jean-Jacques Rousseau, (1946-2014), cinéaste né à Souvret.
  • Axel Hirsoux, (1982-), chanteur.
  • Loïc Nottet, (né en 1996) chanteur originaire de Souvret.

Notes et références

modifier
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Voir aussi

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Articles connexes

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Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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  • n.c. (Ministère de la Communauté Française, Administration du Patrimoine Culturel), Le patrimoine monumental de la Belgique, vol. 20 : Wallonie, Hainaut, Arrondissement de Charleroi, Liège, Pierre Mardaga, éditeur, , 602 p. (ISBN 2-87009-588-0 et 978-2-8700-9588-1, OCLC 312155565, lire en ligne)
  • Claude-Louis Bastin, Églises, temple, chapelles : Histoire des paroisses de l'Entité de Courcelles, Patrimoine Historique et Culturelle Wallon du Val du Piéton, coll. « Nos racènes », , 313 p.
  • Léon Hannappe et Georges Rousseau, Courcelles en 1900, Jumet, Imprimerie Provinciale (no 1), , 100 p.
  • Léon Hannappe et Georges Rousseau, Courcelles en 1900, Jumet, Imprimerie Provinciale (no 2), , 100 p.
  • Elie Lemal, Courcelles Son Histoire, Marcinelle, Imprimerie La Concorde, , 183 p. (lire en ligne)
  • Iwan Strauven (dir.), Judith Le Maire (dir.) et Marie-Noëlle Dailly (dir. et photogr.), 1881-2017 Charleroi métropole, Bruxelles, Mardaga et Cellule architecture de la Fédération Wallonie-Bruxelles, coll. « Guide d'architecture moderne et contemporaine » (no 4), , 367 p. (ISBN 9782804703677)
  • Jean Lucq-Timsonnet, Courcelles en cartes postales anciennes, Zaltbommel, Bibliothèque Européenne, , 76 p.

Liens externes

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