Lodelinsart

section de Charleroi, Wallonie (Belgique)

Lodelinsart (en wallon Lodlinsåt, généralement Å Såt, sur place Au Sârt) est une section de la ville belge de Charleroi située en Wallonie dans la province de Hainaut.

Lodelinsart
Lodelinsart
Ancienne maison communale à la place Edmond Gilles.
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement Charleroi
Commune Charleroi
Code postal 6042
Code INS 52011C
Zone téléphonique 071
Démographie
Gentilé Lodelinsartois(e)[1] ou Vias du sart (blason populaire)
Population 8 450 hab. (1/1/2025[2])
Densité 2 864 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 25′ 51″ nord, 4° 26′ 57″ est
Superficie 295 ha = 2,95 km2
Localisation
Localisation de Lodelinsart
Localisation de Lodelinsart dans la commune de Charleroi
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Lodelinsart
Liens
Site officiel http://www.charleroi.be

C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.

Toponymie

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Sart signifie « terrain essarté » (du latin sartum). On trouve la mention Hudelinsart en 868, le nom signifie donc défrichement de Huadalin, nom germanique[3].

Géographie

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Situation

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Lodelinsart vers 1775 (extrait de la carte de Ferraris). On y distingue trois noyaux d'habitat : Bonnaire, le chef-lieu et Gros Fays.

D'une superficie d'un peu plus de 296 ha, la localité est bordée par Jumet, Gilly, Charleroi, Dampremy et Marchienne-au-Pont[4].

En wallon « fayi » signifie « hêtraie »[Note 1]. En effet, jusqu'au XVIIe siècle Lodelinsart reste une bourgade particulièrement verte et, d'ailleurs, le quartier du Gros-Fayt était encore couvert d’une abondante forêt de hêtres dont certains étaient particulièrement gros, témoignant ainsi de leur ancienneté. Un document datant de 1374 montre que le seigneur de ces lieux y possédait le bois du Fayau (→ Fayt). Il y avait également une zone plantée de charmes, « charniats » en patois, qui donna son nom à la rue du même nom. Le quartier du Gros-Fayt demeure d'ailleurs encore aujourd'hui très « vert »[Note 2].

Géologie et relief

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Lodelinsart appartient au vaste ensemble géologique du Carboniférien, où se succèdent des formations de grès, de psammites et de schistes au sein desquelles s’insèrent de multiples veines de houille[5]. Cette composition du sous‑sol, décrite par Hubert Guiot dans son étude de 1951, reflète l’évolution sédimentaire complexe du bassin houiller de Charleroi, dont le territoire communal constitue l’un des éléments structurants[5]. Les caractéristiques géologiques observées à Lodelinsart s’inscrivent ainsi dans un contexte régional marqué par une longue histoire minière et par la présence de terrains façonnés par les dépôts du système primaire[5].

Le relief local se distingue par une série d’ondulations orientées globalement d’est en ouest, configuration qui détermine l’existence de deux vallées se développant selon un axe nord‑sud[5]. Cette morphologie particulière, déjà soulignée par Hubert Guiot, explique la présence de versants abrupts en plusieurs points du territoire. La chaussée de Bruxelles, qui traverse la commune entre les secteurs de Saint‑Antoine et de La Planche, suit une pente régulière avoisinant les 4 %, témoignant de la déclivité modérée qui caractérise cette portion du paysage.

Les altitudes relevées dans les différents quartiers de Lodelinsart mettent en évidence une topographie contrastée, alternant entre les hauteurs du plateau et les zones plus basses du centre[5]. Cette diversité altimétrique, mentionnée par Guiot dans son ouvrage, contribue à la physionomie variée de la commune et à la structuration de son espace urbain, où les transitions entre niveaux se traduisent par des ruptures de pente parfois marquées[5] :

  • Saint‑Antoine 167 m ;
  • Lodelinsart‑Ouest (jonction des rues Vandervelde et Georges) 155 m ;
  • Gros‑Fayt (près du parc Gobbe) 165 m ;
  • Gare de Lodelinsart (porte centrale) 143,65 m ;
  • Emplacement de l'ancienne église démolie (seuil) 129,89 m.

Quartiers

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Principaux quartiers

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Au sein de Charleroi, la section de Lodelinsart est divisée en trois quartiers, d'est en ouest :

  • Le Gros-Fayt. Gros‑Fayt désigne un ancien quartier de Lodelinsart dont le nom dérive du latin fagetum, issu de fagus le hêtre avec le suffixe collectif ‑etum, fréquent à l’époque franque. En patois local, le terme apparaît sous les formes fayat ou favia. Jusqu’au XVIIe siècle, le secteur reste dominé par une hêtraie dense, probablement composée d’arbres remarquablement âgés et imposants, ce qui explique l’appellation « Gros‑Fayt ». Selon Hubert Guiot, les sources médiévales mentionnent déjà ce toponyme : un document de 1374 cite le « fayau » appartenant au seigneur du lieu ; avant 1500, Jean le Mal possède une tenure attenante au « bô du Faya » ; un chirographe de 1543 évoque le « Grosfayz » ; et en 1594, Jean Gonix détient une maisonnette située sur le Gros‑Fayt[6];
  • Lodelinsart Centre[Note 3];
  • Coucou. Ce dernier s'étend également sur l'ancienne commune de Dampremy[7].

Lieux-dits

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Hameau de Bonnaire, actuellement Bon Air, vers 1775.
  • Les Aulniats, terme issu du latin alnus (« aulne »), désignaient autrefois une zone plantée d’aulnes située à l’ouest de la localité. Selon Hubert Guiot, les registres anciens n’y signalent aucun habitant, mais en 1791 apparaissent la veuve Berger et Emmanuel Lefèvre dans le chemin appelé « ditte Onia »[8].
  • Bon-Air, anciennement Bonnaire, est un toponyme fréquent dans la région et renvoie à un emplacement en hauteur exposé à un air plus vif. Selon Hubert Guiot, le lieu s’étendait autrefois de Deschassis jusqu’à Jumet, en bordure du grand pachy seigneurial. Les archives mentionnent plusieurs cultivateurs entre le XVIe et le XVIIIe siècle, dont Remy le Roy, Chuplo le Chien, la veuve Pierre Lefèvre et Étienne Jacqmain[8].
  • Le Chênois, autrefois couvert de chênes, apparaît dans les documents sous les formes Chesneau ou Chenoy. Selon Hubert Guiot, un chemin étroit reliait jadis la rue de Châtelet au Caveau. Les familles André et Jennart y possédaient des biens avant le XVIIIe siècle, suivies plus tard par Pierre Lefèvre, la veuve Castiau, Étienne Jacqmain et Dumont[8].
  • Les Coutures, du latin cultura, désignaient une bande de terres cultivées appartenant au seigneur, située entre les bois de hêtres et la route de Châtelet. Selon Hubert Guiot, un acte de 1543 y décrit des terres mises en arrentement à Jehan du Wabuel, limitrophes des cultures seigneuriales[9].
  • Drion. Le nom Drion provient d’une famille ayant marqué cette partie de la commune. Selon Hubert Guiot, À partir de 1693, plusieurs membres notamment François, Jacques, puis Adrien Drion acquièrent successivement le moulin de Lodelinsart, des viviers, des maisons et le château de la Mouche, transmis ensuite à leurs descendants jusqu’au XIXe siècle[9].
  • La Fontaine du Sart, située à l’actuelle jonction des rues Pastur et de l’Étang, était une source aménagée dont l’eau claire alimenta longtemps une grande partie de la population. Selon Hubert Guiot, un escalier et un vieux mur la séparaient de la rue, tandis que son trop-plein rejoignait le ruisseau voisin[9].
  • Les Grands Pachys, du latin pascua pâturages »), occupaient l’emplacement de l’actuelle rue des Déportés et des habitations attenantes. Selon Hubert Guiot, ces prairies seigneuriales étaient traditionnellement utilisées par les habitants, qui y prélevaient la seconde herbe contre une faible redevance. Le nom ancien fut remplacé après la Première Guerre mondiale pour honorer les habitants déportés en Allemagne[10].
  • Marteau. Selon Hubert Guiot, le lieu‑dit doit probablement son nom au propriétaire d’une brasserie installée autrefois à l’angle de la chaussée de Châtelet et de la rue du Chênois[6].
  • Carte postale illustrant la chaussée de Bruxelles à Saint-Antoine.
    La Planche renvoie à une passerelle en bois permettant autrefois de franchir un ruisseau issu du Warchat avant sa mise sous voûte en 1720. Selon Hubert Guiot, le toponyme apparaît dès 1374 sous la forme al planche et désigne aussi une importante cense exploitée successivement par les familles Bady, Jenart et Batteur[11].
  • Remoncheval. Le nom Remoncheval semble dériver de l’usage de chevaux de renfort nécessaires pour gravir une ancienne voie pentue reliant la place communale aux hauteurs de Saint‑Antoine. Selon Hubert Guiot, des relais de chevaux existaient d’ailleurs à proximité, et le lieu est mentionné dans plusieurs actes du début du XVIIIe siècle[12].
  • Saint‑Antoine désigne la zone limitrophe de Jumet autour d’une chapelle dédiée au saint, autrefois située à l’angle de la rue Remoncheval et de la chaussée de Bruxelles, puis déplacée de quelques mètres[12].
  • Le Warchat correspondait à une vaste zone humide traversée par un ruisseau provoquant des inondations saisonnières. Selon Hubert Guiot, il est mentionné dès 1374 sous diverses formes (warichaux, warchei), le secteur comprenait des bois exploités par les habitants pour leurs ressources naturelles. Plusieurs familles locales, dont les Motte et les Huart, y possédaient des biens aux XVIIe et XVIIIe siècles[13].

Cité des Climbias construites en 1980[14], (elle se situe dans le quartier du Coucou) et cité Gaston Hercot, du nom d'un ancien bourgmestre de la commune.

Hydrographie

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L'ancien étang.

Le réseau hydrographique ancien de Lodelinsart se composait de plusieurs cours d’eau dont les dénominations ont varié au fil du temps, témoignant d’une tradition locale riche et mouvante. Le ruisseau principal, auquel Hubert Guiot accorde une attention particulière dans son ouvrage de 1951, apparaît dans les sources sous des appellations diverses telles que Treignois, Hou‑bois, ruisseau du Bois, ruisseau du Moulin ou encore ruisseau Bizaute, ce dernier nom pouvant être lié à son orientation septentrionale, traditionnellement associée à la « bise »[15]. Ce cours d’eau prenait naissance à la limite de Jumet et de Ransart, dans un lieu‑dit connu sous le nom du Philosophe, avant de traverser Lodelinsart sur une distance d’environ sept cents mètres. Il devenait ensuite la frontière naturelle entre ce territoire et Charleroi, puis pénétrait dans ce dernier pour rejoindre le Piéton et finalement la Sambre[16]. Un document de 1666, relatif à une convention entre Marguerite‑Isabeau de Mérode, détentrice de la seigneurie de Charnoy, et Castel‑Rodrigo, signale que ce ruisseau était alors réputé pour l’abondance de ses truites et de ses écrevisses, indice d’une qualité d’eau très supérieure à celle observée à l’époque contemporaine[17].

Un second cours d’eau, appelé ruisseau du Warchat, prenait sa source à Jumet, dans le quartier de Brûlotte, où il était connu sous le nom de ruisseau des Marteaux. Il traversait ensuite Lodelinsart sur environ sept cent cinquante mètres avant de constituer, sur plus d’un demi‑kilomètre, une limite commune avec Dampremy. Il rejoignait le ruisseau principal au lieu‑dit La Planche[17]. Ce ruisseau était tristement célèbre pour les dommages qu’il causait aux habitations et aux jardins du quartier des Aulniats, aussi bien lors des périodes de sécheresse que lors des crues. Afin de mettre un terme à ces nuisances récurrentes, il fut entièrement voûté vers 1932, une transformation que Guiot mentionne comme un tournant majeur dans l’aménagement hydraulique local[17]. Un troisième ruisseau, issu de la frontière entre Jumet et Gilly, formait sur environ sept cent cinquante mètres une limite entre Gilly et Lodelinsart avant de traverser ce dernier sur près de six cents mètres. Il se jetait ensuite dans le ruisseau principal à proximité de la limite séparant Charleroi et Lodelinsart. Ce réseau secondaire, aujourd’hui disparu ou profondément modifié, contribuait autrefois à structurer le paysage et les usages du territoire[17].

Le Grand Étang, alimenté par le ruisseau de Lodelinsart, occupait autrefois une vaste surface s’étendant depuis la limite de Jumet jusqu’à l’actuelle rue Pastur, sur une longueur d’environ trois cents mètres. Il constituait un lieu de sociabilité apprécié, où se déroulaient des activités variées tout au long de l’année : concours de pêche, tirs à la carabine, courses de canards ou encore patinage en hiver[17][18]. Avec le temps, l’étang fut progressivement abandonné, envahi par la végétation aquatique et ses eaux devinrent insalubres. Les services communaux chargés de l’évacuation des immondices procédèrent alors à son comblement, entraînant la disparition de ce lieu emblématique. Deux autres pièces d’eau, connues sous le nom de Petits Étangs, se trouvaient entre l’actuelle rue Pastur et la rue du Moulin[17]. Leur existence est attestée dans les Terriers du Comté de Namur de 1601‑1602, où il est indiqué que Jean Staignier possédait un moulin accompagné de deux petits viviers. En 1758, Jacques Desandrouin acquit le moulin et ses dépendances, incluant ces étangs. Un plan de 1722 relatif à la place communale mentionne également la digue de l’un de ces plans d’eau[19]. Ces étangs furent comblés en 1950 par les services communaux lodelinsartoises pour cause d'insalubrité à la suite de développement de plantes aquatiques[18].

Démographie

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Évolution de la population[20],[21]
1801 1846 1900 1947 1977[Note 4] 2001
986 2 211 8 621 10 759 9 617 8 726

Histoire

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Moyen âge

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Des origines au Comté de Namur

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Lodelinsart apparaît pour la première fois dans les sources écrites au IXe siècle, au sein de la Description des villas de l’abbaye de Lobbes[22], institution fondée au VIIe siècle par Saint Landelin et devenue, grâce à de vastes donations foncières, l’un des pôles économiques majeurs de la région. Le polyptique rédigé en 868‑869 par Jean, évêque de Cambrai, sur ordre de Lothaire II, dresse l’inventaire de 184 domaines répartis sur dix‑sept pagi, comprenant terres cultivées, bois, pâturages, moulins, étangs et populations dépendantes[23]. Lodelinsart y figure parmi les localités du pagus Darnuensis, aux côtés de Gilly, Jumet, Roux, Dampremy ou Montignies‑sur‑Sambre, ce que rappelle également Hubert Guiot dans son étude de 1951 consacrée à l’histoire de la commune. Au cours du Xe siècle, les populations, éprouvées par des catastrophes naturelles et des famines, multiplièrent les pèlerinages expiatoires. Les habitants de Lodelinsart furent autorisés à participer à celui des Bancroix, célébré chaque 25 avril au monastère de Lobbes. Soixante‑douze paroisses y prenaient part, apportant diverses contributions pain, obole, maille et consortia destinées à soutenir le culte et la communauté monastique[24]. Lodelinsart faisait partie des six paroisses du doyenné de Fleurus qui ajoutaient systématiquement ces offrandes supplémentaires, signe d’une relation particulièrement étroite avec l’abbaye, relation que Guiot souligne comme un élément structurant de la vie religieuse locale. Dans la seconde moitié du Xe siècle, plusieurs paroisses du pagus de Darnau, dont Lodelinsart, cessèrent de verser leurs redevances traditionnelles, préférant se rendre à Nivelles ou à Fosses[25]. Ce changement s’inscrivait dans un contexte politique troublé, marqué par les révoltes nobiliaires contre le duc Brunon et par l’emprise croissante du comte Robert sur la région. L’abbé Fulcuin porta plainte auprès de Notger, évêque de Liège, qui prononça en 980 une sentence d’excommunication contre les communautés récalcitrantes. Effrayées par cette décision, la plupart des paroisses revinrent rapidement à l’observance habituelle. Quelques‑unes auraient toutefois obtenu l’autorisation de se rendre au prieuré de Heigne, bien que cette affirmation repose sur des sources tardives et discutées, comme le rappelle Hubert Guiot en soulignant la prudence nécessaire dans l’interprétation de ces témoignages[26].

La discipline monastique, affaiblie au Xe siècle par les conflits féodaux et les rivalités politiques, donna naissance à plusieurs mouvements de réforme dont celui de saint Gérard de Brogne constitue l’un des plus marquants. Dans ce climat de renouveau religieux, saint Wibert fonda entre 920 et 933 l’abbaye de Gembloux, étroitement liée au monastère de Lobbes[27]. Cette fondation, que rappelle Hubert Guiot dans son ouvrage de 1951, fournit notamment le moine Erluin, chargé de rétablir l’ordre et la rigueur au sein de la communauté lobbaine. L’abbaye de Gembloux bénéficia rapidement du soutien d’Otton 1er et de son frère Brunon, duc de Lotharingie, qui confirmèrent plusieurs actes en sa faveur. Certaines possessions de Lobbes semblent avoir été transférées à Gembloux, tandis que d’autres donations vinrent renforcer son patrimoine[27]. Les mesures disciplinaires imposées par ces réformes suscitèrent toutefois des résistances armées. Selon Galliot, le comte de Namur Robert 1er, surnommé « l’Accrocheur », joua un rôle déterminant dans ces troubles. Héritier d’une lignée issue de Bérenger, premier comte héréditaire de Namur, Robert apparaît en 946 comme un adversaire résolu du duc Brunon[27]. D’après Sigebert, il s’allia à Herebrand de Barbençon pour s’emparer des terres récemment attribuées à Gembloux. Les deux comtes se partagèrent ces territoires, Robert conservant notamment la région qui formera plus tard le bailliage de Fleurus, ainsi que probablement celui de Viesville, comprenant Dampremy, Lodelinsart, Gilly et Châtelineau[27]. Hubert Guiot souligne que cette redistribution territoriale marque un tournant majeur dans l’histoire des localités concernées, dont Lodelinsart[27]. Afin de légitimer ses conquêtes, Robert céda un tiers des terres prises à l’Église de Liège, geste qui semble avoir entraîné l’intégration de Lodelinsart aux bénéfices de la trésorerie de la basilique de Walcourt[28]. Les historiens situent cette annexion dans la seconde moitié du Xe siècle : le pagus Darnuensis aurait été démembré en 957, et les territoires correspondant aux futurs bailliages de Fleurus et de Viesville rattachés au comté de Namur[29]. Les luttes menées par Robert pour s’approprier ces terres se seraient achevées vers 960‑961. Selon une tradition historiographique reprise par Guiot, ce n’est qu’à la suite d’un accord imposé aux moines de Gembloux contraints de céder la moitié de leurs biens après de graves dévastations que Robert put intégrer au domaine namurois le comté de Damps‑Remy, dont dépendait une grande partie du territoire de Fleurus, incluant Lodelinsart[29].

Bailliage de Viesville

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Lodelinsart, aujourd’hui intégré à l’agglomération de Charleroi, relevait sous l’Ancien Régime du bailliage de Viesville, l’un des plus petits districts administratifs du comté de Namur[22]. Ce dernier, issu de portions des pagi de Hesbaye, de Lomme et de Famenne, prit forme au début du IXe siècle sous l’appellation de comté de Lomme. Les travaux de de Marne, auxquels se réfère également Hubert Guiot dans son étude de 1951, décrivent un territoire s’étendant du nord au sud de Revin en France à Walhain dans le Braban-Wallon, et d’est en ouest de Corbion à Charleroi, voisin du Brabant, de la Hesbaye, du Condroz, de la Famenne, de la Fagne, de la Thiérache et du Hainaut[30]. Le nom de Lomme s’effaça progressivement au profit de Namucensis, dérivé de Namur, cité attestée dès le VIIe siècle sous les formes Namon et Namucum. L’organisation territoriale du comté comprenait six bailliages, deux mairies et une prévôté, parmi lesquels le bailliage de Viesville, auquel appartenait Lodelinsart[30]. En 1793, ce bailliage regroupait Gilly, Viesville, Thiméon, Obaix avec son hameau dépendant Rossignies, Wayaux, Dampremy, les deux quartiers de Charleroi, Lodelinsart, Heppignies et Biesmelet. Chaque bailliage était administré par un bailli, représentant du prince, dont l’autorité demeurait toutefois limitée par les droits des seigneurs locaux. Hubert Guiot souligne que cette structure administrative, bien que théoriquement centralisée, reposait en pratique sur un équilibre délicat entre pouvoir princier et juridictions seigneuriales[31].

La liste des baillis de Viesville, conservée depuis 1284 jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, témoigne de la continuité de cette administration. Parmi les titulaires figurent Libers Dinnes (1284), Godefroid de Fallize (1422), Eustache de la Haye (1455‑1469), Jean, bâtard de Namur (1473), Guillaume Remacle (1498), Jean Charlet (1533), Pierre Lestaigner (1572) et Jean‑Baptiste de Minet (1608). À la mort de ce dernier, en 1628, le bailliage fut engagé au comte T. Serclaes‑Tilly, et ses baillis devinrent communs à ceux de Fleurus. Parmi eux figurent Philippe de Ponty (1629), Jean‑Lambert de Cortil (1663), Paul‑Philibert de Marbais (1676), Nicolas‑Albert d’Inslin (1729) et Charles de Baillet de Gesves (1771). Cette succession, relevée par Guiot, illustre la manière dont les charges administratives se transmettaient au fil des alliances, engagements et réorganisations territoriales[32].

Le XVe siècle

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Au XVe siècle, les provinces correspondant aux anciens Pays‑Bas bourguignons sont intégrées à l’autorité de Philippe le Bon, dont la puissance politique s’étend sur une large partie de l’Europe du Nord‑Ouest. Cette période, que rappelle Hubert Guiot dans son ouvrage consacré à Lodelinsart, est marquée par une succession de troubles militaires et de passages de troupes qui affectent durablement les communautés locales[33]. En 1466, des bandes armées parcourent et ravagent la région, conséquence directe des opérations menées sous le règne de Charles le Téméraire. Lorsque ce dernier licencie ses soldats, ceux‑ci se dispersent dans les campagnes et multiplient les exactions, créant un climat d’insécurité qui touche également Lodelinsart[33].

Une situation similaire se reproduit en 1494, après la conclusion de la paix entre la France et l’Autriche. Les troupes congédiées par l’archiduc d’Autriche se répandent dans l’Entre‑Sambre‑et‑Meuse, où leur passage s’accompagne de pillages, de destructions et d’actes de violence[33]. Les populations locales, déjà éprouvées par les désordres du siècle précédent, subissent à nouveau les conséquences de ces mouvements militaires. Selon Guiot, ces épisodes contribuent à façonner une mémoire collective marquée par l’instabilité et les risques inhérents à la présence de soldats démobilisés, dont les comportements échappent souvent à tout contrôle[33].

Temps moderne

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Actuellement intégrés au mur de clôture d'un jardin, restes probables d'un portail de l'abbaye de Villers-Ia-Ville ruinée en 1794, racheté alors et placé dans l'entrée de l'ancienne église paroissiale de Lodelinsart, aujourd'hui disparue qui se situaient à l'emplacement de l'actuel hôtel de ville.

Sous l’Ancien Régime, la paroisse et la communauté villageoise formaient généralement une seule et même entité, leurs limites et leurs activités étant étroitement imbriquées. L’église constituait le centre religieux, social et administratif du village, et le prône dominical servait autant à transmettre des instructions spirituelles qu’à diffuser des annonces civiles ou judiciaires, dans un contexte où les moyens de communication demeuraient rudimentaires[34]. Les dimanches, strictement observés, rassemblaient l’ensemble de la population pour le culte et pour les délibérations communautaires, un fonctionnement que rappelle Hubert Guiot dans son étude de 1951 consacrée à Lodelinsart[35]. Les autorités locales imposaient une discipline publique durant les offices : jeux, rassemblements et fréquentation des tavernes étaient prohibés sous peine d’amende. Les archives du XVIIIe siècle mentionnent plusieurs condamnations pour non‑respect de ces règles, témoignant d’un contrôle social étroit exercé autour de la pratique religieuse et de la vie communautaire[36].

À l’origine, Lodelinsart n’était qu’une chapelle dédiée à la Vierge, relevant du seigneur Coustre de Walcourt, qui nommait le curé et percevait la dîme. Intégrée au Pays de Liège, elle fut ensuite rattachée à l’évêché de Namur lors de la réorganisation ecclésiastique de 1559, puis, après le Concordat de 1802, au diocèse de Tournai[36]. Au fil des siècles, elle dépendit successivement des doyennés de Fleurus, de Charleroi et de Jumet. Hubert Guiot souligne que ces changements d’autorité reflètent les évolutions politiques et religieuses qui ont marqué la région, tout en influençant la structuration de la vie paroissiale et l’organisation du territoire[37].

Intérieure l'ancienne église de 1876, maintenant démolie.

Les visites pastorales du XVIIIe siècle décrivent une église pourvue de trois cloches, dotée d’une fabrique aux revenus modestes et assurant un service d’assistance destiné aux plus démunis. Ces observations, relevées dans les archives et rappelées par Hubert Guiot dans son étude de 1951, témoignent d’une organisation paroissiale structurée malgré des moyens limités. Selon la tradition locale, une première chapelle aurait existé dès le IXe siècle à proximité de l’étang[38]. L’édifice médiéval, construit en pierre extraite du terroir, présentait une nef unique, trois autels et plusieurs sépultures appartenant à des notables de la communauté. Agrandie au XIXe siècle pour répondre à l’augmentation de la population, cette église fut néanmoins jugée trop exiguë et en mauvais état, ce qui conduisit à la décision de la remplacer[39]. Hubert Guiot souligne que cette transformation reflète l’évolution démographique et l’essor urbain de Lodelinsart à l’époque industrielle. Après de longues discussions concernant son emplacement, la nouvelle église fut finalement édifiée en 1876 sur le site de l’ancien presbytère[39]. Les plans furent confiés à l’architecte Émile Riez. Durant les travaux, les offices furent provisoirement célébrés dans les anciennes fonderies Andris, qui furent détruites par un ouragan la même année, événement que Guiot mentionne comme l’un des épisodes marquants de la vie locale. La réception définitive de l’édifice intervint en 1891[40], consacrant l’achèvement d’un chantier qui avait profondément modifié le centre paroissial de Lodelinsart[41]. Cette église fut démolie de 2019 à 2022 (voir section patrimoine religieux « L'église de la Sainte-Vierge ».

L'ancien Château de la Mouche. Photo de vers 1890 par un photographe inconnu. Publié par E. Bois d'Enghien dans les Documents et rapports de la Société royale d'archéologie et de paléontologie de Charleroi, Tome XXXXIV, 1939, hors texte entre les pages 302 et 303. Loti en cinq demeures au moment de le rédaction de l'article en 1939, le bâtiment se situait aux numéros 259, 261, 263, 265 et 267 de la chaussée de Châtelet.

Le château de la Mouche, situé à Lodelinsart dans l’actuelle entité de Charleroi, trouve son origine dans une maison déjà attestée en 1665 dans le testament de Pierre Castiau, où elle est désignée sous le nom de La Mouche. En 1670, la veuve Castiau demeure redevable d’une rente en épeautre sur cette propriété, établie à proximité de la fontaine dite del Mouche[36]. Hubert Guiot souligne que ces premières mentions témoignent de l’ancienneté du site avant sa transformation en résidence de prestige. Au début du XVIIIe siècle, Jacques Drion, qui possède déjà le moulin et les étangs voisins, acquiert progressivement l’ensemble de la maison de la Mouche entre 1724 et 1733[42]. La transaction suit la procédure de l’arrentement, mode courant de transfert immobilier sous l’Ancien Régime. Une visite de la Cour de Lodelinsart en 1733 conclut à l’état de ruine du bâtiment et ordonne sa démolition suivie d’une reconstruction. C’est dans ce contexte que Drion fait édifier le château, achevé avant 1737, événement que Guiot identifie comme un moment décisif dans l’évolution du domaine[43].

Le château se situe légèrement en retrait de la route de Gilly, à proximité du chemin Drion et du bois du Fayat, encore mentionné en 1830. La propriété passe ensuite à Adrien Drion en 1788, puis à ses enfants Jacques et Ferdinand, avant d’être transmise à François‑Joseph Drion, avocat, et enfin à ses descendants Eugénie et Léopold. Après leur période d’occupation, les bâtiments sont vendus à une société verrière, tandis que le parc est cédé pour permettre l’aménagement d’une voie ferrée[44]. Guiot note que ces mutations successives reflètent l’essor industriel de Lodelinsart au XIXe siècle et la transformation progressive de son paysage. À la fin du XVIIIe siècle, le château devient le théâtre d’un épisode violent lié aux « chauffeurs », bandes de brigands actives dans le Nord et en Wallonie. Dans la nuit du 8 au , une troupe armée force l’entrée de la demeure, ligote Ferdinand Drion et pille l’habitation. L’événement, transmis par la tradition familiale et relaté notamment par L. Quinet, est attribué au criminel Antoine Moneux et à ses complices[45]. Le château, également connu sous le nom de « château des Étangs », change ensuite plusieurs fois d’occupants, parmi lesquels Devillez, Frère et plus tard R. Burny[45]. Le château fut vendu en 1862 pour y construire une verrerie à vitres puis il fut transformé en cinq habitations avant d'être démolie par la construction de l'autoroute[46].

XVIe siècle

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En 1554, au cours de sa campagne contre les Pays‑Bas, Henri II traverse la province de Namur après avoir pris Mariembourg et Dinant. Se dirigeant vers Seneffe, il passe par Lodelinsart, séjourne à Jumet et accepte d’être parrain d’un nouveau‑né, épisode que rappelle Hubert Guiot dans son étude de 1951. Durant cette expédition, le souverain incendie Binche et détruit le château de Mariemont, résidence de Marie de Hongrie, illustrant la violence des opérations militaires menées dans la région. La réorganisation ecclésiastique de 1559, consécutive à la création de nouveaux évêchés par le pape, place Lodelinsart jusque‑là dépendant du diocèse de Liège sous l’autorité de l’évêque de Namur[33]. Sous le règne de Philippe II, les conflits religieux provoquent destructions, pillages et ruines dans les Pays‑Bas méridionaux. Par des lettres datées de 1561, le souverain accorde une remise d’arriérés aux localités du comté de Namur, dont Lodelinsart, en raison des ravages causés par la guerre[47]. En 1566, les villages de la région de Charleroi subissent de graves violences infligées par des soldats espagnols, un épisode que Guiot identifie comme l’un des plus sombres de la période. En 1584, les habitants de Lodelinsart adressent au Conseil privé une requête exposant les tensions internes provoquées par les contributions exigées par les troupes françaises[48]. La fin du XVIe siècle demeure marquée par les exactions de mercenaires : en 1591, puis à nouveau entre 1594 et 1599, des bandes armées imposent des contributions sous la menace du pillage. Ces épisodes, analysés par Hubert Guiot, témoignent de l’extrême vulnérabilité des communautés rurales face aux armées en circulation et aux groupes de soldats démobilisés, dont les comportements échappent souvent à tout contrôle[49].

XVIIe siècle

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Les affrontements de 1622 opposent, dans les plaines de Fleurus, les troupes espagnoles dirigées par Gonzalès de Cordoue, général de la Ligue catholique, aux forces protestantes d’Ernest de Mansfeld. Cette période, que rappelle Hubert Guiot dans son étude consacrée à Lodelinsart, est marquée par la présence de bandes de soldats qui parcourent la région et multiplient les exactions, plongeant les communautés locales dans un climat d’insécurité durable[50]. Ce n’est qu’avec le gouvernement d’Albert et Isabelle que la situation se stabilise quelque peu. En 1666, le marquis de Castel‑Rodrigo fait édifier la forteresse de Charleroi, événement qui inaugure une longue phase d’instabilité politique et militaire dans l’ensemble du bassin carolorégien. À partir de 1667, le territoire devient l’enjeu de rivalités constantes entre puissances européennes jusqu’au traité d’Aix‑la‑Chapelle, qui attribue définitivement la région à Marie‑Thérèse[50]. Les communautés voisines de la place forte subissent alors pillages, réquisitions et lourdes contributions. Lodelinsart est à plusieurs reprises dévasté : le bétail est enlevé, les habitants contraints de servir comme pionniers ou guides, les chevaux et chariots réquisitionnés, tandis que vivres et matériaux sont exigés sous menace d’incendie. Malgré une misère profonde et des finances exsangues, la communauté continue d’offrir veaux, moutons et volailles au gouverneur de Charleroi afin de s’assurer les bonnes grâces des armées étrangères, comme l’attestent les comptes urbains analysés par Guiot[50].

En 1672, Guillaume d’Orange assiège Charleroi, défendue par le comte de Montal. En 1676, les autorités locales déclarent avoir perdu deux cloches lors du campement des troupes du roi de France dans les environs. L’année suivante, le maréchal de Luxembourg lève un nouveau siège mené par le prince d’Orange ; la paix de Nimègue, conclue en 1678, rend Charleroi à l’Espagne[51]. Ces épisodes successifs, souligne Guiot, contribuent à épuiser les ressources des villages environnants, dont Lodelinsart. En 1684, faute d’avoir acquitté les contributions imposées, le gouverneur de Charleroi fait arrêter le mayeur Martin le Batteur et l’échevin Jacques Jenart, envoyés comme otages à Maubeuge[51]. Jenart reste détenu jusqu’en 1687, la communauté devant emprunter 400 florins pour obtenir sa libération. La bataille de Fleurus de 1690, remportée par le maréchal de Luxembourg sur le prince de Waldeck, entraîne un nouvel afflux de troupes ; un détachement français incendie alors la verrerie des Hamendes ainsi que la maison de Jacques de Colnet[51].

Durant ces décennies, Lodelinsart supporte des charges croissantes : tailles royales, contributions extraordinaires, taxes pour les conducteurs de chariots, mineurs et pionniers employés aux sièges de Charleroi et de Namur. Accablé de dettes, le village emprunte 700 florins à Charles Castiau et 640 à Pierre Léonard pour éviter pillages et désertions. Le mayeur Pierre Castiau et l’échevin Josse Marent sont emprisonnés, l’un à Namur, l’autre à Gosselies, jusqu’au paiement complet des sommes dues[52]. Guiot souligne que ces emprisonnements illustrent la pression extrême exercée sur les autorités locales. Le siège de Charleroi de 1693 débute le 10 septembre ; le maréchal de Luxembourg s’empare de la place, et les passages de troupes se multiplient dans la région[53]. Une relation rédigée par Don Juan de Castillo mentionne à plusieurs reprises Lodelinsart dans le déroulement des opérations. Les hivers rigoureux aggravent encore la détresse : des loups apparaissent dans le village, et en 1695 deux habitants reçoivent une récompense pour en avoir abattu. Le traité de Rijswick de 1697 restitue Charleroi à l’Espagne, mettant provisoirement fin à ces décennies de conflits qui ont profondément marqué la mémoire locale[53].

XVIIIe siècle

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Au XVIIIe siècle, la région de Lodelinsart et de Charleroi traverse une succession de conflits européens qui affectent durablement son économie et sa population. Selon Hubert Guiot, le début du siècle est marqué par la guerre de Succession d’Espagne : le transfert de Charleroi aux Français par le duc de Bavière entraîne une période d’instabilité, aggravée par l’hiver de 1709 et par les emprunts imposés aux communautés pour répondre aux besoins militaires[53]. Le passage sous administration autrichienne n’allège guère la situation, notamment en raison du traité de la Barrière qui freine le commerce régional. Au milieu du siècle, les opérations militaires reprennent. Les habitants doivent loger des troupes, fournir des pionniers et participer aux travaux de siège, obligations qui pèsent lourdement sur les finances locales. Guiot souligne que ces charges militaires sont récurrentes dans tout le pays de Charleroi[54].

La fin du XVIIIe siècle est dominée par les tensions provoquées par les réformes de Joseph II, jugées contraires aux traditions religieuses et politiques des Pays-Bas autrichiens. En 1789, la région participe au soulèvement brabançon : à Lodelinsart, le curé Dufresne encourage l’armement des habitants, tandis que le vicomte Desandrouin offre un canon aux insurgés. Les réquisitions, logements militaires et contributions forcées se multiplient[55]. Une réunion clandestine de bourgmestres, tenue à Gilly pour contester le régime seigneurial, illustre l’effervescence politique ; Guiot rapporte que l’affaire entraîne une enquête autrichienne et des admonestations officielles. Entre 1792 et 1794, la guerre entre la France révolutionnaire et l’Autriche transforme la région en zone de passage et de combats[56]. Après Jemappes, Neerwinden et le siège de Charleroi, la bataille de Fleurus consacre la domination française. Les localités voisines subissent pillages, destructions et réquisitions. Guiot mentionne le séjour de Saint‑Just à Lodelinsart, où un tribunal révolutionnaire condamne un officier d’artillerie exécuté pour lenteur supposée[57].

Sous l’administration française, les réquisitions deviennent systématiques : charbon, chevaux, chariots, récoltes et bétail sont régulièrement exigés. Lodelinsart, commune essentiellement houillère, peine à répondre aux demandes, ce qui entraîne emprunts, pétitions et menaces de sanctions[58]. Les autorités imposent également le contrôle des moissons et la fourniture d’animaux destinés à l’armée. Guiot décrit en détail les achats forcés de bétail, les transports vers Namur et les plaintes d’une population appauvrie. L’intégration de la Belgique à la France en 1795 entraîne la suppression des anciennes institutions locales, l’abolition des privilèges et l’instauration d’une administration uniforme. Lodelinsart est intégrée au département de Jemappes et au canton de Châtelet[59]. Au début du XIXe siècle, la commune suit l’évolution politique du territoire jusqu’à la création du Royaume des Pays‑Bas. Guiot signale qu’en 1806, un habitant, M. Frison, reçoit une distinction pour sa clouterie lors de l’exposition départementale de l’industrie[60].

Époque contemporaine

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De la révolution belge à aujourd'hui

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La révolution belge
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La Révolution belge de 1830 ne fut pas uniquement un événement bruxellois, comme l’a rappelé M. Carton de Wiart dans la préface à l’ouvrage de Victor Ernest. Les recherches ultérieures, notamment celles évoquées par Hubert Guiot, montrent que l’insurrection se diffusa très rapidement dans tout le pays, et que les communes de la région de Charleroi, dont Lodelinsart, jouèrent un rôle actif dans le mouvement qui mena à l’indépendance[61]. Avant l’explosion révolutionnaire, les politiques du roi Guillaume 1er suscitaient un mécontentement croissant dans les provinces wallonnes : favoritisme envers les Hollandais dans les carrières publiques, promotion du néerlandais dans l’administration, centralisation scolaire, fiscalité contestée et absence de soutien aux industries métallurgiques et charbonnières du bassin carolorégien[62]. La canalisation de la Sambre, réclamée depuis longtemps, n’avait été inaugurée qu’en 1829, sans apaiser les tensions. Les pétitions adressées au souverain restèrent sans effet, et les mesures sur la presse ou la question linguistique accentuèrent l’irritation[63].

En 1830, l’arrondissement de Charleroi comptait près de 88 000 habitants, dont un peu plus d’un millier à Lodelinsart, administrée par le bourgmestre Godfroid de Saint‑Roch. Lorsque les troubles bruxellois des 24‑25 août parvinrent dans la région, les communes se mobilisèrent rapidement[64]. Dès le 3 septembre, une délégation carolorégienne annonça à Bruxelles que la garde bourgeoise et les villages environnants étaient prêts à marcher contre les troupes néerlandaises. Le 5 septembre, un groupe de patriotes mené par Auguste‑Joseph Frison, rejoint par des volontaires de Lodelinsart et de Dampremy, traversa Charleroi drapeau belge en tête, défiant les interdictions militaires[65]. Dans les jours suivants, les drapeaux brabançons apparurent dans de nombreuses localités, et les renforts hollandais envoyés à Charleroi ne firent qu’accroître la tension. La presse rapporta les adhésions de Charleroi, Dampremy, Lodelinsart, Jumet, Fleurus et Seneffe, tandis que des correspondances signalaient que les communes industrielles de la périphérie carolorégienne, représentant plusieurs dizaines de milliers d’habitants, étaient armées et prêtes à soutenir Bruxelles[66].

Lorsque l’armée hollandaise attaqua la capitale le 23 septembre, les insurgés manquaient de munitions et appelèrent les provinces à l’aide. Le jeune patriote Henri Rosart fut chargé de mobiliser la région de Charleroi ; son passage à Lodelinsart relança la mobilisation, comme l’atteste un certificat communal de novembre 1830[67]. De nombreux habitants se portèrent volontaires pour rejoindre Bruxelles, tandis que des souscriptions locales fournissaient fonds, vivres et matériel médical. Le journal Le Belge mentionne notamment un versement de 648,65 francs par le bourgmestre Frison, produit d’une collecte locale[68]. Le Gouvernement provisoire ordonna ensuite la prise des forteresses du Hainaut : Mons capitula rapidement et Charleroi se rendit le 5 octobre. Les élections communales furent convoquées peu après, et plusieurs régences, dont celle de Lodelinsart, renoncèrent à leurs traitements[69]. La désignation des membres du Congrès national mobilisa ensuite l’attention ; les députés carolorégiens votèrent l’indépendance le 18 novembre et se prononcèrent pour la monarchie le 22[70]. Un désaccord éclata toutefois lors du vote sur l’exclusion des Nassau : le marquis de Trazegnies, seul opposant, dut démissionner. Son suppléant, Jules Frison, bourgmestre de Lodelinsart, fut admis au Congrès le 8 décembre. Frison se distingua par une activité soutenue : participation à la commission du budget de la guerre, opposition à l’institution du Sénat, interventions sur la liberté des cultes, l’enseignement, l’éligibilité parlementaire ou les indemnités des députés[71]. Il soutint le duc de Nemours lors du choix du chef d’État, puis s’opposa à l’élection de Léopold de Saxe‑Cobourg, qu’il jugeait défavorable aux intérêts belges. Réélu député en 1833, il siégea jusqu’en 1839 et reçut plusieurs distinctions honorifiques avant de mourir à Bruxelles en 1864[72].

Développement industriel
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Plan figuratif de la principale partie du village en 1722.

Le , le maître verrier d'origine lorraine Jean de Condé obtient l'autorisation de construire et d'exploiter au faubourg de Charleroi - actuellement section de Lodelinsart - la première verrerie utilisant de la houille[73],[74]. La localité connaît un développement industriel important au XIXe siècle grâce à l'établissement et au développement de nombreuses verreries dans un environnement de charbonnages situés, eux, dans les communes voisines (Lodelinsart n'en possédait qu'un seul : le charbonnage Deschassis). C'est pourquoi aussi la commune fut appelée, à cette époque, le « Petit Paris ». En 1877, l'ingénieur André Oppermann installe le premier grand four à bassin à fusion continue alimenté au gaz aux verreries Jonet[75]. L'introduction du four à bassin à fusion continue alimenté au gaz révolutionne le secteur du verre : les anciens fours sont dépassés, les souffleurs de verre perdent la supériorité que leur procurait leur savoir-faire et se transforment en simple rouage de la mécanisation[76]. Ces fours à bassin sont par la suite adoptés dans les autres verreries en Belgique.

Vue intérieure de la salle de la Ruche verrière où se déroule chaque année le bal des Climbias.

Entre la fin du XIXe siècle et les premières décennies du XXe siècle, Lodelinsart connut une période de prospérité remarquable grâce à ses verreries, qui comptaient parmi les plus réputées du pays[77]. La commune abritait plusieurs ateliers spécialisés dans le soufflage du verre à la bouche, une technique exigeante qui reposait sur un corps de métier très fermé et particulièrement éprouvant physiquement[77]. Les productions locales, appréciées dans toute l’Europe, contribuèrent à la renommée industrielle de la région carolorégienne[77]. Selon Michel Moreaux, cette apogée prit fin avec l’introduction du procédé Fourcault, qui permit l’étirage mécanique du verre à vitre et entraîna le déclin progressif du soufflage traditionnel. Lodelinsart conserva néanmoins un prestige international : lors de l’Exposition universelle de Paris du 18 août 1900, l’ensemble des verreries belges de la commune reçut un Grand Prix, témoignant de la qualité et de la maîtrise technique de ses artisans[77]. Aujourd'hui, il ne subsiste plus qu'une seule verrerie en activité dans la commune, propriété de Glaverbel, faisant partie du conglomérat japonais Asahi Glass et située à l'arrière du Spiroudôme de Charleroi.

De la période industrielle, il existe encore quelques grosses demeures à l'architecture typique, anciennes propriétés des maîtres verriers, ainsi que d'anciennes maisons ouvrières réunies en petits corons typiques comme celui de la rue Dupret ou encore celui du fond de la rue Hortense Hocquemiller. Il reste également les café et salle de spectacle « La Ruche verrière », cœur des activités folkloriques et philanthropiques du Royal Climbia's Club, bâtis dans les années 1880 et en 1926 par le syndicat verrier « L'Union Verrière ». C'est dans ce contexte industriel favorable de la fin du XIXe siècle, qu'est édifiée en 1876 par le pouvoir exécutif local, sur la place communale, l'église Notre-Dame aujourd’hui démolie[Note 5].

Les grèves de 1886
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La crise sociale qui éclate en Belgique au printemps 1886 se développe dans un environnement marqué par une détresse ouvrière profonde, conséquence directe d’une conjoncture économique particulièrement défavorable. L’industrie charbonnière, pilier de l’activité dans le bassin de Charleroi, subit un effondrement du marché, une accumulation de stocks invendus et la mise à l’arrêt partielle ou totale de nombreuses exploitations[78]. Cette situation entraîne une diminution brutale des revenus et un chômage massif parmi les travailleurs. Les mineurs, rémunérés à la quinzaine, ne touchent souvent qu’une trentaine de francs, parfois moins, pour un travail physiquement éprouvant et dangereux, revenu que Hubert Guiot décrit comme insuffisant pour assurer la subsistance d’un foyer[78]. À cette précarité s’ajoutent des pratiques d’exploitation qui aggravent encore leur condition : cantines imposées, commerces obligatoires, crédits abusifs, loyers excessifs à proximité des fosses et retenues opérées directement sur le salaire au profit de fournisseurs ou de logeurs[78]. Le revenu réel, déjà très faible, se trouve ainsi amputé avant même d’être versé, nourrissant un climat de tension et de colère parmi les ouvriers. Dans ce contexte déjà fragile, les troubles survenus à Londres au début du mois de mars et le meeting anarchiste organisé à Liège le 18 mars, en commémoration de la Commune de Paris, jouent un rôle catalyseur[79]. Les discours radicaux prononcés lors de cette réunion sont suivis d’actes de pillage et d’affrontements avec la garde civique, avant que le mouvement ne s’étende à l’ensemble du bassin industriel liégeois, notamment à Seraing et Tilleur. La région de Charleroi, où se concentrent charbonnages, usines métallurgiques et verreries, se trouve particulièrement exposée à une propagation des troubles, d’autant que les liens sociaux entre mineurs et verriers y sont étroits, comme le souligne Hubert Guiot dans son étude sur Lodelinsart[80].

Le 25 mars, un premier mouvement de grève se déclare au charbonnage du Bois communal de Fleurus : près de deux cents ouvriers du puits Sainte‑Henriette réclament une augmentation de salaire. Leur demande étant rejetée, ils quittent le travail sans violence. Après concertation, une partie d’entre eux se rend au charbonnage du Nord de Gilly, où ils obtiennent l’arrêt du travail. Le mouvement gagne ensuite les puits d’Appaumée, du Gouffre, du Marquis, ainsi que plusieurs fosses de Gilly, Montigny et du faubourg de Charleroi[81]. Jusqu’à ce stade, les actions se limitent à l’interruption du travail, sans destructions. La journée du 26 mars 1886 marque un tournant décisif. Dans l’agglomération industrielle continue formée par Charleroi, Dampremy, Lodelinsart, Gilly, Jumet et Marchienne, les grévistes, convaincus de leur force collective, étendent leur action aux verreries, secteur intimement lié au monde minier par des solidarités professionnelles et familiales[82]. Après avoir imposé l’arrêt du travail dans plusieurs ateliers notamment les Usines Robert, les Ateliers Libotte et la Chaudronnerie Frère ils s’en prennent aux Verreries Brasseur, où ils jettent du fer dans le verre en fusion pour endommager la production. Les destructions se multiplient ensuite : la verrerie Jonet et la verrerie de la Discipline sont mises à sac, les fours sabotés et les stocks brisés. Hubert Guiot, dans son ouvrage de 1951, décrit ces événements comme l’un des épisodes les plus marquants de l’histoire sociale du bassin carolorégien[83].

L'incendie et le pillage de la verrerie et du château de M. Baudoux à Jumet. Illustration du Monde Illustré.

Au cours de l’après‑midi du , plusieurs groupes de manifestants se rassemblent à Lodelinsart avant de former une colonne de plusieurs milliers de personnes se dirigeant vers les établissements industriels de Jumet appartenant à Eugène Baudoux. L’usine, déjà mise à l’arrêt par mesure de prudence, est entièrement détruite puis incendiée. Le château de l’industriel subit le même sort : les pièces sont pillées, le mobilier jeté par les fenêtres, les caves vidées, tandis que les flammes gagnent l’ensemble du bâtiment[84]. Cette journée, que Hubert Guiot décrit comme l’une des plus sombres de l’histoire sociale du bassin carolorégien, marque un sommet de violence dans les troubles du printemps 1886. Vers 21 heures, une autre bande atteint Roux, où elle envahit et pille la glacerie locale avant d’y mettre le feu. Une compagnie de Chasseurs à pied arrive sur place une heure plus tard, alors que les bâtiments sont en flammes[83]. La troupe ouvre le feu, provoquant la mort immédiate de cinq personnes et blessant grièvement une dizaine d’autres, ce qui entraîne la dispersion rapide des insurgés. La répression se met alors en place avec une rigueur extrême. Dans toute la région, la nuit du 26 au 27 mars se déroule dans un climat de peur, tandis que les lueurs de l’incendie des Verreries Baudoux illuminent le ciel. La garde civique reste mobilisée, et dès le lendemain, des unités militaires affluent pour occuper les points stratégiques du bassin industriel, notamment les écoles réquisitionnées pour servir de postes de contrôle[83].

La journée du samedi 27 mars s’avère encore plus meurtrière. À proximité des Verreries Bougard, à Roux, une troupe ouvre le feu sur un groupe de grévistes, tuant une douzaine d’hommes et en blessant de nombreux autres, plusieurs témoins affirmant qu’aucune sommation n’a été faite[84]. À Châtelineau, un soldat du 1er Chasseurs abat deux hommes et en blesse un troisième devant l’habitation de l’ingénieur Thibaut. À Carnières, près du puits du Placard, une nouvelle confrontation provoque deux morts et deux blessés[85]. Cette fusillade marque la fin des émeutes : le mouvement est brisé, laissant derrière lui des destructions massives, de nombreuses victimes et une paralysie économique durable. Peu à peu, les ouvriers reprennent le travail, tandis que la répression judiciaire s’organise. L’enquête du Parquet se tourne rapidement vers l’Union Verrière, organisation corporative récente dirigée par Oscar Falleur, verrier respecté mais engagé dans un conflit avec certains patrons au sujet du « boni », système de réduction de mesure appliqué aux souffleurs[86]. Une perquisition infructueuse est suivie de l’arrestation de Falleur et de Xavier Schmidt, tandis qu’Adolphe Schmidt bénéficie d’un non‑lieu. Le s’ouvre à Mons le procès des deux accusés, renvoyés devant la Cour d’assises du Hainaut. Après les interrogatoires, les témoignages, le réquisitoire et les plaidoiries, le jury les déclare coupables de provocation au pillage et d’atteinte à la liberté du travail. Ils sont condamnés à vingt ans de travaux forcés et frappés de déchéance civique à perpétuité[87].

Le pourvoi en cassation est rejeté le , décision qui provoque une vive émotion dans la région, particulièrement à Lodelinsart. Une grande manifestation pacifique réclame l’amnistie le 31 octobre à Charleroi. Grâce aux mesures de clémence et à la loi Lejeune, Schmidt et Falleur sont libérés environ un an après leur condamnation, mais doivent s’expatrier en Amérique[83]. Falleur y meurt quelques années plus tard, tandis que Schmidt, autorisé à revenir, décède à Jumet. Hubert Guiot souligne q ue leur sort a profondément marqué la mémoire ouvrière locale[88]. La justice civile prend ensuite le relais pour évaluer les dommages considérables causés aux établissements industriels. Les indemnisations accordées sont très élevées : Eugène Baudoux obtient plus d’un million de francs, ses employés près de dix mille francs, tandis que les Verreries Nationales, les Verreries de l’Hermitage, le Grand Central, les Verreries de l’Étoile ou encore les Verreries Jonet reçoivent des montants importants. Plusieurs communes sont condamnées à verser des dommages‑intérêts, dont Lodelinsart, particulièrement touchée par les événements[89].

Première Guerre mondiale
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À l’aube du , un détachement de dix‑sept hussards allemands pénètre dans le quartier de Saint‑Antoine, où il immobilise le tram venant de Châtelet et disperse les voyageurs. Une partie des cavaliers se dirige vers Charleroi‑Viaduc : les gardes civiques y sont désarmés et leurs fusils brisés. Six autres hussards, descendus par la chaussée de Bruxelles, neutralisent le poste de Deschassis après avoir abordé les sentinelles en anglais, puis coupent les lignes téléphoniques et télégraphiques de la gare voisine[90]. Alertés, des gendarmes interviennent et profitent du passage d’un train pour ouvrir le feu. Les cavaliers allemands se replient par les chemins Burniat et industriel, avant d’être acculés près des établissements Morel, où ils abandonnent leurs chevaux et se réfugient dans l’usine. Lorsqu’un civil tente de saisir une monture, un soldat abat l’animal. Hubert Guiot souligne que cet épisode marque le début des violences de l’invasion dans la région de Charleroi[90]. Le lendemain, 22 août, un peloton français installé à la Planche, après avoir creusé une tranchée durant la nuit, interdit la circulation. Une estafette de cavalerie qui remonte jusqu’à Saint‑Antoine est prise pour cible par un soldat cycliste allemand embusqué derrière un camion. Le cavalier Pierre Duval est grièvement blessé et meurt deux heures plus tard dans une habitation où il avait été transporté. Les Français se replient vers la Planche en tirant pour couvrir leur mouvement, tandis que le cycliste allemand, égaré dans Jumet, ne parvient pas à rejoindre sa colonne[90].

Les troupes françaises laissent ensuite progresser les unités allemandes, qui avancent en utilisant des civils belges comme écran humain jusqu’au passage à niveau de Deschassis. L’ordre est donné de tirer en visant les côtés de la route afin d’épargner les otages. Plusieurs soldats allemands, deux civils et des chevaux sont abattus, ce qui provoque un repli momentané de l’ennemi. Lorsqu’ils reprennent leur avance, des ordres d’incendier et de piller sont entendus. Les soldats fouillent les habitations, s’emparent de biens et contraignent des hommes à marcher en tête de leurs unités[91]. À Saint‑Antoine, on relève cinq cadavres de soldats allemands et douze chevaux, ainsi que des traces de sang indiquant l’évacuation de blessés. Les maisons sont systématiquement vandalisées : vitres brisées, portes fracturées, pastilles incendiaires utilisées pour mettre le feu. Une colonne allemande, précédée de civils et commandée par un colonel, remonte jusqu’à Bon‑Air avant de redescendre vers Châtelet. Une partie de la troupe enterre un officier tué dans le terrain Lambert, tandis que les Français se retirent vers Charleroi[92]. Parallèlement, un autre groupe allemand venu de la chaussée de Gilly pénètre dans le quartier du Gros‑Fayt, capture des civils et se dirige vers Gilly en traversant plusieurs rues de Jumet. Un état‑major s’installe au château Theys actuellement la maison de repos Les Jours Heureux, et des bombardements suivent dans la rue de la Station, les Allemands affirmant que des soldats français s’y cachent[93].

Durant toute la journée du 22 août, les habitants de Lodelinsart restent terrés dans leurs maisons ou réfugiés dans les caves. La nuit suivante est illuminée par les incendies. Le bilan matériel est considérable : 93 immeubles incendiés, 202 autres endommagés ou pillés, principalement le long de la chaussée de Bruxelles, de la chaussée de Châtelet et dans les rues du Chênois et de la Cayauderie. Les chevaux tués sont enterrés derrière le terril du Remoncheval[93]. Les violences contre les civils sont nombreuses. Plusieurs habitants sont saisis chez eux et contraints de marcher devant les troupes. L’échevin Alfred Georges est battu, ligoté et forcé d’accompagner les soldats jusqu’à Couillet, où il est tué à coups de baïonnette. Pierre Bonaventure, entrepreneur de 67 ans, est également emmené et exécuté. Jules Brogneau et ses deux fils, arrêtés et liés ensemble, sont conduits à Couillet : les deux jeunes hommes sont fusillés sous les yeux de leur père, qui est ensuite mutilé puis exécuté. Hubert Guiot rappelle que ces exactions ont profondément marqué la mémoire locale de la Première Guerre mondiale[94]. L’occupation allemande à Lodelinsart se caractérise ensuite par le maintien de l’administration communale, un contrôle militaire strict et une crise alimentaire persistante. Dès le , le gouverneur général von der Goltz affirme ne pas exiger l’abandon des sentiments patriotiques, tout en imposant une obéissance absolue et en sollicitant la collaboration des fonctionnaires communaux. L’administration locale poursuit ainsi son activité, assumant à la fois les tâches ordinaires et les obligations nouvelles imposées par l’occupant[95].

Détail du monument aux morts.

Le ravitaillement devint rapidement l’une des principales préoccupations de la population durant l’occupation. À l’initiative d’Ernest Solvay, un comité central fut constitué à Bruxelles le , bientôt transformé en Comité national de secours et d’alimentation, chargé d’organiser l’importation de denrées grâce au soutien de la Commission for Relief in Belgium[96]. À Lodelinsart, les produits rationnés étaient distribués dans des locaux réquisitionnés, mais les quantités demeuraient insuffisantes et la faim s’installa durablement. Des soupes communales furent mises en place, des repas quotidiens fournis aux écoliers, et de nombreux habitants cultivèrent des terrains pauvres, y compris sur les terrils du Remoncheval et du Centre[97]. Des aides furent accordées aux chômeurs, employés à des travaux de voirie ou à des patrouilles nocturnes, tandis que la pénurie entraînait une hausse spectaculaire des prix et une fraude alimentaire persistante. Hubert Guiot souligne que ces pratiques de survie marquèrent profondément la vie quotidienne de la commune[98].

L’occupation entraîna également des réquisitions de bâtiments, l’hébergement forcé de soldats allemands et un contrôle strict des hommes en âge de travailler. À partir de 1915, tous les habitants nés entre 1885 et 1898 furent contraints de se présenter au Meldeamt, dans un contexte de censure, de restrictions de circulation et d’interdiction d’attroupements[95]. En 1916 éclata le scandale des déportations : malgré un chômage massif dû à l’absence de commandes, de transports et de matières premières, les autorités allemandes exigèrent des listes de sans‑travail[99]. L’administration communale opposa une résistance notable, mais en novembre 1916, 304 hommes de 17 à 50 ans furent convoqués aux Ateliers Germain de Monceau‑sur‑Sambre ; 303 furent déportés au camp de Guben. Entassés dans des wagons à bestiaux, ils partirent sans vivres ni vêtements, sous les yeux de familles massées le long des voies[100].

Au camp, les déportés refusèrent systématiquement les offres de travail proposées par des recruteurs allemands, malgré les privations, les coups et les tâches exténuantes. Les protestations internationales conduisirent, le , à la suspension des envois forcés et au rapatriement des Belges déportés « par erreur »[100]. Les habitants de Lodelinsart revinrent progressivement, souvent dans un état de grande faiblesse, atteints de maladies ou de blessures graves. Vingt‑et‑un d’entre eux moururent en Allemagne, et plusieurs autres décédèrent prématurément après leur retour. L’armistice du mit fin à cinquante‑deux mois d’occupation[101]. Les prisonniers et combattants rentrèrent, mais la commune comptait de nombreuses victimes : civils exécutés, déportés morts en captivité, soldats tombés au front. Leurs noms sont inscrits sur le monument commémoratif de la route de Châtelet, érigé en hommage aux héros et martyrs de Lodelinsart, mémoire que Hubert Guiot considère comme essentielle pour comprendre l’impact de la guerre sur la région[102].

Seconde Guerre mondiale
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L’invasion allemande du ouvre pour la Belgique une nouvelle période d’occupation. Dès l’aube, plusieurs aérodromes, dont celui de Gosselies, sont bombardés, tandis que les premières unités franchissent la frontière. Les écoles ferment immédiatement et, dès le 11 mai, la presse annonce l’instauration du rationnement. Le 13 mai, un tireur isolé ouvre le feu sur des civils sur un ancien terrain de football de la rue du Ravin, sans être identifié. Le lendemain, une ordonnance impose aux hommes de 16 à 35 ans de se rendre à Ypres, provoquant un exode massif vers la France, bientôt interrompu par la progression rapide des troupes allemandes[103]. Certains habitants ne rentrent qu’après plusieurs mois d’hébergement dans divers départements français, tandis que d’autres parviennent à gagner l’Angleterre, rejoignant parfois les forces alliées ou la Résistance belge. Le 18 mai, les troupes allemandes entrent à Lodelinsart sans rencontrer de résistance. La commune, largement désertée, se trouve paralysée : absence de gaz, d’eau et d’électricité, interruption des transports, fermeture des charbonnages, ateliers, usines et bureaux[103]. Le bourgmestre et plusieurs élus ayant quitté la localité, le Conseil communal est élargi le 19 mai par la nomination de trois notables Delarge, Dubay et Chausteur qui prêtent serment le 21 mai. Pour pallier l’absence de salaires et la fermeture des banques, l’administration émet des bons communaux d’une valeur totale de 250 000 francs, acceptés par les commerçants puis ultérieurement remboursés et détruits. Hubert Guiot souligne que cette initiative permit d’éviter une paralysie économique totale[104].

Les semaines suivantes sont marquées par divers incidents : incendie à la brasserie Heyndrickx, bombardements nocturnes rue Chausteur, puis, le 28 mai, l’annonce de la capitulation belge. En juin, les soldats démobilisés rentrent progressivement, tandis que d’autres sont envoyés en Allemagne comme prisonniers de guerre. Le 7 juin, la commune est menacée de représailles après un vol de câbles téléphoniques[105]. Le 23 juin, l’armistice franco‑allemand est annoncé, suivi le 24 juillet par la décision britannique de poursuivre la guerre. Le ravitaillement se dégrade rapidement : les rations diminuent, les magasins se vident, et le mark d’occupation fixé à 12,50 francs permet aux soldats allemands d’acheter massivement les stocks. Le bourgmestre Rainchon, suspendu le 30 septembre, meurt le 26 octobre, suscitant la crainte d’une nomination imposée par l’occupant, finalement écartée[105]. Entre 1942 et 1944, les actes de résistance se multiplient : incendie aux Verreries de la Paix, sabotage des rails du tram, drapeaux rouges plantés dans la commune, arrestations nombreuses et disparition de plusieurs habitants[106]. Le , Lodelinsart est incorporée au Grand‑Charleroi, structure administrative imposée par l’occupant. Les bourgmestres successifs du Grand‑Charleroi, Prosper Theugels puis Oswald Englebin, sont abattus en 1942 et 1944. Une ordonnance allemande du récapitule vingt‑sept interdictions assorties de peines sévères transport d’armes, sabotage industriel, destruction d’infrastructures, écoute de Londres, diffusion de journaux clandestins, élimination de collaborateurs, soutien aux réfractaires largement ignorées par les réseaux clandestins[107].

Les représailles collectives se succèdent : fermetures de cafés et salles de spectacle, couvre‑feux avancés, gardes obligatoires des installations électriques. Les résistants multiplient les actions pour financer leurs activités, notamment deux attaques du bureau de poste en avril et août 1944. À partir du printemps 1944, les bombardements alliés visent les infrastructures ferroviaires de la région. Le 27 avril, une attaque aérienne cause sept morts, quinze blessés et la destruction ou l’endommagement de plus de 350 habitations réparties dans de nombreuses rues de la commune. Sept bombes non explosées sont retrouvées à Lodelinsart rue Dupret, rue Fayat, rue des Coutures, au sentier de la Marine, rue Terry‑Mouchon, rue Cayauderie et au Chênois, près des anciennes Verreries de la Paix[108]. Le , la radio de Londres annonce le débarquement allié en Normandie, événement qui accélère la désorganisation des forces d’occupation. Le 20 août, un poste allemand de DCA installé sur un train en gare de Lodelinsart ouvre le feu contre des avions alliés le 25. Le 3 septembre, les membres du Front de l’Indépendance affrontent les derniers véhicules allemands en retraite vers Gosselies par la chaussée de Bruxelles. Le lendemain, les premiers éléments américains sont signalés et la population, déjà pavoisée, se rassemble pour acclamer les libérateurs[102]. Le , un V1 s’abat sur Lodelinsart‑Ouest, dans une parcelle cadastrée appartenant à Émile Vandamme‑Diricq, sans qu’aucune alerte sonore n’ait précédé l’impact. L’explosion endommage 371 immeubles : 33 deviennent inhabitables, 13 restent habitables malgré de lourds dégâts, 323 subissent des dommages légers, ainsi qu’un atelier et l’école de Lodelinsart‑Ouest. Le bilan humain fait état de 35 blessés, dont 18 hospitalisés et quatre grièvement atteints. Le , la capitulation sans conditions de l’Allemagne met fin au conflit [109]. Comme en 1914, Lodelinsart paie un lourd tribut : combattants, prisonniers de guerre, prisonniers politiques et résistants ont sacrifié leur santé ou leur vie pour la liberté. Leurs noms demeurent associés à l’histoire locale, mémoire que Hubert Guiot considère essentielle pour comprendre l’impact durable de la Seconde Guerre mondiale sur la commune[110].

Après guerre
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Au cours de l’été 1945, le gouvernement belge décide d’affecter des prisonniers de guerre aux charbonnages, mesure qui conduit à l’installation de six camps dans le bassin de Charleroi, notamment à Châtelineau, Fontaine‑l’Évêque, Marchienne, Fleurus, Marcinelle et Lodelinsart. Dans cette dernière localité, le camp est établi sur l’ancien terrain de football de la rue du Ravin, étendu aux prairies voisines autrefois appartenant à M. Dumont. Les prisonniers, d’abord logés sous tente, participent eux‑mêmes à la construction du site : ils érigent une double clôture de barbelés haute de trois mètres, couvrant un périmètre de plus de cinq cents mètres pour une superficie dépassant un hectare[111]. Hubert Guiot souligne que cette implantation transforma temporairement le quartier en véritable enclave militaire. À la fin d’octobre 1945, le gros œuvre est achevé et le camp abrite environ 1 200 hommes, dont un millier se rend chaque jour dans les puits d’extraction environnants notamment les puits des Hamendes, d’Appaumée, du Chaumonceau, de Broucheterre ou encore le puits no 1 de Charleroi[112]. Le camp terminé comprend dix‑neuf baraquements en bois de trente mètres sur six mètres cinquante : douze servent de dortoirs, deux regroupent réfectoire, théâtre et cantine, deux accueillent les ateliers (cordonnerie, tailleurs, coiffeurs), un est réservé à la cuisine, un autre à l’infirmerie, et un dernier au corps de garde, doté d’un cachot. Des miradors placés aux angles assurent la surveillance et préviennent les tentatives d’évasion, rappelant l’organisation stricte des camps de travail de l’après‑guerre[112].

L’administration, la garde et l’escorte des prisonniers mobilisent des troupes belges, donnant à Lodelinsart sa première garnison permanente. Le personnel administratif, composé d’anciens captifs belges revenus d’Allemagne, est logé au phalanstère situé près de la place des Aulniats, aujourd’hui disparue. La compagnie de garde occupe en grande partie le château Dubois démoli lors de la création de la route du Centre ainsi que l’ancienne ferme Landa et une habitation de la rue Alfred Georges[112]. Cette présence militaire marque profondément la vie locale, comme le rappelle Hubert Guiot dans son étude sur l’occupation et l’immédiat après‑guerre. L’activité du camp décline progressivement après la fin du conflit. À la fin de l’année 1947, le camp de prisonniers de Lodelinsart a pratiquement cessé d’exister, ses installations étant abandonnées ou réaffectées, tandis que la commune retrouve peu à peu un fonctionnement civil ordinaire[112].

À la suite de la loi sur les fusions des communes, Lodelinsart a été fusionnée le avec 14 communes pour former l'entité de Charleroi.

Liste des bourgmestres de 1830 à 1976

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Source[113]

  • 1830 : Jules Publicola Frison (unioniste).
  • 1842 : Emmanuel de Heinzelin (unioniste).
  • 1863 : Léopold de Dorlodot de Morialmé (tendance catholique).
  • 1870 : Léon Mondron (Parti catholique), maître verrier. (1838-1912)[114]
  • 1877 : Émile Robert (Parti libéral).
  • 1894 : Auguste Bellière (Parti libéral).
  • 1896 : Frédéric Andris (POB).
  • 1910 : André Heupgen (Parti libéral), bourgmestre faisant fonction.
  • 1911 : Xavier Schmidt (Parti catholique).
  • 1912 : Jean-Baptiste Goffe (Parti libéral).
  • 1919 : Jean-Baptiste Baus (POB).
  • 1927 : Edgard Monnoye (POB).
  • 1933 : Théodore Rainchon (POB).
  • 1940 : Émile Rinchart (POB), bourgmestre faisant fonction.
  • 1940 : Jules Michaux (POB), bourgmestre faisant fonction.
  • -  : Lodelinsart est intégré dans le Grand Charleroi (ne pas confondre avec le « Grand Charleroi » d'après la fusion des communes de 1977).
  • 1944 : Émile Rinchart (POB), bourgmestre faisant fonction.
  • 1945 : Gaston Hercot (PSB).
  • 1974 : Pol Genot (PSB)[115].

Patrimoine et culture

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Patrimoine architectural et monumental

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Patrimoine civil

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La Ruche verrière
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La Ruche verrière est un ensemble de bâtiments situés à la place Edmond Gilles comportant des salles de réunions, un café et une salle des fêtes fondés à fin du XIXe siècle par la « Nouvelle union verrière », syndicat d'ouvriers verriers.

Cour Dejean
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La cour Dejean est une verrerie, construite en 1846. Transformée en logements sociaux fin des années 1990, elle est actuellement le seul témoin encore existant de l'industrie verrière de la première moitié du XIXe siècle de la région de Charleroi.

L'ancienne maison communale

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Maison communale. Construite par Émile Ryez en 1877[116], agrandie par Alfred Machelidon en 1931.

L’ancienne école, jugée trop étroite et insalubre, était considérée comme un obstacle au bon développement des élèves. En 1874, la Fabrique d’Église décida de remplacer l’église paroissiale, devenue vétuste et insuffisante pour la population. Après des discussions nourries concernant son futur emplacement, le nouveau lieu de culte fut finalement établi sur le terrain de l’ancien presbytère, au nord de la place publique[117]. Ce choix permit à l’autorité communale d’envisager l’édification d’une Maison communale sur l’emplacement libéré par l’ancienne église et son cimetière. Les négociations entre le Conseil communal et la Fabrique furent longues : cette dernière accepta de céder le terrain pour 9 500 francs, à condition que la commune garantisse l’emprunt destiné aux travaux de la nouvelle église et prenne en charge la réinhumation des dépouilles exhumées. En contrepartie, la commune obtint la propriété des matériaux issus de la démolition du presbytère[118]. Le Conseil valida la construction de la Maison communale le , confiant les plans à l’architecte Émile Ryez et l’exécution à l’entrepreneur François Istasse. Le chantier, ouvert en , fut achevé en avril 1877[119]. L’église, conçue elle aussi par Ryez dans un style gothique tardif, ne fut réceptionnée qu’en 1891[120], avant d’être démolie entre 2019 et 2022. L’édifice communal présentait à l’origine une façade néoclassique tardive à deux niveaux, dotée d’un balcon en fer forgé, d’une lucarne-horloge et d’un fronton courbe orné des armoiries locales[118].

L'ancienne salle du conseil communal.

En 1927, l’exiguïté des espaces et la dégradation de la toiture conduisirent le Conseil communal à entreprendre une restauration d’ampleur, accompagnée de l’ajout d’une aile droite[119]. L’architecte Alfred Machelidon modifia profondément la façade : disparition du perron à double volée, installation d’un fronton droit, remplacement du cadran par une baie en plein cintre et intégration d’éléments en grès de Bouffioulx. Les travaux furent réceptionnés en 1931. Une nouvelle transformation intervint en 1953 avec la construction d’une annexe arrière sous la direction de l’architecte Arthur Knops. Une restauration importante menée en 1995 redonna son aspect soigné à l’édifice[121].

Patrimoine immobilier

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Patrimoine religieux

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L'église de la Sainte-Vierge
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L'église Sainte-Marie, de style néogothique bâtie en 1876 par Émile Ryez[124]. Démolie de 2019 à 2022.

L’ancienne église de Lodelinsart, construite en pierre sableuse locale, se dressait à l’entrée de la place et avançait jusqu’à son centre, à l’emplacement où se trouve aujourd’hui la maison communale[40]. Devenue trop exiguë pour une population en croissance, elle fut démolie lorsque la décision fut prise d’édifier un édifice plus vaste. En 1874, le conseil de la fabrique d’église arrêta la destruction de l’ancien bâtiment ainsi que le déplacement du cimetière voisin[126]. De vives discussions s’engagèrent alors sur l’emplacement du futur sanctuaire : certains proposaient de l’ériger plus au centre de la commune, rue des Déportés, non loin du quartier de Bon Air[40]. L’étude de l’architecture religieuse éclaire ces débats fréquents dans les communes en expansion au XIXe siècle[126].

Finalement, en 1876, la construction de la nouvelle église fut lancée sur le terrain de l’ancien presbytère, au fond nord de l’actuelle place Edmond Gilles[40]. Les travaux commencèrent immédiatement, mais la réception définitive de l’édifice ne fut prononcée que le , signe d’un chantier long et complexe[126]. L’église, dédiée à Sainte‑Marie ou Notre‑Dame devint le principal lieu de culte de la localité. Sa fête patronale coïncide avec l’Assomption de la Vierge, célébrée chaque année le 15 août, inscrivant l’édifice dans les traditions religieuses régionales. Pour situer cette évolution dans un cadre plus large, tu peux explorer l’histoire paroissiale[40].

En 2012, une étude indique que le bâtiment présente un problème de stabilité et mi décembre, le bourgmestre signe un arrêté de police qui donne l’ordre d’évacuer les lieux[127]. La Fabrique d’église trouve un nouveau lieu de culte provisoire dans l’ancienne poste de la localité. Ce bâtiment appartient à un propriétaire privé, et la ville de Charleroi prend en charge trois quarts des loyers. Tous les éléments de patrimoine qu’il est possible de sécuriser sont déplacés dans la nouvelle chapelle, afin de les préserver des risques de vandalisme ou de vol liés à la fermeture de l’église[128]. Les résultats d'une nouvelle étude de stabilité en 2019[128] font que le bourgmestre Paul Magnette signe un arrêté de démolition pour le bâtiment, avec une notion d’urgence pour le clocher[129]. Le permis de démolition est refusé par le fonctionnaire délégué de la Région Wallonne, mais la Ville entame quand même les travaux[127]. L'église est éventrée quand le fonctionnaire délégué fait arrêter les travaux[130]. Les procédures judiciaires qui suivent sont toujours en cours au début 2021[127]. L'église n’est pas désaffectée, et faute d'un autre lieu de culte pour la communauté chrétienne, le terrain restera affecté au culte ce qui aura pour conséquence qu’aucune autre affectation ne pourra lui être donnée tant qu’il le restera[128]. La Ville n’a pas encore décidé de l’affectation du lieu[127].

L'église Saint-Roch
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Église Saint-Roch bâtie en 1913. Elle se situe dans le quartier du « Coucou » à Lodelinsart-Ouest.

L’établissement d’une église succursale dédiée à Saint‑Roch dans le hameau de Noire Mécanique fut autorisé par un arrêté royal du [131], signé alors que Carton de Wiart dirigeait le ministère de la Justice. Cette nouvelle entité religieuse prit place dans la partie occidentale de Lodelinsart, dont les limites s’étendaient vers le nord jusqu’au territoire de Jumet, vers l’est le long de l’assiette de l’ancienne ligne ferroviaire reliant Jumet à Deschassis jusqu’au puits aujourd’hui disparu, vers le sud jusqu’à Dampremy et vers l’ouest jusqu’à Marchienne‑au‑Pont par le quartier de La Docherie[132]. Ce découpage reflète l’organisation territoriale de la commune à l’époque, étudiée dans l’histoire paroissiale L’édifice fut construit dans la rue de Pennsylvanie sur un terrain offert par Augustin Vandendorpel, selon les plans de l’architecte Oscar Lefèvre, originaire de Jumet[132]. De conception simple et sans ambition stylistique particulière, l’église atteignait environ quarante‑cinq mètres de longueur, tandis que sa tour coiffée d’une flèche culminait à près de quarante mètres. Elle abritait une cloche de six cent cinquante kilogrammes, don de Valentine Morel, qui fut réquisitionnée par les autorités allemandes en 1943 avant d’être remplacée par une cloche provenant de Fontaine‑l’Évêque[132]. L’église de Lodelinsart‑Ouest ne renfermait aucun élément notable du point de vue artistique ou patrimonial, ce qui en fait un exemple représentatif des constructions paroissiales fonctionnelles du début du XXe siècle[132].

La chapelle Notre-Dame de Verviers
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La chapelle du Chênois, dédiée à Notre‑Dame de Verviers, apparaît dans plusieurs livres de rentes du XVIIIe siècle, qui signalent sa présence au centre de la place portant le même nom. Durant les années 1838‑1839, elle servit provisoirement de lieu de culte : les offices, les baptêmes et les funérailles y furent célébrés pendant les travaux de réparation de l’église paroissiale. Ce rôle temporaire illustre l’importance des édifices secondaires dans l’organisation religieuse locale, étudiée dans l’histoire paroissiale[133]. En 1898, la fabrique d’église, en accord avec l’administration communale et les autorités supérieures, accepta la proposition d’Alexandre Misonne et de Théophile Lafontaine visant à démolir l’ancienne chapelle afin d’améliorer l’esthétique de la place du Chênois[133]. Une nouvelle chapelle, plus modeste, devait être reconstruite en retrait, au fond de la place. Ses dimensions trois mètres de long, 2,20 m de large et 3,25 m de haut reflétaient une volonté de sobriété. Le mobilier liturgique était fourni par les donateurs, et l’ensemble devint propriété de la fabrique d’église[133]. Ce type de reconstruction, fréquent à la fin du XIXe siècle, s’inscrit dans les pratiques de rénovation des lieux de culte analysées dans l’architecture religieuse. La statue de Notre‑Dame de Verviers, qui se trouvait dans l’ancienne chapelle, disparut au moment de ces transformations. Selon la tradition locale, elle aurait été achetée par un particulier originaire de Charleroi, ce qui témoigne de la circulation fréquente des objets de dévotion dans les paroisses de la région[133].

L'ancienne chapelle de la Sainte-Vierge ou chapelle de Bon-Air
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La chapelle dédiée à la Sainte Vierge se trouvait autrefois à Bon‑Air, à l’entrée des terrains connus sous le nom de Grands Pachis. Son origine demeure incertaine, mais le fronton portait l’inscription « À la Sainte Vierge 1776 », date qui correspond vraisemblablement à la construction du premier édifice. Cette chapelle, modeste mais représentative de la dévotion mariale locale, occupait une position visible à l’entrée du quartier, comme en témoignent les sources relatives à l’architecture religieuse[134]. Lors de l’aménagement de nouvelles habitations à Bon‑Air, à l’entrée de la chaussée de Châtelet, l’édifice fut démoli. Afin de préserver ce lieu de culte, une nouvelle chapelle fut reconstruite plus bas, à l’alignement de la chaussée, sur les terrains des anciennes verreries Martin. Ces parcelles avaient été acquises pour l’édification des anciennes écoles libres pour garçons et du cercle Saint‑Laurent, ce qui permit d’intégrer la chapelle dans un ensemble institutionnel en développement[134]. Cette réimplantation assura la continuité de la présence du monument, devenu un témoin discret du patrimoine religieux local et de la persistance de la dévotion mariale dans le quartier[134].

L'ancienne chapelle Saint-Antoine

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La chapelle dédiée à Saint‑Antoine et à Saint‑Hubert se trouvait à l’origine à l’angle de la chaussée de Bruxelles et de la rue du Château‑d’Eau, dans le quartier de Saint‑Antoine. Connue localement sous le nom de petit oratoire du Château‑d’Eau, elle occupait une position visible à proximité immédiate de cet ouvrage hydraulique, ce qui en faisait un repère familier pour les habitants. Ce type de petit édifice religieux, fréquent dans les faubourgs au XIXe siècle, s’inscrit dans les formes de dévotion populaire étudiées dans l’histoire des chapelles[135]. La chapelle primitive fut démolie lors de l’aménagement des habitations qui occupent aujourd’hui son ancien emplacement. Afin de préserver la présence du lieu de culte dans le quartier, une nouvelle construction fut érigée à une courte distance, toujours dans le même secteur, maintenant ainsi la continuité de l’usage religieux associé au Château‑d’Eau. Cette réimplantation témoigne de la volonté locale de conserver les petits monuments de piété, même lorsque l’urbanisation impose des transformations du paysage[135]. Elle est depuis désaffectée[136].

Patrimoine immatériel

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Les Climbias

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Climbias lors du carnaval de Charleroi en 2020.

Le Royal Climbia’s Club est une société festive fondée à Lodelinsart le , dans un contexte de pleine expansion industrielle portée par les familles verrières de la commune. Selon Hubert Guiot, qui en retrace l’histoire dans son ouvrage de 1951, l’association naît de l’initiative d’un groupe de jeunes issus de ce milieu professionnel[137]. Leur nom dérive du climbia, une petite broche de bois utilisée dans les ateliers de verrerie : un terme familier pour ces fondateurs et devenu l’emblème identitaire du groupe. Dès ses premières années, le Royal Climbia’s Club acquiert une notoriété régionale remarquable. Son bal masqué annuel, organisé le dimanche suivant le mardi gras, s’impose comme l’un des rendez‑vous festifs majeurs du pays de Charleroi[137]. Hubert Guiot souligne que cette popularité repose autant sur la qualité de l’organisation que sur l’originalité des traditions cultivées par les membres. La société se distingue notamment par son effectif volontairement limité à treize membres, règle immuable depuis la fondation. Ceux‑ci arborent un costume inspiré des gentilshommes verriers : habit noir, culotte de soie, bas noirs, souliers vernis, fez rouge et insigne orné d’un véritable climbia. Cette tenue, décrite en détail par Hubert Guiot, contribue à l’identité visuelle du groupe et à son prestige dans les manifestations publiques[138].

La tradition carnavalesque de Lodelinsart et de Charleroi s’enrichit, au début du XXe siècle, d’une société fondée par des étudiants de l’Athénée de Charleroi. Soucieux de prolonger l’effervescence du Carnaval de Charleroi, ils mirent sur pied un bal masqué qui devint rapidement un rendez‑vous apprécié. En 1937, cette société reçut le titre de « Royale », reconnaissance officielle de son rôle dans la vie festive locale[139]. Sa devise, « Plaisir et Charité », exprimait l’ambition de financer, grâce aux bénéfices des bals, des actions d’aide en faveur des personnes démunies. Michel Moreaux rappelle que l’un des lieux associés à cette initiative était une maison de la rue Paul Pasture, surnommée « Carré bleu », où une plaque commémorative fut apposée pour en conserver la mémoire. C’est dans une ruelle attenante à cette demeure que fut établi le Faquin’s Club, créé pour offrir un cadre plus vaste aux festivités masquées[140]. Depuis 1926, une autre confrérie occupe une place singulière dans le paysage carnavalesque : les Climbias. Leur présence annuelle constitue l’un des éléments les plus constants du carnaval de Charleroi. Michel Moreaux souligne que, dans leurs premières décennies, les membres se déplaçaient dans deux landaus richement décorés, menés par des cochers impassibles, avant d’adopter progressivement l’automobile tout en conservant ponctuellement l’usage de calèches, rappel de l’ancien prestige de la confrérie. Dès leur première année d’existence, ils instaurèrent un bal destiné aux enfants, devenu un moment attendu du calendrier festif. L’événement se déroule dans une ambiance joyeuse : les Climbias, vêtus de leur tenue traditionnelle, circulent parmi les jeunes participants et distribuent friandises et attentions[141].

Entre le bal des enfants et celui des adultes, une coutume singulière perdure : les membres se réunissent autour d’un repas de tête de veau, pratique associée à une légende locale que Moreaux évoque comme l’un des marqueurs identitaires de la confrérie. Après cette étape rituelle, ils rejoignent en cortège la Ruche Verrière, où leur arrivée en musique ouvre officiellement la soirée [142]. Alignés sur scène, ils reçoivent les salutations du public avant d’entamer la première farandole, moment symbolique qui marque le début des réjouissances. La confrérie des Climbias se distingue également par son organisation interne : elle est limitée de manière traditionnelle à treize membres, nombre qui ne varie qu’en cas de décès. L’admission d’un nouveau membre requiert l’unanimité, règle immuable qui, selon Michel Moreaux, est observée depuis plus d’un siècle et contribue à la réputation de stabilité et de continuité de la confrérie[143].

Monuments commémoratifs

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L'ensemble du monument aux morts des deux guerres.

Le monument aux morts, inauguré en 1923, pour honorer la mémoire des victimes de la Grande Guerre[144]. Le monument a été complété, après la guerre de 1940-1945, par une pergola dont les colonnes portent les noms des victimes, inaugurée le [145],[146].

La stèle d'Albert Looza inaugurée le , qui est située derrière le monument aux morts des deux guerres[145],[146],[147].

Lieux publics

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  • Parc Gobbe, rue Chausteur et rue Hortense Hocquemiller. Le Parc Gobbe est un espace vert de quartier situé rue Chausteur, au cœur de Lodelinsart. Il se caractérise par une vocation essentiellement sportive, comprenant notamment un terrain de basket-ball accessible en permanence. Le parc joue un rôle de lieu de rencontre pour la jeunesse locale et constitue l’un des rares espaces verts intra‑urbains de la section[148].
  • Square Dupret, rue Desgain. Ce parc de proximité, ouvert 24h/24, se situe dans un tissu résidentiel dense. Il s’agit d’un espace vert de petite taille, typique des aménagements de respiration urbaine dans les anciennes communes industrielles. Il offre un cadre de détente pour les riverains et contribue à la trame verte locale[148].
  • Parc Pol Genot[149], rue Via du Sart.

Cimetière

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Vue du cimetière de Lodelinsart.
La tombe d'Edmond Gilles.

Cimetière de Lodelinsart[150], rue Fania Zylberblat.

  • Le site compte environ 422 tombes photographiées et indexées, selon les relevés généalogiques disponibles. Cette indexation témoigne d’un intérêt patrimonial marqué pour la conservation des sépultures et des noms de famille liés à l’histoire locale[151].
  • Le cimetière est un espace traditionnel, composé d’allées structurées, de monuments funéraires variés et de sépultures familiales typiques de la région carolorégienne[151].

Lodelinsart possède une histoire funéraire riche, marquée par l’existence de plusieurs anciens lieux d’inhumation aujourd’hui disparus ou transformés. Parmi ceux-ci figurent[152]:

  • un ancien cimetière lié à l’église Sainte‑Marie,
  • un autre situé près de l’ancienne maison communale,
  • un cimetière disparu entre les rues Dupret et Drion,
  • et le singulier cimetière des « Cercueils flottants », connu pour son caractère atypique dans la mémoire locale. Ces éléments témoignent de l’évolution des pratiques funéraires dans la localité.

Le patrimoine funéraire de Lodelinsart inclut des tombes liées à des familles ou personnalités locales importantes, notamment[152]:

  • des maîtres verriers, dont la région fut un centre historique,
  • Émile Fourcault, co‑inventeur du procédé verrier Fourcault,
  • des artistes, architectes et figures politiques locales comme René Esgain ou Edmond Gilles. Ces sépultures contribuent à la valeur patrimoniale du site.

Culture

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Le petit théâtre de la Ruelle.
  • Le Petit Théâtre de la Ruelle, sur le côté de la Ruche Verrière, dont l'accès se fait par la rue des Platicheûs[Note 6].
  • La Commission culturelle de Lodelinsart (CCL) qui organise 2 ou 3 évènements culturels par an, tels que : Pièce de théâtre en wallon, petit marché artisanal (Art au Foyer), expositions de peintures, sculptures, photos, bandes dessinées, spectacles musicaux (chansons françaises et wallonnes), etc.
  • Secteur 42, maison des jeunes, rue Albert Delwarte.

Légende du veau

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Selon une légende locale bien connue, ce veau aurait été le premier bourgmestre de la commune ! Son nom est également utilisé comme surnom pour désigner les Lodelinsartois. De plus, le groupe des Climbias perpétue cette tradition en dégustant de la tête de veau lors du carnaval[153].

Enseignement

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Réseau communal

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  • École communale fondamentale maternelle et primaire du Gros-Fayt.
  • École communale fondamentale maternelle et primaire de l'Ouest.
  • École communale fondamentale maternelle et primaire de Bon-Aire.
  • Académie de Jumet-Lodelinsart.

Réseau libre

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École libre fondamentale Notre-Dame de Lodelinsart.

Économie

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Tissu économique actuel à Lodelinsart

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L’événement économique majeur récent est la reprise du site Makro de Lodelinsart par Colruyt Real Estate et LCV Real Estate (2025). Selon Télésambre, le groupe Colruyt envisage d’y implanter un magasin Colruyt Professionals, destiné aux clients professionnels, avec assortiment réduit mais orienté « prix de gros ». Cette reconversion s’inscrit dans une stratégie régionale visant à occuper l’espace laissé vacant par la disparition de Makro/Metro[154]. Les diagnostics commerciaux wallons montrent plusieurs tendances qui touchent directement les quartiers comme Lodelinsart[155]:

La chaussée de Bruxelles longée par plusieurs commerces.
  • Vacance commerciale élevée : près d’un point de vente sur cinq vide en Wallonie en 2024.
  • Déplacement du commerce vers la périphérie : parcs commerciaux et grandes enseignes attirent une part croissante des achats.
  • Évolution des comportements d’achat : montée du e‑commerce, recherche de produits locaux, essor du seconde main et des commerces hybrides.

Ces tendances expliquent la fragilité des petits commerces de proximité dans les quartiers urbains.

Lodelinsart, ancien bastion de la verrerie carolorégienne, conserve aujourd’hui une activité industrielle marquée par la poursuite de la production de verre, la reconversion de sites historiques et la présence d’infrastructures liées à l’économie locale. Bien que la grande époque charbonnière et verrière soit révolue, le tissu industriel reste structuré autour de l’héritage du verre, de petites entreprises manufacturières et de sites réhabilités. Le site AGC de Lodelinsart constitue aujourd’hui l’un des derniers pôles industriels majeurs du quartier. Selon L’Echo, AGC y a investi 10 millions d’euros pour moderniser ses installations, confirmant la pérennité de la production de verre dans la région[156]. Ce site s’inscrit dans la longue tradition verrière du bassin carolorégien, historiquement l’un des plus importants au monde. Dès le XIXe siècle, la région produisait jusqu’à 20 % du verre mondial, un héritage encore visible dans les infrastructures et savoir-faire locaux[157].

Au niveau commerce, on y retrouve plusieurs points de vente alimentaires, allant des boucheries (ex. Boucherie Renmans) aux épiceries de quartier, en passant par des night shops et des enseignes de distribution comme Aldi. Ces commerces sont principalement situés sur les axes majeurs[158]. Le secteur horeca est représenté par des tavernes, snacks, pittas, et restaurants tels que La Ruche Verrière, Pitta Queen’s ou Le Kesten-Panse. Ces établissements jouent un rôle social important dans la vie locale[159]. Lodelinsart compte plusieurs pharmacies, instituts esthétiques, centres auditifs et commerces liés au bien‑être. Leur présence dense reflète une population locale nombreuse et vieillissante (âge moyen 43 ans)[160]. Le commerce automobile constitue un secteur particulièrement visible : garages, carrosseries, pneumatiques, stations‑service et concessions (ex. Toyota GCA Castus). Ce segment est l’un des plus représentés dans le quartier[159]. On trouve également des banques (BNP Paribas Fortis, ING), agences immobilières, assurances, car‑wash, ainsi que des commerces spécialisés (informatique, décoration, bricolage)[158]. Le commerce à Lodelinsart, section urbaine de Charleroi, se caractérise aujourd’hui par un tissu économique dense et diversifié, typique des anciens faubourgs industriels de la région carolorégienne. L’activité commerciale s’organise principalement autour des grands axes structurants la Chaussée de Bruxelles et la Chaussée de Châtelet où se concentrent commerces de proximité, services, alimentation spécialisée, garages automobiles et établissements horeca. Cette configuration reflète un modèle de commerce linéaire de voirie, hérité de l’urbanisation du XIXe et XXe siècle[159].

Industries de l'époque à Lodelinsart

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Charbonnages

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Vue de l'hôpital depuis le terril Sacré-Français.

L’exploitation du charbon en Belgique possède des origines médiévales et s’inscrit dans une tradition ancienne où les régions de Liège et du Hainaut revendiquent chacune un rôle précoce dans la découverte et l’usage de la houille. Les récits liégeois situent cette découverte autour de la fin du XIIe siècle, tandis que des auteurs hennuyers du XVIIIe siècle affirment que le charbon y était déjà utilisé depuis plusieurs siècles. Des traces documentaires attestent d’activités minières près de Mons au début du XIIIe siècle, et une charte de 1297 confirme l’existence de fosses à Charnoy et Gilly, dans l’actuelle région de Charleroi[161]. Selon Hubert Guiot, les archives du XIVe siècle signalent également l’exploitation de veines à Lodelinsart, ce qui témoigne d’une implantation ancienne de l’activité houillère dans ce territoire. Sous l’Ancien Régime, les gisements relevaient de la juridiction des seigneurs locaux, qui accordaient des autorisations d’extraction en échange de redevances[162]. Un document de 1443 décrit les pratiques alors en vigueur : toute personne découvrant une veine affleurante pouvait ouvrir une tranchée, puis solliciter l’accord du mayeur afin d’exploiter le charbon, moyennant une part versée au seigneur et au propriétaire du terrain. Les concessions demeuraient fragiles et pouvaient être retirées en cas de non‑paiement. Jusqu’au XVIIe siècle, les exploitations restaient limitées, souvent gérées par des ouvriers‑parçonniers qui combinaient travail minier, agriculture et artisanat. L’extraction se faisait en surface ou par galeries inclinées suivant l’orientation des veines, dans des conditions difficiles décrites par plusieurs auteurs du XVIIe siècle, qui évoquent l’obscurité, l’étroitesse des galeries et la faiblesse des salaires[163].

Une mutation décisive se produisit au XVIIIe siècle avec l’introduction de la machine atmosphérique de Newcomen, permettant d’évacuer l’eau des puits. En 1735, Jacques Desandrouin fit installer une pompe à feu dans son charbonnage de Lodelinsart, après avoir étudié le modèle anglais et fait construire localement une machine d’environ vingt‑cinq chevaux. Hubert Guiot souligne que cette innovation ouvrit une phase de développement technique et économique majeure pour les houillères du pays de Charleroi[164]. L’inauguration de la machine donna lieu à une cérémonie réunissant autorités locales, notables, ouvriers des forges et houilleurs, en présence du clergé venu bénir l’installation. Un pastel représentant Desandrouin couronnant Misonne fut réalisé pour commémorer l’événement et se trouvait encore au château Desandrouin en 1820. Les témoignages du XIXe siècle, notamment ceux de D. A. van Bastelaer, rappellent que l’extraction reposait autrefois sur des « cayats », petits puits privés exploités à faible profondeur au moyen d’un treuil manuel. Ce procédé rudimentaire coexistait avec les premières concessions avant d’être remplacé par des dispositifs plus élaborés, tels que les machines à molettes actionnées par des chevaux[165]. La multiplication des exploitations entraîna des litiges entre concessionnaires et particuliers, comme l’illustre une plainte de 1793 déposée par les directeurs Misonne et Bastin, dénonçant des extractions illégales. Les difficultés croissantes d’exhaure et les besoins financiers poussèrent les exploitants à se regrouper, aboutissant en 1836 à la formation des Charbonnages de Lodelinsart, issus de plusieurs fusions successives[166].

Le terril Sacré-Français.

L’origine de ces charbonnages remonte au XVIIe siècle, lorsque des parçonniers obtinrent en 1665 de Marguerite de Mérode, comtesse d’Isenghien, l’autorisation d’extraire la houille sur les hauteurs de Charnoy. Au cours du XVIIIe siècle, ces droits passèrent entre diverses familles locales avant d’être acquis par Jean‑Marie Stanislas Desandrouin, figure centrale de l’industrie charbonnière régionale. À partir de 1761, celui‑ci organisa l’exploitation du Fayat en rachetant progressivement les parts de Lambert Huart et de plusieurs associés, ce qui conduisit à la création d’une société structurée en 1762[167]. L’acquisition des droits du Grugeat en 1770 étendit encore la concession, désormais connue sous le nom de « Fayat et Grugeat ». Les comptes de 1774 montrent une activité rentable, avec un bénéfice réparti entre les actionnaires selon un système de parts. Une autre exploitation, dite Deschassis, était également liée aux concessions accordées par la famille Desandrouin, qui en détenait la majorité du capital dès 1773. À la fin du XVIIIe siècle, l’ensemble de ces fosses formait un réseau d’extraction important autour de Charleroi, mobilisant ouvriers, chefs‑mineurs et machinistes, et exploitant de nombreuses veines encore disponibles sur le territoire de Lodelinsart[168]. Les archives judiciaires du début du XIXe siècle permettent de suivre la formation progressive des sociétés charbonnières actives dans la localité. La première structure connue apparaît en 1767, lorsque le vicomte Desandrouin concède à Pierre Castiaux et à ses associés l’exploitation de plusieurs veines. Une seconde concession, accordée en 1792 à François‑Joseph Castiaux et à divers partenaires, fixe un terrage annuel de 120 florins. Les concessionnaires invitèrent alors Desandrouin à rejoindre leur société, ce qu’il accepta, devenant rapidement l’actionnaire principal. Un acte notarié de décembre 1792 établit la répartition des parts, dont Desandrouin détenait déjà la majorité[169].

Panorama pris du terril Sacré-Français vers La Docherie, Gohyssart et Lodelinsart-Ouest.

D’autres associations, notamment celles du Mayeur et du Grandpré, suivirent un schéma similaire : Desandrouin y occupait systématiquement une position dominante. Son représentant, Godefroid de Saint‑Roch, racheta pour son compte de nombreuses parts, certaines restant toutefois à son nom faute de ratification. Vers 1821, les exploitations présentaient une situation financière fragile, plusieurs documents évoquant des dettes importantes et l’absence d’investissement des autres copropriétaires, ce qui renforça encore la position de Desandrouin, seul à avancer les fonds nécessaires[170]. Peu avant sa mort, le , il céda ses droits dans les charbonnages de Lodelinsart à son gendre Émile Moreau Sangrin, tout en conservant l’usufruit. Une première fusion en 1836 regroupa les exploitations sous le nom de Charbonnages de Lodelinsart, avant une fusion définitive en 1851 avec les charbonnages de Charleroi et du Sacré‑Français, donnant naissance à la Société anonyme des Charbonnages Réunis à Charleroi. Les puits Deschassis (no 7) et Sacré‑Français (no 2), situés à Lodelinsart, poursuivirent leur activité jusqu’au XXe siècle, le premier cessant l’extraction en 1934[171][172]. Aujourd’hui, seules subsistent les ruines du charbonnage du Sacré‑Français, fermé en août 1959. Son nom provient de François Sacré, propriétaire de terrains et d’une fosse à Lodelinsart, qu’il vendit en 1728[173].

Verreries

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Maison et Verrie de Mr. Desandrouin.

La production de verre en Belgique possède une ancienneté remarquable, attestée par la découverte d’objets en verre dans plusieurs villas gallo‑romaines. Ces artefacts, dont la fragilité imposait une fabrication à proximité des lieux d’usage, témoignent d’une activité artisanale rendue possible par la disponibilité locale de sables adaptés. Après cette première période, l’art verrier connut un recul notable durant le Moyen Âge, avant de retrouver une dynamique au cours du XVe siècle. À cette époque, les ateliers, très dépendants du bois comme combustible, se fixèrent au cœur des massifs forestiers, tandis que la diffusion des produits était assurée par des marchands itinérants[174]. Hubert Guiot souligne que cette organisation économique reposait sur une mobilité constante des acteurs et sur une exploitation directe des ressources naturelles. Les bouleversements politiques des XVIe et XVIIe siècles ralentirent l’essor de cette industrie, déjà fragilisée par l’augmentation du prix du bois. Ce contexte entraîna une transition progressive vers l’usage du charbon. En 1643, le maître verrier namurois Thiry Lambotte fut le premier à employer la houille comme source d’énergie, innovation qui provoqua un déplacement durable des centres de production vers la région de Charleroi, riche en gisements carbonifères. Cette mutation technique, souvent évoquée dans les travaux de Hubert Guiot, marque un tournant décisif dans l’histoire industrielle du Hainaut[175].

Les premières implantations verrières hennuyères apparaissent dans les sources du XVIe siècle, notamment chez Guichardin et Mercator, qui mentionnent des fours à Leernes et dans les environs de Walcourt. Une tradition historiographique attribue l’introduction de procédés inspirés de la verrerie vénitienne à la famille Colnet, installée à Leernes dès le XVe siècle. Cette lignée, bénéficiant de privilèges accordés par Charles le Téméraire puis par les autorités liégeoises et espagnoles, joua un rôle essentiel dans la diffusion de techniques nouvelles. Sous leur impulsion, plusieurs ateliers se développèrent dans un vaste espace allant de Fontaine‑l’Évêque à Momignies, en passant par Barbançon, Froidchapelle, Genappe, Namur et les abords de Charleroi[176]. L’étude de la verrerie vénitienne éclaire l’importance de ces transferts techniques dans la modernisation des ateliers locaux. Au fil des générations, les Colnet et leurs alliés consolidèrent leur implantation dans le Hainaut, notamment aux Hamendes et à Bousval. Leur influence contribua à faire de la région carolorégienne l’un des principaux foyers verriers des anciens Pays‑Bas[177]. Hubert Guiot insiste sur la continuité de ces dynasties artisanales, dont l’action permit l’émergence d’un véritable pôle industriel structuré autour de l’exploitation du charbon, de la maîtrise technique et d’un réseau commercial étendu. Cette évolution s’inscrit dans une histoire plus large de l’industrialisation régionale, où la verrerie occupe une place centrale aux côtés de la métallurgie et du charbonnage[178].

Appareil pour étirer et recuire le verre en feuilles continues. Planches III signée à Lodelinsart le . Archives générales du Royaume II, Dépôt Joseph Cuvelier, Archives du Service public fédéral Économie, Brevets, no 173.821.

Au XVIIe siècle, un artisan verrier originaire de Forbach, Martin Faller, s’établit à Jumet avant 1653. De lui descendent les familles Falleur et de Falleur, qui s’allièrent notamment aux Colnet, déjà influentes dans la région. Plusieurs membres de cette lignée revendiquèrent au XVIIIe siècle le titre d’écuyer, qu’ils attribuaient à leurs ancêtres. En 1723, la Haute Cour de Lodelinsart confirma officiellement que Martin Faller, son fils Pierre et leurs descendants exerçaient exclusivement l’art du verre en qualité de « gentilshommes verriers », bénéficiant de privilèges impériaux accordés aux familles attachées à cette industrie[179]. Le héraut d’armes Lefort, officier du Saint‑Empire à Liège, certifia la même année la filiation et la respectabilité de la lignée, soulignant la continuité de leur statut et de leur métier. Hubert Guiot rappelle que ces reconnaissances juridiques illustrent la place singulière occupée par les dynasties verrières dans l’organisation sociale de l’époque. L’activité verrière à Lodelinsart apparaît dans un testament daté de 1665, qui mentionne un droit sur une verrerie sans préciser son emplacement ni sa date de fondation. Une installation nouvelle fut construite en 1690 par Gédéon Desandrouin, puis reprise par la famille de Saint‑Roch, dont la production fut remarquée à l’exposition de Haarlem en 1825[180]. Un tarif de 1826 atteste d’une fabrication variée comprenant verres blancs ou communs, cylindres pour horloges, bouteilles de formats divers et verrerie pharmaceutique. Les installations passèrent ensuite à Casimir Lambert et à ses fils avant d’être démolies. Les travaux de Hubert Guiot soulignent que cette succession de propriétaires reflète l’évolution des stratégies industrielles dans le bassin carolorégien[181].

Une autre verrerie fut fondée en 1746 par les frères Kromer, spécialisée exclusivement dans la production de bouteilles près de la chapelle du Remoncheval. En 1756, les Kromer sollicitèrent du prince Charles de Lorraine l’octroi des exemptions et privilèges accordés à d’autres manufactures, notamment des franchises fiscales, des dispenses de charges publiques pour leurs ouvriers et la protection de leur personnel contre le débauchage[181]. Leur requête illustre les enjeux économiques et réglementaires qui entouraient l’industrie verrière dans la région de Charleroi au XVIIIe siècle. En 1757, Charles de Lorraine leur accorda plusieurs avantages destinés à favoriser leur établissement dans le comté de Namur : exemption des droits d’entrée sur les matières premières (sauf la houille étrangère), suppression des droits de sortie pour les bouteilles exportées, dispense de guet et de patrouille, ainsi que l’exemption de diverses prestations personnelles et réelles. Les ouvriers de la fabrique ne pouvaient être recrutés par d’autres maîtres verriers sans autorisation écrite, sous peine d’amende[182]. Cette politique protectionniste contribua à l’essor de l’industrie locale, comme le montre l’étude de l’économie verrière. Depuis le Moyen Âge, le métier de souffleur de verre est associé à un statut privilégié. Dès le XIIe siècle, il devient un métier réservé, et François Ier confirme que son exercice n’entraîne pas la perte de noblesse. Les verriers recrutent alors principalement parmi les familles déjà engagées dans ce métier, donnant naissance à la notion de « souffleurs de sang ». Malgré l’abolition des privilèges en 1789, cette tradition perdure jusqu’au XIXe siècle[183]. L’augmentation de la production après 1845 oblige toutefois les maîtres verriers à engager des ouvriers extérieurs, appelés « Vandors », souvent mal accueillis par les anciens. Une société de résistance, la Mutuelle des Verriers, apparaît brièvement avant de disparaître avec le retour de la prospérité. Hubert Guiot insiste sur la tension sociale provoquée par l’arrivée de cette nouvelle main‑d’œuvre[183].

Au début du XIXe siècle, la région de Charleroi compte plusieurs verreries, dont dix en 1823 réparties entre Charleroi, Dampremy, Jumet et Lodelinsart. En 1834, la Belgique possède 21 verreries totalisant 37 fours et 224 creusets, dont quatre établissements à Lodelinsart. En 1870, près d’un tiers des fours du bassin verrier se trouvent sur le territoire de cette commune. Les listes industrielles de 1870 à 1878 témoignent d’une forte concentration d’entreprises locales, parmi lesquelles les familles Lambert, De Dorlodot, Schmidt, Morel, Mondron ou encore Gobbe, qui dominent alors la production régionale[184]. L’étude de l’industrie carolorégienne montre que cette concentration reflète une spécialisation progressive du territoire. L’essor des verreries à Lodelinsart s’accélère au XIXe siècle : de huit établissements en 1834, on en compte une cinquantaine en 1882, avant une nouvelle expansion liée à l’introduction des fours à gaz et des fours à bassin. La transition vers ces dispositifs commence après les premières tentatives infructueuses de fusion sans creuset vers 1860[185]. Siemens parvient en 1872 à produire des bouteilles au four à bassin, mais c’est l’ingénieur Opperman qui adapte ce type de four à la fabrication du verre à vitres, avec des essais dès 1874 et une mise au point définitive en 1878 aux Verreries L. Baudoux et Cie. L’adoption industrielle s’accélère à partir de 1881, entraînant la disparition quasi totale des fours à creusets en Belgique dès 1894[185].

La suppression des creusets transforme profondément le travail du verre chaud : les pots, autrefois indispensables et soumis à des températures extrêmes, disparaissent, et le four à bassin impose un fonctionnement continu en équipes successives. Le métier reste néanmoins éprouvant : le cueillage du verre en fusion, le soufflage du cylindre et l’étendage des feuilles exigent force, précision et résistance à la chaleur intense des fours. Hubert Guiot décrit ces gestes comme l’un des héritages techniques les plus marquants de la tradition verrière[185]. À la fin du XIXe siècle, le bassin carolorégien compte plus d’une vingtaine de verreries, dont plusieurs à Lodelinsart. En 1921, la commune abrite encore six verreries à vitres équipées de bassins et d’étenderies. Entre 1925 et 1930, l’ensemble du secteur adopte progressivement la fabrication automatique. Le procédé Fourcault, issu des travaux de l’ingénieur jumétois Gobbe et développé industriellement par Émile Fourcault entre 1902 et 1906, s’impose alors comme la technique moderne d’étirage mécanique du verre en continu. En 1922, deux usines belges produisent déjà du verre selon cette méthode, marquant l’entrée définitive de la verrerie locale dans l’ère industrielle. L’étude du procédé Fourcault éclaire cette mutation technique majeure[186].

Au début du XXe siècle, l’industrie verrière belge connaît une transition décisive vers la production mécanique. En 1921, plusieurs entreprises, dont celle d’Henri Lambert, créent une société destinée à exploiter en Belgique le procédé américain Libbey‑Owens, mis au point aux États‑Unis en 1915. En 1930, la Verrerie du Centre à Jumet adopte un autre système d’étirage, le procédé de Pittsburgh, proche de celui de Fourcault. La mécanisation s’impose progressivement malgré la préférence initiale pour le verre soufflé, jugé plus régulier que le verre étiré, encore marqué de stries[187]. Une fois la qualité améliorée, la production mécanique se diffuse rapidement, entraînant le déclin accéléré du soufflage à la bouche. Entre 1927 et 1930, les principales verreries pratiquant encore cette technique cessent leurs activités, provoquant un chômage important parmi les ouvriers spécialisés[187]. Face à ces mutations, une partie des verriers accepte à partir de 1927‑1928 de travailler sur machines, tandis que d’autres quittent définitivement la profession. La fabrication traditionnelle des vitres, fondée sur le soufflage en cylindres fendus puis étendus au four, reste longtemps inchangée dans ses principes, malgré des perfectionnements techniques visant surtout à réduire les coûts et améliorer la qualité. L’origine exacte des procédés utilisés en Belgique demeure discutée, bien que l’introduction du soufflage en cylindres soit généralement attribuée aux verriers venus d’Italie ou d’Allemagne[188].

Sur le plan social, les ouvriers verriers s’organisent dès la fin du XIXe siècle. À Lodelinsart, la création en 1894 de la Nouvelle Union Verrière résulte de la fusion des syndicats de souffleurs, cueilleurs et étendeurs. L’association, présidée par Edmond Gilles, acquiert en 1897 un vaste local qui devient un centre important de la vie ouvrière et associative de la région. Après la Seconde Guerre mondiale, la tradition verrière locale se prolonge notamment avec la fondation en 1946 de la coopérative « Art et Verre », issue de la collaboration entre les Verreries Gobbe‑Hocquemiller et l’artiste Paule Ingrand. Vers 1950, Lodelinsart compte encore deux verreries mécaniques en activité : la Gobbe au Gros‑Fayt et la Lambert, implantée à cheval sur Charleroi et le quartier du Chênois[189]. Ces ateliers, autrefois animés par les fours et leurs « éclairs joyeux », ont depuis été en grande partie démolis, laissés à l’abandon ou reconvertis en industries d’un autre type. La disparition de cette activité verrière a entraîné un net déclin économique et social ; à l’époque de leur prospérité, l’intensité de la vie locale valait à Lodelinsart le surnom de « petit Paris »[190].

Parmi ces verreries sur le territoire de Lodelinsart au XIXe siècle, il y avait selon Hubert Guiot[191]:

  • Verrerie du Château appelée Desandroin, puis Saint-Roch et enfin la famille Lambert. Cette verrerie était située à la chaussée de Châtelet,
  • Verreries Kromer, elle fut exploitée par les frères Kromer, elle était située à la rue Paul Pastur,
  • Verrerie Drapier, elle se situait place Edmond Gilles. Elle fut exploitée par Drapier puis par Beaudoux,
  • Verreries Martin, dénommé aussi « Verrerie Jean-Jean » elle se situait à l'emplacement de l'actuel château Goffart à la chaussée de Châtelet,
  • Verrerie du Château Drion, chaussée de Châtelet,
  • Verrerie Hanquinet, à l'emplacement du monument,
  • Verrerie Schmidt, située à l'angle de la rue des Déportés et de la chaussée de Châtelet,
  • Devillez et Cie, elle était située à Lodelinsart-Ouest,
  • Verrerie Huart, elle était située rue des Coutures,
  • Schmitd et Cie, elle était située au Chemin Vert,
  • Schmidt frères et sœurs, elle était située, ruelle Martin,
  • Verreries Bastin et Williams, elle était située au lieu-dit Warchat,
  • Verrerie Hindel Philippe, chaussée de Bruxelles,
  • Verrerie L. Greffe et Cie, chaussée de Bruxelles,
  • Verrerie Achille Andris et Cie, chaussée de Bruxelles à La Planche,
  • Verrerie de Dorlodot, chaussée de Bruxelles,
  • Verrerie Pivont, elle était située au Gros-Fayt devant l'actuel école communale,
  • Verrerie Mondron, chaussée de Bruxelles,
  • Verrerie Coriamont, elle était située aux Aulniats (Lodelinsart-Oest),
  • Verrerie Morel, puis sous le nom de La Paix, rue du Chênois,
  • Verrerie Gobbe-Hocquemiller, elle était située au Gros-Fayt,
  • Verrerie Desgain, elle était située au Gros-Fayt,
  • Verrerie Lambert, elle était située au Chênois,
  • Verrerie Dandoy, elle était située rue des Déportés,
  • Verrerie Denuit Virginie, elle était située rue Via du Sart,
  • Verrerie Castiau Juliette, elle était située rue des Coutelles,
  • Verrerie de Heinzelin de Braucourt, elle était située au Gros-Fayt, cette verrerie fabriquait des bouteilles,
  • Lefèbvre Gabriel, elle était située entre le chemin Vert et la chaussée de Châtelet, cette verrerie fabriquait des bouteilles,
  • Moran Clémentine, elle était située au rue Fannia Zylberblat, cette verrerie fabriquait des pannes en verre,
  • Bernard Auguste, elle était située rue du Ravin, cette verrerie fabriquait des pannes en verre,
  • Lambillotte Henri, elle était située à la chaussée de Bruxelles près de Saint-Antoinne, cette verrerie fabriquait des pannes en verre,
  • Aucremanne Françoise, elle était située au chemin vert et elle fabriquait des pannes en verre, verres bombés et miroiterie,
  • Verrerie de l'Aurore, elle était située à la chaussée de Bruxelles et elle fabriquait des pannes en verre, verres bombés et miroiterie,
  • Masquelier puis Duthoit,
  • Verreries Georges Emile et frères,
  • Verreries Schmidt et Latour,
  • Verreries Biernaux et Cie,
  • Verreries Dandois et Cie,
  • Verreries Goffe et fils,
  • Sté des Verreries de Bon-Aire,
  • Verreries Dulière père,
  • Verreries Masquelier Emile,
  • Sté Ame des Verreries de Dorlodot,
  • Sté Ame des Verreries Centrales.

Les clouteries

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L’industrie cloutière traditionnelle occupait une place intermédiaire entre le travail artisanal domestique et les formes plus organisées de production manufacturière. Le maître cloutier fournissait aux ouvriers des barres de fer de sections variées, regroupées en bottes d’environ cinquante livres[192]. La fabrication des clous se déroulait ensuite au domicile des ouvriers, souvent avec la participation de la famille, avant que la production ne soit rapportée au patron La rémunération incluait le paiement de la main‑d’œuvre et parfois un complément lié aux économies de matière, la perte de fer à la chauffe étant régulée par des usages locaux[193]. À côté de ce système, un artisanat indépendant subsistait : certains travailleurs assuraient eux‑mêmes le transport du fer et des clous pour leur communauté, témoignant de la diversité des pratiques au sein de cette activité. L’étude de l’artisanat métallurgique permet de mieux comprendre ces formes hybrides de production[194].

Cette fabrication, alors florissante, alimentait un commerce étendu vers Namur, Liège, Anvers, la Hollande, l’Allemagne et d’autres marchés. Dès le XVIIe siècle, des mémoires administratifs signalent l’importance de cette production dans les villages proches des houillères de la Sambre[195]. Au XVIIIe siècle, la région de Charleroi comptait plusieurs milliers d’ouvriers cloutiers, comme l’indiquent les chiffres de 1763. La concurrence entre maîtres locaux et nouveaux venus provoqua divers conflits corporatifs, révélateurs des tensions économiques et sociales liées à cette activité. Les travaux consacrés à l’économie préindustrielle éclairent ces dynamiques[196].

L’apparition des procédés industriels modernes, notamment l’usage de la houille dans l’affinage du métal et les premières machines, entraîna un déclin rapide de la fabrication manuelle du clou à la fin du XVIIIe siècle. Les ouvriers se tournèrent vers les usines métallurgiques naissantes, qui offraient des salaires plus élevés et une organisation du travail plus stable[197]. Les derniers maîtres cloutiers de la région exercèrent encore au début du XIXe siècle, avant que la production ne se déplace vers d’autres localités, notamment Fontaine‑l’Évêque. Cette évolution marque la transition entre une économie fondée sur le travail à domicile et une industrie métallurgique modernisée, intégrée dans les transformations plus larges du bassin carolorégien. Pour approfondir cette mutation, tu peux explorer l’industrialisation en Wallonie[198].

Les moulins

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L’introduction des moulins à eau dans la région remonte à l’époque franque, et plusieurs de ces installations ont fonctionné sans interruption depuis le haut Moyen Âge. Les premiers moulins à vent y sont attestés dès le XIIIe siècle. Leur construction relevait à l’origine du seigneur haut‑justicier, détenteur du droit exclusif d’exploiter la force hydraulique et éolienne[199]. À partir du XVIIe siècle, ce privilège fut soumis à l’autorisation souveraine : la coutume de 1619 mit fin à l’ancienne prérogative seigneuriale, marquant une évolution importante dans la gestion des équipements hydrauliques et éoliens. L’étude de l’histoire des moulins éclaire ces transformations juridiques et techniques[199]. Lodelinsart bénéficiait d’un moulin à eau grâce au ruisseau local. Souvent endommagé lors des conflits, il est mentionné comme non fonctionnel au début du XVIIe siècle et semble avoir été reconstruit vers 1700 par la famille Drion. Les archives de cette période indiquent qu’il rapportait environ 110 florins par an, ce qui témoigne de son importance économique pour la communauté. En 1758, Jacques Drion céda le moulin, ses dépendances et deux étangs au vicomte Jacques Desandrouin, figure influente du développement régional. Les travaux consacrés à l’économie rurale permettent de situer ce type de transaction dans le contexte plus large des exploitations hydrauliques[200].

La localité possédait également un moulin à vent, établi sur une hauteur près de l’étang du moulin à eau. Autorisé en 1733, il se révéla peu efficace, ne pouvant tourner qu’à un seul vent, ce qui limita fortement son rendement. Il fut démoli en 1759, mais son emplacement est encore mentionné dans un procès‑verbal de 1801, preuve de la persistance de sa mémoire dans le paysage local [201]. Le moulin à eau, quant à lui, fut détruit en 1939 lors d’exercices de défense aérienne, événement qui marque la disparition définitive de l’un des plus anciens équipements de la commune. Un moulin à vapeur fut ensuite installé au croisement des rues Balizeaux et Pastur[202]. Au XIXe siècle, une boulangerie industrielle y fonctionnait, dotée d’un équipement moderne permettant le nettoyage du grain, la mouture mécanique, le tamisage, puis le pétrissage grâce à une machine à vapeur. Cette installation, considérée comme l’une des plus avancées de Belgique et de France, impressionnait par l’organisation rationnelle de sa production et par l’intégration de procédés mécaniques qui annonçaient l’industrialisation de la meunerie. Pour approfondir cette évolution, tu peux explorer la mécanisation des moulins[203].

Les brasseries

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L’apparition des premières brasseries à Lodelinsart demeure difficile à situer précisément, bien que le testament de Pierre Castiau, mayeur en 1665, mentionne déjà une brassine et des tonneaux, signe d’une activité brassicole établie[204]. Les comptes seigneuriaux de 1685‑1686 confirment l’existence d’un commerce local de boissons soumis au droit d’afforage, perçu sur la vente de vin ou de bière par plusieurs habitants. Ces indications montrent que la production et la distribution de boissons étaient déjà intégrées dans l’économie villageoise à la fin du XVIIe siècle, comme l’illustre l’étude de l’histoire de la bière[204].

Au XIXe siècle, plusieurs projets de brasseries furent officiellement approuvés. En 1833, Henry Lambiliotte obtint l’autorisation d’installer une brasserie aux Aulniats. En 1844, une autre demande fut introduite par Eugène Mineur pour une brasserie située rue Drion, à proximité de celle de Misonne[204]. D’autres établissements existaient encore au siècle suivant, notamment la brasserie Marteau, installée à l’angle de la chaussée de Châtelet et de la rue du Chênois, ainsi que la brasserie Heyndrickx, rue du Moulin, à l’emplacement des futurs établissements Montplaisir[204]. Ces implantations témoignent de la vitalité de la production brassicole dans la région carolorégienne, en lien avec l’essor industriel du XIXe siècle et les transformations des pratiques alimentaires, étudiées dans l’histoire des brasseries belges[204]. En 1955, la production de la brasserie s’est arrêtée[205].

Maison de repos

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Maison de repos « Les Jours Heureux »[206], rue des Chevaliers du Travail.

Hôpital Marie Curie

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L'hôpital civil Marie Curie.

L'hôpital civil de Charleroi, Marie-Curie, se situe au lieu-dit « Bon-Air », carrefour formé par les chaussées de Châtelet, de Bruxelles - N5 - et la Route du Centre. Il est accessible via la ligne M3 du métro léger de Charleroi, arrêt « Marie Curie ». Il est conçu comme un hôpital aigu de grande capacité, il constitue l’un des pôles hospitaliers les plus modernes de la région[207].

Transports en commun

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La localité est traversée par les lignes des TEC : 18, 41, 50, 172, Midi-Docherie et M3 du métro léger.

Lodelinsart est traversée par la ligne 140 de Charleroi à Ottignies dont il y a une gare.

Sports et vie associative

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Le paysage associatif local couvre principalement le sport, la jeunesse, la culture et les loisirs. On y trouve de nombreux clubs de futsal, football, tennis, judo, basket, mouvements de jeunesse et d’autres activités de proximité ; les annuaires locaux recensent plusieurs centaines d’activités et clubs accessibles aux habitants. Les associations sportives et les mouvements de jeunesse constituent une part importante de l’offre associative locale[208].

Clubs - discipline

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Infrastructures

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Centre des Loisirs, rue du Chemin Vert.

Vie associative

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La principale institution de jeunesse de Lodelinsart est la Maison des Jeunes de Lodelinsart et environs, également connue sous le nom Secteur 42. Elle est située rue Albert Delwarte 34, 6042 Lodelinsart et constitue un pôle majeur d’animation socioculturelle.

Selon les données d’Infobel et du site officiel[209],[210]:

  • Il s’agit d’une association de jeunesse active depuis 2004 .
  • Elle propose des activités régulières, des ateliers, des stages durant les congés scolaires, ainsi que des concerts mensuels, des sorties culturelles, et des événements de quartier tels que Heigne en fête, fête des voisins, festival du jeu ou brocantes .
  • L’organisation se positionne également comme un espace de participation citoyenne, invitant les jeunes à formuler projets et initiatives, accompagnés par l’équipe d’animation .

Les horaires d’ouverture (mardi–samedi, généralement 12 h18 h) confirment son rôle de structure d’accueil régulière pour les adolescents et jeunes adultes du quartier[211].

Personnalités nées à Lodelinsart

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Notes et références

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  1. Via le bas latin fagetum (Jespers 2011, p. 265)
  2. Depuis des siècles le quartier du « Gros-Fayt » a beaucoup été urbanisé par des logements sociaux.
  3. Le nom initialement prévu pour ce quartier était Bon Air (Ghesquière 1992), anciennement orthographié Bonnaire, du latin bona area : bonne aire, bonne terre (Jespers 2011, p. 158).
  4. Fusion de communes en Belgique.
  5. L'église est démolie parce qu'elle menace de s’effondrer ; le conseil communal désire la démolir pour sécuriser des passants et riverains.
  6. Pour cause de doublons dans la commune, la Ville a dû faire un inventaire des rues à renommer.

Références

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Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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Bibliographie

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