Fontaine pyrotechnique

tube enduit d'une matière pyrotechnique qui projettent lentement des étincelles sur plusieurs centimètres de hauteur
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Une fontaine pyrotechnique est un tube contenant de la matière pyrotechnique qui projette lentement des étincelles sur plusieurs centimètres de hauteur. Les étincelles sont fines et refroidissent vite, mais la température atteint tout de même un millier de degrés au point de combustion.

Bougies-fontaines, utilisées ici comme bougies sur un gâteau.

Une variante conique à poser au sol est vendue sous le nom de volcan[1] ou vésuve[2].

L'utilisation de ces engins pyrotechniques dans des locaux inadaptés a causé plusieurs catastrophes ayant fait de nombreuses victimes, comme l'incendie du bar Cuba Libre à Rouen en France en 2016, l'incendie du club The Station à West Warwick, aux États-Unis, en 2003, et celui du bar Le Constellation à Crans-Montana en Suisse en 2026.

Norme ISO

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La norme ISO 25947-2:2017 liste les artifices de divertissement et décrit une fontaine comme un corps non métallique contenant une composition pyrotechnique produisant des étincelles et des flammes. Certains modèles peuvent être conçus pour être tenus à la main.

Le principal effet pyrotechnique est l'émission d’étincelles sans effet sonore déflagrant. Les étincelles sont dues à l'oxydation des poudres métalliques présentes dans la composition pyrotechnique[3].

Histoire

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Dès la première moitié du XXe siècle, les ouvrages consacrés à la pyrotechnie de spectacle classent la fontaine — ou gerb en anglais — parmi les engins traditionnels du feu d'artifice, aux côtés de la fusée, de la chandelle romaine et du pot à fleurs. Ces différents dispositifs peuvent alors accueillir des « étoiles » pyrotechniques, de petits éléments de composition capables de changer de couleur en brûlant ou de se scinder en plusieurs étoiles secondaires[4].

Autour de ce principe de base se sont développées, au fil du temps, plusieurs variantes techniques. Les artificiers ont ainsi mis au point des compositions dites « driver », brûlant plus rapidement qu'une composition de fontaine classique afin de fournir la poussée nécessaire à des pièces tournantes telles que les roues. Le saxon, petit artifice tournant construit à partir d'un tube de composition de fontaine obturé à l'argile à ses deux extrémités et en son centre, puis percé latéralement pour créer des jets de gaz opposés faisant tourner la pièce sur elle-même à la manière d'une fusée, illustre également cette parenté technique[5].

À partir des années 1970, l'usage de fontaines pyrotechniques en intérieur, à proximité immédiate du public, se répand notamment dans les spectacles de rock, avant de gagner progressivement d'autres types d'évènements festifs tels que les mariages, les bar-mitsvah, les inaugurations de centres commerciaux ou les conventions politiques, selon les professionnels du secteur aux États-Unis[6].

Les fontaines pyrotechniques sont fréquemment utilisées sur des gâteaux d'anniversaire ou des bouteilles dans les bars ou les boîtes de nuit lors d'anniversaires ou d'animations, par exemple lorsqu'il y a une grande commande[7],[8].[réf. à confirmer]

Composition

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Conformément à la norme ISO 25947-2:2017 déjà citée, une fontaine pyrotechnique se présente sous la forme d'un corps non métallique, le plus souvent un tube de carton ou de papier, contenant une composition pyrotechnique compactée. Dans la réglementation américaine, le Washington Administrative Code (chapitre 212-17, consacré aux articles pyrotechniques) définit ainsi le gerb comme une charge cylindrique préformée destinée à produire une projection contrôlée d'étincelles, dont la durée, la hauteur et le diamètre sont reproductibles et prévisibles[9]. Dans les manuels nord-américains de sécurité incendie, le terme est parfois défini plus sommairement comme une simple cartouche pyrotechnique libérant une gerbe d'étincelles[10].

La composition pyrotechnique elle-même associe un comburant à des poudres métalliques — aluminium, limaille de fer ou d'acier, parfois trisulfure d'antimoine — dont l'oxydation au cours de la combustion produit les étincelles caractéristiques de l'effet. L'ajout de particules de titane permet notamment d'obtenir des étincelles particulièrement blanches ou argentées, un procédé couramment utilisé dans les fontaines vendues dans le commerce[11].

La composition est compactée dans le tube autour d'une couche d'amorçage (prime) destinée à assurer un allumage fiable ; l'une des extrémités du tube est obturée par un bouchon ignifuge, ce qui contraint les gaz et les particules en combustion à s'échapper par l'extrémité ouverte et crée ainsi le jet d'étincelles caractéristique de la fontaine. L'allumage peut être manuel, par une mèche, ou électrique, par un allumeur relié à un circuit — ce second mode étant couramment employé pour les usages scéniques et les effets proches du public[6].

Plusieurs variantes de composition existent selon l'effet recherché : de petites étoiles pressées peuvent être incorporées pour colorer le jet d'étincelles, tandis qu'une faible charge de poudre noire est parfois ajoutée en fin de combustion pour produire une détonation finale servant d'effet de clôture[5].

Accidents liés aux fontaines pyrotechniques

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L'utilisation de ces engins pyrotechniques dans des locaux inadaptés a causé plusieurs catastrophes ayant fait de nombreuses victimes, comme l'incendie du bar Cuba Libre à Rouen en France en 2016 et celui du bar Le Constellation à Crans-Montana en Suisse en 2026.

Incendie du bar Cuba Libre à Rouen

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Dans la nuit du 5 au , un incendie se déclare dans cet établissement à la suite de l'utilisation de fontaines pyrotechniques. Les locaux avaient été transformés clandestinement en boîte de nuit, sans précaution de sécurité et étaient inadaptés tant à cet usage qu'à celui de ces engins pyrotechniques. L'accident fait quatorze morts et cinq blessés[7].

Incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana

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Le , le violent incendie du bar Le Constellation situé dans la station de ski de Crans-Montana, dans le canton du Valais, en Suisse, lors des célébrations du nouvel an, aurait été déclenché lorsque des fontaines pyrotechniques placées sur des bouteilles de champagne ont été tenues trop près du plafond, et ont provoqué l'inflammation de son isolation phonique. L'accident fait quarante morts et cent-seize blessés[8].

Dans la couverture médiatique de l'incendie, la presse grand public a utilisé de nombreuses locutions pour nommer les fontaines utilisées : bougie-fontaine[12], bougie incandescente[13], bougie étincelante[14], bougie scintillante[15], bougie-étincelles[16], bougie festive[17].

Incendie du club The Station à West Warwick

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Le , un incendie se déclare dans la boîte de nuit The Station, à West Warwick, dans l'État du Rhode Island (États-Unis), au tout début d'un concert du groupe de hard rock Great White agrémenté d'effets pyrotechniques. L'établissement accueille alors plus de 400 personnes pour une capacité légale voisine de ce chiffre et n'est pas équipé d'un système d'extinction automatique à eau[18].

Le sinistre est déclenché par quatre fontaines pyrotechniques placées sur la scène par le régisseur de tournée du groupe, sans autorisation préalable des autorités locales. Deux d'entre elles tirent verticalement derrière les musiciens, tandis que les deux autres, orientées à quarante-cinq degrés, encadrent l'alcôve du batteur, l'ensemble étant censé donner l'impression que le groupe émerge d'un rideau d'étincelles. Ces engins, vendus sous la référence commerciale « 15.15 argent » et à base de poudre d'aluminium additionnée de titane pour produire des étincelles blanches, sont conçus pour projeter des étincelles pendant une quinzaine de secondes sur une portée d'environ quatre mètres cinquante. Positionnées à un peu plus d'un mètre des parois recouvertes d'une mousse acoustique inflammable et non ignifugée, deux des fontaines enflamment celle-ci en une dizaine de secondes du fait du contact direct des étincelles à si courte distance[6]. Ce recours à des fontaines pyrotechniques en intérieur, hérité des spectacles de rock des années 1970, s'était alors largement banalisé, aussi bien en concert que lors de mariages, de bar-mitsvah ou d'inaugurations commerciales[6].

Le feu gagne très rapidement l'ensemble de la structure en bois du bâtiment, les flammes atteignant le plafond en moins d'une minute. La majorité des personnes présentes se précipitent vers l'entrée principale, par laquelle elles étaient arrivées, plutôt que vers les autres issues de secours disponibles, provoquant un engorgement mortel dans le sas d'entrée[18]. L'incendie fait une centaine de morts et plus de deux cents blessés, ce qui en fait le quatrième incendie de boîte de nuit le plus meurtrier de l'histoire des États-Unis[18],[19].

Le régisseur ayant actionné les fontaines ainsi que les deux frères propriétaires de l'établissement sont par la suite poursuivis pour homicide involontaire et plaident coupables[6].

Notes et références

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Références

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  1. « Fontaines et Volcans », sur cash-fêtes.fr
  2. « Fontaines », sur La Boutique de l'artificier
  3. (en) « How do sparklers work? », sur Office for Science and Society (consulté le )
  4. (en) « Volume1-2 », Proceedings of the American Academy of Arts and Sciences, American Academy of Arts and Sciences, , p. 107
  5. 1 2 (en) Michael S. Russell, Chemistry of Fireworks, Cambridge, Royal Society of Chemistry,
  6. 1 2 3 4 5 (en) Scott James, Trial by Fire: A Devastating Tragedy, 100 Lives Lost, and a 15-Year Search for Truth, New York, Thomas Dunne Books, (ISBN 978-1-250-13126-3)
  7. 1 2 « ROUEN. Drame du Cuba Libre : trois ans après l'incendie, les gérants face aux juges », sur ledauphine.com (consulté le )
  8. 1 2 Chloé Benoit, « Récit. Comment la soirée du Nouvel an a viré au drame au bar de Crans-Montana, en Suisse, ravagé par un incendie », Ouest-France, (lire en ligne).
  9. (en) « Chapter 212-17 WAC: Fireworks », sur Washington State Legislature (consulté le )
  10. (en) Marsha Giesler, Fire and Life Safety Educator, Revised, Jones & Bartlett Learning,
  11. (en) K. L. Kosanke et B. J. Kosanke, Encyclopedic Dictionary of Pyrotechnics (and Related Subjects), Whitewater (Colorado), Journal of Pyrotechnics,
  12. (fr-CH) Lucie Fehlbaum, « Des experts relèvent le non-respect de normes dans le bar », sur Blick, (consulté le )
  13. « En vidéo – Bougies montées sur des bouteilles de champagne, ce que l’on sait du «flashover» à l’origine de l’incendie au bar Le Constellation à Crans-Montana - Le Temps », www.letemps.ch, (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
  14. « Drame de Crans-Montana. La piste des bougies étincelantes se précise », sur La Liberté (consulté le )
  15. « Incendie de Crans-Montana : des bougies scintillantes au cœur de l’enquête », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  16. Jeanne Durieux, « Escalier «étroit», bougies-étincelles : à Crans-Montana, les normes anti-incendie ont-elles été respectées ? », sur Le Figaro, (consulté le )
  17. Lucie Fehlbaum, « Drame de Crans-Montana: «Est-ce que l'établissement était aux normes?» », Blick,
  18. 1 2 3 (en) « The Station nightclub fire (2003) », sur Encyclopædia Britannica (consulté le )
  19. (en) Associated Press, « Rhode Island Marks 16th Anniversary Of Station Nightclub Fire », sur CBS News, (consulté le )

Voir aussi

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