Béla Uitz
Béla Uitz, né le à Mehála, alors dans le royaume de Hongrie et aujourd'hui quartier de Timișoara en Roumanie, et mort le à Budapest, est un peintre, un graveur et un militant communiste hongrois.
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Lajos Kassák (beau-frère) |
Analyses d'icônes, Soldats rouges, en avant ! |
Figure majeure de l'avant-garde hongroise, il est l'un des animateurs du mouvement activiste réuni autour des revues A Tett et Ma que dirige son beau-frère Lajos Kassák. Compromis par son engagement durant la République des conseils de Hongrie, il s'exile en 1919 et s'installe définitivement en Union soviétique en 1926, où il enseigne aux Vkhoutemas. Il ne rentre en Hongrie qu'en 1970, deux ans avant sa mort.
Biographie
modifierFormation
modifierBéla Uitz naît en 1887 à Mehála, faubourg de Timișoara alors situé dans le royaume de Hongrie. Après une année passée à l'École nationale hongroise des arts appliqués, il entre en 1908 à l'Académie des beaux-arts de Budapest, où il est l'élève de Károly Ferenczy[1].
Il réalise en 1910 une série de fusains dont la conception monumentale et le modelé vigoureux marquent durablement la génération suivante de peintres hongrois, en particulier István Szőnyi[2]. Un voyage d'étude en Italie en 1914 complète sa formation.
L'activisme hongrois
modifierC'est par les dessins à l'encre de son ami József Nemes Lampérth qu'Uitz découvre le langage formel de l'avant-garde[1]. Il rejoint le cercle de Lajos Kassák — dont il épouse la sœur — et devient rapidement corédacteur de la revue Ma (« Aujourd'hui »), après avoir participé à A Tett (« L'Acte »), interdite par la censure de guerre en 1917[2].
Membre des groupes Fiatalok (« Les Jeunes ») et Hetek (« Les Sept »), il travaille en 1916-1917 à la colonie d'artistes de Kecskemét[1].
République des conseils et exil
modifierDurant la République des conseils de Hongrie en 1919, Uitz siège au Directoire des arts et conçoit des panneaux décoratifs ainsi que des affiches de recrutement, dont Soldats rouges, en avant ![1],[3]. La chute du régime le contraint à l'exil : il gagne d'abord Vienne, puis Berlin.
Au printemps 1921, il séjourne à Moscou, où il découvre simultanément le constructivisme russe et l'art des églises orthodoxes. La structure des icônes nourrit alors le cycle des Analyses d'icônes (hongrois : Ikonelemzések), considéré comme son ensemble le plus important[4].
De 1922 à 1924, de retour à Vienne, il codirige avec Aladár Komját la revue Egység (« Unité »), dans laquelle il publie et commente les manifestes des constructivistes russes[1].
Union soviétique
modifierUitz s'installe en 1926 en Union soviétique, où il devient professeur aux Vkhoutemas. Sa première exposition russe se tient de décembre 1926 à janvier 1927. Proche des groupes les plus radicaux de Moscou, il compte parmi les fondateurs du groupe Octobre, actif de 1928 à 1932, et fréquente l'Association des artistes de la Russie révolutionnaire[3].
Il conçoit des peintures murales pour des théâtres et des bâtiments officiels en Kirghizistan, en Ukraine et en Russie ; nombre de ces projets ne sont jamais réalisés[3].
Il ne regagne la Hongrie qu'en 1970 et meurt à Budapest en 1972.
Œuvre
modifierL'œuvre d'Uitz associe une monumentalité héritée du dessin académique à l'expérimentation formelle de l'avant-garde. Ses fusains et eaux-fortes des années 1910 privilégient un modelé puissant et des figures massives ; à partir de 1921, les Analyses d'icônes opèrent une transposition abstraite des schémas de composition de l'icône orthodoxe, en dialogue avec le constructivisme.
Son travail graphique — notamment le portfolio Versuche (1920) — et ses affiches politiques de 1919 comptent parmi les productions les plus diffusées de l'activisme hongrois.
Références
modifier- 1 2 3 4 5 (hu) « Uitz Béla (1887-1972) », sur Kieselbach Galéria (consulté le )
- 1 2 « Béla Uitz », sur Encyclopédie Larousse (consulté le )
- 1 2 3 (ru) János Mácza, Bela Uitz. Tvortcheski pout : première monographie consacrée à l'artiste, Moscou,
- ↑ (en) « Béla Uitz and the Russian Icon / Avant-garde », sur Kassák Múzeum (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (hu) Éva Körner, Uitz, Budapest, Corvina,
- (hu) Éva Bajkay, Uitz Béla, Budapest, Gondolat, coll. « Szemtől szemben »,
- (hu) Júlia Szabó, A magyar aktivizmus művészete, 1915-1927, Budapest, Corvina, (ISBN 978-963-13-0912-6)
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives aux beaux-arts :