Centre pour l'étude des nouvelles religions

institut de recherche en Italie
(Redirigé depuis CESNUR)

Le Centre pour l'étude des nouvelles religions (Cesnur - Center for studies on new religions) est une association internationale d'étude des « nouveaux mouvements religieux », parfois considérée comme un lobby favorable aux mouvements sectaires.

CESNUR
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Organisation

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Le Cesnur a été fondé en 1988 par le sociologue Massimo Introvigne  ; un historien affilié à la Nouvelle droite, Jean-François Mayer ; l'historien et pasteur méthodiste John Gordon Melton ; et la sociologue Eileen Barker.

Le Cesnur considère que la lutte contre les sectes est dangereuse pour la liberté religieuse, ce qui lui vaut de s'opposer notamment aux pouvoirs publics et aux associations de lutte contre les sectes.

Le Cesnur a défendu de nombreuses nouvelles religions - telles que la secte Moon, l'Église de Scientologie, l'Ordre du Temple Solaire, ou la Soka Gakkai - dans ses publications voire dans des tribunaux.

Le centre a son siège à Turin. Le Cesnur compte parmi ses membres plusieurs spécialistes en sociologie et histoire des religions.

Son président est Luigi Berzano, prêtre catholique et professeur de sociologie à l'Université de Turin. Massimo Introvigne est son directeur.

Le Cesnur, d'une manière générale, a des accointances avec la droite catholique traditionaliste, ses organes et ses idées - Opus Dei, Tradition, famille et propriété (TFP), Alliance Catholique...

Il est également proche de mouvement considérés comme sectaires - comme la Scientologie, la secte Moon - à la fois pour pouvoir les étudier, et parce qu'ils partagent un objectif, la promotion des nouveaux mouvement religieux.

Activités

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L'association a publié une centaine d'ouvrages dont les deux éditions de l'Enciclopedia delle religioni in Italia (2001, 2006) considérée par des quotidiens et hebdomadaires italiens (et par la presse spécialisée) comme l'ouvrage de référence en matière de religions en Italie[réf. nécessaire].

Dans les colloques les plus récents du CESNUR, il y a moins de communications sur les nouveaux mouvements religieux et une attention plus concentrée sur le pluralisme religieux en général, les relations entre immigration, mondialisation et religion, et les fondamentalismes.

En 2006, le CESNUR a lancé un projet pour l'étude de l'immigration chinoise en Italie, auquel participent plusieurs professeurs et chercheurs de l'Université de Turin.[réf. nécessaire] Il a aussi lancé, avec le soutien d'une banque italienne, une encyclopédie en ligne des religions en Italie, mise à jour de façon régulière.

Le CESNUR publie en ligne la revue The Journal of CESNUR, et un site consacré à la religion et aux droits humains en Chine, Bitter Winter.

Parmi les universitaires qui lui sont proches, on compte Bernadette Rigal-Cellard, professeure émérite en Études nord-américaines et Sciences des religions et sociétés (Université Bordeaux Montaigne) ; Ican Camacho, chercheur et membre de l'association pro-Trump Look Ahead America (qui s'est illustrée lors du rassemblement au Capitol le ); ou encore Rosita Šorytė, spécialiste des Témoins de Jéhovah et épouse de Massimo Introvigne.

Critiques du Cesnur

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Les vues du CESNUR en matière de nouveaux mouvements religieux sont critiquées par les associations de lutte contre les sectes[1], lutte que le CESNUR considère comme dangereuse pour la liberté religieuse. Le CESNUR a pu être décrit comme « le plus éminent groupe d'information et de lobbying pour les religions controversées[2] ».

Selon un article de 2001 du journal L'Humanité, le Cesnur serait lié aux néo-fascistes italiens et à Tradition Famille Propriété, la secte brésilienne des grands propriétaires[3]. Le journal Charlie Hebdo affirme quant à lui que directeur d'Alleanza Cattolica, dont Massimo Introvigne est le dirigeant, est la filiale italienne de Tradition Famille Propriété, et que le Cesnur est un paravent scientifique servant à relayer ses thèses auprès des médias complaisants, sa spécialité étant d'attaquer les associations de défense contre les sectes et de s'opposer à toute initiative hostile de l'État[4]. Un rapport du Forum Parlementaire Européen pour les Droits Sexuels et Reproductifs porte les mêmes accusations[5].

En Italie, les diverses éditions de l’Encyclopédie des Religions en Italie publiées par le CESNUR ont fait l’objet de comptes-rendus favorables par la presse, toute orientation politique confondue[réf. nécessaire]. Massimo Introvigne est par ailleurs connu en Italie comme membre et cofondateur de l’Union des démocrates chrétiens et du centre (UDC), parti de centre d’inspiration catholique qui a bien été l’allié de la droite dans les gouvernements de 1994 et 2001, mais qui se défend d'être fasciste. Alleanza Cattolica a parfois été considérée comme une secte, et est souvent critiquée à cause de ses positions conservatrices en matière d’avortement, d'homosexualité, etc.

De manière générale, le CESNUR est considéré comme un mouvement d'influence et un paravent par les spécialistes des sectes, qui soulignent qu'il dispose à Bruxelles du relais d'un lobby actif depuis 2011, Human Rights Without Frontiers International.

La polémique Cesnur / Aum

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À la suite de l'attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995, J. Gordon Melton, membre du conseil d'administration du CESNUR, et James R. Lewis, conférencier occasionnel du CESNUR, se rendent au Japon aux frais de la secte Aum Shinrikyo. Ils disent vouloir enquêter sur des accusations de persécution religieuse visant Aum Shinrikyo[6].

Ils déclareront avoir passé trois jours au Japon à s'entretenir avec des responsables de la secte et d'autres personnes, mais ne pas avoir été autorisés à visiter les usines chimiques ou le complexe du quartier général de l'organisation.

Lors de conférences de presse au siège d'Aum, ils prennent la défense du groupe religieux, déclarant qu'Aum n'a pas la capacité de produire du sarin, à partir de photos et de documents fournis par Aum[7]. Ils appellent aussi la police japonaise à ne pas « écraser une religion ni bafouer la liberté ». James R. Lewis parle d'un « Waco japonais », une tentative des autorités d’anéantir un mouvement religieux problématique.

En suggérant qu’Aum a été piégé, Lewis émet l'hypothèse selon laquelle le groupe « était amené à jouer le rôle de bouc émissaire pour masquer l’incompétence des autorités aux plus hauts niveaux du gouvernement japonais ».

Leurs déclarations sont accueillies avec circonspection par les médias japonais. L'agence Kyodo News relève que J. Gordon Melton a déclaré que bon nombre des enseignements d'Aum Shinrikyo avaient été sortis de leur contexte et tournés en dérision. Il a décrit Aum Shinrikyo comme un groupe bouddhiste de tradition indienne vouant un intérêt particulier à la science, qu'il cherche à mettre au service du développement spirituel et psychique de ses membres.

La secte Aum sera reconnue coupable de deux attentats au gaz sarin, à Matsumoto (8 morts, 200 blessés) et Tokyo (13 morts, 6300 blessés). Gordon Melton le reconnaîtra et révisera son jugement.

Cet épisode a suscité d'importantes critiques dans le monde universitaire. Des spécialistes comme Ian Reader[8] et Stephen A. Kent ont estimé que cette intervention avait porté atteinte à la crédibilité de certains chercheurs travaillant sur les nouveaux mouvements religieux, en raison de la prise en charge du voyage par Aum et des déclarations faites avant que l'enquête criminelle soit achevée.

Références

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  1. Site prevensectes.
  2. Stephen A. Kent, « The French and German versus American debate over 'new religions', Scientology and human rights », University of Marburg, vol. 6, no 1, , p. 15 (DOI 10.17192/mjr.2001.6.3742, lire en ligne).
  3. Les liaisons dangereuses des universités lyonnaises, L'Humanité, 27 juin 2001 par Serge Garde
  4. Charlie Hebdo, n. 233, 04.12.1996 Renaud Marhic et Xavier Pasquini.
  5. (en) « Modern-day Crusaders in Europe. | EPF », sur www.epfweb.org (consulté le )
  6. (en-US) « Alleged Persecution of Cult Investigated : Japan: U.S. activists visit Tokyo. They're concerned about treatment of sect suspected in subway attack. », sur Los Angeles Times, (consulté le )
  7. (en-US) T. R. Reid, « U.S. VISITORS BOOST CAUSE OF JAPANESE CULT », The Washington Post, (ISSN 0190-8286, lire en ligne, consulté le )
  8. Ian Reader, « Murder on the Tokyo Subway: Nerve Centres, Religion and Violence », Space and Polity, vol. 17, no 3, , p. 377–392 (ISSN 1356-2576, DOI 10.1080/13562576.2013.850824, lire en ligne, consulté le )

Liens externes

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