Caesarodunum

ville antique de la Gaule romaine, située à l'emplacement de l'actuelle ville de Tours

Caesarodunum est le nom de la ville du Haut-Empire romain qui a précédé Tours (département français d'Indre-et-Loire), dans la plaine alluviale séparant la Loire du Cher. Fondation romaine probable du tournant de notre ère, Caesarodunum connaît un important développement dès le Ier siècle et jusqu'à la fin du IIe siècle. Les témoignages archéologiques de cette époque, quoique rares, ne laissent aucun doute à cet égard : un temple et un amphithéâtre colossaux, un aqueduc alimenté par une noria puisant l'eau de la Loire, un second aqueduc d'une longueur d'environ 25 km, au moins deux établissements thermaux publics, une trame viaire (réseau formé par toutes les voies de circulation, bien qu'il ne soit connu que de façon très parcellaire), un pont de bois sur la Loire et des vestiges de plusieurs habitats sont mis au jour sur une aire d'une centaine d'hectares.

Caesarodunum
Civitas Turonorum
(après le IVe siècle)
Image illustrative de l’article Caesarodunum
Tambour d'une colonne dédiée à Jupiter, originaire de Caesarodunum. Collection SAT.
Localisation
Pays Drapeau de l'Empire romain Empire romain
Province romaine Gaule lyonnaise
Région Centre-Val de Loire
Département Indre-et-Loire
Commune Tours
Type Chef-lieu de Civitas
Coordonnées 47° 23′ 37″ nord, 0° 41′ 21″ est
Altitude de 41 à 51 m
Superficie 80 ha
Histoire
Époque Antiquité (Empire romain)
Géolocalisation sur la carte : Rome antique
(Voir situation sur carte : Rome antique)
Caesarodunum
Caesarodunum

Dans la première moitié du IVe siècle, comme de nombreuses autres cités de la Gaule romaine, la ville se resserre dans et autour d'une enceinte fortifiée ; son nom évolue progressivement vers Civitas Turonorum, du nom des Turons, son peuple d'origine, au moment où elle est élevée au rang de capitale de la IIIe Lyonnaise à la faveur d'une réorganisation administrative de l'Empire romain vers 360 ou un peu plus tard.

Plus aucun vestige de la ville du Haut-Empire n'est visible à l'air libre dans Tours intra-muros, excepté de rares assises de maçonnerie dans un jardin archéologique et, temporairement, selon les variations du niveau de la Loire, quelques pieux d'un pont en bois ; seules subsistent dans la vallée du Cher quelques ruines de l'aqueduc qui assurait l'approvisionnement de Caesarodunum en eau ; d'autres vestiges (temple, amphithéâtre) perdurent dans des caves. De la ville fortifiée du Bas-Empire demeurent par contre d'importants vestiges de l'enceinte ainsi que, de temps à autre là encore, les restes d'un second pont en bois.

L’archéologie urbaine à Tours

modifier

Survol historique rapide

modifier
dessin d'une porte dans une muraille, ornée d'un linteau décoré
Poterne du « tombeau de Turnus ».
Dessin de Pierre Beaumesnil.

L'historien Geoffroy de Monmouth serait l'auteur d'une légende sur la naissance de la ville de Tours : selon lui, Turnus, un « roi des Gaules », l'aurait fondée et lui aurait donné son nom ; cette légende, qui aurait pris naissance en raison de la présence dans le rempart du Bas-Empire d'un bloc de frise abusivement pris pour le sarcophage de Turnus, est relayée en 1776 par Félix Le Royer de La Sauvagère[A 1]. À la suite de la campagne napoléonienne d'Égypte, un véritable engouement pour l'archéologie s'empare de toute la France avec la création de nombreuses sociétés savantes. La Société archéologique de Touraine, fondée en 1840 par quatre passionnés des monuments historiques[1], entreprend un inventaire de tous les vestiges d'Indre-et-Loire, et notamment de Tours. C'est ainsi qu'une commission est créée en 1853, et à sa tête le général de Courtigis, avec pour mission d'inventorier les antiquités gallo-romaines de Tours. En 1873 est publiée la première Histoire de Tours. La Première Guerre mondiale met un frein aux études archéologiques. Seules quelques figures, comme celles du baron Henry Auvray et de Robert Ranjard, auteur de La Touraine archéologique, ouvrage plusieurs fois complété et réédité, émergent. Après la seconde Guerre mondiale, les impératifs de reconstruction de Tours, sinistrée par des bombardements allemands en 1940 puis alliés en 1944, s'opposent souvent aux intérêts des défenseurs de l'archéologie même si, ponctuellement, quelques architectes sollicitent l'avis d'archéologues[G 1]. Ce n’est qu'en 1973 que la dimension archéologique est systématiquement intégrée à tous les projets d'aménagement urbain, avec la création du Laboratoire d'archéologie urbaine de Tours (LAUT)[G 2]. Les missions de ce laboratoire sont reprises au début des années 1990 par le Laboratoire Archéologie et Territoires (LAT)[2], qui est en 2018 une des équipes de l'Unité Mixte de Recherche (Université de Tours / Centre national de la recherche scientifique - CNRS) Citeres[3]. Depuis le début des années 2000, l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) et le Service archéologique du département d'Indre-et-Loire (SADIL)[4] sont les principaux opérateurs d'archéologie préventive à Tours. Ils réalisent les diagnostics[5] et la plupart des fouilles[6] sur prescription de l’État, service régional de l'Archéologie (SRA) de la Direction régionale des Affaires culturelles (DRAC) du Centre-Val de Loire[7], (Ministère de la Culture). Le SRA joue également un rôle de coordination des projets, d'inventaire et de diffusion des résultats. En 2003, un arrêté préfectoral fixe les conditions dans lesquelles toute opération d’urbanisation doit au préalable faire l’objet d’un accord de la DRAC[G 3].

Quelques dates dans la découverte du passé antique de Tours

modifier
Dessin en noir sur brun du plan d'un monument antique.
Plan de l'amphithéâtre (1855).

En 1855, la mission de Courtigis redécouvre les vestiges de l'amphithéâtre[G 4]. En 1951, les travaux de déblaiement du centre-ville, sinistré depuis 1940, permettent la mise au jour des vestiges du grand temple[G 5]. En 1971, le club archéologique du lycée Descartes, sous la direction scientifique de Jacques Dubois, entreprend une étude exhaustive des vestiges de l’amphithéâtre, étude dont les résultats sont publiés en 1974 par la société archéologique de Touraine (SAT). À la même époque, des fouilles entreprises près du château de Tours attestent la présence d'habitations et de thermes antiques. Un autre établissement thermal est découvert lors de travaux d’agrandissement du lycée Descartes, entre 1999 et 2002[G 6]. Les observations réalisées en 2003 aboutissent à l'invention du pont du Haut-Empire[G 7]. À l'automne 2006, l'exposition Tours antique et médiéval, au château de Tours, présente les résultats de 40 années d'archéologie urbaine dans la ville ; un ouvrage de synthèse sur ces résultats paraît dans la foulée, en 2007. Les travaux liés à la construction de la première ligne du tramway de Tours, menés de 2010 à 2013, n'ont pas fondamentalement fait avancer les connaissances sur la ville antique dont les vestiges, trop profondément enfouis dans le sol, ne pouvaient généralement pas être atteints[8].

Contraintes et limites de l'archéologie urbaine

modifier

Au XXIe siècle il est encore très difficile de se figurer la physionomie de Caesarodunum. Les fouilles archéologiques sont rares dans ce secteur de Tours[G 8] ; essentiellement préventives, elles résultent souvent d'opportunités, intéressent de très faibles surfaces, s'inscrivent mal dans un programme préétabli et surtout ne permettent que très rarement d’atteindre les strates archéologiques antiques : en bordure de Loire, les dépôts archéologiques atteignent une épaisseur de 7 m, qui va toutefois en diminuant à mesure que l’on s’éloigne du fleuve[G 9]. Les informations fournies par les études archéologiques sont donc très fragmentaires et d’interprétation parfois hasardeuse. Enfin, la lecture qui en est faite est susceptible d'évoluer en fonction de données archéologiques plus récentes. À titre d'exemples, les sources archéologiques disponibles à la fin des années 1950 conduisaient à situer dans le seul quartier de la cathédrale le noyau antique de Caesarodunum[9] et ce n'est que depuis 2001 que l'antériorité d'un peuplement gaulois sur le site de Tours est attestée, mais dans un secteur géographique plus occidental[G 10].

Toponymie

modifier

La première mention du nom antique de Tours se trouve dans les écrits de Ptolémée au début du IIe siècle, sous le nom de Καισαρόδουνον, transposé en latin sous la forme Caesarodunum. Ce nom de lieu, d'origine gauloise, est le composé du nom de personne latin Cæsar, patronyme de plusieurs empereurs romains[n 1], et de l'appellatif d’origine celtique -dunum, signifiant « colline » ou « forteresse »[11] ; Caesarodunum se présente donc comme « la colline dédiée à César » ou « la forteresse de César ». Dans le cas présent, la première hypothèse semble devoir être privilégiée, Caesarodunum étant, au moment de sa fondation, une ville ouverte dépourvue d'enceinte mais implantée, au moins partiellement, sur une butte légèrement surélevée par rapport au terrain environnant. Compte tenu des différents éléments archéologiques à disposition, et considérant que la ville fut fondée au tournant de l'ère chrétienne, il semble logique d'attribuer le nom de « César » à Caius Julius Cæsar Octavianus « Augustus » (Auguste). Robert Bedon suggère que le principe de ces noms doubles aurait pu être « importé » en Gaule par des vétérans de l'armée romaine combattant contre Pompée ; Jules César avait fait appel à des nobles gaulois pour grossir les rangs de son armée ; ces derniers auraient rencontré, au cours de leur campagne, en Thrace notamment, plusieurs villes dont les noms étaient formés sur le même principe, la terminaison étant toutefois -polis ; revenus en Gaule, eux ou leurs descendants auraient pu reprendre le principe de ces noms doubles, adaptés à l'onomastique locale[12]. Ce type toponymique est peut-être l'une des premières manifestations d'un « métissage » entre les deux cultures[A 2].

Mais les dédicaces de cités gauloises à des généraux ou empereurs romains témoignent surtout de la volonté des Celtes favorables à l'Empire, d'honorer Rome et de lui assurer leur fidélité, c'est un signe d'allégeance à Rome. Ce n'est pas encore l'indice d'une progression de l'usage du latin dans la société gauloise, c'est pourquoi le second élément de ces dédicaces (sauf en Provence) est toujours gaulois (Augustodurum (Bayeux) ; Augustoritum (Limoges) ; Augustodunum (Autun) ; Caesaromagus (Beauvais), etc.).[réf. souhaitée] D'une manière plus générale, on constate l'intégration progressive de plus en plus d'anthroponymes latins dans l'onomastique personnelle des Gaulois, ce qui correspond à la mode des prénoms germaniques au Moyen Âge ou à celle des prénoms américains dans la France contemporaine[13].

Caesarodunum et la civitas Turonorum

modifier
Carte départemental moderne sur laquelle est reportée la limite d'un territoire administratif antique..
Limites supposées de la cité des Turons (en rouge) comparées à celle du département d'Indre-et-Loire (en vert)[14].

Caesarodunum est le chef-lieu de la cité des Turons, un territoire relativement restreint dont les limites sont proches de celles du département d'Indre-et-Loire[B 1],[14],[n 2] ; vingt-huit agglomérations secondaires sont attestées pour l'époque gallo-romaine par recoupement entre les preuves archéologiques et les sources écrites, principalement Grégoire de Tours[15]. Ce nombre est important pour un territoire de la taille de la civitas Turonorum. Les deux tiers sont localisées dans les vallées de la Loire et de ses principaux affluents, le Cher, l’Indre et la Vienne (à laquelle il faut rajouter la Creuse)[G 11].

L'oppidum des Châteliers, à Ambacia (Amboise), joue très probablement le rôle de « capitale » du peuple turon avec des fonctions administrative, religieuse et commerciale, avant la fondation de Caesarodunum et le transfert de ces pouvoirs dans la ville nouvelle[16].

Fondation de la ville

modifier

Site retenu

modifier
plan moderne sur lequel sont reportés les limites de deux villes antiques.
Emprises comparées des occupations gauloise et romaine sur le site de Tours.

Il se situe en bordure de la Loire, au croisement de plusieurs voies antiques déjà existantes et rayonnant vers Angers, le Mans, Orléans, Bourges et Poitiers ; cette situation géographique semble avoir été l'élément déterminant dans le choix du site, plus encore que la proximité des voies navigables constituées par la Loire et le Cher. Un facteur politique doit également être pris en compte : l'implantation de Caesarodunum à proximité de plusieurs oppida gaulois aujourd'hui attestés (les Châteliers à Amboise/Ambacia[17], Champ-Chevrier à Rochecorbon et Montboyau à Fondettes)[18] devait répondre à une nécessité de contrebalancer les pouvoirs locaux en place[C 1]. Un peuplement gaulois important, de type oppidum de plaine[J 1] ou même véritable agglomération, a déjà occupé cet emplacement entre et la fin du Ier siècle av. J.-C.. Le peuplement gaulois, à l'ouest, et la ville romaine, à l'est, semblent avoir coexisté pendant quelques années et même s'être largement superposés géographiquement[19].

Caesarodunum est construite sur une plaine alluviale, entre la Loire et le Cher, dont l'altitude moyenne est alors d'environ 41 m, exception faite d'une butte située au nord-est du site et qui culmine à 51 m[G 12]. Cette plaine est potentiellement inondable même si les crues majeures de la Loire sont alors probablement moins fréquentes et moins dévastatrices car le fleuve dispose d'un lit majeur très large où les inondations peuvent s'épancher[n 3] ; elle est parcourue de chenaux plus ou moins temporaires à l'approche du confluent des deux cours d’eau[21].

Date et contexte historique de la fondation

modifier

Aucun élément ne permet de la fixer avec une grande précision ; la cité semble avoir pris naissance entre et C'est à cette époque que, sous l'impulsion de l’empereur Auguste, qui régna de 27 av. J.-C. à 14 apr. J.-C., ou de son successeur Tibère, empereur de 14 à 37, on assiste à la fondation de nombreuses cités de Gaule[n 4]. Ces fondations multiples répondent aux exigences des dirigeants de l'Empire romain d’accélérer la romanisation des territoires conquis en bâtissant des villes qui devront être des vitrines de la civilisation romaine.

Photographie en couleurs d'une bloc de pierre gravé d'une inscription latine.
Inscription lapidaire « CIVITAS TVRONORVM LIBERA ».

Caesarodunum, comme toute la cité des Turons, acquiert, probablement dès sa fondation, le statut de cité libre. En témoignent deux blocs sculptés datés du Ier siècle réutilisés dans les fondations de l'enceinte du Bas-Empire et portant l'inscription (une fois développée et complétée) « CIVITAS TVRONORVM LIBERA »[G 13]. Le statut de cité libre, octroyé au territoire et pas seulement à sa « capitale », dispense de payer d'importants impôts à Rome d'importants impôts qui, en outre, n'intervient sur le mode de répartition de ce impôts entre les habitants ; Tibère abroge ce privilège pour améliorer les finances de l'Empire. C'est peut-être ce qui occasionnera, en 21, une révolte vite maîtrisée de plusieurs peuples dont les Turons[B 2] :

« Les cités gauloises, fatiguées de l'énormité des dettes, essayèrent une rébellion... Le Trévire Florus, l'Éduen Sacrovir... se répandirent en discours séditieux... ajoutant que, la discorde étant dans la légion, l'occasion était belle pour ressaisir la liberté... Ce furent les Andécaves et les Turons qui éclatèrent les premiers... Les Turons furent défaits par un corps de légionnaires que le légat Acilius Aviola reçut en renfort de Germanie[23]... »

Limites de la ville antique

modifier
Plan moderne de Tours sur lequel sont localisés certains vestiges de la ville antique
Voirie et monuments au IIe siècle (fond de plan moderne)[G 14],[A 3].
bleu : Loire et chenal préhistorique - trait violet : embarcadère - pointillés violets : aqueduc - trait orange : pont - pointillés orange : voies - vert : thermes - brun : amphithéâtre - rouge : temple - rose : nécropoles.

Caesarodunum bénéficie dès sa fondation d’un espace constructible d’une centaine d'hectares environ dont soixante sont densément peuplés[J 2], en forme de triangle limité à l’ouest par une ligne perpendiculaire à la Loire et passant par l’actuelle place Gaston-Paillhou (les halles), au nord par la Loire depuis la rue de la Victoire en aval jusqu’au rond-point des Français Libres, du nord-est au sud-ouest par une ligne allant du rond-point des Français Libres jusqu’au carrefour de la rue Marceau et du boulevard Béranger ; cette dernière limite semble être localement imposée par la présence d’un chenal déjà en voie de comblement à cette époque et totalement disparu dès le Moyen-Âge[G 15],[A 4].

Caesarodunum est, en outre, sous le Haut-Empire, une ville ouverte, c'est-à-dire dépourvue d'enceinte défensive ou symbolique[G 16].

Il est impossible d’évaluer la population résidant à Caesarodunum sous le Haut-Empire. Archéologues et historiens proposent des densités de population, pour les villes de la Gaule romaine, allant de 150 à 225 habitants/ha ; cette fourchette, déjà large, suppose en outre que la superficie de la ville soit connue avec précision et que la densité de population y soit uniforme : ce n’est pas le cas à Tours. La plupart des villes d’importance moyenne de Gaule ne devaient pas dépasser 5 000 à 6 000 habitants[24]. Cette estimation est cohérente avec la proposition de 6 000 habitants faite en 1948 pour Caesarodunum par Jacques Boussard et reprise en 1979 par Henri Galinié et Bernard Randoin[25].

Tours sous le Haut-Empire

modifier

Au Ier siècle, la ville s'organise à l'intérieur de cette enveloppe largement dictée par les contraintes topographiques ; les monuments publics ainsi que la voirie se mettent en place vers le milieu du siècle et les habitations, encore partiellement construites avec des matériaux périssables au début du siècle, font l'objet de reconstructions en maçonnerie dans la seconde moitié du siècle. Le IIe siècle est considéré comme celui de l'apogée de la ville romaine ; les monuments et les équipements publics, comme les thermes ou l'amphithéâtre, sont agrandis ; les domus sont rénovées et de nouvelles pièces leur sont adjointes[J 3].

Réseau de voirie, pont et embarcadère

modifier

Voies antiques

modifier
vue d'une rue de Tours
La rue de la Scellerie (possible decumanus maximus).

Les rares vestiges de voirie mis au jour semblent indiquer que les voies antiques de Caesarodunum ne sont pas recouvertes de grandes dalles, comme le voudrait l'imagerie populaire, mais plutôt de pierres ou de cailloux de plus petite dimension, tassés et renouvelés au fur et à mesure de l’usure de la chaussée[G 17], utilisant opportunément les ressources locales comme c'est généralement le cas[26]. Le réseau de rues est organisé selon une trame sub-orthogonale[27].

Sont attestés des cardines perpendiculaires à la Loire. La rue Nationale recouvre une voie antique[28]. Une voie parallèle à la rue Nationale, implantée environ 80 m plus à l'est et reconnue lors d’un sondage effectué en bordure de la rue de Lucé, est assimilée au cardo maximus ; elle a fait l'objet de réfections régulières ; ni sa longueur ni sa largeur n’ont pu être estimées[G 18]. Une autre voie, sensiblement recouverte par la rue de la Grandière, est elle aussi utilisée sur une longue période. L'actuelle rue Descartes semble également la survivante d'un cardo de Caesarodunum. À l'est de la ville, la rue Jules-Simon et la rue Bernard-Palissy paraissent également avoir une origine antique, le tracé légèrement courbe de cette dernière pouvant même laisser supposer une ancienneté encore plus grande[G 19].

Trois decumani, parallèles à la Loire, sont identifiés. Recouverte par la rue de la Scellerie, une voie qui perdure jusqu'au IVe siècle, rechargée et refaite à de nombreuses reprises, partiellement bordée par un portique en bois et implantée dans l'alignement exact du petit axe de l'amphithéâtre, semble devoir tenir le rôle de decumanus maximus[G 17]. Préfigurant le grand alignement moderne, de la rue Albert-Thomas à la rue Georges-Courteline qui reprend son tracé, une voie est peut-être un chemin de rive de la Loire avant la conquête romaine[29] ; son tracé est repéré sur plusieurs kilomètres à l'est de Tours[30]. Plus au sud, un autre decumanus passe en limite d'un établissement thermal.

Pont et embarcadère

modifier
vue de l'extrémité de pieux antiques apparaissant à la surface de l'eau.
Vestiges de pieux du pont du Haut-Empire.

En 2003 puis en 2005, le niveau anormalement bas de la Loire permet de découvrir des vestiges de pieux alignés et fichés dans le fleuve, à environ 50 m à l'est du pont Wilson. Ces vestiges sont interprétés comme ceux d'un pont de bois long d'au moins 560 m qui permettait le franchissement du fleuve, longueur à comparer aux 434 m du pont Wilson. Sur la rive sud, la culée en maçonnerie de ce pont est retrouvée, en alignement de la voie proposée comme étant le cardo maximus. Construit au milieu du Ier siècle, ce pont reste en service jusqu'à la fin du IIe siècle[G 20].

Des fouilles sur le site d'une ancienne clinique de Tours, au nord de la rue Georges-Courteline, dans la partie ouest de Tours, révèlent la présence d'un embarcadère du Ier siècle composé de caissons en bois remplis de sable et d'une rampe inclinée d'accès au fleuve. Cet embarcadère est abandonné au IIIe siècle après des inondations l'ayant totalement ensablé[31] ; une nécropole prend ensuite sa place dans l'espace délaissé par le fleuve[J 4].

Monuments et équipements publics

modifier

Amphithéâtre

modifier
Photographie en couleurs d'une voûte en maçonnerie.
Vestiges d'un vomitoire.
Photographie en couleurs d'une voûte en grand appareil de pierre de taille.
Arc décorant l'entrée d'un vomitoire.

Un amphithéâtre, situé à l'est de la zone urbanisée, est construit dans la seconde moitié du Ier siècle de notre ère sur une butte naturelle surmontant de quelques mètres le niveau général du sol antique ; de type massif (la cavea est constituée d'un remblai en terre maintenu par le mur de façade et celui du podium) mesurant 112 × 94 m, sa capacité est estimée à 14 000 spectateurs environ. Il est agrandi vers le milieu ou dans la seconde moitié du IIe siècle, ses dimensions étant portées à au moins 156 × 134 m et sa capacité à 34 000 places[G 21].

Progressivement arasé au Moyen Âge, il est oublié jusqu'à sa redécouverte en 1853 à l'occasion des premiers inventaires des vestiges gallo-romains de Tours. Les maçonneries de cet amphithéâtre sont aujourd'hui enfouies sous le quartier canonial de la cathédrale Saint-Gatien de Tours ; ses murs en constituent, pour partie, les fondations alors que ses vomitoires sont transformés en caves, parfois sur plusieurs niveaux. Seules deux rues, dont l’une emprunte le tracé du sommet de sa cavea tandis que l'autre traverse l'arène, et le parcellaire rayonnant du quartier témoignent de son existence[32].

Grand temple

modifier
Vue d'un mur courbe en petit appareil
Vestiges de la cella.
Vue de pieux de bois épointés
Pieux en bois des fondations.

Les reconstructions consécutives aux dégâts de la Seconde Guerre mondiale à Tours sont, entre autres, l’occasion de mettre au jour les vestiges d'un imposant fanum, temple d'inspiration celtique, à l'est de la rue Nationale, à mi-chemin entre la place Jean-Jaurès et la Loire. Ces vestiges sont presque totalement détruits en 1952-1953 mais de nouvelles fouilles en 1994, 2000 et 2002 permettent de préciser la structure de l'édifice[G 5]. Ce temple est composé d'une cella circulaire établie sur des fondations reposant sur des pieux de bois[33], d'un diamètre intérieur de 29,50 m dont le mur a une épaisseur de 2,65 m ; sa hauteur reste inconnue. Cette cella s'ouvre à l'est sur un pronaos à colonnes surélevé de 2,20 m et surmonté d'un fronton triangulaire. Des fragments de tambours de colonne et des chapiteaux retrouvés à proximité sont attribués à ce temple. L'orientation vers l'est est classique pour ce type d'édifice ; le temple de Caesarodunum s'ouvrant probablement sur le cardo maximus. Sa construction semble intervenue vers la fin du Ier siècle, succédant à un premier édifice cultuel non identifié du début de ce siècle[G 22]. Malgré des différences notables de structure et de taille, les temples de grande dimension à cella circulaire comme celui de Tours semblent se rencontrer plus couramment dans l'ouest et le sud-ouest de la Gaule (tour de Vésone à Périgueux, temple du moulin du Fâ à Barzan, temple gallo-romain de Cahors)[34].

Dispositifs d'alimentation en eau

modifier
 vue de l'intérieur du conduit d'un aqueduc gallo-romain
Coupe de l'aqueduc de Fontenay à Larçay.

Un aqueduc d'une longueur de 25 km capte les eaux de plusieurs sources près de Bléré pour les acheminer jusqu'à Caesarodunum. Souvent nommé « aqueduc de Fontenay » du nom de son point de départ, son itinéraire est reconnu depuis Bléré jusqu'à Saint-Avertin le long de la vallée du Cher ; au-delà, son tracé vers Tours est inconnu, on ignore notamment comment il franchissait le Cher. Le plus souvent creusé au flanc du coteau de la rive sud du Cher, il franchit toutefois les vallons sur des portions formées d’arches et de piles (pont-aqueduc). Son débit maximal, estimé à 5 400 m3/jour, est inférieur aux besoins de la ville qui doit recourir à d'autres sources d'approvisionnement[G 23]. Abandonné à une date indéterminée juste après une opération de nettoyage de son conduit, des vestiges en sont encore visibles sous forme d'amorces de piles à Athée-sur-Cher, ainsi qu'une coupe de la canalisation (specus) à Larçay, à 7,8 km au sud-est de Tours, à vol d'oiseau[35]. Une portion du canal, déplacée à la faveur de travaux, est exposée à l'entrée du camping de Véretz[36].

Image externe
Évocation de l'aqueduc intra-muros et de sa noria sur le site de l'Inrap.

Les vestiges d'un second aqueduc sont mis au jour lors de fouilles réalisées à l'est de l'église Saint-Julien, ce site intra-muros se trouvant en bord de Loire à l'époque antique. Un mur à arcades orienté nord-sud, interprété comme le support du canal de l'aqueduc, longe à l'ouest la voie supposée être le cardo maximus de Caesarodunum. Au cours de la même fouille, un mur orienté est-ouest, au bord même de la Loire, fut identifié comme devant supporter une noria puisant l'eau du fleuve pour alimenter l'aqueduc. Mis en place au milieu du Ier siècle, ce dispositif semble n'avoir fonctionné que quelques décennies[G 7]. Cette découverte vient s'ajouter à la liste des équipements analogues, jusqu'alors méconnus, révélés depuis la fin des années 1990 en France comme dans d'autres pays européens[37].

Thermes

modifier

Deux établissements thermaux publics sont identifiés à Tours.

Le premier (« thermes du Sud ») se situe sous le lycée Descartes, dans la partie méridionale de Caesarodunum, desservi par le présumé cardo maximus mais à l'écart des zones les plus densément peuplées[38]. Probablement construit vers les années 60-70 de notre ère, agrandi à la fin du Ier siècle et resté en service jusqu'au IVe siècle, il est fouillé de 1999 à 2002. La piscine froide du frigidarium entouré d'un portique à colonnades, un mur à absides au nord, la partie ouest de la palestre et, plus au sud, un vaste complexe de maçonneries aux affectations non encore précisées, peut-être le secteur des bains proprement dits donnent à ces thermes, très certainement publics en raison de leur taille et de leur technique de construction, une dimension de plusieurs milliers de mètres carrés. Les fouilles sont loin d’avoir dégagé l’ensemble de leurs vestiges dont la plupart restent enfouis sous le lycée Descartes[G 6].

Image externe
Les thermes de l'Est en cours de fouille sur le site de l'Inrap.

Le second établissement thermal (« thermes de l'Est ») est situé près du château de Tours, au contact de la rive gauche antique de la Loire ; ses vestiges en sont fouillés entre 1974 et 1978, mais ils sont à l'époque attribués à un balnéaire privé. La réinterprétation récente des résultats de ces fouilles conduit à voir dans ces bâtiments les vestiges de thermes publics. Une cour intérieure ouverte servant de palestre (espace réservé aux exercices physiques), au sud une grande salle chauffée repérable à son hypocauste et à ses tubuli (probablement le tepidarium), à l’est un autre bâtiment non étudié et dont l’affectation n’est pas définie, ainsi qu’un couloir nord-sud offrant un accès direct à la Loire sont identifiés. Ces thermes semblent avoir été construits, comme les précédents, vers 60 ou 70 et être restés en service, après réaménagements, jusqu'à la construction de l'enceinte tardo-antique de Tours qui en oblitère une partie[G 24].

Nécropoles

modifier

Deux nécropoles à incinération sont attestées pour la période du Haut-Empire.

Photographie en couleurs d'une vase en verre bleuté.
Urne funéraire (nécropole de la gare). Collection SAT.

En raison de sa localisation, la première d'entre elles est souvent dénommée « nécropole de la gare ». De grandes dimensions, elle s’étend de la place de la gare (place du Général-Leclerc) à la rue Blaise-Pascal sur une longueur d’environ 750 m vers le sud, mais il n’est pas exclu qu’elle ait été encore plus vaste. Elle longe la voie qui, en prolongement de la rue Bernard-Palissy, quittait Tours pour Saint-Avertin. Plusieurs campagnes de fouilles et de sondages l’ont mise au jour à la fin du XIXe siècle puis en 1993, à l’occasion de sondages près de la chapelle Saint-Lazare. La nécropole débutait dans la partie nord de la place du Général-Leclerc, immédiatement au sud d’un chenal fossile qui, à l’époque antique, limitait la zone urbanisée de Caesarodunum. Elle se prolonge ensuite vers le sud, puis le sud-sud-est, après une interruption temporaire pour franchir une zone à l’époque très marécageuse ; la nécropole reprend ensuite jusqu’au quartier du Sanitas. Le mobilier retrouvé indique que cette nécropole est la plus ancienne de Tours, datant peut-être dans sa partie nord de la fondation de la ville, alors que sa partie sud semble un peu plus récente (fin du Ier siècle et IIe siècle), avant l’abandon au IIIe siècle[A 5].

La seconde, souvent appelée « nécropole du canal », se situe à l’est de Caesarodunum, le long de la voie conduisant vers Orléans par la rive gauche de la Loire (rue Albert-Thomas prolongée par la rue Blanqui), au niveau de l’actuel rond-point des Français Libres. Elle est identifiée en 1828 lors du creusement de la « gare » (extrémité nord) du canal de jonction du Cher à la Loire, à l’ouest de la sortie de l’actuelle autoroute A10[A 6]. Elle s’étend certainement le long de la voie jusqu’à l’église de Saint-Pierre-des-Corps (dédicace révélatrice). Des urnes emplies de cendres et d’os calcinés ainsi que des vases à parfum en verre et en terre permettent de dater la nécropole de la fin du Ier siècle. Des stèles funéraires retrouvées dans les fondations de l'enceinte du Bas-Empire proviennent très certainement de cette nécropole[39].

Il est possible qu'une troisième nécropole soit implantée à l'ouest de la ville[J 5], peut-être en bordure de la voie Orléans - Angers, sur la rive droite de la Loire au niveau de Saint-Cyr-sur-Loire, mais, en l'absence de fouilles, cela reste du domaine de l'hypothèse[A 6].

L'emplacement des nécropoles renseigne sur l'extension maximale théorique de Caesarodunum, les lieux d'inhumation urbaine sous l'Empire romain se situant, d'une manière générale, en-dehors de l'enceinte, matérielle ou symbolique, de la ville et en bordure des principales voies qui y pénètrent[40], même si les données à disposition ne permettent pas de se prononcer sur les limites réelles de la ville[B 1].

Forum pressenti mais non localisé

modifier

Le forum, aménagement incontournable des villes romaines, n'est pas localisé à Caesarodunum. Toutefois, les données archéologiques les plus récentes (voirie, grand temple, thermes du lycée Descartes), permettent de le situer dans ce secteur qui semble constituer le cœur de la ville, même si son emplacement exact reste à définir : prenant en compte l'hypothèse probable selon laquelle le temple occupe le quadrant sud-ouest défini par le carrefour du cardo maximus et du decumanus maximus, le forum se situerait dans l'un des trois quadrants restants[J 6].

Édifices publics non identifiés

modifier
vue d'une fosse archéologique et de ses repères stratigraphiques
Le site de Saint-Pierre le Puellier.
(1) Ier siècle - (2) IVe siècle - (3) XIe siècle

Au nord de l'actuelle place Plumereau, dans le secteur de Saint-Pierre-le-Puellier, des fouilles conduites en 1968 et 1971 mettent au jour un important bâtiment du Ier siècle construit au contact de la berge antique de la Loire, peut-être un établissement thermal[A 7]. La fosse de fouille, laissée à l'air libre, est transformée en jardin archéologique[41].

Un théâtre ou un odéon, parfois présents dans les villes romaines même pourvues d'un amphithéâtre, auraient pu trouver place non loin de c dernier édifice, en bordure de Loire, mais aucun vestige archéologique ne l'atteste[42].

La réutilisation, dans les seuls soubassements de l'enceinte du Bas-Empire, de plus de 50 000 t de blocs de grande taille, parfois décorés, ainsi que le petit appareil de cette même enceinte, entièrement constitué de matériaux de remploi, prouvent que la parure monumentale de Caesarodunum ne se limitait pas aux édifices identifiés[G 16]. La frise décorée qui servait de linteau à une poterne, deux tambours de colonne décorés de bas-reliefs ayant probablement appartenu à une colonne votive à Jupiter[A 8], le « bloc de Diane » qui représente une femme observant un cerf et un satyre, une tête de statue (Hercule ?), le « bloc du dieu Fleuve » représentant un personnage barbu, vêtu d'une toge, tourné vers un autre personnage (un Génie ?), ainsi que plusieurs blocs portant des inscriptions, dont les deux blocs célébrant la « cité libre des Turons » figurent ces blocs dont l'origine et l'emplacement dans la ville sont inconnus[G 25].

vue d'un bloc portant une inscription latine tronquée
fig. 1 : bloc gravé trouvé à Tours.

Une inscription gravée, répartie sur cinq ou six blocs d'une frise datés du milieu du IIe siècle évoque une prêtresse d'un culte à Auguste[A 9]. Dans le rendu ci-dessous, les parties en gras correspondent au bloc présenté sur la figure 1 ; entre parenthèses, les parties restituées de l'inscription[43].
(IVLIA SEVE)RA, IVLI BENIG(NI FILIA, FLAMIN)ICA DIV(AE AVGVSTAE,
BASILICAM CUM O)MNIBVS ORNAMENTIS SVIS, AEDIFICAV(IT, HOC CH)ALCHIDIVM
BENIGNA (?) FILIA ET HERES, V(T MATER JVSSERAT, PECVNIA SVA CONSV)MMAVIT.

La traduction proposée[44] fait référence à Julia Severa, flamine à Auguste, qui a construit une basilique et tous ses ornements et qui a achevé le chalcidicum[G 26]. Ces blocs auraient appartenu à un monument situé dans la partie de Caesarodunum comprise dans l'enceinte du castrum ; il pourrait s'agir d'une basilique civile restée debout jusqu'au IXe siècle, époque à laquelle des blocs y ont été prélevés pour effectuer des réparations à la façade effondrée de l'amphithéâtre[G 27].

Voies de communication régionales et commerce

modifier
vue d'une partie d'une carte antique représentant Caesarodunum et les villes avoisinantes
Extrait de la Table de Peutinger centré sur Caesarodunum.

La ville se trouv au centre d'un réseau de voies antiques, dont plusieurs sont certainement d'origine pré-romaine, qui rayonnent vers d'autres « capitales » de cités : Avaricum (Bourges), Cenabum (Orléans), Juliomagus (Angers), Limonum (Poitiers) et Vindunum (le Mans). Ces cinq liaisons figurent sur la Table de Peutinger, sur laquelle Caesarodunum est orthographiée « Casaroduno » et n'est pas, au contraire de la plupart des autres stations, illustrée par une vignette. Pour compléter ce réseau routier principal, il faut y ajouter une voie qui reliait Caesarodunum à Autricum (Chartres), mais qui ne figure pas sur la table de Peutinger. Enfin, il convient de mentionner les voies secondaires qui reliaient Caesarodunum à Loches et à Chinon[B 3].

La navigation fluviale est, à l'époque gallo-romaine, un mode de transport très utilisé pour les marchandises, et la Loire navigable sert certainement de voie de communication privilégiée, comme en témoignent la présence de l'embarcadère identifié à Tours et le mobilier retrouvé lors de différentes fouilles : chapiteau en marbre blanc d'Italie, meules en lave d'Auvergne, amphores de vin d'Italie, céramique sigillée de différentes provenances, dont la Graufesenque (Aveyron) et coquillages de la côte atlantique[B 4]. Strabon, dans sa Géographie, se réjouit d'ailleurs de la présence de fleuve, « relais naturel [du Rhône] en direction de l'Océan[45]. »

Habitats et artisanat

modifier
dessin de meules romaines en forme de diabolo
Meules romaines (Ostie, Italie), comparables à celles trouvées à Caesarodunum.

Les premières domus construites à Caesarodunum n'ont laissé que très peu de vestiges ; elles étaient probablement construites en bois et torchis, à toiture de chaume ou bruyère, tous matériaux périssables. Dans la seconde moitié du Ier siècle, les techniques de construction évoluent avec la mise avec la mise en œuvre de soubassements maçonnés et de toitures en tuiles. Quatre domus à péristyle ont été mises au jour, dont une équipée d'un balnéaire privé, ainsi qu'une demi-douzaine d'autres plus modestes. Aucune d'entre elles ne semblait reliée à un système d'adduction d'eau, disposition peut-être inutile dans une zone où la présence d'une nappe phréatique à faible profondeur (m) favorise le forage de puits domestiques[G 28],[A 10]. Leur répartition spatiale dans l'aire de Caesarodunum n'est pas révélatrice, leur découverte étant liée aux opportunités de fouilles[G 29]. Une fouille préventive réalisée en 2006 et 2007 dans la partie sud de la ville antique, à l'ouest de l'actuelle rue Nationale, a révélé l'existence d'une vaste zone résidentielle des Ier et IIe siècles, caractérisée par un lotissement pérenne de l'espace étudié, suggérant une organisation cadastrale (jamais encore observée à Caesarodunum) de cette partie de la ville[46].

Les activités artisanales identifiées à Caesarodunum, charpenterie, taille de la pierre, atelier de bronzier, semblent prioritairement liées aux chantiers de construction ; la production de biens de consommation semble être marginale (poterie, ameublement). Les métiers de bouche sont identifiés grâce à leurs dépotoirs spécifiques sur trois sites (os, coquilles d'huîtres déjà citées) ou par les outils utilisés, comme les meules attestant de la présence de boulangeries artisanales[G 30] (leur grande taille, avec un diamètre de 0,75 m semble les exclure d'un usage domestique[47]) ou encore des pesons de tisserands[B 5],[n 5].

Mobilier d'usage courant

modifier

Le mobilier retrouvé sur plusieurs sites est très diversifié : cuillères en bronze, cuillères à fard en os servant à malaxer des cosmétiques lors de leur préparation, lampe à huile en bronze, miroir en bronze, statue de cerf en bronze. Certains de ces éléments, comme les cuillères à fard, ont peut-être appartenu à des personnages faisant partie de l'élite de Caesarodunum ou à leur entourage (famille ou serviteurs), le maquillage étant un considéré comme un marqueur social chez la femme gallo-romaine[A 11].

Cas particulier des monnaies

modifier

De nombreuses monnaies ont été retrouvées sur les différents sites fouillés, une vingtaine de potins gaulois[A 12] et plus de 1 100 monnaies romaines, ces dernières ayant pu être frappées entre (Marc Antoine) et l'an 408 de notre ère (Arcadius). Le fait qu'elles aient circulé pendant très longtemps après leur frappe interdit de les utiliser comme élément de datation. S'agissant toutefois de monnaies de faible valeur numéraire, il est probable qu'elles étaient utilisées pour les échanges commerciaux quotidiens, comme les achats d'alimentation[G 31].

Hygiène publique dans la ville antique

modifier

Les découvertes très parcellaires ne permettent pas de savoir si Caesarodunum disposait d'un réseau d'évacuation des eaux usées et des eaux de pluie ; toutefois, des caniveaux bordant certaines voies ont été identifiés[G 18],[G 32],[29], ainsi qu'un probable tronçon d'égout, orienté nord-sud, repéré en deux endroits le long d'une même voie[29].

La découverte d'une zone de comblement du chenal fossile, en périphérie sud-est de la ville, a montré l'existence d'un important dépotoir[G 33]. La nature des déchets retrouvés, leur volume et leur stratification dans le fond du chenal ainsi que l'absence de dépotoirs domestiques liés aux domus mises au jour suggèrent la mise en place d'un système de ramassage des ordures domestiques dans la ville antique et leur dépôt au fond de l'ancien chenal[G 34].

Évolution de la ville au Bas-Empire

modifier

Dès le IIIe siècle, la ville semble avoir abandonné son nom de Caesarodunum pour adopter progressivement, à la fin du IVe siècle ou au début du Ve siècle, celui de Civitas Turonorum (Cité des Turons), le terme de « cité » s'appliquant désormais à la ville et non au territoire[G 35]. Sa morphologie a également beaucoup changé. Le tissu urbain s’est, depuis plusieurs décennies, progressivement rétracté des marges de la cité vers le front de Loire moins exposé aux inondations et où se concentrait déjà la zone la plus densément peuplée[49]. Certains historiens ont même parlé d'« échec urbain » spécifique à Tours[C 2]. Avec le recul, cette appréciation semble devoir être tempérée ; les raisons de cette évolution, à laquelle on assiste pour la grande majorité des villes de la Gaule romaine pendant l'Antiquité tardive, ne sont pas connues avec précision. Elles sont certainement multiples ; une baisse de l’activité économique liée à la crise du troisième siècle de l'Empire romain et le retentissement de cette crise sur le fonctionnement de l'administration sont plausibles ; plus spécifiquement, pour Tours, de possibles dégâts dus à des crues de la Loire, comme elle en connut à cette période, ont pu avoir leur part de responsabilité dans le processus de recul de l'espace urbain[31].

En même temps que l’économie devient moins florissante, les conditions de sécurité se dégradent : des bandes de pillards, composées pour partie de déserteurs de l’armée romaine, se livrent à des attaques contre les villes : ce sont les Bagaudes ; sur la frontière germanique de l’Empire romain, les légions se font moins nombreuses et peinent à contenir les premières invasions barbares.

C’est pourtant à cette époque, entre 364 et 388, que Tours, à la faveur d'une réorganisation administrative de l'Empire romain, est élevé au rang de capitale de la IIIe Lyonnaise, province nouvelle créée qui regroupe la Touraine, l'Anjou, le Maine et la Bretagne[49].

Fortifications

modifier
Dessin schématisé de l'amphithéâtre intégré à la muraille sud de l'enceinte
Restitution schématique possible du castrum intégrant l'amphithéâtre[n 6].
(A) La Loire.

Amphithéâtre fortifié

modifier

Sans doute dans la seconde moitié du IIIe siècle[J 7], un mur est annulaire est construit dans la structure de l'amphithéâtre de Tours dont la cavea est partiellement arasée ; dans le même temps, certains accès du monument sont condamnés et un fossé est creusé à sa périphérie. L'objectif de tous ces travaux, qui ne se réalisent pourtant pas dans l'urgence ne fait guère de doute : face à l’insécurité globale qui règne alors ou pour répondre à une menace précise qu'il n'est pas encore possible d'identifier, il faut offrir aux habitants de la ville un refuge temporaire en cas d'attaque ; c’est le nouveau rôle dévolu à l'amphithéâtre ainsi fortifié[G 36],[50].

Enceinte du castrum

modifier
vue d'une partie de la muraille du Bas-Empire en élévation
Mur du castrum du Bas-Empire, Jardin des Vikings.

Environ 50 ans après la fortification individuelle de l'amphithéâtre soit dans la première moitié du IVe siècle[J 8], la ville se dote d’une enceinte destinée à abriter les sièges des pouvoirs administratif et religieux, mais qui reprend également le rôle d’abri provisoire des populations environnantes en cas de menace. Le tracé de l'enceinte est déterminé par la présence de l'amphithéâtre qui y est intégré comme un bastion. De forme sensiblement trapézoïdale, l'enceinte du castrum comporte seize tours cylindriques ou polygonales sur trois de ses côtés, probablement une entrée monumentale au sud, constituée par les vomitoires de l’amphithéâtre, deux portes est et ouest et au moins deux (peut-être six) poternes. Cette enceinte, particulièrement bien conservée, est toujours bien visible dans les quartiers orientaux de Tours[G 37].

Autres monuments et aménagements publics

modifier

Exception faite de l'amphithéâtre, plus aucun monument public ne semble être régulièrement entretenu dès le IIIe siècle. Ils sont même démontés et leurs pierres récupérées pour permettre la construction de l'enceinte du castrum. Les thermes (?) de Saint-Pierre-le-Puellier, à l'ouest, sont réaménagés et destinés à une activité artisanale, peut-être des tanneries réutilisant les anciens bassins et les piscines[A 13]. Les nécropoles à incinération du Haut-Empire sont remplacées par des nécropoles à inhumation, rite guidé par le développement du christianisme. Ces nécropoles se rapprochent progressivement de la zone urbanisée en réutilisant des sites habités ou aménagés sous le Haut-Empire : l'ancien embarcadère, mais surtout le quartier des Halles, là où Martin est inhumé à la fin du IVe siècle[G 38].

Pont et trame viaire

modifier
vue des vestiges de pieux d'un pont antique
Vestiges du pont du Bas-Empire.

En même temps que l'enceinte du castrum est construite, un pont de bois est lancé sur la Loire, aboutissant au milieu de la face nord de l'enceinte ; une poterne est certainement ouverte à ce niveau et il est probable qu'une voie, à l'intérieur du castrum, rejoint l'amphithéâtre dont le grand axe est dans l'alignement exact de la tête du pont[51]. Succédant directement au pont du Haut-Empire démonté, il bénéficie d'un emplacement stratégique permettant, dans une époque de relative insécurité, de contrôler la traversée de la Loire, le passage par le castrum étant obligatoire pour quitter le pont ou s'y engager. Ce pont est identifié après une baisse significative du niveau estival et automnal de la Loire en 2000, 2003 puis 2005, les vestiges de ses pieux ayant pourtant été observés depuis 1978 sans avoir été correctement interprétés[52] ; il est reconnu sur la presque totalité de la largeur du fleuve. La date de son abandon n'est pas connue mais Grégoire de Tours, dans l'Histoire des Francs, ne le mentionne pas[G 39].

L'état de délaissement observé pour les monuments publics semble s'étendre aux voies de circulation. À l'exception des deux voies parallèles à la Loire, de la rue Bernard-Palissy et peut-être de la rue Descartes selon leurs appellations modernes, tout le réseau routier semble avoir disparu du paysage urbain[C 2]. Dans le castrum par contre, les voies de circulation sont repensées et s'organisent autour d'un axe ouest-est reliant les deux portes principales de la ville et un axe nord-sud allant de l'amphithéâtre au pont. Des voies secondaires, parallèles à ces deux axes, reconstituent une trame orthogonale. La médiévale place des Petites-Boucheries pourrait être une survivance du forum de cette cité[53].

Habitat mal connu

modifier

À l'intérieur du castrum, les thermes de l'Est ont repris leur activité après le réaménagement imposé par la construction de la muraille, mais cette reprise n'est que temporaire, pour quelques décennies semble-t-il, et sous forme de balnéaire privé plus probablement[G 24]. Hormis trois domus, dont celle à laquelle semble rattaché le balnéaire, aucun habitat n'a été formellement identifié dans le périmètre de l'enceinte[C 3].

Dès le milieu du IIIe siècle parfois, et en tout cas au IVe siècle, les habitats situés à l'extérieur de l'enceinte paraissent abandonnés, à l'exception de l'un d'eux auquel est adjoint un balnéaire ; aucune habitation nouvelle de cette période n'a été encore mise au jour. Cette peut s'explique de deux manières différentes : l'espace urbain du Haut-Empire est déserté, ou bien l'environnement du castrum est toujours habité, mais selon un mode de vie totalement renouvelé et pas encore identifié ; le débat n'est pas tranché[G 40].

Saint Martin et l'essor du christianisme

modifier
peinture de Van Dyck représentant un cavalier se dépouillant de son manteau.
Martin partageant son manteau, par Antoine van Dyck, (1618).

De nombreux ouvrages sur l'histoire de la Touraine présentent saint Gatien comme le premier évangélisateur de la Touraine. Les historiens semblent se retrouver aujourd'hui pour reconnaître le caractère légendaire de cet épiscopat[G 41],[54] et attribuer à Lidoire, ou Litorius, un notable tourangeau, la fonction de premier évêque de Tours, de 337 ou 338 jusqu'à 370 ou 371. C'est Lidoire qui fera construire, à l'intérieur du castrum de Tours, probablement entre 350 et la fin de son épiscopat, l'ecclesia prima, à l'emplacement de la cathédrale actuelle[G 42] ; Lidoire aménagera également, à 1,2 km à l'ouest du castrum, la maison d'un sénateur en une basilique dans laquelle il est inhumé[C 4].

La figure marquante du christianisme tourangeau est Martin de Tours. Cet ancien soldat de l'armée romaine est élu évêque de Tours le , comme successeur de Lidoire. Il évangélise inlassablement les campagnes de Touraine et se fait apprécier de la population par sa simplicité et sa charité. S'il bâtit les premières églises rurales et fait construire le monastère de Marmoutier, sur la rive droite de la Loire, aucun édifice religieux d'envergure ne peut lui être attribué à Tours même. C'est après sa mort, survenue en 397, et son inhumation dans une nécropole située à l'ouest du castrum, que la construction d'une chapelle puis d'une basilique au-dessus de son tombeau est le point d'accrétion du nouveau pôle urbain constituant à partir du Xe siècle l'un des éléments d'une ville de Tours bipolaire[G 43]. Malgré tout, pendant son épiscopat, sa renommée attire à Tours et à Marmoutier de nombreuses personnes, ce qui profite à la ville.

Chronologie antique de Tours

modifier

Quelques jalons dans l'histoire de Caesarodunum de l'âge du fer à la fin de l'Antiquité.

Quelques dates de l'histoire de l'Antiquité et de la Touraine
Phase de construction Phase de destruction Histoire événementielle de Caesarodunum
(Les dates avant Jésus-Christ sont mentionnées de manière négative : -100 correspond à )

De la ville antique à la ville moderne

modifier

Le Ve siècle voit s'amorcer un changement radical dans l'histoire et la géographie de Tours. Saint Martin a été inhumé à 1,5 km à l'ouest du castrum, rebaptisé la « Cité ». Sur son tombeau, l'évêque Perpetuus, un de ses successeurs, fait construire à partir de 471 une basilique devenant progressivement le centre d'un pèlerinage important, aussi réputé que celui de Rome au IXe siècle[55] ; autour de cette basilique, plusieurs couvents et des marchands s'installent, attirant encore plus de pèlerins. Cet embryon de noyau urbain grandit de plus en plus alors que le Cité n'évolue guère, abritant principalement un quartier canonial au chevet de sa cathédrale[C 5].

Si l'histoire de Tours jusqu'à la fin du VIe siècle est bien connue grâce aux écrits de Grégoire de Tours et notamment l'Histoire des Francs, il n'en est pas de même des trois siècles qui suivront, en l'absence de source écrite fiable. De plus, sur le plan archéologique, les vestiges sont presque inexistants ou, plus exactement, difficiles à interpréter. Les strates archéologiques surmontant celles du Bas-Empire sont constituées de terres noires, structure assez homogène, pauvre en traces d'occupation humaine, largement rencontrée en Europe de l'Ouest et du Nord pour la même époque archéologique. Les terres noires ont été interprétées au début des années 1980 comme un abandon des activités humaines et un retour à la ruralisation des territoires mais les archéologues préfèrent, en ce début du XXIe siècle, y voir peut-être la traduction d'un nouveau mode de vie encore mal connu[56].

vue d'une tour de l'enceinte médiévale de Châteauneuf
Tour de l'enceinte de Châteauneuf.

Au Xe siècle, le bourg de Saint-Martin, que l'on appelle le « Châteauneuf de Saint-Martin », s'entoure lui aussi d'une enceinte défensive mais surtout destinée à affirmer l'identité martinienne[57], alors qu'une nouvelle basilique romane y est construite[C 6]. Entre les deux pôles, le long des deux voies parallèles à la Loire qui ont survécu depuis l'Antiquité, se construisent des couvents et quelques habitations[58]. Châteauneuf continue de s'agrandir, de s'enrichir surtout, pendant que la Cité donne l'impression de s'assoupir malgré la construction d'un pont roman par le comte Eudes II de Blois, Tours faisant alors partie de ses possessions[C 7].

Cette ville bipolaire subsiste jusqu'au milieu du XIVe siècle où, face aux menaces répétées de la guerre de Cent Ans, les deux entités sont réunies dans une seule et même enceinte dont la construction est autorisée par lettres patentes du roi Jean le Bon datées de  : la ville « unifiée » de Tours vient de naître, tant au point de vue topographique que sur les plans administratif et politique[C 8]. La nouvelle muraille intègre dans son périmètre oriental l'enceinte du Bas-Empire ce qui explique que cette dernière, bien que réparée à de nombreuses reprises selon des techniques architecturales évoluant avec le temps, présente encore d'imposants vestiges[G 44].

Notes et références

modifier
  1. Auguste, Tibère, Caligula et Claude sont les premiers à utiliser ce patronyme familial pour caractériser leur fonction, Jules César n'étant pas imperator au sens strict. Par la suite, après Vespasien, Cæsar devient le nomen officiel de presque tous les empereurs, sans qu'il n'y ait forcément de lien de sang avec la famille de Jules César[10].
  2. Les limites de la civitas Turonorum restent pratiquement inchangées au cours des siècles lors de la fondation du diocèse de Tours au IVe siècle, puis de la province de Touraine en 1584, puis enfin du département d’Indre-et-Loire en 1794[14].
  3. Le lit mineur de la Loire n'est bordé de turcies et de digues qu’à partir du règne de Louis XI[20].
  4. Le nom de « Gaule » ne repose pas sur une entité géopolitique avérée, la Gaule n’existant pas en tant que nation ; il est inventé par Jules César pour donner une unité à ses conquêtes[22]. Il est utilisé ici par commodité pour désigner le territoire limité par le Rhin, les Alpes, la Méditerranée, les Pyrénées et la côte ouest-européenne, de l’Atlantique à la Mer du Nord ; il s'applique également, de manière globale, à l'ensemble des peuples qui occupaient ce territoire dans l'Antiquité ; l’adjectif « gaulois » est employé dans les mêmes conditions.
  5. Les pesons étaient accrochés à l'extrémité des fils de trame pour les tendre lors du tissage[48].
  6. Les proportions en longueur et largeur sont respectées ; les proportions en hauteur sont hypothétiques.

Références

modifier
  • Histoire de Tours, Privat, 1985 :
  • L’Indre-et-Loire – La Touraine, des origines à nos jours, Bordessoules, 1986 :
  1. Audin, p. 9.
  2. Audin, p. 18-19.
  3. Audin, p. 44 et 73.
  4. Audin, p. 42-44.
  5. Audin, p. 72-74.
  6. 1 2 Audin, p. 69.
  7. Audin, p. 31-32.
  8. Audin, p. 59-60.
  9. Audin, p. 59.
  10. Audin, p. 35.
  11. Audin, p. 42 et pl. IV-V.
  12. Audin, p. 21.
  13. Audin, p. 83.
  • Tours antique et médiéval. Lieux de vie, temps de la ville. 40 ans d'archéologie urbaine, FERACF, 2007 :
  1. Henri Galinié, « L’archéologie dans son siècle », p. 25-27.
  2. Maud Moussi, « Politiques publiques, aménagement et archéologie depuis 1960 », p. 35-36.
  3. Henri Galinié, Laurent Bourgeau et Sophie Janichen, « Les acteurs de l'archéologie d’aujourd'hui, 1868-2007 », p. 36-38.
  4. Patrick Bordeaux, « La découverte de l'amphithéâtre au dix-neuvième siècle », p. 239.
  5. 1 2 Anne-Marie Jouquand, « La fouille du temple de la rue Nationale », p. 187-197.
  6. 1 2 Nicolas Fouillet, « La fouille du Lycée Descartes », p. 159-169.
  7. 1 2 Henri Galinié et al., « La fouille du square Prosper-Mérimée », p. 171-175.
  8. Xavier Rodier et Amélie Laurent, « La connaissance archéologique de la ville », p. 40.
  9. Amélie Laurent, « L'évaluation du potentiel archéologique », p. 43.
  10. Raphaël de Filippo, « La fouille du site de l’Hôpital Clocheville », p. 199-206.
  11. Alain Ferdière, « Entre ville et campagne : le réseau d'agglomérations secondaires de la cité des Turons », p. 349-350.
  12. Isabelle Gay-Ovejero et al., « Une montille à l'origine de l'amphithéâtre », p. 241.
  13. Alain Ferdière, « Libre cité des Turons, Civitas Turonorum libera », p. 339-340.
  14. Galinié, p. 328.
  15. Christèle Hervé, « Les environs de Caesarodunum et ceux de la Cité », p. 347-349.
  16. 1 2 Henri Galinié, « Caesarodunum, un projet sans lendemain ; la ville ouverte », p. 14-15.
  17. 1 2 Anne-Marie Jouquand, « Un portique urbain en bois ? », p. 147.
  18. 1 2 Anne-Marie Jouquand, « À l'est du temple, rue de Lucé », p. 191.
  19. Jacques Seigne, « Le plan d’urbanisme de la ville ouverte », p. 327-328.
  20. Jacques Seigne et Patrick Neury, « Les ponts antiques sur la Loire », p. 233-235.
  21. Jacques Seigne, « Les trois temps de l'amphithéâtre antique », p. 238-245.
  22. Anne-Marie Jouquand, « Le temple de la rue Nationale et son architecture », p. 194-195.
  23. Cyril Driard, « L'alimentation de la ville en eau par l’aqueduc du Cher », p. 335-336.
  24. 1 2 Henri Galinié et al., « La fouille du site du Château », p. 61-66.
  25. Jacques Seigne, « Des monuments révélés », p. 330-331.
  26. Jacques Seigne, « Des monuments révélés », p. 331.
  27. Jacques Seigne, « L'amphithéâtre et le rempart », p. 88.
  28. Cyril Driard, « L'alimentation individuelle en eau par des puits », p. 337.
  29. Anne-Marie Jouquand, « Les domus », p. 333-334.
  30. Jean-Philippe Chimier et Didier Dubant, « L'artisanat local et la production d'objets manufacturés », p. 343-345.
  31. Philippe Schiesser, « Les monnaies romaines des fouilles », p. 337-338.
  32. Anne-Marie Jouquand, « La fouille des abords de la cathédrale place François-Sicard », p. 145.
  33. Didier Dubant et Emmanuelle Coffineau, « Les observations au « Vinci » et place du Général-Leclerc », p. 129-131.
  34. Anne-Marie Jouquand, « La gestion des déchets dans la ville antique et médiévale », p. 345-347.
  35. Henri Galinié et Hélène Noizet, « Les noms donnés à la ville en langue latine », p. 282.
  36. Jacques Seigne, « Les trois temps de l'amphithéâtre antique », p. 245-246.
  37. Jacques Seigne, « La fortification de la ville au Bas-Empire, de l'amphithéâtre forteresse au castrum », p. 247-255.
  38. Elisabeth Lorans, Stéphane Joly et Émilie Trébuchet, « Les vivants et leurs morts du premier au douzième siècle », p. 373-375.
  39. Jacques Seigne et Patrick Neury, « Les ponts antiques sur la Loire », p. 235-237.
  40. Henri Galinié et al., « La ville close, la Cité ; l'espace urbain vers 400 », p. 355-356.
  41. Henri Galinié, « Gatien, compagnon du Christ ou Lidoire, notable ? », p. 285.
  42. Elisabeth Lorans, « Les édifices chrétiens d'après Grégoire de Tours », p. 285.
  43. Henri Galinié, « La formation du secteur martinien », p. 363-367.
  44. Françoise Yvernault, « L'enceinte urbaine du XIVe siècle : construction et entretien », p. 400.
  • Autres références :
  1. « La Société », sur le site de la Société archéologique de Touraine (consulté le ).
  2. « l'équipe LAT », sur UMR Citeres (consulté le ).
  3. « Présentation », sur UMR Citeres (consulté le ).
  4. « Accueil », sur le site du Sadil (consulté le ).
  5. « Les étapes du diagnostic », sur le site de l'Inrap (consulté le ).
  6. « Les étapes de la fouille archéologique », sur le site de l'Inrap (consulté le ).
  7. « Archéologie », sur le site de la DRAC Centre-Val de Loire (consulté le ).
  8. « Tramway de Tours : bilan des premiers sondages », sur Archéologie sur le site du Conseil général d'Indre-et-Loire (consulté le ).
  9. Claude Chaillot, « Les quartiers et faubourgs de Tours », Norois, no 24, , p. 384 (lire en ligne).
  10. Léon Lesuisse, « La nomination de l'empereur et le titre d'« Imperator » », L'Antiquité classique, t. XXX, no 2, , p. 415-428 (DOI 10.3406/antiq.1961.3415).
  11. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise : une approche linguistique du vieux-celtique continental, Paris, Errance, coll. « les Hespérides », , 352 p. (ISBN 2-87772-237-6), p. 154-155.
  12. Robert Bedon, « Caesarodunum. Propositions sur l'origine du nom antique de Tours », Bulletin de la Société archéologique de Touraine, t. XLVI, , p. 83-94 (lire en ligne, consulté le ).
  13. François Héran, « Un classique peu conformiste : la cote des prénoms », Revue européenne des sciences sociales, t. XLII, no 129, , p. 159-178 (DOI 10.4000/ress.396).
  14. 1 2 3 Christèle Hervé, « De la cité des Turons au diocèse de Tours », dans Élizabeth Zadora-Rio (dir.), Atlas Archéologique de Touraine : 53e Supplément à la Revue Archéologique du Centre de la France, Tours, FERACF, (lire en ligne [PDF]).
  15. Christèle Hervé, « Les agglomérations secondaires gallo-romaines », Supplément à la Revue archéologique du Centre de la France, 53, Tours, Féracf « Atlas archéologique de Touraine », (lire en ligne, consulté le ).
  16. Jean-Marie Laruaz (dir.), Ambacia, la Gauloise - 100 objets racontent la ville antique d'Amboise, Chemillé-sur-Dême, Archéa, , 136 p. (ISBN 978-2-9126-1022-5), p. 47.
  17. Dubois, p. 51-53.
  18. Dubois, p. 54.
  19. Jouquand, Lorans et Seigne 2024, p. 31-32.
  20. Samuel Guillou et Jean Maurin, « Les levées de la Loire : des turcies au plan Loire, huit siècles d'évolution », Ingénieries EAT, no spécial, , p. 31-32 (lire en ligne).
  21. Aymeric Morin et Xavier Rodier, « L'évolution de la plaine alluviale de Tours au Quaternaire récent », dans Élizabeth Zadora-Rio (dir.), Atlas Archéologique de Touraine : 53e Supplément à la Revue Archéologique du Centre de la France, Tours, FERACF, (lire en ligne [PDF]).
  22. Christian Goudineau, « C'est César qui a inventé la Gaule », L'Histoire, no 282, (lire en ligne).
  23. Tacite, Annales, vol. III, « 40 et 41 ».
  24. Christian Goudineau, « Les villes de la paix romaine : fonction, valeur et société », p. 309-310.
  25. Henri Galinié, Bernard Randoin et al., Les archives du sol à Tours : survie et avenir de l’archéologie de la ville, Tours, La Simarre, , 63 p., p. 19.
  26. Coulon 2006, p. 26 et 45.
  27. « Atlas archéologique / Tours / La ville ouverte du Haut-Empire Ier – IIIe siècle », sur le site de l'INRAP (consulté le ).
  28. Delphine Coutier, « Nos ancêtres se dévoilent », La Nouvelle République du Centre-Ouest, (lire en ligne).
  29. 1 2 3 Provost 1988, p. 80.
  30. Couderc 1987, p. 898.
  31. 1 2 « À Tours, 2000 ans d’aménagement des bords de Loire », sur INRAP, (consulté le ).
  32. « Plan de l'amphithéâtre gallo-romain reporté sue une vue aérienne actuelle », sur le site de l'Inrap (consulté le ).
  33. Xavier Rodier, À propos d'archéologie urbaine, vol. 11, Tours, ADEAUT, , 40 p., p. 36.
  34. Isabelle Fauduet, Les temples de tradition celtique en Gaule romaine, Paris, Errance, , 159 p. (ISBN 2-8777-2074-8), p. 54 et 60.
  35. Couderc 1987, p. 457-458.
  36. Cyrille Driard, Recherches sur l’alimentation en eau de Caesarodunum : l’aqueduc du Cher, mémoire de maîtrise, vol. 1, Tours, Université François-Rabelais, , 109 p., p. 41.
  37. Coulon 2006, p. 53.
  38. « Lycée Descartes », sur Le site de l'Inrap (consulté le ).
  39. Audin, p. 69-71.
  40. « L'emplacement des sites », sur le site de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) (consulté le ).
  41. « Laissez-vous conter Tours » [PDF], sur le site de la ville de Tours, (consulté le ).
  42. Claire Mabire la Caille, Évolution topographique de la cité de Tours des origines jusqu'au XVIIIe siècle, t. 1, Paris, , p. 274.
  43. Robert Mowat, « Étude sur une inscription romaine inédite de Tours et sur le monument dont elle révèle l'existence », Bulletin Monumental, no 39, , p. 11 (lire en ligne, consulté le ).
  44. Provost 1988, p. 98.
  45. Coulon 2006, p. 54-55.
  46. « 63-65 bis rue Nationale, 9 rue Etienne Pallu et 2-8 rue Gambetta », sur le site de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) (consulté le ).
  47. Coulon 2006, p. 105.
  48. « Le métier à tisser vertical », sur Images d'archéologie (consulté le ).
  49. 1 2 Thierry Cherpitel (dir.), « De Caesarodunum à Tours - 2000 ans d'histoire urbaine », sur INRAP, (consulté le ).
  50. Jouquand, Lorans et Seigne 2024, p. 70.
  51. « Atlas archéologique / Tours / La ville ouverte du Bas-Empire et du Haut Moyen-Âge (IVe – IXe siècle) », sur le site de l'INRAP (consulté le ).
  52. Hubert Gelly, « Des pieux qui posent problème », Bulletin de la Société archéologique de Touraine, t. XLI, , p. 115-121.
  53. Riou et Dufaÿ 2016, p. 115.
  54. Luce Pietri, « La succession des premiers évêques tourangeaux : essai sur la chronologie de Grégoire de Tours », Mélanges de l'Ecole française de Rome. Moyen-Age, Temps modernes, t. 94, no 2, , p. 618 (lire en ligne).
  55. Alain Dessertenne, La Bourgogne de saint Martin, Éditions Cabedita, , 159 p. (ISBN 978-2-88295-494-7 et 2-88295-494-8), p. 61.
  56. Henri Galinié, « L'expression « terres noires », un concept d'attente », Les petits cahiers d'Anatole, no 15, (lire en ligne [PDF]).
  57. Émeline Marot, « Châteauneuf (Tours) : construction d’une identité urbaine aux Xe – XIIe siècles. », sur CITERES UMR 7324 (CNRS et Université François-Rabelais de Tours), (consulté le ).
  58. « Atlas archéologique / Tours / La ville double du Moyen-Âge Central (Xe – XIVe siècle) », sur le site de l'INRAP (consulté le ).

Pour en savoir plus

modifier

Bibliographie

modifier

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Publications consacrées à l'archéologie et l'histoire de Tours et de l'Indre-et-Loire

modifier

Publications consacrées au monde romain

modifier

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier