Camilla Crociani
Camilla Crociani, née le à Rome, est l'épouse du prince Charles de Bourbon des Deux-Siciles, duc de Castro, l'un des deux prétendants au trône historique des Deux-Siciles et au titre de chef de la maison royale des Deux-Siciles.
Titre
Épouse du prétendant au trône des Deux-Siciles
Depuis le
(18 ans, 5 mois et 23 jours)
| Prédécesseur | Chantal de Chevron-Villette |
|---|
| Titulature | Duchesse de Castro |
|---|---|
| Nom de naissance | Camilla Crociani |
| Naissance |
Rome (Italie) |
| Père | Camillo Crociani (it) |
| Mère | Edoarda Vesselovsky |
| Conjoint | Charles de Bourbon des Deux-Siciles, duc de Castro |
| Enfants |
Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, duchesse de Calabre Maria Chiara de Bourbon des Deux-Siciles, duchesse de Noto |
Biographie
modifierCamilla Crociani est la fille aînée de Camillo Crociani (it), un riche industriel italien, et de l’actrice italienne Edy Vessel, née Edoarda Vesselovsky, mariée en secondes noces au comte Pierluigi Vitalini — un diplomate de la République de Saint-Marin[1] — et dont elle divorcera ensuite[2].
Après leur départ d'Italie pour le Mexique, en 1976, et la mort de Camillo Crociani, en 1980, les Crociani, mère et filles, s'installent aux États-Unis[2],[3]. Camilla Crociani y suit les cours de la Marymount High School (en) de Los Angeles et poursuit ses études à l'université de New York[4]. Les Crociani s'installent en principauté de Monaco en 1992[5] et vivent entre Monaco, Saint-Tropez, Rome et Paris[6].
Le [7], elle épouse à Monte-Carlo, avec le prince Albert de Monaco et le prince Laurent de Belgique pour témoins[3], le prince Charles de Bourbon des Deux-Siciles, duc de Calabre, fils du prince Ferdinand, duc de Castro — un des deux prétendants au défunt trône des Deux-Siciles —, et de Chantal de Chevron-Villette.
Elle porte dès lors le titre de courtoisie de duchesse de Calabre, puis duchesse de Castro en 2008 lorsque son mari devient chef de la maison de Bourbon des Deux-Siciles, à la mort du prince Ferdinand[7].
Le prince Charles et la princesse Camilla ont deux filles[8] :
- Maria Carolina Chantal Edoarda Beatrice Januaria, née le , duchesse de Calabre et de Palerme ;
- Maria Chiara Amalia Carola Luisa Carmen, née le , duchesse de Capri et de Noto.
Ils mènent, depuis, une vie faite de réceptions mondaines et de galas de bienfaisance[6] et sont en relation et ponctuellement aperçus avec des chefs d'État ou de gouvernement, comme le Premier ministre italien Silvio Berlusconi[9], élevé par le prince Charles au rang de chevalier grand-croix de l'ordre constantinien de Saint-Georges en 2003[10], ou le président Bachar el-Assad et son épouse Asma lors d'une visite en Syrie en 2004[6], le président Donald Trump, chez lui en Floride, en 2018 et en 2024[6],[11] ou le pape Léon XIV[12].
Activités humanitaires et philanthropiques
modifierCamilla de Bourbon des Deux-Siciles est impliquée dans plusieurs œuvres humanitaires : Unicef, Croix-Rouge, Fondazione Adragna d’Altavilla, the Olave Baden-Powell Society, Amade, Association Monaco Against Autism, Amitié sans Frontières et la Fondation Princesse-Grace-de-Monaco[13],[14].
La Princess Camilla of Bourbon Charitable Foundation collabore par ailleurs avec le gouvernement de l'île Maurice (où son siège est domicilié[6]) pour préserver la flore locale et lancer des projets d'éco-développement durable[15].
Le , elle reçoit le prix des Femmes pour la paix et la sécurité décerné par l'OTAN, en raison de « son intense activité sociale et de charité pour les enfants défavorisés ». Ce prix, décerné depuis 2008, a pour objectif de soutenir les projets et les objectifs des organismes des Nations unies qui offrent des possibilités pour les femmes de participer à la construction de la paix mondiale grâce à des programmes sociaux, culturels et éducatifs[16],[17].
En avril 2026, suite au rapprochement entre sa fille aînée Maria Carolina et Jordan Bardella, président du parti français d'extrême droite Rassemblement national, WWF France prend ses distances avec sa famille[18].
Démêlés judiciaires
modifierDelrieu / Crociani
modifierEn 2011, Cristiana Delrieu découvre que sa mère Edoarda Crociani souhaite la déshériter au profit de Camilla, sa sœur aînée, et de ses deux nièces, ceci grâce à un montage financier élaboré avec le cabinet d’avocats Appleby[3],[19] (dont les structures offshore qu'il gère sont mises en lumière dans le cadre des Paradise Papers[19],[9]). Cristiana attaque sa mère en justice, laquelle est condamnée, le , par la Cour royale de Jersey. Edoarda Crociani et Camilla de Bourbon des Deux-Siciles sont donc contraintes par la justice à reconstituer le fonds financier, initialement destiné aux deux sœurs, d'une valeur de 200 millions d'euros[20],[6]. Camilla fait appel de cette décision, mais est déboutée : sa condamnation, qui reconnaît sa complicité dans la réorganisation du fonds, est confirmée par la Cour de Curaçao en [21],[22].
Elle est ainsi contrainte de réaliser l'inventaire des biens de sa mère. Cependant l'inventaire qu'elle fournit est jugé partiel par la Cour royale de Jersey qui lui reproche d'avoir dissimulé 29 œuvres d'art — dont un tableau de Paul Gauguin (Hina Maruru)[6] assuré pour un montant de 55 millions d'euros —[23], des bijoux et autres actifs derrière un réseau de trusts offshore (en) répartis à travers le monde[6]. Elle est ainsi condamnée pour outrage à la cour en et fait ensuite appel de cette décision, pour lequel elle est déboutée et sa condamnation confirmée. Elle verse une amende de 2,3 millions d'euros en [24],[5].
Depuis cette procédure judiciaire, les deux sœurs ne s’adressent plus la parole[3].
BNP Paribas
modifierÀ la fin des années 1980, alors qu'elle vivait à New York avec ses deux filles adolescentes, Edoarda Crociani a constitué un trust pour protéger sa fortune ainsi que celle de ses deux filles — Camilla et Cristiana, alors adolescentes — et a veillé à la mise en place d'un mécanisme de protection du patrimoine et des intérêts de ces jeunes filles afin de garantir leur avenir[5].
Sur les conseils d'éminents spécialistes, le trust a été transféré des Bahamas vers Guernesey avant de finalement aboutir à Jersey, où il était géré par Paribas (devenue par la suite BNP Paribas)[5].
Selon un montage complexe propre aux trusts, BNP Jersey gérait la structure tandis que les actifs figuraient dans les livres de BNP Suisse, l'ensemble étant étroitement supervisé par la société mère, BNP Paris[5].
Ce dispositif était si complexe que la BNP a fini par le juger « problématique »[5], estimant qu'il risquait d'engager sa responsabilité[5]. En 2005, la banque française a donc élaboré une stratégie plus avantageuse pour elle-même[5].
En novembre 2018, après avoir pris la mesure de la fraude commise par la BNP, Mme Crociani et sa fille Camilla ont porté plainte contre la banque pour escroquerie, abus de confiance, faux et usage de faux[5]. Ces plaintes font l'objet d'une information judiciaire en cours à Monaco[5]. La manœuvre de la BNP visant à se dégager de toute responsabilité est également mise à mal à Paris et à Monaco, où la banque a échoué à faire reconnaître le caractère exécutoire du jugement rendu à Jersey[5].
Parallèlement, toujours en s'appuyant sur le jugement du , la BNP a changé de cible : après avoir tenté en vain, par tous les moyens, de recouvrer 130 millions d'euros auprès de Mme Crociani, elle s'est retournée contre la princesse Camilla de Bourbon[5]. La banque française tente désormais, devant les tribunaux de Curaçao et de Jersey, de la rendre responsable de la situation[5].
En avril 2021, découvrant que la BNP cherchait désormais à la tenir pour responsable de l'escroquerie dont elle avait elle-même été victime, la princesse Camilla a saisi la justice française pour obtenir réparation du préjudice causé par la banque[5] ; elle réclame à la BNP près de 120 millions d'euros (montant qui s'ajoute à d'autres procédures en cours, portant le total des réclamations à l'encontre de la BNP à plus de 330 millions d'euros)[5].
Titulature, décorations et distinctions
modifierTitulature de courtoisie
modifierLes titres portés par les membres de la maison de Bourbon n'ont pas d'existence juridique en Italie et sont considérés comme des titres de courtoisie.
- - : Son Altesse Royale la duchesse de Calabre ;
- depuis le : Son Altesse Royale la duchesse de Castro.
Décorations officielles
modifier| Dame Grand-croix de l'ordre du Mérite (2 novembre 2014, déchue le 21 juillet 2017[25]) |
| Grand-croix de l'ordre de San Carlos (7 juillet 2013) |
| Dame Grand-croix d'honneur et de dévotion de l'ordre souverain de Malte (4 février 2004) |
| Grand-croix de l'ordre de la Maison royale de Tonga (27 février 2012) |
Décorations dynastiques
modifier| Dame Grand-croix de Justice de l'ordre sacré et militaire constantinien de Saint-Georges | |
| Grand-croix de l'ordre royal de François Ier |
| Grand-croix de l'ordre du prince Danilo Ier (20 janvier 2006) |
| Grand-croix honoraire de l'ordre de Sainte-Isabelle |
Distinctions
modifierRéférences
modifier- ↑ « Liste des délégués, représentants et observateurs au 16 octobre 1989 – Conférence générale de l'UNESCO », sur unesco.org, (consulté le )
- 1 2 Stefania Conrieri, « Jordan Bardella : l’enquête sur la fortune familiale de Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles pourrait-elle ébranler sa candidature ? », sur Vanity Fair, (consulté le )
- 1 2 3 4 « Pas de cadeau dans le gotha : du rififi chez les Bourbon des deux-Siciles », sur parismatch.com, (consulté le )
- ↑ « Camilla de Bourbon des Deux-Siciles », sur Gala.fr (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 (en) « Princess Camilla de Bourbon pays her fine but requests guarantees from the State of Jersey », sur eureporter.co, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 (en) Ollie A. Williams, « Lives Of European Royalty, Offshore Assets And Missing Artwork Laid Bare In Family Feud », sur Forbes, (consulté le )
- 1 2 François Billaut, « Charles de Bourbon-Siciles et Camilla Crociani, mariage royal à Monte-Carlo », sur Point de vue, .
- ↑ Amable Fournoux (de), Marie-Caroline, reine de Naples, Pygmalion, , 488 p. (ISBN 978-2-7564-1617-5, lire en ligne)
- 1 2 (it) « Paradise papers, gli italiani offshore: da Vitrociset all'impero Bonomi, lo yacht di Berlusconi e la villa dei Rovelli », sur Il Fatto Quotidiano, (consulté le )
- ↑ Aurélie Raya, « La folle saga des Bourbon des Deux-Siciles », sur Le Point, (consulté le )
- ↑ Julia Méreau, « Qui est Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles avec qui Jordan Bardella vit une « idylle », d’après Paris Match ? »
, La Voix du Nord, (consulté le ) - ↑ « Maria-Carolina et Maria-Chiara de Bourbon des Deux-Siciles, les autres stars de la venue du pape à Monaco », sur Paris Match, (consulté le )
- ↑ Eventiculturali magazine
- ↑ Royalmonaco.net
- ↑ (en) Touria Prayag, « How can we stand and watch when such a paradise is heading for self-destruction? », L'Express, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Royalmonaco.net
- ↑ UN Women for Peace
- ↑ Simon Prigent, « WWF France prend ses distances avec la famille Bourbon des Deux-Siciles », La Lettre, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 « "Paradise Papers" : comment le cabinet Appleby s’est spécialisé dans les montages offshores pour clients VIP », sur francetvinfo.fr, (consulté le )
- ↑ Robin Korda et Geoffroy Tomasovitch, « En guerre avec sa banque, la princesse Camilla de Bourbon-Siciles contre-attaque pour sauver son trésor », sur Le Parisien, (consulté le )
- ↑ Aurélie Raya et Andrea Tomasi, « Pas de cadeaux dans le gotha », Paris Match n°3574, semaine du 16 au 22 novembre 2017, pages 72-77.
- ↑ « Camilla de Bourbon-Siciles : ces millions qui vont lui éviter la prison », sur Gala.fr (consulté le )
- ↑ (en-GB) Jessica Carpani, « Princess could be fined 'millions' after refusing to reveal whereabouts of £50m Gauguin painting », The Telegraph, (ISSN 0307-1235, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Camilla de Bourbon-Siciles règle son amende de 2,33 millions d'euros… et demande son remboursement ! », sur Gala.fr (consulté le )
- ↑ « Other Notices », sur www.thegazette.co.uk (consulté le )