Edy Vessel
Edoarda Vesselovsky — ou Edoarda Crociani par mariage — mieux connue sous ses noms de scène Edy Vessel, Edi Vessel ou Edy Vesel, née le à Trieste (Italie), est une actrice et femme d'affaires italienne.
| Nom de naissance | Edoarda Vesselovsky |
|---|---|
| Naissance |
Trieste (Italie) |
| Nationalité | Italienne |
| Profession |
Actrice Femme d'affaires |
Biographie
modifierEdy Vessel, née Edoarda Vesselovsky[1],[2],[3], naît en 1940 à Trieste[4],[5], à la frontière italo-croate, dans une famille « aristocratique mais sans fortune »[1]. Dans sa jeunesse, elle travaille comme mannequin pour des boutiques locales de mode tout en poursuivant des études[4].
Carrière
modifierElle décroche un rôle de choriste dans une revue de Wanda Osiris, dans laquelle elle est repérée par le réalisateur Mario Mattoli, qui lui offre son premier rôle d'actrice dans Guardatele ma non toccatele, en 1959[4]. Elle adopte alors le pseudonyme « Edy Vessel »[6].
Elle joue dans une douzaine de films, dont Le Voleur de Bagdad (1961)[7] et Huit et demi de Federico Fellini (1963)[6],[4],[5]. Après ce dernier film, elle met fin à sa carrière cinématographique[5].
Mariage et exil
modifierEn 1965, elle entame une relation avec l'homme d'affaires italien Camillo Crociani (it) (1921-1980), fondateur d'une grande entreprise de négoce d'équipement militaire[8] (convertie plus tard en une société de gestion du trafic aérien civil et militaire italien[9],[10]). Une fois que celui-ci obtient l'annulation de son premier mariage de la Rote romaine, le couple se marie en 1970[5] et mène grand train, vivant dans le quartier romain huppé de Parioli et développant une collection d'œuvres d'art (Chagall, Gauguin, Utrillo, Picasso, etc.)[6].
En 1976, Camillo Crociani, président de la holding d'État Finmeccanica et en poste depuis 1974[11], est impliqué dans le scandale international de corruption lié à l'affaire Lockheed[12],[13] et s'expatrie au Mexique avec son épouse Edy et leurs deux filles, Camilla et Cristiana[14]. En 1979, il est condamné à deux ans et quatre mois de prison pour corruption[14], mais son exil avec sa famille au Mexique lui évite l'emprisonnement. Il décède l'année suivante des suites d'un cancer[6].
Après la mort de son mari Camillo Crociani en décembre 1980 à Mexico, Edoarda Crociani déménage à New York[15].
Elle se remarie avec le comte Pierluigi Vitalini — diplomate et membre de la délégation permanente de Saint-Marin auprès de l'UNESCO (de 1989 à 2006)[16] — et prend le contrôle de Ciset[14] (Compagnia Italiana Servizi Tecnici[9]), la société fondée (en 1970[9]) par Camillo Crociani qui, avant sa mort, avait organisé sa succession pour la protéger de la saisie[15],[14].
En 1987[7], elle constitue un trust à New York pour protéger la fortune de ses filles et la sienne[9], qui est alors estimée à 600 millions de dollars[6]. La même année, Edoarda Crociani s'installe avec ses filles dans l'ancienne résidence new-yorkaise de Rupert Murdoch, sur la Cinquième Avenue[6].
Contrôle financier
modifierEn 1992, Edoarda Crociani prend le contrôle de 98,5% de la société Vitrociset (it)[17] — issue de la fusion de Ciset avec les entreprises de défense Vitroselenia (it)[9] et Avioelettronica Sarda[17] — et qui assure, entre autres, la sécurité des données de la Banque d'Italie, des sociétés italiennes d’État, du ministère de la Défense et de la police d'Italie[14],[6]. Cette prise de contrôle entraîne une bataille judiciaire avec les enfants du premier mariage de Camillo Crociani, Daniela et Claudio[18],[19].
En janvier 2019, Edoarda Crociani et sa fille Camilla vendent l'intégralité de leurs parts de la société familiale Vitrociset au groupe italien d’armement, d'aéronautique et d'industrie spatiale Leonardo[17],[20].
Conflit familial
modifierEn 2011 — alors qu'elle est installée depuis 1992 en principauté de Monaco[9] — sa fille cadette, Cristiana Delrieu, découvre, lors d'un rendez-vous dans leur appartement de Monaco, que le fonds familial (appelé Grand Trust) a été vidé au profit d'un autre montage financier, mis en place par Edoarda Crociani elle-même[6]. Cristiana l'attaque ainsi en justice devant la Cour royale de l'île de Jersey[6], où le fonds familial est domicilié[6], pour avoir voulu la déshériter au profit de sa sœur Camilla[7] et de ses deux nièces, les princesses Maria Carolina et Maria Chiara de Bourbon des Deux-Siciles[14]. Edoarda est mise en cause par Cristiana qui la définit, par ailleurs, comme « fascinée, presque obsédée par la noblesse »[6],[15] : Edoarda Crociani souhaitait en effet que ses deux filles épousent des hommes issus de l’aristocratie[14]. Selon ce qui ressort des documents examinés par Le Monde, Edoarda aurait exercé pendant des décennies un contrôle presque absolu non seulement sur le patrimoine, mais aussi sur la vie privée de ses filles[14],[21]. Son objectif aurait été de les intégrer à l’aristocratie européenne en les mariant à des nobles en vue[14]. Son projet fonctionne à merveille avec Camilla, lorsqu'elle épouse en 1998 le prince Carlo de Bourbon des Deux-Siciles, entrant officiellement dans l’historique maison royale des Bourbons[14]. Cristiana, en revanche, choisit une autre voie, puisqu'après un mariage de courte durée avec le prince romain Bante Boncompagni Ludovisi, elle se met en couple en 2000 avec l’homme d’affaires franco-dominicain Nicolas Delrieu[21],[14]. Un choix que, selon les documents judiciaires, Edoarda n’aurait jamais réellement accepté[14].
Le , la Cour royale de Jersey condamne Edoarda Crociani à reconstituer le fonds initialement destiné aux deux sœurs[14] (d'une valeur de 200 millions d'euros[22]), après qu'elle eut cherché à déshériter sa fille cadette Cristiana, au profit de sa fille aînée Camilla[14]. Camilla fait appel[6], « contribuant à alimenter une guerre judiciaire féroce entre les deux sœurs, chacune campant sur ses positions et multipliant les recours »[23],[21].
Distinctions
modifierEn 2016, Edoarda Crociani reçoit les doctorats honoris causa de l'Instituto Mexicano de Líderes de Excelencia et de l'Universidad Instituto Americano Cultural[réf. nécessaire][24].
Filmographie
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- 1959 : Guardatele ma non toccatele de Mario Mattoli
- 1959 : Il raccomandato di ferro de Marcello Baldi
- 1959 : Tipi da spiaggia de Mario Mattoli
- 1960 : Un dollaro di fifa de Giorgio Simonelli
- 1960 : Larmes de joie de Mario Monicelli
- 1961 : Le Voleur de Bagdad d'Arthur Lubin et Bruno Vailati
- 1961 : Psycosissimo de Steno
- 1961 : Le Glaive du conquérant de Carlo Campogalliani
- 1961 : La Guerre de Troie de Giorgio Ferroni
- 1962 : Le Corsaire de la reine de Primo Zeglio
- 1963 : Rocambole de Bernard Borderie
- 1963 : Huit et demi de Federico Fellini
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Edy Vessel » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 Clara Gaillot Gourdon, « Maria Carolina de Bourbon-Siciles : qui est sa célèbre grand-mère, dont elle est le portrait craché ? », sur Gala, (consulté le )
- ↑ V. Stroïev, Savants et hommes d'État russes d'origine juive, Revue des études juives (REJ), (lire en ligne), p. 139-147.
- ↑ (en) « Veselovsky Family History – Veselovsky Name Meaning », sur familysearch.org (consulté le )
- 1 2 3 4 Enrico Lancia et Roberto Poppi, Dizionario del cinema italiano, Le Attrici, Gremese Editore, 2003, , 379 p. (ISBN 978-88-8440-214-1 et 88-8440-214-X, lire en ligne)
- 1 2 3 4 e. rz., « Quelle gambe di Edy "Finmeccanica" », Stampa Sera, no 50, , p. 1
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Aurélie Raya et Andrea Tomasi, « Pas de cadeau dans le gotha : du rififi chez les Bourbon des deux-Siciles », sur Paris Match, (consulté le )
- 1 2 3 (en) Ollie A. Williams, « Lives Of European Royalty, Offshore Assets And Missing Artwork Laid Bare In Family Feud », sur Forbes, (consulté le )
- ↑ (it) Sergio Rizzo, Rapaci, Rizzoli Editore, (ISBN 88-586-0164-5)
- 1 2 3 4 5 6 (en) « Princess Camilla de Bourbon pays her fine but requests guarantees from the State of Jersey », sur eureporter.co, (consulté le )
- ↑ En 1956, Camillo Crociani fonde Industrial Import, une entreprise italienne de négoce d'équipement militaire, qui devient en 1970 CISET (Compagnia Italiana Servizi Tecnici), une société italienne de gestion de trafic aérien civil et militaire.
- ↑ (it) Giulio Valesini et Cataldo Ciccolella, « Il "Caso Crociani" », sur report.rai.it, (consulté le )
- ↑ (en) « ITALY: No More Godfathers », sur Time, (consulté le )
- ↑ « Accusé de corruption : Un dirigeant de l'industrie d'État prend la fuite en hélicoptère », sur Le Monde, (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Stefania Conrieri, « Jordan Bardella : l’enquête sur la fortune familiale de Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles pourrait-elle ébranler sa candidature ? », sur Vanity Fair, (consulté le )
- 1 2 3 Aurélie Raya, « La folle saga des Bourbon des Deux-Siciles », sur Le Point, (consulté le )
- ↑ « Liste des délégués, représentants et observateurs au 16 octobre 1989 – Conférence générale de l'UNESCO », sur unesco.org, (consulté le )
- 1 2 3 (it) Carlo Marroni, « Camilla Crociani: «Ecco perché ho venduto Vitrociset a Leonardo» 22 Feb 2019 », sur Il Sole 24 Ore, (consulté le )
- ↑ (it) Francesco Grignetti, « Crociani, Dynasty al veleno », La Stampa, no 282, , p. 11
- ↑ (it) Valentina Calaciura, « La dinasty dei Crociani I figli rinviati a giudizio », La Repubblica, , p. 9 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Thierry Mestayer, « Camilla de Bourbon-Siciles : la princesse contre-attaque », sur Le Télégramme, (consulté le )
- 1 2 3 « Comment la fortune des Crociani a ouvert une guerre successorale entre Camilla de Bourbon des Deux-Siciles et sa sœur », sur Le Monde, (consulté le )
- ↑ Robin Korda et Geoffroy Tomasovitch, « En guerre avec sa banque, la princesse Camilla de Bourbon-Siciles contre-attaque pour sauver son trésor », sur Le Parisien, (consulté le )
- ↑ Elisabeth Sall, « Maria Carolina, compagne de Jordan Bardella : "Prison, magouilles et héritage"... l'histoire scandaleuse de son clan », sur Melty, (consulté le )
- ↑ « Site officiel d'Edoarda Vesel Crociani », 16 avril 2016.
Liens externes
modifier- (it) Site officiel
- Ressources relatives à l'audiovisuel :