Trieste

ville et port maritime du nord-est de l'Italie

Trieste (/tri.ˈɛ.ste/[3] ; anciennement en latin : Tergeste et Tergestum, en croate et en slovène : Trst, en allemand : Triest, en hongrois : Trieszt) est une ville italienne située au pied des Alpes dinariques sur la mer Adriatique au bord du golfe de Trieste et de la baie de Muggia, à proximité de la frontière italo-slovène. C’est le chef-lieu de la région autonome du Frioul-Vénétie Julienne et de l'organisme de décentralisation régionale de Trieste. Elle compte environ 200 000 habitants, appelés les Triestins.

Trieste
Trieste
Trieste (de h. en b. et de g. à d.) : la piazza Unità d'Italia, le Grand Canal et au fond l'église catholique Sant'Antonio Taumaturgo, l'église serbo-orthodoxe de la Sainte-Trinité-et-Saint-Spiridion, une ruelle de Trieste, le château de Miramare, le Molo Audace (it).
Blason de Trieste
Armoiries
Drapeau de Trieste
Drapeau
Noms
Nom allemand Triest
Nom frioulan Triest
Nom slovène Trst
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Drapeau de la région de Frioul-Vénétie Julienne Frioul-Vénétie Julienne 
Province Trieste  
Maire
Mandat
Roberto Dipiazza (Forza Italia)
2021-2026
Code postal 34100
Code ISTAT 032006
Code cadastral L424
Préfixe tél. 040
Démographie
Gentilé (it) Triestini
(fr) Triestin
Population 198 622 hab.[1] (2026)
Densité 2 334 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 39′ nord, 13° 46′ est
Altitude Min. 2 m
Max. 2 m
Superficie 8 510 ha = 85,1 km2 [2]
Divers
Saint patron Saint Juste
Fête patronale 3 novembre
Localisation
Localisation de Trieste
Localisation dans la province de Trieste.
Géolocalisation sur la carte : Italie
Voir sur la carte topographique d'Italie
Trieste
Géolocalisation sur la carte : Italie
Voir sur la carte administrative d'Italie
Trieste
Géolocalisation sur la carte : Frioul-Vénétie Julienne
Voir sur la carte administrative du Frioul-Vénétie Julienne
Trieste
Liens
Site web www.comune.trieste.it

Géographiquement, elle est parfois considérée comme la « dernière ville du Nord-Est » de l'Italie, ou comme la « ville de l'extrême Sud » de l'Europe centrale ou bien comme la « première ville » de la nouvelle Europe élargie à l'Est. L'histoire complexe et prestigieuse de Trieste, qui fut longtemps le principal débouché méditerranéen du Saint-Empire romain germanique, puis le seul débouché maritime de l'empire austro-hongrois avant son rattachement à l'Italie, et sa position au carrefour des trois mondes latin/italien, germanique/autrichien et slave/slovène, ont forgé ici une culture et des traditions très particulières par rapport au reste de l'Italie. Toute la ville porte la trace d'avoir été un des poumons portuaires de l'Europe : larges avenues rectilignes, immeubles cossus et mélange d'influences avec une superposition des styles baroque, empire, néoclassique, Art nouveau[4].

Malgré la grandeur perdue de la ville, les ressources de cette dernière sont toujours avant tout issues des activités du port international, rival de celui de Venise, et des activités qui y sont liées : chantiers navals, sidérurgie, raffineries de pétrole. Le commerce joue dans l'économie de la ville un rôle particulièrement important. Le tourisme y est en progression : le château de Miramare reste l'un des châteaux les plus visités d'Italie, ses nombreux musées sont très visités, elle possède aussi un port touristique en plein essor et accueille des événements internationaux comme La Barcolana, La Bavisela, Maremetraggio, Trieste Film Festival, Le nuove Rotte del Jazz, etc. Son université fondée en 1924 est renommée. Trieste est connue pour être une « cité des sciences » et accueille sur son territoire le synchrotron ELETTRA (en)[5].

Cette ville frontalière a été élue première ville italienne pour sa qualité de vie en 2009 par le quotidien économique Il Sole 24 Ore[6], qui considère que la ville « allie tout le confort d'une métropole au bien-être que procure une nature foisonnante et multiple[7] ».

Géographie

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Localisation et topographie

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Représentations cartographiques de la commune
Carte
La commune avec l'emplacement de la mairie dans la région
Carte OpenStreetMap
Carte OpenStreetMap
Carte topographique
Carte topographique
1 : carte dynamique ; 2 : carte OpenStreetMap ; 3 : carte topographique

Communes limitrophes

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Rose des vents Monfalcone Komen (Slovénie) Sežana (Slovénie) Rose des vents
N Sežana (Slovénie)
O    Trieste    E
S
Muggia Hrpelje-Kozina (Slovénie)

Lieux-dits et quartiers

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La ville de Trieste est administrativement divisée en sept arrondissements :

Les sept arrondissements de Trieste.
  • 1. Altipiano Ovest
  • 2. Altipiano Est
  • 3. Barcola
  • 4. Barriera Nuova
  • 5. Barriera Vecchia
  • 6. Cattinara
  • 7. Chiarbola
  1. Altipiano Ovest : Borgo San Nazario, Contovello (Kontovel), Prosecco (Prosek), Santa Croce (Križ) ;
  2. Altipiano Est : Banne (Bani), Basovizza (Bazovica), Gropada (Gropada), Opicina (Opčine), Padriciano (Padriče), Trebiciano (Trebče) ;
  3. Barcola (Barkovlje), Cologna (Kolonja), Conconello (Ferlugi), Gretta (Greta), Grignano (Grljan), Guardiella (Vrdela), Miramare, Roiano (Rojan), Scorcola (Škorklja) ;
  4. Barriera Nuova, Borgo Giuseppino, Borgo Teresiano, Città Nuova, Città Vecchia, San Vito, San Giusto, Campi Elisi, Sant'Andrea, Cavana ;
  5. Barriera Vecchia (Stara mitnica), San Giacomo (Sv. Jakob), Santa Maria Maddalena Superiore ;
  6. Cattinara (Katinara), Chiadino (Kjadin), San Luigi, Guardiella (Vrdela), Longera (Lonjer), San Giovanni (Sv. Ivan), Rozzol (Rocol), Melara ;
  7. Chiarbola (Čarbola), Coloncovez (Kolonkovec), Santa Maria Maddalena Inferiore (Sv. Marija Magdalena Spodnja), Raute (Rovte), Santa Maria Maddalena Superiore (Sv. Marija Magdalena Zgornja), Servola (Škedenj), Poggi Paese, Poggi Sant'Anna (Sv. Ana), Valmaura, Altura, Borgo San Sergio.

Trieste posséde un climat subtropical humide (Köppen : Cfa[8]), (Trewartha: Cfak[9]), sans sécheresse estivale. En ce qui concerne les trois décennies de référence mondiale de climatologie officiels (GIEC / OMM) 1971-2000, la température moyenne annuelle à la station météorologique de Trieste était de 15 °C, les températures moyennes du mois le plus froid (janvier), s'élevaient à quelque 6 °C, tandis que le mois le plus chaud (juillet) était légèrement au-dessus de 24 °C. En hiver, les températures descendent rarement, du moins sur la côte, en dessous de zéro, à l'inverse, dans les localités du Karst triestin, il y a souvent des nuits au minimum négatif. Rares sont aussi le long de la côte, les jours de neige, le brouillard ou la grêle. L'humidité moyenne annuelle est de 64 % tandis que l'amplitude journalière est de 4,5 °C : les deux sont parmi les plus basses en Italie.

Étant donné les particularités du territoire de sa province, il peut être dit que, tandis que le centre de Trieste développe le long de la côte, des températures relativement douces et un bon ensoleillement, les villages et localités karstiques subissent, sur le plateau arrière à une hauteur de deux cents à cinq cents mètres d’altitude, un climat beaucoup plus continental. À Basovizza, située à environ 370 mètres d’altitude, la température moyenne annuelle est d'environ 11 °C, avec une moyenne du mois le plus froid (janvier) de 1,5 °C et du mois le plus chaud (juillet) de 20,6 °C.

À cause des effets de relief, un peu de pluie peut se produire tout au long de l'année (il s'agit d'une particularité par rapport au climat typiquement méditerranéen), mais au cours des mois d'été la pluviométrie est néanmoins rare et se manifeste le plus souvent par des orages (juillet est généralement le mois le plus sec). La pluviométrie atteint son apogée en fréquence et intensité en novembre et en avril à cause des perturbations d’origine atlantique.

Relevé météorologique de Trieste (1981-2020) - altitude : 2 m - 45° 39′ 01″ N, 13° 46′ 13″ O
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Record de chaleur 18,2 18,2 23,8 29,8 32,2 36,8 37,4 38 33,8 30,8 24,4 18,7 38
Maximale moyenne 9 9,7 13,5 17,7 22,3 26,5 29,1 29,1 24,3 19,1 14,3 10,2 18,7
Minimale moyenne 4,2 4,2 7,1 10,6 14,9 18,9 21 21,2 17,2 13,2 9,2 5,3 12,3
Record de froid −6,8 −7,2 −6,4 1,2 0 8,4 10 11 9,2 0 −1,3 −7,3 −7,3
Précipitations
Hauteur (mm) 51,5 64,7 56,6 69,4 80,9 74,9 55,6 74,9 108,3 113,3 117,5 82,5 950,1
dont neige (cm) 1 1,4 0,6 0 0 0 0 0 0 0 0 0,9 3,9
≥ 1 mm (jours) 6,33 6,41 6,03 8,34 8,5 7,63 5,8 6,55 7,79 8,97 10,46 7,69 90,5
Nombre de jours avec neige 1,2 1 0,6 0 0 0 0 0 0 0 0 0,7 3,5
Humidité relative (%) 67,54 65,35 63,31 64,82 64,7 64,76 62,19 62,98 64,6 68,51 69,75 66,96 65,37
Point de rosée (ºC) 0,3 0,1 2,7 6,7 11,3 15,2 16,8 16,9 13,1 9,7 6 1,3 8,3
Ensoleillement
Heures 102,3 124,7 155,4 177 231,6 250,1 297,9 272,3 200,9 148 97,9 90,3 2 148,4
Pourcent ensoleillements (%) 36 43 42 44 50 53 63 62 53 44 34 33 46
Indice UV 1 2 3 5 7 8 8 7 5 3 1 1 3
Vent et pression
Température de mer 10,2 9,3 10,1 13,1 17,9 22,7 24,7 24,8 23,2 19 16 13,2 17
Vitesse du vent moyenne (km/h) 10,4 11,2 10,4 9,4 9 8,3 8,3 8,6 9,7 10,4 10,8 10,8 9,7
Source : NOAA[10][11], Weather Atlas[12], WeatherBox[13], Weather2Travel[14], SeaTemperature.org[15]
9
4,2
51,5
30 mm
60 mm
90 mm
jan.
9,7
4,2
64,7
fév.
13,5
7,1
56,6
mars
17,7
10,6
69,4
avril
22,3
14,9
80,9
mai
26,5
18,9
74,9
juin
29,1
21
55,6
jui.
29,1
21,2
74,9
août
24,3
17,2
108,3
sep.
19,1
13,2
113,3
oct.
14,3
9,2
117,5
nov.
10,2
5,3
82,5
déc.
Moyennes : ■ max ■ min °C ■ Précipitations mm

La bora

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À ce climat généralement doux font exception les journées de bora (fort vent froid en rafales, dont le nom vient du grec Boréos : le Nord), qui pénètre du nord-est par l'arrière-pays le long de vallées qui s'ouvrent dans les montagnes de l’arrière-pays, débouchant sur Trieste et sur le golfe. Ce vent violent peut atteindre les 180 km/h avec des rafales extrêmes à 212 km/h[7]. Par effet de la compression adiabatique la température du vent qui descend sur la ville gagne de trois à quatre degrés mais les rafales augmentent considérablement sur la peau une sensation de froid, même avec des températures relativement douces. Exceptionnellement il y a même en été des coups de bora pour des périodes très courtes avec parfois une augmentation des températures supérieure à 35 degrés. Les rafales d'air d'origine continentale d’Est-Nord-Est gagnent à l'embouchure de l'Adriatique une vitesse supplémentaire et peuvent dans des cas exceptionnels en haute mer atteindre plus de 50 nœuds, comme enregistré en . Dans certaines régions, la bora est plus forte et plus fréquente que dans d'autres, et seule la région de la côte qui va de Miramare à Sistiana est totalement à l'abri de l'effet du vent[réf. souhaitée]. Très intéressante est la tendance de la fréquence des vents d'est et de la bora en général qui, au cours des 100 dernières années, a diminué de 28 jours, tandis que les vents provenant du sud-est et du sud, comme le sirocco, ont augmenté leur fréquence de 18 jours par an[réf. nécessaire].

Histoire

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Antiquité

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Période pré-romaine

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Les origines de la cité de Trieste remontent à la plus haute Antiquité. Au IIe millénaire av. J.-C., la région s’étendant du plateau à la mer a accueilli divers peuplements d’origine indo-européenne : Vénètes, Illyriens, Celtes[16],[17]. Une légende locale y fait débarquer Jason et ses Argonautes, recherchant la toison d’or à l’embouchure du fleuve Timavo. À l’époque romaine, un bois sacré au pied du mont Hermada était voué au culte des héros Anténor et Diomède. Des fouilles archéologiques en 1976 ont mis au jour une grotte dédiée à Mithra dans la localité de San Giovanni al Timavo (it)[18].

Période romaine

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Arc romain de Trieste appelé Arc de Riccardo.
Vestiges de l'aqueduc romain (Val Rosandra).

L’ancienne Tergeste est sous contrôle romain depuis -177. En -52, le petit village de pêcheurs devient une importante colonie romaine sous Jules César, qui mentionne sa population dans la Guerre des Gaules (VIII, 24). La ville vit alors s’élever d’importants bâtiments comme le forum romain et le théâtre, dont les vestiges sont encore visibles sur la colline de San Giusto. À noter l’arc romain appelé Arc de Riccardo, du Ier siècle av. J.-C., qui date de l’époque de la construction des murs de la cité par l’empereur Auguste. La ville romaine était alimentée par deux aqueducs importants : le plus long partait de la Val Rosandra et mesurait 17 km de long. Depuis le début du IIIe siècle de notre ère, l’Urbs Tergestina a été maintes fois soumise aux invasions barbares. Après avoir fait partie de l’Italie byzantine, la ville échoit finalement au royaume lombard au VIIIe siècle, sous le règne du roi Aistolf, puis aux Francs en 788. Vers 850, l’évêque Jean de Trieste acquiert de Lothaire, roi des Francs, le pouvoir séculier sur sa ville de Tergestum.

Moyen Âge

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Diocèse épiscopal en 1098, Trieste devint au XIIe siècle une ville libre, rivale de la république de Venise (qui l'occupe de 1369 à 1372).

Au Moyen Âge, Trieste, devenue un important carrefour commercial, se donne en 1382 à Léopold III de Habsbourg, duc d'Autriche[19].

Temps modernes

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Au XVIe siècle, après un bref passage sous juridiction espagnole, Trieste retourne à la maison d'Autriche (1552). Le passage à une Trieste moderne se fait en 1719, lorsque l'empereur Charles VI décrète la liberté de navigation. Cet édit ouvre ainsi les portes au commerce en donnant à la ville le privilège de port franc[20], seul débouché maritime de l'Empire autrichien.

Époque contemporaine

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Occupée par les Français en 1797, 1805 et 1809, elle est intégrée aux Provinces illyriennes (1809–1814), puis redevient autrichienne et connaît une période de grande prospérité, particulièrement après la construction de la ligne de chemin de fer Vienne-Trieste (terminée en 1857). À la fin du XIXe siècle, Trieste, capitale du littoral autrichien, est une grande cité cosmopolite austro-hongroise qui accueille des artistes comme James Joyce et Italo Svevo. La domination austro-hongroise sur les habitants italiens et slaves leur est défavorable, et ils aspirent respectivement à rejoindre l'Italie ou un État slave du Sud : c'est ce que l'on appelle l'irrédentisme.

À l'issue de la Première Guerre mondiale qui aboutit à la dislocation de l'Autriche-Hongrie, Trieste est également revendiquée par l'Italie et le royaume des Serbes, Croates et Slovènes (future Yougoslavie). Conformément au pacte de Londres de 1915, la ville devient italienne, en même temps que la plupart des terres irrédentes. Économiquement, l'Italie n'a pas spécialement besoin de Trieste : le port périclite. Sinistré, il sert de base à la naissance du Parti national fasciste (en proportion, le plus grand nombre d'adhérents sont de Trieste et de sa région en 1922). Le , les fascistes incendient le Narodni dom (« maison du peuple »), le palais culturel de la communauté slovène de Trieste. En octobre de la même année, les squadristes incendient le siège du journal socialiste, il Lavoratore, dirigé par Ignazio Silone.

Lorsque le l'Italie quitte l'Axe, la ville est occupée par l'Allemagne nazie qui en fait la capitale d'une nouvelle province administrée directement par le Reich l’Adriatische Küstenland (« côte adriatique »). Elle y ouvre le camp (de transit mais plus tard aussi de concentration) de la Risiera di San Sabba où furent emprisonnées, avant d'être transférées, de 12 000 à 15 000 personnes : des Juifs, des Slaves et des résistants italiens.

Le , les partisans communistes de Tito (IVe armée yougoslave) entrent à Trieste aux cris de Trst je naš (« Trieste est à nous »). Le lendemain, , la 2e division néo-zélandaise du général Bernard Freyberg entre également en ville. Les communistes yougoslaves y restent néanmoins pendant 40 jours et, sous l'œil désapprobateur mais expectatif des Alliés, supervisent la sanglante épuration de la société triestine. Les fascistes sont systématiquement exécutés, ainsi que, selon leur attitude, leurs familles et de nombreux autres Italiens refusant que Trieste ne passe à la Yougoslavie. Parfois, l'exécution est précédée d'un procès expéditif et d'une condamnation à mort. L'« extermination de la vermine fasciste » et des résistants irrédentistes est appelée « massacres des foibe » (du nom de ces cavités naturelles), mais peut aussi se dérouler en pleine nature ou dans le camp, créé par les nazis, de Risiera di San Sabba.

En 1947, le traité de Paris crée un « Territoire libre de Trieste » sous contrôle de l'ONU, coupé en deux zones, l'une anglo-américaine (zone A), avec 311 000 habitants en grande majorité italiens et comprenant la ville de Trieste, l'autre yougoslave (zone B), avec 54 000 habitants en grande majorité slovènes et croates, comprenant la ville de Koper/Capodistria. La plus grande partie de la population de la zone B (40 000 Italiens, mais aussi des Croates et Slovènes) abandonne cette région entre 1947 et 1956, poussée par la terreur communiste et les massacres des foibe. Par le protocole d'accord du , le territoire « libre » est partagé : la zone A au nord retourne à l'Italie, tandis que la zone B au sud va définitivement à la Yougoslavie et, au sein de celle-ci, est partagée entre la Croatie et la Slovénie.

Ce n'est qu'avec l'entrée en vigueur officielle le du traité d'Osimo signé le par l'Italie et la Yougoslavie que cette dernière reconnaît l'appartenance de Trieste et de son territoire à l'Italie qui, de son côté, renonce aux revendications sur l'ancienne zone B. Trieste perd ainsi définitivement une grande partie de son ancienne province de l'Istrie au profit de l'ancienne Yougoslavie. L'émergence des nouveaux États voisins (Slovénie et Croatie) rend ce traité caduc et, en Italie, des voix s'élèvent pour demander qu'un nouveau traité soit négocié, mais l’intégration dans l'Union européenne de ces deux pays, respectivement en 2004 et 2013, ouvre les frontières à partir du (adhésion de fait de la Slovénie au traité de Schengen). Trieste est donc « réunie » à son arrière-pays, même si la crise migratoire de 2015 et celle de Covid-19 de 2020 ont amené l’Italie et la Slovénie à refermer temporairement leur frontière.

Politique et administration

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Administration municipale

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Hôtel de ville de Trieste. Photo avril 2017.
Les maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
  1993 Giulio Staffieri Alliance nationale  
1993 2001 Riccardo Illy Centre gauche  
2001 2006 Roberto Dipiazza Forza Italia  
2006 2011 Roberto Dipiazza Forza Italia  
2011 2016 Roberto Cosolini Parti démocrate  
2016 en cours Roberto Dipiazza Forza Italia  
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages

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La ville de Trieste a depuis plusieurs dizaines d'années engagé des processus de jumelages avec[21] :

Population et société

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Démographie

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Habitants recensés

Communauté slovène

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À travers le vaste territoire communal de Trieste, qui s'étend jusqu'à la frontière avec la Slovénie, on rencontre aussi des faubourgs et des localités du haut-plateau karstique dans lesquels vit une communauté de langue et de culture slovènes (5 % de la population communale suivant le recensement de 1971), qui dispose de son propre réseau scolaire.

Par ailleurs, de l'autre côté de la frontière se trouve une communauté italienne istrienne qui maintient des liens avec l'Italie, et plus particulièrement avec Trieste qui a accueilli après la Seconde Guerre mondiale près de 40 000 réfugiés italiens (profughi, esuli) d'Istrie et de Dalmatie, des régions devenues yougoslaves en 1945.

Enseignement

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Enseignement primaire et secondaire

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Enseignement supérieur et recherche à Trieste

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Université de Trieste.
Université de Trieste (façade principale).

Trieste était siège depuis 1877 d’une célèbre école supérieure de commerce, la Scuola superiore di commercio ainsi que d’une école d’architecture. La Scuola superiore di commercio, fondée par le baron Pasquale Revoltella, est instituée par dotation privée durant l'administration des Habsbourg. Le souhait de Trieste d’accéder au statut universitaire fut l’objet d’âpres tensions entre l’administration autrichienne qui refusait cette création et la composante italienne de l’élite intellectuelle de la ville qui désirait cette ouverture[22]. Après le rattachement de Trieste au royaume d'Italie, la fusion de l’école supérieure et d'autres instituts est effective dès 1919. Le décret royal du dote Trieste d’une université appelée tout d’abord Regia Università degli studi economici e commerciali. Après la Seconde Guerre mondiale et au retour de Trieste à l'Italie, l'université de Trieste prend le nom d’Università degli studi di Trieste et intègre de nouvelles facultés comme celles de pharmacie, de médecine, de chirurgie et plus tard de sciences politiques. Les dernières créations de l’université sont un institut de langues pour traducteurs et interprètes, un institut de psychologie (1997) et un institut d’architecture (1998). Peu à peu l’Université de Trieste gagne en prestige et accueille de nombreuses unités de recherche scientifique.

Trieste est devenue « Cité de la Science[23],[24] », accueillant le principal parc scientifique italien et des chercheurs du monde entier.

L’Università degli Studi se compose de douze instituts : architecture, économie, pharmacie, jurisprudence et droit, ingénierie, lettres et philosophie, médecine et chirurgie, psychologie, sciences politiques, sciences de l'éducation et de la formation, sciences mathématiques, physiques et naturelles, langues modernes pour interprètes et traducteurs. Ils sont constitués de vingt départements de recherches thématiques.

L'Aquarium marin.

Parmi les établissements scientifiques de Trieste se distinguent également :

  • l’Observatoire astronomique de Trieste (OAT) né d’un département de l’école nautique fondée à Trieste par l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche en 1753. En 1898, la villa Basevi devient le siège historique de l'Observatoire astronomique de Trieste. En 1923, l’OAT fut inscrit sur la liste des observatoires astronomiques italiens. Il est actuellement affilié à l'Institut national d'astrophysique (INAF) ;
  • l’Institut national d'océanographie et géophysique expérimentale[25] (OGS) qui regroupe l'ancien institut Zentralanstalt für Meteorologie und Geodynamik fondé en 1898 pendant la période autrichienne ;
  • le Centre de recherches océanographiques, l’aquarium et la réserve maritime de Miramare-Trieste (WWF)[26] ;
  • le synchrotron ELETTRA[27] créé en 1994 sur le campus scientifique ;
  • le Centre international de physique théorique ;
  • l’École internationale supérieur des hautes études (SISSA) ;
  • l’Université privée du Collegio del Mondo Unito de Duino ;
  • l’Institut et le Jardin botanique de Sgonico, créé en 1964 et financé par la province de Trieste. Il couvre une surface de plus de 6 000 m2 et présente plus de 600 espèces natives du Carso triestin.

En 2009, Trieste est notée comme accueillant la deuxième meilleure université d’Italie (selon une classification établie par Il Sole 24 Ore[28]) ; en 2013, selon le Classement mondial des universités QS elle apparaît dans les 500 meilleures universités mondiales[29]. En 2013, selon un autre classement global elle est au nombre des 250 premières universités mondiales[30].

Langues

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Un locuteur du dialecte de Trieste.

Avant la Première Guerre mondiale, la langue allemande était parlée par 10 % de la population[31],[32] et la langue slovène atteignait les 24,80 % (recensement de 1910). La première a ensuite quasiment disparu et la seconde s'est réduite. Actuellement, dans le centre urbain, les populations de langue allemande et slovène ont numériquement été dépassées par d'autres communautés, en particulier les Chinois, les Serbes et les Croates. La langue minoritaire frioulane (son dialecte oriental), reconnue, est très peu utilisée, alors qu’elle l’est beaucoup dans la province voisine de Gorizia.

Religion

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La ville de Trieste dispose de lieux de culte de la plupart des religions. Trieste était au tournant du XXe siècle, une ville ayant de fortes communautés religieuses minoritaires : orthodoxes grecs et serbes, arméniens, protestants (luthériens, réformés, vaudois et anglicans) et surtout la communauté juive, d'influence économique, politique et culturelle notable.

La communauté juive de Trieste comptait en 1900 entre 5 000 et 7 000 membres[33], installés là depuis le Moyen Âge[34] au sein d'un ghetto créé vers 1690 autour du Corte Trauner[35], et ayant un rôle économique et culturel majeur pour la ville. De 1908 à 1912 fut édifiée une synagogue dans le centre-ville, via San Francesco sur les plans des architectes Ruggero et Arduino Berlam qui la construisent dans un style rappelant les églises syriennes datant de l'Empire romain[36]. Inaugurée en 1912, elle constitue la plus grande synagogue d'Europe avec celle de Budapest, selon que l'on considère la surface ou le volume.

En 1938, avec la promulgation des lois raciales fascistes, la communauté en majorité ashkénaze émigra massivement dans le reste de l'Europe et aux États-Unis. Durant la Seconde Guerre mondiale, l'extermination de la communauté juive dans les camps d'Europe centrale et surtout dans l'un des seuls camps italiens de concentration dénommé la Risiera di San Sabba réduisit fortement la population juive de Trieste. De nos jours, la communauté juive de Trieste compte environ 700 personnes[33].

Les baha'is disposent d'un centre, l’Assemblea spirituale locale Baha'i di Trieste, où ils organisent des conférences[37] et participent à des réunions interreligieuses[38].

Franc-maçonnerie triestine

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Rotonda Pancera, ancien siège maçonnique.

L'implantation de la Franc-maçonnerie à Trieste remonte au XVIIIe siècle[réf. nécessaire]. Ses premiers membres se réunissaient au Casino San Pietro. En 1774 une première loge régulière est fondée sous le nom de Alla Concordia dans le Borgo Teresiano. Son grand-maître était le consul général des Pays-Bas à Trieste, Emilio Baraux[réf. nécessaire].

Interdite pendant le règne de l'empereur François II, la maçonnerie triestine connaît une période de renaissance sous les occupations françaises de 1797, 1805 et 1809. Une loge maçonnique est érigée Via Commerciale sous le nom de La Vedovella (la petite veuve). En 1816, le retour des Autrichiens rétablit l'interdiction de la maçonnerie qui rentre dans la clandestinité[réf. nécessaire]. Les sous-sols de la Rotonda Pancera, une construction néo-classique située via San Michele, servent alors de lieu de réunion aux francs-maçons de Trieste et une loge y est aménagée.

Dès 1925, les fascistes infligent à la maçonnerie une persécution sans précédent. Les archives conservées dans un local près du Théâtre Verdi sont dévastées et brûlées. De nos jours, la maçonnerie triestine très active et qui compte plus de 200 membres[39] a retrouvé un siège Corso Umberto Saba. L'une des loges triestines régulières porte le nom de Pro Hominis Dignitate di Trieste (pour la dignité humaine). Le , le Grand-Orient d'Italie a tenu une convention publique à Trieste à l'occasion du 150e anniversaire de l'unité italienne, en l'honneur de la multiculturalité, multi-religiosité de Trieste et en mémoire des persécutions subies[40].

La ville dispose de nombreuses installations sportives.

Stades de football :

Stades omnisports :

Économie

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Activité portuaire

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Le port ancien de Trieste.

Trieste, en tant que ville frontière et ouverte sur la mer, présente le caractère d'une ville d'échanges commerciaux portuaires importants, devenant l'un des plus grands ports de la Méditerranée. L'activité portuaire s'est fortement réduite durant l'entre-deux-guerres mais reste très présente au niveau de la gare maritime et des différentes installations portuaires du nord et du sud de la ville.

Seule ville de l'empire austro-hongrois ouverte sur la mer Méditerranée, elle constitue alors l'accès principal de nombreuses marchandises provenant d'outre-mer. Le commerce avec l'Orient et l'Afrique a été pendant de nombreux siècles important. Ainsi, Trieste a depuis longtemps constitué une plaque tournante du commerce du thé et du café où transite un tiers des importations du pays[7]. De nos jours, la société du café Illy, fondée à Trieste en 1933 par Francesco Illy, est toujours installée dans la ville[7].

Transports

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La ville possède deux importantes gares, l'une au nord, la gare centrale de Trieste, accueillant le trafic en provenance de l'Italie et du reste de l'Europe occidentale, l'autre au sud-ouest, la gare de Trieste Campo Marzio, qui était tournée vers la côte dalmate et l'Europe centrale. Cette dernière gare est aujourd'hui transformée en un musée ferroviaire.

En 1899, la ville de Trieste adopte le projet de tramway de l'ingénieur-architecte Eugenio Geiringer pour la construction de la ligne Trieste-Opicina, qui impliquait du fait de la forte déclivité du terrain (une différence de 348 m et une pente moyenne de 8 % pouvant atteindre ponctuellement 26 %) une attention tout à fait particulière. C’est un système mixte combinant tram à traction électrique et crémaillère (système Strubb), remplacée en 1928 par un funiculaire, qui fut choisi et qui n'a pas son équivalent ailleurs dans le monde. La ligne part de la piazza Caserma (aujourd’hui piazza Oberdan) et gravit ensuite la pente raide de Scorcola et circule à travers les bourgades de Cologna, Conconello et Banne avant d’atteindre Opicina, le tout à 7 km/h. La mise en œuvre et la gestion des travaux est confiée à la Società Anonima delle Piccole Ferrovie di Trieste, établie en 1901 avec un capital privé. Le concepteur du projet Eugenio Geiringer en exerça les fonctions de directeur. La société obtint une concession pour 50 ans qui fut prolongée jusqu'en 1961. Les travaux durèrent un an et l’ouvrage fut achevé à la fin de l’été 1902. Le tram fut inauguré le dans un grand élan de joie par la population triestine. Mais l'enthousiasme ne dura pas longtemps : dans les premières heures du et ce à peine un mois après sa mise en exploitation, un accident se produisit : par un jour de fort vent (la bora), l'une des motrices se mit à dévaler la colline à toute vitesse et heurta une maison. Heureusement, il n'y eut pas de victimes, mais le tramway fit l'objet de critiques acerbes sur la sécurité des systèmes, que l'on s'empressa de renforcer[41]. Cet incident inspire une célèbre chanson populaire triestine el tram di Opcina ou encore appelée la Bora et qui est toujours très en vogue en Italie et à Trieste[réf. nécessaire].

Ce tramway est toujours en fonction et relie Trieste à Opicina sur une ligne historique constituant le dernier exemple en Europe de traction mixte (électrique dans les parties normales et à funiculaire dans les fortes pentes). Cette ligne est aujourd'hui devenue touristique en montant sur les hauteurs de la ville et offrant un panorama unique sur le golfe.

De plus, la ville de Trieste possède aussi un réseau de bus moderne bien développé, ce transport est le plus utilisé dans la région Frioul-Vénétie Julienne et comporte 51 lignes.

Culture locale et patrimoine

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Monuments

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La ville de Trieste comprend de nombreux monuments dont :

Cafés et pâtisseries de Trieste

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Les cafés de Trieste ont été et sont toujours des places intellectuelles et littéraires de la ville[7]. Les écrivains James Joyce, Rilke, Italo Svevo et Umberto Saba, qui tous vécurent dans la ville, sont les grands noms attachés à Trieste et à ses cafés. Le fructueux commerce du café à Trieste avait entraîné au cours du XVIIIe siècle la naissance de « boutiques du café » sur le modèle de celles de Venise. Beaucoup étaient aux mains de marchands grecs ou suisses. En 1768 on parle déjà de la Caffeteria da Caponi, via dei Bottari (actuelle via San Nicolò) et d’une dizaine d’autres locaux. À la même époque, la commission impériale d’hygiène et de sécurité bloquait l’ouverture d’autres cafés, les raisons étant d’ordre politique car les Triestins s’y rendaient pour y discuter et s’y retrouver librement. Mais devant la demande, les établissements se multiplièrent : de 28 établissements en 1782, l’on passa en 1815 à 94 établissements (56 restaurants et 38 cafés). En 1830 (selon les chiffres de la chambre de commerce) l’on comptait déjà 350 établissements pour la seule ville de Trieste dont certains devinrent vite célèbres comme le Caffè Tommaseo. Pour ce qui est du commerce en gros actuel de café, il est de nos jours resté un secteur très vivant qui concerne plus de 50 entreprises triestines et qui emploie plus de 900 salariés. Trieste représente 27 % des importations de café sur les 7 477 166 sacs importés en Italie (chiffres de la chambre de commerce de Trieste, 2008).

Caffè Tommaseo

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Le caffè Tommaseo a été ouvert en 1830. Il est le plus ancien café de Trieste et a été nommé d'après l'écrivain dalmate Niccolò Tommaseo (1802-1874). Les décorations du café sont l'œuvre du peintre Gatteri. Les miroirs ont été spécialement conçus et fabriqués en Belgique. Le café Tommaseo a été restauré en 1997. Il est également célèbre pour avoir introduit au début du siècle, la crème glacée.

Caffè San Marco

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Intérieur du Caffè San Marco.

Ouvert en 1914 par Marco Lovrinivich, l'établissement a ensuite été complètement détruit pendant la Première Guerre mondiale en tant que lieu de rencontre pour les irrédentistes. Immédiatement reconstruit dans les années 1920, il représenta le lieu de rencontre pour les intellectuels (Umberto Saba, Italo Svevo et Virgilio Giotti). Il servit de laboratoire pour jeunes et irrédentistes dans la préparation de faux passeports, servant aux patriotes anti-autrichiens à fuir vers l'Italie. L'activité de café s'est terminée abruptement le quand une troupe autrichienne a dévasté le local. Parmi les nombreux propriétaires qui se sont succédé dans la gestion du café, on note Lovrinivich Marco, les sœurs Stocks. Le café, restauré plusieurs fois grâce à la générosité des « Assicurazioni Generali », reste après sa réouverture le , d'aspect inchangé. Certaines peintures de masques sont attribuées au peintre viennois Timmel, qui venait se reposer dans ce café. En fait, tout le café suit le style architectural de la sécession viennoise, conjointement à l'Art nouveau. Des nus peints en médaillons sur les murs, apparemment par Napoleone Cozzi (it) un « écrivain, alpiniste, décorateur et irrédentiste » et Ugo Flumiani « un peintre - a dit Magris - des eaux agitées ». Les nus sont en fait la métaphore des cours d'eau du Frioul, mais aussi de l'Istrie et de la Dalmatie, qui se perdent dans la mer Adriatique.

Caffè Tergesteo

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Il se trouve aujourd'hui à l'intérieur de la galerie couverte homonyme et est connu pour ses verrières qui narrent des épisodes de la vie triestine d'alors. Fondé en 1863 il se situait tout d'abord face au théâtre lyrique Giuseppe Verdi avec des terrasses ouvertes. Localisé également près de la Bourse, il était un traditionnel point de rencontre fréquenté par les hommes d'affaires et l'élite culturelle de la ville. L'écrivain triestin Umberto Saba (1883-1957) lui dédia un couplet dans son œuvre (« Café Tergeste, tu réconcilies l'Italien et le Slave dans la nuit tardive, le long de ton billard »).

Bar Cattaruzza

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Situé dans l'ancien « gratte-ciel » en style Art nouveau construit de briques et en pierre d'Istrie par l'architecte Arduino Berlam, il conserve son aménagement d'intérieur d'époque et ses belles mosaïques.

Pâtisserie Pirona

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La pasticceria Pirona.

Fondé en 1900 par Alberto Pirona sur via della Barriera Vecchia, l'établissement est de style Art Nouveau. Fréquentée par la noblesse, la bourgeoisie et l'élite intellectuelle de Trieste, dont James Joyce qui a vécu au no 32 de la même rue et passait des heures dans cette pâtisserie. À la fin des années 1980, la famille De Marchi acquiert la pâtisserie d'Oscar Pirona, dernier propriétaire de la famille fondatrice. Depuis 1991, la pâtisserie Pirona fait partie de l'association « Locali Storici d’Italia » qui regroupe les locaux chargés d’histoire de l'Italie et dont l’objectif est d'améliorer la qualité du tourisme historique et culturel relativement à ces lieux qui ont réussi à préserver intact le mobilier et l'atmosphère du passé.

Pâtisserie La Bomboniera

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Cette pâtisserie, fondée en 1850 par la famille d'origine hongroise Eppinger, compte parmi les plus anciennes d'Italie. C'est la dernière pâtisserie de Trieste en style Art nouveau demeurée intacte depuis plus d'un siècle. L'établissement a pour spécialités les pâtisseries d'Europe centrale d'origine austro-hongroise (strudel, kugelhopf, dobos…) et spécialités triestines (putizza, presnitz…), de tradition cachère et dans un four à bois qui date de 1850.

Dialecte triestin

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Au XVIIIe siècle, le dialecte triestin (dialecte de type vénète) a remplacé le tergestino, le vieux type local dialectal rhéto-roman frioulan. Le triestin également parlé par des écrivains et des philosophes, reste la langue la plus largement utilisée dans la famille et dans de nombreux contextes sociaux d'un caractère informel et parfois formel, en parallèle, en situation de diglossie, à l'italien, la langue et administrative, qui reste principal vecteur de communication dans les relations d'un caractère public.

Parmi les écrivains ayant écrit en dialecte triestin peuvent être cités :

Bains de mer

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De fin mai à septembre, une immense partie de la population de Trieste répond à l'appel des bains de mer, dans un des établissements balnéaires privés (bagno) ou sur une des plages publiques qui se succèdent entre Muggia et Sistana.

Cette tradition multiséculaire a notamment laissé dans le patrimoine de la ville le Bagno Lanterna, construit sous l'empire austro-hongrois et qui présente encore aujourd'hui la particularité de séparer les hommes et les femmes sur la plage. À côté se trouve entre autres le Bagno Ausone, dont l'architecture est marquée par les années 1930.

La plage publique de Trieste à proprement parler est Barcola, dont la pinède et la promenade en béton transformées en plage improvisée sont prises d'assaut en haute saison.

Littérature

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Trieste est et a toujours été une pépinière d'écrivains du fait de son multiculturalisme et cosmopolitisme. Son université est renommée et ses cafés littéraires sont célèbres.

Italo Svevo (1861-1928).
Claudio Magris en 2009.
James Joyce (1882-1941).
Samuel David Luzzatto (1800-1865).
Le roman Mathias Sandorf (1885) de Jules Verne commence à Trieste.

Écrivains en langue latine

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  • Jules César, publia La Guerre des Gaules et donna son nom à la région de Trieste qualifiée de Julienne.

Écrivains de langue italienne

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Écrivains de langue slovène

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Écrivains de langue française

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  • Marie Bonaparte (1882-1962), séjourna à Duino
  • René Dollot, consul de France à Trieste de 1919 à 1931, est l'auteur d'un ouvrage sur Trieste et la France, 1702-1958. Histoire d'un consulat, Paris, Pedone, 1961.
  • Paul Morand (1888-1976), écrivain, académicien, et son épouse Hélène, princesse Soutzo, qui furent inhumés dans un mausolée familial à Trieste
  • Charles Nodier (1780–1844), écrivain, éditeur et académicien, vécut à Trieste en 1813
  • Stendhal (Henri Beyle) (1783-1842), éphémère consul de France à Trieste en 1831 (Metternich lui refusa l'exequatur).
  • Franck Venaille, a publié un essai sous le nom de Trieste.

Écrivains de langue allemande

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Écrivains de langue anglaise

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  • Richard Francis Burton, qui a vécu à Trieste de 1871 jusqu'à sa mort en 1890
  • James Joyce, écrivain (1882-1941), qui résida durablement à Trieste à partir de 1905 et y enseignera l'anglais pendant la majeure partie des dix années suivantes.

Écrivain en langue hébraïque

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Légende de la hallebarde ou de la lance de saint Serge

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Serge de Rome était un tribun militaire du IIe siècle qui appartenait à la quinzième Légion Apollinaire mais qui avait séjourné pour un temps à Trieste où il avait rencontré de nombreux chrétiens qui étaient devenus ses amis et où il s’était converti au christianisme. Comme prévu, il fut rappelé à Rome à cause de ses sentiments chrétiens et condamné. Mais, tandis que ses amis pleuraient, il les rassurait en disant que Dieu ferait un miracle comme une démonstration que la religion chrétienne est la seule foi vraie et qu’un signe leur serait envoyé à l’heure de sa mort. Il fut jugé par le cruel empereur Antiochus qui le condamna avec brutalité à porter des clous aux pieds et de se rendre aux castrums de Saura, Tetrapirgius et de Rosapha. Il souffrait beaucoup mais fut secouru la nuit par une armée d'anges qui s'approchèrent de lui et il fut complètement guéri. Furieux, Antiochus décida alors de le faire disparaître et le condamna à être mis à mort à Rosapha (actuelle Syrie) le par décapitation. Il tomba alors d’un ciel limpide sur le forum de Trieste cette hallebarde encore conservée dans le trésor de la cathédrale. La hallebarde ne rouille pas et semble incorruptible. Sa représentation figure sur le blason de Trieste.

Sur son lieu de martyre fut construite une église pour recueillir sa dépouille. Puis au Ve siècle on bâtit une grande basilique à Frigia en son honneur autour de laquelle se développa une ville que l’empereur Justinien appela Sergiopoli. Saint Serge est l’un des saints patrons protecteurs de la ville de Trieste et sa fête a lieu le 7 octobre de chaque année. La hallebarde de saint Serge reste le symbole le plus marquant de la ville. En son honneur, on nomma une bourgade du territoire de Trieste en son nom. Aujourd’hui, cette bourgade s’appelle Črni Kal et se trouve en Slovénie. Un quartier de la ville de Trieste porte depuis 1956 le nom de « borgo San Sergio ».

Héraldique

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Trieste porte : de gueules à une pointe de hallebarde d'argent.

  • Cette hallebarde d'argent est de fait un « ranseur », ancienne pertuisane semblable aux lances des gardes suisses du Vatican (Neubecker évoque une « lance de saint Serge »). Elle figure sur un fond d'écusson rouge français antique et est surmontée d'une couronne symbolisant les murailles antiques de la ville.
  • Certains blasonnements donnent : « sceptre fleurdelisé », voire « fleur de lys » (une des hypothétiques origines de la fleur de lys étant cette « hallebarde ») mais c'est le terme de « hallebarde » (alabarda) qui est le plus rencontré.

Médias

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Personnalités liées à la ville

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(en ordre alphabétique dans les rubriques)

Sciences et technique

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Théâtre et musique

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photographie de Charlotte impératrice du Mexique
Charlotte de Belgique, impératrice du Mexique.

Beaux-arts

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Politique et religion

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photographie de Maximilien I empereur du Mexique
Maximilien de Habsbourg, empereur du Mexique (1863).

Médecine

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Personnalités sportives

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Dans la fiction

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Voir aussi

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Notes et références

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  1. ↑ « Resident population by age, sex and marital status on 1st January 2026 », sur demo.istat.it, Istituto Nazionale di Statistica italiano, (consulté le ) (Remarque : Lier le fichier à l'ensemble de données techniques.)
  2. ↑ « Classificazioni statistiche – anno 2026 », sur www.istat.it, Istituto Nazionale di Statistica italiano, (consulté le ) (Remarque : Lier le fichier à l'ensemble de données techniques.)
  3. ↑ Prononciation en italien standard retranscrite phonémiquement selon la norme API.
  4. ↑ Antoine de Gaudemar, « Le Trieste de Svevo et Joyce », Libération,‎ (lire en ligne).
  5. ↑ Trieste città della scienza. Un sistema d'eccellenza-Trieste city of science. A system of excellence, éd. Zar Federica, 2007.
  6. ↑ (it) Trieste batte Aosta: è prima nella qualità della vita dans Il Sole 24 Ore du 19 décembre 2009.
  7. 1 2 3 4 5 « Irrésistible Trieste », Ulysse, Le Monde, 25 juin 2010.
  8. ↑ (en) « Present and future Köppen-Geiger climate classification maps at 1-km resolution », Nature Research (consulté le )
  9. ↑ (en) Belda, Michal, Holtanová, Eva, Halenka, Tomáš et Kalvová, Jaroslava, « Climate classification revisited: from Köppen to Trewartha », Climate Research (consulté le ), p. 8
  10. ↑ (en) « Trieste Climate Normals 1991-2020 », NOAA (consulté le )
  11. ↑ (en) « Trieste Climate Normals 1981-2010 », NOAA (consulté le )
  12. ↑ (en) « Climate and monthly weather forecast- Trieste, Italy », sur weather-atlas.com/en/italy/trieste-climate (consulté le )
  13. ↑ (en) « Wind in Trieste, Italy », sur weatherbox.io (consulté le )
  14. ↑ (en) « Trieste weather by month », sur weather2travel.com (consulté le )
  15. ↑ (en) « Trieste Sea Temperature », sur www.seatemperature.org (consulté le )
  16. ↑ Transactions of the Philological Society of Oxford, volume 32, issue 1, pages 1 à 14, novembre 1931, reprise de l'article du 17 mai 1930 de B. F. C. Aktinson
  17. ↑ A History of Ancient Greek, from the Beginnings to Late Antiquity, María Arapopoúlou, Cambridge University Press, A.-F. Christidis éditeur, 2007, p. 745.
  18. ↑ (it) Grotta del Mitreo sur le site officiel de la commune de Duino Aurisina.
  19. ↑ L'acte de soumission fut signé en octobre 1382, dans l'église Saint-Bartholomé du village de Siscia (apud Sisciam, aujourd'hui le quartier Šiška de Ljubljana).
  20. ↑ Sarah Chevalley, « Trieste, port d'attache », Le Figaro Magazine,‎ , p. 76-81 (lire en ligne).
  21. ↑ (it) Elenco aggiornati a febbraio 2011 dei gemelaggi stipulati dai comuni del FVG
  22. ↑ Anna Maria Vinci, Storia dell'Università di Trieste. Mito, progetti, realtà, Trieste, Università degli studi di Trieste - LINT, 1997.
  23. ↑ (it) Portail officiel de la Cité de la Science
  24. ↑ (it) Interview du maire de Trieste Roberto Cosolini par OggiScienza.
  25. ↑ Site officiel de l'Institut national d'océanographie et géophysique expérimentale
  26. ↑ Site officiel de la réserve maritime de Miramare-Trieste.
  27. ↑ (en) Elettra: the synchrotron light source, sur le site elettra.trieste.it
  28. ↑ (it) La classification 2009 complète du journal Il Sole 24 Ore.
  29. ↑ (en) Page de présentation de l'Université de Trieste.
  30. ↑ (en) University of Trieste d'après The World University Rankings 2013-2014.
  31. ↑ (it) La nascita di una città. Storia minima della popolazione di Trieste - La città dei gruppi 1719-1918, R. Finzi, G. Panjek, (2001), Trieste p. 69-237.
  32. ↑ La cultura tedesca a Trieste dalla fine dell 1700 al tramonto dell'Imperio absburgico, S. De Lugnani, Trieste (1986).
  33. 1 2 Selon la plaquette informative de la synagogue de Trieste.
  34. ↑ La première mention notariée d'un acte de vente à la communauté juive date de 1236 ((it) Histoire de la communauté hébraïque de Trieste)
  35. ↑ (it) Histoire de la communauté hébraïque de Trieste : Dal cinquecento al seicento il primo privilegio e la nascita del ghetto.
  36. ↑ (it) « La grande sinagoga », Communauté juive de Trieste
  37. ↑ Programme du Teatro Miela du lundi 30 octobre 2006.
  38. ↑ Il Piccolo, Trieste, page 21, édition du 20 octobre 2010.
  39. ↑ Massoni d'Italia, article de Roberto Giuristante, du 10 décembre 2011.
  40. ↑ La Voce di Trieste du 9 décembre 2013.
  41. ↑ Alla scoperta del tram di Opicina. Storia, immagini e curiosità della celebre linea tranviaria, Di Matteo Andrea, Editore : Luglio (Trieste) (2010).
  42. ↑ http://www.mauriziofondriest.com/d/sites/default/files/biografia.pdf

Annexes

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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