Caroline Lassiat

Madame Dominique (Caroline Lassiat)

Marie Caroline Lassiat, dite Madame Dominique, née le dans le 5e arrondissement de Paris et morte à Montrouge le , est une danseuse de ballet et pédagogue française.

Madame Dominique
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 64 ans)
MontrougeVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
LassiatVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
Madame Dominique, Caroline Lassiat, Caroline Venettozza, Madame Dominique Venettozza, Mlle Lassiat, Mme Wenetozza, Mlle Caroline, Mlle Caroline LassiaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Figurante (à partir de ), danseuse (à partir de ), maître à danser (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Distinction
Encouragement (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

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Née Marie Caroline Lassiat le dans le 5e arrondissement de Paris, elle est la benjamine des trois enfants de Joseph Nicolas Lassiat et de Marie Jeanne Senis. Mlle Lassiat entre à 7 ans à l'École de danse de l’Académie de musique de Paris, alors installée dans les locaux de l'Opéra de la Rue Le Peletier à Paris. À 14 ans elle débute par de la figuration puis l'année suivante, elle est admise dans les effectifs rémunérés de l'opéra. Elle devient Mme Caroline Venettozza le à 22 ans par son mariage à Paris avec le répétiteur des leçons de danse, le violoniste alto qui fait partie du pupitre des second violon[1] de l'orchestre de l'opéra: Dominique Venettozza[2], 27 ans, né à Naples[3] et ils seront les parents d'une fille Jeanne Juliette[4]. Les amis de son époux la nomment Madame Dominique, nom familier qui lui restera à l'opéra et dans les ouvrages. Elle se produit dans plusieurs ballet, pantomimes, opéras. Madame Dominique devient professeure des classes élémentaires de l'École de danse puis professeure des classes de perfectionnement en prenant la suite de Marie Taglioni tout en enseignant aussi dans sa propre classe particulière un complément de danse au Passage Saulnier à des futures danseuses. Madame Dominique va former des danseuses notables comme Emma Livry, Rosita Mauri, Giuseppina Bozzacchi. Madame Dominique conclue ses années d'artiste en prenant sa retraite en 1879[5]. Lors de sa dernière participation à l'examen semestriel, le directeur de l'opéra M. Halanzier lui remet une Couronne triomphale d'or tressée avec le nom de ses élèves gravés sur les feuilles et un ruban doré ou est inscrit À Mme Dominique Venettozza, ses élèves reconnaissantes. Opéra. et la date : [6]. Elle est remplacée par Zina Mérante et va vivre de sa pension[7] de membre de la Société de secours mutuels des artistes dramatiques[8]. Le couple s'installe à Montrouge où ils ont une maison au 96 Grand'Rue[9], et vivent de leurs rentes. Madame Dominique meurt avant son époux le en restant une figure de la danse reconnue par ses pairs et la presse pour son œuvre de pédagogue[10].

Danseuse

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L’École de danse par Degas

C’est en 1713 que Louis XIV promulgue le décret qui crée officiellement le Conservatoire de danse. En 1780, un premier règlement clarifie les points de gratuité des cours, la sélection à l'entrée et l’examen de passage des niveaux de l'École de danse, les frais et appointements, l'orientation professionnelle de la formation en soumettant les élèves à une discipline et à une formation directement adaptées aux besoins du corps de ballet de l'Opéra[11].1784, un second décret de Louis XVI allonge la durée des cours et ajoute une classe élémentaire dédiée au enfants de moins de douze ans. En 1827, les règlements successifs de l'École, établis à la fin du XVIIIᵉ siècle et maintenus sous l'Empire puis la Restauration, n'ont pas remis ce principe en cause. Mlle Lassiat entre à 7 ans à l'École de danse de l’Académie de musique de Paris, alors installée dans les locaux de l'Opéra de la Rue Le Peletier. Les élèves sont recrutés très jeunes, sans expérience initiale pour éviter la correction des apprentissages antérieurs. L’enseignement se fait alors en trois étapes, une classe élémentaire jusqu’à 13 ans puis la classe supérieure jusqu’à 16 ans avec pour certains un perfectionnement en classe particulière et une limite de 18 ans avec possibilité d'exclusion si leur carrière n'a pas débutée. Par souci d’impartialité et pour éviter de possibles protections, un jury issu de la troupe à un pouvoir de sélection absolue et n'a pas à se justifier lors des évaluations, l'examen de passage d’une classe à l’autre ainsi que pour l’engagement au sein de l’Opéra[11]. À 14 ans, Caroline Lassiat figure dans le corps de danse de Benvenuto Cellini[12], et elle est officiellement reconnu pour ses progrès. Son talent et son travail lui permettent de participer à des représentations et elle se retrouve au tableau des encouragements attribuée aux élèves des ballets en voie de progresser vers les prix supérieurs[13]. À 15 ans, elle est engagée comme artiste des ballets et admise dans les effectifs rémunérés de l'opéra comme danseuse dans les coryphée, sujet, grade supérieur dans la hiérarchie du corps de ballet, juste en dessous des premières danseuses, danseuse de caractère par son interprétation de rôles types et mime distinguée, partie essentielle du ballet romantique, car les intrigues étaient souvent racontées sans paroles. 1936 elle est dans La Fille du Danube comme Page et Nymphe[14], 1846 Paquita ballet pantomime en 2 actes et 3 tableaux et la princesse Bathilde dans Giselle[15], 1847 elle se produit dans La Fille de marbre, 1852 Orfa[16] , avant-dernier ballet d'Adolphe Adam, 1856 Les elfes[17] , ballet en 3 actes , 1857 Marco Spada ou La fille du bandit, ballet en trois actes et six tableaux, La Muette de Portici dans le rôle de Fenella, 1867 Joue la comtesse d’Aremberg comme mime dans Don Carlos[18].

Ses appointements

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À 15 ans elle est engagée comme artiste des ballets avec une rétribution fixe attachée à un emploi régulier de 300 Francs[19] ce qui correspondrait raisonnablement à 1 200  actuels. Sa rétribution progresse de 100 Francs par ans pendant deux ans puis arrive à 3000 Francs[20] à 27 ans soit 10 fois plus en 12 ans. Cette progression dans sa rémunération indique une reconnaissance pour son travail. Le , M. Halanzier la nomme Professeure des classes de perfectionnement des danseuses avec appointements de 4000 Francs[21].

Pédagogie

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Le métier de professeure des classes élémentaires de l'École de danse par une transmission de danseur à danseur, orale et physique, et non pas théorique, consiste à assurer la formation initiale des jeunes élèves, jusqu’à 13 ans, destinées à intégrer le corps de ballet de l'Opéra. Madame Dominique y enseigne uniquement aux jeunes filles[22] entre 1853 et 1872 les différentes techniques de base, le positionnement des pieds et des bras, les exercices à barre, les pas, sauts et pirouettes, le maintien du corps, l'équilibre et la souplesse et coordination des mouvements. Elle prépare progressivement les élèves aux exercices collectifs, aux quadrille et ensembles, à apprendre toutes les variations du répertoire, l'ensemble des pas, enchaînements et rôles correspondant au niveau des coryphée et participe aux examens semestriels. Certaines élèves pouvaient être appelées à figurer ou à danser, comme elle l'avait fait à 14 ans, dans des productions avant même leur admission complète dans le corps de ballet.

Le [23], M. Halanzier la nomme Professeure des classes de perfectionnement des danseuses pour prendre la relève de Marie Taglioni et elle y enseigne accompagnée au violon par son époux[18]. Madame Dominique donnait un complément de cours privés de danse au Passage Saulnier dans sa classe particulière[24] dont l'une de ses élève est Amélie Colombier. Elle va former des danseuses notable comme Emma Livry, Léontine Beaugrand, Giuseppina Bozzacchi, Berthe Bernay, Rosita Mauri[25], Adèle Grantzow, et bien d'autres. Elle conclue ses années d'enseignement en prenant sa retraite le [5], Lors de sa dernière participation à l'examen semestriel.

Appellations successives

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Tout au cours de sa vie, elle a été nommé différemment dans les journaux ou les revues. Pour ses débuts c'est Mlle Lassiat, Mlle Caroline, Mlle Caroline Lassiat, Mlle Caroline Lassia[26] sur une estampe de A. Lacauchie ou écrits[27], Caroline simplement quand elle danse dans les pas d'ensemble ou Caroline Lassiat. Suite à son mariage elle devient Mme Venettozza, ou Mme Wenetozza qui permet à la direction d’attirer le public parisien par une mystérieuse danseuse étrangère inconnue[28]. Enfin, les amis de son époux la nomment Madame Dominique, nom familier qui lui restera à l'opéra et dans les ouvrages. Et pour certaines jeunes danseuses, Maman Dominique[29].

Iconographie

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Caroline Lassiat est représentée sur de nombreuses estampes[30] signées de A. Lacauchie que l'on peut trouver dans certains musée comme Victoria and Albert Museum[31], NY Public Library for the Performing Arts, Gallica, Europeana[32]

Voir aussi

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Sources

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  • Femmes de spectacle (danse, opéra, théâtre)[19],
  • L'Académie des beaux-arts[33],
  • Alastair Macaulay[34],
  • Histoire et esthétique de la danse de ballet au XIXe siècle - Hélène Marquié[22].
  • Art Lyrique[36].

Notes et références

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  1. « Dominique Venetozza Violoniste », sur Gallica, (consulté le )
  2. France Auteur du texte, « Bulletin des lois de la République française », sur Gallica, (consulté le )
  3. Dominique Paul Pierre Venettozza : Né le 5 décembre 1813 à Naples (Italie) et mort le 17 juillet 1894 à Montrouge, à l'âge de 80 ans. Violoniste à l'orchestre de l'Opéra de Paris.
  4. Jeanne Juliette Venettozza : Née le 13 février 1841 à Paris, morte le 29 novembre 1873 à Paris IXe, à l'âge de 32 ans.
  5. 1 2 « Le Nain jaune », sur Gallica, (consulté le )
  6. « [Couronne en or offerte à Dominique Venettozza par ses élèves] », sur catalogue.bnf.fr, (consulté le )
  7. Association des artistes musiciens Auteur du texte, « Annuaire de l'Association des artistes musiciens », sur Gallica, (consulté le )
  8. Georges d' Harvard University, Dictionnaire des pseudonymes, Paris, Dentu & cie, (lire en ligne)
  9. « La Civilisation : journal quotidien », sur Gallica, (consulté le )
  10. « L'Entr'acte : revue-programme : théâtre, littérature, arts », sur Gallica, (consulté le )
  11. 1 2 3 « Histoire - École de danse - Artistes », sur Opéra national de Paris (consulté le )
  12. Léon de (1804-1864) Auteur du texte Wailly et Auguste (1805-1882) Auteur du texte Barbier, Benvenuto Cellini : opéra en deux actes / paroles de MM. Léon de Wailly et Auguste Barbier ; musique de M. Hector Berlioz, (lire en ligne)
  13. Bibliothèque-Musée de l’Opéra, registres microfilmés du personnel, PE-2 (698), 1818-1829.
  14. Filippo (1777-1871) Auteur du texte Taglioni, La fille du Danube : ballet-pantomime en deux actes et quatre tableaux (2e édition) / par M. Taglioni ; musique de M. Adolphe Adam, (lire en ligne)
  15. Internet Archive, the romantic ballet in paris, (lire en ligne)
  16. Adolphe (1803-1856) Adam et Henry (1811-1896) Trianon, « Orfa : ballet-pantomime en deux actes / livret d'Henry Trianon ; musique de Adolphe Adam ; décors de Charles Cambon, Joseph Thierry ; chorégraphie de Joseph Mazilier ; costumes de Paul Lormier », sur catalogue.bnf.fr, (consulté le )
  17. Joseph (1797-1868) Mazilier et Nicolò (1814-1891) Gabrielli, « Les elfes : ballet en 3 actes / chorégraphie de Mazilier ; musique de Nicola Gabrielli ; argument de Saint-Georges ; décors de Joseph Nolau et Auguste Rubé (acte I), Edouard Despléchin (acte II, tableau 1), Hugues Martin (acte II, tableau 2), Charles Cambon et Joseph Thierry (acte III) ; costumes d'Alfred Albert ; avec Amalia Ferraris, L. Petipa », sur catalogue.bnf.fr, (consulté le )
  18. 1 2 « Le Gaulois : littéraire et politique », sur Gallica, (consulté le )
  19. 1 2 Femmes de spectacle (danse, opéra, théâtre), Brill (lire en ligne)
  20. Maurice (1858-1933) Auteur du texte Quatrelles L'Épine, Une danseuse française au XIXe siècle. Emma Livry, (lire en ligne)
  21. « Théâtre National de l'Opéra », Lettre de Jules Delahaye à C. Venetozza, (lire en ligne [2026-05-31])
  22. 1 2 Histoire et esthétique de la danse de ballet au XIXe siècle - Quelques aspects au prisme du genre, féminisation du ballet et stigmatisation des danseurs. Musique, musicologie et arts de la scène. Université de Nice - Sophia Antipolis, 2014. ⟨tel-01551635)
  23. Jules (1851-1925) Auteur de lettres Delahaye, [Lettre autographe signée de Jules Delahaye à Caroline Venetozza, (dite Madame Dominique), Paris, 11 octobre 1872] (manuscrit autographe), (lire en ligne)
  24. Marie Robarts - University of Toronto, Memoires. Pref. par Armand Silvestre, Paris E. Flammarion, [1898-1900] (lire en ligne)
  25. (ca) unknown library, La Dansarina Roseta Mauri 18501923 Volum I, Ferran Canyameres i Casamada, (lire en ligne)
  26. Alexandre (1814-1886) Lithographe Dessinateur du modèle Lacauchie, « M.elle Caroline Lassia dans Paquita, Académie royale de musique : [estampe] / A. Lacauchie [sig.] », sur Gallica, (consulté le )
  27. Ballet Society, Three or Four Graces, (lire en ligne)
  28. « Le Ménestrel : journal de musique », sur Gallica, (consulté le )
  29. « Le Gaulois : littéraire et politique », sur Gallica, (consulté le )
  30. A. Lacauchie, « Estampes », sur digitalcollections.nypl.org (consulté le )
  31. A Lacauchie, A Lacauchie et Lecan et Lebref, Mlle Caroline Lassia, dans La Fille de marbre. (sic), ca. 1850 (lire en ligne)
  32. « lassiat - Rechercher », sur www.europeana.eu (consulté le )
  33. « Quand la danse fait son entrée sous la Coupole (1) | Academie des beaux-arts », sur www.academiedesbeauxarts.fr (consulté le )
  34. (en-US) « The Paris ballet teacher Madame Dominique: Women’s History Month in Dance, 2021 », sur Alastair Macaulay (consulté le )
  35. Encyclopædia Universalis, « ÉCOLE FRANÇAISE DE DANSE : Une technique raffinée | Arts », sur Encyclopædia Universalis (consulté le )
  36. « l'Art Lyrique Français », sur artlyrique.fr (consulté le )

Liens externes

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