Carteret (Manche)

ancienne commune française de la Manche

Carteret, prononcé [karteré], est une ancienne commune française du département de la Manche et de la région Normandie, intégrée à Barneville-Carteret depuis 1965.

Carteret
Carteret (Manche)
L'église Saint-Germain.
Blason de Carteret
Blason.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Manche
Arrondissement Cherbourg
Commune Barneville-Carteret
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Cotentin
Statut Ancienne commune
Code postal 50270
Code commune 50104
Démographie
Gentilé Carteretais
Géographie
Coordonnées 49° 22′ 45″ nord, 1° 47′ 10″ ouest
Élections
Départementales Les Pieux
Historique
Fusion
Intégrée à Barneville-Carteret
Localisation
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte topographique de France
Carteret
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte administrative de France
Carteret
Géolocalisation sur la carte : Manche
Voir sur la carte topographique de la Manche
Carteret
Géolocalisation sur la carte : Manche
Voir sur la carte administrative de la Manche
Carteret

Géographie

modifier

Toponymie

modifier

Le nom de la localité est attesté sous les formes Carterei[1], de Cartreio en 1125, Chartrai en 1156[2], de Cartrahio en 1167, Cartret en 1179, Carterei en 1180, de Kartraio au XIIe siècle, Cartrait vers 1210[3].

Du scandinave Kart terrain caillouteux ») et du scandinave Reidh qui signifie le « mouillage »[4],[5],[6].

Ce nom est porté par la famille de Carteret connue depuis le Xe siècle comme tenant la seigneurie de Carteret puis de Carteret et de Saint-Ouen à partir du XIe siècle avec Renaud Ier de Carteret. L'extension du toponyme, comme l'arrondissement dans le New Jersey (état des États-Unis d'Amérique) est lié à l'histoire de la famille.

Histoire

modifier

Antiquité

modifier

Il n'y a pas de preuve archéologique de l'utilisation romaine du cap de Carteret à des fins militaires ni de vestiges d'habitations gallo-romaines sur le territoire de la commune[7],[note 1],[8].

Selon certains auteurs une voie secondaire aboutit à Carteret au lieu nommé « le Castel », où un camp romain (exploratorium) surveille la côte et le havre contre un éventuel débarquement d'un envahisseur[9].

Moyen Âge

modifier

Un Guy de Carteret (Xe siècle) dit l'Oiseleur est le premier seigneur connu notamment à Jersey[10]. Vers le XIe siècle la terre de Carteret relève directement du duc de Normandie[11]. Un seigneur de Carteret participa à la bataille d'Hastings[12].

En 1125, Renaud Ier de Carteret († v. 1130) donne l'église à l'abbaye du Mont-Saint-Michel avec les dîmes de la paroisse et une terre à Jersey avec également ses dîmes, ainsi que la chapelle Saint-Ouen de Jersey[13]. L'abbé du Mont est à cette époque Richard de Méré[14].

Renaud laisse trois fils : Philippe, Onfroy et Geoffroy. Philippe l'aîné sera à son tour seigneur de Carteret. En 1129, il fait bâtir à ses frais sur l'île de Jersey, l'église de Torteval et vint en 1135, en compagnie de sa mère Lucie, restitué à Bernard du Bec, abbé du Mont, les biens donnés par son père dont il s'était emparé[15], y ajoutant même la dîme de ses moulins ainsi que plusieurs pièces de terre à Jersey et Carteret[14],[note 2]. Lui succède son fils Renaud II de Carteret, puis un Philippe de Carteret qui en 1180 doit le service d'un chevalier au duc-roi Henri II, puis Renaud III, fils de Philippe qui est en 1200 seigneur de Carteret[15]. En 1204, après l'annexion de la Normandie continentale par Philippe Auguste il prend le parti du roi d'Angleterre Jean sans Terre à qui il rend hommage pour sa terre de Saint-Ouen de Jersey[10] ; ses biens continentaux sont confisqués par le roi de France. Vers 1210, la terre de Carteret est entre les mains du roi de France par confiscation[16].

En 1271, Renaud IV († av. 1309) est en possession de la terre de Carteret, et doit au roi de France le service d'un tiers de chevalier[17]. Avec son frère Roger il sert dans l'armée du roi de France Philippe le Hardi contre le comte de Foix. En 1286, Renaud IV passe un accord avec le seigneur de Barneville, Richard Carbonnel, sur les droits et coutumes du havre de Carteret[18]. Succède à Renaud son fils Philippe IV, puis le fils unique de ce dernier, Renaud V, qui était seigneur de Carteret au début de la guerre de Cent Ans[18]. Les Carteret avaient alors retrouver leurs domaines en Cotentin, probablement rendu en 1258 à la suite du traité de Paris par Louis IX. Mais la fidélité de Renaud V envers Édouard III, considéré comme une forfaiture par le roi de France, entraîna la confiscation définitive des biens des Carteret en Cotentin. Le , Jean II le Bon, par un acte donné au prieuré du Pré (ou de Bonnes-Nouvelles), faubourg Saint-Sever de Rouen, donne à maître Yves Simon, clerc du roi et de lui même, les héritages de Regnaut de Carteret, chevalier, sis à Carteret, estimés valoir 66 livres 13 sols de rente[13]. Mais dès 1349, Carteret est la possession de Jeanne de Clamorgan, qui est également dame de Saint-Plançois-du-Mor (fief de Saint-Sauveur-de-Pierrepont), et en partie de Saint-Pierre-Église et épousa Jean Le Sage, chevalier, seigneur de Chandon en Touraine (Amboise). Leur fils, Pierre Le Sage, seigneur de Chandon, Saint-Pierre-Église et Carteret, épousa Jeanne Piquet[18]. De cette union sont issus : Robert Le Sage (né vers 1380), comte de Chandon, et Raoul Le Sage (° v. ), chevalier de Chandon, seigneur de Carteret, de Saint-Plançois-du-Mor et, en partie, de Saint-Pierre-Église et Rauville, qui prêta hommage à Henri V et intégra son Grand Conseil[19]. Entre-temps, en , c'est du port de Carteret que s'embarqua avec armes et bagages, après sa reddition, la garnison anglaise du château de Saint-Sauveur-le-Vicomte autorisée à quitter le Cotentin[20].

En 1467, la terre de Carteret est entre les mains du roi de France et ce jusqu'à l'époque de François Ier où la terre est érigée en fiefferme[21].

Temps modernes

modifier

Le , les commissaires du roi aliènent la terre à Jean Toulorge, pour le prix de 1 046 livres et 7 sols. Celui en cède la moitié à Gilles Le Seigneur qui s'est rendu caution et avait payé la moitié au trésor royal. Toulorge s'installa en Angleterre sans payer sa part, et Le Seigneur, poursuivi en justice et contraint par corps, paya finalement la totalité de la somme et fut mis en possession de l'intégralité de la terre de Carteret[21].

La fiefferme se composait alors d'une rente de : 155 boisseaux de froment, 4 boisseaux de sel, 3 chapons, 50 œufs, 2 gélines (poules) et 73 sols en argent avec droit de juridiction, gage plège (assemblée de vassaux d'un même fief), cour et usage, reliefs (droits que le vassal doit payer à son seigneur, lors de certaines mutations), treizièmes (droit perçu par le seigneur sur les mutations et les ventes de propriétés), droits de gravage et de pêcherie. Quant au manoir, il était « à présent décati et tombé en ruyne, en façon qu'il n'y apparaist que les fondementz et quelque peu de masures d'icellui manoir, et le tuyau d'un chauffe-pied encore tenant sur quelque portion desdites masures, aussy la place d'un colombier près lesdites masures, en quoy il y a apparence de rondeur et en icelle apparence plusieurs pertuys viron de deux à trois pieds de hauteur, et près les dites masures y a environ 12 vergées de terres lesquelles se consistent partie en sablons et vallant de non valleur… », et il fallait plus de 100 livres pour le reconstruire et encore près de 100 livres pour réparer les moulins également en ruine[22]. Le , Gilles Le seigneur vend la terre de Carteret à Pierre Beaugendre, écuyer, pour le prix de 348 écus 2 / 3 et 7 sols et 10 écus pour les frais[23]. Le , Pierre Beaugendre remit la fiefferme de Carteret aux commissaires du roi, moyennant le remboursement du prix d'acquisition et des frais[23].

En 1567, Pierres Beaugendre, écuyer, sieur de Carteret, est taxé pour ce fief de 60 solz dans le rôle des nobles et roturiers, au titre du ban et de l'arrière ban de la vicomté de Coutances, réalisé par Gilles Dancel, seigneur d'Audouville, lieutenant général du bailli de Cotentin, tenu à Coutances les -. La fiefferme de Carteret, tenu du roi, avait des extensions à Notre-Dame-d'Allonne, Saint-Pierre-d'Allonne et Barneville[24].

En 1580, la fiefferme de Carteret fut aliénée pour quatre années à plusieurs adjudicataires dont Pierre Lemoigne, Clément, Colas et Bertrand Duval, Jacques Le Pasquet, François Toulorge, Pierre Leclerc, Nicolas Sybran, tous de Carteret, et Pierre Beaugendre qui seront « coseigneurs » de Carteret jusqu'en 1593[25]. En 1593, l'aliénation fut alors faite annuellement au profit du seigneur de Thoville pour 40 écus, de Gilles Le Chevallier pour 50 écus et 20 sols, et Guyon Avoine pour 60 écus. Le , nouvelle aliéniation, la terre est adjugée à Olivier Tympel pour le prix de 10 060 écus, qui le déclare que l'acquisition a été faite pour le baron de La Luthumière (Brix), Antoine de La Luthumière ( 1619), seigneur de Brix et de La Haye-d'Ectot. Lui succède son fils, François Le Tellier de La Luthumière (1579-1658), seigneur et patron de Brix, La Haye-d'Ectot et autres seigneuries, gouverneur de la ville et du château de Cherbourg, puis la fille et seule héritière de ce dernier, Marie-Françoise de La Luthumière (1625-1695) qui avait épousé, le , Henri de Matignon (1633-1682), comte de Torigny et lieutenant du roi en Normandie. Après la mort le de Marie-Françoise, les terres de Carteret, de La Haye-d'Ectot, d'Yvetot et la baronnie de la Luthumière (Brix), échouèrent, le , à l'une de ses filles, Catherine-Thérèse de Matignon (1662-1699)[26],[23], à la suite d'un partage entre elle et sa sœur, Charlotte Goyon de Matignon épouse de Jacques III de Matignon[27].

Le , Catherine-Thérèse de Matignon avait épousé en premières noces, Jean-Baptiste Colbert (1651-1690), marquis de Seignelay, et, le , en secondes noces, Charles de Lorraine (1648-1708), comte de Marsan, sire de Pons et prince de Mortagne, avec qui elle eut deux enfants, Charles Louis et Jacques-Henri de Lorraine (1698-1734), dit le chevalier de lorraine, qui hérita de Carteret[23]. Celui-ci, le , fieffa la terre de Carteret à Robert Henri Rossignol (ou Le Rossignol)[note 3], écuyer, conseiller du roi, lieutenant civil et criminel au bailliage de Saint-Sauveur-le-Vicomte, maître des Eaux et Forêts, avocat au Parlement de Paris, sieur de Boisroger, moyennant 10 livres tournois de rente[note 4]. Mais le , le chevalier de Lorraine vend la terre de Carteret à Pierre Pitteboult (1685-1740), seigneur de Sortosville-en-Beaumont pour la somme de 13 300 livres, dont 3 300 livres comptant, les 10 000 livres restantes constituées en 500 livres de rente racquitable à la volonté de l'acquéreur[29].

Le , Pierre Pitteboult remet la terre de Carteret à titre de clameur féodale à Robert Le Rossignol ; remise ratifiée le par le chevalier de Lorraine qui reçut les 10 000 livres de capital. Robert Le Rossignol (  à Saint-Sauveur-le-Vicomte), avait épousé, le , Barbe-Françoise Dancel de Quinéville[note 5] et eurent plusieurs enfants dont : Jean-Baptiste-François Rossignol[note 6][29], écuyer, seigneur de Carteret[30], Georges-Robert-Michel Le Rossignol, Madeleine-Françoise Le Rossignol[31].

En 1760, la terre de Carteret passe à Robert Pierre Le Rossignol, sieur de Doublemont, cousin de Jean-Baptiste-François Le Rossignol de Carteret[32].

Robert-Pierre Le Rossignol, fils de Pierre Le Rossignol et de Catherine du Moustier, né vers 1708 et mort célibataire le au château de Tour-en-Bessin, eut plusieurs héritiers dont Marie-Bernadine de Hennot, dame du Rosel, Barneville, Graffard et Sortosville-en-Beaumont qui reçut la fiefferme de Carteret avec gravage, droits honorifiques et rentes seigneuriales, la grande et petite garenne de Carteret, le château de Carteret, la grande ferme du château et trois autres petites fermes, les fermes de La Moinerie et du lieu Gaugain à Tour-en-Bessin et diverses rentes[33].

En 1784, un descendant de la famille de Carteret en Angleterre fut nommé baron sous le nom de lord Carteret[12].

Le dernier seigneur de Carteret fut Hyacinthe Robert François Lefebvre d'Anneville, écuyer, né le , mort le , et dont la tombe se trouve dans l'ancien cimetière de l'église Saint-Louis[note 7],[note 8].

Époque contemporaine

modifier

En 1842, lors d'une halte chez des amis, Chateaubriand découvre Carteret et sa plage abritée du vent, où ne résident en villégiature qu'une vingtaine de familles[35].

En 1889, à la suite de l'arrivée du train et grâce à la ligne de bateaux en provenance de Jersey, Carteret, puis Barneville deviennent des stations balnéaires de renom. Le syndicat d'initiative est créé en 1904[35].

C'est à Carteret que les Américains, le , réalisèrent la coupure du Cotentin, isolant ainsi la place de Cherbourg. Son souvenir est perpétué par un monument érigé près du château d'eau[36].

En 1964, la commune de Carteret est réunie à celle de Barneville-sur-Mer[2].

Administration

modifier
Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1790 1795 François Duval    
1795 1796 Jean-René Delalande    
1796 1797 François Duval    
1797 1797 Jean-François Poret    
1797 1799 François Duval    
1799 1800 Jean-Baptiste Poret    
1800 1801 P. F. Le Febvre d'Anneville    
1801 1808 Guillaume Noël    
1808 1816 François Duval    
1816 1824 Nicolas Noël    
1825 1825 Louis Lepelletier    
1825 1833[note 9] Nicolas Noël    
1834 1845[note 10] Louis Lepelletier    
1846 1846 Julien Leforestier   Adjoint au maire
1846 1870 Edmond-H. Duchâtel    
1870 1896 Ferdinand Lepelletier    
1896 1912      
1913 1913 A. Hilarion Bressian    
1914 1918 Jean Férey    
1919 1927 Célestin Albert Aubel    
1927 1936 Eugène Excoffier    
1936 1937 Louis Jeannet    
1938 1941[note 11] Fernand Houel    
1942 1943 Séverin de Puytorac    
1944 1944 Victor Pilard    
1945 1946 André Poulain    
1946 1947 Marcellin Rose    
1947 1959 Eugène Godey    
1959 1964 Jean-Louis Joly    
Une partie des données est issue d'une liste établie par Jean Pouëssel et la mairie de Barneville-Carteret[10].

Population et société

modifier

Les habitants sont appelés les Carteretais.

Démographie

modifier
Évolution démographique
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841
453475430510513540542
1846 1851 1856 1861 1866 1872 1876
511509470499524533494
1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
492523560550520581571
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
637690714758979789754
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes.
(Sources : EHESS[38])

Économie

modifier

Culture locale et patrimoine

modifier

Lieux et monuments

modifier
La plage de la vieille église de Carteret.
Ruines de la vieille église de Carteret, avec son pignon gothique.
Au XVIIe siècle, elle était en très mauvais état de conservation et de surcroît au « péril de la mer ». Les assauts de la mer avaient ébranlé l'édifice et arraché le sol jusqu'au mur de clôture du cimetière qui entourait à cette époque l'église. En 1684, Marie-Françoise Le Tellier de La Luthumière, dame de la Luthumière (Brix), de Gatteville, de Carteret, veuve d'Henri Goyon de Matignon, comte de Thorigny, accorde aux paroissiens le transfert de l'église paroissial dans l'ancienne chapelle Saint-Louis. La vieille église fut alors détruite et ses matériaux servirent à agrandir la chapelle, à l'exception de la chapelle Notre-Dame ou Saint-Jean-Baptiste de l'église primitive qui fut épargnée afin de conserver la mémoire de sainteté du lieu[43].
  • Église Saint-Louis des XIIIe – XIXe siècles, ancienne chapelle castrale du manoir, mentionnée en 1332 dans le pouillé du diocèse de Coutances. Sa fondation, si son vocable Saint-Louis est d'origine, serait donc postérieure à 1279, année de la canonisation de Louis IX, roi de France, et son fondateur serait Renaud IV de Carteret. Mais il est probable que sa fondation soit plus ancienne et que le vocable de Saint-Louis ait remplacé, à l'époque de Renaud IV, celui d'origine qui nous est inconnu.
Des documents du début du XVIe siècle ne font pas état de la chapelle ; elle était sans doute abandonnée et en mauvais état. À la ruine de la vieille église Saint-Germain, la chapelle Saint-Louis augmentée d'une nef en réemployant des pierres de l'ancienne église, devient entre 1686 et 1689 église paroissiale[44]. De cette deuxième église paroissial, il n'en subsiste que le chœur et le clocher.
L'église est abandonnée en 1908 et le culte transféré à l'église Saint-Germain-le-Scot[note 14],[46].
Elle est aujourd'hui utilisée en été pour le culte protestant[47]. Le cimetière qui l'entoure abrite les tombes de M. et Mme Lefebvre d'Anneville, derniers seigneurs de Carteret[48].
  • Église Saint-Germain-le-Scot du début du XXe siècle sur les plans de Pol Gosset (1881-1953), architecte à Paris. La première fut posée le , et le culte y est transféré avec le transport solennel du saint-sacrement le  ; elle remplace alors l'église Saint-Louis comme église paroissiale, et sera consacrée le mercredi par Mgr Guérard, évêque de Coutances.
Elle abrite un maître-autel, gradin d'autel, tabernacle et socle classé au titre objet aux monuments historiques[49]. Interdite d'accès au public depuis 2017, elle est désacralisée depuis le . Depuis 2021 une association réfléchit à sa sauvegarde et lui cherche un nouvel avenir[45].
  • Manoir de Carteret en bordure du havre, reconstruit au début du XVIIIe siècle[50] par Robert Henri Le Rossignol, à la suite de son acquisition en 1718. Passé par héritage à son neveu, Robert Pierre Le Rossignol, conseiller au Parlement de Rouen, celui-ci n'y habite que périodiquement, résidant le plus souvent à Rouen[50]. Barbey d'Aurevilly y séjourna dans son enfance, chez M. et Mme Lefebvre d'Anneville, et y situera, plus tard, des épisodes de son roman Une vieille maîtresse[10]. Le , Marie-Bernadine de Hennot du Rosel, veuve de Jérôme-Frédéric Bignon, avait vendu le manoir à Hyacinthe Robert François Le Febvre d'Anneville, dernier seigneur de Carteret[51].
  • Port de Carteret ou port des Isles à la fois port de pêche, de plaisance et d'embarquement pour les îles Anglo-Normandes.
  • Maisons d'armateurs au quartier des Ormes du XVIIIe siècle, dont celle datée de 1778 du capitaine Jean-François Poret.
  • Villas balnéaires des XIXe – XXe siècles.
  • Fontaine Saint-Germain.

Pour mémoire

modifier
  • Motte de Carteret attestée par les textes[note 15],[11].
  • Ancien manoir de Carteret, déjà en ruines au XVIe siècle. Il se situait auprès de l'église Saint-Louis, non loin de la gare. Henri de Matignon, dans un aveu rendu au roi en 1678 précise que sur une pièce de terre « estoit anciennement scis et scitué le manoir seigneurial à présent entièrement en ruine, dont il ne reste que les masures et vestiges des maisons et colombier, proche desquelles est une chapelle qui est en estat à laquelle il n'y a aucune fondation »[28].

Personnalités liées à la commune

modifier

Héraldique

modifier
Carteret
Blason de Carteret Blason
De gueules à la fasce haussée fuselée de quatre pièces d'argent[53].
Détails
Officiel

Voir aussi

modifier

Bibliographie

modifier
  • Jean Barros, Le canton de Barneville-Carteret (Côte des Isles) : Le patrimoine, t. 1, Valognes, Éditions de la Côte des Isles, , 391 p. (ISBN 2-9505339-1-4), p. 60-89. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Daniel Delattre et Emmanuel Delattre, La Manche les 602 communes, Grandvilliers, Éditions Delattre, , 280 p. (ISBN 978-2-9159-0709-4), p. 21.
  • René Gautier et al. (préf. Jean-François Le Grand, postface Danièle Polvé-Montmasson), 601 communes et lieux de vie de la Manche : Le dictionnaire incontournable de notre patrimoine, Bayeux, Éditions Eurocibles, coll. « Inédits & Introuvables », , 704 p. (ISBN 978-2-35458-036-0), p. 136.

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier

Notes et références

modifier
  1. Toutefois une réoccupation militaire du site par les romains peut être envisagée
  2. Cette donation fut par trois fois confirmée par les évêques de Coutances : Richard de Brix, Algare (1135) et Eustache Ier (1290). En 1332, d'après le pouillé du diocèse de Coutances, le prieur de Chausey avait les deux tiers des grosses dîmes, le curé l'autre tiers et les menues dîmes.
  3. La famille Rossignol était originaire de Portbail et s'était élevée progressivement grâce au commerce (XVIe et XVIIe siècles) et par l'achat de charges et de seigneuries. Anoblie en la personne de Robert Le Rossignol qui avait acheté une charge de secrétaire du roi au début de la deuxième moitié du XVIIe siècle[28], elle avait pour écu : d'or à une fasce ondée d'azur accompagnée de trois rossignols de sinople[29].
  4. Robert Le rossignol était le fils de Jean Le Rossignol, sieur de Valette, terre situé à Portbail, décédé à Carteret, et de Jeanne Prunier, également décédée à Carteret, et tous deux inhumés dans le chœur de l'église de cette paroisse, respectivement le pour Jean, et, le pour Jeanne[29].
  5. Barbe-Françoise Dancel de Quinéville décédée à Carteret sera également inhumée dans le chœur de l'église le .
  6. Jean-Baptiste-François Rossignol, né vers 1718 et mort le , sera inhumé le lendemain dans le chœur de l'église de Carteret. Il avait épousé le au manoir de Graffard, Madeleine Pitteboult (1719-1769) avec qui il eut : Jean-Baptiste-Robert (Carteret, -avant 1760) et Pierre-François (Carteret, - Carteret, ).
  7. La pierre tombale porte la date de naissance du , par confusion avec la date de naissance de son frère aîné qui portait les mêmes prénoms, et est mort le à La Haye-d'Ectot. Le tombeau voisin est celui de son épouse, née de Gouberville, morte le [34].
  8. Quelques années avant la Révolution, Carteret était passé, en partie par héritage, puis en entier par vente, à la famille Lefebvre d'Anneville, alliée aux Rossignol[28].
  9. Mort en exercice le .
  10. Mort en exercice le .
  11. Révoqué par le régime de Vichy[37].
  12. Le recours à une technique de maçonnerie en opus spicatum inscrit la vieille église paroissiale de Carteret dans un contexte architectural relativement dense. Parmi les édifices de la presqu'île du Cotentin présentant les mêmes caractéristiques, on peut citer : la chapelle Sainte-Ergoueffe de Surtainville, la chapelle Saint-Germain de Querqueville, l'église Notre-Dame d'Acqueville, l'église Notre-Dame de La Haye-d'Ectot, l'église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-la-Rivière, l'église Saint-Pierre-ès-Liens d'Huberville, l'église Saint-Martin d'Octeville-l'Avenel, etc.[41]
  13. Ces figurations étaient très à la mode au XVe siècle.
  14. L'église Saint-Germain-le-Scot est interdite d'accès au public pour raison de sécurité depuis 2017 et désacralisée depuis 2020[45].
  15. Une motte castrale et des fossés étaient encore visibles sur le site du château de Carteret (ancienne gare) avant leur arasement au XVIIIe siècle[52].

Références

modifier
  1. Georges Bernage, « Noms de lieux scandinaves dans le canton de Barneville-Carteret », Vikland, la revue du Cotentin, no 1, avril-mai-juin 2012, p. 6 (ISSN 0224-7992).
  2. 1 2 François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, Paris, Picard, , 255 p. (ISBN 2-7084-0299-4), p. 93.
  3. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : Formations non romanes ; formations dialectales, t. 2, Genève, Librairie Droz, , 676 p. (ISBN 978-2-600-00133-5), p. 755.
  4. de Beaurepaire 1986.
  5. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, (ISBN 2-905461-80-2).
  6. Jean Renaud, Vikings et noms de lieux de Normandie : Dictionnaire des toponymes d'origine scandinave en Normandie, Éditions OREP, , 208 p. (ISBN 978-2915762891).
  7. Fabien Delrieu, Cyrille Billard, Gilles Laisné et al., « Barneville-Carteret, Le Cap », Bilan scientifique de la région Basse Normandie DRAC service régional de l'archéologie, , p. 75 (lire en ligne, consulté le ).
  8. Laurence Jeanne, Laurent Paez-Rezende, Julien Deshayes et Bénédicte Guillot (avec la collaboration de Gaël Léon), ArchéoCotentin : Les origines antiques et médiévales du Cotentin à 1500, t. 2, Bayeux, Éditions OREP, , 127 p. (ISBN 978-2-8151-0790-7), « S'approprier la presqu'île : encadrement, contrôle territorial et développement des lieux de pouvoir », p. 12.
  9. André Davy, Les barons du Cotentin, Condé-sur-Noireau, Éditions Eurocibles, coll. « Inédits et introuvables du patrimoine Normand », , 319 p. (ISBN 978-2-91454-196-1), p. 20.
  10. 1 2 3 4 Gautier 2014, p. 136.
  11. 1 2 Jean Barros, Le canton de Barneville-Carteret (Côte des Isles) : Dans l'histoire, t. 2, Valognes, Éditions de la Côte des Isles, , 440 p. (ISBN 2-9505339-2-2), p. 77.
  12. 1 2 Delattre, 2002, p. 21.
  13. 1 2 Barros 1967, p. 193.
  14. 1 2 Barros 1991, p. 61.
  15. 1 2 Barros 1991, p. 98.
  16. Barros 1991, p. 68.
  17. Barros 1991, p. 99.
  18. 1 2 3 Barros 1991, p. 69.
  19. Roger Jouet, Histoire du Cotentin des origines à nos jours, Bayeux, Éditions OREP, , 285 p. (ISBN 978-2-8151-0513-2), p. 111.
  20. Jean Barros, « Le canton de Barneville : Notes historiques et archéologiques », Revue de la Manche, vol. 35, t. 10, , p. 173.
  21. 1 2 Barros 1991, p. 70.
  22. Barros 1991, p. 70-71.
  23. 1 2 3 4 Barros 1991, p. 71.
  24. Léonor de Mons, « Rôle du ban et de l'arrière-ban de la vicomté de Valognes », Revue de la Manche, Société d'archéologie et d'histoire de la Manche (SAHM), t. 57, no 227, janvier-février-mars 2015, p. 39 (ISSN 1161-7721).
  25. Barros 1991, p. 65.
  26. Maurice Lecœur (ill. Michel Lemonnier, photogr. Norbert Girard), Trésors du Cotentin : Architecture civile & art religieux, Mayenne, Isoète, , 296 p., 25 × 29 cm, couverture couleur, cartonné (ISBN 978-2-913920-38-5), p. 20.
  27. Nicolas Homshaw (préf. Albert II de Monaco), Jacques III de Matignon : Histoire d'une ascension nobiliaire, Condé-sur-Noireau, LGM éditions, , 292 p. (ISBN 979-10-95165-29-3), p. 40.
  28. 1 2 3 Barros 1967, p. 194.
  29. 1 2 3 4 Barros 1991, p. 72.
  30. Barros 1991, p. 47.
  31. Barros 1991, p. 72-73.
  32. Barros 1991, p. 73.
  33. Barros 1991, p. 73-74.
  34. Barros 1991, p. 67.
  35. 1 2 Yves Deloison (préf. Bernard Cazeneuve, Nathalie Kosciusko-Morizet, photogr. Carole Barriquand-Treuille), Quand la Manche raconte l'histoire de France : De l'Avranchin au Cotentin 30 sites remarquables à découvrir, Cherbourg, Les éditions du Cotentin, , 165 p. (ISBN 979-10-90687-15-8), p. 163.
  36. Barros 1967, p. 180.
  37. Journal officiel de la République française sur Gallica.
  38. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale : Carteret », sur ehess.fr, École des hautes études en sciences sociales (consulté le )..
  39. « Ancien corps de garde de Carteret », notice no PA00135504, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  40. ArchéoCotentin t. 2, Le fait religieux et le fait funéraire, p. 107.
  41. Julien Deshayes, « Querqueville, chapelle Saint-Germain », Vikland, la revue du Cotentin, no 3, octobre-novembre-décembre 2012, p. 26 (ISSN 0224-7992).
  42. Barros 1991, p. 63.
  43. Barros-1967, p. 194-195.
  44. Barros 1991, p. 64.
  45. 1 2 « Le patrimoine religieux », sur Station de Barneville -Carteret site officiel de la mairie (consulté le ).
  46. Barros 1991, p. 66.
  47. Jean Barros, La chapelle Saint-Louis de Carteret, , 61 p. (lire en ligne).
  48. Barros 1967, p. 195.
  49. « Maître-autel, gradin d'autel, tabernacle, socle », notice no PM50000062.
  50. 1 2 Barros 1967, p. 175.
  51. Barros 1967, p. 199.
  52. Jean Barros 2011, p. 12.
  53. Armorial de France, p. 7331