Charles-Ange Laisant

capitaine du génie, mathématicien, publiciste et politicien français

Charles-Ange Laisant, né le à Indre, mort le à Asnières-sur-Seine, est un militaire, un mathématicien et un homme politique français républicain radical, espérantiste, boulangiste dans les années 1880 et dreyfusard à la fin des années 1890, député de la Loire-Inférieure de 1876 à 1885 et de la Seine de 1885 à 1893. De 1893 à sa mort, sous l'influence de son fils Albert, il devient anarchiste.

Charles-Ange Laisant
Charles-Ange Laisant, par Nadar.
Fonctions
Éditeur
L'Enseignement mathématique
-
Président
Société mathématique de France
Georges-François Fouret (d)
Député de la Seine
-
Directeur
Le Petit Parisien
-
Député de la Loire-Inférieure
-
Conseiller général de la Loire-Inférieure
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Pseudonyme
Jean FrolloVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Benjamin Laisant
Mère
Alida-Lucie Thuez
Enfant
Albert Laisant (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
École polytechnique (-)
Collège Sainte-Barbe (-)
École Monge (d) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Idéologie
Membre de
Grade militaire
Conflit
Directeur de thèse
Partenaires
Xavier Antomari (d), Henri FehrVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions

Lors de la Première Guerre mondiale, il est l’un des signataires du Manifeste des Seize rassemblant les libertaires partisans de l'Union sacrée face à l'Allemagne.

Biographie

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Origines

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Charles-Ange Laisant est le fils de Benjamin Laisant, 19 ans[a], clerc de notaire[b], et d'Alida-Lucie Thuez, 26 ans[c], domiciliés dans le bourg de Basse-Indre[d].

Charles-Ange Laisant est présenté comme le neveu d'Ange Guépin[e] (1805-1873), médecin et homme politique nantais, républicain socialisant, lié à Louis Blanc, Jules Michelet, Henri Martin et René Waldeck-Rousseau[f]. Il était en tout cas très proche de lui : lors des funérailles d'Ange Guépin, le , il est le second à prononcer un discours après René Waldeck-Rousseau, alors maire de Nantes.

Formation et débuts professionnels

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Après des études secondaires au lycée de Nantes, il étudie à l’École polytechnique (promotion 1859) et devient officier du génie[1] à l’École d’application de cette arme.

Il est capitaine en 1870 et participe, lors du siège de Paris (septembre 1870 – janvier 1871), à la défense du fort d'Issy avec Louis Fiaux. Après l'armistice, il est affecté à Tours tout en se présentant à des élections à Nantes : il est battu aux législatives de 1871, mais est élu conseiller général en octobre.

À partir de 1873, il est affecté en Corse, puis en Algérie.

Carrière politique (1876-1893)

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En 1876, il démissionne de l'armée pour se présenter sous la bannière républicaine aux élections législatives dans la première circonscription de Nantes et est élu ; ce mandat est renouvelé deux fois ; il se présente ensuite deux fois avec succès dans la Seine. Pendant ses quinze années à la Chambre, il siège à l'extrême gauche. En , il est l'un des signataires du manifeste des 363[2].

En 1877, il obtient un doctorat ès-sciences (mathématiques).

En 1879, il devient directeur du journal Le Petit Parisien. À ce titre, il est condamné à une lourde amende pour avoir diffamé le général Courtot de Cissey.

Ardent défenseur de plusieurs réformes démocratiques, comme l'extension à tous les citoyens d'un service militaire obligatoire de 3 ans, ou la création de la Caisse nationale des retraites[3], il est aussi un ardent révisionniste, ayant une haine des opportunistes du parlementarisme[4]. Il compte parmi les boulangistes députés du « groupe ouvrier » de 1885 et publie deux manifestes politiques (Pourquoi et comment je suis boulangiste, 1887 et l'Anarchie bourgeoise, 1887). Il est l'un des contributeurs et souscripteurs de la Grande Encyclopédie de Berthelot[5]. Il est sincèrement boulangiste. Il fut réélu, sous l'étiquette boulangiste, député de la Seine dans la 1re circonscription du XVIIIe arrondissement de Paris face au socialiste Laffont en 1889. En , il devient vice-président du Comité républicain national, qu'il a participé à fonder et où il était l'assistant de Georges Laguerre et Alfred Naquet[6]. Il fait signer un communiqué du CRN le pour indiquer que le Comité ne pratiquerait plus l'agitation. Le , il reçoit une lettre de Boulanger lui indiquant qu'il désavoue l'organisation. En réponse, le , le CRN est dissous, permettant à chacun des boulangistes de suivre sa voie politique[7]. Toutefois, aigri par l'impasse du boulangisme, il ne devait pas se représenter aux élections de 1893.

De 1893 à 1920

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Une du Petit Parisien du , avant un éditorial de Laisant, sous le pseudonyme « Jean Frollo ».

Il renonce à sa carrière politique en 1893, se consacrant à de nombreuses activités. Il joue un rôle important dans le milieu des mathématiciens, mais aussi dans celui des pédagogues, et participe aux mouvements libre-penseur, espérantiste. Il était vice-président du groupe d'espéranto de Paris en 1901[8]. Il est poursuivi en 1897 pour le scandale de Panama mais il est acquitté comme la plupart des accusés[9].

Il évolue vers l'anarchisme sous l'influence de son fils Albert, il adhère à la Ligue des droits de l'Homme, et milite à la Fédération communiste anarchiste (1913). Il est un ardent défenseur d'Alfred Dreyfus[9].

En ce qui concerne les mathématiques, après avoir publié plusieurs livres, Introduction à la méthode des quaternions et Théorie et applications des équipollences (1887), en 1894, il fonde, avec Émile Lemoine, un journal de mathématiques, L'Intermédiaire des mathématiciens ; il est aussi élu président de la Société mathématique de France[10].

Dans les années de l'avant-guerre, il contribue aux journaux : La Bataille syndicaliste, l'École émancipée, L'Idée libre (créée en 1911). Il occupe également les fonctions de vice-président de la Société astronomique de France (SAF) entre 1907 et 1909, mais il démissionne après l’exécution de Francisco Ferrer par le roi Alphonse XIII, aussi membre de la société et que le bureau de SAF refusait alors d'exclure[11].

Dès 1914, il soutient l'Union sacrée[9]. Durant la Première Guerre mondiale, il est l'un des signataires du « Manifeste des Seize » , personnalités du mouvement anarchiste qui prennent parti pour les Alliés et contre l'Allemagne.

Engagement dans la franc-maçonnerie

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Charles-Ange Laisant appartient à la loge « Les Libres-Penseurs » à l'Orient du Pecq de la Grande Loge symbolique écossaise, quand en 1882, Maria Deraismes y est initiée au mépris des règlements de cette obédience masculine. L'atelier est mis en sommeil et la réception de Maria Deraismes déclarée nulle et non avenue. Huit ans plus tard, le frère Georges Martin, tenant du féminisme et de la libre pensée (dont Maria Deraismes était un des fleurons), fonde avec la sœur Deraismes Le Droit Humain. Le frère Laisant membre de la loge « Raspail », adhère à la nouvelle obédience mixte[12].

À sa mort, il est incinéré au cimetière du Père-Lachaise[13] où se trouvent aussi les urnes de son fils, Albert (1873-1928[g]), militant anarchiste et poète, et de son petit-fils Charles (1911-1952[h]), militant anarcho-syndicaliste et pacifiste.

Publications

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Mathématiques

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  • Applications mécaniques du calcul des quaternions. Suivi de Sur un nouveau mode de transformation des courbes et des surfaces, Paris, Verdière, 1877 (thèse), [lire en ligne].
  • Introduction à la méthode des quaternions, 1881.
  • Théorie et applications des équipollences, 1887.
  • Sur la numération factorielle, application aux permutations, 1888, [lire en ligne].

Politique

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  • L'Anarchie bourgeoise, 1887.
  • Pourquoi et comment je suis boulangiste, 1887.

Décorations

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Caricature de Laisant par André Gill (1879), Les Hommes d'aujourd'hui, no 69.

Notes et références

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  1. ↑ Né le 28 décembre 1822 à Nantes, fils de Jean Marie Laisant, propriétaire rentier, demeurant à Alger, non présent au mariage et de Madeleine Rose François, demeurant à Rezé (Pont-Rousseau).
  2. ↑ Benjamin est encore étudiant en droit au moment de son mariage en janvier 1841.
  3. ↑ Née en 1815 à Brest, fille de Joseph-François-Julien-Jocelyn Thuez, capitaine au long cours, demeurant à Charenton-Saint-Maurice (Seine), présent au mariage, et d'Anne Marie Quinty, décédée à Saint-Pierre de la Martinique le 3 septembre 1823.
  4. ↑ Indre comprend trois agglomérations : Basse-Indre, chef-lieu, et Haute-Indre sur la rive droite de la Loire, Indret sur la rive gauche.
  5. ↑ L'ascendance de Charles Laisant (grands-parents) ne fait apparaître aucun Guépin. Peut-être s'agit-il d'une parenté par alliance ? On peut noter la présence comme témoin au mariage de ses parents du beau-père d'Ange Guépin, Marie-François Le Sant. On pourrait penser qu'Ange Guépin assistait au mariage et que le second prénom de Charles-Ange vient de lui.
  6. ↑ Père de Pierre Waldeck-Rousseau (1846-1904).
  7. ↑ Né le , mort le 23 novembre 1928. Il a deux fils : Charles et Maurice, tous deux militants anarchistes.
  8. ↑ Né le 22 janvier 1911 et mort le 17 décembre 1958 à Asnières. cf. « Ephéméride anarchiste ».

Références

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  1. ↑ Site Assemblée nationale.
  2. ↑ « Charles, Ange Laisant - Base de données des députés français depuis 1789 », sur assemblee-nationale.fr (consulté le ).
  3. ↑ « Charles-Ange Laisant », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition].
  4. ↑ Bertrand Joly, Aux origines du populisme : histoire du boulangisme, Paris, CNRS Éditions, coll. « Nationalismes et guerres mondiales », , 800 p. (ISBN 978-2-271-13972-6, OCLC 1300218014), p. 304.
  5. ↑ Marcellin Berthelot, Hartwig Derenbourg, A. Giry, E. Glasson et Ch.-A. Laisant, La Grande encyclopédie : inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts, Tours, Impr. E. Arrault & Cie, .
  6. ↑ Joly 2022, p. 309, 311.
  7. ↑ Joly 2022, p. 665-669.
  8. ↑ (eo) Enciklopedio de Esperanto, Laisant, paĝo 321, Hungara Esperanto-Asocio, 1979 (ISBN 963 571 052 6).
  9. 1 2 3 Joly 2022, p. 716.
  10. ↑ « Anciens présidents de la SMF — 1873–2006 » [archive du ], sur emath.fr via Internet Archive.
  11. ↑ Paris-luttes.info, « À la porte l’assassin ! : Quand les anarchistes voulaient exclure le roi d’Espagne de la Société astronomique de France » [archive du ], sur paris-luttes.info via Internet Archive, (consulté le ).
  12. ↑ Léo Campion, Le Drapeau noir, l'Équerre et le Compas : les Maillons libertaires de la Chaîne d'Union, Éditions Alternative libertaire, 2002, « texte intégral »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?).
  13. ↑ Voir Liens externes.
  14. ↑ « Cote LH/1447/5 », base Léonore, ministère français de la Culture.

Bibliographie

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Sources

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Liens externes

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Archives

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