Charles Trochu
Charles Trochu, né au Chili le et mort à Bonzac (Gironde) le , est un architecte, industriel, homme politique français. Durant l'entre-deux-guerres, il est engagé à l'extrême-droite et devient secrétaire général du Front national. Pétainiste, il est président du conseil municipal de Paris sous l'Occupation, avant de rejoindre les forces de la France libre en 1944. Il a eu comme pseudonyme « capitaine Goyneche ».
| Président du conseil municipal de Paris | |
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| Conseiller général de la Seine | |
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| Secrétaire général Front national | |
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Pectus, Capitaine Goyneche |
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Architecte, militaire, industriel, homme politique |
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Famille et milieu social
modifierNé au Chili d'un père breton de Saint-Malo et d'une mère basque, il serait le petit-neveu du général Louis Trochu et du général Jean-Baptiste Kléber. Il dirige une entreprise d'armement maritime, pour la pêche.
Il fait partie du comité de rédaction de la revue d'avant-garde d'urbanisme Plans (1930-1932), devenue Prélude (1932-1936), avec Albert Laprade, François de Pierrefeu (1891-1959), Hubert Lagardelle, Pierre Winter[1]. En 1942, il publie avec Le Corbusier un numéro spécial de la revue Architecture et urbanisme sur l'œuvre de ce dernier[2].
Vie politique
modifierAncien combattant aux brillants états de service, bonapartiste à l'origine – il milita à l'Appel au peuple –, militant des Jeunesses patriotes, plusieurs fois blessé lors des bagarres auxquelles a été mêlée cette ligue, notamment lors du , il devient le secrétaire général du Front national fondé en mai 1934 et qu'il soutient financièrement, car il entretient des liens tant avec les Croix-de-feu qu'avec l'Action française (AF) ou les JP. Membre des Jeunesses patriotes depuis 1925 et membre de son comité directeur, il est aussi membre des Camelots du roi de l'AF, des Décorés au péril de leur vie, de l'Union nationale des combattants (UNC), de l’Appel au peuple, de l'Association nationale des officiers combattants (ANOC), depuis 1932, il a présidé une section parisienne des Croix-de-feu d'avril à . Membre du comité directeur en 1934 de l'ANOC, il accède à sa présidence en 1935 après la mort de Jean Ferrandi, conseiller municipal parisien depuis 1932[3].
En , il est élu conseiller municipal de Paris, dans le quartier d'Auteuil. C'est alors un homme « brun, grand, large (il mesure 1,90 m de hauteur, avec un tour de taille en proportion) », qui souhaite « un chef, un dictateur » préparant un régime nouveau, corporatiste et antiparlementaire[4].
En 1938, il s'en prend aux pacifistes et aux antimilitaristes comme Jean Zay ou Léon Blum. Ainsi, au cours de la séance du conseil municipal du , il se déchaîne contre les Juifs « ignobles », tels Bernard Lecache et ses amis de la Ligue internationale contre l'antisémitisme (LICA), « qui, entre autres infamies, piétinent l'honneur militaire »[5].
C'est lui qui, le à la Salle Wagram, remet à Charles Maurras son épée d'académicien, financée par une souscription nationale et conçue par Maxime Real del Sarte.
Avec Maurice Pujo, de l'AF, il est l'un des deux commissaires généraux du comité d'organisation du « cortège traditionnel » parisien de l'extrême droite qui défile lors de la fête nationale de Jeanne d'Arc[6].
Volontaire en 1940, il est cité à l'ordre du corps d'armée[7]. Fait prisonnier, libéré en 1941, il devient en mai le président du conseil municipal de Paris. En , il est remplacé en par Pierre Taittinger. Il reçoit la Francisque[8]. Il crée l'œuvre des Restaurants communautaires.
Pierre Taittinger dit de lui qu'il « joignait la fantaisie la plus étourdissante à la ponctualité la plus rigoureuse. Le Conseil Municipal de Paris lui doit beaucoup. »
Par la suite, il passe dans la clandestinité et gagne l'Afrique du Nord début 1944 et s'engage dans l'armée pour combattre en Italie. Il fait partie du réseau Béarn, émanation du Bureau central de renseignements et d'action (BCRA)[9].
Présenté comme ancien combattant et ancien résistant, il témoigne en faveur du maréchal Philippe Pétain lors de son procès en 1945.
À la fin de la IVe République, il collabore au Courrier de la colère de Michel Debré, signant ses articles sous le pseudonyme de « Pectus »[9]. Il meurt en 1961 dans son château à Bonzac (33).
Publications
modifier- Architecture et urbanisme, avec Le Corbusier, Paul Boulard, Pierre Winter, Paris, Les Publications techniques & librairie Charpentier, 1942.
- Hommage rendu à Charles Maurras, le , à Paris, Paris, Front national, 1937.
- La Commune, rempart de la famille, 1942.
Notes et références
modifier- ↑ Maurice Culot, Albert Laprade, Norma, 2007.
- ↑ Robert Fishmann, L'utopie urbaine au XXe siècle, Mardaga, Bruxelles, 1979.
- ↑ Jacques Nobécourt, Le colonel de La Rocque, Fayard, 1996, p. 279-280
- ↑ présentation de Trochu dans la Revue hebdomadaire de novembre 1935
- ↑ Simon Epstein, Un paradoxe français : antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la résistance, Albin Michel, Paris, 2008
- ↑ « Fête nationale de Jeanne d'Arc. Cortège traditionnel », L'Action française, 10 mai 1939, [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k767428r/f1.item L'Action française, 15 mai 1939
- ↑ L'Action française, no 49, 28 mai 1940.
- ↑ Henry Coston, L'Ordre de la Francisque et la révolution nationale, Paris, Déterna, coll. « Documents pour l'histoire », , 172 p. (ISBN 2-913044-47-6), p. 174.
- 1 2 Jérôme Pozzi, Les mouvements gaullistes, Presses universitaires de Rennes, 2011, p. 32
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Thierry Morello, Charles Trochu et le Conseil municipal de Paris (1935-1943), mémoire de maîtrise, Paris IV, 1986.
- Pierre Taittinger, ... et Paris ne fut pas détruit, Paris, L'Élan, coll. « Témoignages contemporains », , 314 p. (OCLC 490025973).
- Frédéric Pottecher, Le Procès Pétain, Jean-Claude Lattès, Paris, 1980, p. 281.
- Simon Epstein, Un paradoxe français : antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, Albin Michel, Paris, 2008, p. 581-582.