Chat de Temminck
Catopuma temminckii
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NT : Quasi menacé
Statut CITES
Répartition géographique
- Felis temminckii Vigors & Horsfield, 1827 [2] (Protonyme)
- Felis moormensis B. H. Hodgson, 1831 [2]
- Leopardus Moormensis J. E. Gray, 1843 [2]
- Felis aurata E. Blyth, 1863 [2]
- Felis nigrescens J. E. Gray, 1863 [2]
- Felis tristis A. Milne-Edwards in A. David, 1871 [2]
- Felis dominicanorum P. L. Sclater, 1898 [2]
- Felis semenovi Satunin, 1905 [2]
- Felis celidogaster aurata Lydekker, 1908 [2]
- Felis (Catopuma) melli Matschie in Mell, 1922 [2]
- Profelis temminckii Pocock, 1932 [2]
- Catopuma temminckii Wozencraft, 1993 [2]
Le Chat de Temminck (Catopuma temminckii) est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Félidés. Ce « Chat-puma » asiatique (du genre Catopuma), est un félin de taille moyenne originaire du nord-est du sous-continent indien, d'Asie du Sud-Est et du sud de la Chine. Avec son espèce-sœur le Chat bai et son espèce-cousine le Chat marbré, il fait partie d’une lignée distincte de petits félins (Félinés) correspondant à une branche basale distincte au sein des félidés actuels.
Mesurant de 66 à 105 cm de longueur tête-corps pour une queue de 40 à 57 cm et une hauteur au garrot d'environ 56 cm, le Chat de Temminck pèse entre 9 et 16 kg, les mâles étant généralement plus grands et plus lourds que les femelles. Si l’espèce est caractérisé par son pelage d’un brun-roux doré lui ayant valu le nom de « Chat doré d’Asie », en référence au Chat doré d’Afrique auquel il a été quelquefois confondus par les anatomistes, l'espèce dispose d’une variété de couleurs remarquable, allant du brun clair au plus foncé, du gris au noir, unie ou bien tachetée d’ocelles. Mais son marquage facial constant, formé de bandes blanches bordées de parties plus foncées permet de facilement le reconnaître.
Prédateur solitaire, le Chat de Temminck est un félin très adaptable dans le choix de son habitat forestier et de son rythme de vie journalier. Il se nourrit de petites proies comme des rongeurs et des oiseaux, mais aussi de plus grosses comme de petits ongulés sauvages ou bien domestiques, ce qui lui veut d’être pris en chasse par les éleveurs dans certaines régions.
Classé comme espèce « vulnérable » (VU) sur la liste rouge de l'UICN depuis 2025 après avoir été longtemps considéré comme « quasi menacé », le Chat de Temminck voit ses populations sauvages décliner. Il est en effet principalement menacé par la destruction et la fragmentation rapide de son habitat dues à la déforestation en Asie du Sud-Est, ainsi que par le braconnage destiné au trafic illégal d'animaux sauvages, ses peaux et ses os étant fréquemment commercialisés comme substituts aux parties de tigre dans la médecine traditionnelle.
Dénominations
modifier- Nom scientifique valide : Catopuma temminckii (Vigors & Horsfield, 1827) selon Mammal Diversity Database ()[2] ;
- Synonymes :
- Felis temminckii Vigors & Horsfield, 1827 (protonyme)
- Felis moormensis B. H. Hodgson, 1831
- Felis moormansis W. Ogilby, 1839 [2]
- Felis Murmensis B. H. Hodgson, 1841 [2]
- Leopardus Moormensis J. E. Gray, 1843 [2]
- Felis Temminkii H. R. Schinz, 1844 [2]
- Felis aurata E. Blyth, 1863[Note 1]
- Felis nigrescens J. E. Gray, 1863[Note 2][3]
- Felis tristis A. Milne-Edwards in A. David, 1871[Note 3][4]
- Felis tristis A. Milne-Edwards, 1872[Note 4][5]
- Felis Temmincki Trouessart, 1885 [2]
- Felis dominicanorum P. L. Sclater, 1898[Note 5][6][7]
- Felis semenovi Satunin, 1904[Note 6][8][9]
- Felis celidogaster aurata Lydekker, 1908[Note 7]
- Felis temmincki mitchelli Lydekker, 1908[Note 8][10][11]
- Profelis temmincki Pocock, 1917 [2]
- Felis (Catopuma) melli Matschie in Mell, 1922[Note 9][12]
- Felis temmincki bainesi A. de C. Sowerby, 1924[Note 10][13]
- Felis temmincki badiodorsalis A. B. Howell, 1926[Note 11][14]
- Felis temmincki dominicorum A. B. Howell, 1929[Note 12][15]
- Profelis temminckii diminicanorum Pocock, 1932 [2]
- Profelis temminckii mitchelli Pocock, 1932 [2]
- Profelis temminckii Pocock, 1932 [2]
- Profelis temminckii temminckii Pocock, 1932 [2]
- Profelis temminckii tristis Pocock, 1932 [2]
- Felis temminckii temminckii Chasen, 1940 [2]
- Felis temmincki dominicanorum Ellerman & Morrison-Scott, 1951 [2]
- Felis temmincki temmincki Ellerman & Morrison-Scott, 1951 [2]
- Felis temmincki tristis Ellerman & Morrison-Scott, 1951 [2]
- Catopuma temminckii Wozencraft, 1993 [2]
- Catopuma temminckii dominicanorum Wozencraft, 2005 [2]
- Catopuma temminckii temminckii Wozencraft, 2005 [2]
- Catopuma temminckii tristis Wozencraft, 2005 [2]
- Catopuma temminckii bainsei A. T. Smith & Xie Yan, 2008 [2]
- Nom normalisé anglais : Asian golden cat ;
- Nom vulgaire typique et recommandé en français : Chat de Temminck[Note 13][16][17][18][19][20][21][22] ;
- Autre nom vulgaire typique en français : Chat doré d’Asie[16][17][18][19][20][21] ;
- Autres noms vulgaires : Chat de Moormes[23], Chat du Népal[22] ;
- Noms vernaculaires : Chat doré, Chat.
En Chine, il est parfois connu sous le nom de « léopard jaune » tandis qu'en Thaïlande c'est un « tigre de feu »[24].
Étymologie
modifier- Catopuma : mot-valise formé par la juxtaposition des noms de genres Catus Frisch, 1775 (« chat ») et Puma Jardine, 1834 (« puma »)[25].
- temminckii : épithète dédiée au zoologiste, illustrateur et collectionneur néerlandais Coenraad Jacob Temminck (1778–1858)[26].
- moormensis : fait référence aux « Moormi » (désignant le peuple autochtone non-tibétain des Tamangs), qui habitent les collines du Népal d'où provenait l'animal décrit[27].
- Pyrofelis : du grec ancien πῦρ (pûr), πυρός (purós) signifiant « feu » ; combiné au nom de genre Felis Linnaeus, 1758 (« chat »)[28]. Espèce type (par monotypie) : Felis temminckii Vigors & Horsfield, 1827[1].
Taxonomie
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Le Chat de Temminck est décrit pour la première fois sous le protonyme Felis temminckii en 1827 par le zoologiste irlandais Nicholas Aylward Vigors et le naturaliste américain Thomas Horsfield dans The Zoological Journal, d'après la peau d'un spécimen brun roussâtre originaire de Sumatra en Indonésie conservé dans les collections de la Société zoologique de Londres[29]. La localité type est l'île de Sumatra[30],[2]. L'holotype consiste en la peau et le crâne d'un jeune mâle (spécimen BMNH:Mamm:1855.12.24.250) déposé dans les collections du Musée d'histoire naturelle de Londres[31].
Par la suite, plusieurs taxons ont été décrits pour désigner les populations régionales ou les différentes variations de pelage : en 1831, le naturaliste britannique Brian Houghton Hodgson propose Felis moormensis à partir d'un individu capturé vivant au Népal[27], tandis qu'en 1872, le zoologiste français Alphonse Milne-Edwards décrit la forme tachetée de Chine sous le nom de Felis tristis[32].
En raison d'une forte ressemblance superficielle, notamment leur pelage uniforme brun roussâtre et leur polymorphisme de coloration du pelage, le Chat de Temminck a été historiquement confondu à deux reprises avec le Chat doré d'Afrique (Caracal aurata) : La première confusion intervient en 1863 sous la plume du zoologiste britannique Edward Blyth, qui place par erreur Felis temminckii et Felis moormensis en synonymie avec le taxon africain sous le nom de Felis aurata[33]. En 1908, Richard Lydekker établit un rapprochement similaire dans son ouvrage The Game Animals of Africa lorsqu'il traite des phases de coloration et des formes locales du félin africain sous la combinaison Felis celidogaster aurata, en mettant directement en parallèle sa variabilité morphologique avec celle du Chat de Temminck (alors désigné sous le nom de Felis temmincki)[34].
L'espèce a été subordonnée au genre Catopuma, décrit par le naturaliste russe Nikolaï Severtsov en 1858[35]. Bien que brièvement classé au sein du genre Pardofelis en 2007 à la suite des premières études de génétique moléculaire[36], les révisions taxinomiques ultérieures ont confirmé son maintien dans le genre Catopuma[37]. Cette distinction est appuyée par des analyses morphologiques et ostéologiques comparées, démontrant que la structure de son crâne ainsi que les caractéristiques de ses pattes et de sa queue diffèrent nettement de celles du Chat marbré (Pardofelis marmorata)[38], notamment par l'absence chez Catopuma de l'articulation souple de la cheville et de la longue queue tubulaire propres à Pardofelis[39],[40]. Son plus proche parent actuel est le Chat bai (Catopuma badia), une espèce forestière rare et endémique de Bornéo[41] ; si des propositions anciennes ont parfois suggéré de fusionner les deux taxons, mais les données génétiques confirment qu'il s'agit de deux espèces bien distinctes[42].
Sous-espèces
modifierLorsque les sous-espèces de félins ont été répertoriées dans Mammal Species of the World (version 3, 2005) ()[43] puis reprises dans le Handbook of the Mammals of the World en 2009[41], trois taxons étaient traditionnellement reconnus :
- Catopuma temminckii temminckii (Vigors & Horsfield, 1827) ;
- Catopuma temminckii dominicanorum (Sclater, 1898) ;
- Catopuma temminckii tristis (Milne-Edwards, 1872).
Toutefois, la révision taxinomique menée en 2017 par le groupe de spécialistes des félins de l'UICN (Kitchener et al.)[44] et adoptée par l'American Society of Mammalogists[42] valide une classification en deux sous-espèces distinctes, séparées biogéographiquement par l'isthme de Kra[45] :
- Catopuma temminckii temminckii (Vigors & Horsfield, 1827) — présent à Sumatra et dans la péninsule Malaise ;
- Catopuma temminckii moormensis (Hodgson, 1831) — présent du Népal à travers toute l'Asie du Sud-Est continentale et le sud de la Chine.
La sous-espèce continentale a été initialement décrite sous le nom de Felis moormensis en 1831 par Brian Houghton Hodgson dans la revue Gleanings in Science[27]. Le spécimen type est un mâle adulte capturé vivant dans une forêt dense du Népal puis offert à Hodgson par le Premier ministre népalais[27] ; son crâne constitue le lectotype sous la cote BMNH:Mamm:GERM 118.a au Muséum de Londres[46].
| Sous-espèce, noms et auteur | Description | Localisation et habitat | Synonymes |
|---|---|---|---|
| Catopuma temminckii temminckii (Vigors & Horsfield, 1827) Chat de Temminck (Stricto sensu) Chat de Temminck du Sud |
Morphométrie :
Diagnose et caractères distinctifs : Plus petite sous-espèce, au corps trapu et à la queue longue et effilée[40]. Le pelage est court, dense et doux, généralement brun doré à brun roux chaud sans marques corporelles, hormis de légères mouchetures sur le poitrail, l'abdomen et l'intérieur des pattes avant[40]. Lignes blanches distinctes bordées de brun foncé à noir sur les joues et le front[40]. Des formes mélaniques intégrales existent, mais la forme tachetée (ocelot/tesselée) est absente[40]. Face inférieure de la queue d'un blanc pur contrasté avec une extrémité apicale sombre, souvent portée relevée[40]. |
Aire de répartition :
Sumatra (Indonésie), Malaisie péninsulaire et sud de la Thaïlande (au sud de l'isthme de Kra)[40]. Habitat : Forêts tropicales et subtropicales humides sempervirentes, forêts mixtes et décidues sèches ; zones ouvertes, arbustives et rocheuses jusqu'à 2 500 m d'altitude sur le mont Kerinci[40]. |
Liste
|
| Catopuma temminckii moormensis (Hodgson, 1831) Chat de Moormes Chat de Temminck du Nord |
Morphométrie :
Diagnose et caractères distinctifs : Plus grande sous-espèce, dotée d'une fourrure plus longue et touffue[47]. Forte variabilité polychromatique (polymorphisme marqué chez les populations septentrionales) : teintes rouge renard, brun doré, brun sombre, cannelle pâle, gris ou mélanique[47]. Présente en outre la forme tachetée (ocelot/tesselée, anciennement tristis) parsemée de grandes ocelles rousses bordées de noir sur fond grisâtre, signalée au Bhoutan, en Chine et en Birmanie[47]. |
Aire de répartition :
Asie continentale au nord de l'isthme de Kra : Népal, Bhoutan, nord-est de l'Inde, Bangladesh, Birmanie, sud de la Chine (dont Yunnan, Sichuan, Tibet), Thaïlande, Laos, Cambodge et Viêt Nam[47]. Habitat : Forêts tropicales et subtropicales décidues et sempervirentes denses, s'élevant jusqu'à 3 960 m d'altitude dans l'Himalaya[47]. |
Liste
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Phylogénie et évolution
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Les analyses de l'ADN nucléaire menées sur l'ensemble des espèces actuelles de félidés révèlent que la radiation évolutive de la famille a débuté en Asie au Miocène, il y a environ 14,45 à 8,38 millions d'années[48],[49], tandis que l'étude de leur ADN mitochondrial évalue cette radiation primaire à environ 16,76 à 6,46 millions d'années[37]. Le Chat de Temminck forme une lignée évolutive propre, appelée en anglais bay cat lineage (« lignée du Chat bai ») aux côtés du Chat bai (Catopuma badia) et du Chat marbré (Pardofelis marmorata), dont le dernier ancêtre commun a divergé du reste des félidés il y a 8,42 à 4,27 millions d'années selon l'ADN nucléaire[48], ou 8,47 à 0,41 millions d'années selon l'ADN mitochondrial[37]. Au sein de ce groupe, le Chat marbré représente le taxon le plus basal, tandis que la divergence entre le Chat de Temminck et le Chat bai est évaluée entre 6,42 à 0,03 millions d'années[48],[37].
Sur le plan morphologique, le Chat de Temminck est extrêmement proche du Chat bai, une espèce endémique de l'île de Bornéo. En raison de ces similitudes ostéologiques et génétiques étroites, et sachant que l'île de Sumatra (incluse dans l'aire du Chat de Temminck) ne s'est séparée de Bornéo que depuis 10 000 à 15 000 ans[50], on pensait auparavant que le Chat bai ne constituait qu'une simple sous-espèce insulaire du Chat de Temminck[51]. De même, à la suite des premiers travaux moléculaires de 2006-2007 suggérant que cette lignée composait la deuxième branche divergente des félins modernes[52], l'UICN avait provisoirement classé en 2008 le Chat de Temminck et le Chat bai dans le genre Pardofelis aux côtés du Chat marbré[53],[54], tandis que des bases comme le Système d'information taxonomique intégré (ITIS) ou le NCBI les ont maintenus dans le genre distinct Catopuma[55],[56].
Par ailleurs, l'extrême ressemblance globale entre le Chat de Temminck et le Chat doré d'Afrique (Caracal aurata) a longtemps laissé supposer une ascendance commune directe. Cependant, les massifs forestiers d'Afrique et d'Asie n'étant plus connectés depuis une vingtaine de millions d'années, ces ressemblances relèvent en réalité d'une remarquable convergence évolutive morphologique[24].
Des études biogéographiques et phylogénétiques plus récentes précisent que la spéciation entre le Chat de Temminck et le Chat bai s'est opérée vers la fin du Pliocène, il y a environ 3,16 millions d'années, sous l'effet de la montée des eaux ayant submergé l'isthme de Kra et isolé la péninsule indochinoise du plateau de la Sonde[45]. La population méridionale insulaire a évolué pour devenir le Chat bai, inféodé aux forêts tropicales denses de Bornéo, tandis que la population continentale septentrionale a donné naissance au Chat de Temminck, plus éclectique dans ses habitats et doté d'une robe plus contrastée et polychromatique[45]. Au cours des épisodes glaciaires du Pléistocène, profitant de l'abaissement du niveau de la mer et de l'émersion des terres du plateau de la Sonde, le Chat de Temminck a pu recoloniser ultérieurement la péninsule Malaise et Sumatra[45].
Par ailleurs, les populations actuelles de Chats de Temminck montrent une diversité nucléotidique exceptionnellement faible, signe d'un important goulot d'étranglement de population survenu lors de l'éruption volcanique majeure du mont Toba il y a environ 74 000 ans[45]. Cette catastrophe a réduit les populations survivantes à une zone de refuge écologique en Chine du Sud et en Indochine, à partir de laquelle l'espèce a progressivement réoccupé le reste de son aire continentale et insulaire[45]. Alors que les populations du continent sont demeurées fortement polymorphes, variations rousses, grises, sombres et tachetées, les populations établies au sud de l'isthme de Kra sont presque exclusivement rousses ou mélaniques[45].
Relations phylogénétiques du Chat de Temminck au sein des félidés d'après Johnson et al. (2006)[48], Werdelin et al. (2010)[49] et Li et al. (2016)[37] :
| Felidae |
| |||||||||||||||||||||||||||||||||
Description
modifier| Formule dentaire | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| mâchoire supérieure | |||||||
| 1 | 2-3 | 1 | 3 | 3 | 1 | 2-3 | 1 |
| 1 | 2 | 1 | 3 | 3 | 1 | 2 | 1 |
| mâchoire inférieure | |||||||
| Total : 28-30 | |||||||
| Dentition du Chat de Temminck. | |||||||

Biométrie
modifierLe Chat de Temminck est un félin de taille moyenne au corps trapu mais musclé, soutenu par des pattes puissantes et prolongé par une queue relativement longue et effilée[40]. La longueur du corps, mesurée du bout du museau à la base de la queue, est comprise entre 66 et 109 cm, tandis que cette dernière mesure de 40 à 58 cm[58],[47]. Celle-ci représente ainsi entre le tiers et la moitié de la longueur totale de l'animal[59],[60]. La hauteur au garrot est d'environ 50 à 56 cm[40],[47]. Le poids varie de 8 à près de 16 kg, soit deux à trois fois le gabarit d'un chat domestique, l'espèce présentant un dimorphisme sexuel marqué avec des mâles nettement plus lourds et massifs que les femelles[58],[40].
La mâchoire présente généralement une dentition plus réduite allant des 30 normales à 28 dents en raison de la réduction fréquente ou de l'absence complète de la première prémolaire supérieure antérieure (P2)[40],[61].
Pelage
modifierLe Chat de Temminck arbore des marques faciales caractéristiques qui facilitent son identification : deux lignes blanches bien nettes bordées de brun foncé ou de noir partent des ailes du museau et parcourent les joues, tandis qu'une paire de bandes claires également liserées de noir s'élève verticalement depuis le canthus interne des yeux pour traverser le front vers le sommet de la tête[40],[62]. Les oreilles sont petites, arrondies, noires au revers et pourvues d'une tache centrale grisâtre[40],[60]. Le menton, la gorge, le poitrail, l'abdomen et la face interne des membres sont plus pâles avec de discrètes mouchetures sombres, tandis que la partie distale des membres tend vers le gris ou le noir[40],[63]. La queue se distingue par une face ventrale blanche éclatante sur toute sa longueur et une pointe apicale sombre ; l'animal la tient habituellement portée avec l'extrémité recourbée vers le haut[40],[60].
Bien que sa dénomination de « Chat doré d'Asie » renvoie à sa livrée habituelle d'un brun doré uniforme ou brun roussâtre, l'espèce fait preuve d'un important polymorphisme chromatique[58],[64]. Sa robe peut afficher des nuances allant d’un rouge orangé à un cannelle clair, au brun sombre ou au gris ardoise, auxquelles s'ajoute une forme mélanique entièrement noire[47],[65]. Il existe également une variété tachetée dite « ocelot » ou tesselée, ornée de larges ocelles et rosettes d’une teinte rousses cerclées de noir sur fond grisâtre[47],[60]. Une étude par pièges photographiques menée dans la vallée de Dibang en Inde a d'ailleurs mis en évidence la coexistence de six morphes de coloration au sein d'une seule et même région géographique[66].
- Spécimen à la robe grise au zoo d'Édimbourg, en Allemagne.
- Spécimen à la robe rousse au zoo d'Édimbourg.
Confusion avec d'autres félins
modifierSur l'ensemble de son aire de répartition, le Chat de Temminck est aisément identifiable lorsqu'il arbore sa forme typique, car il constitue le seul félin de taille intermédiaire à posséder une robe entièrement unie[40],[60]. Il partage néanmoins des similitudes physiques avec d'autres espèces apparentées ou convergentes. Le Chat bai (Catopuma badia) lui ressemble beaucoup par sa silhouette et ses teintes rousses ou grises, mais il est sensiblement plus petit et demeure strictement endémique de l'île de Bornéo, où le Chat de Temminck ne vit pas[40],[51]. Les rares individus porteurs de la morphe tachetée peuvent quant à eux évoquer le Chat marbré (Pardofelis marmorata), dont ils se séparent toutefois par des dimensions bien supérieures, une boîte crânienne plus allongée et l'absence de la très longue queue tubulaire propre à ce dernier[47]. L'analogie d'aspect avec le Chat doré d'Afrique (Caracal aurata) relève d'une convergence évolutive marquée, ce félin étant géographiquement isolé au continent africain[40],[60].
Distribution et habitat
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Aire de répartition et limites géographiques
modifierLe Chat de Temminck occupe une vaste aire de répartition en Asie du Sud, en Asie de l'Est et en Asie du Sud-Est. Sa présence est confirmée dans douze pays : le Népal, le Bhoutan, le nord-est de l'Inde, le nord-est du Bangladesh, la Birmanie, la Thaïlande, le Cambodge, le Laos, le Viêt Nam, le sud de la Chine, la Malaisie péninsulaire et l'Indonésie sur la seule île de Sumatra[67].
Depuis la capture d'un spécimen vivant au Népal en 1831, ce pays a longtemps été considéré comme la limite occidentale absolue de distribution de l'espèce[27],[68]. On pensait auparavant que ses populations népalaises se cantonnaient aux contreforts orientaux et centraux, comme en témoignaient les premières photographies obtenues au milieu des années 2000 dans l'aire de conservation de Gaurishankar, la zone tampon du parc national de Makalu Barun, le secteur de Tinjure-Milke-Jaljale et le paysage du Kangchenjunga[69],[70],[71],[72]. Cependant, des inventaires par pièges photographiques menés en 2025 ont confirmé sa présence plus à l'ouest dans le district de Jajarkot, repoussant significativement la frontière occidentale documentée pour l'espèce[73].
Habitat et étagement altitudinal
modifierLe Chat de Temminck fréquente principalement les forêts tropicales humides sempervirentes, les forêts décidues humides et les massifs subtropicaux denses, mais fait preuve d'une grande plasticité écologique en colonisant les forêts secondaires, les plantations forestières, les broussailles, les prairies en altitude et les formations rocheuses[67],[74],[75].
On pensait auparavant que l'espèce était cantonnée aux basses et moyennes altitudes jusqu'à environ 3 000 mètres[59],[76]. Les inventaires modernes ont considérablement élargi ce gradient altitudinal : son point d'observation le plus bas se situe à seulement 80 m au-dessus du niveau de la mer dans le piémont du parc national royal de Manas[77], tandis que son record d’altitude atteint les 4 600 m dans les prairies alpines et zones subalpines du Bhoutan[67],[78]. À Sumatra, il est recensé jusqu'à 2 500 m d'altitude sur les pentes du volcan Kerinci, surpassant l'étagement habituel des autres félins sympatriques de l'île[40].
Statut et occurrences par pays
modifierAu Bhoutan, le félin se rencontre dans l'ensemble des réseaux d'aires protégées et divisions forestières, notamment les parcs nationaux de Jigme Dorji, Wangchuck Centennial, Phrumsengla, et de Jigme Singye Wangchuck, ainsi que dans les sanctuaires de faune de Sakteng et de Jomotsangkha[79],[80],[81],[82]. Ce pays abrite une mosaïque remarquable de formes chromatiques, les robes dorée, grise, cannelle, mélanique et tachetée y ayant toutes été photographiées [83],[84]. En Chine, les populations occupent principalement les monts Qinling, les monts Hengduan, le sud du Yunnan et l'est du Tibet (particulièrement le canyon du Yarlung Tsangpo et le comté de Mêdog)[85],[86]. La forme tachetée à grandes ocelles (historiquement décrite sous le nom de Felis tristis) y subsiste ponctuellement dans les réserves naturelles de Tangjiahe et de Changqing au sein de l'habitat du Panda géant[87],[88].
En Inde, sa présence est documentée dans les États septentrionaux et nord-orientaux, dans l’Assam, le Bengale-Occidental, l’Arunachal Pradesh, le Sikkim, le Mizoram, le Meghalaya et le Nagaland, notamment dans les parcs nationaux de Manas, de Namdapha, de Neora Valley, de Khangchendzonga et dans les réserves de tigres de Dampa, Pakke et Buxa[89],[90],[91].
Au Bangladesh, l'espèce a été signalée dès 1982 dans les Chittagong Hill Tracts, puis redécouverte par pièges photographiques dans le nord-est du pays, notamment dans la forêt de réserve de West Bhanugach, la réserve de Patharia Hill et le parc national de Satchari[92],[93],[94].
En Birmanie, des populations viables occupent les forêts de montagne du parc national de Hkakaborazi, la vallée de Hukaung, les forêts de l'État de Kayin et la réserve naturelle du Tanintharyi[95],[96]. En Thaïlande, le Chat de Temminck est établi dans de nombreux complexes protégés, tels que les parcs nationaux de Khao Yai, de Kaeng Krachan, de Kui Buri et Thap Lan, ainsi que les sanctuaires fauniques de Thung Yai Naresuan, Huai Kha Khaeng, Phu Khiao et Khlong Nakha[97],[98].
Au Cambodge, il est répertorié dans le parc national de Virachey et le massif des Cardamomes[99],[100]. Au Laos, sa présence est attestée dans les parcs nationaux de Nam Et-Phou Louey, de Xe Pian et de Nakai-Nam Theun[101],[102], tandis qu'au Viêt Nam, il a été réenregistré dans la réserve naturelle de Pu Hoat[103]. En Malaisie péninsulaire, il est régulièrement détecté dans la forêt d'État de Merapoh, le parc national de Taman Negara, le parc national d'Endau-Rompin et la réserve de Jerangau[104],[105].
À Sumatra en Indonésie, l'espèce peuple principalement la chaîne des Barisan et les massifs forestiers résiduels, incluant les parcs nationaux de Kerinci Seblat, Gunung Leuser, Batang Gadis, Bukit Tigapuluh et Bukit Barisan Selatan[106],[107],[108]. Des individus mélaniques y ont également été photographiés dans le sanctuaire de faune de Bukit Rimbang Bukit Baling[109].
Comportement et écologie
modifierOrganisation sociale, territoire et activité
modifierLe Chat de Temminck est un animal solitaire et territorial en dehors des périodes d'accouplement, bien qu'il ait été observé vivant en couple en captivité[40],[47]. En Thaïlande, le suivi télémétrique par collier émetteur de deux individus a révélé un domaine vital de 47,7 km2 à 48 km2 chez le mâle et de 32,6 km2 à 33 km2 chez la femelle, le territoire du mâle recouvrant 78 % de celui de la femelle, ce qui correspond à 53 % de recouvrement de son propre domaine vital[110],[47]. Le territoire du mâle s'agrandit de plus de 15 % au cours de la saison des pluies. Les déplacements journaliers varient de seulement 55 mètres à plus de 9 km, pour une moyenne quotidienne d'environ 1,6 km, les mâles étant plus mobiles que les femelles, avec une intensité de déplacement maximale en juillet et minimale en mars[110].
On pensait auparavant que ce félin était strictement nocturne, mais des études de terrain ont révélé qu'il est principalement diurne et crépusculaire, avec une activité marquée en milieu de journée ou à l'aube et au crépuscule[110],[40],[47]. Des suivis ultérieurs par pièges photographiques montrent néanmoins une certaine cathéméralité selon les pressions locales, comprenant des pics d'activité nocturnes peu avant minuit[111]. Cette flexibilité horaire s'explique par la recherche active de proies diurnes et nocturnes ainsi que par l'évitement de ses principaux prédateurs et compétiteurs sympatriques, au premier rang desquels figurent le Tigre (Panthera tigris), le Léopard (Panthera pardus), le Dhole (Cuon alpinus) et éventuellement la Panthère nébuleuse (Neofelis nebulosa)[47].
Régime alimentaire et prédation
modifierLe Chat de Temminck est une espèce essentiellement terrestre, mais ses qualités d'excellent grimpeur lui permettent d'évoluer dans les arbres et d'y capturer des proies inaccessibles autrement[40],[47], telles que des oisillons ou des semnopithèques du genre Trachypithecus[112],[110]. Son régime alimentaire est éclectique : il capture de grands et de petits rongeurs, notamment des muridés, des écureuils terrestres ou des athérures, des oiseaux, des reptiles, des amphibiens et des insectes[40],[47]. Il s'attaque également à des ongulés de taille modeste tels que les muntjacs (Muntiacus), les chevrotains (Tragulus) et les jeunes sambars (Rusa unicolor), ainsi qu'au goral dans les massifs montagneux de l'Himalaya[113]. Redoutable prédateur pour sa taille, il est capable de terrasser des proies plus massives que lui, comme des chèvres, des moutons ou des bufflons, et s'aventure parfois près des habitations pour piller la basse-cour[40],[47]. Observé en captivité, il met à mort les petites proies par une morsure à la nuque et prend soin de plumer les oiseaux plus gros que des pigeons avant de les consommer[58].
Communication
modifierLe Chat de Temminck communique par voie olfactive, visuelle et acoustique. À l'instar d'autres félidés, il marque son territoire par des projections d'urine, des dépôts odorants, des griffades sur l'écorce des troncs abattus et par des frottements de la tête et des joues contre les surfaces rugueuses[58].
Son répertoire sonore comprend des miaulements, des soufflements, des crachements, des grognements, des gloussements et des ronronnements[58]. Son appel territorial le plus caractéristique est un miaulement prolongé et répété en séquences cadencées de huit à dix cris espacés de deux secondes, la première vocalisation étant généralement plus faible que les suivantes. Les femelles en chaleur émettent également ce son de façon isolée. Lors de contacts rapprochés, les individus émettent en outre une sorte d’aboiement sourd ainsi que des piaillements d'apaisement[76]. Comme tout les félinés, il peut également ronronner[114].
Reproduction et cycle de vie
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La maturité sexuelle est atteinte vers 18 mois, mais peut parfois aller jusqu’à 24 mois chez les femelles et à 24 mois chez tous les mâles[40],[47]. Il n'existe pas de saison de reproduction spécifique répertoriée dans la nature[40],[47]. Le cycle œstral de la femelle s'étend sur environ 39 jours, dont 6 jours de chaleurs durant lesquels elle intensifie ses marquages et sollicite le mâle en adoptant des postures cambrées[58]. Si la portée est perdue, un nouvel œstrus survient environ quatre mois plus tard[115]. Lors de l'accouplement, le mâle maintient la femelle en saisissant la peau de son cou entre ses dents sans serrer sa morsure[58].
La gestation dure de 78 à 81 jours, au terme de laquelle la femelle met bas une portée comptant de un à deux petits, et plus rarement un troisième[40],[47]. Dans la nature, les naissances prennent place dans des terriers creusés dans le sol, des failles rocheuses ou des cavités dans des troncs d'arbres creux[40],[47]. Les nouveau-nés pèsent entre 220 et 250 g et portent déjà le motif de pelage des adultes, bien que leur fourrure soit plus longue et soyeuse[58],[116]. Ils ouvrent les yeux entre 6 et 12 jours et commencent à se déplacer normalement vers deux semaines[58],[59]. Les jeunes triplent leur poids au cours de leurs deux premiers mois ; le sevrage intervient vers le neuvième[40],[47].
L'attitude du père reste équivoque et n'a pu être observée qu'en captivité : si certains mâles font preuve d'agressivité pouvant conduire à l'infanticide, d'autres ont été observés participant activement à la toilette et à l'élevage des jeunes[58]. Dans le milieu naturel, des clichés de pièges photographiques attestent parfois de la formation de couples temporaires en dehors de la saison de reproduction stricte[117]. La longévité en captivité peut atteindre 20 à 23 ans[40],[47].
Menaces et conservation
modifierMenaces
modifierLe Chat de Temminck évolue dans des pays connaissant un développement économique et démographique particulièrement rapide, où la dégradation et la fragmentation de son habitat constituent l'un des principaux périls pesant sur sa survie[67]. La déforestation accélérée due à l'exploitation forestière commerciale, l'extension des plantations agro-industrielles et l'agriculture itinérante réduisent drastiquement le couvert forestier dense nécessaire à sa survie [118]. Cette fragmentation est accentuée par le déclin régional des populations d'ongulés de petite et moyenne taille, qui forment la base de son régime alimentaire[118].
Le braconnage et le commerce illégal d'animaux sauvages constituent une menace tout aussi importante, susceptible de causer d'importants préjudices aux populations locales en peu de temps[118]. L'espèce est chassée principalement pour sa fourrure au pelage uni distinctif, mais également pour ses os et sa viande, régulièrement employés dans la pharmacopée traditionnelle asiatique comme substituts frauduleux aux os de tigre[118]. Entre 1991 et 2006, une enquête menée sur quatre marchés frontaliers en Birmanie, notamment à Tachileik, aux confins de la Thaïlande et de la Chine, a relevé au moins 111 fragments du félin correspondant à plus de 110 individus, dont une peau rare portant la morphe tachetée à rosettes[119]. En Chine, le commerce historique était également soutenu : entre 1980 et 1981, 234 peaux ont été recensées dans la seule province du Jiangxi, tandis que les autorités saisissent annuellement plusieurs dizaines de dépouilles [114].
Il est également victime de conflits avec les communautés rurales : à Sumatra ainsi que dans dans d'autres régions agricoles, il est régulièrement abattu, piégé ou empoisonné en représailles à des prédations sur la volaille ou le bétail[67]. Il est également une victime indirecte de divers pièges terrestres comme les pièges à collets destinés à d'autres prises[40].
Statut et mesures de protection
modifierLe Chat de Temminck est évalué comme espèce « quasi menacée » (NT) sur la liste rouge de l'UICN depuis 2008, après avoir été auparavant classé parmi les espèces « vulnérables » (VU)[67]. Ses effectifs globaux demeurent en régression et restent proches des seuils de vulnérabilité en raison du déclin continu de son habitat et du faible nombre d'individus matures par sous-population isolée[67].
Au niveau international, l'espèce est inscrite à l'Annexe I de la CITES depuis 1975, ce qui proscrit strictement tout commerce international de spécimens vivants ou de produits dérivés (peaux, os, crânes etc…)[120].
À l'échelle nationale, le Chat de Temminck bénéficie d'une protection juridique totale interdisant sa chasse et sa capture dans la grande majorité des pays de son aire de répartition, notamment au Bangladesh, au Cambodge, en Chine, en Inde, en Indonésie, en Malaisie péninsulaire, en Birmanie, au Népal, en Thaïlande et au Viêt Nam. Sa chasse fait l'objet d'une régulation au Laos, tandis qu'au Bhoutan, sa protection intégrale est strictement garantie au sein du réseau national des parcs et sanctuaires pour la faune sauvage[67]. La survie de l'espèce repose en grande partie sur l'intégrité d'un réseau étendu de parcs nationaux et de réserves couvrant l'ensemble de son aire de répartition[116]. En Chine, sa présence est documentée dans la réserve naturelle de Wolong ainsi que dans les réserves nationales de Changqing et de Tangjiahe. En Inde, le félin fréquente plusieurs bastions majeurs tels que les parcs nationaux de Manas, de Balphakram, de Namdapha et de Neora Valley, ainsi que les réserves de tigres de Buxa et de Dampa. Sur l'île indonésienne de Sumatra, les populations protégées sont principalement localisées dans les parcs nationaux de Way Kambas[121], de Gunung Leuser, de Kerinci Seblat et de Bukit Barisan Selatan. En Malaisie péninsulaire, il habite la réserve de faune de Krau, le parc national de Taman Negara, le parc national d'Endau-Rompin ainsi que la réserve forestière de Jerangau[122]. En Thaïlande, des effectifs significatifs sont protégés au sein des grands complexes forestiers des sanctuaires de faune de Huai Kha Khaeng, de Thung Yai Naresuan et de Phu Khiao[123], ainsi que dans le parc national de Khao Yai. Enfin, au Viêt Nam, l'espèce est recensée dans les parcs nationaux de Ba Bể, de Cúc Phương, de Cát Tiên et de Yok Don.
État des populations et recherche
modifierL'évaluation précise des populations sauvages se heurte à la discrétion naturelle de l'animal et à la densité de ses habitats forestiers. Jadis abondant au Viêt Nam jusqu'au début des années 1970, le félin y est devenu particulièrement rare sous l'effet de la pression par la chasse, situation partagée par les populations de Thaïlande, d'Inde et d'Indonésie[116]. Dans la province chinoise du Jiangxi, les effectifs ont diminué d'au moins un tiers entre les années 1950 et 1980[114], la population nationale chinoise totale étant désormais estimée entre 3 000 et 5 000 individus[47]. À l'inverse, l'intensification des inventaires par pièges photographiques a révélé que l'espèce est plus fréquente que supposé dans certaines forêts secondaires de Malaisie péninsulaire et dans les massifs montagneux du nord du Laos, où elle figure parmi les carnivores terrestres les plus régulièrement détectés[122],[124].
Comme pour de nombreux petits félidés asiatiques, les programmes scientifiques le ciblent souvent conjointement avec des espèces sympatriques, telles que la Panthère nébuleuse, le Chat marbré et le Chat-léopard du Bengale. Entre février 1999 et mars 2003, une étude radiotélémétrique et coprologique pionnière menée par Lon Grassman dans le sanctuaire de faune sauvage de Phu Khiao en Thaïlande a permis d'équiper deux individus d'un collier émetteur, apportant les premières données objectives sur l'organisation spatiale, le domaine vital et l'écologie trophique de l'espèce à l'état sauvage[123].
Élevage en captivité
modifierLe Chat de Temminck demeure rare dans les parcs zoologiques, où il est historiquement considéré comme une espèce délicate à faire reproduire en captivité. Il fait l'objet d'un programme européen pour les espèces menacées (EEP) sous l'égide de l'Association européenne des zoos et aquariums (EAZA) afin de maintenir un réservoir génétique pérenne[125]. Des naissances régulières ont notamment été obtenues au parc zoologique national de Washington et au zoo de Wassenaar aux Pays-Bas[114].
En 1989, 24 individus étaient enregistrés dans sept parcs membres de l'International Species Information System (ISIS)[114]. Les effectifs captifs mondiaux inscrits comptaient 47 spécimens en novembre 2009, majoritairement répartis dans des institutions européennes et asiatiques[126]. La population captive en Amérique du Nord s'est quant à elle progressivement éteinte, faute d'effectifs suffisants pour éviter la consanguinité et le vieillissement des spécimens hébergés[127].Selon les données colligées par l'International Species Information System (ISIS) en 2009, les 47 spécimens répertoriés à l'échelle planétaire se concentraient essentiellement au sein d'institutions zoologiques européennes et asiatiques[126]. En Europe, le félin était alors hébergé au Royaume-Uni par les parcs de Belfast, d'Édimbourg et de Thrigby Hall, en Allemagne dans les zoos de Heidelberg, de Wuppertal et à l'Allwetterzoo de Münster, aux Pays-Bas au zoo de Rotterdam, ainsi qu'en France au Parc des Félins. En Asie, des individus étaient maintenus au zoo de Hanoï au Viêt Nam, au zoo d'Osaka au Japon, au zoo de Singapour, au Zoo Negara en Malaisie, ainsi que dans les zoos thaïlandais de Songkhla et de Khao Kheow à Chonburi. La présence de l'espèce sur les autres continents demeurait marginale, se réduisant à deux parcs en Océanie avec les zoos néo-zélandais d'Auckland et de Hamilton, et à une seule institution sur l'ensemble du continent américain avec le centre de conservation et d'élevage de Mountain View au Canada.
Culture
modifierCroyances et légendes
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En raison de sa robe unie d'un éclat doré, le Chat de Temminck est au cœur de multiples croyances et mythes populaires en Asie du Sud-Est[24]. Dans plusieurs régions de Thaïlande, il est désigné sous le nom vernaculaire de « tigre de feu » (เสือไฟ, seua fai). Une légende locale largement répandue lui prête des pouvoirs protecteurs exceptionnels face au tigre : brûler un poil ou un fragment de peau de Chat de Temminck, ou consommer sa viande, suffirait à chasser et maintenir à distance ce grand prédateur redouté[24][128]. Chez le peuple karen, la tradition orale affirme qu'il suffit de porter sur soi un unique poil de ce félin pour être immunisé contre les attaques de tigres[128].
De nombreuses populations autochtones lui attribuent une férocité et un courage démesurés, le hissant au rang de maître des autres félins de la jungle[114]. Dans le sud de la Thaïlande, où il est appelé kang kude (คางคูด), le folklore populaire lui prête une agressivité telle qu'il serait capable d'attaquer le bétail et de terrasser des animaux bien plus imposants que lui, jusqu'à l'éléphant d'Asie[129]. Cette réputation de sauvagerie indomptable tranche singulièrement avec les observations menées sur les individus captifs, décrits par les soigneurs et les zoologistes comme des animaux particulièrement paisibles, dociles et faciles à apprivoiser[114].
Philatélie
modifierLe Chat de Temminck a été représenté sur des timbres postaux émis par plusieurs pays dans le cadre d'émissions philatéliques consacrées aux félidés sauvages et aux espèces animales menacées, notamment au Bénin, au Bhoutan, à Madagascar, en Malaisie et en Thaïlande[130].
Notes et références
modifierNotes
modifier- (en)/(pl) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en anglais « Asian golden cat » (voir la liste des auteurs) et en polonais « Mormi złocisty » (voir la liste des auteurs).
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- ↑ Localité type : Darjeeling, Inde ; holotype présumé au Musée d'histoire naturelle de Londres. L'épithète dérive du latin nigrescens (« noirâtre »), issu du verbe nigrescere (« devenir noir »), lui-même dérivé de niger (« noir »).
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- ↑ Localité type : Guatun (Kuatun), Fujian, Chine. L'holotype (BMNH:Mamm:1899.12.27.1) est un mâle offert vivant par l'ornithologue John David Digues La Touche à la Société zoologique de Londres le 6 décembre 1897, où il a vécu en captivité jusqu'à sa mort le 26 mars 1898. L'épithète fait référence à l'ordre des Dominicains.
- ↑ Localité type : Sichuan, Chine. Deux lectotypes constitués des crânes d'un mâle et d'une femelle (ZIN O. 6333 et ZIN S. 6174) sont conservés à l'Institut de zoologie de l'Académie des sciences de Russie à Saint-Pétersbourg, collectés en 1894. Dédié au géographe et explorateur russe Piotr Semionov-Tian-Chanski (1827–1914).
- ↑ Combinaison et synonymie erronée appliquée au taxon africain et étendue aux formes asiatiques.
- ↑ Localité type : Sichuan, Chine. Holotype conservé au Muséum de Londres (BMNH:Mamm:1908.6.13.2), collecté par le naturaliste britannique Mason Mitchell.
- ↑ Localité type : Weishi, Yunnan, Chine. L'épithète rend hommage à l'entomologiste et collecteur allemand Rudolf Emil Mell (1878–1970).
- ↑ Localité type : Tengchong (Tengyueh), sud-ouest du Yunnan, Chine. L'holotype était déposé au Musée de la Royal Asiatic Society à Shanghai.
- ↑ Nom de remplacement (nomen novum) proposé pour Felis (Catopuma) melli Matschie, 1922.
- ↑ Orthographe subséquente incorrecte pour Felis dominicanorum P. L. Sclater, 1898.
- ↑ Typographie selon le Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale, Imprimerie nationale, 2002, édition octobre 2007 (ISBN 978-2-7433-0482-9), p. 37
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Voir aussi
modifierLiens externes
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