Chemin Haussé

voie romaine dans le Calvados

Le chemin Haussé est une voie romaine qui traverse la plaine de Caen et dont l'itinéraire reliait Chartres (cité des Carnutes) à Bayeux (cité des Bajocasses). Elle est identifiée à l'une des voies figurant sur la table de Peutinger. Cet itinéraire fut utilisé durant tout le Moyen Âge d'où l'appellation de « Chemin du Duc Guillaume » sur certains cadastres.

Chemin Haussé
Image illustrative de l’article Chemin Haussé
La voie romaine dite « chemin Haussé ».
Territoire traversé
1 région Gaule lyonnaise

Histoire

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La date exacte de la construction du chemin n'est pas connue. Il joua un rôle stratégique à partir du IIIe siècle pour acheminer les troupes vers la zone côtière qui subissait les incursions continuelles des pirates saxons. Patrick David évoque en 1987 une création augustéenne[B 1].

Une borne sur le chemin Haussé à Baron-sur-Odon.

C'est grâce à de telles voies que le christianisme a pu progresser et se propager. Les églises qui jalonnent le tracé, comme l'ancienne église Saint-Germain-du-Chemin[1] à Fontenay-le-Marmion, aujourd'hui disparue, ou les églises de Cintheaux et de Cauvicourt, attestent de l'authenticité de cette voie romaine. Elles sont d'ailleurs placées sous l'invocation de saint Germain, l'un des saints évangélisateurs de la Gaule. La fouille d'un tronçon à Verson laisse entendre une usure liée à une longue utilisation au Moyen-Age[B 2].

Cette voie ne sera véritablement supplantée qu'à la fin du XVIIIe siècle avec l'aménagement de la route royale de Caen à Alençon, actuellement la RN158.

Au printemps 2025 est évoquée la réalisation d'une voie douce entre les châteaux de Caen et celui de Falaise, s'appuyant sur le tracé du chemin Haussé[2].

Carte montrant les principales voies romaines en trait plein gris, les voies secondaires en trait plein marron et les voies supposées en pointillés marrons. Les chefs-lieux sont mentionnés en rouge pour le nom latin et en noir pour le nom actuel
Principales voies romaines en Basse-Normandie (état de la recherche en 2022).

Une vingtaine de voies principales reliant des agglomérations principales et une dizaine de voies secondaires sont identifiées en Normandie occidentale[A 1].

Elle prend naissance à Bretteville-l'Orgueilleuse, passe notamment par Vieux (l'antique Aregenua, chef-lieu de la cité des Viducasses), mais disparait sur les hauteurs de Rouvres[3]. Sa trace se retrouve vers Jort où elle rejoint une autre voie romaine venant de Caen : le chemin des Ponts de Jort qui présente un aspect moins élaboré et un tracé moins certain. Le chemin Haussé passe ensuite par Morteaux-Coulibœuf[4], puis traverse la plaine de Trun jusqu'à Exmes. La commune d'Estrées-la-Campagne témoigne de la présence de cette voie antique sur son territoire. En effet, le mot estrées est un terme d'ancien français, issu du latin strata, qui désigne une « voie couverte de pierres plates ». Le chemin n'est pas conservé en totalité, mais une vue aérienne permet de constater sa continuité à travers champs et de remarquer par endroits les traces des fossés[5].

Structure

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De nos jours, le chemin Haussé, qui fait l'objet d'un recensement à l'inventaire général du patrimoine culturel[6], n'est plus qu'un modeste chemin de terre[7]. Pourtant, il s'agit de l'une des plus anciennes routes de Normandie. Il tire son nom d'un mode de construction typique des voies antiques : la fondation est constituée d'une épaisse accumulation de pierres et de sable qui surélève le chemin par rapport aux terrains environnants et c'est à cette particularité qu'il doit son nom[8].

Un important fossé courait à une vingtaine de mètres de chaque côté de la chaussée. La largeur globale de la structure était de 32 mètres[B 3] dont une bande destinée à la circulation de m[A 2]. La tranchée de l'axe de la voie datée de la construction a peut-être été mise en évidence[A 2].

Ces fossés sont difficilement repérables aujourd'hui en raison des labours. Ils avaient une fonction de drainage en particulier pour évacuer les pluies orageuses[B 4] et servaient à délimiter l'espace aliénable du domaine public[9]. La voie était de ce fait praticable en permanence[B 2].

Un sondage réalisé à Cintheaux a fait apparaître une structure « très entamée par les travaux agricoles »[C 1]. Le fossé fouillé alors est profond au maximum d'm[C 1].

Notes et références

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  1. Arcisse de Caumont, Statistique monumentale du Calvados, t. 2, Caen, Hardel, , p. 164 Lire en ligne.
  2. Jean-Luc Pellerin, « Millénaire de Guillaume le Conquérant 2027 : une voie douce entre les châteaux de Caen et Falaise », 27 mai 2025, sur actu.fr.
  3. Arcisse de Caumont, Cours d'antiquités monumentales, , p. 124 Lire en ligne.
  4. Notice no IA00000552.
  5. Voir sur Google Maps.
  6. Notice no IA00000228.
  7. Le chemin Haussé sur Panoramio.
  8. Stéphane Gendron, La toponymie des voies romaines et médiévales, Paris, Errance, coll. « les Hespérides », , 224 p. (ISBN 2-8777-2332-1), p. 42.
  9. Le chemin Haussé, Topo-guide Caen-Exmes à pied, Jean Desloges, DRAC de Basse-Normandie.
  • L’apport de l’archéologie à la reconstitution du réseau routier romain en Normandie
  1. Léon 2022, p. 17.
  2. 1 2 Léon 2022, p. 25.
  • Coupe stratigraphique du Chemin Haussé (venant de Vieux et se dirigeant vers Bayeux)
  1. David 1987, p. 71.
  2. 1 2 David 1987, p. 73.
  3. David 1987, p. 69.
  4. David 1987, p. 72.
  • Cintheaux – Le Chemin Haussé

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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Bibliographie

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Ouvrages généraux

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  • Florence Delacampagne, Carte archéologique de la Gaule, 14. Le Calvados, Paris, Éd. de la Maison des sciences de l'homme, , 166 p. (ISBN 2-87754-011-1).
  • Élisabeth Deniaux, Claude Lorren, Pierre Bauduin et Thomas Jarry, La Normandie avant les Normands, de la conquête romaine à l'arrivée des Vikings, Rennes, Ouest-France, .
  • Claude Groud-Cordray, La Normandie gallo-romaine, Cully, OREP, , 31 p. (ISBN 978-2-915762-18-1).

Articles sur le chemin Haussé

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  • Gabriel Hubert, « Voies antiques. Les relations entre Jublains et Vieux », Annales de Normandie, t. 10-1, , p. 3-24 (lire en ligne, consulté le ).
  • Gabriel Hubert, « Voies antiques. Les relations entre Jublains et Vieux (suite) », Annales de Normandie, t. 10-3, , p. 171-190 (lire en ligne, consulté le ).
  • Dominique Bertin, « Introduction à une étude de l'époque gallo-romaine en Basse-Normandie : carte de répartition des voies et des sites gallo-romains de Basse-Normandie », Annales de Normandie, t. 25-2, , p. 67-74 (lire en ligne, consulté le ).
  • Patrick David, « Coupe stratigraphique du Chemin Haussé (venant de Vieux et se dirigeant vers Bayeux) Verson (Calvados) », Annales de Normandie, t. 37-1, , p. 69-73 (lire en ligne, consulté le ). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jean Desloges, « Cintheaux – Le Chemin Haussé », Archéologie de la France Informations, (lire en ligne, consulté le ). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Gaël Léon, « L’apport de l’archéologie à la reconstitution du réseau routier romain en Normandie », Annales de Normandie, t. 2022-2, , p. 13-36 (lire en ligne, consulté le ). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
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