Chorey-lès-beaune (AOC)
Un chorey-lès-beaune[n 2] est un vin français d'appellation d'origine contrôlée, produit sur une partie de la commune de Chorey-les-Beaune, en Côte-d'Or.
| Chorey-lès-beaune | |
| Désignation(s) | Chorey-lès-beaune |
|---|---|
| Type d'appellation(s) | AOC / AOP |
| Reconnue depuis | 1970 |
| Pays | |
| Région parente | vignoble de Bourgogne |
| Sous-région(s) | vignoble de la côte de Beaune |
| Localisation | Côte-d'Or |
| Climat | océanique à tendance continentale |
| Ensoleillement (moyenne annuelle) |
1 266 heures[1] |
| Sol | argilo-calcaire |
| Superficie totale | 154 hectares[2] |
| Superficie plantée | 138 ha (en 2023)[3] |
| Cépages dominants | pinot noir N[n 1] et chardonnay B |
| Vins produits | 89 % rouges et 11 % blancs |
| Production | 7 583 hl (en 2023)[3] |
| Pieds à l'hectare | minimum 9 000 pieds/ha[4] |
| Rendement moyen à l'hectare | 54 hl/ha en rouge et 62 en blanc (en 2023)[3] |
| modifier |
|
Il s'agit d'une des appellations communales du vignoble de la côte de Beaune, située en plaine, au nord-est de l'aire d'appellation beaune, à l'est des aires de l'aloxe-corton et du savigny-lès-beaune.
Histoire
modifierDébut du vignoble
modifierOn attribue à la période romaine l'implantation de la viticulture dans l'actuelle Bourgogne ; plusieurs fouilles archéologiques la prouvent pour la fin du Ier siècle, notamment celle à Gevrey-Chambertin en 2008-2009 (au lieu-dit « Au-dessus de Bergis », interprétée comme étant les restes d'une vigne en pergolette sur plaine argileuse)[5]. Ce vignoble de plaine se serait implanté sur le coteau seulement à partir du haut Moyen Âge, avec aménagement progressif d'un parcellaire délimité par des haies, des murs, des murgers et des chemins[6].

À partir du VIIe siècle, l'implantation du christianisme favorise l'extension de la vigne par la création de domaines viticoles par les institutions ecclésiastiques[7]. Le vignoble de Chorey-lès-Beaune fut fondé en 1237 par Édouard de Froment, un neveu par alliance du duc de Bourgogne.[réf. nécessaire] En l'an 1395, Philippe le Hardi décida d'améliorer la qualité des vins et interdit la culture du gamay au profit du pinot noir sur ses terres[8]. Cet ordre, renouvelé plusieurs fois ce qui fait douter de son efficacité, n'empêche pas le gamay et d'autres cépages d'être massivement cultivés, notamment en plaine et au pied du coteau, produisant des vins de consommation courante. À la mort de Charles le Téméraire, le vignoble de Bourgogne fut rattaché au royaume de France, sous le règne de Louis XI.
Période moderne
modifierEn 1700, l'intendant Ferrand[n 3] rédigea un Mémoire de la Bourgogne pour l'instruction du dauphin Louis (qui avait le titre de duc de Bourgogne ; c'est le petit-fils de Louis XIV et le père de Louis XV), indiquant que dans le duché les vins les meilleurs provenaient des « vignobles [qui] approchent de Nuits et de Beaune »[9].
XIXe siècle
modifierEn 1831, Denis Morelot indique dans son ouvrage que le vignoble de la commune comprenait 221 hectares de gamay, complétés par 54 ha de noiriens (l'ancien nom du pinot noir), précisant que « parmi les meilleurs vignobles du canton sud de Beaune, on doit placer celui de Chorey. Le territoire de cette commune est élevé, et repose généralement sur un fond sablonneux, sec et propice à la vigne, aussi y a-t-elle été cultivée de temps immémorial. Le vin qu'elle y produit ne peut être considéré comme un pur gamay ; c'est un très-bon passe-tout-grain franc, moelleux, coloré, que le commerce peut expédier avec grand avantage comme excellent ordinaire. On emploi encore les bons Chorey, quand les vins de première qualité périclitent. Ils deviennent alors ce qu'on appelle vins de remède ; ils les bonifient et les rendent agréables à boire »[10].
Dans les décennies 1830 et 1840, la pyrale se multiplie et ses chenilles dévorent les feuilles de la vigne. Elle est suivie à partir de 1850 d'une maladie cryptogamique, l'oïdium[11], un champignon qui se développe sur les feuilles : les viticulteurs luttent contre lui depuis 1854 en aspergeant les vignes de soufre utilisé contre fongicide (soufrage). Le millésime 1865 a donné des vins aux teneurs naturelles en sucres très élevées et des vendanges assez précoces[12].

Puis arrive le phylloxéra, un puceron venu d'Amérique du Nord, qui touche la Côte-d'Or à partir de 1878 (à Meursault), se répandant ensuite, entraînant à terme la mort de la totalité des vignes. La seule parade trouvée fut de replanter avec greffage sur des pieds américains, autorisé en Bourgogne à partir de 1887[13]. En 1878, une nouvelle maladie cryptogamique, le mildiou, est identifiée dans le Bordelais, venant elle-aussi d'Amérique du Nord et contaminant rapidement tous les vignobles européens ; le traitement avec du sulfate de cuivre (la bouillie bordelaise) est proposé en 1885. Enfin, en 1886, c'est au tour du black rot (la pourriture noire) d'arriver[14], traité au fongicide. La crise phylloxérique transforme le vignoble : toutes les parcelles ne furent pas replantées, notamment en plaine comme à Chorey ; le provignage est abandonné, les plantations sont faites en rangs avec désormais un palissage sur fils de fer, et non plus en foule sur piquets[15], d'où une densité plus faible, et la possibilité d'y faire passer un cheval (pour traiter et labourer).
XXe siècle
modifierLe mildiou provoqua un désastre considérable en 1910. Les vins de Chorey-les-Beaune ont longtemps été vendus sous les appellations voisines mais en 1970, le vignoble obtient sa propre AOC[16]. Apparition de l'enjambeur dans les années 1960-70, qui remplacent le cheval. Les techniques en viticulture et œnologie ont bien évolué depuis 50 ans (vendange en vert, table de triage, cuve en inox, pressoir électrique puis pneumatique...). Le décret de mai 1970 modifie la définition de l'appellation et prévoit une révision des délimitations[17]. En 1995, la commune de Chorey obtient son changement de nom en Chorey-les-Beaune (application d'un décret de 1927)[18].
XXIe siècle
modifierAvec la canicule de 2003, les vendanges débutèrent pour certains domaines cette année-là à la mi-août, soit avec un mois d'avance, des vendanges très précoces qui ne s'étaient pas vues depuis 1422 et 1865 d'après les archives[12]. Le cahier des charges de l'appellation a été modifié en octobre 2009[19], puis en décembre 2011[4].
Étymologie
modifierLe nom de l'appellation est celui du village éponyme. Ce toponyme a varié : en 1004 c'est Cariacus (dans la chronique de Saint-Bénigne, folio 48 recto), en 1139 Ecclesia Charreii in honore sancti Petri constituta, en 1147 Cadriacum, en 1150 Chorriacum, en 1192 « Charei », 1224 « Charré », en 1263 Charreium, en 1285 « Cherré », en 1313 « Charrei », en 1348 « Charrey amprès Beaune », en 1371 « Chaurey emprès Beaune », en 1391 « Chorrey », en 1402 « Chourey » ou « Charrey », en 1569 « Chorey », en 1573 « Chaurey près Beaulne »[20]. Le , la commune a rajouté à son nom celui de la ville voisine (application tardive du décret du )[18], devenant ainsi Chorey-les-Beaune. L'intérêt est notamment commercial : le nom de Beaune est réputé comme appellation pour un vin.
Le nom d'origine, Cariacus, est dérivé du latin carrus, « char, chariot » avec le suffixe -iacus, une référence à l'ancienne voie romaine empierrée reliant Augustodunum (Autun) à Vesontio (Besançon) via Beaune, une des voies d'Agrippa : c'est le chemin Ferré, l'actuelle D20, passant au sud de Chorey[21].
Vignoble
modifierAire d'appellation
modifierLe vignoble produisant le chorey-lès-beaune se situe dans le département de la Côte-d'Or, dans le vignoble de la côte de Beaune, sur une partie de la commune de Chorey-les-Beaune au nord-est de Beaune.
La surface totale classée dans l'aire d'appellation est de 154 hectares et 41,87 ares[2]. Selon le service des Douanes, la superficie déclarée en production[n 4] en 2023 sous l'appellation est d'un total de 138,383 ha, comprenant 124,547 ha en rouge et 13,835 ha en blanc[3]. Le vignoble y est presque exclusivement exploité en vins rouges (cépage : pinot noir), avec une faible part de blancs (cépage : chardonnay). En 2008, cela donnait 131 ha pour produire du vin rouge et 5 ha pour du blanc[26].
Lieux-dits
modifier| Images externes | |
| Carte de l'aire d'appellation du chorey-lès-beaune, indiquant les différents climats | |
| Cartes cadastrales de l'appellation | |
| Orthophoto du parcellaire de l'AOC | |
Le nom de l'appellation sur les déclarations comme sur l'étiquette peut être suivi du nom du climat (lieux-dits)[n 5] sur lequel le vin a été produit. Si l'appellation chorey-lès-beaune n'a pas de climat classé comme premier cru, des lieux-dits cadastrés peuvent figurer sur l'étiquette, mais en caractères de taille moitié moindre que ceux du nom de l'appellation :
- Aux Clous ;
- Champs Piétant ;
- Confrelin ;
- La Maladérotte ;
- Le Grand ;
- Le Grand Saussy ;
- Les Beaumonts ;
- Les Bons Ores ;
- Les Champs Longs ;
- Les Closeaux ;
- Les Crais ;
- Les Grandes Rêpes ;
- Les Pertuisotes ;
- Les Petites Rêpes ;
- Les Ratosses ;
- Petits Champs Longs ;
- Pièce du Chapitre ;
- Plantes des Plantes ;
- Poirier Malchaussé ;
- Saussy ;
- Trot Garnier ;
- Tue-Boeuf[26].
Géologie et orographie
modifierSol argilo-calcaire avec des alluvions marno-calcaire, soubassement sablonneux.
Climatologie
modifierLe climat bourguignon est un climat tempéré océanique à légère tendance continentale. L'influence océanique se traduit par des pluies fréquentes en toutes saisons (avec néanmoins un maximum en automne et un minimum en été) et un temps changeant. L'influence semi-continentale se traduit par une amplitude thermique mensuelle plutôt élevée, se caractérisant par des hivers plus froids avec quelques chutes de neige, et des étés plus chauds que sur les littoraux, avec à l'occasion de violents orages. Les données climatiques de la station météo de Savigny-lès-Beaune (à 237 puis à 246 mètres d'altitude : 47° 02′ 40″ N, 4° 50′ 36″ E jusqu'en 2011, puis 47° 03′ 23″ N, 4° 50′ 12″ E )[27] ci-dessous en rendent compte.
En raison de l'actuel changement climatique, les vendanges sont souvent plus précoces de quelques jours (le débourrement, la floraison et la véraison de la vigne se faisant plus tôt)[28].
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Températures (°C) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Maximale moyenne | 5,8 | 8 | 12,7 | 17,7 | 20,6 | 24,7 | 27 | 26 | 22,7 | 16,4 | 10,2 | 7,1 | 16,6 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Moyenne | 2,8 | 4 | 7,7 | 11,6 | 14,9 | 18,3 | 20,5 | 19,5 | 16,8 | 11,4 | 6,5 | 4 | 11,4 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Minimale moyenne | −1 | 0 | 2,6 | 5,5 | 9,2 | 13 | 14,7 | 13,9 | 11 | 7 | 3,4 | 0,9 | 6,8 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Nombre de jours avec gel | 13,6 | 11 | 7,5 | 2,1 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 2 | 6 | 10,6 | 52,8 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Précipitations | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Hauteur (mm) | 32,5 | 27,1 | 35,8 | 41,2 | 37,8 | 43,3 | 24,3 | 29,5 | 30,4 | 38,8 | 27 | 38 | 405,7 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Ensoleillement | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Heures | 24,3 | 60,3 | 112,5 | 139,1 | 155 | 162,3 | 164,5 | 182,4 | 144,9 | 73,4 | 29,9 | 17,4 | 1 266 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Encépagement
modifierLe pinot noir N[n 1] compose exclusivement les vins rouges de l'AOC (même si le chardonnay B, le pinot blanc B et le pinot gris G sont autorisés comme cépages accessoires[4]). Il est constitué de petites grappes denses, en forme de cône de pin[29] composées de grains ovoïdes, de couleur bleu sombre[29]. C'est un cépage délicat, qui est sensible aux principales maladies et en particulier au mildiou, au rougeot parasitaire, à la pourriture grise (sur grappes et sur feuilles), et au cicadelles[30]. Ce cépage, qui nécessite des ébourgeonnages soignés, a tendance à produire un nombre important de grapillons[30]. Il profite pleinement du cycle végétatif pour mûrir en première époque. Le potentiel d'accumulation des sucres est élevé pour une acidité juste moyenne et parfois insuffisante à maturité. Les vins sont assez puissants, riches, colorés, de garde[31]. Ils sont moyennement tanniques en général.
Le chardonnay B, lui, compose les vins blancs de l'AOC (même si le pinot blanc B est également autorisé[4]). Ses grappes sont relativement petites, cylindriques, moins denses que celles du pinot noir[32], constituées de grains irréguliers, assez petits, de couleur jaune doré[32]. De maturation de première époque comme le pinot noir, il s'accommode mieux d'une humidité de fin de saison avec une meilleure résistance à la pourriture s'il n'est pas en situation de forte vigueur. Il est sensible à l'oïdium et à la flavescence dorée. Il débourre un peu avant le pinot noir, ce qui le rend également sensible aux gelées printanières. Les teneurs en sucre des baies peuvent atteindre des niveaux élevés tout en conservant une acidité importante, ce qui permet d'obtenir des vins particulièrement bien équilibrés, puissants et amples, avec beaucoup de gras et de volume[30].
Méthodes culturales
modifierTravail manuel
modifierCe travail commence par la taille, en « guyot simple », avec une baguette de cinq à huit yeux et un courson de un à trois yeux[33]. Le tirage des sarments suit la taille. Les sarments sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. On passe ensuite aux réparations. Puis vient le pliage des baguettes. Éventuellement, après le pliage des baguettes, une plantation de nouvelles greffes est réalisée. L'ébourgeonnage peut débuter dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet, en partie, de réguler les rendements[33]. Le relevage est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. En général, deux à trois relevages sont pratiqués. La vendange en vert est pratiquée de plus en plus dans cette appellation. Cette opération est faite dans le but de réguler les rendements et surtout d'augmenter la qualité des raisins restants[33]. Pour finir avec le travail manuel à la vigne, se réalise l'étape importante des vendanges.
Travail mécanique
modifierL'enjambeur est d'une aide précieuse. Les différents travaux se composent du broyage des sarments, réalisé lorsque les sarments sont tirés et mis au milieu du rang. De trou fait à la tarière, là où les pieds de vignes sont manquants, en vue de planter des greffes au printemps. De labourage ou griffage, réalisé dans le but d'aérer les sols et de supprimer des mauvaises herbes. De désherbage fait chimiquement pour tuer les mauvaises herbes. De plusieurs traitements des vignes, réalisés dans le but de les protéger contre certaines maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, pourriture grise, etc.) et certains insectes (eudémis et cochylis)[33]. De plusieurs rognages consistant à reciper ou couper les branches de vignes (rameaux) qui dépassent du système de palissage. Des vendanges mécaniques se réalisant avec une machine à vendanger ou une tête de récolte montée sur un enjambeur.
Rendements
modifierLes rendements sont de 50 à 58 hl/ha pour les rouges et 57 à 64 hl/ha pour les blancs[4].
Vins
modifierLes vins produits sur l'aire d'appellation du chorey-lès-beaune peuvent être repliés[n 6] en appellations côte-de-beaune-villages (en rouge seulement), bourgogne côte-d'or, bourgogne ou coteaux-bourguignons.
Volumes
modifierLa production annuelle de vin sous l'appellation chorey-lès-beaune était en moyenne sur la période 2017-2021 de 5 989 hectolitres (un hectolitre = 100 litres = 133 bouteilles de 75 cl), comprenant 5 417 hl de rouge et 572 hl de blanc[26]. Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont[3] :
| Année | chorey-lès-beaune rouge | chorey-lès-beaune blanc | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | |
| 2022 | 127,04 | 6 077 | 48 | 13,55 | 724 | 53 |
| 2023 | 124,54 | 6 721 | 54 | 13,83 | 861 | 62 |
| 2024 | 124,59 | 3 364 | 27 | 14,62 | 619 | 42 |
Titre alcoométrique volumique
modifier| AOC | Rouge | Rouge | Blanc | Blanc |
| Titre alcoométrique volumique | minimal | maximal | minimal | maximal |
| Village[4] | 10,5 % vol | 13,5 % vol | 11 % vol | 13,5 % vol |
Vinification et élevage
modifierVoici les méthodes générales de vinification de cette appellation. Il existe cependant des petites différences de méthode entre les différents viticulteurs et négociants.
Vinification en rouge
modifierLa récolte des raisins se fait à maturité et de façon manuelle ou mécanique. La vendange manuelle est le plus souvent triée, soit à la vigne soit à la cave avec une table de tri, ce qui permet d'enlever les grappes pourries ou insuffisamment mûres[33]. La vendange manuelle est généralement éraflée puis mise en cuve. Une macération pré-fermentaire à froid est quelquefois pratiquée. La fermentation alcoolique peut démarrer, le plus souvent après un levurage. Commence alors le travail d'extraction des polyphénols (tanins, anthocyanes) et autres éléments qualitatifs du raisin (polysaccharides etc.)[33]. L'extraction se faisait par pigeage, opération qui consiste à enfoncer le chapeau de marc dans le jus en fermentation à l'aide d'un outil en bois ou aujourd'hui d'un robot pigeur hydraulique. Plus couramment, l'extraction est conduite par des remontages, opération qui consiste à pomper le jus depuis le bas de la cuve pour arroser le chapeau de marc et ainsi lessiver les composants qualitatifs du raisin. Les températures de fermentation alcoolique peuvent être plus ou moins élevées suivant les pratiques de chaque vinificateur avec une moyenne générale de 28 à 35 degrés au maximum de la fermentation[33]. La chaptalisation est réalisée si le degré naturel est insuffisant : cette pratique est réglementée[33]. À l'issue de la fermentation alcoolique suit l'opération de décuvage qui donne le vin de goutte et le vin de presse. La fermentation malolactique se déroule après mais est dépendante de la température. Le vin est soutiré et mis en fût ou cuve pour son élevage. L'élevage se poursuit pendant plusieurs mois (12 à 24 mois)[33] puis le vin est collé, filtré et mis en bouteilles.
Vinification en blanc
modifier
Comme pour le rouge, la récolte est manuelle ou mécanique et peut être triée. Les raisins sont ensuite transférés dans un pressoir pour le pressurage. Une fois le moût en cuve, le débourbage est pratiqué généralement après un enzymage. À ce stade, une stabulation préfermentaire à froid (environ 10 à 12 degrés pendant plusieurs jours) peut être recherchée pour favoriser l'extraction des arômes[33]. Mais le plus souvent, après 12 à 48 heures, le jus clair est soutiré et mis à fermenter[33]. La fermentation alcoolique se déroule avec un suivi tout particulier pour les températures qui doivent rester à peu près stables (18 à 24 degrés)[33]. La chaptalisation est aussi pratiquée pour augmenter le titre alcoométrique volumique si nécessaire. La fermentation malolactique est réalisée en Fûts ou en cuves. Les vins sont élevés « sur lies », en fûts, dans lesquels le vinificateur réalise régulièrement un « bâtonnage », c'est-à-dire une remise en suspension des lies[33]. Cette opération dure pendant plusieurs mois au cours de l'élevage des blancs. À la fin, la filtration du vin est pratiquée pour rendre les vins plus limpides[33]. La mise en bouteille clôture l'opération.
Gastronomie
modifierVin rouge : léger et souple, fruits rouges au nez, peu tannique.
Vin blanc : Il exploite bien le potentiel du chardonnay.
Économie
modifierStructure des exploitations
modifierIl existe des domaines de tailles différentes. Ces domaines mettent tout ou une partie de leurs propres vins en bouteilles et s'occupent aussi de le vendre. Les autres, ainsi que ceux qui ne vendent pas tous leurs vins en bouteilles, les vendent aux maisons de négoce.
Les maisons de négoce achètent leurs vins, en général, en vin fait (vin fini) mais parfois en raisin ou en moût[34]. Elles achètent aux domaines et passent par un courtier en vin qui sert d'intermédiaire moyennant une commission de l'ordre de 2 % à la charge de l'acheteur.
Commercialisation
modifierLa commercialisation de cette appellation se fait par divers canaux de vente : dans les caveaux du viticulteur, dans les salons des vins (vignerons indépendants, etc.), dans les foires gastronomiques, par exportation, dans les Cafés-Hôtels-Restaurants (C.H.R), dans les grandes et moyennes surfaces (G.M.S).
Notes et références
modifierNotes
modifier- 1 2 Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
- ↑ Le nom d'un vin étant un nom commun (créé par antonomase), il ne porte donc pas systématiquement une majuscule ; cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
- ↑ François-Antoine Ferrand (1657-1731), fut l'intendant de la généralité de Bourgogne de janvier 1694 à juin 1705.
- ↑ Pour une même appellation, lieu-dit ou parcelle, les sources peuvent indiquer plusieurs superficies différentes, en fonction de l'année ou de la définition prise en compte. La surface totale est ici celle classée par l'INAO comme aire d'appellation ; elle comprend des parcelles cadastrées qui peuvent être plantées de vignes, mais qui peuvent être aussi en jachère, boisées, bâties ou en activité autre que viticole, ainsi que des jardins, des vignes à l'abandon ou trop jeunes pour produire le vin considéré. La surface plantée, appelée aussi « surface en vigne » ou « superficie viticole cultivée »[22], ne concerne que des vignes, en culture pure ou associée (tel que l'agroforesterie)[23], y compris les jeunes ceps pas encore en production et les manquants ; plantations, arrachages, achats et ventes de parcelles doivent être déclarés au casier viticole informatisé (CVI). La surface déclarée en production (par parcelle auprès des Douanes) concerne une appellation précise et comprend les tournières, bandes tampons, fossés, talus, haies ou arbres (isolés ou alignés)[24]. Enfin, il y a la surface couverte « à ras des souches », concernant que les pieds de vignes, utilisée pour les demandes d'aide[25].
- ↑ Une carte détaillée des différents climats du vignoble de Bourgogne est disponible sur le site https://bourgogne-maps.fr/ ; une carte moins complète (sans les climats des appellations régionales) est consultable à l'adresse https://www.climats-bourgogne.com/fr/carte_14.html
- ↑ Repli : commercialisation d'un vin bénéficiant d'une appellation d'origine contrôlée sous une appellation plus générale à laquelle il peut prétendre ; cf. « directive INAO-DIR-2019-02 » [PDF], sur inao.gouv.fr, .
Références
modifier- 1 2 « Normales et records 1991-2020 de la station de Savigny-lès-Beaune », sur infoclimat.fr.
- 1 2 Jean-François Bazin, Le vin de Bourgogne, Paris, Dunod, , 263 p. (ISBN 978-2-10-058518-2), p. 250.
- 1 2 3 4 5 « Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects : superficies et volumes en production par produit », sur douane.gouv.fr (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « Chorey-lès-Beaune » » [PDF], homologué par le décret no 2011-1821 du publié au JORF no 284 du .
- ↑ Jean-Pierre Garcia, Sébastien Chevrier, Alexa Dufraisse, Marion Foucher et Ronan Steinmann, « Le vignoble gallo-romain de Gevrey-Chambertin « Au-dessus-de Bergis », Côte-d’Or (Ier-IIe s. ap. J.-C.) : modes de plantation et de conduite de vignes antiques en Bourgogne », Revue archéologique de l'Est, t. 59, no 2, , p. 505-537 (lire en ligne).
- ↑ Jean-Pierre Garcia, « La construction des climats viticoles en Bourgogne, la relation du vin au lieu au Moyen Âge », L'Atelier du Centre de recherches historiques, no 12, (lire en ligne).
- ↑ Jean-François Bazin, Histoire du vin de Bourgogne, Paris, J.-P. Gisserot, coll. « Gisserot-Bourgogne », , 124 p. (ISBN 2-87747-669-3, lire en ligne), p. 10-13.
- ↑ Bazin 2002, p. 21-22.
- ↑ François-Antoine Ferrand, Mémoire sur le duché de Bourgogne, 1697 et 1700, 633 et 573 p., vol. I sur Gallica et vol. II sur Gallica. Six exemplaires sont conservés à la bibliothèque municipale de Dijon, sous les cotes ms 724, 725, 726, 792, 1051 et 1064 ; il a été réédité et analysé : Antoine François Ferrand et Daniel Ligou, L'Intendance de Bourgogne à la fin du XVIIe siècle : mémoire pour l'instruction du duc de Bourgogne, Paris, CTHS, , 646 p. (ISBN 2-7355-0127-2).
- ↑ Denis Morelot, Statistique de la vigne dans le département de la Côte-d'Or, Dijon, Victor Lagier, , 286 p. (BNF 30979367), p. 42-44, lire en ligne sur Gallica.
- ↑ Bourgogne : Côte de Beaune, Paris, La Revue du vin de France et Le Figaro, coll. « vins de France et du monde », , 96 p. (ISBN 978-2-8105-0065-9), « L'histoire », p. 26.
- 1 2 « Le millésime 2003 en Bourgogne », La Revue du vin de France, no 482, , p. 109.
- ↑ Alain Huetz de Lemps, « La vigne américaine au secours de l'Europe », Les Cahiers d'Outre-Mer, nos 179-180, , p. 469 (lire en ligne).
- ↑ François Delmotte et Olivier Jacquet, « Histoire des maladies de la vigne et de leur impact sur la filière viticole, ses normes et ses pratiques : regards croisés d'un biologiste et d'un historien » [PDF] (12e colloque de la Société française de phytopathologie, « Les Vendanges du Savoir » le 20 mai 2025 à Talence).
- ↑ « Culture de la vigne – Frise chronologique », sur archeologie-vin.inrap.fr (consulté le ).
- ↑ Site du BIVB
- ↑ « Décret du 21 mai 1970 relatif à la délimitation des appellations contrôlées « Auxey-Duresses », « Blagny », « Chassagne-Montrachet », « Cheilly-lès-Maranges », « Chorey-lès-Beaune », « Dezize-lès-Maranges », « Ladoix », « Meursault », « Monthelie », « Pernand-Vergelesses », « Puligny-Montrachet », « Saint-Aubin », « Saint-Romain », « Sampigny-lès-Maranges », « Santenay », « Savigny-lès-Beaune », « Côte de Beaune-Villages » », publié au JORF du p. 4859-4860.
- 1 2 Décret du , publié au JORF du p. 1659, lire en ligne sur Gallica.
- ↑ « Décret n° 2009-1192 du 6 octobre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Beaune », « Blagny », « Chorey-lès-Beaune », « Clos de Vougeot » ou « Clos Vougeot », « Côte de Beaune », « Fixin », « Côte de Nuits-Villages » », publié au JORF no 0233 du .
- ↑ Alphonse Roserot, Dictionnaire topographique de la France, t. 8 : Dictionnaire topographique du département de la Côte-d'Or : comprenant les noms de lieux anciens et modernes, Paris, Imprimerie nationale, , 516 p. (BNF 37326793), p. 108, lire en ligne sur Gallica.
- ↑ Marie-Hélène Landrieu-Lussigny et Sylvain Pitiot, Climats et lieux-dits des grands vignobles de Bourgogne : Atlas et Histoire des Noms de Lieux, Paris, Éditions de Monza & Éditions du Meurger, , 4e éd. (1re éd. 2012), 418 p. (ISBN 978-2-916231-58-7), p. 312.
- ↑ Règlement (CEE) no 649/87 de la Commission du portant modalités d'application relatives à l'établissement du casier viticole communautaire.
- ↑ « Circulaire du 28 juin 2024 relative à la prise en compte de certains éléments environnementaux pour le calcul de la superficie plantée au CVI » [PDF], sur douane.gouv.fr.
- ↑ « Arrêté du 15 avril 2014 relatif à l'admissibilité de certaines surfaces et modifiant l'arrêté du 13 juillet 2010 relatif aux règles de bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE) », publié au JORF no 0094 du .
- ↑ « Les différentes surfaces (Cadastrales, Douanes, FAM) » [PDF], sur comiterqd-lr.fr, .
- 1 2 3 « Chorey-Lès-Beaune », sur vins-bourgogne.fr.
- ↑ « 21590001 – SAVIGNY LES BEAUNE – ROUTE DE BEAUNE » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.
- ↑ Malika Madelin, Benjamin Bois et Jean-Pierre Chabin, « Modification des conditions de maturation du raisin en Bourgogne viticole liée au réchauffement climatique », EchoGéo, no 14, (lire en ligne).
- 1 2 Christian Pessey, Vins de Bourgogne, La vigne et le vin « Pinot noir », p.12
- 1 2 3 Catalogue des variétés et clones de vigne cultivés en France ENTAV, Éditeur
- ↑ Christian Pessey, Vins de Bourgogne, La vigne et le vin « Pinot noir », p.13
- 1 2 Christian Pessey, Vins de Bourgogne, La vigne et le vin « Chardonnay », p.13
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Conduite et gestion de l'exploitation agricole, cours de viticulture du lycée viticole de Beaune (1999-2001). Baccalauréat professionnel option viticulture-œnologie.
- ↑ Le Figaro et La Revue du Vin de France (2008) : Vins de France et du monde, Bourgogne : Côte de Beaune, (Le négoce), p. 24.