Caracal auratus

espèce de mammifères
(Redirigé depuis Chrysailurus)

Chat doré (Stricto sensu), Chat doré d’Afrique, Chat doré Africain, Chat à ventre tacheté

Caracal auratus
Description de cette image, également commentée ci-après
Quatre photographies de l’espèce, prises par piège en Tanzanie.
2.93–0 Ma
Classification
Règne Animalia
Sous-embr. Vertebrata
Super-classe Tetrapoda
Classe Mammalia
Cohorte Placentalia
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Felidae
Sous-famille Felinae
Genre Caracal

Sous-genre

Profelis Severtsov, 1858 obsolète

Espèce

Caracal auratus
(Temminck, 1825)

Statut de conservation UICN

( VU )( VU )
VU  : Vulnérable

Statut CITES

Sur l'annexe  II  de la CITES Annexe II , Rév. du 04-02-1977

Répartition géographique

Description de cette image, également commentée ci-après
Aire de répartition de Caracal auratus :

   ////  Présence incontestée

   ////  Présence possible ou erreur de recensement

Sous-espèces de rang inférieur

Synonymes

  • Felis aurata Temminck, 1825 [1] (Protonyme)
  • Felis celidogaster Temminck, 1825 [1]
  • Felis chalybeata Griffith, C. H. Smith, & Pidgeon, 1825 [1]
  • Felis chrysothrix Temminck, 1827 [1]
  • Felis neglecta J. E. Gray, 1838 [1]
  • Leopardus neglectus : J. E. Gray, 1843 [1]
  • Profelis aurata : Pocock, 1917 [1]
  • Caracal aurata : Butynski, Douglas-Dufresne, & De Jong, 2012 [1]

Caracal auratus, le Chat doré au sens strict, mais plus communément désigné sous le nom de Chat doré d’Afrique, ou plus rarement sous celui de Chat à ventre tacheté, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des félidés, endémique des forêts tropicales humides d’Afrique de l'Ouest et d’Afrique centrale.

Ce félin de taille moyenne mesure entre 61 et 101 cm de long sans la queue, celle-ci mesurant de 16 à 46 cm[2]. Bien qu’il soit communément désigné sous le nom vernaculaire de « Chat », il ne fait plus partie du groupe des Chats proprement dits (du genre Felis). Après avoir été placé dans son propre genre Profelis, au cours du XXe siècle, une étude menée au début des années 2010 l’a placé au sein du genre Caracal, confirmant sa proche parenté génétique avec le Caracal et le Serval[3].

Principalement menacé par la déforestation intensive de son habitat forestier et le braconnage lié au trafic de viande de brousse, le Chat doré d'Afrique est classé comme « espèce vulnérable » (VU) sur la Liste rouge de l'UICN[4].

Dénominations

modifier

Étymologie

modifier

Pour l’espèce et la sous-espèce nominale, le Chat doré (Caracal auratus et Caracal auratus auratus), l'épithète spécifique auratus provient du latin auratus (« doré », « orné d'or »), lui-même dérivé d'aurum (« or »)[19]. La forme féminine aurata a longtemps été préférentiellement employée, notamment par l'UICN ()[20], en raison du genre grammatical féminin du mot Felis en latin classique. Cependant, le genre Caracal étant masculin, cette terminaison s'avère fautive et a été corrigée en Caracal auratus en 2024 sur le site de l'American Society of Mammalogists, en accord avec les règles de la Commission internationale de nomenclature zoologique (CINZ)[1]. Le synonyme générique Chrysailurus, proposé pour ce même taxon par Nikolaï Severtsov avec Felis neglecta pour espèce type, est quant à lui formé sur le grec ancien χρυσός (khrusós, « or ») et αἴλουρος (aílouros, « chat »)[21].

Pour la sous-espèce occidentale, le Chat à ventre tacheté (Caracal auratus celidogaster), l'épithète sous-spécifique celidogaster combine les racines grecques κηλίς (kêlís, génitif kêlídos, « tache »)[22] et γαστήρ (gastḗr, génitif gastrós, « ventre »)[23], décrivant les macules sombres caractéristiques de sa face ventrale. Le nom de genre synonyme Profelis, également créé par Severtsov avec Felis celidogaster pour espèce type, associe le préfixe grec πρό (pró, « avant », « devant ») au genre linnéen Felis, évoquant une forme ancestrale ou antérieure au sein du groupe des félidés[24].

Dans la taxonomie contemporaine, où les deux espèces ont été rassemblées, le nom du genre ou du sous-genre a été Profelis, tandis que l’épithète spécifique est aurata devenu auratus.

Taxonomie

modifier
Illustration du Chat à ventre tacheté (Felis celidogaster) issue de Iconographia Zoologica, 1834.
Illustration du Chat doré (Felis aurata) dans les Proceedings of the Zoological Society of London, 1873.

L'espèce est décrite pour la première fois en 1825 par le zoologiste néerlandais Coenraad Jacob Temminck, qui lui attribue le nom de Félis doré (Felis aurata) à partir d'une dépouille de couleur roux-bai achetée chez un marchand à Londres[17]. Temminck ne peut préciser la localité type[25] ; Van Mensch et Van Bree la fixent en 1969 comme étant « probablement la région côtière de la Basse-Guinée », en Afrique de l'Ouest[26],[27]. L'holotype est une peau montée d'un spécimen adulte (RMNH.MAM.19633) conservée au musée d'histoire naturelle de Leyde[28].

Dans le même ouvrage, Temminck décrit également sous le nom de Félis à ventre tacheté (Felis celidogaster) une peau de félin grisâtre tachetée de brun chocolat, provenant d'un individu ayant vécu à la ménagerie d'Exeter-Change à Londres[18]. La localité type est initialement mentionnée comme étant « les côtes du Chili ou du Pérou »[29], avant que l'auteur ne la rectifie en 1853 pour la « côte de Guinée »[30] ; elle est restreinte par Van Mensch et Van Bree en 1969 à Dabocrom, entre Sekondi (4° 59′ N, 1° 43′ O) et Butre (4° 50′ N, 1° 56′ O), au Ghana[26]. L'holotype est conservé à Leyde sous le numéro RMNH.MAM.19632[31].

Plusieurs autres taxons sont décrits au cours du XIXe siècle et du XXe siècle : Felis neglecta, proposée par John Edward Gray en 1838 d'après une peau gris-brunâtre originaire de Sierra Leone[32] ; Felis rutilus, décrite par George Robert Waterhouse en 1843 d'après un spécimen roussâtre provenant également de Sierra Leone[33] ; Felis chrysothrix cottoni, nommée par Richard Lydekker en 1907 d'après un spécimen gris foncé de la forêt de l'Ituri[34] ainsi que Felis maka, proposée en 1942 par Raymond Van Saceghem d'après une peau au pelage noir de l'est du Congo[26].

Évolution et phylogénie

modifier

En 1858, le naturaliste russe Nikolaï Severtsov crée le genre Profelis en désignant Felis celidogaster pour espèce type, et propose en parallèle le genre Chrysailurus avec Felis neglecta comme espèce type[35].

En 1917, Reginald Innes Pocock rattache au genre Profelis à la fois le Chat doré d'Afrique et le Chat doré d'Asie (Catopuma temminckii)[36]. Cette classification combinée ou le maintien du genre monotypique Profelis pour l'espèce africaine sont largement suivis au cours du XXe siècle[37],[26],[38].

Au début de la taxonomie contemporaine, ce genre spécifique n’est pas retenu et dans la première édition du Mammal species of the World en 1982 il est désigné sous le nom de Felis aurata, sans aucune mention de Profelis, de sous-genres ou autre[39], c’est dans la deuxième édition en 1993 qu’il prendra le genre Profelis[40]

Les analyses phylogénétiques et moléculaires démontrent cependant que le Chat doré d'Afrique appartient à la lignée du Caracal, apparue il y a environ 8,5 millions d'années, étroitement apparenté au Caracal (Caracal caracal) et au Serval (Leptailurus serval)[3],[41]. En raison de cette proximité, il est reclassé dans le genre Caracal sous un premier nom de Caracal aurata[42][4].

Sous-espèces

modifier

Depuis la révision taxinomique menée en 2017 par le groupe de travail spécialisé de l'UICN (Cat Specialist Group), deux sous-espèces sont reconnues comme valides[43],[27] :

Liste des sous-espèces de Caracal auratus selon ITIS ()[44]:
Sous-espèce, nom et auteur Description Localisation et habitat Synonymes
Caracal auratus auratus
(Temminck, 1825)
Chat doré (stricto sensu)
Chat doré Africain de l'Est
Morphométrie :
  • Longueur tête-corps : 62 à 94 cm (mâles), 63 à 75 cm (femelles)[45]
  • Queue : 25 à 37 cm[45]
  • Hauteur à l'épaule : 40 à 45 cm[45]
  • Poids : 8 à 14 kg (mâles), 6,2 à 8,2 kg (femelles)[45]

Description et caractères distinctifs : Félin de taille moyenne et de constitution robuste, les mâles sont plus lourds que les femelles[45]. Robe très variable en couleur et en marques, présentant deux morphes principales, brun roussâtre et grise, avec des formes intermédiaires ; les individus mélaniques sont rares[45]. Des taches sont presque systématiquement visibles sur le ventre et l'intérieur des membres, mais peuvent manquer sur le dos, la nuque et les épaules (les individus sans taches dorsales sont plus fréquents en Afrique de l'Est)[45]. Ligne médio-dorsale sombre absente ou estompée[45]. Tête petite et arrondie à museau massif ; petites taches pâles distinctives sur les joues, autour des yeux et de la gueule[45]. Yeux allant du vert au brun doré[45]. Oreilles petites, arrondies, sans pinceaux de poils et au revers noir[45]. Queue de longueur moyenne terminée par une pointe noire, unie ou indistinctement annelée[45].

Aire de répartition :

Afrique centrale et orientale à l'est du fleuve Congo : indigène en Angola, au Cameroun, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo, en Guinée équatoriale, au Gabon, au Nigeria et en Ouganda (présence incertaine au Burundi, au Kenya, au Rwanda, au Soudan et en Tanzanie)[45].

Habitat : Grande diversité de milieux forestiers : forêts denses humides de plaine, forêts de basse et moyenne altitude, forêts de montagne, forêts subalpines, forêts galeries, forêts marécageuses, mosaïques savane-forêt et landes d'altitude, depuis le niveau de la mer jusqu'à 3 600 m d'altitude[45]. Fréquente également les lisières, les berges de cours d'eau et s'adapte bien aux forêts secondaires exploitées pourvues d'un sous-bois dense[45].

Caracal auratus celidogaster
(Temminck, 1825)
Chat à ventre tacheté
Chat doré Africain de l'Ouest
Morphométrie :
  • Longueur tête-corps : 62 à 94 cm (mâles), 63 à 75 cm (femelles)[46]
  • Queue : 25,4 à 37 cm[46]
  • Hauteur à l'épaule : 40 à 45 cm[46]
  • Poids : 8 à 14 kg (mâles), 6,2 à 8,2 kg (femelles)[46]

Description et caractères distinctifs : Sous-espèce au pelage plus tacheté que la forme nominale[46]. Taches réparties sur l'ensemble du corps, allant de petites mouchetures à de grandes rosettes, discrètes à très marquées[46]. Robe variable présentant les morphes brun roussâtre et gris, pouvant coexister au sein d'une même portée ; les morphes mélaniques restent rare[46]. Ligne médiane sombre bien visible le long du dos[46]. Tête ronde à museau court et épais, marques faciales pâles sur les joues et le pourtour de la gueule et des yeux[46]. Queue pas ou très peu annelée, dotée d'une extrémité noire[46].

Aire de répartition :

Afrique de l'Ouest, à l'ouest de la rivière Cross : indigène en Côte d'Ivoire, au Ghana, en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone (présence incertaine au Bénin, en Gambie, en Guinée-Bissau et au Togo ; probablement éteint au Sénégal)[46].

Habitat : Forêts ombrophiles de plaine et de montagne, forêts marécageuses, bambouseraies et landes alpines[46]. Pénètre les zones plus sèches en suivant les forêts galeries bordant les fleuves majeurs, les savanes arborées et les mosaïques de savane-forêt[46]. S'accommode des zones exploitées sélectivement ainsi que des abords de plantations (bananeraies) et de villages[46].

Phylogénie

modifier

Cladogramme des félinés montrant la position phylogénétique du Chat doré d'Afrique au sein de la « lignée du Caracal »[3],[42] :

Felinae
Lignée du Chat bai

Pardofelis (P. marmorata — Chat marbré)


Catopuma

Catopuma badia — Chat bai



Catopuma temminckii — Chat de Temminck





Lignée du Caracal

Leptailurus serval — Serval


Caracal

Caracal caracal — Caracal



Caracal auratus — Chat doré d'Afrique





Lignée de l'Ocelot

Leopardus



Lignée du Lynx

Lynx



Lignée du Puma

Acinonyx (Guépard)




Puma (Puma)



Herpailurus (Jaguarondi)





Lignée du Chat léopard

Otocolobus (Manul)



Prionailurus



Lignée du Chat domestique

Felis








Description

modifier

Morphométrie

modifier
Crâne d'un Chat doré d'Afrique conservé au musée de Wiesbaden.

Le Chat doré d'Afrique est un félin de constitution robuste et trapue, doté de pattes relativement longues et puissantes, de larges pattes et d'une queue modérément courte[2]. Il est environ deux fois plus grand qu'un chat domestique[2], mais demeure plus petit que le Caracal, qui lui est étroitement apparenté[47].

La longueur tête-corps est généralement comprise entre 61 et 101 cm[48],[2], à laquelle s'ajoute une queue de 16 à 46 cm[48],[2], mais atteignant le plus souvent entre 25 et 37 cm selon les sous-espèces. La hauteur au garrot oscille entre 38 et 55 cm[2], le plus souvent 40 à 45 cm. L'espèce présente un dimorphisme sexuel marqué au niveau de la masse corporelle : les femelles pèsent entre 5,5 et 8,2 kg, généralement 6 à 8 kg, tandis que les mâles, bien plus imposants et lourds, atteignent de 8 à 16 kg[48],[2], voire chez des cas exceptionnels, jusqu'à 18 kg[49].

Fourrures de chats à ventre tachetés, Bundes-Pelzfachschule, à Francfort, en Allemagne.

La coloration du pelage est très variable. La teinte de fond varie du roux-fauve vif, brun foncé ou brun roussâtre, au gris ardoisé ou grise-brunâtre plus foncée[2],[50]. Historiquement, ces deux phases colorées, la forme rousse et la forme grise, ont conduit certains auteurs à y voir des espèces distinctes, avant qu'il ne soit démontré qu'il s'agit de variations intraspécifiques pouvant coexister au sein d'une même portée[50]. L'examen microscopique montre que les poils des individus gris sont dépourvus de pigment dans leur zone médiane, tandis que ceux des individus roux présentent une pigmentation rouge intense[26]. Des cas de mélanisme, individus entièrement ou partiellement noirs, sont également documentés, bien qu'ils demeurent peu fréquents[48],[26].

Les motifs de la robe sont tout aussi variables : certains spécimens arborent un pelage quasi uni, tandis que d'autres ont beaucoup de taches, elles variant d'un brun chamoisé estompé au noir franc ou brun chocolat[2]. Ces motifs sont quasiment toujours présentes sur la face ventrale et l'intérieur des membres, mais peuvent être absentes du dos, de la nuque et des flancs[48],[2]. En général, les populations occidentales de la sous-espèce du Chat à ventre tacheté (C. a. celidogaster) présentent des taches plus nombreuses et contrastées que les populations d'Afrique centrale et orientale de la sous-espèce du Chat doré (C. a. auratus)[2].

La face ventrale, la gorge, le menton ainsi que le pourtour des yeux et de la gueule sont plus clairs, allant du chamois au blanc pur, souvent ponctués de grandes taches sombres[48],[2]. La queue est plus foncée sur sa face dorsale et se termine par une fine pointe noire ; elle peut être unie, légèrement annelée ou avec des rayures sombres bien définies[48],[2].

Une particularité anatomique remarquable du pelage réside dans l'orientation des poils à l'avant des épaules : les poils s'inversent pour se diriger vers l'avant, dessinant une crête caractéristique formée d’épis en forme de tourbillons, bien visibles sur les peaux et spécimens observés[48],[26],[2].

Variantes de morphes chez le chat doré en Tanzanie
Forme rousse
Forme beige
Forme mélanique

La tête, arrondie et assez petite en proportion du corps, est pourvue d'une face courte et d'un museau épais et massif[48],[2]. Les oreilles sont petites, courtes, arrondies à l'extrémité, entièrement dépourvues de pinceaux de poils au bout, et leur revers est uniformément noir[48],[2]. L'iris des yeux arbore une couleur variant du bleu pâle ou vert clair au brun doré[51]. Par rapport au Caracal, le Chat doré s'en distingue ainsi par ses oreilles plus courtes et sans plumets, sa queue proportionnellement plus longue et sa face plus ronde et ramassée[52].

Écologie et comportement

modifier

Répartition et habitat

modifier
    Statut de présence de Caracal auratus selon l'UICN :
  • Résident
  • Présence probable
  • Probablement éteint

Répartition géographique

modifier

Le Chat doré d'Afrique est présent depuis le Sénégal jusqu'à la République centrafricaine, le Kenya et, vers le sud, jusqu'au nord de l'Angola[2].

Plusieurs inventaires de terrain et études par pièges photographiques ont confirmé ou précisé sa présence dans différentes zones de son aire de répartition. En Guinée, il a été répertorié dans le parc national du Haut-Niger lors de prospections menées entre 1996 et 1997[53]. En Ouganda, un individu a été photographié en 2008 dans une parcelle forestière à Uvariopsis au sein du parc national de Kibale[49]. Au Gabon, sa présence a été relevée en milieu forestier dans le parc national de Moukalaba-Doudou au cours d'inventaires réalisés en 2012[54]. Et en Tanzanie, l'espèce a été formellement documentée pour la première fois en 2018 dans la réserve forestière de Minziro[55].

Habitat

modifier

L'espèce fréquente principalement les forêts tropicales humides, du niveau de la mer jusqu'à 3 000 m d'altitude[2], voire localement jusqu'à 3 600 m[45]. Elle marque une nette préférence pour les massifs forestiers primaires denses au sous-bois épais situés à proximité des cours d'eau, mais occupe également les forêts de nuages, les bambouseraies et les plaines de haute altitude[2].

Comportement et organisation sociale

modifier

Animal extrêmement discret et difficile à observer dans la nature, le Chat doré d'Afrique mène des mœurs strictement solitaires[45]. Les adultes occupent des territoires définis, les mâles défendant probablement des domaines vitaux qui englobent ceux de plusieurs femelles[45]. Il est principalement crépusculaire et nocturne, bien qu'il puisse être actif à n'importe quel moment de la journée en fonction de la disponibilité des proies ou pour limiter la concurrence avec les autres prédateurs, notamment le Léopard[48],[2],[45]. L'espèce est strictement sédentaire et n'effectue aucune migration[4]. Bien qu'il grimpe facilement aux arbres, il se déplace et chasse essentiellement sur le sol en employant une technique typique d'affût et d'approche furtive suivie d'une brusque accélération[56],[2],[45]. Les individus établissent des itinéraires réguliers et empruntent volontiers les pistes, chemins d'exploitation ou sentiers forestiers bien marqués[45].

Le Chat doré possède un répertoire vocal varié et étendu, comprenant des miaulements brefs, rauques et puissants, des grondements, des feulements, des ronronnements et des bruits comme des sortes d’aboiements[48],[45].

Relations interspécifiques

modifier

Contrairement aux communautés de félidés d'Asie du Sud-Est, où plusieurs espèces forestières coexistent en sympatrie étroite (comme les panthères nébuleuses du genre Neofelis, le Chat marbré ou les chats dorés du genre Catopuma)[57],[48], le Chat doré d'Afrique est l'unique représentant de sa famille à être strictement inféodé à la grande forêt pluviale sempervirente africaine[4]. Le Caracal privilégie quant à lui les formations végétales plus ouvertes ou arides[47]. Le Chat doré partage son habitat avec le Léopard (Panthera pardus)[58], qui est à la fois son principal compétiteur et son prédateur avéré, le grand félin s'attaquant à l'occasion au Chat doré[4][45].

Alimentation

modifier

Strictement carnivore, le Chat doré d'Afrique adapte son régime aux disponibilités locales en capturant des proies de tailles très diverses, presque toujours au niveau du sol[48],[56]. L'analyse des fèces indique une consommation prépondérante de petits mammifères : les rongeurs représentent entre 62 % et 70 % des restes identifiés selon les zones d'étude, complétés par des musaraignes, des écureuils, des macroscélides et des porcs-épics[48][4]. Les ongulés forestiers occupent une part importante de sa biomasse ingérée, entre 25 % et 33 %, constituée principalement de céphalophes et de petites antilopes[48][4]. Les primates, comme les cercopithèques et le Colobe roux d'Ouganda, forment environ 5 % de son régime alimentaire, auxquels s'ajoutent des damans des arbres (Dendrohyrax), des pangolins, de jeunes Hylochères ainsi que des oiseaux, comme des gallinacés forestiers, ou des francolins[48],[49],[2],[45][4]. Il s'attaque occasionnellement aux volailles et au petit bétail, chèvres, moutons, aux abord des villages[2],[45].

Reproduction

modifier

La reproduction de l'espèce est encore très mal connue en milieu naturel, où seule une femelle accompagnée d'un petit a été rapportée dans la forêt de l'Ituri[48]. La majorité des informations proviennent de rares naissances enregistrées en captivité. La gestation dure environ 75 jours, au terme de laquelle la femelle met bas une portée comptant généralement un ou deux petits, bien dissimulés dans un nid ou un tronc creux[48],[2],[45]. Les nouveau-nés pèsent entre 180 et 235 g et ouvrent les yeux au bout de six à sept jours[2],[45]. Ils commencent à consommer de la viande vers 40 jours et sont sevrés à l'âge de 6 à 8 semaines[2],[45]. Le développement des jeunes est particulièrement précoce comparativement à d'autres petits félins : une grande agilité motrice est constatée dès les premières semaines[2]. La maturité sexuelle est atteinte vers 11 mois chez la femelle et aux alentours de 18 mois chez le mâle[48],[2],[45]. En captivité, la longévité peut atteindre 12 ans, tandis que la durée d'une génération est estimée à environ cinq ans à l'état sauvage[2],[45][4].

Menaces et conservation

modifier

Menaces

modifier
Une peau utilisée lors d’une cérémonie rituelle à Bata, en Guinée équatoriale.

La population globale du Chat doré d'Afrique est en régression constante et son aire de distribution se fragmente de plus en plus, bien que les données de terrain demeurent lacunaires en raison de sa discrétion naturelle[48][4]. L'espèce est absente des massifs forestiers soumis à une forte pression anthropique et n'affiche de densités stables que dans des secteurs protégés limités, tels que les parcs nationaux d'Azagny et de Taï en Côte d'Ivoire, ou dans certaines forêts secondaires d'Ouganda[48]. En Guinée équatoriale, sa présence n'est ainsi relevée que dans environ 16 % de ses habitats potentiels[4].

La principale menace pesant sur le félin est la destruction et la dégradation de son biotope sous l'effet d'une déforestation massive, de l'expansion des zones agricoles, notamment les plantations industrielles de palmiers à huile, des exploitations minières et du développement du réseau routier qui morcelle le couvert forestier[45][4]. S'y ajoute le braconnage intensif alimentant le commerce de la viande de brousse dans l'ensemble du bassin du Congo, qui décime les populations de proies de base, rongeurs, céphalophes, et prive le prédateur de ses ressources alimentaires[4]. Une carcasse de Chat doré vendue comme viande de brousse a notamment été observée en mai 2018 dans la province de Uíge en Angola[59].

Par ailleurs, l'espèce est particulièrement vulnérable aux pièges à collet en fil de fer initialement disposés par les chasseurs pour capturer le petit gibier[45][4]. Les individus abattus ou piégés accidentellement font l'objet de représailles lorsqu'ils s'attaquent aux volailles aux abords des habitations, et leurs dépouilles sont fréquemment commercialisées pour leur fourrure[48][4]. Localement, la peau du Chat doré est réputée porter chance lors des expéditions de chasse, sert d'enveloppe protectrice pour emballer des objets de valeur ou est intégrée à des cérémonies traditionnelles, notamment des rites d'initiation et de circoncision[4].

Statut de protection

modifier

Le Chat doré d'Afrique est classé comme « espèce vulnérable » (VU) sur la Liste rouge de l'UICN[4]. Évalué pour la première fois en 1994 dans la catégorie « données insuffisantes » (DD), il avait été classé en « préoccupation mineure » (LC) en 1996, avant de basculer au statut « vulnérable » en 2002, puis « quasi menacé » (NT) en 2008, puis d'être réintégré parmi les taxons vulnérables en 2015 en raison du déclin prononcé de ses effectifs[4]. Au niveau international, l'espèce est inscrite à l'annexe II de la CITES (reconduite en 2026), ce qui encadre strictement tout commerce de sa peau, ses os ou ses organes[48][60].

Sur le plan légal, la chasse du félin est formellement interdite par la législation nationale dans de nombreux pays de son aire de répartition, notamment en Angola, au Bénin, au Burkina Faso, en république du Congo, en Côte d'Ivoire, au Ghana, au Kenya, au Liberia, au Nigeria, au Rwanda, en Sierra Leone et en république démocratique du Congo[61][4]. Des mesures réglementaires spécifiques encadrant ou restreignant les prélèvements sont également en vigueur au Gabon et au Togo[45][4].

Notes et références

modifier

Références

modifier
  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 (en) Mel E. Sunquist et Fiona C. Sunquist, Wild Cats of the World, Chicago, University of Chicago Press, (ISBN 978-0-226-77999-7), p. 246–251
  3. 1 2 3 (en) W. E. Johnson, E. Eizirik, J. Pecon-Slattery, W. J. Murphy et A. Antunes, « The Late Miocene Radiation of Modern Felidae: A Genetic Assessment », Science, vol. 311, no 5757,‎ , p. 73–77 (DOI 10.1126/science.1122277)
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 UICN, consulté le .
  5. ↑ Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, consulté le .
  6. 1 2 Catalogue of Life Checklist, consulté le .
  7. 1 2 GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le .
  8. 1 2 EOL, consulté le .
  9. 1 2 iNaturalist, consulté le .
  10. 1 2 UICN, consulté le .
  11. 1 2 3 Jean-Charles Chenu, Encyclopédie d'histoire naturelle. Mammifères : Table alphabétique, Paris, Librairie de Firmin Didot Frères, Fils et Cie, ((https://archive.org/details/encyclopdiedhistchen_6/page/70/mode/2up)), p. 18-19 et 53
  12. 1 2 Auguste Ménégaux (dir.) (ill. Wilhelm Kuhnert), La Vie des animaux illustrée : Les Mammifères, Paris, J.-B. Baillière et fils, 1902-1904, 525 p., in-4, p. 267
  13. ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
  14. ↑ « Chat doré d'Afrique (Caracal aurata) », sur Muséum national d'Histoire naturelle (consulté le ).
  15. ↑ « Felis aurata Temminck, 1827 - Chat doré d'Afrique - Peau (n° d'inventaire 2025.0.57) », sur Collections du Muséum-Aquarium de Nancy (consulté le ).
  16. ↑ Georges-Louis Leclerc de Buffon et René-Primevère Lesson, Œuvres complètes de Buffon, (lire en ligne), p. 410.
  17. 1 2 Temminck 1827, p. 120
  18. 1 2 Temminck 1827, p. 140
  19. ↑ Jaeger 1959, p. 31
  20. ↑ UICN, consulté le .
  21. ↑ Palmer 1904, p. 188
  22. ↑ Jaeger 1959, p. 50
  23. ↑ Jaeger 1959, p. 109
  24. ↑ Palmer 1904, p. 570
  25. ↑ Temminck 1827, p. 121
  26. 1 2 3 4 5 6 7 (en) P. J. A. Van Mensch et P. J. H. van Bree, « On the African Golden Cat, Profelis aurata (Temminck, 1827) », Biologia Gabonica, vol. 5, no 4,‎ , p. 235–269
  27. 1 2 (en) Connor J. Burgin, Don E. Wilson, Russell A. Mittermeier, Anthony B. Rylands, Thomas E. Lacher et Wes Sechrest, Illustrated Checklist of the Mammals of the World, vol. 2, Barcelone, Lynx Edicions, (ISBN 978-84-16728-35-0, lire en ligne), « Eulipotyphla to Carnivora », p. 398
  28. ↑ (en) « RMNH.MAM.19633 », sur Naturalis Bioportal (consulté le )
  29. ↑ Temminck 1827, p. 141
  30. ↑ Coenraad Jacob Temminck, Esquisses zoologiques sur la côte de Guiné. Ie partie, les mammifères, Leyde, E. J. Brill, (lire en ligne), p. 88
  31. ↑ (en) « RMNH.MAM.19632 », sur Naturalis Bioportal (consulté le )
  32. ↑ (en) John Edward Gray, « On some new Species of Quadrupeds and Shells », Annals of Natural History, vol. 1,‎ , p. 27 (lire en ligne)
  33. ↑ (en) George Robert Waterhouse, « A species of Cat procured at Sierra Leone », Proceedings of the Zoological Society of London, vol. 10,‎ , p. 130 (lire en ligne)
  34. ↑ (en) Richard Lydekker, « Descriptions of Two Mammals from the Ituri Forest [With a Supplementary Note on the Buffalo of the Semliki district.] », Proceedings of the Zoological Society of London, vol. 1906, no May-December,‎ , p. 992 (lire en ligne)
  35. ↑ Nikolaï Severtzow, « Notice sur la classification multisériale des Carnivores, spécialement des Félidés, et les études de zoologie générale qui s'y rattachent », Revue et Magasin de Zoologie Pure et Appliquée, 2e série, vol. 10,‎ , p. 385–396 (lire en ligne)
  36. ↑ (en) Reginald Innes Pocock, « The classification of existing Felidae », The Annals and Magazine of Natural History; Zoology, Botany, and Geology, 8e série, vol. 20, no 119,‎ , p. 329–350 (en particulier p. 340) (ISSN 0374-5481, lire en ligne)
  37. ↑ (en) Glover Morrill Allen, « A checklist of African mammals », Bulletin of the Museum of Comparative Zoology at Harvard College, vol. 83,‎ , p. 242 (lire en ligne)
  38. ↑ (en) « Species Profelis aurata », Mammal Species of the World. A Taxonomic and Geographic Reference (3rd ed.), Johns Hopkins University Press, (consulté le )
  39. ↑ (en) Don E. Wilson & DeeAnn M. Reeder (éd.), Mammal Species of the World: A Taxonomic and Geographic Reference, Baltimore, Johns Hopkins University Press, (ISBN 9780801882210, lire en ligne), p. 278
  40. ↑ (en) Don E. Wilson & DeeAnn M. Reeder (éd.), Mammal Species of the World: A Taxonomic and Geographic Reference, Baltimore, Johns Hopkins University Press, (ISBN 9780801882210, lire en ligne), p. 296
  41. ↑ (en) W. E. Johnson et S. J. O'Brien, « Phylogenetic reconstruction of the Felidae using 16S rRNA and NADH-5 mitochondrial genes », Journal of Molecular Evolution, vol. 44, no Suppl. 1,‎ , S98–S116 (DOI 10.1007/PL00000060)
  42. 1 2 (en) Lars Werdelin (dir.), Nobuyuki Yamaguchi (dir.), Warren E. Johnson et Stephen J. O'Brien, Biology and Conservation of Wild Felids, Oxford, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-923444-8), « Phylogeny and evolution of cats (Felidae) », p. 59–82
  43. ↑ (en) A. C. Kitchener, C. Breitenmoser-Würsten, E. Eizirik, A. Gentry, L. Werdelin, A. Wilting et N. Yamaguchi, « A revised taxonomy of the Felidae: The final report of the Cat Classification Task Force of the IUCN Cat Specialist Group », Cat News, vol. Special Issue 11,‎ , p. 60−61 (lire en ligne)
  44. ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
  45. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 Castelló 2020, p. 170–172
  46. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Castelló 2020, p. 172–174
  47. 1 2 Sunquist et Sunquist 2009, p. 141–142
  48. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 Sunquist et Sunquist 2009, p. 141
  49. 1 2 3 (en) Gary P. Aronsen, « New photographic evidence of the African golden cat (Profelis aurata Temminck) at Mainaro, Kibale National Park, Uganda », African Journal of Ecology, vol. 48, no 2,‎ , p. 541–545
  50. 1 2 (en) C. A. W. Guggisberg, Wild Cats of the World, New York, Taplinger Publishing, (ISBN 978-0-8008-8324-9, lire en ligne), « Golden Cat Profelis aurata (Temminck 1827) », p. 72−74
  51. ↑ (en) The Princeton Encyclopedia of Mammals, Princeton, Princeton University Press, (ISBN 978-0-691-14069-8), p. 655
  52. ↑ Castelló 2020, p. 170–174
  53. ↑ (en) Stefan Ziegler, Gerhard Nikolaus et Rainer Hutterer, « High mammalian diversity in the newly established National Park of Upper Niger, Republic of Guinea », Oryx, vol. 36, no 1,‎ , p. 73–80 (DOI 10.1017/S003060530200011X)
  54. ↑ (en) Yoshihiro Nakashima, « Inventorying medium-and large-sized mammals in the African lowland rainforest using camera trapping », Tropics, vol. 23, no 4,‎ , p. 151–164 (DOI 10.3759/tropics.23.151)
  55. ↑ (en) Ilaria Greco et Francesco Rovero, « The African golden cat Caracal aurata in Tanzania: first record and vulnerability assessment », Oryx, vol. 55, no 2,‎ , p. 212–215 (DOI 10.1017/S003060532000040X)
  56. 1 2 Sunquist et Sunquist 2009, p. 54-
  57. ↑ Sunquist et Sunquist 2009, p. 127
  58. ↑ Sunquist et Sunquist 2009, p. 133–134
  59. ↑ (en) E. De Beer, J. R. Nicolau et L. T. Hunter, « First record with physical evidence of the African golden cat from Angola », Cat News, no 74,‎ , p. 11–12
  60. ↑ Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, consulté le .
  61. ↑ (en) Kristin Nowell et Peter Jackson, Wild Cats: Status Survey and Conservation Action Plan, Gland, IUCN/SSC Cat Specialist Group, (ISBN 978-2-8317-0045-8, lire en ligne)

Bibliographie

modifier

Document original

modifier
  • Coenraad Jacob Temminck, Monographies de mammalogie, ou Description de quelques genres de mammifères, dont les espèces ont été observées dans les différens musées de l'Europe, vol. 1, Paris, G. Dufour et Ed. d'Ocagne, , 268 p. (DOI 10.5962/bhl.title.125524, lire en ligne), p. 120–121

Autres ouvrages

modifier
  • (en) Theodore Sherman Palmer, « Index Generum Mammalium: a List of the Genera and Families of Mammals », North American Fauna, vol. 23,‎ , p. 1–984 (lire en ligne)
  • (en) Edmund C. Jaeger, A Source-Book of Biological Names and Terms, Springfield, Charles C. Thomas, , 359 p. (lire en ligne)
  • (en) José R. Castelló, Felids and Hyenas of the World: Wildcats, Panthers, Lynx, Pumas, Ocelots, Caracals, and Relatives, Princeton, Princeton University Press, , 170–174 p. (ISBN 978-0-691-20597-7), « Sunda Marbled Cat Pardofelis marmorata marmorata & Mainland Marbled Cat Pardofelis marmorata longicaudata »
  • (en) Mel E. Sunquist (dir.) et Fiona C. Sunquist (dir.), Handbook of the Mammals of the World, vol. 1. Carnivores, Barcelone, Lynx Edicions, , 54–169 p. (ISBN 978-84-96553-49-1), « Family Felidae (Cats) »

Voir aussi

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier