Cité internationale universitaire de Paris

fondation française et campus universitaire propriété de la Chancellerie des Universités de Paris
(Redirigé depuis Cité universitaire de Paris)

La Cité internationale universitaire de Paris (CiuP) est une fondation qui, au sein de ses 40 maisons parisiennes, accueille près de 6 000 étudiants, chercheurs, artistes et sportifs de haut niveau du monde entier[2].

Cité internationale universitaire de Paris
Maison internationale.
Maison internationale.
Lieu 17 boulevard Jourdan,
14e arrondissement de Paris
Pays France
Superficie 34 hectares
Construction
Nombre d’étudiants 12 000 (en 2015)[1]
Gare (RER) (B) Gare de Cité universitaire
Métro (M) (4) Porte d'Orléans
Tramway (T) (3a) Cité universitaire
Coordonnées 48° 49′ 02″ nord, 2° 20′ 18″ est
Géolocalisation sur la carte : Paris
(Voir situation sur carte : Paris)
Cité internationale universitaire de Paris

Ces résidences universitaires sont presque toutes situés dans le sud du 14e arrondissement, dans le quadrilatère de 34 hectares que délimitent le boulevard périphérique et le boulevard Jourdan, entre la porte de Gentilly et la porte d'Orléans. Trois résidences sont en dehors de ce quadrilatère (« hors les murs ») : la Fondation Haraucourt est sur l'Île-de-Bréhat, en Bretagne ; la Résidence Lila, inaugurée en 2005[3] est avenue René-Fonck, dans le 19e arrondissement parisien ; la Résidence Quai de la Loire, inaugurée en 2007, est à la Villette, également dans le 19e arrondissement.

Une vingtaine de ces résidences sont dites « rattachées » : elles sont gérées directement par la CiuP. Les autres résidences, comme les maisons « de pays », sont dites « non rattachées » : dotées d'une personnalité juridique propre, elles sont gérées par des États étrangers, des établissements d'enseignement supérieur ou d'autres partenaires publics.

Un décret du [1] reconnaît d'utilité publique cette fondation de droit privé français.

En 2015, le guide vert Michelin attribue à la Cité internationale universitaire de Paris une première étoile[4].

Historique

modifier

Le projet d'une résidence pour étudiants venus du monde entier naît au début des années 1920[5] de « la conjugaison de préoccupations hygiénistes et pacifistes au sortir de la Grande Guerre »[6]. Le ministre Honnorat et le recteur Appell répondent à la fois au traumatisme de la Première Guerre mondiale et à la crise du logement (notamment estudiantine) qui sévit à Paris à cette époque[réf. souhaitée].

Entrée principale.

En construisant une résidence universitaire internationale, l’ambition est « d’offrir à des étudiants français et étrangers des conditions de logement et d’études de qualité, mais également un cadre de vie propice aux rencontres et aux échanges multiculturels quotidiens »[6]. Le terrain choisi pour la réalisation du projet se situe au sud de la capitale, sur la ceinture de l'enceinte de Thiers édifiée en 1845. « Leur déclassement, voté en 1919, doit permettre l’extension de la ville : lotissement de l’emprise du rempart et aménagement d’une ceinture d’espaces verts autour de la ville (parcs, jardins, terrains de sport, etc.) »[7]. Après de longues tractations, une convention est finalement signée en 1921[5]. Celle-ci prévoit la création de la « Cité universitaire » et définit ses espaces : seuls 9 hectares seront constructibles, le reste du territoire se voyant attribuer le statut non aedificandi dans le but d'accueillir un grand parc afin de préserver les zones de verdures parisiennes chères aux hygiénistes.

La genèse de la Cité : 1925-1938

modifier

La première résidence pour étudiants ouvre ses portes en 1925 grâce à Émile Deutsch de la Meurthe, homme d’affaires lorrain à la tête des Pétroles Jupiter : la Fondation Deutsch de la Meurthe (inscrite à l'inventaire des monuments historiques depuis 1998). Industriel philanthrope, celui-ci avait exprimé son intention de construire des « hameaux-jardins » permettant d’accueillir 350 étudiants méritants mais peu fortunés dans des « logements salubres et aérés encadrés de verdure »[8]. En faisant don de 10 millions de francs-or, Émile Deutsch de la Meurthe devient ainsi le premier mécène[8] de la Cité.

Bien vite, d'autres maisons viennent la compléter : dès 1927, la moitié du domaine est déjà construite, financées par des mécènes, des industriels et des gouvernements étrangers. En moins de 15 ans, 19 maisons sont ainsi édifiées, dans des styles révélateurs de l’éclectisme architectural de l’entre-deux-guerres et de la politique de métissage conduite à la Cité. À la veille de la guerre, le nombre de résidents s’élève à 2 400, représentant 52 nationalités : la Fondation Biermans-Lapôtre, la Maison des étudiants canadiens, le Collège d'Espagne, la Maison du Japon, la Maison de l'Argentine, le Collège néerlandais, la Fondation suisse… au centre desquelles domine la Maison Internationale, bâtie grâce au concours de John Rockefeller Jr. Pour augmenter les capacités d’accueil de la Cité, la hauteur maximale des bâtiments passe alors de 4 à 10 étages. En parallèle, la Fondation nationale (qui gère la Cité internationale universitaire de Paris[9]) s’attelle à l’extension du domaine initial, vers l’est, le sud et le nord, pour porter la surface totale à près de 40 hectares en 1930.

À noter que le poète Edmond Haraucourt lègue également à la Cité une résidence sur l'île de Bréhat, au large de la Bretagne, où les étudiants peuvent toujours prendre des vacances. Aucun lieu de culte ne pouvant être bâti sur le domaine des pavillons – pour des raisons de laïcité et de neutralité – l'Église catholique construit également en 1936 l'église du Sacré-Cœur de Gentilly, dans la ville de Gentilly, à proximité de la Cité (affectée depuis 1979 à la communauté catholique portugaise).

L'éclatement de la Seconde Guerre mondiale en 1939 marque un coup d'arrêt dans le développement de la Cité internationale.

L’expansion de la Cité : 1952-1969

modifier

Durant la Seconde Guerre mondiale, le site a été occupé par les armées allemandes puis américaines : les dégradations sont importantes. Au sortir de la guerre, la Cité internationale universitaire de Paris lance une vaste campagne de restauration de son domaine. Ainsi, la Cité internationale universitaire de Paris retrouve son état d’avant-guerre à la fin des années 1950[10]. Avec Raoul Dautry, qui succède à André Honnorat à la présidence de la Fondation nationale en 1948, la Cité internationale s’engage rapidement dans une nouvelle ère de construction : 12 maisons sont construites dans les années 1950, suivies de 5 autres dans les années 1960. Ces 17 maisons portent la capacité d’accueil à 5 500 lits, soit le double de celle atteinte à la fin de première période de construction (1925-1938).

Cette période d'expansion voit se déployer le style international, à travers des constructions signées par des architectes et urbanistes célèbres : Charlotte Perriand, Le Corbusier, Lucio Costa, Claude Parent[10]…

Néanmoins, à la fin des années 1950, la construction du boulevard périphérique vient bouleverser la physionomie du site et contrarier durablement les ambitions d’extension de la Cité[10]. La Cité est ainsi amputée d’une frange de 60 mètres de large sur toute sa longueur, la privant de 2 hectares de terrains constructibles. Le domaine est aussi disloqué : les deux bâtiments de la Maison des élèves ingénieurs Arts et Métiers se trouvent séparés de part et d'autre du boulevard périphérique. De plus, beaucoup d'équipements sportifs doivent être supprimés ou réaménagés pour libérer la bordure sud de la Cité[10]. Dès lors, la Cité internationale universitaire de Paris (nommée ainsi à partir de 1963) n’a plus la possibilité de s’étendre, et c’est avec la Maison de l’Iran[11], inaugurée en 1969, que s’achève le deuxième cycle de construction.

La Cité internationale universitaire de Paris est toutefois complétée par deux maisons hors les murs, dans le 19e arrondissement de Paris. La résidence Lila et la résidence Quai de la Loire, plus récente, inaugurée en 2007.

Il faudra attendre 2012 et les échanges fonciers pour entrevoir de nouvelles perspectives de développement[12].

L'heure du renouveau pour la Cité : 2012-2020

modifier

La Cité internationale universitaire de Paris n'ayant plus assez d'espaces disponibles pour accueillir la construction de nouveaux logements, une solution complexe, qui mettra plusieurs années à aboutir, est mise en place. Les terrains de la Cité internationale universitaire de Paris, répartis au sein d'un maillage foncier complexe, et appartenant à la fois à la Ville de Paris, à la Chancellerie des Universités de Paris et à l’État français, sont échangés entre les parties prenantes afin de dégager un espace constructible suffisant. Cette convention d'accord foncier est signée en 2012 et marque le coup d'envoi du projet de développement de la Cité internationale prévu jusqu'en 2020[13].

En 2013, au cœur de la cité historique, l'ambassade de l'Inde ouvre le nouveau bâtiment de la Maison de l'Inde, qui est le premier bâtiment en France en structure bois sur 7 étages. Il est réalisé par l'agence Lipsky-Rollet architectes.

Le , le maire de Paris Bertrand Delanoë et le chancelier des Universités de Paris François Weil signent avec Marcel Pochard, président de la fondation nationale Cité internationale universitaire de Paris, la convention Cité 2025, qui approuve le plan d’aménagement proposé par la fondation et la désignant comme maître d’ouvrage de l’opération[12].

Ce projet de développement est retenu pour être l'un des 13 projets parisiens de l’opération Plan Campus, et est donc financé par le ministère de l’Enseignement supérieur[14].

Les panneaux d'indication du parc sont traduits en plusieurs langues.

En , le groupement de Bruno Fortier / TN + a été désigné comme maître d’œuvre de l’opération d’aménagement de la Cité[15]. Il est chargé de la maîtrise d’œuvre urbaine, paysagère et architecturale ainsi que de la coordination architecturale de l’opération.

Trois nouveaux pays auront la possibilité d’édifier leur maison (650 logements) sur le parc Est de la Cité internationale, et d’accroître ainsi leur rayonnement universitaire et culturel à Paris. Le premier pays à s’être officiellement engagé dans ce projet est la Corée du Sud. Le , une convention relative à la construction d’une Maison de la Corée a été signée par tous les partenaires : le Ministère de l’Éducation de la République de Corée, l’association Maison de la Corée de la Cité internationale universitaire de Paris, la Chancellerie des universités de Paris et la Cité internationale universitaire de Paris. L’ouverture de la maison est prévue fin 2017.

Quatre autres maisons (750 logements) seront construites sur le parc Ouest, à l’horizon 2017-2020, permettant de nouer des partenariats avec des universités et pays étrangers. Par ailleurs, 2 maisons (situées au 156 PVC et sur la Parcelle B) seront construites et une maison sera réhabilitée par la Ville de Paris (le Pavillon Victor Lyon). Livrées à partir de 2017, elles offriront 300 logements[16].

La région Île-de-France livre, quant à elle, en [17], une résidence de 142 logements répondant à un objectif environnemental dit « ZEN » (Zéro énergie net)[18]. La première pierre de l'édifice est posée le en présence d'Isabelle This Saint-Jean, vice-présidente du conseil régional d'Île-de-France, Marie-Christine Lemardeley, adjointe à la Maire de Paris, François Weil, recteur de l’académie et Chancelier des universités de Paris, Nicolas Michelin, architecte et Marcel Pochard, président de la Cité internationale universitaire de Paris[19].

En 2016, via un contrat de performance énergétique (de 8 millions d’euros) la cité va améliorer l'efficacité énergétique de son patrimoine bâti ancien, en s'équipant de panneaux solaires, en rénovant une quinzaine de chaufferies, en isolant des combles et en centralisant mieux son système de gestion de l'énergie. Elle espère ainsi économiser 4 400 mégawatt-heure sur les 17 211 mégawatt-heure qu'elle consomme par an. Les résidents seront aussi sensibilisés aux économies d’énergie[20]. L'un des bâtiments expérimente en 2016 un chauffage solaire de l'eau de 142 chambres avec stockage inter-saisonnier dans deux cuves de plus de 15 m de haut[21].

Étudiants et chercheurs en mobilité

modifier
Cité internationale universitaire de Paris.

Avec ses 5 600 lits, la Cité internationale universitaire de Paris est aujourd'hui le plus important lieu d'accueil des étudiants et chercheurs étrangers d'Île-de-France. Fidèle à son esprit de brassage, elle favorise les échanges entre étudiants du monde entier. 141 nationalités différentes[22] s'y côtoyaient en 2009. Fondation privée reconnue d’utilité publique, elle leur offre un lieu d'hébergement privilégié au sein de ses quarante résidences. Attachées à des pays ou à des grandes écoles, elles ont accueilli plus de 200 000 étudiants en quatre-vingts ans.

Plus qu’un simple lieu d’hébergement, la Cité internationale universitaire de Paris se distingue par la qualité et la diversité de son offre de services, dédiés à la communauté universitaire mais aussi au grand public : accueil des chercheurs et des étudiants en mobilité, bibliothèques, théâtres, salles d’expositions, installations sportives, restaurants… Elle est toute l'année un lieu d'intense vie culturelle grâce aux expositions, concerts, conférences, projections de films et autres manifestations organisées au sein de ses maisons.

Théâtre

modifier

La Cité universitaire possède plusieurs théâtres, qui constituent un des foyers de la vie culturelle parisienne. En 1968 est nommé à leur direction André-Louis Perinetti et lors de la décennie suivante y travaillent les artistes comme Victor Garcia et Jérôme Savary. Entre 1991 et 2008, l'ensemble est dirigé par Nicole Gautier, puis de 2008 à 2014 par Pascale Henrot. Ces théâtres ont un statut particulier puisqu'ils dépendent directement de la Fondation de la Cité internationale et non de la direction de la création du ministère de la Culture ou de la ville de Paris. La cité consacrait jusque 2015 2,3 % de son budget à ces théâtres, qui doivent faire face depuis à la perte de la moitié de leurs subventions jusque 2018 et n'ont toujours pas de nouveau directeur. Après une campagne de rénovation entre 2002 et 2004, ils disposent de trois salles modernes, un bar accueillant des studios de musiques et des ateliers d'artistes[23].

Résidences

modifier
Plan de la Cité internationale universitaire en 2020.

En , la CIUP a lancé une opération originale intitulée Une chambre à votre nom[24] dont l'objectif est de collecter des fonds pour rénover les résidences et améliorer le confort des chambres. En échange de leur don, les mécènes peuvent faire apposer une plaque nominative à l'entrée des chambres.

# Maison Architecte(s) Localisation Date d'ouverture Illustration
1Fondation Rosa Abreu de Grancher
(maison de Cuba)
Albert LapradeCité universitaire1933
2Résidence André HonnoratJens Fredrick Larson et Lucien BechmannCité universitaire1936
3Fondation argentineRené Betourné Léon Fagnen et Tito SaubidetCité universitaire1928
4Maison des étudiants arméniens
(Fondation Marie Nubar)
Léon Nafilyan
(fondée et financée par Boghos Nubar Pacha)
Cité universitaire1930
5Maison des Élèves Ingénieurs Arts et MétiersUrbain Cassan, Max Bourgouin et Georges PaulCité universitaire1950 et 1961
6Maison des étudiants de l'Asie du Sud-EstPierre Martin et Maurice VieuCité universitaire1930
7L-OBLIQUE, Centre de valorisation du patrimoine
(ancien Fondation Avicenne)
(ancien pavillon de l'Iran)
Heydar Ghiai, Claude Parent, André Bloc et Mohsen Foroughi[25].Cité universitaire1969
8Fondation Biermans-Lapôtre
(étudiants belges et luxembourgeois)
Armand GuéritteCité universitaire1927
9Maison du Brésil
(inscrite aux monuments historiques en 1985[26])
Le Corbusier et Lucio CostaCité universitaire1959
10Maison du CambodgeAlfred AudoulCité universitaire1957
11Maison des étudiants canadiensOlivier Le BrasCité universitaire1926
12Fondation DanoiseKaj GottlobCité universitaire1932
13Fondation Émile et Louise Deutsch de la Meurthe
(inscrite aux monuments historiques en 1998[27])
Lucien BechmannCité universitaire1925
14Collège d'EspagneModesto Lopez OteroCité universitaire1937
15Fondation des États-UnisPierre Leprince-RinguetCité universitaire1930
16Collège Franco-BritanniquePierre Martin et Maurice VieuCité universitaire1937
17Résidence André de Gouveia
(maison du Portugal)
José Sommer Ribeiro, secondé par Henry CrepetCité universitaire1967
18Fondation HaraucourtÎle de Bréhat1929
19Maison Heinrich Heine
(maison de l'Allemagne)
Johannes Krahn et Paul MaitreCité universitaire1956
20Fondation helléniqueNikolaos ZahosCité universitaire1932
21Maison de l'IndeJM Benjamin et HR Laroya, secondés par Gaston LeclaireCité universitaire1968
22Maison des Industries agricoles et alimentaires[28]Francis Thieulin et Xavier de ViganCité universitaire1956
23Maison de l'Institut national agronomiqueRené PatouillardCité universitaire1928
24Maison de l'ItaliePiero PortaluppiCité universitaire1958
25Maison du JaponPierre SardouCité universitaire1929
26Maison du LibanJean Vernon et Bruno PhilippeCité universitaire1963
27Résidence LilaAtelier Jade et Sami Tabet19e arrondissement2005
28Résidence Lucien PayeAlbert LapradeCité universitaire1951
29Maison du MarocAlbert Laprade, Jean Vernon, Bruno Philippe et Jean WalterCité universitaire1953
30Maison du MexiqueJorge L Medellin et Roberto E MedellinCité universitaire1953
31Fondation de MonacoJulien MédecinCité universitaire1937
32Collège néerlandais
(classé aux monuments historiques en 2005[29],[30])
Willem Marinus DudokCité universitaire1938
33Maison de NorvègeReidar LundCité universitaire1954
34Maison des Provinces de FranceArmand GuéritteCité universitaire1933
35Résidence Quai de la LoireChristophe Chaplain19e arrondissement2007
36Résidence Robert Garric
(au sein de la Maison internationale)
Lucien Bechmann et Jens Fredrick LarsonCité universitaire1936
37Maison des étudiants suédoisPeder Clason et Germain DebréCité universitaire1931
38Fondation suisse
(classée aux monuments historiques en 1986[31])
Charlotte Perriand, Pierre Jeanneret[32] et Le CorbusierCité universitaire1933
39Maison de la TunisieJean SebagCité universitaire1953
40Fondation Victor LyonLucien BechmannCité universitaire1950
41Maison de la CoréePierre BoudonCité universitaire2017
42Maison de l'Île-de-FranceAgence Nicolas Michelin & AssociésCité universitaire2017
43Pavillon Habib-Bourguiba (Tunisie)Explorations Architecture[33]Cité universitaire2020

Quelques anciens résidents célèbres

modifier

Films tournés à la Cité internationale universitaire

modifier

Plusieurs scènes de Élisa, film de Jean Becker datant de 1995, ont été tournées à la Fondation Biermans-Lapôtre.

Le moyen métrage Mods de Serge Bozon, sorti en salles en 2003, a été tourné à l'été 2002 à la Cité internationale universitaire[34]. On y reconnaît en particulier, dans les extérieurs, le jardin de la Fondation Émile et Louise Deutsch de la Meurthe et dans les intérieurs, le Collège néerlandais[35].

La Maison internationale a servi de décor pour le tournage du film Divorces en 2009, où le bâtiment est représenté comme étant un palais de justice.

En 2010, c'est le film les Émotifs anonymes qui utilise comme décor la Fondation Émile et Louise Deutsch de la Meurthe.

Les Garçons et Guillaume, à table !, sorti en 2013, utilise la piscine de la Maison Internationale et le grand salon de la Fondation Émile et Louise Deutsch de la Meurthe comme décor.

Certaines scènes du film Friendzone, sorti en 2021, sont tournées à la Maison du Mexique.

Deux films sortis en 2024 utilisent la Maison international comme décor : Le Comte de Monte Cristo et Prodigieuses. Pour ce dernier, la Maison international est transformée en une grande école de musique située en Allemagne.

L'émission de télé-réalité The Cerveau est tournée à la Fondation Émile et Louise Deutsch de la Meurthe et à la Maison internationale, en 2024.

Contestations et controverses

modifier

Hébergement lors des Jeux olympiques de 2024

modifier

À l'approche des Jeux olympiques d'été de 2024, des résidents de la Cité internationale font part de leurs inquiétudes concernant leur possibilité de conserver leur logement durant l'été. En octobre 2023, des étudiants de la Maison de la Corée indiquent notamment avoir été informés qu'ils devraient libérer leur chambre au 30 juin 2024, alors que certains résidents obtiennent habituellement une prolongation pendant la période estivale[36].

La direction de la Cité internationale dément cependant toute éviction contrainte liée aux Jeux. Elle annonce réserver 50 % des chambres aux résidents demandant une prolongation, aux chercheurs présents toute l'année, aux étudiants des universités partenaires et aux réfugiés ukrainiens, les chambres demeurant vacantes pouvant être utilisées pour accueillir des personnes participant à l'organisation des Jeux[37].

Utilisation du parc pour des événements privés

modifier

En 2026, la location temporaire de la Grande Pelouse de la Cité internationale pour l'organisation d'événements privés, notamment dans le cadre de la Paris Fashion Week, suscite une mobilisation de résidents. Une pétition recueille plus d'un millier de signatures et critique la fermeture prolongée de cet espace, le manque de concertation ainsi que l'impact environnemental des installations temporaires. Les résidents mobilisés présentent la Grande Pelouse comme l'un des principaux espaces collectifs du campus et dénoncent ce qu'ils qualifient de « privatisation » du parc[38].

La direction justifie pour sa part la location ponctuelle de certains espaces par les ressources financières qu'elle procure à l'établissement, dans un contexte de hausse de ses coûts de fonctionnement[39].

Controverse à la Maison de l'Argentine

modifier

À partir de 2024, la gestion de la Maison de l'Argentine fait l'objet de plusieurs controverses après la nomination comme directeur de Santiago Muzio par le gouvernement du président argentin Javier Milei. En mars 2026, Le Monde rapporte notamment son refus de signer la charte des valeurs de la Cité internationale, l'organisation au sein de la résidence de rencontres impliquant des personnalités et réseaux politiques d'extrême droite ainsi que l'installation d'une statue de la Vierge, contestée par certains résidents au regard du principe de laïcité[40].

La disparition d'une plaque installée en 2022 en hommage aux victimes de la dictature militaire argentine provoque également une controverse. Une plaque identique est finalement installée en mars 2026 sur la Maison internationale, à l'occasion du cinquantième anniversaire du coup d'État de 1976. La situation conduit également des résidents et anciens résidents à mettre en cause les méthodes de gestion de la maison et les conditions de non-renouvellement de certains logements[41].

L'affaire prend une dimension institutionnelle en mars 2026 lorsqu'une question écrite est déposée au Sénat, portant sur le respect par la Maison de l'Argentine des principes de tolérance, de non-discrimination et de laïcité inscrits dans le règlement de la Cité internationale[42].

La Cité internationale universitaire de Paris est desservie à proximité par :

  • ligne 3a du tramway à la station Cité universitaire ;
  • ligne B du RER à la gare de Cité universitaire ;
  • ligne 4 du métro à la station Porte d'Orléans ;
  • lignes 21, 67 et 216 du bus à la station Stade Charlety - porte de Gentilly ;

Notes et références

modifier
  1. 1 2 « Accueil | Cité internationale universitaire de Paris », sur ciup.fr (consulté le )
  2. ↑ « Les logements étudiants », sur paris.fr (consulté le )
  3. ↑ « La résidence Lila déjà pleine », sur leparisien.fr (consulté le )
  4. ↑ « La cité internationale gagne une étoile au Guide Vert ! », sur Le Parisien (consulté le )
  5. 1 2 « Saison 1 », sur ciup.fr (consulté le )
  6. 1 2 « Saison 1 », sur ciup.fr (consulté le )
  7. ↑
  8. 1 2 « Saison 1 », sur ciup.fr (consulté le )
  9. ↑ « Accueil | Cité internationale universitaire de Paris », sur ciup.fr (consulté le )
  10. 1 2 3 4 « Saison 2 | Cité internationale universitaire de Paris », sur ciup.fr (consulté le )
  11. ↑ ADMINUSER, « La Fondation Avicenne : un nouveau départ », sur CIUP, (consulté le )
  12. 1 2 « L/OBLIQUE », sur ciup.fr (consulté le )
  13. ↑ « Communiqués de presse », sur ciup.fr (consulté le )
  14. ↑ « 1 800 logements en projet à la cité internationale », sur Le Parisien (consulté le )
  15. ↑ « Accueil | Cité internationale universitaire de Paris », sur ciup.fr (consulté le )
  16. ↑ « La cité universitaire pousse les murs », sur lesechos.fr (consulté le )
  17. ↑ « #CITE2025 : Inauguration de la Maison de l’Île-de-France », sur ciup.fr (consulté le )
  18. ↑ « La Cité U internationale aura sa maison d’Ile-de-France », sur leparisien.fr (consulté le )
  19. ↑ « Accueil | Cité internationale universitaire de Paris », sur ciup.fr (consulté le )
  20. ↑ La Cité internationale universitaire de Paris signe un important contrat de performance énergétique, Environnement Magazine 20 janvier 2016
  21. ↑ Lauga, Carine (2016) Deux cuves géantes pour chauffer un bâtiment de la Cité universitaire de Paris, BatiActu 23/06/2016
  22. ↑ Gazette de la CIUP - Édition mai 2009.
  23. ↑ Armelle Héliot, « Ubu à la Cité universitaire », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », 30 octobre 2015, p. 28.
  24. ↑ « Cité internationale universitaire de Paris - Le Campus des universités de Paris. 5800 logements, 12000 étudiants et chercheurs, 140 nationalités. », sur Cité internationale universitaire de Paris (consulté le ).
  25. ↑ Christine Desmoulins, « La Cité internationale universitaire de Paris », Vieilles maisons françaises (vmf), patrimoine en mouvement, no 232,‎ , p. 69 (ISSN 0049-6316).
  26. ↑ « Cité internationale Universitaire : pavillon du Brésil ou pavillon brésilien ou maison du Brésil », notice no PA75140005, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  27. ↑ « Cité Internationale Universitaire de Paris : Fondation Deutsch de la Meurthe », notice no PA75140003, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  28. ↑ Maison des Industries agricoles et alimentaires - Histoire
  29. ↑ « Cité universitaire internationale : pavillon ou collège néerlandais (fondation Juliana) », notice no PA75140004, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  30. ↑ Le Collège néerlandais de Willem Marinus Dudok - Ambassade des Pays-Bas à Paris
  31. ↑ « Cité internationale Universitaire : pavillon de la Suisse », notice no PA00086613, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  32. ↑ Christine Desmoulins, p. 69.
  33. ↑ « À Paris, la Tunisie calligraphiée par Explorations le long du périphérique »,
  34. ↑ Indication donnée sur la page IMDB du film Mods
  35. ↑ Interview de Serge Bozon et Axelle Ropert dans le journal Libération le 25 juin 2003
  36. ↑ Céline Carez, « Paris : la frayeur des étudiants de la Cité universitaire menacés d’être « virés » pour les Jeux olympiques », sur Le Parisien, (consulté le )
  37. ↑ « La Cité internationale universitaire de Paris et sa capacité d'accueil pendant les JO Paris 2024 », sur Cité internationale universitaire de Paris (consulté le )
  38. ↑ « La Cité U loue sa pelouse pour la Fashion Week, les étudiants n’ont pas le bon dress code », sur Enlarge your Paris, (consulté le )
  39. ↑ « Un cadre inspirant pour donner une nouvelle dimension à vos événements de rentrée », sur Cité internationale universitaire de Paris, (consulté le )
  40. ↑ Angeline Montoya, « A la Cité U de Paris, l’extrême droite étend sa toile à partir de la maison de l’Argentine », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  41. ↑ « « C’est une mini-dictature » : à Paris, la Maison de l’Argentine dans la tourmente depuis la nomination du directeur par Milei », sur Le Parisien, (consulté le )
  42. ↑ « Situation à la maison de l'Argentine de la Cité internationale universitaire de Paris », sur Sénat, (consulté le )

Voir aussi

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

modifier
  • Dzovinar Kévonian et Guillaume Tronchet (eds), Managing Global Student Migration in the Twentieth Century. The Cite internationale universitaire de Paris Experiment, Palgrave Macmillan, 2025, 292 p. (en ligne).
  • Guillaume Tronchet, « La Cité internationale universitaire de Paris : un siècle de rayonnement international », Servir (revue des Alumni de l'ENA et de l'INSP), no 523, 2023, pp. 55-57. (en ligne).
  • Dzovinar Kévonian et Guillaume Tronchet (dir.), Le Campus-monde. La Cité internationale universitaire de Paris, de 1945 aux années 2000), Presses universitaires de Rennes, 2022, 336 p. (en ligne).
  • Guillaume Tronchet, « "La Cité en ébullition" : jeunesse étudiante et action collective à la Cité internationale universitaire de Paris, de 1945 aux années 1968 : contestations, mobilisations et circulations », dans Dzovinar Kévonian et Guillaume Tronchet (dir.), Le Campus monde. La Cité internationale universitaire de Paris, de 1945 aux années 2000, Presses universitaires de Rennes, 2022, p. 71-120. (en ligne)
  • Guillaume Tronchet, André Honnorat. Un visionnaire en politique, Hémisphères éditions, 2020, 448 p.
  • Brigitte Blanc, La Cité internationale universitaire de Paris. De la cité-jardin à la cité-monde, Editions Lieux-Dits, 2017, 390 p.
  • Guillaume Tronchet, "Diplomatie universitaire ou diplomatie culturelle ? La Cité internationale universitaire de Paris entre deux rives (1920-1940)", dans Dzovinar Kévonian et Guillaume Tronchet (dir.), La Babel étudiante. La Cité internationale universitaire de Paris (1920-1950), Presses universitaires de Rennes, 2013, p. 59-88 (en ligne).
  • Dzovinar Kévonian et Guillaume Tronchet (dir.), La Babel étudiante. La Cité internationale universitaire de Paris (1920-1950), Presses universitaires de Rennes, 2013, 250 p. (en ligne).
  • Guillaume Tronchet, « La Cité universitaire : une joint-venture transnationale dans le Paris des années 1920 et 1930 », in Serge Jaumain et Pierre Van den Dungen (dir), Biermans-Lapôtre. Histoire d’un mécène et de sa fondation, Bruxelles, Lannoo/Racine Editions, 2013, p. 85-100.
  • Collectif, International Creative Campus, la cité internationale du XXIe siècle, coédition L'Œil d'or et CIUP, 2014.
  • Collectif, L'Habitat étudiant, un écosystème à inventer, coédition L'Œil d'or et CIUP, 2013.
  • Collectif, L'insertion urbaine du boulevard périphérique, un enjeu de développement urbain au sud de Paris, coédition L'Œil d'or et CIUP, 2012.
  • Brigitte Blanc, La constitution du domaine de la Cité internationale universitaire de Paris, dans In Situ. Revue du patrimoine, no 17, 2011 (en ligne)
  • Collectif, Cité internationale universitaire de Paris, architectures paysagées, coédition L'Œil d'or et CIUP, 2010.
  • Brigitte Blanc et Philippe Ayrault (phot.), La Cité internationale universitaire de Paris. Fondation Émile et Louise Deutsch de la Meurthe, Somogy, Paris, France, 2010
  • Collectif, Réhabiliter les édifices métalliques emblématiques du XXe siècle, (autour de la fondation Avicenne de Claude Parent, coédition L'Œil d'or et CIUP, 2008)
  • Anne Coste, La Cité Universitaire Internationale, Ferdinand Brunot et la linguistique. Congrès Mondial de Linguistique Française, Paris, France, 2008
  • Bertrand Lemoine (préf. Étienne Dalmasso), La Cité internationale universitaire de Paris, Paris, Hervas, , 120 p. (ISBN 2-903118-52-3)

Filmographie

modifier
  • André Honnorat. Sur les traces d'un bâtisseur, film de Nathalie Kaufmann et Guillaume Tronchet, réalisé par Jean-Michel Fouque, produit par Transkom en coproduction avec la Cité internationale universitaire de Paris, avec le soutien du CNC et la participation de TV5 Monde, 26 min., 2010.

Liens externes

modifier