Coalition des volontaires

ensemble de nations soutenant l'Ukraine durant la guerre russo-ukrainienne

La coalition des volontaires est un groupement d'États, co-dirigé par la France et le Royaume-Uni, qui s'engagent à soutenir l'Ukraine face à l'invasion russe et à lui apporter des garanties de sécurité après un cessez-le-feu, notamment par le déploiement d'une force multinationale[1].

Coalition des volontaires
Logo de l'organisation
Réunion de la coalition en mai 2025.
Carte de l'organisation
Situation
Région Europe
Création 2 mars 2025
Siège Kiev, Londres, Paris
Organisation
Membres
Fondateurs Keir Starmer

Emmanuel Macron

Dirigeants Emmanuel Macron

Andy Burnham
Friedrich Merz
Drapeau de l'Ukraine Volodymyr Zelensky

Selon la présidence française, la coalition s'est établie lors d'une réunion de dirigeants européens à l'Élysée le , dans le prolongement de travaux engagés à Paris en février 2024[2]. L'expression « coalition des volontaires » est rendue publique par le Premier ministre britannique Keir Starmer lors du sommet de Londres sur l'Ukraine le , où il présente un plan en quatre points devant 18 dirigeants[3].

L'initiative vise à renforcer le soutien européen à l'Ukraine dans un contexte de revirements de la politique des États-Unis, et à établir le cadre d'une paix durable mettant fin à la guerre russo-ukrainienne. Les ministres de la Défense de la coalition se réunissent pour la première fois le au siège de l'OTAN à Bruxelles[4]. Début 2026, elle regroupe 35 États.

Contexte

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Le , le président tchèque Petr Pavel publie un message sur les réseaux sociaux appelant à la formation d'une Coalition des volontaires pour mettre définitivement fin à l'invasion russe de l'Ukraine[5].
Dès le lendemain, le Premier ministre du Royaume-Uni Keir Starmer est l'hôte du sommet de Londres 2025 sur l'Ukraine où se rassemblent 18 dirigeants mondiaux, afin de travailler sur la coordination du soutien à l'Ukraine durant l'invasion russe de l'Ukraine. Starmer dit de cette réunion qu'elle était un « moment qui n'arrive qu'une fois par génération » pour la sécurité européenne, affirmant que le temps des actions concrètes était venu plutôt que celui des délibérations sans fin[3].
Cette annonce est faite deux jours après une rencontre entre le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le président américain Donald Trump accompagné du vice-président JD Vance à la Maison Blanche, le , marquée par l'antagonisme et l'hostilité du président américain[6],[7].

Liste des sommets et réunions

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Liste des pays et des organisations présentes

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Les pays ayant participé au sommet de Londres et qui ont ouvertement exprimé leur volonté et leur engagement à fournir une aide soutenue et continue à l'Ukraine sont[3],[6] :

Certains représentants des pays et organisations suivants étaient aussi présents lors du sommet de Londres[3],[6] :

Le Premier ministre australien Anthony Albanese a déclaré qu'il était « ouvert au fait de considérer » l'envoi de troupes en Ukraine dans le cadre de cette coalition[8].

Plan en quatre points

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Lors d'une conférence de presse suivant le sommet de Londres, Starmer a présenté les quatre éléments clés de la coalition[3],[6] :

  1. Engagement à maintenir le flux d’aide militaire à l’Ukraine tout en augmentant la pression économique sur la Russie par le biais de sanctions et d’autres mesures.
  2. Affirmer que tout accord de paix durable doit garantir la souveraineté et la sécurité de l’Ukraine, et que l'Ukraine soit présente lors de toutes les négociations de paix.
  3. S'engager à renforcer les capacités militaires défensives de l'Ukraine après tout accord de paix afin de dissuader d'éventuelles futures invasions.
  4. Développement d’une « coalition des volontaires » composée de plusieurs nations prêtes à défendre les termes de tout accord de paix et à garantir la sécurité de l’Ukraine par la suite.

Engagements

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Réunion de la Coalition des volontaires en à Paris.

Dans le cadre de cette annonce, Starmer s'est engagé à verser 1,6 milliard de livres sterling (2 milliards de dollars) de fonds d'exportation britanniques pour acheter plus de 5 000 missiles de défense aérienne pour l'Ukraine[9]. Les missiles seront fabriqués à Belfast en Irlande du Nord[9]. Ce prêt vient en compléter un autre de 2,2 milliards de livres sterling annoncé précédemment pour l'aide militaire à l'Ukraine, soutenu par des avoirs russes gelés[10],[11].

Keir Starmer a souligné que les nations européennes devraient assumer la responsabilité principale de l'initiative et « faire le gros du travail » et que l'accord nécessiterait le soutien des États-Unis et l'implication de la Russie. Il a indiqué que le Royaume-Uni soutiendrait ses engagements en matière de sécurité avec « des troupes au sol et des avions dans les airs », en ce qui concerne la possibilité d'une présence militaire directe du Royaume-Uni et de l'Union européenne en Ukraine pour mener une opération d'imposition de la paix[6].

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a souligné le « besoin urgent de réarmer l'Europe », de soutenir de telles garanties de sécurité après « une longue période de sous-investissement ». Elle a suggéré que l'Union européenne pourrait avoir besoin d’assouplir ses règles budgétaires concernant la dette nationale pour faciliter l’augmentation des dépenses de défense des États membres[3].

Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, a fait écho à ce sentiment, notant que la réunion démontrait que les nations européennes « intensifiaient leurs efforts » pour garantir que l'Ukraine dispose des ressources nécessaires pour « rester dans le combat aussi longtemps qu'il le faudra »[6].

Le président finlandais Alexander Stubb a déclaré que la Norvège et la Finlande travaillaient en faveur de l'élaboration du plan de paix entre le Royaume-Uni, la France et l'Ukraine. En outre, il a déclaré que le rôle des pays voisins de la Russie ne se limiterait pas à l'approvisionnement de troupes pour le maintien de la paix[12].

Selon John Healey, il n’est pas question d'« une force de maintien de la paix, qui séparerait les deux parties en conflit le long de la ligne de front », cette mission a quatre objectifs : « Premièrement, assurer la sécurité du ciel. Deuxièmement, assurer la sécurité des mers. Troisièmement, soutenir la paix sur terre et quatrièmement, aider les forces armées ukrainiennes à devenir leur propre force de dissuasion la plus puissante ».

À l'issue de la première réunion du , le communiqué précise : « Jusque-là, la planification a passé en revue la gamme complète des moyens militaires disponibles en Europe et au-delà. Les discussions se sont concentrées sur la manière dont les nations participantes pourraient fournir leurs propres moyens pour garantir la sécurité future de l’Ukraine, que ce soit en renforçant les moyens ukrainiens ou par des contributions directes. Nos objectifs sont de rassurer, de soutenir et de protéger l’Ukraine afin de garantir que tout règlement de paix protège du risque d’une future agression russe ». Français et Britanniques restent cependant avares en précisions sur le nombre de militaires potentiellement engagés et où exactement ils seraient déployés, en Ukraine ou ailleurs : « Il est important de faire preuve de discrétion lorsqu’il s’agit de commenter des détails spécifiques de ces discussions, jusqu’à ce que les conditions de ce cessez-le-feu nécessaire soient bien claires »[4].

Réunion à Paris, 6 janvier 2026

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C'est la première participation de Steve Witkoff et Jared Kushner[13] comme représentants américains[14].

5 points à l'ordre du jour après un cessez-le-feu[15] :

  • La mise en place d’un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu, sous direction américaine et avec les contributions de plusieurs États.
  • Le soutien aux forces armées ukrainiennes, qui sont et resteront la première ligne de défense et de dissuasion.
  • La poursuite de la mise en place d’une force multinationale pour l’Ukraine, dans les mers, les airs et sur le sol, destinée à être une force de réassurance le jour d’après le cessez-le-feu et en retrait de la ligne de contact.
  • La traduction juridique de ces engagements afin de soutenir l’Ukraine en cas de nouvelle agression de la Russie après un cessez-le-feu.
  • Le soutien économique et à la reconstruction de l’Ukraine, ainsi qu’une coopération de défense au long cours avec l’Ukraine.

Liste des pays et des organisations présentes

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Début 2026, 35 pays[16] font partie de la Coalition des volontaires :

28 des 32 États membres de l'OTAN font partie de la coalition, les exceptions étant les États-Unis, la Hongrie, la Slovaquie et la Macédoine du Nord. 24 des 27 États membres de l'Union européenne font partie de la coalition, les exceptions étant la Hongrie, la Slovaquie et Malte. Aux membres de ces organisations s'ajoutent le Japon, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Ukraine.

Garanties de sécurité

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La coalition prépare des garanties de sécurité destinées à prendre effet après un cessez-le-feu ou un accord de paix. Selon Emmanuel Macron, elles reposent avant tout sur la reconstitution et le renforcement des forces armées ukrainiennes ; s'y ajoute le déploiement d'une force multinationale de réassurance par une partie des membres de la coalition[17]. Les gouvernements de la coalition considèrent qu'un tel rôle militaire européen nécessiterait des garanties de sécurité américaines servant de « filet de sécurité » (backstop)[17].

Force multinationale Ukraine

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La force multinationale Ukraine (en anglais Multinational Force Ukraine, MNF-U), aussi appelée force de réassurance, est la force militaire que des membres de la coalition prévoient de déployer en Ukraine après un cessez-le-feu ou un accord de paix.

Organisation et commandement

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En juillet 2025, réunis à Rome en marge de la conférence sur le relèvement de l'Ukraine, les membres de la coalition conviennent d'installer le quartier général de la force à Paris pour sa première année, avant une rotation vers Londres, avec une cellule de coordination à Kyiv[18].

Le quartier général est établi au fort du Mont-Valérien, à Suresnes. Le 17 novembre 2025, Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky le visitent ; la partie française affirme alors qu'il est capable de déployer une force dès le lendemain d'un cessez-le-feu[19].

En juin 2026, le Royaume-Uni annonce qu'il prendra en juillet le commandement du quartier général de la force à Kyiv, confié au lieutenant-général Tom Bateman[20].

Engagements des États

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Lors de la réunion de la coalition du 4 septembre 2025 à l'Élysée, co-présidée par Emmanuel Macron et Keir Starmer, le président français annonce que 26 des 35 membres se sont formellement engagés à déployer des troupes en Ukraine ou à être présents au sol, en mer ou dans les airs au lendemain d'un cessez-le-feu ou de la paix[2]. Il précise que l'Italie, l'Allemagne et la Pologne figurent parmi les contributeurs, selon des modalités différentes : certains États déploieraient des troupes, d'autres contribueraient depuis le territoire de pays membres de l'OTAN. L'organisation détaillée de la force n'est pas rendue publique[21].

Le 6 janvier 2026, Volodymyr Zelensky, Emmanuel Macron et Keir Starmer signent à Paris une déclaration d'intention en vue du déploiement de la force après la guerre[22].

Missions et conditions de déploiement

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La force doit contribuer à la reconstitution des forces armées ukrainiennes et à la sécurisation de l'espace aérien et maritime de l'Ukraine[18]. Selon Emmanuel Macron, elle ne serait pas déployée sur la ligne de front et n'a pas pour objectif de faire la guerre à la Russie, mais de prévenir toute nouvelle agression majeure[21]. Son déploiement est conditionné à un cessez-le-feu.

Réactions et critiques

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La Russie rejette tout déploiement de troupes étrangères en Ukraine et refuse d'en discuter, quel qu'en soit le format[23].

Pour Max Bergmann, du Center for Strategic and International Studies, le déploiement de la force reviendrait à une application de fait de l'article 5 du traité de l'Atlantique Nord ; sans soutien américain, il exposerait les forces européennes à un risque de confrontation directe avec la Russie[24].

Développements en 2026

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Un sommet de la coalition se tient à Paris le 13 juillet 2026 ; le lendemain, environ 500 soldats des États membres ouvrent le défilé du 14 Juillet[25]. Le 24 août 2026, une réunion hybride de la coalition se tient à Kyiv, co-présidée par Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique Andy Burnham et le chancelier allemand Friedrich Merz[26].

Références

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  1. ↑ (en) « Deployment of a European reassurance force in Ukraine: a political or military measure? », sur Centre for Eastern Studies (OSW), (consulté le )
  2. 1 2 « Réunion de la coalition des volontaires », sur elysee.fr, (consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 6 « Starmer says 'coalition of the willing' to present Ukraine peace plan to US », Al Jazeera (consulté le )
  4. 1 2 Philippe Chapleau, « La fameuse force de réassurance des alliés de Kiev parée pour de nouvelles réunions », sur Lignes de défense, (consulté le )
  5. ↑ Ferenčík, « President Pavel calls for consideration of a coalition of the willing for a just peace » [archive du ], Radio Prague International, (consulté le )
  6. 1 2 3 4 5 6 « Starmer: Coalition of willing to guarantee Ukraine peace », bbc.com, (consulté le )
  7. ↑ « UK to defend Ukraine peace deal with 'coalition of willing', Starmer says », Sky News (consulté le )
  8. ↑ Ben Doherty, « Albanese says Australian government now 'open to consideration' of sending troops to Ukraine », The Guardian,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. 1 2 « Keir Starmer announces £1.6bn missile deal for Ukraine », bbc.com, (consulté le )
  10. ↑ « UK to boost Ukraine funding using £2bn from seized Russian assets », bbc.com, (consulté le )
  11. ↑ « Ukraine war latest: Europe developing 'coalition of the willing' to back ceasefire in Ukraine, Starmer says », The Kyiv Independent, (consulté le )
  12. ↑ (fi) « Stubb: Suomi on mukana Ukrainan rauhansuunnitelman laatimisessa », Yle Uutiset, (consulté le )
  13. ↑
  14. ↑
  15. ↑
  16. ↑ « Guerre en Ukraine  : Paris, Londres et Kiev signent une déclaration d'intention sur le déploiement d'une force multinationale après un cessez-le-feu », sur franceinfo, (consulté le ).
  17. 1 2 (en) « 26 nations ready to take part in postwar Ukraine force, Macron says », RNZ,‎ (lire en ligne, consulté le )
  18. 1 2 (en) « European allies step up plans for future Ukraine stabilization force, with US attending meeting », Associated Press (via CTV News),‎ (lire en ligne, consulté le )
  19. ↑ « Macron et Zelensky signent un accord en vue de l'acquisition de 100 avions Rafale par l'Ukraine », RTS (avec AFP),‎ (lire en ligne, consulté le )
  20. ↑ (en) « UK, France to lead Multinational Force for Ukraine HQs », Ukrinform,‎ (lire en ligne, consulté le )
  21. 1 2 « Macron annonce que 26 pays contribueront à garantir la sécurité de l'Ukraine après la fin de la guerre », Le Grand Continent,‎ (lire en ligne, consulté le )
  22. ↑ (en) « Zelensky, UK, France sign declaration on deploying troops in Ukraine post-war », The Kyiv Independent,‎ (lire en ligne, consulté le )
  23. ↑ (en) « Russia says it will not discuss foreign troops in Ukraine in 'any format' », Al Jazeera,‎ (lire en ligne, consulté le )
  24. ↑ (en) Max Bergmann, « United States: Europe with Eyes Wide Shut », sur Norwegian Institute of International Affairs, (consulté le )
  25. ↑ « Le 14-Juillet, vitrine du soutien européen à l'Ukraine », sur RCF (consulté le )
  26. ↑ « Guerre en Ukraine : la « Coalition des volontaires » se réunit lundi à Kyiv », Euronews,‎ (lire en ligne, consulté le )