Coati à nez blanc
Nasua narica
Statut CITES
Répartition géographique
- Viverra narica Linnaeus, 1766 (Protonyme)[1]
- Ursus narica G. Cuvier, 1797[1]
- Coati narica Daudin, 1802[1]
- Nasua narica É. Geoffroy Saint-Hilaire, 1803[1]
- Nasua subfusca Tiedemann, 1808[1]
- Nasua fusca G. Fischer, 1814[1]
- Nasua nasica F. S. Voigt, 1819[1]
- Nasua socialis Var. B. Fusca Lesson, 1842[1]
- Nasua solitaria var. mexicana Weinland, 1860[1]
- Nasua nelsoni C. H. Merriam, 1901[1]
- Nasua thersites O. Thomas, 1901[1]
- Nasua narica molaris C. H. Merriam, 1902[1]
- Nasua narica bullata J. A. Allen, 1904[1]
- Nasua narica pallida J. A. Allen, 1904[1]
- Nasua narica panamensis J. A. Allen, 1904[1]
- Nasua narica yucatanica J. A. Allen, 1904[1]
- Nasua nasica bullata D. G. Elliot, 1905[1]
- Nasua nasica molaris D. G. Elliot, 1905[1]
- Nasua nasica pallida D. G. Elliot, 1905[1]
- Nasua nasica panamensis D. G. Elliot, 1905[1]
- Nasua nasica yucatanica D. G. Elliot, 1905[1]
- Nasua narica richmondi E. A. Goldman, 1932[1]
- Nasua narica isthmica E. A. Goldman, 1942[1]
- Nasua narica tamaulipensis E. A. Goldman, 1942[1]
- Nasua narica narica Hershkovitz, 1951[1]
- Nasua nasua molaris Wozencraft, 2005[1]
- Nasua narica nelsoni Wozencraft, 2005[1]
Le Coati à nez blanc (Nasua narica), est une espèce de mammifère carnivore de la famille des procyonidés.
Physiquement caractérisé par son museau allongé et mobile surmonté d'une bande claire, ainsi que par sa longue queue annelée, il mesure généralement entre 80 cm et 1,3 m de long pour un poids variant de 3 à 5 kg.
Son aire de répartition s'étend du sud des États-Unis (notamment en Arizona et au Nouveau-Mexique) à travers tout le Mexique et l'Amérique centrale, jusqu'au nord-ouest de la Colombie, avec des populations également introduites en Floride. Extrêmement adaptable, il fréquente une grande variété d'habitats boisés ou ouverts, depuis les forêts tropicales humides jusqu'aux zones broussailleuses et montagneuses.
Contrairement à de nombreux autres procyonidés à tendance nocturne, le Coati à nez blanc est principalement diurne. Les femelles et leurs jeunes vivent en bandes structurées d'une douzaine d'individus en moyenne, tandis que les mâles adultes mènent une vie solitaire. Omnivore, il parcourt le sol ou explore la canopée pour se nourrir principalement d'insectes, d'invertébrés et de fruits, jouant par ailleurs un rôle écologique notable de pollinisateur pour certaines espèces végétales comme l'arbre balsa.
Bien que l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) classe l'espèce comme étant de « Préoccupation mineure » grâce à sa large distribution, les populations font face à des menaces locales liées à la fragmentation de leur habitat, aux maladies et à la chasse.
Dénominations
modifier- Nom scientifique valide : Nasua narica (Linneaus, 1766) selon Mammal Diversity Database ()[1] ;
- Nom normalisé anglais : White-nosed Coati ;
- Noms vulgaires typiques en français : Coati à nez blanc[2], Coati à museau blanc[3] ;
- Autres noms vulgaires : Coati fauve[4], Coati ordinaire[5];
- Noms vernaculaires : Coati[3], Coati brun[6],[2],[3], Coati-mondi ou Coati-mondé (les mâles solitaires à la teinte brun foncée).
Taxonomie
modifierDans son Systema Naturae, Carl von Linné décrit initialement le coati à nez blanc sous le protonyme de Viverra narica en 1766. Le matériel type, dont le nombre n'est pas connu, est aujourd'hui introuvable et considéré comme inexistant. La localité-type initialement indiquée de manière générale comme l'« Amérique » a par la suite été restreinte à Achotal, sur l'isthme de Tehuantepec, dans l'État de Veracruz, au Mexique[7]. Son histoire taxonomique n’est pas aussi riche que celle du Coati roux (Nasua nasua), si ce n’est que l’épithète spécifique nasica est un synonyme récurrent[8]. Nasua narica molaris fut la première sous-espèce décrite et officiellement validée par la commission internationale de nomenclature zoologique. Toutefois, le coati à nez blanc n’a pas toujours été considéré comme une espèce à part entière , dans la première édition du Mammal species of the world paru en 1982, .narica était considéré comme conspécifique du Coati roux (Nasua nasua), en revanche, le Coati de Nelson (.nelsoni) était bien considéré comme une espèce distincte[9], ce qui n’est plus le cas actuellement[10].
|
Phylogénie
modifierPlusieurs études moléculaires récentes ont permis d'établir les relations phylogénétiques entre les procyonidés, notament les espèces de Coatis, illustrées dans le cladogramme ci-dessous[11],[12],[13] :
| Procyonidae |
| |||||||||||||||||||||||||||||||||
Sous-espèces
modifier| Nom | Description et localité-type | Synonymes |
|---|---|---|
| Nasua narica molaris C. H. Merriam, 1902 |
Colima, au Mexique[15] | Liste
Nasua narica pallida J. A. Allen, 1904
Nasua narica tamaulipensis E. A. Goldman, 1942 Nasua nasica molaris D. G. Elliot, 1905 Nasua nasica pallida D. G. Elliot, 1905 Nasua nasua molaris Wozencraft, 2005 |
| Nasua narica narica (Linnaeus, 1766) |
Veracruz, au Mexique[15] | Liste
Viverra narica Linnaeus, 1766
Ursus narica G. Cuvier, 1797 Coati narica Daudin, 1802 Nasua narica É. Geoffroy Saint-Hilaire, 1803 Nasua subfusca Tiedemann, 1808 Nasua fusca G. Fischer, 1814 Nasua nasica F. S. Voigt, 1819 Nasua socialis Var. B. Fusca Lesson, 1842 Nasua solitaria var. mexicana Weinland, 1860 Nasua narica bullata J. A. Allen, 1904 Nasua narica isthmica E. A. Goldman, 1942 Nasua narica panamensis J. A. Allen, 1904 Nasua narica richmondi E. A. Goldman, 1932 Nasua nasica bullata D. G. Elliot, 1905 Nasua nasica panamensis D. G. Elliot, 1905 Nasua narica narica Hershkovitz, 1951 |
| Nasua narica nelsoni C. H. Merriam, 1901 Coati de Nelson |
Île Cozumel, au Mexique[15]. Initialement décrite comme une espèce distincte, la grande majorité des autorités taxonomiques récentes la traitent comme une sous-espèce du Coati à nez blanc [14] [16][17],[18]. Ses représentants sont plus petits que ceux du continent vivant à quelques kilomètres de l’île (N. n. yucatanica), bien que la distinction de taille globale et les autres divergences morphologiques appuient ce statut de sous-espèce plutôt qu'une séparation spécifique[19]. | Nasua nelsoni C. H. Merriam, 1901 Nasua thersites O. Thomas, 1901 Nasua narica nelsoni Wozencraft, 2005 |
| Nasua narica yucatanica J. A. Allen, 1904 |
Yucatán, au Mexique[15] | Nasua narica yucatanica J. A. Allen, 1904 Nasua nasica yucatanica D. G. Elliot, 1905 |
Description
modifierMorphologie générale
modifierLe Coati à nez blanc atteint environ 63 cm en moyenne de la tête au bas du dos, une queue longue d'environ 50 cm, pour une longueur totale de 80 cm à 1,3 m[20],[21],[22]. La longueur des pattes postérieures est de 9,5 à 12,2 cm, et le poids varie de 3 à 5 kg[20],[21],[22]. Son taux métabolique basal moyen est de 6,733 W [23].
Il est doté du museau allongé et mobile typique des coatis, qui prolonge une tête très fine[20],[21],[22]. Son pelage est le plus souvent d’un brun grisâtre avec des nuances argentées, particulièrement visibles sur les membres[20],[21],[22]. La face est de même couleur et arbore une bande blanche sur le museau, juste au-dessus du nez[20],[21],[22]. Une tache blanche est présente au-dessus et en dessous de chaque œil ainsi que sur chaque joue, ce qui permet de distinguer l'espèce du Coati roux (Nasua nasua) et du Coati olivâtre (Nasua olivacea)[20],[21],[22]. Des zones de colorations blanches sont également présentes sur la gorge et le ventre[20],[21],[22]. Certains individus et populations peuvent avoir une teinte plus claire, allant d’une teinte fauve à un roux jaunâtre presque blanc.
- Individu de face
- De profil, gueule ouverte et dents apparentes
- Individus d’un brun plus clair, presque rouge
- Groupe présentant des individus de teintes différentes, allant du roux au fauve clair
- Certains individus peuvent présenter une pigmentation plus clair sur les parties ent »rieuses, ici une teinte jaunâtre
Membres et locomotion
modifierLes pattes sont plus sombres, et possèdent des soles plantaires nues ; les pattes antérieures sont munies de griffes longues et recourbées[20],[21],[22]. Plantigrades, les coatis se déplacent en posant la plante des pieds à même le sol, et leurs membres antérieurs sont un peu plus courts que les postérieurs[20],[21],[22]. La queue, longue et s'affinant vers l'arrière, est annelée, bien que le motif soit moins marqué que chez le Coati roux. Elle se dresse naturellement lors des déplacements[20],[21],[22].
- En déplacement la queue relevée
- Individu escaladant un petit arbre au Dierenpark Zie-ZOO, aux Pays-Bas.
- Les chevilles du Coati lui permettent de descendre la tête la première
Caractéristiques du crâne et dentition
modifier| Formule dentaire | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| mâchoire supérieure | |||||||
| 2 | 4 | 1 | 3 | 3 | 1 | 4 | 2 |
| 2 | 4 | 1 | 3 | 3 | 1 | 4 | 2 |
| mâchoire inférieure | |||||||
| Total : 40 | |||||||
| Dentition du Nasique à nez blanc. | |||||||
Le crâne du coati à nez blanc présente une longueur totale de 10,7 à 13,4 cm et une largeur maximale de 5,0 à 7,4 cm[21]. À l'instar de tous les coatis, les individus possèdent, pour chaque parties de la mâchoire supérieure et inférieure, trois incisives, une canine allongée, quatre prémolaires et deux molaires, soit un total de 40 dents[21]. Les molaires ne présentent que des revêtements d'émail très plats et sont plus petites que celles du Coati olivâtre ou des ratons (genre Procyon)[21]. Le tranchant des canines est moins prononcé ; à la fermeture de la gueule, les canines supérieures et inférieures glissent le long l'une de l'autre tout en restant en contact[21].
- Crâne de Nasua narica
- Mâchoire supérieure
- Mâchoire inférieure
Écologie et comportement
modifierRépartition et habitat
modifierRépartition géographique
modifierLe Coati à nez blanc possède l'aire de répartition la plus septentrionale parmi toutes les espèces du genre Nasua[22]. Son territoire s'étend depuis le sud des États-Unis englobant l'Arizona, avec des observations notables jusqu'à Flagstaff[24], le Nouveau-Mexique et des mentions historiques ou sporadiques au Texas[25], à travers tout le Mexique, à l'exception de la péninsule de Basse-Californie et du centre de la Sierra Madre, et l'Amérique centrale, jusqu'à la région du nord-ouest de la Colombie proche de la frontière avec le Panama[19],[26], s'étendant plus rarement jusque vers l'ouest des Andes en Équateur [23][27].
Par ailleurs, l'espèce a été introduite et a établi des populations viables en Floride. L'origine exacte de cette introduction demeure incertaine, bien qu'un premier spécimen conservé au Musée d'histoire naturelle de Floride, étiqueté comme un animal échappé de captivité, date de 1928. Plusieurs cas d'évasions ont été documentés par la suite, et depuis les années 1970, de nombreuses observations ainsi que la découverte de spécimens de tous âges témoignent d'une implantation bien établie dans le sud de l'État[28].
Des mentions historiques exceptionnelle de spécimens sauvages ont aussi été rapportées au Texas dans le comté de Cameron dès 1877, ainsi que dans d'autres comtés (Maverick, Brewster, Uvalde, Aransas et Kerr), suivies de signalements sporadiques dans la région de Big Bend et de cas d'individus errants ou écrasés sur les routes jusqu'au milieu des années 1990 [25].
Habitat et altitude
modifierL'animal est extrêmement adaptable, bien qu'il s'agisse généralement d'une espèce forestière tropicale et de forêts ouvertes[17][27]. On le rencontre le plus souvent dans les zones boisées, habitant des milieux très variés allant des forêts tropicales et subtropicales humides ou sèches, ainsi que les forêts de pluie et de broussailles, jusqu'aux forêts de montagne[22],[17][23].
Il fréquente également des habitats plus ouverts ou arides selon les secteurs, comme les déserts, les savanes, les prairies, les zones de type chaparral, chênaies-pinières mexicaines, les canyons au bord des cours d’eau, ainsi que des zones agricoles[17] [23][27]. En revanche, il reste très rarement aperçu dans les prairies totalement ouvertes ou les déserts vraiment très arides[17] [23]. Aux États-Unis, sa répartition en Arizona et au Nouveau-Mexique coïncide étroitement avec les forêts de chênes et de pins du Mexique, où il se cantonne souvent entre 1 400 et 2 300 mètres d'altitude, tandis qu'à l'échelle globale de son aire de répartition, il évolue jusqu'à 3 000 mètres d’altitude depuis le niveau de la mer[17] [23].
Activité et comportements
modifierActivité et structure sociale
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Contrairement à de nombreux autres procyonidés, tels que les ratons ou le kinkajou, qui sont nocturnes, le Coati à nez blanc est principalement diurne[29] [23][27]. Il passe l'essentiel de ses journées au sol à chercher de la nourriture, tandis qu'il consacre ses nuits à dormir à la cime des arbres pour se mettre à l'abri de la grande majorité des prédateurs [23]. S'il peut parfois se montrer actif la nuit, en particulier les mâles adultes, son rythme demeure généralement diurne, avec des variations locales observées notamment au Costa Rica [23][27].
Sur le plan social, les femelles et les jeunes de moins de deux ans vivent en groupes de 4 à 30 individus, dont la moyenne se situant généralement autour de 12, les membres n'étant pas nécessairement apparentés [23][27]. Ces groupes procurent de multiples avantages, notamment une meilleure protection des petits contre les prédateurs [23]. Le toilettage et l'allaitement sont assurés de manière équitable tant par la mère que par les autres femelles [23]. Bien que ces relations exigent du temps pour se structurer, les liens de loyauté s'avèrent solides une fois établis [23]. Les domaines vitaux de ces groupes mesurent environ un kilomètre de diamètre et se chevauchent à leur périphérie ; de nouveaux groupes se forment par scission de groupes existants, ce qui explique l'absence d'agressivité observée entre groupes voisins [23]. Le territoire d'un groupe englobe par ailleurs les zones de plusieurs mâles adultes [23].
À l'inverse, les mâles adultes mènent une vie solitaire [23][27]. Ils établissent des domaines vitaux qu'ils marquent en vaporisant de l'urine, en frottant leur abdomen sur les surfaces ou en répandant des sécrétions anales [23]. Leurs territoires ne se chevauchent pas et des affrontements éclatent systématiquement lorsqu'ils se croisent [23]. Pour se défendre face aux menaces, l'espèce mobilise ses griffes antérieures et ses canines acérées [23]. En captivité ou dans de bonnes conditions naturelles, des individus peuvent atteindre l'âge de 14 ans [23].
Pollinisation
modifierD’après des observations menées sur des populations au Costa Rica, le Coati à nez blanc est également répertorié comme un pollinisateur avéré, notamment pour un arbre : le Balsa (Ochroma pyramidale)[30]. Lors de leur quête de nectar, les coatis insèrent leur museau au cœur des fleurs sans endommager la structure de ces dernières[30]. Leur face se couvre alors de pollen, qu'ils dispersent ensuite à grande échelle dans la forêt avoisinante au fil de leurs déplacements[30].
Il en découle une relation de mutualisme étroite et dépendante : d'un côté, le balsa offre une source critique d'hydratation et de nutriments aux coatis lors des périodes de raréfaction des ressources environnementales ; de l'autre, le déplacement des animaux favorise activement la prolifération et la reproduction de la flore[30]. Ce rôle s'étend également à d'autres espèces végétales, telles que Mucuna macrocarpa à la limite nord de son aire de répartition.
Régime alimentaire
modifierLe Coati à nez blanc est un animal omnivore qui recherche sa nourriture principalement au sol[21] [23] [27]. Pour cela, il peut parcourir jusqu'à 2 km en une seule journée [23], en progressant museau contre le sol, repérant sa nourriture par son flair[23]. S'il est plus fréquemment observé à terre, il explore également la canopée et grimpe avec aisance dans les arbres, en s'aidant de sa queue pour maintenir son équilibre, afin d'y récolter des fruits[21] [27].
Son alimentation se compose essentiellement d'invertébrés et d'insectes, notamment des coléoptères, des araignées, des scorpions, des fourmis, des termites, des larves, des scolopendres et des crabes terrestres[21] [23]. Lorsque les fruits sont de saison et abondants, ils constituent une part importante de son régime alimentaire[21] [23] [27].
Occasionnellement, le coati chasse de petits vertébrés, tels que des rongeurs, des lézards, des grenouilles et des serpents, tout en consommant de la charogne et des œufs[21] [23]. Il plaque sa proie au sol à l'aide de ses pattes antérieures avant de lui porter un coup fatal par une morsure à la tête [23].
Reproduction et cycle de vie
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En dehors de la saison de reproduction, les mâles adultes mènent une existence solitaire, tandis que les femelles vivent en groupes accompagnées de leurs petits et des mâles de moins de deux ans[31]. La période de reproduction a lieu en février ou en mars [23]. Le mâle dominant du territoire est alors autorisé à s'intégrer temporairement au groupe de femelles après avoir adopté des comportements de soumission et initié des séances de toilettage [23]. Une fois accepté, il s'accouple successivement avec chaque femelle de la bande au sommet des arbres [23]. Sitôt l'accouplement achevé, le mâle est chassé et tenu à l'écart du groupe, car les mâles adultes ont tendance à tuer les plus jeunes, y compris si ce sont ses propres petits [23].
La période de gestation dure entre 10 et 11 semaines, soit environ 77 à 78 jours[31] [23]. Environ trois à quatre semaines avant le terme, la femelle quitte temporairement le groupe pour bâtir son nid, le plus souvent niché sur un palmier [23]. La portée comprend généralement de deux à sept petits, avec une moyenne observée d'un peu plus de quatre[31] [23]. À la naissance, ils pèsent entre 100 et 180 grammes et sont entièrement dépendants de leur mère, qui ne quitte le nid que pour se nourrir [23]. Les petits ouvrent les yeux au bout de onze jours [23].
Le sevrage des jeunes intervient à l'âge de quatre mois[31] [23]. Environ un mois plus tard, la mère et sa progénicité quittent le nid pour réintégrer le groupe d'origine [23]. Peu de temps après, le mâle reproducteur réapparaît brièvement pendant plusieurs jours consécutifs, un comportement suggérant une reconnaissance de sa progéniture[23]. Les jeunes atteignent leur taille adulte à l'âge de 15 mois[31] [23]. La maturité sexuelle est généralement acquise à l'âge de deux ans chez les femelles, et vers trois ans chez les mâles [23].
L'espèce est vulnérable à certaines maladies telles que la rage et la maladie de Carré [27], ses prédateurs naturels incluent les félins de taille moyennes à grande, les boas et les grands oiseaux de proie [23].
À l'état sauvage, l'espérance de vie est estimée avec des chiffres divers, pouvant atteindre sept ans selon certaines sources[31] ou s'élever en moyenne à 14 ans selon les données démographiques[31] [23]. En captivité, la longévité moyenne s'établit également autour de 14 ans, certains individus sous soins humains parvenant toutefois à vivre jusqu'à plus de 15ans[31].
Le Coati et l’Homme
modifierMenaces et conservation
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L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) classe le Coati à nez blanc comme une espèce de « Préoccupation mineure » (Least Concern)[31] [27]. Bien qu'il subisse des menaces locales en raison de la destruction de son habitat et de la chasse, son taux de déclin n'est pas jugé suffisant pour atteindre le seuil d'une catégorie menacée, d'autant qu'il possède une vaste aire de répartition et réside dans de nombreuses zones protégées [27].
Les effectifs globaux de l'espèce demeurent incertains, les estimations locales allant de la rareté à l'abondance [27]. Très abondants durant les années 50, les coatis ont connu un fort déclin démographique au début des années 60 pour des raisons indéterminées, avant qu'une phase de redressement n'accompagne une expansion de leur aire de répartition vers le nord [23]. La densité de population est généralement plus élevée sous les tropiques, où l'espèce est considérée comme assez commune, notamment au Costa Rica, que dans le sud-ouest des États-Unis [27]. Les populations mexicaines ont probablement connu de fortes réductions de leur effectifs, et l'espèce a pu disparaître de certains secteurs [27]. Par ailleurs, les populations subissent des fluctuations d'une année sur l'autre en fonction des épidémies et de la disponibilité des ressources alimentaires [27].
Les principales menaces reposent sur la perte et la fragmentation à grande échelle de l'habitat ainsi que sur la chasse, l'animal étant ciblé pour sa chair et sa peau à travers toute son aire de répartition [27]. Aux États-Unis, les populations sont en outre suspectées de perdre leur connectivité génétique avec les groupes plus au sud, ce qui fait craindre un risque de disparitions à l’échelle locale [27]. Les coatis sont également victimes de captures accidentelles dans des pièges, abattus par des chasseurs visant d'autres espèces, ou touchés par des campagnes de contrôle des prédateurs, comme l'illustre leur disparition documentée des montagnes Burro au Nouveau-Mexique à l'époque de campagnes d'empoisonnement contre les coyotes [27].
L'espèce est classée comme en danger (endangered) au Nouveau-Mexique où elle bénéficie d'une protection totale[31] [27]. En revanche, en Arizona, qui abrite la grande majorité des effectifs nord-américains, les coatis font l'objet d'une chasse autorisée toute l'année [27]. À l'échelle internationale, la population du Honduras est inscrite à l'Annexe III de la CITES afin de réguler et de restreindre le commerce de l'espèce [27] [23]. En dehors de ces dispositions spécifiques, l'espèce ne bénéficie d'aucun statut de protection officiel particulier dans le reste de son aire de répartition [27].
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- (en)/(de)/(ja) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en anglais « White-nosed coati » (voir la liste des auteurs), en allemand « Weißrüssel-Nasenbär » (voir la liste des auteurs) et en japonais « シロバナハナグマ » (voir la liste des auteurs).
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- ↑ D. Simberloff, D. C. Schmitz et T. C. Brown, Strangers in Paradise: Impact and Management of Nonindigenous Species in Florida, Island Press, (ISBN 1-55963-430-8, lire en ligne), p. 170
- ↑ « Coatis », sur National Geographic, (consulté le )
- 1 2 3 4 J. M. Mora, « White-nosed coati Nasua narica (Carnivora: Procyonidae) as a potential pollinator of Ochroma pyramidale (Bombacaceae) », Revista de Biología Tropical, vol. 47, no 4, , p. 719–721 (lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 « White-nosed coati », sur Smithsonian's National Zoo & Conservation Biology Institute (consulté le )
Voir aussi
modifierLiens externes
modifier- (en) Mammal Diversity Database (MDD) : Nasua narica (consulté le )
- (en) Paleobiology Database : Nasua narica Linnaeus 1766 (consulté le )
- (en) Animal Diversity Web : Nasua narica (consulté le )
- (en) Brainmuseum : Nasua narica (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Nasua narica (Linnaeus, 1766) (consulté le )
- (fr + en) CITES : espèce Nasua narica (Linnaeus, 1766) (+ répartition) (sur le site de l’UNEP-WCMC) (consulté le )
- (fr) CITES : taxon Nasua narica (sur le site du ministère français de l'Écologie) (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Nasua narica (Linnaeus, 1766) (consulté le )
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Nasua narica Linnaeus, 1766 (consulté le )
- (en) North American Mammals : Nasua narica (consulté le )
- (en) NCBI : Nasua narica (taxons inclus) (consulté le )
- (en) UICN : espèce Nasua narica Linnaeus, 1766 (consulté le )


