Communauté bisexuelle
La communauté bisexuelle (également connue comme communauté bisexuelle/pansexuelle, ou communauté bi/pan/fluid) inclut les membres de la communauté LGBT+ qui s'identifient en tant que bisexuels, pansexuels, ou « sexuellement fluides » (appelés aussi hétéro/homo flexibles)[1],[2]. S'appuyant sur une longue histoire, et de certaines sociétés bisexuelles bien documentées, comme en Grèce antique, les bisexuels représentent également de nos jours la majorité de ce qui est appelé au XXe et XXIe siècle la « communauté LGBT+ ».
Il existe une forme de discrimination ciblant spécifiquement les personnes bisexuelles appelée biphobie. La bisexualité est une orientation qui a longtemps été occultée au sein de la communauté LGBT et demeure associée à des stéréotypes et des lieux communs. Les personnes bisexuelles doivent parfois subir la négation de leur bisexualité (occultation de la bisexualité) à la fois de la part de personnes hétérosexuelles et homosexuelles. Un préjugé commun est d'affirmer que les personnes bisexuelles ne seraient pas vraiment stables dans leur orientation sexuelle et quelles finiraient par choisir par quel sexe ou genre elles sont attirées[3],[4],[5]. La communauté bisexuelle demeurant relativement invisible en raison de l'occultation de la bisexualité, des initiatives visant à donner une meilleure visibilité et à promouvoir les droits spécifiques aux personnes bisexuelles ont vu le jour, notamment au sein de la communauté LGBT[6],[7],[8],[9],[10],[11].
Définir la communauté
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Les personnes bisexuelles représentent la majorité de la communauté LGBT[12],[13],[14], mais sont moins susceptibles d'avoir fait leur coming-out que leurs homologues gay ou lesbiennes[15]. Ceci a pour conséquence que le fait de se considérer bisexuelle ou comme partie intégrante de la communauté LGBT peut changer radicalement selon les personnes. Certains bisexuels font partie de réseaux sociaux clairement intégrés à une communauté LGBT plus globale. D'autres bisexuels participent pas ou peu à la culture LGBT. D'autres encore se sentent bien au sein de groupes de personnes bisexuelles, pansexuelles, ou encore polysexuelles, mais pas au sein de la communauté LGBT au sens large.
Un ensemble de groupes ont travaillé ensemble et se sont concentrés sur des problèmes importants pour la communauté bisexuelle comme la biphobie, les rendez-vous amoureux, le coming out, la visibilité de la bisexualité dans les médias et les divertissements, et l'occultation de la bisexualité. Ces groupes s'identifient comme queer et sont des alliés proches des communautés gaies, lesbiennes et transgenres, mais ils se concentrent sur la communauté bisexuelle[16],[17]. Il y a également eu un mouvement pour combattre la biphobie et les mythes sur les personnes bisexuelles[18],[19].
Il existe des éléments spécifiques à la communauté bisexuelle : des événements et des conférences[20],[21],[22], des publications[23],[24], des sites web et des organisations[25],[26], des magazines[27],[28],[29],[30], des groupes d'écriture[31], des médias[32], des leaders et des politiciens[33],[34], et même des associations d'aide aux personnes bisexuelles ayant des problèmes de santé mentale[35]. Il existe des groupes de personnes bisexuelles dans de nombreuses villes[36],[37].
Ces communautés (bisexuelles) se joignent aux communautés gaies, lesbiennes et transgenres pour de gros événements LGBT comme les marches des fiertés LGBT, des protestations pour les droits civiques et leur promotion, des conférences et d'autres événements nationaux dans lesquels les intérêts de la communauté sont concernés, comme la National Equality March (en). Souvent, les conférences ont des séminaires consacrés aux questions transgenres ou bisexuelles (séparément), et plusieurs marches des fiertés incluent des sections consacrées à la bisexualité[38],[39].
La Journée de la bisexualité est célébrée le [40].
Visibilité
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Représentation dans les films et à la télévision
modifierEn 1997, Kevin Smith présente Méprise Multiple, un film sur la relation entre deux auteurs de bande dessinée, Holden McNeil, un hétéro, interprété par Ben Affleck, et Alyssa Jones, une lesbienne, interprétée par Joey Lauren Adams. Ils ont une relation agitée et font face à des problèmes lorsque Banky Edwards, l'associé et ami d'Holden, joué par Jason Lee, exprime sa méfiance envers Alyssa. Finalement, Banky avoue ses sentiments envers Holden, qui propose un plan à trois, mais Alyssa refuse et rompt avec Holden. Banky part également après cet incident.
Démarrée en 2009, la web-série Rose by Any Other Name...[41], dérivé d'un film éponyme (en) produite par FenceSitter Films[42] a d'abord été diffusée sur YouTube. L'histoire suit celle de Rose, une femme publiquement et ouvertement lesbienne et d'Anthony, un homme hétérosexuel, qui se rencontrent par hasard et qui, contre toute attente, finissent par tomber amoureux. Rose doit gérer les réactions de ses amis (ils ne sont pas ravis) et de sa famille (ils sont aux anges), alors qu'Anthony doit gérer ses propres amis qui sont également mécontents[43].
Le , MTV diffusait le début de sa 23e saison de The Real World[44]. Cette série se déroule à Washington DC, et raconte l'histoire de deux personnages bisexuels[45],[46], Emily Schromm[47], et Mike Manning[48]. La sexualité de Manning a apparemment généré une controverse : des blogueurs et de nombreux internautes déclarent qu'en réalité il serait gay[49],[50], même si lui-même se considère bisexuel et qu'il a des relations avec des personnes des deux sexes.
Le film Maurice, adapté du roman d'E.M. Forster et sorti en 1987 représentait le personnage d'Alec, un homme bisexuel qui est l'amant de Maurice.
Campagnes d'égalité et célébrations de fierté
modifierLa National Equality March (en) est une manifestation politique national qui eut lieu le à Washington, D.C. Les manifestants demandaient l'égalité pour les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres dans tous les domaines de la loi civique, dans tous les états et tous les districts. Cette manifestation a été demandée par l'activiste LGBT Cleve Jones et organisée par Equality Across America (égalité à travers l'Amérique en français) et par Courage Campaign (en). Kip Williams et Robin McGehee furent ses co-directeurs. Ce fut la première marche nationale à Washington, D.C., pour les droits des personnes LGBT depuis la Millennium March (en) en 2000.
Il y eut un cortège spécifique pour les personnes bisexuelles, pansexuelles et queer, à l'intérieur de cette manifestation[51]. De nombreux groupes bisexuels, pansexuels ou queer, comme BiNet USA, New York Area Bisexual Network, DC Bi Women et BiMA DC, se sont rassemblés et ont manifesté, pour montrer la solidarité bisexuelle, pansexuelle et queer[52]. Il y eut quatre orateur.rice.s connus et bisexuels à la National Equality March : Michael Huffington, Lady Gaga, Chloe Noble, et Penelope Williams.
En , la militante LGBT Amy Andre[53] a été désignée comme directrice exécutive du Comité de célébration de la Marche des Fiertés de San Francisco, devenant ainsi la première femme bisexuelle non blanche à être directrice exécutive de la Marche des Fiertés de San Francisco[54],[55].
Construction de la communauté
modifierEn France
modifierEn France, l'association Bi'Cause est officiellement créée en 1997, après le lancement d'une lettre d'information éponyme. Le premier numéro, publié en 1996, déconstruit 10 clichés biphobes[56]. La lettre d'information se nomme aujourd'hui « Bi'llet + Pan'carte », afin d'inclure la pansexualité.
En dehors de cette association, la communauté bisexuelle française était peu organisée, jusqu'à l'appel de Floralie Résa en 2022 sur Instagram à ce que les personnes bisexuelles se regroupent réellement pour créer une communauté, des évènements et groupes locaux[57]. Des premiers évènements s'organisent dans différentes villes de France : Tours, Marseille, Lille, Montpellier, Paris... En septembre 2022, un premier collectif, le Bi'stro, est créé à Tours. En décembre 2022, le groupe Bi Pan Nancy est mis en place. D'autres collectifs, avec l'appellation « Bi Pan » accolée au nom de la ville, suivent, ainsi que le Front d'Action Bisexuel. Ce dernier collectif met en place des sous-groupes dans différentes villes en France et à l'étranger. Ces différents collectifs ont divers objectifs : lutter contre la biphobie et les lgbtphobies, affirmer la places des personnes bisexuelles et pansexuelles dans la communauté LGBTQIA+, remettre en cause l'hétéronormativité, créer des espaces de soin communautaire, proposer des événements informels afin de construire la communauté. Le collectif Bi Pan Paris met à disposition un manuel d'autodéfense contre la biphobie sur son site internet[58].
Le 23 septembre 2015, la première marche pour la visibilité des personnes bisexuelles se déroule à Paris, co-organisée par Bi'Cause, l'InterLGBT, SOS homophobie et plusieurs autres associations LGBT+, à l'occasion de la Journée Internationale de la Bisexualité, célébrée par Bi'Cause depuis 2009. Les pancartes brandies pendant ces marches, par les militants de Bi'Cause et les autres personnes présentes, participent à construire une culture bisexuelle et pansexuelle autour des jeux de mots, en affichant des slogans tels que « T'es l'air bi, l'air t'es bi ? Liberté ! Ta l'air bi... liberté ! », « Rejoignez-nous, devenez une Bi Important Personne ! », « Te fais pas de bi-le, te prends pas de bi-de, t'es pas une bi-que, un être bi, c'est bi-en ! », « Bi happy ! », « J'ai un PAN-chant pour tous les genres » ou encore « Même BAR est BIE, même PETER est PAN »[59].
En Belgique
modifierLe collectif Bi Pan Bruxelles est créé en 2023 à l'occasion de la Marche des Fiertés et de l'organisation du premier cortège Bi Pan dans le défilé. La création du collectif découle d'un besoin commun partagé par les personnes bisexuelles et pansexuelles qui ne trouvaient pas d'espace à elles : avoir accès à des lieux inclusifs, sans jugement, et permettre aux bisexuels et pansexuels de se retrouver et se rencontrer. Le collectif organise des ateliers artistiques, des groupes de paroles, et est actif sur Instagram également via des mèmes, afin de participer à construire une culture commune bisexuelle. Un groupe Bi Pan a également été monté à Liège[60].
Références
modifier- ↑ Christina Richards et Meg Barker, Sexuality and Gender for Mental Health Professionals : A Practical Guide, SAGE Publications, , 256 p. (ISBN 978-1-4462-8716-3 et 1-4462-8716-5, lire en ligne), p. 116
« The identity 'bisexual' can be considered to be an umbrella term which includes all of the following groups and more: [...] People who don't see gender as a defining feature of their sexual attraction (some may also use terms like pansexual, omnisexual or ecosexual - see Glossary)." »
- ↑ Sherwood Thompson, Encyclopedia of Diversity and Social Justice, Rowman & Littlefield, , 816 p. (ISBN 978-1-4422-1606-8 et 1-4422-1606-9, lire en ligne), p. 98
« There are many other identity labels that could fall under the wider umbrella of bisexuality, such as pansexual, omnisexual, biromantic, or fluid (Eisner, 2013). »
- ↑ Michael Musto, April 7, 2009.
- ↑ « Lesbian Life About Bisexuality », sur about.com via Internet Archive (consulté le ).
- ↑ « We have plenty of "Bones" to pick about the end of Angela and Roxie », sur afterellen.com via Internet Archive (consulté le )
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- ↑ Maria, August 11, 2009.
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- ↑ « BinetUSA Media »
- ↑ « Bipride LA », sur ambilosangeles.com via Wikiwix (consulté le )
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- ↑ (ja) « Fencesitter Films »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?)
- ↑ (en) « From Out Bi Director Kyle Schickner »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?)
- ↑ « Real World DC »
- ↑ (en-US) « Real World Bisexuals »
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- ↑ (en) « Bi Now, Gay Later »
- ↑ (en-US) « Bi/Pan March Contingent » [archive du ], sur upcoming.yahoo.com via Internet Archive
- ↑ Maria, October 15, 2009.
- ↑ (en) « Amy Andre to head San Francisco Pride »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?)
- ↑ « Temporarily Offline », sur oaklandlocal.com via Wikiwix (consulté le )
- ↑ Gabriel-le, « Bi'Cause - la lettre d'information n°1 - Hiver 1996 », sur Bi'Cause, (consulté le )
- ↑ « Le réveil Bi », dans Camille Teste, Embrasser la Bisexualité, Les Renversantes,
- ↑ « Manuel d'autodéfense contre les biphobies », sur bipan.fr (consulté le )
- ↑ Yen-Hsiu Chen, De l’obscurité à la résistance : identité bisexuelle et mutations socio-culturelles (Paris, Taïpei, années 1970 à nos jours), Université Paris Cité, (lire en ligne), p. 445
- ↑ « À Bruxelles, un collectif BiPan pour visibiliser la bisexualité et militer », sur TomCat - média sur l'actualité des femmes bi et pan, (consulté le )
Pour aller plus loin
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- Bi Any Other Name: Bisexual People Speak Out publié par Loraine Hutchins et par Lani Ka'ahumanu (ISBN 1-55583-174-5)
- Getting Bi: Voices of Bisexuals Around the World publié par Robyn Ochs, et par Sarah Rowley (ISBN 0-9653881-4-X)
- The Bisexual Option, Fritz Klein, (ISBN 1-56023-033-9)
- Bi America: Myths, Truths And Struggles Of An Invisible Community par William E. Burleson, (ISBN 978-1-56023-478-4)
- Bisexuality in the United States: A Social Science Reader publié par Paula C. Rodriguez Rust (ISBN 0-231-10226-7)
- Bisexuality: The Psychology and Politics of an Invisible Minority publié par Beth A. Firestein (ISBN 0-8039-7274-1)
- Current Research on Bisexuality publié par Ronald C. Fox (ISBN 978-1-56023-288-9)