Jeanne de Valois-Saint-Rémy
Jeanne de Valois-Saint-Rémy née le à Fontette et morte vraisemblablement le à Londres est une aristocrate descendante directe du roi Henri II et également connue sous le nom de comtesse de La Motte par son mariage avec Nicolas de La Motte et sous celui de comtesse de La Motte-Valois par usurpation de titulature nobiliaire. Elle se rend célèbre pour son rôle dans l'escroquerie dite de l'affaire du collier de la Reine.
| comtesse |
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| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture |
Church of St Mary, Lambeth (d) |
| Nom de naissance |
Jeanne de Valois-Saint-Rémy |
| Surnom |
comtesse de La Motte comtesse de La Motte-Valois |
| Nationalité |
Française |
| Activités | |
| Famille | |
| Père |
Jacques I de Saint-Rémy, Baron de Saint-Rémy (d) |
| Mère |
Marie Jossel (d) |
| Conjoint | |
| Parentèle |
| Lieu de détention |
Hôpital de la Salpêtrière (jusqu'en ) |
|---|
Jeunesse et mariage
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Jeanne de Valois est née en 1756 à Fontette dans l'actuel département de l'Aube, dans une famille peu aisée. Son père Jacques (1717-1762), baron de Luz et de Valois, soldat qui vivait d'expédients et de braconne, était un descendant d'Henri de Saint-Rémi (1558?-1621), bâtard royal d'Henri II, et de Nicole de Savigny (1535-1590), dame de Fontette. Sa mère, Marie Jossel (1726-1783), se prostituait à l'occasion. Jeanne avait un frère, Jacques (1751-1785) et une sœur Marie-Anne. Selon les mémoires du comte Beugnot, les trois enfants auraient été tirés de leur situation par son père et l'abbé de Langres. Selon la source dont Alexandre Dumas s'inspire pour Le Collier de la reine, c'est à Boulogne — où la famille avait déménagé — que Jeanne et sa sœur auraient été remarquées par un abbé qui intéressa à leur sort l'une de ses paroissiennes, la marquise de Boulainvilliers, épouse du marquis Anne Gabriel de Boulainvilliers.
En tout état de cause, la généalogie de la famille fut vérifiée et les enfants bénéficièrent grâce à Madame de Boulainvilliers de dispositions mises en place pour porter assistance aux rejetons des familles nobles mais pauvres : Jacques reçut une modeste pension (1 000 livres) et entra dans une école d'officier ; les jeunes filles furent mises au pensionnat à Passy, puis dotées d'une pension de 900 livres et destinées au couvent de Longchamp. Néanmoins, elles préférèrent s'échapper pour retourner à Bar-sur-Aube où elles trouvèrent refuge dans la famille Surmont. Abandonnés à leur sort, leurs parents avaient depuis longtemps disparu de leur vie. Jeanne sera la seule à défrayer la chronique (et à entrer dans l'histoire). Jacques, baron de Valois, avait commandé la Surveillante, frégate célèbre par son combat contre le navire britannique HMS Québec en 1779 et mourra en service à Port-Louis (île Maurice). Marie-Anne deviendra chanoinesse.
En 1780, Jeanne épousa, avec l'autorisation de Messire Joseph-Henri Arminot[1], seigneur de Fin et Bonchemin, son cousin et tuteur, Nicolas de La Motte (1755-1831), neveu de Monsieur de Surmont, membre d'une famille de la petite noblesse[2] champenoise peu fortunée, et de surcroît officier de gendarmerie. Les deux époux prirent les titres de courtoisie de comte et comtesse de La Motte-Valois.
L'affaire du collier
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Son mari s'avérant très vite incapable de subvenir aux besoins du couple, la comtesse eut l'idée de s'appuyer sur son ascendance pour obtenir des avantages financiers. Fréquentant le château de Versailles où chacun, pourvu qu'il fût habillé décemment, pouvait pénétrer, elle essaya à maintes reprises de se faire présenter à la reine Marie-Antoinette. Celle-ci, prévenue de sa réputation douteuse, n'aurait jamais accepté.
Le mariage entre Jeanne et son mari fut un échec mais ils continuèrent à vivre ensemble. Jeanne prit un amant, Louis Marc Antoine Rétaux de Villette, un souteneur. Vers 1783, la protectrice de Jeanne, Madame de Boulainvilliers, la fit entrer en contact avec l'évêque de Strasbourg, le cardinal de Rohan, dont elle devint la maîtresse[3]. Elle avait fait courir le bruit qu'elle avait les faveurs de la reine et réussit à redonner espoir au cardinal qui faisait depuis longtemps en vain le siège de Marie-Antoinette pour obtenir un ministère. Or la reine le tenait en piètre estime et l'évitait.
À la même période, le bijoutier Charles Boehmer essayait de vendre au roi un magnifique collier de diamants qui avait été à l'origine fabriqué pour Madame du Barry, dans lequel il avait investi beaucoup d'argent, risquant la faillite s'il ne trouvait pas preneur. Après plusieurs démarches infructueuses, il en était arrivé à la conclusion que seul le roi de France serait en mesure de verser la somme qu'il demandait. Mais Louis XVI, conscient de l'aspect déraisonnable de cet achat à une période où les caisses de l'État étaient vides, avait refusé.
La comtesse, avec l'aide de son mari et de son amant, saisit cette occasion pour obtenir de l'argent. Rétaux de Villette, maître-faussaire, écrivit des lettres signées de la reine, prétendant qu'elle désirait le collier, mais savait que le roi jugeait l'achat déraisonnable. Elle demandait donc au cardinal d'avancer la somme nécessaire contre la satisfaction de ses demandes. Jeanne de La Motte était désignée comme intermédiaire. Le bijoutier aussi fut contacté et il lui fut demandé de remettre le collier à Jeanne pour la reine. Un rendez-vous nocturne fut arrangé où le cardinal fut présenté à un sosie de Marie-Antoinette — une prostituée nommée Nicole Leguay ou le Guay d'Oliva — et apprit qu'il était de nouveau en faveur.
Le collier entre ses mains, le comte de La Motte se dépêcha de vendre les diamants à Paris et à Londres. Les époux avaient alors un train de vie royal notamment à Bar-sur-Aube. Ils avaient de nombreux domestiques et ont possédé jusqu'à six voitures et douze chevaux. L'affaire ne fut révélée qu'au moment de l'arrestation du cardinal. La comtesse de La Motte, Rétaux de Villette, Nicole Leguay et Joseph Balsamo dit Cagliostro (un mage auto-proclamé qui avait aidé la comtesse en persuadant le cardinal d'acheter le collier) furent tous arrêtés. Le comte de La Motte s'enfuit à Londres.
Le roi et la reine souhaitèrent un procès public. Loin de laver l'honneur de la reine, le procès entacha sa réputation et le public la vit dans le rôle de la coupable. Le cardinal fut jugé non coupable et acquitté, tout comme Nicole Leguay. Le roi Louis XVI l'envoya très vite en exil. Rétaux de Villette fut déclaré coupable de faux et exilé, ainsi que le comte Cagliostro. La comtesse fut déclarée coupable et condamnée à être fustigée, marquée au fer rouge d'un V qui veut dire Voleuse, cependant, lors de la flétrissure, la comtesse fut tellement échevelée que son bourreau lui appliqua le fer sur la poitrine au lieu de l'épaule, provoquant ainsi la compassion du public. Elle fut condamnée à être enfermée à perpétuité à la maison de correction de La Salpêtrière.

Elle s'enfuit en et partit à Londres, où elle publia ses mémoires, racontant ses fausses relations intimes avec la reine. L'affaire du collier de la reine fut un des principaux scandales qui affaiblirent sérieusement la monarchie française.
La comtesse décéda à Londres en 1791 après s'être défenestrée de la chambre de son hôtel. Certaines personnes croient qu'elle fut assassinée par des royalistes mais elle tentait probablement d'échapper à des créanciers.
Certains historiens prétendent qu'elle survécut jusqu'en 1844[4]. Plusieurs historiens, notamment anglais, ont déterminé qu'elle ne serait pas morte en 1791. Jeanne serait partie à Hambourg puis à Moscou (quelques temps avant la campagne de Russie) puis en Crimée, où son passé aurait été connu de tous et où elle serait décédée.
Demeures à Paris
modifierJusqu'à son jugement, rendu le à neuf heures du soir, après une dernière séance de dix-huit heures, la dame de La Motte louait à Paris un logement dans la rue Saint-Gilles (no 10) derrière le couvent des Minimes de la place Royale[5].
Avant cela, elle vivait avec son mari à l'hôtel À la Ville de Reims situé rue de la Verrerie actuellement dans le 4e arrondissement. Aussi, les époux louaient deux chambres situées alors place Dauphine à Versailles, aujourd'hui nommée place Hoche[6].
Héraldique
modifierValois-Saint-Rémy : D'argent à la fasce d'azur chargée de trois lys d'or.
La Motte : D'azur au bâton noueux d'or en bande, accompagné en chef d'une étoile du même.
Dans la littérature
modifier- Le Collier de la reine par Alexandre Dumas
- Un collier pour le diable par Juliette Benzoni
- Les Diamants de la guillotine par Pierre Combescot
- La Reine du labyrinthe par Camille Pascal
- L'Inconnu du Pont Notre-Dame par Jean-François Parot
Au cinéma et à la télévision
modifierLe rôle de Jeanne de La Motte est interprété au cinéma par[7] :
- Freya Mavor dans Marie-Antoinette (2025)
- Stéphanie Reynaud dans Les Procès de l'Histoire (2010)
- Hilary Swank / Hayden Panettiere (Jeanne jeune) dans L'affaire du collier (2001)
- Anouska Hempel dans Lady Oscar (1978)
- Claude Winter dans L'affaire du collier de la reine (1962)
- Gaby Morlay dans Si Versailles m'était conté... (1954)
- Viviane Romance dans L'affaire du collier de la reine (1946)
- Mae Busch dans Marie-Antoinette (1938)
- Marcelle Chantal dans Le collier de la reine (1929)
- Illa Meery dans Cagliostro (1929)
- Berthe Bovy dans L'affaire du collier de la reine (1912)
Portraits
modifierFamille de Valois-Saint-Rémy
modifierLa famille constitue une branche illégitime éteinte de la Maison de Valois. Elle prend souche en Henri de Saint-Rémi, dit Henri-Monsieur, ancêtre direct de Jeanne, fils bâtard du roi de France Henri II, qui fut gentilhomme ordinaire de la chambre du roi (Henri III, son demi-frère), colonel d'un régiment de cavalerie et de gens de pieds et gouverneur de Châteauvillain. Sa mère reçut 30 000 écus d'or, comme convenu par Henri II, pour son fils Henri[8].
La lignée des Valois-Saint-Rémy s'est éteinte par les mâles en la personne d'Alfred de Valois, comte de Saint-Rémy et baron de Fontette (descendant de Charles, oncle de la comtesse), décédé en Allemagne en 1923. La dernière des Valois fut la cousine de ce dernier, Élisabeth, baronne Wilhelm von Wirsing, décédée en 1934[9].
Plusieurs familles ont tenté de démontrer qu'elles descendaient des Valois-Saint-Rémy. On peut en citer deux : D'abord, Jean-Géraud Vallois, cordonnier à Troyes, qui disait descendre de cette famille par le biais de Pierre-René de Saint-Rémy, arrière-petit fils d'Henri II, décédé en 1695. Jean-Géraud prit les titres, de son propre chef, de baron de Fontette et d'Essoyes et a tenté de démontrer son ascendance. Ses enfants seront d'ailleurs pensionnées par Louis XVIII et Charles X. Toutefois, aucun élément probant n'existe et plusieurs auteurs ont contesté cette ascendance ; puis, les barons von Valois, vivant en Wurtemberg, qui ont prétendu descendre de Charles de Saint-Rémy, oncle de Jeanne, mais sans preuves avérées. Toutefois le roi leur donna titre et rang de baron le 22 août 1846, avec pour armoiries celle des Valois-Saint-Rémy. Cette famille s'est éteinte au XXe siècle[9].
Principales Alliances : de Luze, de Mauléon, de Marron, Bréveau, Le Nain, de Mulot, d'Anglure, de Courtois, de Vienne, Joselle, de La Motte, de Bannerot d'Herbévillier, de Ferraris (d'où, entre autres, le comte Joseph de Ferraris, le prince Paul de Metternich-Winneburg, le prince Max Emanuel von Thurn und Taxis, des princes Von und zu Liechenstein)[8].
Références
modifier- ↑ Généalogie de la famille Armynot Du Châtelet, extraite du tome I des "Archives généalogiques... de la noblesse de France" ; par M. Lainé, (lire en ligne)
- ↑ Famille maintenue noble lors de la recherche de noblesse par l'intendant Le Fèvre de Caumartin dans la province de Champagne en 1668 (cf. Laine, Archives de la noblesse de France, tome 6) - Armes : D'azur au bâton noueux d'or en bande, accompagné en chef d'une étoile du même.
- ↑ Évelyne Lever, Marie-Antoinette, Fayard, 1991.
- ↑ Robert Muchembled, Les Ripoux des Lumières, Éditions du Seuil, 2011, chapitre « La double affaire du collier de la reine ».
- ↑ Jean François Georgel : Mémoires pour servir à l'histoire des événemens [sic] de la fin du dix-huitième siècle depuis 1760 jusqu'en 1806-1810, volume 2, Alexis Eymery, Paris, 1820, p. 201 (voir en ligne).
- ↑ « L’affaire du collier » (consulté le )
- ↑ « Jeanne St. Remy de Valois (Character) », sur imdb.com via Wikiwix (consulté le ).
- 1 2 Socard-E, Tablettes Généalogiques de la Maison de Valois de Saint Remy, Hachette Livre, (ISBN 978-2-01-246892-4, lire en ligne)
- 1 2 « Tablettes généalogiques de la maison de Valois de Saint Remy (Grand format - Broché 2013), de Émile Socard | Hachette BNF », sur www.hachettebnf.fr (consulté le )
Voir aussi
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Généalogie de la comtesse de La Motte-Valois .
- Mémoires de la comtesse de La motte-Valois (affaire du collier de la reine), sur Archive.org.