Comté de Montaigu
Le comté de Montaigu (en latin : comitatus de Monte Acuto, littéralement « comté de la Montagne escarpée ») est un comté du duché de Basse-Lotharingie, principauté du Saint-Empire romain germanique, qui existe entre le XIe et le XIIe siècle.
Ils sont étroitement liés aux comtes de Duras et aux comtes de Clermont, les trois territoires étant progressivement réunies entre les mains d'une même dynastie.
Description
modifierLe château comtal est établi sur la rive gauche de l'Ourthe, sur un éperon dominant la vallée. Sur la rive opposée se trouve le village de Marcourt, aujourd'hui section de la commune de Rendeux près de La Roche-en-Ardenne, dans la province de Luxembourg. Le château est aujourd'hui à l'état de ruines : ses fondations et plusieurs pans de murs sont encore visibles dans l'ermitage et chapelle Saint-Thibaut, situé sur la colline qui domine Marcourt.
À son apogée, le comté comprend, outre Marcourt, le comté de Clermont, centré sur Clermont-sous-Huy, entre Huy et Liège sur la Meuse, la seigneurie de Rochefort, la seigneurie de Jodoigne, ainsi que le comté de Duras, situé près de Saint-Trond. Par la possession de Duras, les comtes de Montaigu exercent la fonction de vice-avoués (vice-advocatus) de l'abbaye de Saint-Trond, tandis que la haute-avouerie appartient aux ducs de Limbourg. Pendant une période limitée, ils assurent également l'avouerie de l'abbaye de Flône, située sur la Flône, affluent de la Meuse.
Sur le plan ecclésiastique, le comté relève du diocèse de Liège, lui-même rattaché à la province ecclésiastique de l'archidiocèse de Cologne. Plusieurs membres de la maison de Montaigu deviennent chanoines dans la cité épiscopale de Liège.
La dynastie des comtes de Montaigu
modifierLes premiers comtes de Montaigu participent activement à la Première croisade aux côtés de Godefroy de Bouillon. Conon Ier de Montaigu ainsi que ses fils prennent part à l'expédition vers la Terre sainte. Plusieurs générations plus tard, Thierry de Walcourt abandonne vraisemblablement le titre de comte de Montaigu, même si son arrière-petit-fils Thierry IV revendique encore certains droits sur plusieurs villages de l'ancien comté.
Le comté de Clermont est vraisemblablement issu d'une lignée plus ancienne remontant à Widrich (mort avant 1062), dont la fille Ermengarde épouse Gozelo Ier de Montaigu. Après la disparition du comte Gislebert de Clermont, le comté est définitivement réuni aux possessions des Montaigu.
Liste des comtes de Montaigu
modifier- Gozelo Ier de Montaigu (1038-1064). Il est généralement considéré comme l'époux de la comtesse Ermengarde de Grandpré[1].
- Conon Ier de Montaigu (1064-1096), fils du précédent.
- Gozelo II de Montaigu (1096-1097), fils du précédent.
- Lambert de Montaigu (1097-1140), frère du précédent ; il devient également comte de Clermont.
- Godefroid de Montaigu (1140-1161), fils du précédent ; il réunit les comtés de Montaigu, Clermont et Duras par son mariage avec Julienne de Duras[2]..
- Gilles de Montaigu (1161-vers 1185/1189), fils du précédent ; également comte de Clermont et de Duras et fonde l'abbaye du Val-Saint-Lambert.
- Conon II de Montaigu (après 1185-1189 ou après), frère du précédent ; comte de Duras et de Montaigu.
- Wéry II de Walcourt, beau-frère de Conon II, hérite de Montaigu et de Clermont.
- Thierry Ier de Walcourt, fils du précédent, épouse Gertrude, fille de Louis III de Chiny, et constitue le dernier représentant de cette lignée à porter les droits sur le comté.
- Wéry II de Walcourt, beau-frère de Conon II, hérite de Montaigu et de Clermont.
- Godefroid de Montaigu (1140-1161), fils du précédent ; il réunit les comtés de Montaigu, Clermont et Duras par son mariage avec Julienne de Duras[2]..
- Conon Ier de Montaigu (1064-1096), fils du précédent.
Le titre de comte de Montaigu perd progressivement de son importance. Les droits comtaux passent ensuite à la maison de La Marck.
Notes et références
modifier- ↑ Jean-Louis Kupper, « La donation de la comtesse Ermengarde à l'Église de Liège (1078) », Bulletin de la Commission royale d'Histoire, no 179, , p. 5–50 (DOI 10.3406/bcrh.2013.4098, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Matthias Joseph Wolters, Notice historique sur l'ancien comté de Duras en Hesbaie, Gand, E. et F. Gyselynck, , 36-45 p. (lire en ligne [archive du ])