Conepatus mesoleucus

espèce de mammifères

Moufette à nez de porc (Stricto sensu)

Conepatus mesoleucus
Description de cette image, également commentée ci-après
Illustration de Conepatus mesoleucus par Louis Agassiz Fuertes dans Wild Animals of North America, 1919.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Mephitidae
Genre Conepatus
Espèce Conepatus leuconotus

Espèce

Conepatus mesoleucus (Lichtenstein, 1832) obsolète

Synonymes

Conepatus mesoleucus, est un ancien nom binominal décrivant la population d’une espèce de mammifères carnivores de la famille des Méphitidés. Ce conépate (Méphitiné du genre Conepatus) était désigné, au sens strict, sous le nom de Moufette à nez de porc[3],[4]. Dans la taxonomie actuelle, ce taxon correspond à l’espèce du Conépate à dos blanc, anciennement nommée « Moufette orientale à nez de porc » (Conepatus leuconotus), et notamment les sous-espèces Conepatus leuconotus leuconotus et Conepatus mesoleucus figginsi.

Historique taxonomique

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Illustration de Mephitis mesoleuca.

Le taxon Conepatus mesoleucus a longtemps été considéré comme une espèce valide en raison des critères morphologiques stricts établis lors de sa description initiale en 1832 par Hinrich Lichtenstein sous le genre Mephitis[5]. À cette époque, les naturalistes s'appuyaient exclusivement sur l'anatomie comparée et la répartition géographique pour diviser les populations de conépates nord-américaines.

Ainsi, Mephitis mesoleuca (devenu plus tard Conepatus mesoleucus) s'est maintenu dans la littérature scientifique pendant plus de 170 ans face à Conepatus leuconotus grâce à plusieurs distinctions physiques nettes. Tout d'abord, leur corpulence globale différait fortement : C. mesoleucus présentait une silhouette plus petite, de la taille d'un chat domestique, associée à une morphologie trapue et ramassée, tandis que C. leuconotus était de la taille de renard avec corps allongé, se positionnant comme la plus grande espèce connue à cette époque[5]. De plus, les attributs nasaux constituaient un critère d'identification majeur puisque le dessus du museau en forme de groin était entièrement glabre chez C. leuconotus, alors que le cartilage nasal de C. mesoleucus était velu[5]. Leur patron de coloration offrait également des différences notables ; chez C. leuconotus, la bande blanche dorsale débutait sur le front en formant un angle pointu pour couvrir uniformément le dos et la queue, tandis que chez C. mesoleucus, les poils étaient globalement plus longs et la bande blanche commençait à l'occiput par un angle obtus, avant de se rétrécir de moitié à la racine de la queue pour s'élargir de nouveau sur son extrémité[5]. Enfin, la localité type d'origine séparait géographiquement les deux taxons, la forme leuconota ayant été découverte sur le cours supérieur du Río Alvarado et la forme mesoleuca dans la région d'El Chico, toutes deux au Mexique[5].

Cependant, l'avènement de la phylogénie moléculaire au début du XXIe siècle a remis en question cette classification traditionnelle. En 2003, une étude approfondie menée par Jerry W. Dragoo, Rodney L. Honeycutt et David J. Schmidly réexamine le statut taxonomique des conépates (genre Conepatus, sous-genre Oryctogale) en combinant l'analyse de la morphologie externe et crânienne à celle des séquences d'ADN mitochondrial. Les chercheurs démontrent que les deux espèces jusqu'alors reconnues, Conepatus leuconotus et Conepatus mesoleucus, ainsi que leurs sous-espèces respectives, ne représentent en réalité qu'une seule et unique espèce, le nom Conepatus leuconotus étant conservé par priorité historique. Par mesure de prudence pour la conservation, l'étude suggère de maintenir temporairement trois sous-espèces comme unités de gestion distinctes. La sous-espèce nominale C. l. leuconotus englobe désormais la forme texensis ainsi que la majorité des anciennes variantes de C. mesoleucus (mearnsi, mesoleucus, nelsoni, venaticus, nicaraguae, sonoriensis et filipensis). Les deux autres unités reconnues sont C. l. figginsi (qui intègre l'ancienne forme fremonti) et C. l. telmalestes. Bien que les auteurs soulignent que de futures recherches génétiques pourraient également invalider ces deux derniers taxons, ils rappellent que les populations qu'ils représentent, si elles ne sont pas déjà éteintes, nécessitent des stratégies de gestion distinctes de celle de la sous-espèce nominale, dont l'aire de répartition est beaucoup plus vaste[6].

Description

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Avant la fusion de l’espèces orientale et occidentale, Conepatus leuconotus était considérée comme plus grande que Conepatus mesoleucus. Les femelles orientales mesurent de 58 à 74 cm de longueur et de 19 à 34  cm de hauteur. Leur poids varie entre 2,0 et 4,0 kg. Les mâles mesurent de 56 à 92 cm de longueur et de 22 à 41 cm de hauteur, avec un poids moyen de 3,0 à 4,5 kg. Les conépates occidentaux mesuraient de 40 à 84 cm de longueur, 13 à 35 cm de hauteur et 1,1 à 2,7 kg. Les mâles sont plus grands que les femelles et peuvent occasionnellement atteindre 4,5 kg[7]. Les dents sont plus petites chez C. mesoleucus que chez C. leuconotus[8].

Notes et références

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  1. Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le .
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  3. Thèse vétérinaire de Maison Alfort, au format pdf
  4. Luc Chazel et Muriel Chazel, Le loup hurle-t-il à la lune ? : 180 clés pour comprendre les carnivores, Éditions Quae,
  5. 1 2 3 4 5 (de) Hinrich Lichtenstein, Franz Krüger et F. A. Schmidt, Darstellung neuer oder wenig bekannter Säugethiere in Abbildungen und Beschreibungen, Berlin, C.G. Lüderitz, 1827-1834, 111 p. (DOI 10.5962/bhl.title.70092, lire en ligne)
  6. (en) Jerry W. Dragoo, Rodney L. Honeycutt et David J. Schmidly, « Taxonomic Status of White-Backed Hog-Nosed Skunks, Genus Conepatus (Carnivora: Mephitidae) », Journal of Mammalogy, vol. 84, no 1, , p. 159–176 (DOI 10.1644/1545-1542(2003)084<0159:TSOWBH>2.0.CO;2, lire en ligne)
  7. Kays, Roland, Mammals of North America, Princeton, New Jersey, Princeton University Press, , 180–182 p. (ISBN 0-691-07012-1, lire en ligne)
  8. Hall, Raymond, The Mammals of North America, Volume II, Canada, Wiley-Interscience Publication, , 1025–1028 p. (ISBN 0-471-05444-5)

Liens externes

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