Conepatus leuconotus

espèce de mammifères

Conépate à dos blanc, Moufette à dos blanc, Moufette orientale à nez de porc

Conepatus leuconotus
Description de cette image, également commentée ci-après
Spécimen de la sous-espèce nominale photographié au Bosque Escuela, État du Nuevo León, au Mexique.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Mephitidae
Sous-famille Mephitinae
Genre Conepatus

Espèce

Conepatus leuconotus
(Lichtenstein, 1832)

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Répartition géographique

Description de l'image Conepatus leuconotus map.png.

Synonymes

Conepatus leuconotus, le Conépate à dos blanc, plus connu sous le nom de Moufette à dos blanc, ou anciennement sous celui de Moufette orientale à nez de porc, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Méphitidés. Ce conépate (Méphitiné du genre Conepatus) vit dans le sud de l’Amérique du Nord jusqu’en Amérique centrale. C'est le représentant le plus septentrional de son genre, trouvant ses limites géographiques dans le sud des États-Unis.

Mesurant de 34 à 51 cm pour un poids pouvant atteindre 4,5 kg, ce mammifère robuste est la plus grosse des espèces de moufettes connues. Il se caractérise par une face entièrement noire, de petites oreilles arrondies et un museau glabre et allongé rappelant le groin d'un porc. Son pelage bicolore unique se compose d'un fond noir brillant surmonté d'une unique et large bande blanche continue qui s'étend du front jusqu'à l'extrémité de sa queue. Solitaire et principalement nocturne, le Conépate à dos blanc est un insectivore opportuniste qui utilise les longues griffes de ses pattes antérieures pour creuser le sol à la recherche de larves et d'insectes.

Décrit scientifiquement en 1832 par le zoologiste allemand Hinrich Lichtenstein, le taxon a connu d'importantes révisions. Des études génétiques publiées en 2003 ont démontré que l'espèce historique Conepatus mesoleucus, autrefois différenciée par des critères purement morphologiques, était en réalité conspécifique avec C. leuconotus.

Bien que d'abord classé en « préoccupation mineure » (LC) par l'UICN en raison de sa vaste aire de répartition, le Conépate à dos blanc fait face à de graves déclins de population locaux, en particulier au Texas et dans le Colorado. Ses populations souffrent principalement de la fragmentation de son habitat, de la disparition des zones de broussailles au profit de l'agriculture, de l'utilisation de pesticides réduisant ses ressources en proies, ainsi que de la concurrence écologique avec le Sanglier d'Eurasie et la Moufette rayée.

Dénominations

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Taxonomie

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Histoire taxonomique

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Illustration de Mephitis leuconota.

L'espèce est décrite pour la première fois en 1832 par le zoologiste allemand Hinrich Lichtenstein sous le nom binomial de Mephitis leuconota, à partir d'un spécimen collecté au Mexique par Ferdinand Deppe en 1825[8]. Lichtenstein présente sa découverte dans son ouvrage Darstellung neuer oder wenig bekannter Säugethiere... aux côtés d'un autre taxon qu'il considère alors comme distinct, Mephitis mesoleuca[8],[9].

Le genre Conepatus est quant à lui érigé en 1837 par John Edward Gray, qui désigne le Conépate de Patagonie (Conepatus humboldtii) comme espèce type. Le Conépate à dos blanc y est rattaché plus tard, en 1865, sous le synonyme de Conepatus nasutus[10]. Au cours des deux siècles suivants, le taxon subit de nombreuses révisions, et le nom de Conepatus mapurito est également employé de manière générique pour désigner l'ensemble des espèces du genre, incluant le Conépate à dos blanc[10]. En 2003, des analyses génétiques approfondies redéfinissent les frontières de l'espèce en démontrant que les populations autrefois séparées sous le nom de Conepatus mesoleucus sont en réalité conspécifiques avec Conepatus leuconotus, entraînant la fusion des deux taxons sous ce dernier nom, prioritaire historiquement[11].

Sous-espèces

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Liste des sous-espèces de Conepatus leuconotus répertoriées par Mammal Species of the World (version 3, 2005) ()[12] et actualisées selon ITIS ()[13] :
Sous-espèce, auteur & date Description et répartition Synonymes
Conepatus leuconotus leuconotus
(Lichtenstein, 1832)
Sous-espèce nominale. C'est la forme la plus répandue et la plus grande. Elle se caractérise par une large bande dorsale blanche continue s'étendant du front jusqu'au bout de la queue.
  • Répartition : Depuis le sud du Texas et de l'Arizona aux États-Unis, à travers la majeure partie du Mexique, jusqu'au Nicaragua en Amérique centrale.
Conepatus leuconotus figginsi
F. W. Miller, 1925
Sous-espèce de taille moyenne présentant parfois un crâne légèrement différent des populations du Sud.
  • Répartition : Présente dans les régions semi-arides et rocheuses du sud-est du Colorado, du nord-est du Nouveau-Mexique et de l'Oklahoma (États-Unis).
Conepatus leuconotus telmalestes
Bailey, 1905
Décrite comme ayant un crâne plus étroit et une dentition nettement plus réduite (notamment des molaires plus petites) que les populations voisines.
  • Répartition : Endémique des forêts denses et marécageuses de la région du Big Thicket dans le sud-est du Texas. Elle n'a plus été observée depuis le milieu du XXe siècle et est présumée éteinte.

  • Conepatus mesoleucus telmalestes Bailey, 1905

Évolition et registre fossile

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La radiation évolutive des espèces au sein du genre Conepatus s'est produite il y a environ 11,2 millions d'années. La colonisation du continent sud-américain par ce groupe s'est donc faite bien avant la formation complète de l'isthme de Panama il y a environ 3 millions d'années[14]. Les plus anciens fossiles connus du genre proviennent de l'espèce Conepatus sanmiguelensis du début du Pliocène dans le centre du Mexique, datant d'environ 3 à 4 millions d'années[15]. En Amérique du Sud, le genre est attesté pour la première fois il y a environ 2,5 millions d'années en Argentine. Des restes fossiles du Conépate à dos blanc datant du Pléistocène supérieur ont été découverts en Floride, au Nouveau-Mexique et dans l'État de Nuevo León au Mexique[10].

Phylogénie

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Phylogénie des Méphitinés basée sur le superarbre de Nyakatura & Bininda-Emonds (2012)⁠[14], modifié au niveau du genre Conepatus pour positionner la Moufette de Humboldt sur une branche adjacente au Cinghe, conformément aux affinités génétiques discutées par Schiaffini et al. (2013)[16] :

 Mephitinae 

 Genre Mouffette Mephitis 

 Mouffette macroure (Mephitis macroura)



 Mouffette rayée (Mephitis mephitis)




 Genre Moufettes tachetées (Spilogale) 

 Spilogale naine (Spilogale pygmaea)





 Moufette gracile (Spilogale gracilis)



 Spilogale leucoparia






 Spilogale putorius



 Moufette interrompue (Spilogale interrupta)





 Spilogale angustifrons (Spilogale angustifrons)



 Spilogale yucatanensis







 Genre Conépate Conepatus 


 Chinga (Conepatus chinga)



 Moufette de Humboldt (Conepatus humboldtii)




 Conépate à dos blanc (Conepatus leuconotus)





 Conépate rayé (Conepatus semistriatus)



 Moufette d’Amazonie (Conepatus amazonicus)





Description

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Spécimen de Conépate à dos blanc naturalisé.
illustration de crânes et de mandibules dans Reports of explorations and surveys, to ascertain the most practicable and economical route for a railroad from the Mississippi River to the Pacific Ocean (1857).

Caractéristiques générales

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Le Conépate à dos blanc atteint une longueur tête-corps d'environ 34 à 51 cm et une longueur de queue de 12 à 41 cm[17], les femelles étant environ 10 % plus petites que les mâles. Son poids varie entre 1,1 et 4,5 kg[10]. Il est donc de taille similaire ou légèrement supérieure à celle de la Moufette rayée (Mephitis mephitis). Son corps trapu, est bien plus large que celui des autres espèces de Méphitinés, sa queue est relativement courte par rapport au reste de son corps[10],[17].

Le Conépate à dos blanc se distingue principalement des autres Méphitinés par la coloration de son pelage. Celui-ci est noir avec une unique et large bande blanche qui s'étend du sommet de la tête jusqu'à la queue en passant par les épaules et le dos. Cette bande commence par une tache cunéiforme sur la tête et s'élargit près des épaules pour occuper environ la moitié de la largeur du dos. De là, elle peut s'élargir davantage et recouvrir presque toute la face dorsale de l’animal, mais elle peut aussi se rétrécir à certains endroits du dos ou à la croupe, voire être partiellement absente sur certaines parties. Dans le nord-ouest de son aire de répartition, les individus présentent souvent un dos presque entièrement blanc[11]. La queue est presque entièrement blanche sur le dessus, mais peut présenter des zones noires à sa base sur le dessous. Ce motif bicolore, fond noir et bande blanche dorsale unique, est unique chez les toutes les moufettes. De plus, il s'agit de la seule espèce de Méphitiné dépourvue de tache ou de ligne blanche entre les yeux ; sa face est donc entièrement noire.

Son museau est comparativement long et son rhinarium est relativement grand, mesurant environ cm de large pour 2 à 6 cm de long (alors qu'il est environ trois fois moins large chez la moufette rayée. Ce museau est glabre et rappelle par sa forme le groin d'un porc, d'où ses noms vernaculaires de « moufette à nez de cochon ». Les yeux sont petits, tout comme ses oreilles arrondies qui mesurent entre 0,8 et 3,6 cm de long[17],[10]. Les pattes sont courtes, robustes et se terminent par des pieds plats lui donnant une démarche plantigrade. Les pattes postérieures, mesurant entre 2,2 et 9 cm de long, sont larges et grandes, avec une plante glabre sur environ la moitié de sa surface. Les pattes antérieures sont équipées de griffes comparativement longues qui permettent à l'animal de creuser et de grimper[17].

À l'instar des autres moufettes, le Conépate à dos blanc possède des glandes anales odorantes bien développées situées sous la base de la queue, près de l'anus. Elles produisent une sécrétion nauséabonde utilisée pour la défense. Les composants principaux de cette substance répulsive sont le 2-butène-1-thiol (un thiol) et le thioacétate d'(E)-2-butényle (un thiolester), complétés par des composants secondaires tels que le phényl-méthanethiol, la 2-méthylquinoléine, le 2-quinoléine-méthanethiol et le disulfure de bis-(E)-2-butényle[17].

Caractéristiques du crâne et du squelette

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 v · d · m  Formule dentaire
mâchoire supérieure
1 2 1 3 3 1 2 1
2 3 1 3 3 1 3 2
mâchoire inférieure
Total : 32
Dentition du Conépate à dos blanc.

Le crâne du Conépate à dos blanc est généralement assez plat, mais légèrement plus haut que celui des espèces apparentées, en particulier au niveau des os temporaux. Il présente une longueur basale de 58 à 85 mm (73 mm en moyenne) et une largeur maximale au niveau des arcs zygomatiques de 36 à 57 mm pour une moyenne de 43 mm[10],[11]. Ses narines sont très largement échancrées et l'os incisif est réduit à une baguette étroite et courbe. Le palais osseux se termine en arrière des molaires supérieures. Les os des naseaux et des maxillaires se terminent à la même hauteur et le rétrécissement post-orbital en arrière des yeux est peu marqué. Les bulles tympaniques ne sont pas aplaties[10].

La rangée dentaire de la mâchoire supérieure mesure entre 19 et 27 mm, avec 23 mm en moyenne. L'animal possède par mandibule supérieure trois incisives, une canine, deux prémolaires et une molaire, et par mandibule inférieure trois incisives, une canine, trois prémolaires et deux molaires. La formule dentaire complète comprend ainsi un total de 32 dents.

Génétique

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Le Conépate à dos blanc possède un nombre haploïde de chromosomes de n = 23 et un caryotype diploïde de 2n = 46 chromosomes. Parmi ceux-ci, 38 chromosomes sont métacentriques ou submétacentriques et 6 chromosomes sont acrocentriques. Le chromosome X est métacentrique, tandis que le chromosome Y est subtélocentrique, de très petite taille et riche en hétérochromatine dense[10]. Les bandes C, obtenues par coloration des chromosomes, se situent au niveau des centromères, bien qu'il existe de grandes bandes C péricentromériques sur les chromosomes 16, 19 et le chromosome Y[18].

Des données de séquençage sont disponibles pour l'ADN mitochondrial ainsi que pour la région du cytochrome b de l'ADN nucléaire. Celles-ci ont été utilisées pour des analyses phylogénétiques et confirment la place du Conépate à dos blanc au sein des Mephitidae ainsi que la monophylie de cette famille en tant que taxon. Au sein de l'espèce, la comparaison des séquences d'ADN nucléaire a révélé une divergence génétique de 0,98 % entre les populations de l'Est et de l'Ouest[10].

Écologie et comportement

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Répartition et habitat

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Carte de répartition du Conépate à dos blanc en Amérique du Nord.

L'aire de répartition du Conépate à dos blanc s'étend du sud des États-Unis jusqu'en Amérique centrale en traversant le Mexique, pour atteindre le Honduras, le Guatemala, le Costa Rica et le nord du Nicaragua[19]. Aux États-Unis, la présence de l'espèce est documentée dans les États du Colorado, de l'Oklahoma, du Texas, de l'Arizona et du Nouveau-Mexique. Au Mexique, elle est recensée dans les États de Zacatecas, Sinaloa, Sonora, Oaxaca, Coahuila, Colima, Veracruz et Michoacán[10]. Au sein de son genre, c’est le Conépate qui occupe l'aire de répartition la plus septentrionale et est la seule espèce présente en Amérique du Nord et centrale.

L'espèce fréquente une grande variété d'habitats, notamment les zones rocheuses arides et montagneuses, les prairies, les canyons, les lits de rivières, les zones tropicales sèches et les régions côtières[10]. Elle est toutefois absente des véritables zones désertiques ainsi que de la forêt tropicale humide[19]. Au Mexique, l'espèce est observée dans des milieux très diversifiés : des zones arides du nord et de l'est de Zacatecas jusqu'aux régions tropicales, aux forêts de montagne et aux côtes de San Luis Potosí, en passant par les savanes d'acacias de Veracruz, les forêts d'épineux de Tamaulipas et les forêts de pins et de chênes des monts San Carlos. Au Texas, ses habitats varient également, englobant les zones de broussailles et de prairies naturelles exploitées pour l'élevage bovin dans le comté de Kleberg, ainsi que les régions dominées par les cactus et les buissons épineux dans le sud de l'État. En altitude, l'espèce peut être rencontrée jusqu'à environ 2 750 m dans les monts Graham ou 3 050 m au Mexique[10].

Mode de vie

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Un Conépate à dos blanc se déplaçant de nuit.

Les Conépates à dos blanc sont des animaux solitaires ; seules les femelles restent accompagnées de leurs petits jusqu'à la fin de l'été. Ils sont principalement nocturnes, bien qu'en hiver, ils s'activent également en journée pendant les heures les plus chaudes pour chercher leur nourriture. Ils passent les heures chaudes de la journée dans des terriers souterrains, sous des buissons ou dans des anfractuosités rocheuses. Leurs terriers de mise bas sont aménagés dans des troncs d'arbres creux, sous des racines, dans des cavités sous de grands rochers ou des éboulis. Ils peuvent également s'installer dans des grottes, des mines abandonnées ou des nids de rats sylvestres (Neotoma), en occupant aussi bien des terriers abandonnés par d'autres animaux que des cavités qu'ils ont creusées eux-mêmes[10].

Sur une grande partie de son territoire, le Conépate à dos blanc vit en sympatrie avec trois autres espèces de moufettes : la Moufette rayée (Mephitis mephitis), la Moufette macroure (Mephitis macroura) et, selon les régions, la Moufette gracile (Spilogale gracilis) et la moufette tachetée du Mexique (Spilogale putorius). Ces espèces partagent souvent les mêmes terriers et d'autres ressources, mais diffèrent par exemple par la composition de leur régime alimentaire[10].

En cas de menace, le Conépate à dos blanc tente de fuir et de se cacher. Il peut cependant prendre l'offensive en se dressant sur ses pattes arrière pour faire quelques pas menaçants vers l'intrus. Si cette tentative échoue, il se laisse brusquement retomber sur ses pattes avant et émet un sifflement sonore en guise d'avertissement. Il ramène ensuite ses pattes arrière sous son corps, projette de la terre en direction de l'agresseur, montre ses dents et frappe vigoureusement le sol avec ses pattes antérieures, tout en dressant sa queue à plat sur son dos. S'il est attaqué à ce stade, il mord et asperge l'adversaire de la sécrétion nauséabonde de ses glandes anales. Ce liquide peut être projeté sous forme de jet ciblé ou de brouillard pulvérisé, selon la taille et la position de l'opposant[10]. Pour s'échapper, il cherche à se réfugier dans des fourrés d'épineux ou de cactus[10], et s'avère également capable de grimper aux arbres pour échapper à ses prédateurs[20].

Alimentation

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Le Conépate à dos blanc se nourrit principalement d'insectes, qui représentent une part plus importante de son alimentation que chez n'importe quelle autre espèce de moufette. Il localise ses proies en fouillant le sol avec son museau et ses pattes avant, principalement à la recherche de larves. En tant qu'omnivore opportuniste, il peut toutefois compléter son régime avec des fruits, d'autres matières végétales ou de petits vertébrés lorsque les insectes viennent à manquer. L'animal tire généralement l'eau nécessaire à son organisme de sa nourriture ; au Texas et au Mexique, il a été très rarement observé en train de boire directement à une source d'eau[17],[10].

Reproduction

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La saison des amours a lieu de la fin février à mars, la majorité des femelles étant gestantes avant le début du mois d’avril. La période de gestation dure environ 60 jours, ce qui conduit à des naissances entre avril et mai. Dans de rares cas, la gestation peut varier ; une femelle maintenue en captivité a notamment présenté une durée de gestation supérieure à 70 jours. Les portées comptent d'un à pics jeunes, les femelles mettant généralement au monde deux à quatre petits. Les femelles disposent de trois paires de mamelles pour l'allaitement[10],[17].

Les jeunes en croissance commencent à être observés à l'extérieur du terrier de juillet à la mi-août. Ils commencent à se disperser à partir de la fin du mois d'août. L'espérance de vie maximale du Conépate à dos blanc dans la nature ne dépasse pas trois à quatre ans, tandis qu'il peut vivre plus de 14 ans en captivité[10].

Prédateurs et parasites

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Parmi les prédateurs du Conépate à dos blanc figurent principalement de grands carnivores. Il s'agit notamment de canidés comme les chiens domestiques, les coyotes (Canis latrans), les renards roux (Vulpes vulpes) et les urocyons (Urocyon cinereoargenteus), du Taxidée (Taxidea taxus), ainsi que de félidés tels que le Puma (Puma concolor) et le Lynx roux (Lynx rufus). S'y ajoutent des rapaces diurnes comme l'Aigle royal (Aquila chrysaetos) et le Pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus), ainsi que de rapaces nocturnes comme le Grand-duc d'Amérique (Bubo virginianus). Tous ces prédateurs sont des chasseurs opportunistes qui capturent le conépate parmi beaucoup d'autres proies ; il n'existe pas de prédateur spécialisé dans la chasse aux moufettes[10].

À l'instar d'autres carnivores, le Conépate à dos blanc héberge de nombreux parasites, dont des puces et des tiques en tant qu'ectoparasites. Il est également l'hôte de vers plats (notamment des genres Oochoristica et Mesocestoides, ainsi que de l'espèce Mathevotaenia mephitis), de nématodes (Filaroides milksi, Filaria martis, Filaria taxidaea, Physaloptera maxillaris, Physaloptera rara et du genre Gongylonema) ainsi que d'acanthocéphales (tels que Macracanthorhynchus ingens, Oncicola canis et Pachysentis canicola)[10].

Statut de conservation et menaces

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Le Conépate à dos blanc est évalué comme « préoccupation mineure » (LC) par l'UICN en raison de son large spectre écologique et de sa vaste distribution. Cependant, de fortes régressions ont été enregistrées au cours des dernières décennies dans la partie nord de son aire de répartition, notamment au Texas où l'espèce est devenue très rare, rendant nécessaire une réévaluation de son statut de conservation[19].

Historiquement, l'espèce occupait probablement un territoire plus vaste dans le Sud des États-Unis. Une baisse importante d'effectifs a été constatée dans le sud du Texas, où certaines populations locales sont présumées éteintes. Seulement 7 % de l'ensemble des spécimens de musées issus de cette région datent d'après 1950. Dans plusieurs secteurs où l'animal était commun, comme la vallée du Río Grande, il est devenu extrêmement rare ou a disparu. La sous-espèce C. l. telmalestes du Texas oriental est très probablement éteinte, ses derniers signalements remontant à 1905. Dans le Colorado, seules une empreinte de patte trouvée en 1996 et deux découvertes de crânes en 1997 et 2000 confirment sa présence récente, le dernier spécimen complet collecté dans cet État datant de 1932[10]. Néanmoins, des collectes de cadavres d'animaux écrasés sur les routes (« roadkills ») ont permis de confirmer sa subsistance le long de la côte du golfe du Mexique, du Texas jusqu'au Mexique, et des analyses génétiques suggèrent l'existence de plusieurs populations plus fréquentes qu'on ne le supposait jusqu'alors[21].

Les principales menaces pesant sur l'espèce résident dans la perte et la fragmentation de ses habitats naturels, ainsi que dans la concurrence écologique avec le Sanglier d'Eurasie (Sus scrofa), une espèce introduite, et la Moufette rayée (Mephitis mephitis). À cela s'ajoutent les collisions routières et l'épandage de pesticides, qui nuisent à l'animal directement ou indirectement en décimant les populations d'insectes dont il se nourrit. Dans les régions septentrionales, les zones de broussailles indispensables à sa survie sont de plus en plus converties en terres agricoles, entraînant le déclin local des populations[19]. De plus, dans les régions où sa présence se superpose à celle de la moufette rayée, le conépate peut être victime de confusion lors de la chasse aux animaux à fourrure[22].

L'espèce ne bénéficie d'aucune protection fédérale globale au titre de l'Endangered Species Act, et son statut légal varie selon les États américains. En Arizona, le Conépate à dos blanc est considéré comme un prédateur et au Texas comme un animal à fourrure, ce qui autorise sa chasse légale tout au long de l'année. En revanche, sa chasse est interdite dans le Colorado et au Nouveau-Mexique, et il est protégé par la loi dans l'Oklahoma[10]. L'espèce est qualifiée de « gravement menacée » dans le Colorado, de « menacée » au Nouveau-Mexique et dans l'Oklahoma, tandis que ses populations sont considérées comme stables au Texas et en Louisiane[22]. Le United States Forest Service considère toutefois le Conépate à dos blanc comme une espèce vulnérable sur l'ensemble du territoire américain de sa distribution[10].

Notes et références

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    Les noms vulgaires ne sont pas accompagnés d’un nom binominal dans cette source. L’utilisation de ces terminologies is déduite des informations contenues dans l’article.
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Liens externes

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