Mephitis macroura
Moufette macroure, Moufette à longue queue, Moufette à capuchon, Moufette à capeline
Répartition géographique
- Mephitis macroura Lichtenstein, 1832 (Protonyme) [1]
- Mephitis vittata Lichtenstein, 1832 [1]
- Mephitis mexicana J. E. Gray, 1837 [1]
- Mephitis Mexicanus C. H. Smith, 1842 [1]
- Mephites macroma J. E. Gray, 1847 [1]
- Mephitis longicaudata Tomes, 1862 [1]
- Mephitis concolor J. E. Gray, 1865 [1]
- Mephitis vittata var. c. concolor J. E. Gray, 1869 [1]
- Mephitis vittata var. b. intermedia J. E. Gray, 1869 [1]
- Mephitis vittata var. a. vittata J. E. Gray, 1869 [1]
- Memphitis edulis Coues, 1877 [1]
- Mephitis macrurus F. W. True, 1885 [1]
- Mephitis milleri Mearns, 1897 [1]
- Chincha macroura (A. H. Howell, 1901) [1]
- Chincha macroura milleri (A. H. Howell, 1901) [1]
- Chincha macroura vittata (A. H. Howell, 1901) [1]
- Mephitis macroura eximius Hall & Dalquest, 1950 [1]
- Mephitis macroura richardsoni Goodwin, 1957 [1]
- Mephitis macroura milleri Lange, 1960 [1]
- Mephitis macroura macroura Wozencraft, 2005 [1]
Mephitis macroura, la Moufette macroure ou à longue queue, plus connue sous les noms de Moufette à capuchon ou à capeline, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Méphitidés. Cette moufette proprement dite (du genre Mephitis) est présente dans les régions les plus méridionales de l’Amérique du Nord, du sud des États-Unis jusqu’au Costa Rica.
Cette moufette se caractérise par une queue particulièrement longue, un pelage soyeux et une collerette de poils blancs surélevés autour du cou qui lui vaut ses appellations liées à un « capuchon » ou une « capeline ». L'espèce présente un dimorphisme sexuel ainsi qu'une importante variabilité géographique, les individus vivant au sud de son aire de répartition étant nettement plus petits que ceux du nord. Son pelage connaît trois phases de coloration distinctes, allant d'un dos majoritairement blanc à un corps presque entièrement noir. La Moufette macroure est un animal nocturne, solitaire et omnivore, dont le régime alimentaire est fortement dominé par les insectes, bien qu'elle consomme aussi des végétaux, de petits vertébrés et des œufs. En cas de menace, elle utilise pour se défendre des glandes anales capables de projeter un liquide riche en composés soufrés hautement nauséabonds. En raison de sa grande adaptabilité aux milieux anthropisés, tels que les zones agricoles et suburbaines, et de la stabilité de ses populations, l'UICN la classe comme espèce en « préoccupation mineure » (LC). Bien que sa fourrure possède une faible valeur commerciale, elle fait l'objet d'une chasse locale traditionnelle pour sa viande ou pour l'usage de sa graisse dans la médecine folklorique mexicaine.
Dénomination
modifier- Nom scientifique valide : Mephitis macroura (Lichtenstein, 1832) selon Mammal Diversity Database ()[1] ;
- Nom normalisé anglais : Hooded skunk ;
- Noms vulgaires : Moufette macroure[2], Moufette à longue queue, Moufette à capuchon[3], Skunk à capuchon[4], Moufette à capeline, Mouffette de Mexico[5] ;
- Noms vernaculaires : Moufette (Mouffette).
Étymologie
modifierLe nom scientifique de l'espèce, macroura, francisé en « macroure », est formé à partir des racines de la langue grecque ancienne où μακρός (makrós) signifie « long » et οὐρά (ourá) se traduit par « queue », faisant directement référence à la longueur remarquable de l'appendice caudal de cet animal.
Taxonomie
modifierHistoire taxonomique
modifierC'est le zoologiste allemand Hinrich Lichtenstein qui décrit pour la première fois la Moufette macroure (Mephitis macroura) en 1832 sous son protonyme actuel de Mephitis macroura. Cette description scientifique est publiée dans son ouvrage de référence, Darstellung neuer oder wenig bekannter Säugethiere, à partir de spécimens collectés au Mexique, dans les régions montagneuses situées au nord-ouest de la ville de Mexico. Dans ce travail d'anatomie comparée, illustré par Franz Krüger et F. A. Schmidt, Lichtenstein met en évidence les caractéristiques propres à cette nouvelle espèce, notamment la longueur remarquable de sa queue et la présence d'un pelage long formant une sorte de collerette sur sa nuque[6], particularités morphologiques qui lui vaudront plus tard son nom vernaculaire de Moufette à capuchon.
Sous-espèces
modifier| Sous-espèce, auteur & date | Description et répartition | Synonymes |
|---|---|---|
| Mephitis macroura macroura Lichtenstein, 1832 |
Sous-espèce nominale. Décrite à partir de spécimens des régions montagneuses situées au nord-ouest de la ville de Mexico.
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Liste
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| Mephitis macroura eximius Hall et Dalquest, 1950 |
Sous-espèce régionale définie par des variations locales de taille ou de pelage.
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Aucun synonyme connu |
| Mephitis macroura milleri Mearns, 1897 |
Sous-espèce occupant la frange septentrionale de l'aire de répartition globale de l'espèce.
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Aucun synonyme connu |
| Mephitis macroura richardsoni Goodwin, 1957 |
Sous-espèce restreinte à la limite sud de la distribution de l'espèce.
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Aucun synonyme connu |
Phylogénie
modifierPhylogénie des Méphitinés basée sur le superarbre de Nyakatura & Bininda-Emonds (2012)[9], modifié au niveau du genre Conepatus pour positionner la Moufette de Humboldt sur une branche adjacente au Cinghe, conformément aux affinités génétiques discutées par Schiaffini et al. (2013)[10], ainsi que l’étude de M. McDonough et al. (2021)[11] :
| Mephitinae |
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Description
modifierCaractéristiques anatomiques
modifierLa Moufette macroure est un mammifère d'une taille comparable à celle d'un chat domestique. Elle se distingue principalement de sa proche parente, la Moufette rayée (M. mephitis), par une queue nettement plus longue, un pelage beaucoup plus long et soyeux, ainsi que par des bulles tympaniques plus développées[12]. L'espèce présente un dimorphisme sexuel marqué, les femelles étant environ 15 % plus petites que les mâles. On note également d'importantes variations géographiques de taille, puisque les individus observés au sud du Mexique et au Costa Rica sont jusqu'à 50 % plus petits que ceux du sud-ouest des États-Unis[13].
Les mâles mesurent entre 56 et 79 centimètres de longueur totale, pour une queue fine et très touffue mesurant de 27,5 à 43,5 centimètres. Le poids maximal atteint environ 2,1 kilogrammes. Sa tête, de forme triangulaire, porte de petits yeux noirs sans paupières apparentes et de petites oreilles rondes. Une collerette de poils blancs surélevés autour du cou et de la nuque lui confère son nom de moufette « à capuchon ».
Variations du pelage
modifierTrois phases de coloration distinctes sont documentées chez cette espèce, qui arbore systématiquement une fine ligne blanche médicofoncière entre les yeux. La phase dite « à dos noir » présente un corps entièrement sombre, flanqué de deux bandes blanches longitudinales et parallèles sur les flancs. La phase « à dos blanc » se caractérise par une unique et large bande blanche continue couvrant tout le dos et le dessus de la tête. Enfin, la phase intégralement noire se limite à un corps sombre avec seulement quelques poils blancs parsemés dans la queue.
Écologie et comportement
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Habitat et répartition
modifierLa Moufette macroure affectionne les zones de plaines, les prairies, les déserts et les contreforts montagneux, tout en évitant généralement les hautes altitudes. Elle manifeste une nette préférence pour la proximité des cours d'eau. C'est une espèce nocturne et solitaire, bien que plusieurs individus puissent parfois tolérer la présence de congénères sur une même zone d'alimentation sans montrer de signes d'agressivité[14]. Durant la journée, elle s'abrite principalement dans des terriers ou sous un épais couvert végétal.
Alimentation
modifierSon régime alimentaire est omnivore. Bien qu'une grande part de sa subsistance estivale repose sur la végétation, notamment les fruits du figuier de Barbarie (Opuntia), l'analyse de ses contenus stomacaux en milieu sauvage révèle une forte composante insectivore. Les insectes représentent jusqu'à 74,3 % de son bol alimentaire, avec une prédominance de perce-oreilles, de punaises vertes et de coléoptères[15]. Elle consomme également des petits vertébrés à hauteur de 12 %, des œufs d'oiseaux et des déchets anthropiques. Au Costa Rica, un comportement unique a été observé : la moufette utilise ses pattes avant pour projeter des œufs entre ses pattes arrière afin de les briser contre des pierres pour les gober[15].
Reproduction
modifierLa saison des amours se déroule principalement entre les mois de février et mars. À l'issue de la gestation, la femelle donne naissance à une portée comprenant généralement entre trois et huit petits[16].
Mécanisme de défense
modifierÀ l'instar des autres méphitidés, elle possède des glandes anales capables de projeter un liquide hautement nauséabond pour se défendre contre ses prédateurs. L'analyse chimique de ces secrétions volatiles démontre que 99 % du liquide est composé de sept ingrédients majeurs, principalement des thiols et des thioacétates comme le (E)-2-butène-1-thiol et le 3-méthyl-1-butanethiol, complétés par des dérivés de la quinoléine[17]. Sur le plan sanitaire, aucun cas de rage n'est historiquement rapporté chez cette espèce au Mexique, mais elle s'avère être l'hôte de divers parasites incluant des nématodes, des vers ronds et des puces.
La moufette macroure et l’Homme
modifierUtilisation et exploitation
modifierLa fourrure de la Moufette macroure possède une faible valeur économique sur le marché international des pelleteries. Néanmoins, à l'échelle locale, elle fait l'objet d'une chasse traditionnelle. Sa graisse ainsi que ses glandes odorantes sont exploitées dans la médecine traditionnelle et folklorique mexicaine, tandis que sa viande est recherchée et consommée comme une délicatesse culinaire dans plusieurs provinces de son aire de répartition.
Statut de conservation
modifierL'espèce est actuellement classée en « préoccupation mineure » (LC) par l'UICN[18]. Elle est particulièrement abondante au Mexique, où ses populations sont considérées comme stables, voire en augmentation dans certaines régions. Très adaptable, elle s'accommode facilement de la proximité humaine en colonisant les pâturages, les champs cultivés ainsi que les banlieues résidentielles.
Notes et références
modifier- (en)/(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en anglais « Hooded skunk » (voir la liste des auteurs) et en allemand « Haubenskunk » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
- ↑ Auguste Ménégaux (dir.) (ill. Wilhelm Kuhnert), La Vie des animaux illustrée : Les Mammifères, Paris, J.-B. Baillière et fils, 1902-1904, 525 p., in-4, p. 494
- ↑ UICN, consulté le .
- ↑ Collectif, Encyclopédie des Sciences et Techniques : Zoologie, volume 3, Paris, Grange Batelière - Éditions Atlas, , 525 p. (lire en ligne), p. 215
- ↑ Encyclopédie du monde animal : [750 espèces dans leur milieu], Paris ; Bruxelles ; Montréal, Sélection du Reader’s Digest, (ISBN 2-7098-0284-8, lire en ligne)
- ↑ (de) Hinrich Lichtenstein, Franz Krüger et F. A. Schmidt, Darstellung neuer oder wenig bekannter Säugethiere in Abbildungen und Beschreibungen : von fünf und sechzig Arten auf funfzig colorirten Steindrucktafeln nach den Originalen des Zoologischen Museums der Universität zu Berlin, Berlin, C.G. Lüderitz, 1827-1834, 115 p. (OCLC 19542942, DOI 10.5962/bhl.title.70092, lire en ligne)
- ↑ Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le .
- ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
- ↑ Katrin Nyakatura et Olaf R. P. Bininda-Emonds, « Updating the evolutionary history of Carnivora (Mammalia): a new species-level supertree complete with divergence time estimates », BMC Biology, vol. 10, (DOI 10.1186/1741-7007-10-12, lire en ligne
) - ↑ Mauro I. Schiaffini, Magalí Gabrielli, Francisco J. Prevosti, Yamila P. Cardoso, Diego Castillo, Roberto Bó, Emma Casanave et Marta Lizarralde, « Taxonomic status of southern South American Conepatus (Carnivora: Mephitidae) », Zoological Journal of the Linnean Society, vol. 167, no 2, , p. 327–344 (DOI 10.1111/zoj.12006)
- ↑ (en) Molly M. McDonough, Adam W. Ferguson, Robert C. Dowler, Matthew E. Gompper et Jesús E. Maldonado, « Phylogenomic systematics of the spotted skunks (Carnivora, Mephitidae, Spilogale): Additional species diversity and Pleistocene climate change as a major driver of diversification », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 163, , p. 107266 (DOI 10.1016/j.ympev.2021.107266)
- ↑ (en) E. Raymond Hall, The Mammals of North America, vol. 2, New York, John Wiley & Sons, , 1181 p. (ISBN 978-0471054436), p. 601–1181
- ↑ (en) Daniel H. Janzen et Winnie Hallwachs, « The hooded skunk, Mephitis macroura, in lowland northwestern Costa Rica », Brenesia, vol. 19, no 20, , p. 549–552
- ↑ (en) Fiona A. Reid, A Field Guide to the Mammals of Central America and Southeast Mexico, New York, Oxford University Press, , 334 p. (ISBN 978-0195064018)
- 1 2 Myers, P., R. Espinosa, C. S. Parr, T. Jones, G. S. Hammond, and T. A. Dewey. The Animal Diversity Web (online). Accessed at https://animaldiversity.org, consulté le .
- ↑ (en) Vernon Bailey, « Mammals of New Mexico », North American Fauna, vol. 53, , p. 1–412 (DOI 10.3996/nafa.53.0001)
- ↑ (en) William F. Wood, Brian G. Sollers, Gary A. Dragoo et Jerry W. Dragoo, « Volatile Components in Defensive Spray of the Hooded Skunk, Mephitis macroura », Journal of Chemical Ecology, vol. 28, no 9, , p. 1865–1870 (ISSN 0098-0331, PMID 12449512, DOI 10.1023/A:1020573404341)
- ↑ UICN, consulté le .
Voir aussi
modifierLiens externes
modifier- (en) Mammal Diversity Database (MDD) : Mephitis macroura (consulté le )
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Mephitis macroura Lichtenstein, 1832
- (en) Catalogue of Life : Mephitis macroura Lichtenstein, 1832 (consulté le )
- (en) Paleobiology Database : Mephitis macroura Lichtenstein 1832
- (fr + en) ITIS : Mephitis macroura Lichtenstein, 1832
- (en) Animal Diversity Web : Mephitis macroura
- (en) NCBI : Mephitis macroura (taxons inclus)
- (en) UICN : espèce Mephitis macroura (Lichtenstein, 1832) (consulté le )