Spilogale angustifrons
Moufette de Howell, Moufette tachetée méridionale
Répartition géographique
Spilogale angustifrons, la Moufette de Howell, plus connue sous le nom de Moufette tachetée méridionale, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Méphitidés. Cette moufette tachetée (Méphitiné du genre Spilogale) est présente du Mexique au Costa Rica.
Dénominations
modifier- Nom scientifique valide : Spilogale angustifrons Howell, 1902 selon Mammal Diversity Database ()[1] ;
- Nom normalisé anglais : Southern Spotted Skunk ;
- Nom recommandé en français : Spilogale angustifrons ;
- Nom vulgaire : Moufette tachetée méridionale[2], Moufette de Howell[3] ;
- Noms vernaculaires : Spilogale, Moufette tachetée, Moufette (ou Mouffette).
Taxonomie et systématique
modifierL'espèce a été décrite pour la première fois en 1902 par le zoologiste américain Arthur Holmes Howell à partir d'un spécimen collecté à Tlalpan, une localité aujourd'hui intégrée à la ville de Mexico[4]. Un temps considérée comme une simple sous-espèce de la Moufette tachetée orientale (Spilogale putorius), ses différences génomiques marquées ont définitivement validé son statut d'espèce indépendante[5].
Aucune sous-espèce n'est actuellement reconnue. L'ancienne sous-espèce Spilogale angustifrons yucatanensis a été élevée en 2021 au statut d'espèce distincte (Spilogale yucatanensis) après avoir été identifiée au sein du clade oriental du genre[6].
Phylogénie
modifierAu sein du genre Spilogale, Spilogale angustifrons appartient au clade occidental. Les analyses de phylogénie moléculaire publiées en 2021 confirment qu'elle forme avec l'espèce sœur Spilogale leucoparia (la Moufette du désert) le « clade de Sonora », qui s'est séparé de la lignée de la Moufette tachetée occidentale (Spilogale gracilis) au cours des glaciations du Pléistocène[6].
Phylogénie des Méphitinés basée sur le superarbre de Nyakatura & Bininda-Emonds (2012)[7], modifié au niveau du genre Conepatus pour positionner la Moufette de Humboldt sur une branche adjacente au Chingue, conformément aux affinités génétiques discutées par Schiaffini et al. (2013)[8], ainsi que l’étude de M. McDonough et al. (2021)[6] :
| Mephitidae |
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Description
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La Moufette tachetée méridionale présente une longueur tête-corps comprise entre 21 et 25 cm, complétée par une queue touffue mesurant de 10 à 14,5 cm. Les femelles sont généralement légèrement plus petites que les mâles. Son poids varie entre 240 et 533 g[5].
Le pelage noir arbore un motif caractéristique de taches et de rayures blanches. On observe notamment une tache blanche bien visible entre les yeux et six lignes longitudinales, partiellement fragmentées en taches, qui courent le long du dos et des flancs. La paire de rayures centrales s'étend sur le milieu du dos jusqu'à l'arrière-train, où elle se ramifie pour descendre sur les hanches. La deuxième paire de bandes part des oreilles parallèlement aux rayures centrales. La troisième paire commence au niveau des pattes antérieures, s'étend le long des flancs et rejoint les bandes descendantes des hanches. Le tiers postérieur ainsi que l'extrémité de la queue touffue sont d'une couleur blanche pure. Les pattes portent chacune cinq doigts munis de longues griffes[5].
Le crâne est petit et étroit, caractérisé par une boîte crânienne fortement bombée et une région nasale particulièrement fine[5]. La dentition de l'adulte comporte au total 34 dents[5].
Écologie et comportement
modifierHabitat et répartition
modifierL'aire de répartition de l'espèce s'étend du Centre du Mexique jusqu'au Costa Rica, englobant également le Belize, El Salvador, le Guatemala, le Honduras et le Nicaragua[9]. Les populations de spilogales vivant sur la péninsule du Yucatán ne sont plus rattachées à ce taxon et sont aujourd'hui classées comme une espèce distincte (Spilogale yucatanensis)[6].
Cette moufette évolue principalement dans les zones montagneuses, s'élevant jusqu'à 2 800 mètres d'altitude[5]. Elle fréquente une grande variété d'habitats : des versants rocheux parsemés de buissons ou d'arbres clairsemés, des broussailles et des zones escarpées, mais aussi des forêts tropicales denses, des forêts de pins, des prairies et des terres agricoles exploitées. Le domaine vital d'un individu est estimé à environ 64 hectares. On compte en moyenne entre cinq et huit individus par kilomètre carré. L'animal établit ses terriers entre les racines des arbres, sous les rochers ou dans des troncs creux, mais il n'hésite pas à réoccuper les terriers abandonnés par des Tatous ou d'autres mammifères[5].
Mode de vie et alimentation
modifierLa Moufette tachetée méridionale est essentiellement nocturne et terrestre, bien qu'elle se révèle être une excellente grimpeuse en cas de besoin. Elle adopte un régime alimentaire omnivore composé d'insectes, de petits Vertébrés, d'œufs d'oiseaux, de fruits et d'autres matières végétales[9]. Les invertébrés constituent environ la moitié de ses repas[5]. À l'instar des autres méphitidés, elle possède des glandes anales hypertrophiées sécrétatrices d'un liquide nauséabond qu'elle projette pour repousser les prédateurs potentiels[5].
Il n'existe actuellement aucune donnée scientifique publiée concernant sa biologie de reproduction ou sa période de rut précise dans la nature[5].
Menaces et conservation
modifierL'espèce est inscrite dans la catégorie « préoccupation mineure » (LC) par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Cette classification est justifiée par sa large distribution géographique, des effectifs globaux stables et une grande tolérance écologique face aux modifications anthropiques de son milieu[9]. Les principales menaces locales identifiées proviennent des incendies de forêt, de la conversion des milieux en monocultures agricoles intensives, ainsi que de l'extension du réseau routier qui accroît la mortalité par collision routière[9].
Notes et références
modifier- (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Südlicher Fleckenskunk » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 4 5 6 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
- ↑ Priscilla Barrett et Luke Hunter (trad. de l'anglais), Guide des Carnivores du monde, Paris, Delachaux et Niestlé, coll. « Les guides du naturaliste », , 240 p. (ISBN 978-2-603-01856-9)
- ↑ Catalogue of Life Checklist, consulté le .
- ↑ Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le .
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 (en) J.W. Dragoo (dir.), « Southern Spotted Skunk Spilogale angustifrons », dans Handbook of the Mammals of the World, vol. Volume 1: Carnivores, Barcelone, Lynx Edicions, , 561–562 p. (ISBN 978-84-96553-49-1)
- 1 2 3 4 (en) Molly M. McDonough, Adam W. Ferguson, Robert C. Dowler, Matthew E. Gompper et Jesús E. Maldonado, « Phylogenomic systematics of the spotted skunks (Carnivora, Mephitidae, Spilogale): Additional species diversity and Pleistocene climate change as a major driver of diversification », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 163, , p. 107266 (DOI 10.1016/j.ympev.2021.107266)
- ↑ Katrin Nyakatura et Olaf R. P. Bininda-Emonds, « Updating the evolutionary history of Carnivora (Mammalia): a new species-level supertree complete with divergence time estimates », BMC Biology, vol. 10, (DOI 10.1186/1741-7007-10-12, lire en ligne
) - ↑ Mauro I. Schiaffini, Magalí Gabrielli, Francisco J. Prevosti, Yamila P. Cardoso, Diego Castillo, Roberto Bó, Emma Casanave et Marta Lizarralde, « Taxonomic status of southern South American Conepatus (Carnivora: Mephitidae) », Zoological Journal of the Linnean Society, vol. 167, no 2, , p. 327–344 (DOI 10.1111/zoj.12006)
- 1 2 3 4 UICN, consulté le .
Voir aussi
modifierLiens externes
modifier- (en) Mammal Diversity Database (MDD) : Spilogale angustifrons (consulté le )
- (en) Catalogue of Life : Spilogale angustifrons Howell, 1902 (consulté le )
- (en) UICN : espèce Spilogale angustifrons Howell, 1902 (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Spilogale angustifrons Howell, 1902
- (en) Animal Diversity Web : Spilogale angustifrons