Spilogale pygmaea
Spilogale naine, Moufette naine
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VU A2ce : Vulnérable
Répartition géographique
Spilogale pygmaea, la Spilogale naine ou Moufette naine, est une espèce de mammifère carnivores de la famille des Méphitidés. Cette spilogale (un méphitiné du genre Spilogale) endémique du Mexique est le plus petit membre de son genre ainsi que de toute la famille.
Dénominations
modifier- Nom scientifique valide : Spilogale pygmaea (Thomas, 1898) selon Mammal Diversity Database ()[1] ;
- Nom recommandé en français : Spilogale naine[2] ;
- Nom vulgaire : Moufette naine[3] ;
- Noms vernaculaires : Spilogale, Moufette (ou Mouffette).
Taxonomie
modifierLa spilogale naine a été décrite en 1820 par le zoologiste britannique Oldfield Thomas d'après un spécimen en provenance de Rosario (État de Sinaloa). Sur le plan de la systématique moléculaire, les révisions récentes menées par M. McDonough et al. (2021) confirment que la spilogale naine constitue le taxon le plus basal de l'ensemble du genre Spilogale, s'étant séparé de la lignée commune il y a environ 5 millions d'années. Bien que quatre sous-espèces soient reconnues par ITIS ()[4], l’étude tend à dire que s'agit d'un taxon monotypique[5].
Phylogénie
modifierPhylogénie des Méphitinés basée sur le superarbre de Nyakatura & Bininda-Emonds (2012)[6], modifié au niveau du genre Conepatus pour positionner la Moufette de Humboldt sur une branche adjacente au Chingue, conformément aux affinités génétiques discutées par Schiaffini et al. (2013)[7], ainsi que l’étude de M. McDonough et al. (2021)[5] :
| Mephitidae |
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Description
modifierParmi les Méphitidés, les spilogales ont les morphologies qui rappellent le plus les Mustélidés. La spilogale naine possède un corps particulièrement svelte et une queue nettement moins touffue et plus courte que ses proches parents. La longueur tête-corps varie entre 11 à 35 cm, complétée par une queue de 7 à 12 cm[8].
Le pelage présente un fond noir parsemé de motifs blancs complexes, incluant une tache blanche caractéristique sur le front et un alignement de deux à d'environ six rayures blanches disposées en cercles sur le dos et les flancs. Sur la partie postérieure du dos, ces lignes se fragmentent pour former des taches. L'extrémité de la queue est le plus souvent blanche. Comme l'ensemble des moufettes, l'espèce est dotée de deux grandes glandes odorantes situées dans la région périanale[8].
Répartition et habitat
modifierCette espèce possède une aire de répartition tout longeant la côte Pacifique du Mexique, s'étendant principalement entre les États de Sinaloa, Nayarit, Jalisco, Colima, Michoacán, Guerrero, Oaxaca et Chiapas. Ses habitats de prédilection sont les zones boisées claires et les fourrés buissonnants installés sur des sols rocailleux. Elle évite scrupuleusement les forêts denses et humides ainsi que les marécages. Bien qu'elle établisse généralement ses gîtes dans des terriers souterrains, elle grimpe facilement et sait se réfugier dans les arbres[8].
Écologie et comportement
modifierAlimentation
modifierBien qu'omnivore, la spilogale naine affiche un régime nettement plus carnivore que les autres membres de sa famille. Elle se nourrit principalement d'insectes, mais chasse également activement de petits mammifères, des oiseaux et des reptiles, notamment durant la période hivernale. En été, elle complète ses apports par des fruits et des baies. C'est une grimpeuse agile qui n'hésite pas à s'aventurer dans les arbres à la poursuite de ses proies ou à s'introduire occasionnellement dans les poulaillers pour y consommer des œufs[8].
Comportement et reproduction
modifierLa spilogale naine est un animal strictement nocturne. Face à un danger, sa première réaction est la fuite. Cependant, lorsqu'elle est acculée, elle devient agressive : elle hérisse ses poils et dresse sa queue pour paraître plus imposante. Elle effectue alors une parade défensive spectaculaire en se dressant en poirier sur ses pattes avant, avançant dans cette posture face à l'intrus. Si la menace persiste, elle retombe sur ses quatre membres, courbe son corps en forme de U afin de pointer simultanément sa tête et ses glandes anales vers l'adversaire, puis projette sa sécrétion nauséabonde.
L'espèce ne pratique pas de véritable hibernation, bien que plusieurs individus puissent partager un nid commun pendant l'hiver afin de limiter leurs pertes thermiques. Les accouplements ont lieu en septembre ou octobre, mais l'implantation de l'embryon est différée (diapause embryonnaire) jusqu'en mars ou avril de l'année suivante. Le développement utérin actif dure ensuite entre 28 et 31 jours, pour une période totale de gestation s'étendant sur 230 à 250 jours après fertilisation. La femelle donne naissance à une portée comptant généralement entre 3 et 6 petits pouvant exceptionnellement aller jusqu'à 10. Les jeunes acquièrent leurs motifs définitifs à 21 jours, ouvrent les yeux à 32 jours, sont capables d'utiliser leurs glandes odorantes à 46 jours et sont sevrés au bout de deux mois. Ils atteignent leur taille adulte à 15 semaines et leur maturité sexuelle dès l'automne suivant pour participer à la nouvelle saison de reproduction. Les jeunes se dispersent en automne, mais certains passent le premier hiver au sein du terrier maternel[8].
Menaces et conservation
modifierL'espèce est globalement considérée comme bénéfique par l'Homme en raison de sa consommation importante d'insectes et de rongeurs nuisibles, bien qu'elle subisse localement un piégeage marginal pour sa fourrure. Elle est actuellement classée comme espèce vulnérable (VU) sur la Liste rouge de l'UICN. Les estimations indiquent que ses populations globales ont décliné de plus de 30 % au cours des trois dernières générations (environ 15 ans).
La menace principale pesant sur cette moufette réside dans la fragmentation et la destruction de son habitat d'origine. Discontinu et restreint par nature, le biotope côtier mexicain qu'elle occupe subit de fortes pressions anthropiques liées au développement des infrastructures touristiques et de l'urbanisation. De plus, à proximité des implantations humaines, la prédation exercée par les animaux de compagnie introduits, tels que les chiens et les chats domestiques, constitue un facteur aggravant de mortalité pour ce tout petit carnivore[9].
Notes et références
modifierRéférences
modifier- (en)/(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en anglais « Pygmy spotted skunk » (voir la liste des auteurs) et en allemand « Zwerg-Fleckenskunk » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 4 5 6 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
- ↑ Encyclopédie du monde animal : [750 espèces dans leur milieu], Paris ; Bruxelles ; Montréal, Sélection du Reader’s Digest, (ISBN 2-7098-0284-8, lire en ligne).
- ↑ (en) Amy Chernack (dir. et Project Coordinator), Normand David et Michel Gosselin (French common names), All the Mammals of the World, Barcelone, Lynx Nature Books, , 800 p. (ISBN 978-84-16728-66-4), p. 683.
- ↑ Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
- 1 2 (en) Molly M. McDonough, Adam W. Ferguson, Robert C. Dowler, Matthew E. Gompper et Jesús E. Maldonado, « Phylogenomic systematics of the spotted skunks (Carnivora, Mephitidae, Spilogale): Additional species diversity and Pleistocene climate change as a major driver of diversification », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 163, , p. 107266 (DOI 10.1016/j.ympev.2021.107266).
- ↑ Katrin Nyakatura et Olaf R. P. Bininda-Emonds, « Updating the evolutionary history of Carnivora (Mammalia): a new species-level supertree complete with divergence time estimates », BMC Biology, vol. 10, (DOI 10.1186/1741-7007-10-12, lire en ligne).
- ↑ Mauro I. Schiaffini, Magalí Gabrielli, Francisco J. Prevosti, Yamila P. Cardoso, Diego Castillo, Roberto Bó, Emma Casanave et Marta Lizarralde, « Taxonomic status of southern South American Conepatus (Carnivora: Mephitidae) », Zoological Journal of the Linnean Society, vol. 167, no 2, , p. 327–344 (DOI 10.1111/zoj.12006).
- 1 2 3 4 5 Bradley David Gay, « Spilogale pygmaea », Animal Diversity Web, (consulté le ).
- ↑ « Spilogale pygmaea », UICN (consulté le ).
Voir aussi
modifierLiens externes
modifier- (fr + en) ITIS : Spilogale pygmaea (consulté le )
- (en) UICN : espèce Spilogale pygmaea (consulté le )
- (en) Mammal Diversity Database (MDD) : Spilogale pygmaea (consulté le )
- (en) Mammal Species of the World (3e éd., 2005) : Spilogale pygmaea
- (en) Animal Diversity Web : Spilogale pygmaea