Spilogale interrupta
Moufette interrompue, Moufette tachetée des plaines
![]()
![]()
NE : Non évalué
Répartition géographique
Spilogale interrupta, la Moufette interrompue, plus connue sous le nom de Moufette tachetée des plaines, est une espèce de mammifères carnivores, de la famille des Méphitidés (sous-famille des Méphitinés). On la rencontre dans le centre des États-Unis, à l'ouest du Mississippi.
Cette spilogale était considérée comme une sous-espèce de la Moufette tachetée de l'Est (Spilogale putorius) jusqu’à une étude phylogénétique publiée en 2021.
Dénominations
modifier- Nom scientifique valide : Spilogale interrupta (Rafinesque, 1820) selon Mammal Diversity Database ()[1] ;
- Nom normalisé anglais : Plains Spotted Skunk ;
- Noms vulgaires : Moufette interrompue[2], Moufette tachetée des plaines[3] ;
- Noms vernaculaires : Spilogale, Moufette tachetée, Moufette (ou Mouffette), Moufette des plaines[4].
Taxonomie
modifierLa moufette tachetée des plaines a été décrite pour la première fois en 1820 par le polymathe américain Constantine Samuel Rafinesque, mais elle a par la suite été classée comme une sous-espèce de la moufette tachetée de l'Est (Spilogale putorius). Sa localité type est la Louisiane[5]. À la mi-2021, le taxon a retrouvé son statut d'espèce distincte, après qu'il a été établi qu'il se distinguait nettement, sur le plan génétique, de la moufette tachetée de l'Est, le Mississippi ayant fait obstacle au flux génétique entre les deux espèces[6].
Phylogénie
modifierPhylogénie des Méphitinés basée sur le superarbre de Nyakatura & Bininda-Emonds (2012)[7], modifié au niveau du genre Conepatus pour positionner la Moufette de Humboldt sur une branche adjacente au Chingue, conformément aux affinités génétiques discutées par Schiaffini et al. (2013)[8], ainsi que l’étude de M. McDonough et al. (2021)[6] :
| Mephitidae |
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Caractéristiques
modifierComme toutes les Spilogales, la moufette tachetée des plaines est plus petite et ressemble beaucoup plus à un petit mustélidé que les membres des autres genres de Méphotinés, et elle arbore un motif noir et blanc très contrasté[5]. Rafinesque a noté dans sa description originale que les animaux présentent, sur leur pelage sombre, deux lignes blanches parallèles et courtes sur la tête et huit sur le dos. Parmi ces dernières, les quatre situées sur la partie antérieure du dos sont de longueur égale et parallèles entre elles, tandis que les quatre de la partie postérieure sont plutôt rectangulaires et orientées de façon angulaire dans différentes directions[6].
Répartition
modifierL'espèce vit principalement dans les Grandes Plaines, mais elle est également présente dans les forêts des monts Ouachita et du plateau d'Ozark, ainsi que dans la prairie côtière humide du sud du Texas et de l'ouest de la Louisiane. Au nord, son aire de répartition dépasse légèrement le Minnesota pour atteindre la zone forestière canadienne ; au sud, elle s'étend jusqu'à l'État mexicain de Tamaulipas et à l'ouest jusqu'aux montagnes Rocheuses[6].
Dans les Grandes Plaines, ces moufettes ne fréquentent pas les paysages ouverts, mais plutôt les forêts riveraines (berges des cours d'eau), les haies, ainsi que les régions buissonneuses ou rocheuses. Avant l'arrivée des colons européens, l'animal était assez rare dans les Grandes Plaines. Cependant, les bâtiments construits et les plantations environnantes leur ayant offert davantage de couvert, combinés à l'apparition de la souris domestique (Mus musculus) comme proie supplémentaire et abondante, l'espèce est devenue plus fréquente[9][5].
Écologie des maladies
modifierLa moufette tachetée des plaines est l'hôte de Skrjabingylus chitwoodorum (le ver crânien de la moufette), un nématode qui colonise ses sinus frontaux et peut provoquer de graves déformations osseuses ainsi que des perforations du crâne[10]. Bien que l'infection ne semble altérer ni l'indice de condition corporelle global ni le taux de survie face aux prédateurs, des études radio-télémétriques montrent qu'elle induit des modifications comportementales sexuellement différenciées, réduisant notamment d'un tiers la taille du domaine vital annuel des femelles atteintes[11][10].
Menaces et conservation
modifierHistoriquement abondante au début du XXe siècle, la moufette tachetée des plaines a connu un effondrement démographique drastique à partir des années 1940, estimé à plus de 90 % dans plusieurs États des Grandes Plaines, dont le Kansas[12]. Ce déclin abrupt est corrélé à la modernisation agricole, entraînant la perte des structures d'habitat traditionnelles (haies, petites fermes diversifiées) au profit de la monoculture intensive, ainsi qu'à l'usage massif de pesticides réduisant ses ressources en insectes[13]. L'évaluation contemporaine des populations par pièges photographiques indique que l'espèce est désormais très localisée et difficilement détectable sur l'ensemble de sa zone de présence historique[14].
Notes et références
modifier- (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Plains-Fleckenskunk » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 4 5 6 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
- ↑ René Primevère Lesson, Manuel de mammalogie, ou histoire naturelle des mammifères, Paris, J. B. Baillière, , 441 p. (lire en ligne), p. 151
- ↑ Nicolas Guillot, « L'ADN de la mouffette tachetée aide à identifier de nouvelles espèces », sur Espèces-menacées.fr, (consulté le )
- ↑ (en) Amy Chernack (dir. et Project Coordinator), Normand David et Michel Gosselin (French common names), All the Mammals of the World, Barcelone, Lynx Nature Books, , 800 p. (ISBN 978-84-16728-66-4), p. 682
- 1 2 3 (en) J. W. Dragoo (dir.), « Eastern Spotted Skunk Spilogale putorius », dans Handbook of the Mammals of the World. Volume 1: Carnivores, Barcelone, Lynx Edicions, , 560–561 p. (ISBN 978-84-96553-49-1)
- 1 2 3 4 (en) Molly M. McDonough, Adam W. Ferguson, Robert C. Dowler, Matthew E. Gompper et Jesús E. Maldonado, « Phylogenomic systematics of the spotted skunks (Carnivora, Mephitidae, Spilogale): Additional species diversity and Pleistocene climate change as a major driver of diversification », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 163, , p. 107266 (DOI 10.1016/j.ympev.2021.107266)
- ↑ Katrin Nyakatura et Olaf R. P. Bininda-Emonds, « Updating the evolutionary history of Carnivora (Mammalia): a new species-level supertree complete with divergence time estimates », BMC Biology, vol. 10, (DOI 10.1186/1741-7007-10-12, lire en ligne
) - ↑ Mauro I. Schiaffini, Magalí Gabrielli, Francisco J. Prevosti, Yamila P. Cardoso, Diego Castillo, Roberto Bó, Emma Casanave et Marta Lizarralde, « Taxonomic status of southern South American Conepatus (Carnivora: Mephitidae) », Zoological Journal of the Linnean Society, vol. 167, no 2, , p. 327–344 (DOI 10.1111/zoj.12006)
- ↑ de la Peña 2023, p. 4.
- 1 2 (en) Summer H. LaRose, Damon B. Lesmeister et Matthew E. Gompper, « Addressing a knowledge gap in Spilogale disease ecology: skunk cranial worm, Skrjabingylus chitwoodorum, in Spilogale putorius interrupta », Southeastern Naturalist, vol. 20, no sp11, , p. 173-180 (lire en ligne)
- ↑ de la Peña 2023, p. 22.
- ↑ de la Peña 2023, p. 5.
- ↑ de la Peña 2023, p. 6-8.
- ↑ de la Peña 2023, p. 58.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (en) Jenell de la Peña, Characterizing the ecology of plains (Spilogale interrupta) and eastern (Spilogale putorius) spotted skunks: a systematic literature review and population assessment in Kansas, Pittsburg State University, , thèse de master (lire en ligne)
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- (en) Paleobiology Database : Spilogale interrupta (consulté le )
- (en) Mammal Diversity Database (MDD) : Spilogale interrupta (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Spilogale interrupta (consulté le )