Conservateurs (Iran)

tendance politique en Iran

Les principalistes (en persan : اصول‌گرایان, Osul-Garāyān, littéralement « ceux qui suivent les principes »), également connus sous le nom de conservateurs, constituent l’un des deux grands courants politiques de la république islamique d’Iran[1]. Ils sont attachés à la préservation et à la défense des principes fondateurs de la révolution islamique de 1979[2], notamment l’idéologie religieuse du chiisme politique et la doctrine du velāyat-e faqīh (gouvernance du juriste islamique), selon laquelle le Guide suprême exerce l’autorité suprême de l’État[3].

Principalistes
Présentation
Chef spirituel Gholam Ali Haddad-Adel
Chef parlementaire Mohammad Ghalibaf
Religion Islam chiite
Positionnement Droite à extrême droite
Idéologie Fondamentalisme musulman
Khomeinisme
Républicanisme islamique
Conservatisme social
Conservatisme autoritaire
Anticommunisme
Antioccidentalisme
Velayat-e faqih
Factions:
Realpolitik
Nationalisme iranien
Populisme de droite
Conservatisme traditionaliste

Les principalistes sont proches des institutions cléricales de Qom.

En 2024, les principalistes sont majoritaires au sein du Parlement comme de l'Assemblée des experts, mais aussi d'institutions non élues comme le Conseil des gardiens et le système judiciaire.

Positions religieuses et politiques

modifier

Positions religieuses

modifier

Durant les années suivant la Révolution islamique, en opposition à un courant intellectuels libéral qui préconise le changement des structures religieuses existantes (y compris l'appareil clérical, le taqlid), et l'adaptation des règles religieuses à de nouvelles valeurs (telles que la démocratie et les droits de l'homme) se développe le courant principaliste, qui veut maintenir le statu quo et s'opposer aux changements dans les structures et croyances de la révolution.

Les intellectuels réformistes accusent les fondamentalistes « d'interprétations violentes, réactionnaires et déviantes de la religion ». En retour, les principalistes décrivent également les réformistes comme « occidentalisés » et « négligents face aux valeurs religieuses »[réf. nécessaire].

Positions politiques

modifier

Une déclaration commune publiée en 2010 par deux des principaux partis politiques (l'association du clergé militant et la société des enseignants du séminaire de Qom (en)) fournit une synthèse des éléments fondamentaux du principalisme : la loyauté envers l'islam et la révolution iranienne, l'obéissance au guide suprême de l'Iran et la dévotion au principe de Velayat Faqih[4].

Politique étrangère

modifier

Les principalistes rejettent généralement le statu quo au niveau international et considèrent que l'Iran doit être à la tête d'un mouvement promouvant la révolution islamique. Ils considèrent les États-Unis comme une menace pour le régime, et un obstacle pour l'influence de l'Iran dans la région. Les partis relevant de ce camp promeuvent généralement le développement de capacités autochtones sur les technologies clés (nucléaire, militaire, aérospatiale, pharmaceutique...) et considèrent qu'une ouverture à l'international représenterait un risque pour le régime[5].

Médias liés aux principalistes

modifier

Références

modifier
  1. Fatima al-Samadi, Arab Center for Research and Policy Studies, « Les courants politiques en Iran et le conflit entre religieux et politiciens » Accès libre, sur https://carep-paris.org/,
  2. Clément Guillemot, Les clés du Moyen-Orient, « La scène politique de la république islamique d’Iran : entre « conservateurs » et « réformateurs » » Accès libre, sur https://www.lesclesdumoyenorient.com/,
  3. Anthony SAMRANI, L'Orient-Le Jour, « Aux origines du velayet e-faqih... » Accès libre, sur https://www.lorientlejour.com/,
  4. (en) « Iran's Conservatives: The Headstrong New Bloc », sur FRONTLINE - Tehran Bureau (consulté le )
  5. (en) Robert J. Reardon, Containing Iran: Strategies for Addressing the Iranian Nuclear Challenge, RAND Corporation, (ISBN 978-0833076373, lire en ligne), p. 81-82