Constant Marie
Constant Marie, dit « Le Père Lapurge », né le à Sainte-Houvrince (Calvados) et mort le à Paris, est un communard, poète auteur-compositeur-interprète de chansons révolutionnaires et militant anarchiste français.
| Constant Marie Le Père Lapurge | |
Photographie policière de Constant Marie par Alphonse Bertillon (fichier anthropométrique des anarchistes, 1894). | |
| Naissance | Sainte-Houvrince (Calvados) |
|---|---|
| Décès | (à 71 ans) Paris 5e |
| Première incarcération | 1er juillet 1894 « affiliation à une association de malfaiteur » |
| Origine | français |
| Type de militance | communard chansonnier |
| Cause défendue | Anarchisme |
| modifier |
|


Sa production recouvre des chansons variées, dont « Dame dynamite », « Le Père Lapurge », « L’Affranchie » et « La Muse rouge ».
Sa photographie policière fait partie des collections du Metropolitan Museum of Art (MET).
Biographie
modifierOuvrier maçon, il participe à la Commune de Paris (1871) où il est blessé à la tranchée du Fort de Vanves. Blessure qui le contraint par la suite à se faire cordonnier.
La virulence de ses propos attire l'attention de la police qui ne cesse de le surveiller et le , son domicile est perquisitionné : des livres et les textes de ses chansons sont saisis. Il est arrêté et inculpé « d'affiliation à une association de malfaiteur ». Il passe plusieurs semaines à la prison de Mazas. Son non-lieu n’est obtenu qu’un an après, et il reste sous surveillance jusqu’en 1905.
Militant très actif dans les années 1885 et 1886, il participe à de multiples fêtes de groupes anarchistes.
On lui doit deux des chansons les plus représentatives du répertoire anarchiste de ces années : « Dame Dynamite » et « Le Père Lapurge » publiées, en , dans La Révolte des affamés, journal anarchiste de Calais.
Il signe des billets sous le pseudonyme Le Père Lapurge dans l'hebdomadaire Le Père peinard fondé par Émile Pouget[1].
La Muse Rouge
modifierIl fonde, en , le Groupe des poètes et chansonniers révolutionnaires. En 1907, le groupe devient La Muse Rouge, du titre de sa chanson en hommage à Louise Michel[2]
À ce groupe appartiendront de nombreux anarchiste dont : Gaston Couté, Eugène Bizeau, May Picqueray, Sébastien Faure, Maurice Doublier, Clovys et Constant Marie.
Quelques décennies plus tard, Jacques Prévert et Pierre Dac feront aussi partie de ce groupe d’artistes informel et peu conventionnel.
Décès
modifierConstant Marie est mort le à Paris (5e arrondissement)[3].
Postérité
modifierEn 1980, Marc Ogeret réinterprète Le Père Lapurge dans la version CD de son disque (1968) Chansons « contre » sorti en .
Œuvres
modifierL’œuvre complète de Marie semble avoir compté en tout 22 chansons et poésies.
En 1905, une souscription est lancée pour éditer la totalité de ses œuvres, mais l’initiative n’aboutit pas et c'est finalement le groupe de La Muse rouge qui édite séparément ses compositions en petits fascicules illustrés entre autres par Maximilien Luce et Ibels.
Citation
modifierJe suis le vieux père Lapurge
Pharmacien de l’humanité
Contre la bile je m’insurge
Avec ma fille Égalité
J’ai ce qu’il faut dans ma boutique,
J’ai le tonnerre et les éclairs,
Pour purger toute la clique
Des affameurs de l’Univers
Le Père Lapurge (1886)
Notes et références
modifier- ↑ Dietmar Rieger, Études littéraires françaises, La chanson française et son histoire, Gunter Narr Verlag, Tübingen 1988,, La chanson française et son histoire, Tübingen, Gunter Narr Verlag, coll. « Études littéraires françaises » (no 39), , 394 p. (ISBN 978-3-87808-739-7, OCLC 462195370, lire en ligne)
- ↑ (en-US) « Bd de Magenta »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur Paris Révolutionnaire,
- ↑ Archives de Paris Acte de décès no 1721 dressé le 6/8/1910, vue 20 / 31
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- La chanson anarchiste en France des origines à 1914 : "Dansons la Ravachole !", Paris, Éditions L'Harmattan, , 445 p. (ISBN 2-7384-6080-1, lire en ligne)
- Thierry Lefebvre, La chanson du père Lapurge, Revue d'histoire de la pharmacie, 93e année, no 348, 2005, p. 660–661, texte intégral.
- Caroline Granier, « Nous sommes des briseurs de formules » : les écrivains anarchistes en France à la fin du dix-neuvième siècle, Thèse de doctorat en lettres modernes sous la dir. de Claude Mouchard, Université Paris-VIII, 2003, texte intégral.
Notices
modifierArticles connexes
modifier- La Purge (chanson)