Corentinie
Corentinie, également connue sous le nom Corentine, est une peinture à l'huile sur toile de François‑Alfred Delobbe, présentée au Salon de 1890[1] au Palais des Champs-Élysées[2]. Elle représente une jeune gardienne bretonne assise sur un rocher, calme, digne, entourée de vaches sous un ciel lourd, dans une lumière douce.
| Artiste | |
|---|---|
| Date |
1890 |
| Type | |
| Dimensions (H × L) |
60 × 74 cm |
| Mouvement |
École de Concarneau (d) |
| Localisation |
Collection privée |
La figure : une jeune gardienne bretonne, immobile et attentive
modifierLa jeune fille est assise sur un rocher, dans une posture droite mais détendue. Elle porte un corsage blanc aux manches légèrement bouffantes, un tablier sombre noué à la taille, une coiffe blanche simple, typique des environs de Concarneau, un bâton de berger posé en travers de ses genoux. Son regard, dirigé vers le spectateur, est calme, presque grave : un mélange de vigilance et de douceur. Cette frontalité silencieuse est typique de Delobbe dans les années 1885–1892.
Derrière elle, trois vaches paissent dans un pré légèrement détrempé. Le ciel est chargé, gris, presque orageux : une atmosphère boudinienne, où la lumière diffuse crée un voile doux sur l’ensemble de la scène. La présence de seulement trois bêtes — détail souligné dans les notices anciennes — donne une impression d’intimité rurale, loin des grands troupeaux idéalisés.
Delobbe utilise ici des bruns chauds, des verts assourdis, des gris bleutés, des blancs cassés. Cette palette est typique de sa maturité : elle abandonne les contrastes académiques pour une harmonie atmosphérique.
Delobbe en 1890 : la pleine maturité bretonne
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À partir de 1884, Delobbe s’éloigne définitivement de l’académisme parisien pour développer un style plus naturaliste, plus intime, plus atmosphérique, centré sur les figures féminines rurales. Corentinie appartient à cette période où il peint Yvonnette (1884–1887), Jeune vendangeuse (1888), Pêcheuse de l’île Tudy (1889), Sur la plage à Douarnenez (1889).
En 1890, le Salon voit triompher Bastien-Lepage (posthume), Dagnan-Bouveret, Lhermitte, les peintres de la vie rurale. Delobbe s’inscrit dans cette veine, mais avec une différence majeure : il ne cherche pas la dramatisation du travail, mais la poésie silencieuse du quotidien. Corentinie est un tableau plein-air, mais sans emphase : un naturalisme apaisé, non démonstratif. Corentinie est un tableau où Delobbe égale Bouguereau dans la figure, mais égale Bastien-Lepage dans l’atmosphère.
La publication d'une gravure de Corentinie dans L’Art français[3] confirme que le tableau était considéré comme l’un des sommets du Salon de 1890[4].
L’achat du tableau par la Société Française des Amis des Arts[5] est une consécration officielle[6], un label de qualité comparable à une médaille. Ladite société acquiert aussi la Ramasseuse de coquillages d'Alfred Guillou[7], ce qui illustre bien la réussite des peintres de l'École de Concarneau en cette année 1890.
Références
modifier- ↑ « Base salons : Entrée catalogue : Corentinie [268223] », sur salons.musee-orsay.fr (consulté le ).
- ↑ Paris (France) Société des artistes français, Catalogue illustré Salon ..., (lire en ligne).
- ↑ L' art français : revue artistique hebdomadaire, (lire en ligne).
- ↑ « 'l' art français : revue artistique hebdomadaire. 4. 1890/91' - Digitalisat | MDZ », sur www.digitale-sammlungen.de (consulté le )
- ↑ France Auteur du texte, « Gazette nationale ou le Moniteur universel », sur Gallica, (consulté le ).
- ↑ « Journal des artistes », sur Gallica, (consulté le ).
- ↑ « Le Matin : derniers télégrammes de la nuit », sur Gallica, (consulté le ).
Liens externes
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