Relation entre personnes de même sexe

une relation amoureuse ou sexuelle entre personnes de même sexe ou genre
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Une relation entre personnes de même sexe, aussi connue sous le nom de relation entre personnes de même genre, est une relation romantique et/ou sexuelle entre personnes de même sexe ou genre.

La « passion de la manche coupée » est un exemple célèbre de relation entre personnes de même sexe (l'empereur Chinois Han Aidi et Dong Xian).

Le mariage entre personnes de même sexe est une forme de reconnaissance institutionnalisée de ces relations. Les unions civiles existent dans certains pays où le mariage entre personnes de même sexe n'est pas reconnu.

Certains couples de même sexe ont des enfants, biologiques ou non, comme des enfants adoptés ou placés en famille d'accueil, et les élèvent avec leur partenaire.

Terminologie

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Historiquement, les relations entre personnes de même sexe étaient appelées relations homosexuelles, relations gays ou relations lesbiennes [1]. Cela a conduit à l'exclusion d'autres membres de la communauté LGBTQ et a été décrit comme une forme de discrimination à l’égard des personnes bisexuelles ou transgenres[2],[3],[4],[5].

Le XXIe siècle a vu une évolution du langage et de la culture en matière de sexe et de genre, et l'expression « relation entre personnes de même sexe » est couramment utilisée comme synonyme de « relation homosexuelle », les deux expressions étant utilisées indifféremment pour désigner les relations entre personnes de même sexe ou de même genre [6].

Le passage d’une relation de même sexe à une relation entre personnes de même genre a été décrit comme une suppression des restrictions imposées aux individus au sein de la même relation par leur orientation sexuelle, afin d’être plus inclusif, l’identification de genre étant un spectre[1].

Typologies, théorisation et statistiques

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Continuum : relations exclusivement homosexuelles ou non

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« Mesure traditionnelle et la plus populaire » de l'orientation sexuelle[7], l'échelle de Kinsey est une représentation visuelle du continuum entre hétérosexualité (0), les différents degrès de bisexualité (1 à 5) et homosexualité (6), 1 à 6 correspondant à la possibilité d'entretenir des relations avec des personnes de même sexe.

Les typologies modernes de classification du comportement sexuel humain reposent sur trois grandes orientations sexuelles : hétérosexualité, bisexualité, homosexualité, ces deux dernières incluant les relations entre personnes de même sexe[8].

Parmi les personnes s'engageant dans des relations avec des personnes de même sexe peuvent donc être distingués 2 cas de figures : celles qui s'engagent uniquement avec des personnes de même sexe (c'est-à-dire l'homosexualité, et plus précisément pour les femmes, le lesbianisme), et les personnes qui s'engagent avec des relations avec des personnes des 2 sexes (c'est-à-dire la bisexualité)[8].

Autres catégorisations possibles

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Certaines études contemporaines ont montré que les relations entre personnes de même sexe peuvent être regroupées en au moins trois catégories, bien qu'il n'existe aucun consensus sur les catégories, ni aucune mesure empirique qui ait été ou puisse potentiellement être appliquée pour valider fortement leur existence[9],[10],[11] :

  • Égalitariste : ce type de relation met en scène deux partenaires appartenant à la même génération et adhérant au même rôle de genre associé à leur sexe (indépendamment de leurs préférences sexuelles ). Ce type de relation entre personnes de même sexe est répandu dans les sociétés occidentales modernes. Les relations entre personnes de même sexe égalitaires constituent la forme principale présente dans le monde occidental. Conséquence de la domination culturelle occidentale croissante, cette forme se propage de la culture occidentale aux sociétés non occidentales, malgré des différences culturelles marquées.
  • Structure de genre : ce modèle implique que chaque partenaire adopte un rôle de genre opposé[12]. L'un est cisgenre , tandis que l'autre est androgyne ou transgenre ; le couple présente ainsi, en apparence, une certaine ressemblance avec un couple hétérosexuel (hétéronormatif). On retrouve ce modèle dans les relations traditionnelles entre hommes au Moyen-Orient, en Asie centrale et du Sud, en Amérique latine non postmoderne et en Europe du Sud, ainsi que dans les pratiques de changement de genre bispirituelles ou chamaniques observées dans les sociétés autochtones. En Occident, ce modèle est principalement représenté par la dichotomie butch/femme.
  • Structuré par âge : elle implique des partenaires d'âges différents, généralement un adolescent et un adulte[13]. Ce type de relation est illustré par la pédérastie dans la Grèce antique[14].

Études statistiques

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Les études modernes mettent en avant qu'une minorité plus ou moins significative de la population s'engage dans des relations entre personnes de même sexe, selon les études, les pays, et l'année.

D'après les rapports Kinsey (1948 pour l'étude du comportement sexuel des hommes, 1953 pour les femmes), 37% des hommes et 13% des femmes avaient eu au moins une expérience homosexuelle ayant abouti à un orgasme[15]. Toutefois, seule une minorité d'entre eux avaient maintenu des relations exclusivement homosexuelles depuis le début de l'adolescence jusqu'au moment où ils sont interviewés : 4% des hommes et 1% à3 % des femmes[15].

Depuis les années 1990, des études menées en France et aux États-Unis indiquent qu'entre 1,8% et 7% des participants, hommes et femmes, reconnaissent un partenaire de même sexe au cours de leur vie, les chiffres tendant à être en progression dans les études des années 2000, puis 2010[16].

En 2023, une étude Inserm en France montre que 7,5% des hommes et 8,4% des femmes de 18-89 ans interrogés ont déjà eu des relations avec des personnes de même sexe. La bisexualité est dans cette étude également largement majoritaire par rapport à l'homosexualité stricte : seuls 1,4% des hommes et 0,4% des femmes indiquent avoir eu uniquement des partenaires du même sexe[17].

Dans l'histoire

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Khnoumhotep et Niânkhkhnoum, l'un des premiers exemples de couple homosexuel de l'histoire mondiale étant passé à la postérité.

Les premières traces de relations entre personnes de même sexe retranscrites dans l'histoire écrite semblent provenir de l’Égypte, il y a 4400 ans[18]. On retrouve également des mentions dans les sources de la Grèce antique, de la Rome antique, et dans la Chine pré-moderne[18].

Au cours de l'histoire, plusieurs sociétés acceptant ou célébrant les relations entre personnes de même sexe (en particulier, entre hommes) ont un modèle d'attirances et de comportement sexuel majoritairement bisexuel : c'est le cas dans la Grèce antique[19],[20], la Rome antique[21],[22], le Japon pré-moderne[23]. Ainsi, dans ces sociétés, l'homosexualité est plus rare que la bisexualité[23], en outre, en Grèce et en Rome antiques, l'homosexualité n'est pas bien acceptée socialement[24].

Exemples dans l'art et la littérature

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Croquis du poète.
Aboû Nouwâs (VIIIe et IXe siècle, califat abbasside) a laissé à la postérité des poèmes d'amour envers des femmes et des jeunes hommes[25].

Des histoires d’amour entre personnes de même sexe sont présentes dans la littérature et l’art de différentes cultures et civilisations depuis des siècles.

Dans les sociétés iraniennes (persanes), l'homoérotisme était présent dans l'œuvre d'écrivains tels qu'Aboû Nouwâs et Omar Khayyam[26]. Un vaste corpus littéraire, comptant plusieurs centaines d'œuvres, a favorisé la tradition du shudo au Japon, ainsi qu'une tradition répandue d'art shunga homoérotique.

Dans la tradition littéraire chinoise, des œuvres telles que Bian er Zhai et Jin Ping Mei ont survécu à de nombreuses purges.

Le yaoi, sous-genre de l'anime japonais, met en scène des relations amoureuses entre jeunes hommes. Le Japon se distingue par le fait que son art homoérotique masculin est généralement l'œuvre d'artistes féminines s'adressant à un public féminin, à l'instar de l'érotisme lesbien dans l'art occidental.

Dans les années 1990, plusieurs comédies télévisées américaines ont commencé à aborder les relations entre personnes de même sexe et à mettre en scène des personnages exprimant leur attirance pour les personnes du même sexe. Le coming-out d'Ellen DeGeneres en 1997, dans son émission éponyme a fait la une des journaux américains et a propulsé l'émission à des sommets d'audience. Cependant, l'intérêt du public pour la série a rapidement décliné par la suite, et elle a été annulée après une saison supplémentaire. Immédiatement après, Will & Grace, diffusée de 1998 à 2006 sur NBC, est devenue la série la plus populaire à ce jour centrée sur les relations entre hommes. Queer as Folk, diffusée sur Showtime de 2000 à 2005, s'est distinguée par sa représentation assez franche de la vie gay, ainsi que par ses scènes de sexe explicites, notamment la première scène de sexe simulée entre deux hommes montrés à la télévision américaine.

Des dramaturges ont écrit des œuvres homoérotiques populaires telles que La Chatte sur un toit brûlant de Tennessee Williams et Angels in America de Tony Kushner[27]. Les relations entre personnes de même sexe sont également un thème récurrent dans les comédies musicales de Broadway, comme A Chorus Line et Rent. En 2005, le film Brokeback Mountain a connu un succès commercial et critique international. Contrairement à la plupart des couples de même sexe au cinéma, les deux amants du film étaient des hommes mariés. Le succès du film a été considéré comme une étape importante dans l'acceptation publique du mouvement américain pour les droits des LGBTQ. En 2020, Kajillionaire de Miranda July est un autre exemple où l'intrigue amoureuse entre femmes est latente tout au long du film et n'est révélée que partiellement lors du baiser final entre Old Dolio et Melainie.

Les relations entre personnes de même sexe dans les jeux vidéo ont été proposées pour la première fois aux joueurs dans le jeu Fallout 2 en 1998[28]. À partir des années 2000, cette option a été de plus en plus intégrée aux principales franchises de jeux de rôle, notamment grâce aux séries Mass Effect et Dragon Age de BioWare [29].

Évaluation psychologique

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Sur le plan psychologique, ces relations ont été considérées comme équivalentes aux relations de sexe opposé dans un bref avis de l'American Psychological Association, de l'American Psychiatric Association et de la National Association of Social Workers [30].

Reconnaissance de l'État

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Mariage de deux femmes à la mairie de Leeds, au Royaume-Uni.

Les protections et interdictions étatiques concernant les couples de même sexe (romantiques ou sexuels) varient selon les juridictions. Dans certains pays, les couples de même sexe bénéficient du mariage à part entière, comme les couples de sexe opposé, et dans d'autres pays, les protections sont limitées, voire inexistantes. La politique varie également en ce qui concerne l'adoption d'enfants par des couples de même sexe.

En date du 24 septembre 2026, 39 pays autorisent les couples de même sexe à se marier, représentant un ensemble de plus de 1,35 milliard d’habitants (soit près de 17 % de la population mondiale). La plupart de ces pays ont également légalisé l’adoption par les couples de même sexe mariés[31]. L’adoption est en outre possible, soit conjointe en Andorre et Israël, soit d’un des membres du couple envers les enfants naturels du partenaire en Croatie et Estonie.

De plus, plusieurs États proposent des unions civiles ou des partenariats domestiques, conférant tout ou partie des droits et responsabilités liés au mariage au niveau de l'État.

Reconnaissance religieuse

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Judaïsme

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Les 3 principales organisations juives progressistes internationales ont adopté des résolutions soutenant le mariage entre personnes de même sexe : le judaïsme reconstructionniste en 2004, le Conseil mondial des synagogues (judaïsme Massorti) en 2012 et l’Union mondiale pour un judaïsme progressiste (judaïsme réformé) en 2013[32].

Christianisme

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Mariage de deux hommes célébré par un pasteur chrétien, aux États-Unis.

Certaines confessions chrétiennes progressistes et des Églises inclusives offrent la bénédiction de mariage entre personnes de même sexe[33]. Parmi les réseaux inclusifs internationaux, il y a l’Association des Baptistes Accueillants et Affirmants[34], l’Église catholique œcuménique [35], l'Église communautaire métropolitaine[36], Reconciling Ministries Network (méthodiste)[37] et The Covenant Network (pentecôtiste)[38].

Sexualité entre personnes de même sexe

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Les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe sont des activités sexuelles impliquant des personnes de même sexe, sans égard à l’orientation sexuelle. Elles incluent les pratiques sexuelles entre femmes et les pratiques sexuelles entre hommes.

Selon une étude de 2021, les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes s’identifient comme gays, bisexuels, pansexuels ou « principalement hétérosexuels » [39].

Hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes (HSH)

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Deux hommes s'embrassant, The Golden Bed 1 de Giovanni Dall'Orto.

Les pratiques sexuelles entre hommes sont les activités sexuelles impliquant des hommes, quelle que soit leur orientation sexuelle ou leurs autres identités de genre. Elles peuvent par exemple inclure le sexe oral, la masturbation mutuelle, le sexe anal et le frottage. En médecine, on regroupe l'ensemble des personnes qui pratiquent le sexe entre hommes sous l'expression hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH).

Femmes qui ont des relations sexuelles avec des femmes (FSF)

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Deux femmes s'embrassant.

Les pratiques sexuelles entre femmes sont les activités sexuelles impliquant des personnes de sexe féminin, quelle que soit leur orientation sexuelle ou leurs autres identités de genre. Elles peuvent par exemple inclure le sexe oral, la masturbation mutuelle, le tribadisme et le sexe anal. En médecine, on regroupe l'ensemble des personnes qui pratiquent le sexe entre femmes sous l'expression femmes ayant des rapports sexuels avec des femmes (FSF). Les femmes transgenres, notamment celles qui n’ont pas réalisé de chirurgie de changement de sexe, sont exclues de cet article.

Homoparentalité

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Famille homoparentale.

L’homoparentalité est une structure familiale dans laquelle un couple de même sexe élève un ou des enfants, ou bien l'ensemble des situations dans lesquelles l'enfant a au moins l'un de ses deux parents qui se définit comme gay ou lesbienne [40].

Les enfants peuvent être nés au sein d'unions antérieures du couple, être issus d'une forme de coparentalité entre un couple lesbien et un couple gay, être conçus par don de sperme artisanal ou procréation médicalement assisté pour les couples lesbiens, avoir été conçu par gestation pour autrui pour les couples gays ou avoir été adoptés. L'accès légal à ces techniques varient grandement en fonction des pays.

De nombreuses études démontrent que les enfants élevés par des parents de même sexe se portent aussi bien que ceux élevés par des parents hétérosexuels. Plus de 25 ans de recherche ont établi l'absence de lien entre l'orientation sexuelle des parents et l'adaptation émotionnelle, psychosociale et comportementale de l'enfant[41]. Ces données n'ont mis en évidence aucun risque pour les enfants de grandir dans une famille avec un ou plusieurs parents LGBTQ. Aucune recherche ne soutient la conviction largement répandue selon laquelle le sexe des parents aurait une incidence sur le bien-être de l'enfant[42]. Il est bien établi que les hommes comme les femmes sont capables d'être de bons parents et que le fait d'avoir des parents des deux sexes n'améliore pas l'adaptation. Les méthodologies utilisées dans les principales études sur l'homoparentalité répondent aux normes de la recherche en psychologie du développement et en psychologie en général. Elles constituent le type de recherche que les membres de ces professions considèrent comme fiable[43]. Si les parents de même sexe étaient intrinsèquement moins compétents que les parents hétérosexuels comparables, leurs enfants présenteraient des difficultés, quel que soit l'échantillon étudié. Ce schéma n’a manifestement pas été observé. Compte tenu des échecs constants de la littérature scientifique à réfuter l’hypothèse nulle, la charge de la preuve empirique incombe à ceux qui affirment que les enfants de parents appartenant à une minorité sexuelle réussissent moins bien que les enfants de parents hétérosexuels[44].

Diverses organisations professionnelles spécialisées dans la protection de l'enfance ont publié des rapports et des résolutions en faveur des droits parentaux des couples de même sexe[45]. Ces organisations comprennent l'Académie américaine de pédiatrie, l'Académie américaine de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent [46], l'Association américaine de psychiatrie [47], l'Association américaine de psychologie [48], l'Association américaine de psychiatrie [49], l'Association nationale des travailleurs sociaux [30], la Ligue américaine de protection de l'enfance [50], le Conseil nord-américain des enfants adoptables [51], et l'Association canadienne de psychologie [52].

Voir aussi

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Références

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