Collision aérienne de Quiberon

collision aérienne
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Vol Proteus Airlines 706

Vol Proteus Airlines 706
Un Beechcraft 1900D de Proteus Airlines, similaire à celui impliqué dans l'accident.
Un Beechcraft 1900D de Proteus Airlines, similaire à celui impliqué dans l'accident.
Caractéristiques de l'accident
Date
TypeCollision aérienne
CausesNon-respect de la règle du « voir et éviter », erreur de pilotage, non-activation du transpondeur (Cessna) à la suite d'une erreur humaine
PhaseApproche
SiteBaie de Quiberon
Coordonnées 47° 30′ 16″ nord, 2° 59′ 21″ ouest
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareilBeechcraft 1900D + Cessna 177
CompagnieProteus Airlines + vol privé
No  d'identificationF-GSJM + F-GAJE
Lieu d'origineAéroport de Lyon-Satolas, en France
Lieu de destinationAéroport de Lorient Bretagne Sud, en France
Passagers12 + 0
Équipage2 + 1
Bilan
Morts15
Blessés0
Survivants0

Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Vol Proteus Airlines 706

La collision aérienne de Quiberon est une collision entre deux avions, un avion de ligne Beechcraft 1900D assurant le vol régulier Proteus Airlines 706 (YS 706) et un avion privé, qui s’est produite le , à 13 h 58 (UTC), près de la commune de Quiberon, dans le nord-ouest de la France, provoquant la mort de 15 personnes[1].

Contexte

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Proteus Airlines

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Logo de Proteus Airlines.

La compagnie Proteus Airlines est créée en décembre 1986. Elle obtient son premier certificat de transport aérien en 1988 pour l’exploitation d’un Beech 90. En 1990, trois autres lignes sont ouvertes au départ de Dijon.

En 1996, Air France confie à Proteus Airlines l’exploitation de lignes nationales et internationales avec deux Dornier 328. Une ligne Lyon-Lorient est ouverte assuré par Beechcraft 1900[2].

En 1997, Proteus Airlines regroupe l’ensemble de ses activités opérationnelles et techniques à Satolas et crée une direction des opérations aériennes afin d’encadrer les services d’exploitation.

De février 1997 à juillet 1998, le nombre de vols quotidiens s’accroît, passant de 14 à plus de 120. Le , la restructuration de la DAC Centre-Est entraîne cet organisme à faire un audit de la compagnie, qui donne un résultat satisfaisant.

Le , jour de l’accident, la compagnie exploite 4 Beech 1900 C, 9 Beech 1900 D, et 5 Dornier 328. Elle a le certificat de transporteur aérien n°F-CE 023 délivré par la DAC Centre-Est le , ainsi qu’une licence d’exploitation accordée par la DGAC le [3].

Les avions

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Un Cessna 177, similaire à celui impliqué dans l'accident.

L’appareil le plus gros est un Beechcraft 1900D, immatriculé F-GSJM, appartenant à la compagnie Proteus Airlines, mis en service le .

L’autre avion est un Cessna 177 immatriculé F-GAJE[4].

Paquebot Le Norway le lendemain du drame.

Passagers

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L’avion de Proteus Airlines emportait 12 passagers, ainsi que 2 membres d’équipage[5].

Le Cessna ne transportait que son pilote[4].

Liste des passagers du vol YS 706 :

  • Aune et David Pourret (21 et 25 ans)
  • Aude Camus Ct. et Louis Charbaud (28 ans et 16 mois)
  • Bruno Maciejewski (30 ans)
  • Do, Maddy et Léo Mounier (37 ans, 7 ans et 17 mois)
  • Jean-François Damecour (42 ans)
  • Quentin Seminet (13 ans)
  • Richard Moritz (60 ans)
  • Vincent Bouthillon (46 ans)

Déroulement des vols

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Le vol YS 706 de Proteus Airlines, qui assure une liaison régulière de Lyon à l’aéroport de Lorient Lann-Bihoué[6], décolle le à 12 h 21 (UTC) de l’aéroport de Lyon-Satolas. Le déroutement de l’appareil vers le paquebot Norway est demandé par un passager à 13 h 34[7]. L’enregistrement du CVR permet de savoir que les pilotes sont excités et peu concentrés sur leur travail.

A 13 h 41, l’équipage demande alors au contrôle aérien de Brest la permission de descendre, ainsi que de se dérouter pour voir le paquebot Norway (ex - paquebot transatlantique France). La demande de déroutement est ensuite réitérée à 13 h 49. Au même moment, le Cessna F-GSJM décolle de l’aérodrome de Vannes.

A 13 h 53, l’équipage du Beechcraft décide de décrire un cercle autour du paquebot. Il décide d’abord de descendre à 2 500 pieds, puis prend la décision d’aller à 2 000 pieds.

Vers 13 h 56, le Cessna contacte le service d’information de vol de l’aérodrome de Quiberon, pour lui dire qu’il passe de 3 000 à 1 500 pieds.

A 13 h 57, le vol YS 706 annonce au contrôleur de Lorient qu’il arrive en fin de son 360° autour du navire.

A 13 h 58, alors que le Beechcraft 1900 termine son 360°, les deux appareils se heurtent presque à angle droit, à une altitude de 2 000 pieds[8]. La violence de l'impact disloque les deux appareils en vol, qui sont immédiatement tombés dans les eaux de la baie, tuant les 14 passagers et membres d'équipage à bord du Beech 1900, ainsi que le seul occupant du Cessna.

Conséquence : 15 morts.

Conséquences

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Suites judiciaires

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Immédiatement après le drame, une enquête de flagrance était diligentée par le parquet du tribunal de Lorient pour « homicides involontaires »[9].

Début 1999, une expertise est remise au juge d’instruction de Lorient, qui conclut que Proteus Airlines remplissait les conditions de sérieux pour une compagnie de cette taille. Le , le BEA publie son rapport. En mars 2000, le juge d’instruction de Lorient met en examen sept cadres dirigeants de la compagnie aérienne Proteus Airlines, dont le PDG[10].

Le , le procès aboutit à un non-lieu en faveur des accusés, le juge d'instruction Lorientais Katherine Le Port[11]considérant que les pilotes sont seuls responsables de la collision[12]. La responsabilité des pilotes ne fait pas de doute, tant leur manque de concentration est patent ; de plus, ils volent à vue, sans radar ou système TCAS qui aurait permis de détecter le Cessna 177, à condition que celui-ci ait son transpondeur actif.

Par ailleurs, le passage d'un vol IFR en VFR pour accéder à la demande d'un passager a sans doute contribué à un relâchement encore plus important de la vigilance dans une zone où un trafic important était possible (proximité d'aérodromes, présence d'un paquebot). A cet égard, le rapport du BEA préconise dans son rapport d'interdire d'annuler un plan de vol IFR sauf cas de nécessité (§2.4 et 4.2).

En , après plusieurs années d’instructions, la cour d’appel de Rennes rend un non-lieu définitif[13].

En 2004, les familles des victimes se pourvoient en cassation mais celui-ci est rejeté. Les voies de recours étant alors épuisées, le dossier est définitivement clos[13].

Responsabilités

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En plus de celle des pilotes, la responsabilité de la compagnie est mise en avant par les familles des victimes, car elle a fourni le manuel d’exploitation de l’appareil avec deux mois de retard (soit un mois avant le crash). D’autre part, le manuel d’exploitation évoque le rôle commercial du commandant de bord. De plus, 6 pilotes de la compagnie ignoraient que le vol à vue était prohibé, et l’avion ne comportait pas assez de membres d’équipage (2 au lieu de 3)[14].

Le pilote du Cessna, pilote de ligne à la retraite, pilotait avec le soleil de face et ne pouvait donc repérer le Beechcraft 1900 D. De plus, il n’avait pas mis son transpondeur en marche, empêchant que le contrôle puisse le repérer (ce qui aurait permis au contrôle de prévenir la collision)[15]. La fréquence « club » par défaut (123,500 Mhz) n'était pas écoutée, alors qu'elle est recommandée en cas de convergence très probable d'aéronefs en une zone donnée, à défaut de fréquence officielle.

Notes et références

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  1. Didier GOURIN, « Face à Quiberon et au-dessus de l’ex-France. Quinze morts dans la collision entre deux avions », sur Ouest France,
  2. David DUFRESNE, « «Crash, je repete, crash entre deux avions». Vendredi soir, les recherches se poursuivaient en baie de Quiberon. », sur Libération,
  3. Rapport du BEA, p. 35-36.
  4. 1 2 Rapport du BEA, p. 8.
  5. « Une collision entre deux avions au-dessus de la baie de Quiberon fait quinze morts », Le Monde, (lire en ligne)
  6. « Aucun survivant dans la collision de deux avions au large de Quiberon - L'Humanité », sur https://www.humanite.fr,
  7. Rapport du BEA, p. 67.
  8. Rapport du BEA, p. 9-10 ; Le Parisien, 30 juillet 1999 ; Dauphiné libéré, 7 mars 2000
  9. « Enquête pour « homicides involontaires » après le crash de Quiberon », Le Monde, (lire en ligne)
  10. Le Figaro, 3 mars 2000 ; Le Monde, 3 mars 2000 ; Ouest France, 2 mars 2000.
  11. « La colère des victimes de Quiberon », sur leparisien.fr,
  12. Le Figaro, 30 juillet 2002.
  13. 1 2 Stéphanie HANCQ, « Crash de Quiberon : il y a vingt ans, 15 tués dans le drame », sur Ouest France,
  14. Aujourd’hui en France, 2 mars 2000
  15. Rapport du BEA, p. 47.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • François Nénin, Henri Marnet-Cornus, Transport aérien : le dossier noir, Paris, éditions Privé, 2006.

Médias

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L'accident a fait l'objet d'un épisode dans la série télé Air Crash nommé « Détour mortel » (saison 16 - épisode 5).

Liens externes

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