Homme de Ndutu

crâne fossile d'Homo rhodesiensis
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L'Homme de Ndutu est le nom donné à un crâne humain fossile partiel, trouvé en 1973 au bord du lac Ndutu, dans le nord de la Tanzanie, daté d'environ 450 000 ans (Chibanien) et attribué à l'espèce Homo rhodesiensis. Plusieurs auteurs estiment que ce fossile figure dans la lignée menant à Homo sapiens.

Homme de Ndutu
Image illustrative de l’article Homme de Ndutu
Moulage du crâne de Ndutu selon la reconstitution ancienne de Ronald J. Clarke
Coordonnées 2° 59′ 37″ sud, 35° 21′ 04″ est
Pays Drapeau de la Tanzanie Tanzanie
Localité voisine Lac Ndutu
Daté de 450 000 ans
Période géologique Pléistocène moyen
Époque géologique Paléolithique inférieur
Découvert le 1973
Découvreur(s) Amini Aza Mturi
Décrit le 1976
Descripteur(s) Ronald J. Clarke
Identifié à Homo rhodesiensis
Géolocalisation sur la carte : Tanzanie
(Voir situation sur carte : Tanzanie)
Homme de Ndutu

Historique

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Reconstitution numérique par Montiel et Lorenzo (2023)

Le lac Ndutu est un lac de soude saisonnier situé dans la plaine du Serengeti, à proximité du lac Masek et des gorges d'Olduvaï. En septembre et , Amini Aza Mturi (en) et le Département des Antiquités de Tanzanie ont mené des fouilles sur les zones plates exposées de la rive ouest du lac Ndutu. Le site de fouilles couvrait environ 140 m2 et présentait une quantité considérable de matériel lithique et faunique en surface. Le crâne de Ndutu a été découvert au premier niveau d'occupation du site. Les fouilles d'Amini Aza Mturi ont mis au jour 270 éléments lithiques et fauniques au premier niveau d'occupation, dont 20 outils identifiables. Ces outils étaient principalement des sphéroïdes et des percuteurs oldowayens, ainsi que six éclats (trois réguliers, deux triangulaires et un rectangulaire). Amini Aza Mturi avait constaté l'absence d'outils acheuléens lors de ses fouilles, malgré la datation assez récente du site. Cependant, des bifaces ont été découverts lors de fouilles ultérieures.

Datation

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Selon Amini Aza Mturi, la racémisation des ossements trouvés dans le premier niveau d'occupation permettait d'établir un âge général de la couche archéologique compris entre 500 000 et 600 000 ans. D'autres estimations, fondées sur l'association des dépôts de Ndutu avec les couches géologiques du lac Masek à Olduvaï, ont suggéré un âge proche de 400 000 ans. La dernière estimation en date (2023) lui donne un âge de 450 000 ans +/- 40 ka[1].

Description

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État initial du crâne

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Le crâne de Ndutu était fortement endommagé et fragmenté lors de sa découverte. L'os occipital est bien conservé et presque complet. Les os temporaux sont endommagés ; l'os temporal gauche est plus complet que l'os temporal droit. Les os pariétaux étaient fracturés ; la majeure partie du pariétal droit a été reconstruite, ainsi que des fragments du pariétal gauche. L'os frontal avait presque entièrement disparu ; seul un petit fragment du côté droit, au-dessus de l'arcade sourcilière, subsistait. La région centrale du visage comprend une grande partie de l'orifice nasal, une partie de l'os nasal gauche, une partie des rebords orbitaires avec les sillons lacrymaux, des fragments du sphénoïde et une grande partie de la lame orbitaire droite. Une partie du côté droit du visage est conservée jusqu'au foramen infra-orbitaire, et du côté gauche, une partie descend jusqu'au palais, où se trouvent les racines de la canine gauche, et des dents P3, P4, M1 et M2.

Reconstruction

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Les fragments ont été réparés et reconstitués par Ronald J. Clarke, auteur de la description initiale en 1976[2],[3]. Gustavo Montiel et Carlos Lorenzo (2023) soulignent que la reconstruction initiale de Clarke, réalisée manuellement, comportait de nombreuses erreurs techniques, notamment des déformations rétrogrades, des erreurs d'assemblage tridimensionnel et des problèmes de réflexion, aujourd'hui corrigés avec plus de précision par les technologies modernes. Après avoir constaté que la morphologie du spécimen semblait correspondre à celle des fossiles de la Sima de los Huesos, en Espagne, le crâne de Ndutu a été entièrement reconstitué virtuellement. Dans leur étude, les auteurs précisent que leurs travaux serviront de base à de futures études phylogénétiques, dans lesquelles ce spécimen est rarement inclus[1].

Anatomie

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L'os occipital présente un torus nuchal bien développé qui confère au crâne un contour latéral angulé, évoquant celui d'Homo erectus. L'apophyse mastoïde est petite et sa partie postérieure est plate et située dans le plan nuchal, notamment comme chez les fossiles humains OH 9 et OH 12, à Olduvaï. L'os frontal présente une pente modérée, évoquant celle d'Homo sapiens archaïque, contrairement à l'Homme de Kabwe. Les parois des os frontal, occipital, pariétaux et temporaux sont très épaisses. Comme chez Homo sapiens, les côtés de la boite crânienne sont plus verticaux vus de l'arrière. La lame tympanique droite présente une apophyse styloïde ossifiée. Il n'y a pas de carène sagittale. La crête supramastoïdienne ne recouvre pas le méat acoustique externe. Le chercheur américain Philip Rightmire a souligné les affinités de Ndutu avec Homo sapiens et a même proposé de le classer comme une sous-espèce[2],[3],[4]. La reconstitution actualisée de Ndutu suggère que le spécimen possède un visage plus prognathe, une voute crânienne plus étroite et un front moins saillant et plus étroit que dans la reconstitution de Clarke. Elle note l'absence des bosses pariétales précédemment utilisées pour justifier son appartenance à Homo sapiens[1]. Le profil sagittal est similaire à celui de l'Homme de Kabwe.

Classification

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Selon Ronald J. Clarke, le crâne de Ndutu semblait établir un lien entre Homo erectus et Homo sapiens, du fait de certaines caractéristiques communes aux deux espèces[2]. Philip Rightmire suggéra ensuite une plus grande affinité avec les fossiles africains d'Homo sapiens archaïques. D'après Rightmire, les dimensions (longueur et largeur) du crâne de Ndutu sont similaires à celles des fossiles d'Homo erectus plus anciens de Koobi Fora et d'Ileret, tandis que sa taille est plus proche de celle d'OH 12 que d'OH 9. Se fondant sur la morphologie occipitale, la forme de la mastoïde, la cavité glénoïde et la plaque tympanique de l'Homme de Ndutu, Rightmire affirmait que les fossiles humains les plus proches étaient l'Homme de Kabwe, l'Homme de Saldanha et d'autres fossiles du Chibanien découverts en Afrique. Chris Stringer attribua le crâne à Homo heidelbergensis / Homo rhodesiensis plutôt qu'à Homo sapiens archaïque, mais considéra qu'il présentait une morphologie zygomaxillaire plus dérivée vers Homo sapiens que d'autres spécimens d'Homo rhodesiensis [3].

En janvier 2026, le paléoanthropologue français Jean-Jacques Hublin a jugé que l'Homme de Ndutu figurait dans la lignée africaine menant à Homo sapiens :

Phylogénie du genre Homo depuis 1 million d'années, d'après Hublin et al. 2026[5] :

 Homo  

 Homo mauritanicus (1 Ma)




 Homo antecessor  




 Homme de Casablanca






 Homo heidelbergensis




 Homme de Denisova



 Homo neanderthalensis  






 Homo rhodesiensis




 Homme de Ndutu




 Homme de Salé (en)



 Homo sapiens  










Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Ndutu cranium » (voir la liste des auteurs).
  1. 1 2 3 (en) Gustavo Montiel et Carlos Lorenzo, « A New Virtual Reconstruction of the Ndutu Cranium », Heritage, vol. 6, no 3, , p. 2822-2850 (DOI 10.3390/heritage6030151, lire en ligne)
  2. 1 2 3 (en) Christopher Brian Stringer, « The origin and evolution of Homo sapiens », Philosophical Transactions of the Royal Society of London. Series B, Biological Sciences, vol. 371, no 1698, (PMID 27298468, PMCID 4920294, DOI 10.1098/rstb.2015.0237)
  3. 1 2 3 (en) David W. Cameron et Colin P. Groves, Bones, Stones and Molecules: "Out of Africa" and Human Origins, Elsevier Academic Press, (lire en ligne), p. 186
  4. (en) Richard Klein, The Human Career: Human Biological and Cultural Origins, Third Edition, University of Chicago Press, (ISBN 978-0-226-02752-4, lire en ligne)
  5. (en) Jean-Jacques Hublin, David Lefèvre, Serena Perini, Giovanni Muttoni, Matthew M. Skinner et al., « Early hominins from Morocco basal to the Homo sapiens lineage », Nature, vol. 649, , p. 902-908 (DOI 10.1038/s41586-025-09914-y)

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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