Djado Sékou
Djado Sékou, né vers 1926 à Hamdallaye dans le département de Kollo et mort en 1988 à Niamey, est un artiste conteur nigérien, griot de profession, appelé Djesseré chez les Zarmas.
Biographie
modifierFormation
modifierDjado Sékou appartient à l'ethnie zarma[1]. Il est l'élève du Djesseré Badjé Bannya, de Liboré, dont le fils Djéliba Badjé devient lui aussi un conteur reconnu[2].
Aux côtés de Badjé Bannya, de Djeliba Badjé, de Koulba Baba, de Nouhou Malio et de Tinguizi, Djado Sékou est considéré comme l'un des grands maîtres du Djesseré au XXe siècle[3].
Style et thématiques
modifierIl raconte ses récits en zarma, accompagné musicalement par le molo, instrument à cordes typique du Djesseré[1]. Un trait caractéristique du style de Djado Sékou est l'usage d'une seconde voix narrative, subordonnée à la sienne[2]. Ce rôle est souvent tenu par le Djesseré Karimou Saga, parfois aussi par une femme[1]. Son mode de narration se distingue par l'humour et l'exagération[2], ainsi que par un style poétique enrichi de jeux de mots. Par des contenus explicites, qu'il atténue seulement dans les dernières années de sa vie, Djado Sékou séduit avec succès un public jeune[1]. Un thème récurrent de ses récits est l'amour d'un homme pour une femme, décrit tant dans l'ivresse de la passion que dans le chagrin d'un amour non abouti[4].
Œuvre et postérité
modifierDjado Sékou est l'auteur de plus de quinze récits épiques[3]. Parmi les titres connus figurent Awli Djawando, Bakary Dja, Bubu Ardo Galo, Dondu Gorba Dicko, El Hadj Oumarou Foutiyu, Hama Bodeïzé Paaté, Hamala Seyni Gakoye, Lobo Django et Sombo Soga[5]. Radio Niger et l'Institut des sciences humaines (IRSH) de Niamey réalisèrent des enregistrements audio de plusieurs de ses récits[2].
Le centre culturel Maison des Jeunes et de la Culture Djado Sékou, situé à Kalley Centre, quartier de Niamey, est nommé en son honneur en 1993, cinq ans après sa mort[6]. Djado Sékou est resté pendant des décennies un artiste très populaire au Niger[7]. Sur le marché parallèle des cassettes audio, ses enregistrements sont considérés comme des succès commerciaux[3]. Plus de trente ans après sa mort, il est encore souvent diffusé à la radio[8].
Pour approfondir
modifierBibliographie
modifier- Sandra Bornand, «Une narration à deux voix. Exemple de coénonciation chez les jasare songhay-zarma du Niger», dans Ursula Baumgardt et Sandra Bornand (dir.), Autour de la performance (coll. «Cahiers de littérature orale», n° 65), Langues O', Paris, 2010, (ISBN 978-2-85831-182-8), lire en ligne.
- Ousmane Mahamane Tandina, «The joys or misfortunes of love in the courtly epics of Djado Sékou», Tydskrif vir letterkunde, vol. 42, n° 2, 2005, p. 49–65, lire en ligne.
Articles connexes
modifierNotes et références
modifier- 1 2 3 4 Hamadou Seini, Zarma-Songhoï Verbal Artistry and Expression: From the Epic to the Francophone Novel, with a Focus on Intertextual Dialogue Across the Genres, thèse, Université du Colorado, Boulder, 2013, p. 33 et 41 (PDF, consulté le 13 avril 2020).
- 1 2 3 4 Sandra Bornand, Le discours du griot généalogiste chez les Zarma du Niger, Karthala, Paris, 2005, (ISBN 2-84586-625-9), p. 224.
- 1 2 3 Hamadou Seini, Zarma-Songhoï Verbal Artistry and Expression: From the Epic to the Francophone Novel, with a Focus on Intertextual Dialogue Across the Genres, thèse, Université du Colorado, Boulder, 2013, p. 31–32 (PDF, consulté le 13 avril 2020).
- ↑ Ousmane Mahamane Tandina, « The joys or misfortunes of love in the courtly epics of Djado Sékou », Tydskrif vir letterkunde, vol. 42, n° 2, 2005, p. 49 (en ligne, consulté le 13 avril 2020).
- ↑ Hamadou Seini, Zarma-Songhoï Verbal Artistry and Expression: From the Epic to the Francophone Novel, with a Focus on Intertextual Dialogue Across the Genres, thèse, Université du Colorado, Boulder, 2013, p. 29–30 (PDF, consulté le 13 avril 2020).
- ↑ Taweye Kio, « La Maison de la Culture Djado Sékou : Une fierté nationale », Niger Diaspora, 9 août 2018, consulté le 13 avril 2020.
- ↑ Sandra Bornand, « Une narration à deux voix. Exemple de coénonciation chez les jasare songhay-zarma du Niger », dans Ursula Baumgardt et Sandra Bornand (dir.), Autour de la performance (coll. « Cahiers de littérature orale », n° 65), Langues O', Paris, 2010, (ISBN 978-2-85831-182-8), p. 39 (en ligne, consulté le 13 avril 2020).
- ↑ Farmo Moumouni, « Djado Sékou ou l'école de la tradition », Niger Diaspora, 19 octobre 2019, consulté le 13 avril 2020.