Augustin d'Abzac de La Douze

moine trappiste français, premier abbé de l'abbaye Notre-Dame-des-Dombes (1827-1870)

Dom Augustin d'Abzac de La Douze, en religion Marie-Augustin, né Pierre-Auguste-Astier-Adhémar d'Abzac de La Douze le 14 février 1827 à Borie-Bru, sur la commune de Champcevinel, et mort le 26 décembre 1870 à l'abbaye Notre-Dame-des-Dombes, est un moine trappiste et abbé français.

Dom Augustin d'Abzac de La Douze
Biographie
Nom de naissance Pierre-Auguste-Astier-Adhémar d'Abzac de La Douze
Naissance
Borie-Bru, Champcevinel (Dordogne)
Ordre religieux Ordre cistercien de la Stricte Observance
Profession solennelle
Ordination sacerdotale à Valence
Décès (à 43 ans)
Abbaye Notre-Dame-des-Dombes, Le Plantay (Ain)
Abbé de l'Église catholique
Bénédiction abbatiale par Pierre-Henri Gérault de Langalerie
Abbé de Notre-Dame-des-Dombes
–
Autres fonctions
Fonction religieuse
Prieur de Notre-Dame-des-Dombes (1863-1866)

In fide et lenitate

Entré à l'abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle en 1854, il dirige en 1863 les quarante-quatre religieux envoyés fonder une communauté au Plantay, dans la Dombes. Premier prieur de Notre-Dame-des-Dombes, il devient en 1866 le premier abbé du monastère érigé en abbaye. Sous sa direction, la communauté participe à l'assainissement des étangs et à la mise en valeur agricole des terres environnantes.

Biographie

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Origines et jeunesse

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Pierre-Auguste-Astier-Adhémar d'Abzac de La Douze naît le 14 février 1827 à Borie-Bru, propriété située sur le territoire de Champcevinel, près de Périgueux. Il appartient à la branche de La Douze de la famille d'Abzac, famille originaire du Périgord. Il est le fils de Romain-Blaise-Alexandre d'Abzac de La Douze et de Jeanne-Ursule de Bouilhac[1],[2]. Aymar de Saint-Saud donne plus largement Périgueux comme lieu de naissance[3].

Sa mère meurt en 1835. Son éducation est alors en partie assurée par sa sœur aînée Anne-Jeanne-Alix, épouse de Charles-Frédéric Briffault, avec l'aide de Charles Godard, qui devient son précepteur. Son père, propriétaire à Mayac puis à Champcevinel et ancien conseiller général de la Dordogne, meurt à Borie-Bru le 26 mai 1848[1],[2].

Avant son entrée en religion, les sources biographiques le désignent sous le titre de marquis de La Douze ; Marcel Berthier le présente comme le onzième titulaire de ce titre[1],[3].

Vocation religieuse

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Après la rupture de ses fiançailles, Adhémar d'Abzac séjourne en Italie, notamment à Naples. Il y rencontre Marie-Bernard Bauer, alors jeune intellectuel hongrois, avec lequel il conserve par la suite des liens d'amitié. Cette période accompagne une évolution religieuse déjà engagée par ses lectures, sa correspondance et un pèlerinage à Verdelais[1].

Une nouvelle visite à Verdelais le 10 juin 1853, au cours de laquelle il rencontre le père Chavas, précède sa décision d'embrasser la vie religieuse. Il séjourne ensuite plusieurs mois à Paris, où il retrouve Marie-Bernard Bauer et rencontre avec lui le jésuite Gustave-Xavier de La Croix de Ravignan[1].

Se souvenant de lectures consacrées à la vie cistercienne et d'une correspondance entretenue avec un religieux d'Aiguebelle, il choisit finalement l'abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle, dans la Drôme. Il y effectue un premier séjour le 5 avril 1854[1].

Entrée à Aiguebelle

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Après être revenu quelque temps auprès de sa famille, Adhémar d'Abzac retourne à Aiguebelle le 7 novembre 1854. Il entre dans la communauté le 20 novembre suivant et prend l'habit monastique le 2 février 1855. Il revient temporairement à Périgueux au printemps afin de confier à sa sœur l'administration de ses biens, puis regagne définitivement le monastère[1].

Sous le nom de Marie-Augustin, il prononce sa profession religieuse le 25 mars 1858. Il exerce ensuite la fonction d'hôtelier de l'abbaye. Ordonné diacre le 21 août 1859, il reçoit l'ordination sacerdotale à Valence le 2 juin 1860. Il est ensuite chargé notamment de la formation des novices convers[1].

Fondation de Notre-Dame-des-Dombes

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À partir de 1858, Pierre-Henri Gérault de Langalerie, alors évêque de Belley, favorise l'établissement d'une communauté trappiste dans la Dombes, région alors marquée par l'insalubrité de certains secteurs et par la présence de nombreux étangs. Le projet, soutenu par Napoléon III, associe implantation monastique, assainissement et développement agricole[4].

L'abbaye d'Aiguebelle accepte de prendre en charge cette fondation. Le , quarante-quatre religieux quittent Aiguebelle. Après plusieurs étapes, notamment à Maubec, Fourvière et Ars, ils arrivent le 4 octobre au Plantay, où seule l'église du futur monastère est alors achevée. Dom Augustin prend la direction de la nouvelle communauté et en devient le premier prieur[1],[4].

Marie-Bernard Bauer, rencontré par Dom Augustin à Naples une douzaine d'années auparavant et devenu religieux carme, prononce l'homélie d'accueil de la communauté. Sa présence témoigne de la continuité des liens noués pendant la jeunesse d'Adhémar d'Abzac[1].

La construction du monastère est confiée à l'architecte Pierre Bossan, également auteur de plusieurs édifices religieux dans la région lyonnaise. Il adopte pour Notre-Dame-des-Dombes une architecture utilisant largement la brique, matériau disponible sur place[4].

Assainissement et mise en valeur des terres

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L'installation des religieux s'inscrit dans les opérations d'assainissement de la Dombes menées sous le Second Empire. Les moines entreprennent l'assèchement d'étangs, le drainage et l'amendement des sols ainsi que leur transformation en terres agricoles[5],[4].

La communauté acquiert notamment le domaine de Pisseloup, d'une superficie de 69 hectares, ainsi que plusieurs étangs voisins. Dès le printemps 1864, environ cinquante hectares sont préparés pour les cultures ; 3 000 arbres fruitiers et 17 000 pieds de vigne sont plantés. Ces travaux sont conduits dans des conditions sanitaires difficiles : en septembre 1864, trente religieux sur cinquante sont atteints par les fièvres[1],[5].

À la suite de nouvelles acquisitions, le domaine monastique atteint environ 270 hectares, dont quelque 115 hectares sont alors occupés par les eaux. La communauté contracte un emprunt afin d'acquérir les étangs proches du monastère et de permettre leur assèchement[1],[5].

Dom Augustin sollicite également le concours de la compagnie concessionnaire du chemin de fer afin d'accélérer les opérations. À la fin de 1865, les travaux auxquels participe le monastère ont contribué à l'assèchement d'environ 1 500 hectares, tandis que la communauté supporte un endettement important[1].

Les sources diffèrent sur l'origine d'une somme de 80 000 francs affectée aux travaux. Marcel Secondat indique qu'elle est fournie par l'État et permet d'assurer le dessèchement d'environ 800 hectares dans le périmètre du monastère, tandis que Marcel Berthier rapporte que Napoléon III accorde la même somme à Dom Augustin sur sa cassette personnelle après l'avoir reçu en audience[5],[1].

L'action des trappistes contribue plus largement à la transformation du paysage autour du Plantay. Le Département de l'Ain rattache leur activité au mouvement d'assèchement qui fait disparaître environ 1 800 hectares d'étangs dans les environs du monastère, sans limiter ce chiffre au seul abbatiat de Dom Augustin[4].

Premier abbé de Notre-Dame-des-Dombes

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Le prieuré de Notre-Dame-des-Dombes est érigé en abbaye par un rescrit apostolique du 22 décembre 1865, suivi d'une lettre de Pierre-Henri Gérault de Langalerie du 29 janvier 1866. Dom Augustin est élu premier abbé le en présence notamment de l'abbé d'Aiguebelle et des témoins canoniques réunis pour l'élection[6],[1].

Il reçoit la bénédiction abbatiale le 9 avril 1866 dans la chapelle du monastère. La cérémonie est présidée par Pierre-Henri Gérault de Langalerie, assisté de Gaspard Mermillod et de trois abbés cisterciens[1],[3].

Durant son abbatiat, la communauté poursuit la construction des bâtiments conventuels, l'organisation du domaine agricole et les travaux d'assainissement engagés depuis son installation. Le monastère se dote progressivement de bâtiments agricoles, d'ateliers et d'un moulin, tandis que de nouvelles terres sont mises en culture[5],[4].

Dom Augustin d'Abzac de La Douze meurt à Notre-Dame-des-Dombes le 26 décembre 1870, à l'âge de 43 ans, pendant la guerre franco-allemande de 1870[3],[7].

Ses dernières semaines sont marquées par l'assistance apportée aux religieux de sa communauté mobilisés ou malades. Il avait dirigé Notre-Dame-des-Dombes depuis l'installation des moines au Plantay en 1863 et exercé la charge abbatiale pendant quatre ans[7].

Benoît Margerand lui succède à la tête de l'abbaye et reçoit la bénédiction abbatiale en 1871[3].

Armes, devise et sceau

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Aymar de Saint-Saud décrit les armes de Dom Augustin comme un écartelé associant les armes d'Abzac et celles de Barrière, avec sur le tout un champ de gueules chargé de trois léopards d'or placés l'un au-dessus de l'autre[3].

Sa devise personnelle est :

In fide et lenitate

Son sceau, qui servait également d'ex-libris, représente son écu accompagné de la crosse, de la mitre et du chapeau abbatial, avec sa devise dans la partie inférieure[3].

Cette devise personnelle est distincte de celle de l'abbaye, Sanabo aquas has et non erit ultra in eis mors, associée dans les sources à la mission d'assainissement de Notre-Dame-des-Dombes[3],[4].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 Marcel Berthier, « Dom Augustin d'Abzac de La Douze, premier abbé de l'abbaye cistercienne de Notre-Dame des Dombes (Ain - France) », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, vol. CXV,‎ , p. 221-230 (lire en ligne, consulté le ).
  2. 1 2 Noël Becquart, « Conseillers généraux et conseillers d'arrondissement de 1830 en Dordogne », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, vol. CXI,‎ , p. 53-92 (lire en ligne, consulté le ).
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 Aymar de Saint-Saud, Armorial des prélats français du XIXe siècle, Paris, H. Daragon, (lire sur Wikisource), p. 327-328.
  4. 1 2 3 4 5 6 7 « Abbaye Notre-Dame des Dombes au Plantay », sur Patrimoine(s) de l'Ain, Département de l'Ain (consulté le ).
  5. 1 2 3 4 5 Marcel Secondat, « L'assainissement de la Double et les Trappistes », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, vol. XCV,‎ , p. 239-261 (lire en ligne, consulté le ).
  6. ↑ « Cérémonial et prières pour la bénédiction d'un abbé : à l'occasion de la bénédiction du premier abbé de N.-D. des Dombes, diocèse de Belley », sur Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France, (consulté le )
  7. 1 2 Brigitte Delluc, « Les petites nouvelles », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, vol. CXXVII,‎ , p. 727 (lire en ligne, consulté le ).

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Jacques-Melchior Villefranche, Vie de dom Marie-Augustin (marquis de Ladouze), premier abbé de la Trappe de N.-D. des Dombes, Paris, Bloud et Barral, , 318 p.
  • Aymar de Saint-Saud, Armorial des prélats français du XIXe siècle, Paris, H. Daragon, (lire sur Wikisource), p. 327-328
  • Marcel Secondat, « L'assainissement de la Double et les Trappistes », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, vol. XCV,‎ , p. 239-261 (lire en ligne, consulté le )
  • Marcel Berthier, « Dom Augustin d'Abzac de La Douze, premier abbé de l'abbaye cistercienne de Notre-Dame des Dombes (Ain - France) », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, vol. CXV,‎ , p. 221-230 (lire en ligne, consulté le )
  • Étienne Goutagny, Cisterciens en Dombes : 1859-2001, Paris, L'Harmattan, , 434 p. (ISBN 2-7475-7146-7)

Articles connexes

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