Droits LGBT au Sénégal

droit sénégalais applicable aux personnes LGBT

Les droits des personnes LGBT+ (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) au Sénégal ne sont pas reconnus par la législation et font l'objet d'une forte répression étatique et sociale. Les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe y sont pénalisées depuis 1966. Ce cadre légal a subi un durcissement majeur en mars 2026 avec l'adoption d'une loi prévoyant de lourdes peines d'emprisonnement pour les actes dits « contre-nature » ainsi que l'interdiction de toute forme de soutien ou de militantisme.

Droits LGBT au Sénégal
Image illustrative de l'article Droits LGBT au Sénégal
Légalité des pratiques sexuelles entre personnes de même sexe  Non
Sanction 5 à 10 ans d’emprisonnement et 10 millions FCFA
Protection contre les discriminations  Non
Majorité sexuelle identique  Non
Identité de genre  Non
Service militaire  Non
Don de sang  Non
Interdiction des thérapies de conversion  Non
Partenariat  Non
Mariage  Non
Adoption  Non

Historiquement, la société sénégalaise a pourtant connu une relative tolérance à l'égard de la fluidité de genre et des minorités sexuelles. Jusqu'à la fin du XXe siècle, des figures comme les góor-jigéen (littéralement « hommes-femmes » en wolof) occupaient des rôles sociaux et cérémoniels reconnus, sans subir d'exclusion systématique. Ce n'est qu'à partir des années 2000 que s'opère une véritable rupture sociale et lexicale. Sous l'influence conjuguée de discours religieux, d'une presse sensationnaliste et de tensions socio-économiques, le rejet de l'homosexualité a été érigé en enjeu politique et en symbole de souveraineté nationale face à l'Occident.

Aujourd'hui, les personnes LGBT+ font face à une hostilité quotidienne, motivée par la défense d'une norme hétérosexuelle stricte et d'un ordre patriarcal. Cette homophobie se traduit par de multiples actes de violence, allant des lynchages publics à l'exhumation et la profanation de sépultures. Face à cette précarité et pour éviter une mort sociale, les minorités sexuelles et de genre sont souvent contraintes à la dissimulation, développant des tactiques de pluralité identitaire ou s'appuyant sur des valeurs culturelles protectrices comme la sutura (discrétion).

Histoire et cadre légal

modifier

Tolérance et fluidité de genre

modifier

Première moitié du XXe siècle

modifier

Durant la première moitié du vingtième siècle, de nombreux témoignages font état d'une vie LGBT animée dans la ville de Dakar[1]. Le Sénégal a pu être considéré comme l'un des pays africains les plus tolérants à l'égard de l'homosexualité. Cette dynamique est corroborée par plusieurs intellectuels de l'époque, qui décrivent une liberté contrastant fortement avec les normes occidentales d'alors[2]. L'historien Michael Crowder observe par exemple que les relations homosexuelles s'y pratiquaient avec beaucoup plus de visibilité que la prostitution, impliquant aussi bien la population locale que les expatriés. Ces témoignages académiques mettent en évidence que le rejet radical des minorités sexuelles n'est pas une constante historique[2].

Les travaux anthropologiques soulignent en effet que, par le passé, ces comportements ne souffraient d'aucune illégitimité sociale. Le chercheur britannique Geoffrey Gorer rapportait ainsi que cette fluidité, bien que parfois perçue comme récente chez les Wolofs, bénéficiait d'une acceptation remarquable[2]. Les individus concernés ne subissaient pas d'exclusion, prouvant que la société sénégalaise intégrait ces minorités dans son fonctionnement quotidien avant l'émergence des crispations morales contemporaines[2].

Depuis la fin du XIXe siècle, des traces écrites attestent de l'utilisation du mot góor-jigéen, littéralement « homme-femme » en langue wolof[1]. Il s'agit d'une manière de qualifier des hommes jugés efféminés, qui est devenu avec le temps une insulte homophobe[3].

Les années 1940–1950

modifier

Le Sénégal est l'un des premiers pays d'Afrique à créer des programmes de prévention du VIH destinés aux hommes ayant des rapports homosexuels. Cette tolérance est cependant relative, les homosexuels trop visibles risquant toujours d'être la cible de jets de pierre. Selon Michael Davidson, « En 1949, Dakar était déjà la capitale ‘gay’ de l’Afrique de l’Ouest. Quand j’y suis retourné neuf ans plus tard, les dirigeants français étaient partis, et Dakar était plus gay que jamais. »[4].

Les témoignages de l'époque coloniale permettent de nuancer les réalités vécues. Dans les années 1930 et 1950, des observateurs français comme l'ethnographe Michel Leiris ou l'enseignant Charles Béart soulignent la coexistence de plusieurs formes d'homosexualités à Dakar, distinguant notamment les góor-jigéen des tapèt (un emprunt à l'argot français « tapette »). Alors que les góor-jigéen adoptaient des comportements, des vêtements féminins et occupaient des fonctions publiques lors des cérémonies, les tapèt entretenaient des relations homosexuelles, souvent avec des marins ou des Européens de passage, tout en conservant une apparence masculine ordinaire et un mode de vie plus proche du modèle occidental[5].

Contrairement à l'Empire britannique, l'administration coloniale française n'avait pas importé de lois pénalisant les relations entre personnes de même sexe au Sénégal, celles-ci étant dépénalisées en France depuis 1791[3]. L'ordonnance française de signée par le maréchal Philippe Pétain, inspirée du puritanisme victorien, est néanmoins une influence ayant contribué au durcissement de la loi sénégalaise envers les personnes homosexuelles[6].

L'homophobie d'État s'est en réalité institutionnalisée de manière post-coloniale : c'est sous la présidence de Léopold Sédar Senghor, figure de l'indépendance, que le Parlement a choisi d'intégrer cette pénalisation au tout nouveau Code pénal de la jeune nation[3]. L'administration coloniale, bien qu'imposant un ordre moral, n'importe pas de lois pénalisant et réprimant les relations entre personnes du même sexe[3].

Il faut ajouter à cela une forte influence de l'islam, religion majoritaire dans le pays[7] et présente depuis l'époque des Almoravides, au XIe siècle[8].

Criminalisation en 1966 et tolérance relative

modifier

Les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe sont pénalisables à partir de 1966, aux termes de l'article 319 du code pénal sénégalais[9], alinéa 3[10].

« sera puni d'un emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 100.000 à 1.500.000 francs, quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe. »

Malgré cela, les sujets et débats liés à l'homosexualité restent largement secondaires dans le pays. L'intensification contemporaine des sanctions relève plutôt d'une « manufacture de l'homophobie légale ». Comme le démontrent les chercheurs, l'appareil de justice criminelle a été progressivement mobilisé pour orchestrer une véritable répression d'État, dont l'objectif politique est de consolider une société strictement hétérosexiste. Cette dynamique institutionnelle s'est accompagnée d'une réinterprétation des normes juridiques et religieuses, effaçant la mémoire de l'ancienne flexibilité sociale du pays[2].

Durcissement politique et légal depuis 2008

modifier

L'affaire du « mariage de Mbao » et ses suites (2008)

modifier

Le véritable point de bascule de la répression contemporaine intervient en février 2008 avec l'affaire dite du « mariage de Mbao ». La publication par le magazine Icône de photographies d'une cérémonie festive privée, présentée comme une union homosexuelle, déclenche une panique morale à l'échelle nationale. Jusqu'alors relativement confiné à la sphère privée, le sujet provoque du jour au lendemain une vague de dénonciations religieuses, des unes de presse sensationnalistes et des appels à la violence qui contraignent plusieurs des hommes identifiés sur les clichés à fuir le pays[3].

En août 2008, deux hommes, dont un citoyen belge, sont condamnés à deux ans de prison pour « mariage entre personnes de même sexe et actes contre nature »[11]. L'un d'eux se retrouve obligé à l'exil en Afrique du Sud[12],[13]. D'autres jeunes hommes sont accusés d'actes homosexuels et sont arrêtés, avant d'être relâchés. Mbaye Niang, Imam et parlementaire, organise une manifestation contre l'homosexualité, notamment pour désapprouver leur libération. Une série de chasse aux sorcières s'ensuit dans la société sénégalaise[10].

En 2008, une proposition de loi souhaite imposer une peine plus sévère aux condamnés pour homosexualité. Elle naît d'une alliance entre des députés du parti au pouvoir et de l'opposition. Cela s'explique par l'homophobie partagée d'élites religieuses habituellement concurrentes. De jeunes rappeurs soutiennent aussi l'initiative[10].

Arrestation de militants luttant contre le Sida (2009)

modifier

Le , neuf personnes homosexuelles de nationalité sénégalaise, engagés dans la lutte contre le sida sont interpellés à un domicile sur dénonciation. Etaient présents des représentant de l'association AIDES. Ils sont condamnés à 8 ans de prison ferme pour « association de malfaiteurs »[14],[15]. Leur peine serait aggravée par la saisie sur place de jouets sexuels et de préservatifs, notamment distribués dans le cadre de la lutte contre le sida.

Cette condamnation suscite des réactions en France. Le directeur de l'ANRS (France Recherche Nord & Sud Sida-hiv Hépatites) fait part de son « inquiétude », le Conseil national du sida demande au gouvernement français de « réagir » à cette condamnation[16],[17]. Nicolas Sarkozy exprime son émotion et sa préoccupation lors d'un conseil des ministres[18]. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a aussi partagé sa « très vive préoccupation »[19],[20].

Le , l'association AIDES lance une pétition adressée au président du Sénégal, Abdoulaye Wade[21]. La Cour d'appel de Dakar finit par annuler la condamnation. Les neuf hommes sont libérés le [22].

Sous la présidence de Macky Sall (2012-2024)

modifier

En 2014, le président Macky Sall déclare que le pays n'est pas prêt à dépénaliser l'homosexualité[23]. Deux ans plus tard, il précise que l'homosexualité est contraire à la religion musulmane et que « tant qu[’il] sera président de la République, l’homosexualité ne sera jamais permise ici »[24]. Ces positions tranchent avec celles exprimées lors de la campagne électorale de 2011, quand il proposait d'administrer les sujets liés aux droits des personnes LGBT de façon « moderne et responsable ». Des proches de son adversaire Abdoulaye Wade l'avaient alors accusé d'être à la solde des « lobbies gay »[25].

En et en , de nouveaux groupes de personnes sont arrêtés pour avoir participé, dans un cadre privé, à des cérémonies de mariage entre personnes de même sexe[26],[27],[28]. Depuis 2019, Hawa Watt est accusée de lesbianisme et incarcérée[29],[30].

En 2021, un projet de loi mentionne explicitement « lesbianisme, homosexualité, bisexualité, transsexualité, intersexualité, zoophilie, nécrophilie et autres pratiques assimilées » et augmente considérablement les peines prévues[31]. Il est porté par le collectif « And Samm Jikko » (« Ensemble pour la sauvegarde des valeurs » en wolof)[32],[33],[34],[35]. La coalition au pouvoir s’oppose à cette évolution d’une loi qu’elle estime suffisante[36],[37], et le projet de loi est écarté[38],[39]. Mais le chef de l'État et les autorités sénégalaises restent opposés à tout assouplissement de la loi[38]. Un des plus hauts chefs religieux du Sénégal, Serigne Mountakha Mbacké, réagit à l'abandon du projet de loi en encourageant toutes les démarches juridiques contre l’homosexualité[40]. La même année, le Sénégal est retiré de la liste des pays d’origine sûrs par l’Ofpra en raison des risques liés à l’orientation sexuelle[41].

Le , une importante manifestation a lieu à Dakar, à l'appel d'un collectif de 125 associations anti-LGBT, pour exiger la criminalisation de l'homosexualité[42]. Le projet de loi proposé en 2022 est soumis à nouveau au parlement en par le député Cheikh Abdou Bara Dolly Mbacké[43].

Loi de 2026 et nouvelle vague de répression

modifier

En , 22 hommes homosexuels sont arrêtés en l'espace de deux semaines par la police sénégalaise pour « actes contre nature », leurs arrestations étant parfois mises en scène sur les réseaux sociaux. Parmi ceux-ci figure le tiktokeur Saliou Mbaye, connu sous le pseudonyme de Zale, arrêté le à la frontière sénégalo-gambienne alors qu’il tentait de quitter le pays[44],[45].

Le , le premier ministre Ousmane Sonko présente un projet de loi pour allonger les peines de prison et augmenter le montant des amendes pour actes dits « contre-nature »[46],[47],[48],[49]. Cette proposition de loi, promesse de campagne du premier ministre, a été adoptée le [50],[51]. La nouvelle loi comprend une peine de prison de 5 à 10 ans pour les actes dits contre-nature, des amendes de 100 000 à dix millions de francs CFA, contre 1,5 auparavant[45],[52],[46], ainsi qu'une interdiction de la promotion, du financement et du soutien de l'homosexualité, de la bisexualité et de la transsexualité[48],[50],[53]. Elle prévoit aussi une sanction pour les « délations abusives faites de mauvaises foi »[54].

Cette politisation du rejet des minorités sexuelles culmine lors du vote, au cours duquel la députée Diaraye Bâ déclare sous les célébrations de l'Assemblée que « les homosexuels ne respireront plus dans ce pays ». Cette fermeté d'application a été immédiatement confirmée par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô face aux protestations internationales[3]. D'après le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Volker Türk, cette nouvelle loi « bafoue » les droits humains[48]. Le 30 mars 2026, la loi est promulguée par le Président de la République Bassirou Diomaye Faye, et parait au journal officiel le lendemain[46]. Selon Le Monde, la presse se fait écho quotidiennement d'arrestations d'homosexuels dans un contexte marqué par une « vague d'homophobie »[46],[55].

En , le parlement amende la constitution afin de bannir le mariage entre personne du même sexe[56].

En , La justice sénégalaise a abandonné les accusations de transmission du VIH visant 99 hommes arrêtés depuis février, mais 71 d'entre eux seront bien jugés pour homosexualité[57].

Société et conditions de vie

modifier

Terminologie et rôles sexuels

modifier

Au-delà des catégories occidentales, les identités et les pratiques homosexuelles au Sénégal s'articulent autour d'un vocabulaire local spécifique qui distingue les rôles sexuels. Dans ce lexique, le terme ubbi (ou ibbi) désigne le partenaire ayant un rôle dit « passif » et qui se reconnaît généralement comme homosexuel. À l'inverse, le terme yoos désigne le partenaire dit « actif ». Ce dernier ne s'identifie pas nécessairement comme homosexuel et le terme est souvent employé de manière péjorative pour désigner une « femme de mauvaise vie »[58].

Parallèlement à ces catégorisations basées sur les pratiques, des termes plus modernes issus du militantisme ou de la culture internationale, tels que « gay », « branché » ou l'acronyme médical « HSH » (Hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes), sont de plus en plus utilisés par les personnes concernées pour se définir socialement[58].

Débats politiques et médiatiques

modifier

Dans un contexte marqué par des crises économiques et institutionnelles, l'homosexualité est devenue un outil de disqualification redoutable dans le champ politique sénégalais. Les accusations de « pratiques homosexuelles » ou de collusion avec des lobbies internationaux sont fréquemment utilisées comme des armes pour discréditer des adversaires politiques auprès des autorités religieuses et de l'opinion publique. Ce fut par exemple le cas sous la présidence d'Abdoulaye Wade, où des membres de l'opposition ont été publiquement accusés d'être infiltrés par ces réseaux dans le but de les affaiblir électoralement[59].

Parallèlement, le rejet d'une homosexualité prétendument importée par l'Occident[10] est considéré comme « un devoir moral voire patriotique »[35] qui alimente une certaine idée de l'identité nationale[12]. Une partie de l'opinion publique, interpellée par le phénomène du tourisme sexuel sur la Petite Côte, associe ainsi l'homosexualité à une forme de prostitution marchande liée à la paupérisation, renforçant l'idée d'un phénomène purement étranger[59]. Selon Camille Belsoeur de Slate Afrique, la presse locale contribue à la diffusion de cette homophobie par des titres racoleurs ou une présentation partiale des faits relatifs à ce sujet[26]. Cette presse à scandale est nourrie par les rumeurs sur les personnes considérées comme LGBT, de plus en plus souvent relayées par des vidéos sur Internet[35].

Des observateurs ont cependant insisté sur l'idée que le rejet de l'homosexualité n'est cependant pas homogène dans la société sénégalaise : un discours progressiste, encore minoritaire, est porté notamment par des associations sénégalaises[12]. Par ailleurs, Boris Bertolt explique que « les hésitations du gouvernement à criminaliser formellement l’homosexualité et l’appui informel accordé aux organisations de défense des droits des homosexuels encouragent à relativiser » l'homophobie d'État[60].

En 2022, après que le joueur de football sénégalais du PSG Idrissa Gueye refuse de s'associer à une action contre l'homophobie[61],[62], la police sénégalaise lance une enquête sur une vidéo virale dans laquelle on voit plusieurs dizaines de Sénégalais encerclant un jeune homme presque nu, un artiste musicien américain, le frappant et proférant des insultes homophobes[63]. Trois personnes sont arrêtées pour mise en danger de la vie d’autrui et violences[64],[65].

Violences, lynchages et profanations de sépultures

modifier

En raison des mentalités et de la loi, la vie des personnes LGBT est particulièrement difficile[66]. Le fondateur de l'association Prudence, Djamil Bangoura, et le président d'AIDs Sénégal, Djiadi Diouf, ont témoigné du quotidien des personnes dont l'homosexualité a été révélée et qui doivent faire face à la violence homophobe[67].

Frustrés par le « laxisme » du gouvernement, un groupe de leaders religieux musulmans créent en réaction le « Front islamique pour la défense des valeurs éthiques » et déclarent souhaiter la peine de mort pour toute personne condamnée pour homosexualité. Cette initiative rejaillit partout dans le pays : des corps de Goor-jigen ( « hommes-femmes » dans la tradition sénégalaise) sont ainsi exhumés de cimetières dans plusieurs régions du Sénégal[10]. Dans un village proche de Kaolack, un enterrement d'une Goor-jigen est perturbé en et le cadavre est exhumé en novembre[10], un évènement similaire se produit en à Thiès, avec l'exhumation des corps de deux homosexuels présumés[68],[69]. En 2014, une foule empêche l’enterrement d’un homosexuel dans un cimetière musulman[70]. La vidéo, devenue virale, de l'exhumation du cadavre d'un homme homosexuel est le point de départ du roman De purs hommes, de Mohamed Mbougar Sarr[71],[72].

En 2014, des étudiants ont lynché un homme qui avait prétendument regardé de façon trop insistante son voisin d'urinoir[35].

En , l'enterrement à Touba d'un homme considéré comme homosexuel est interdit par l'autorité religieuse locale. L'homme est alors enterré à Kaolack mais une foule refuse qu'un homosexuel soit enterré dans le cimetière local, exhume le corps et le brûle[73]. Le procureur de la république à Kaolack dénonce un acte « barbare » et Serigne Cheikh Tidiane Khalifa Niasse, khalife général de la branche niassène de la confrérie tidjane (branche qui gère le cimetière de Kaolack dans lequel le corps a été exhumé), exprime sa « condamnation catégorique » et dénonce une « interprétation déviante » de l'islam. Plusieurs personnes sont arrêtées[74],[75],[76],[77].

Stratégies de survie, bisexualité et sutura

modifier

Face à cette hostilité généralisée, la perte du réseau de sociabilité (famille, amis, collègues) représente un danger de mort sociale et économique pour les minorités sexuelles. Afin de se prémunir contre cette exclusion, de nombreuses personnes LGBT+ sont contraintes de développer des tactiques de dissimulation pour protéger leur place dans la société. La pression en faveur du mariage hétérosexuel et de la parentalité est si forte qu'elle façonne profondément les trajectoires intimes[58]. Beaucoup se résignent à contracter un mariage de raison, adopté comme une indispensable couverture sociale. À titre d'exemple, une enquête comportementale menée en 2007 auprès de 501 hommes ayant des rapports homosexuels a révélé que 87,4 % d'entre eux avaient également eu des rapports avec des femmes au cours de leur vie, illustrant l'adoption d'une identité sexuelle plurielle par strict instinct de survie[pas clair][58].

C’est dans ce contexte de dissimulation imposée que les femmes queer naviguent à travers le concept de sutura, qui représente un idéel de chasteté et de discrétion[78]. Elles organisent par exemple des soirées à leur domicile ou dans des boîtes de nuit.

Militantisme et société civile

modifier

L'émergence par la lutte contre le VIH/Sida

modifier

Au Sénégal, l'activisme lié à l'orientation sexuelle s'est initialement structuré à travers la lutte contre l'épidémie de VIH/Sida. L'urgence de cette structuration s'est imposée face à une réalité épidémiologique. Une enquête menée en 2004 a révélé une prévalence du VIH de 21,5 % chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes, soit un taux trente fois supérieur à celui de la population générale[58]. Dans un contexte de criminalisation stricte, l'approche sanitaire a donc longtemps été le seul canal toléré par les autorités (notamment le ministère de la Santé) permettant aux minorités sexuelles de s'organiser. Toutefois, les associations formées dans ce cadre étaient quasi-exclusivement masculines, marginalisant ''de facto'' les femmes de ces espaces de prévention[58].

Afin de contourner la surveillance et les risques d'agression, ces structures ont dû développer des tactiques d'intervention clandestines. Certaines organisations de lutte contre le Sida, préférant ne pas faire passer leurs communications par des canaux publics, emploient par exemple des médiateurs pour créer de faux profils sur les réseaux sociaux et les sites de rencontres. Cela permet d'envoyer des messages privés contenant des informations sur les moyens de protection et d'orienter discrètement vers des services de dépistage[58],[79].

Organisations de défense des droits

modifier

Le mouvement associatif LGBT+ s'est particulièrement développé autour de Dakar, où la plupart des organisations se regroupent au sein du RENAPOC (Réseau national des populations clés), un réseau apolitique et laïque créé en 2014 avec l'appui de l'Alliance nationale des communautés pour la santé, et qui rassemble une trentaine d'organisations travaillant avec des populations vulnérables[80]. Ces structures se heurtent toutefois à de nombreux obstacles concrets : le coût et la lourdeur administrative empêchent souvent leur légalisation, la quasi-totalité d'entre elles ne disposent d'aucun local propre. L'un des rares espaces existants ayant été attaqué, contraignant l'association et ses membres à l'exil, et les autorités exercent une surveillance étroite de leurs activités, allant jusqu'à s'informer du contenu des réunions et de l'identité des participants[80]. Cette pression institutionnelle, combinée à l'impossibilité d'afficher publiquement un numéro de téléphone, un site internet ou une adresse, limite fortement la capacité des associations à accueillir de nouveaux membres et à travailler en réseau[81].

Femmes lesbiennes et bisexuelles

modifier

Au sein de ce mouvement associatif, les femmes lesbiennes et bisexuelles sont confrontées à une marginalisation spécifique, distincte de celle vécue par les hommes homosexuels.

Né dans le cadre de la lutte contre le VIH/sida ciblé sur les « hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes », le mouvement associatif demeure structurépresque exclusivement autour d'hommes, ce qui a longtemps exclu les femmes des dispositifs de prévention, de visibilité et de défense des droits, et reste identifié par les intéressées comme l'un des principaux défis à relever pour l'avenir du mouvement[82]. À cette exclusion institutionnelle s'ajoute un déni plus profond: la possibilité même qu'une femme puisse désirer une autre femme est largement déniée par la société sénégalaise, ce qui leur permet parfois de manifester des gestes affectueux en public sans éveiller les soupçons, mais accentue en retour l'invisibilisation de leur identité[80].

Face à ce double effacement, des structures dédiées se sont organisées. L'association Sourire de femme et sa présidente Ndeye Kebe défendent les droits des lesbiennes[83],[84], tandis que Kiraay offre un espace de parole où certaines femmes disent pouvoir, pour la première fois, parler librement de leur orientation sans crainte d'être jugées. Ce besoin de structures propres reste identifié par les intéressées comme l'un des principaux défis à relever pour l'avenir du mouvement[80].

Représentations et culture

modifier

Littérature

modifier

En 2018 et 2020, les romans De purs hommes de Mohamed Mbougar Sarr[71] et Les Pangolins de Dakar de Valérian MacRabbit[85] décrivent les conditions de vie des personnes LGBT au Sénégal.

Cinéma

modifier

Karmen Geï est un film sénégalais sur la bisexualité féminine[86],[87].

Art et performance

modifier

L'exhumation homophobe de Madièye Diallo a fait l'objet de la performance Éthérée de Mame-Diarra Niang[88].

Bibliographie

modifier

Articles

modifier
  • (en) Babacar M'Baye, « The Origins of Senegalese Homophobia: Discourses on Homosexuals and Transgender People in Colonial and Postcolonial Senegal », African Studies Review, vol. 56, no 2,‎ , p. 109-128 (lire en ligne, consulté le ).
  • Ndèye Gning, « Les Motifs de l'illégitimité sociale de l'homosexualité au Sénégal », Africultures, vol. 96, no 6,‎ , p. 22–39 (ISSN 1276-2458, DOI 10.3917/afcul.096.0022)
  • Joseph Larmarange, Annabel Desgrées du Loû, Catherine Enel et Abdoulaye Wade, « Homosexualité et Bisexualité au Sénégal : une réalité multiforme », Population, vol. 64, no 4,‎ , p. 723-756 (DOI 10.3917/popu.904.0723)
  • Aminata Cécile Mbaye, Les Discours sur l’homosexualité au Sénégal, AVM Edition,

Podcasts

modifier

Rapports

modifier

Notes et références

modifier
  1. 1 2 Christophe Broqua, « Góor-jigéen : la resignification négative d’une catégorie entre genre et sexualité (Sénégal) », Socio. La nouvelle revue des sciences sociales, no 9,‎ , p. 163–183 (ISSN 2266-3134, DOI 10.4000/socio.3063, lire en ligne, consulté le ).
  2. 1 2 3 4 5 Boris Bertolt, « Les Ambiguïtés de la question homosexuelle au Sénégal », Cahiers d’études africaines, vol. 239,‎ , p. 645-669 (DOI 10.4000/etudesafricaines.31808).
  3. 1 2 3 4 5 6 « L'homophobie d'État au Sénégal, 60 ans d'histoire », sur https://tetu.com/ (consulté le ).
  4. ↑ « A 1958 Visit to a Dakar Boy Brothel from Boy-Wives and Female Husbands: Studies in African Homosexualities on JSTOR », sur www.jstor.org (consulté le ).
  5. ↑ Urania, « L'histoire de l'homosexualité masculine au Sénégal », sur Uránia, (consulté le ).
  6. ↑ Tatiana Salvan, « En Afrique, l’homophobie est un "exutoire pour tous les autres maux sociaux" », sur liberation.fr, (consulté le ).
  7. ↑ « LGBTQI. Au Sénégal, les confréries religieuses trouvent que l’homosexualité n’est pas assez réprimée » Accès payant, sur Courrier international, (consulté le ).
  8. ↑ (en-US) Djim Dramé, « Arrivée de l'Islam au Sénégal : le rôle capital des Almoravides », sur The Conversation, (DOI 10.64628/AAJ.5yj4367qc, consulté le ).
  9. ↑ Code pénal sénégalais, justice.gouv.sn, site du ministère de la justice sénégalais. Lire en ligne.
  10. 1 2 3 4 5 6 Patrick Awondo, Peter Geschiere, Graeme Reid, Alexandre Jaunait, Amélie Le Renard et Élisabeth Marteu, « Une Afrique homophobe ? », Raisons politiques, 2013/1, no 49, p. 95-118.
  11. ↑ « Les homosexuels harcelés au Sénégal », Libération, 16/01/2009.
  12. 1 2 3 Ndèye Ndiagna Gning, « Analyse d’une controverse. Les discours sur l’homosexualité dans l’espace public au Sénégal », Stichproben - Vienna Journal of African Studies, vol. 13, no 24,‎ , p. 93-120 (lire en ligne).
  13. ↑ « Sénégal. L’homosexualité fait débat à Dakar », sur Courrier international, (consulté le ).
  14. ↑ « 9 homosexuels condamnés à de lourdes peines de prison », RFI, 07/01/09.
  15. ↑ Le Monde, 13 janvier 2009 : « À Dakar, neuf homosexuels sont condamnés à de la prison ferme ».
  16. ↑ « Protestations contre la condamnation de neuf homosexuels au Sénégal », Romandie News, 15/01/2009.
  17. ↑ (en) « Sénégal : protestations du CNS et de l'ANRS », sur seronet.info, .
  18. ↑ « Homosexuels incarcérés au Sénégal : Sarkozy ému et préoccupé »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?), sur Le Monde, .
  19. ↑ « La condamnation des homosexuels sénégalais préoccupe Paris », RFI, 15/01/09.
  20. ↑ « Les homosexuels harcelés au Sénégal », Libération, 16/01/09.
  21. ↑ « Pétition d'Aides »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?).
  22. ↑ (en) « Senegal gay convictions quashed », BBC, 20 avril 2009.
  23. ↑ Philippe Bernard, « À Dakar, choc des cultures entre Barack Obama et Macky Sall sur l'homosexualité », lemonde.fr, 27 juin 2017.
  24. ↑ « Macky Sall sur l’homosexualité : "Je ne suis pas le genre de président à qui on demande de tourner à gauche ou à droite et qui s'exécute" », sur DAKARACTU.COM, .
  25. ↑ Mathieu Olivier, « Homosexualité en Afrique, la différence tous risques », sur jeuneafrique.com, (consulté le ).
  26. 1 2 Camille Belsoeur, « Au Sénégal, la presse contribue au sentiment antihomosexuel », slateafrique.com, 21 janvier 2016.
  27. ↑ « Sénégal : « mariage gay » à Kaolack ou cabale homophobe ? – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, (consulté le ).
  28. ↑ Dakar actu, « Mariages homosexuels et actes contre nature présumés : 25 mis en cause arrêtés à Mermoz ce samedi », sur DAKARACTU.COM, (consulté le ).
  29. ↑ KOACI, « Sénégal : Procès des lesbiennes de Dakar, Hawa Watt détaille sa relation amoureuse avec Coumba et fait des révélations », sur KOACI (consulté le ).
  30. ↑ Ctrl, « La lesbienne « Hawa Watt » retourne en prison », sur Notre Continent, (consulté le ).
  31. ↑ « Au Sénégal, des députés veulent durcir les sanctions contre l’homosexualité », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  32. ↑ « Au Sénégal, une manifestation pour criminaliser l'homosexualité », sur tetu.com, (consulté le ).
  33. ↑ « Sénégal : rassemblement anti-LGBT », (version du sur archive.org).
  34. ↑ « (Photos) Le drapeau Lgbt brûlé publiquement au Sénégal - Senegal7 », sur Senegal7, (consulté le ).
  35. 1 2 3 4 « Au Sénégal, l’invisibilité, une question de survie pour les gays et lesbiennes - TÊTU », sur tetu.com (consulté le ).
  36. ↑ RFI, « Sénégal : la majorité ne votera pas la loi visant à durcir la répression de l’homosexualité », sur rfi.fr, (consulté le ).
  37. ↑ « Sénégal : la majorité qualifie de « faux débat » un texte visant à durcir la répression des personnes LGBT », sur KOMITID, (consulté le ).
  38. 1 2 « Sénégal : le Parlement rejette un texte durcissant la répression de l'homosexualité », sur KOMITID, (consulté le ).
  39. ↑ « Au Sénégal, le Parlement juge l'homosexualité assez pénalisée », sur tetu.com, (consulté le ).
  40. ↑ « Sénégal : un chef religieux encourage « toutes les démarches légales » contre l'homosexualité », sur KOMITID, (consulté le ).
  41. ↑ « Pour les homosexuels au Sénégal, une vie empêchée », Komitid,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  42. ↑ « Sénégal : quand les traditionalistes manifestent contre l’homosexualité », sur Franceinfo, (consulté le ).
  43. ↑ Célia Cuordifede, « Au Sénégal, le retour d’un projet de loi pour durcir le délit d’homosexualité et « contre les valeurs immorales de l’Occident » », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  44. ↑ Juliette Dubois, « Sénégal: la répression de l’homosexualité s’intensifie, une vingtaine de personnes arrêtées depuis une semaine », sur rfi, (consulté le ).
  45. 1 2 Patrice Férus, « "Des actes contre nature": le Sénégal valide un projet de loi pour durcir la répression contre l'homosexualité », sur tv5monde, (consulté le ).
  46. 1 2 3 4 Le Monde avec AFP, « Le Sénégal promulgue sa loi durcissant la répression de l’homosexualité », sur Le Monde, (consulté le ).
  47. ↑ « Sénégal : le discours du premier ministre sur le durcissement des peines envers la communauté homosexuelle », sur Le Monde, (consulté le ).
  48. 1 2 3 Agence France-Presse, « Sénégal: la nouvelle législation réprimant l’homosexualité « bafoue » les droits humains, dénonce l’ONU », sur Mediapart, (consulté le ).
  49. ↑ « Sénégal : l'Assemblée nationale vote une loi doublant les peines de prison pour homosexualité », sur France 24, (consulté le ).
  50. 1 2 Jules Crétois, « Le Sénégal adopte une loi réprimant plus sévèrement l’homosexualité au nom de la lutte contre l’influence occidentale », Le Monde Afrique,‎ (lire en ligne Accès payant).
  51. ↑ « Homosexualité : Ce qui va changer au Sénégal après l'adoption de la loi durcissant la répression » Accès libre, sur BBC News Afrique, (consulté le ).
  52. ↑ Fanny Pigeaud, « Le Sénégal s’engage dans une répression inédite de l’homosexualité », sur Mediapart, (consulté le ).
  53. ↑ « Le Sénégal vote une loi doublant les peines de prison réprimant l'homosexualité » Accès libre, sur Franceinfo, (consulté le ).
  54. ↑ Frédéric Couteau, « Revue de presse Afrique - À la Une: le Sénégal durcit encore la loi contre l’homosexualité » Accès libre, sur RFI, (consulté le ).
  55. ↑ https://www.franceinfo.fr/monde/afrique/senegal/avoir-peur-tout-le-temps-ce-n-est-pas-possible-les-homosexuels-victimes-d-une-veritable-traque-au-senegal_7997924.html
  56. ↑ (en) Poppy-Jay St. Palmer, « Senegal amends constitution to ban same-sex marriage after landslide vote », PinkNews,‎ (lire en ligne).
  57. ↑ Romain Siraut, « Traque anti-LGBT au Sénégal : 71 homos renvoyés en procès, 8 lesbiennes arrêtées », Tetu,‎ (lire en ligne).
  58. 1 2 3 4 5 6 7 Joseph Larmarange, Annabel Desgrées du Loû, Catherine Enel et Abdoulaye Wade, « Homosexuality and Bisexuality in Senegal: A Multiform Reality: », Population, vol. Vol. 64, no 4,‎ , p. 635–666 (ISSN 1634-2941, DOI 10.3917/popu.904.0723, lire en ligne, consulté le ).
  59. 1 2 Ndèye Gning, « Les motifs de l'illégitimité sociale de l'homosexualité au Sénégal: », Africultures, vol. n° 96, no 6,‎ , p. 22–39 (ISSN 1276-2458, DOI 10.3917/afcul.096.0022, lire en ligne, consulté le ).
  60. ↑ Boris Bertolt, « Les ambiguïtés de la question homosexuelle au Sénégal », Cahiers d'études africaines, no 239,‎ , p. 645–669 (ISSN 0008-0055 et 1777-5353, DOI 10.4000/etudesafricaines.31808, lire en ligne, consulté le ).
  61. ↑ « L’absence embarrassante d’un joueur du PSG lors de la journée de lutte contre l’homophobie dans le football », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  62. ↑ « Au Sénégal, un soutien très politique à Idrissa Gueye », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  63. ↑ « Sénégal : enquête policière sur une agression collective contre un homme supposé gay », sur KOMITID, (consulté le ).
  64. ↑ « Agression d’un présumé homosexuel aux HLM : Trois personnes arrêtées », sur Seneweb.com, (consulté le ).
  65. ↑ « Homophobie : trois arrestations à Dakar après l'agression violente d'un étranger », sur KOMITID, (consulté le ).
  66. ↑ « L'homosexualité au Sénégal un virus qui se propage : des situations de faits aux solutions de droit pour la fin de la propagande », sur Réference Actu, (consulté le ).
  67. ↑ Mathieu Brancourt, « Le calvaire des homos au Sénégal », sur Seronet, (consulté le ).
  68. ↑ Ibrahima Lissa FAYE avec APS, « Sénégal - exhumé deux fois : l’homosexuel serait enterré au domicile familial », sur PRESSAFRIK.COM , L'info dans toute sa diversité (Liberté - Professionnalisme - Crédibilité), (consulté le ).
  69. ↑ « Sénégal : le cadavre d'un homosexuel déterré pour être expulsé du cimetière », sur L'Obs, (consulté le ).
  70. ↑ « Sénégal: manifestation contre l’enterrement d’un homosexuel dans un cimetière musulman », sur aa.com.tr, (consulté le ).
  71. 1 2 « « Au Sénégal, un bon homosexuel est soit caché, soit drôle, soit mort » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  72. ↑ Célia Cuordifede, « Polémique homophobe au Sénégal autour de Mohamed Mbougar Sarr », sur tetu.com (consulté le ).
  73. ↑ Seynabou Diagne, « Kaolack: le cadavre d’un homosexuel exhumé et brûlé à Leona Niassene », Seneweb, .
  74. ↑ Mor Mbaye Cissé, « [Exclusif] Corps calciné à Kaolack : 11 personnes arrêtées, l'identité des deux meneurs dévoilée », Seneweb, .
  75. ↑ Théa Ollivier, « Au Sénégal, le choc après l’exhumation puis l’incinération d'une personne supposée homosexuelle », RFI, .
  76. ↑ « Le Sénégal sous le choc après l’exhumation et l’autodafé du corps d’un présumé homosexuel », Jeune Afrique, .
  77. ↑ « Sénégal : choc après l'exhumation puis l'autodafé du corps d'un présumé « homosexuel » », sur KOMITID, (consulté le ).
  78. ↑ (en) Loes Oudenhuijsen, « Quietly queer(ing): the normative value of sutura and its potential for young women in urban Senegal », Africa, vol. 91, no 3,‎ , p. 434–452 (ISSN 0001-9720 et 1750-0184, DOI 10.1017/S0001972021000243, lire en ligne, consulté le ).
  79. ↑ (en) Juliana Friend, « Sutura 2.0: Queer biocommunicability and digitalself-making in Senegalese eHealth activism », Journal of Language and Sexuality, vol. 9, no 1,‎ , p. 14–47 (ISSN 2211-3770 et 2211-3789, DOI 10.1075/jls.19006.fri, lire en ligne, consulté le ).
  80. 1 2 3 4 Cristina Rueda, Elena Olaortua, Amparo Villar et Lala Mujika., La diversité sexuelle et de genre au Sénégal : Dakar et Thiès., Bilbao, ALDARTE Centro atención LGTBI+, , 34 p. (lire en ligne).
  81. ↑ BABACAR SIDIBE, « Sénégal : Une nouvelle vague d’homophobie menace la lutte contre le VIH », sur ADHEOS, (consulté le ).
  82. ↑ « Grand reportage - Etre femme et gay au Sénégal: les lesbiennes cherchent leur place », sur rfi.fr, (consulté le ).
  83. ↑ (en-US) Sarah Elzas, « Lesbians in Senegal just want a place where they can be themselves », sur USA TODAY (consulté le ).
  84. ↑ ANN, « Présidente de "Sourire de femmes" : Qui est Ndèye Kébé, l'avocate des LGBT du Sénégal ? », sur ANN, (consulté le ).
  85. ↑ « Les pangolins de Dakar » [archive du ], sur archive.wikiwix.com via Wikiwix (consulté le ).
  86. ↑ Cheryl Stobie, « “She Who Creates Havoc Is Here”: A Queer Bisexual Reading of Sexuality, Dance, and Social Critique in Karmen Geï », Research in African Literatures, vol. 47, no 2,‎ , p. 84–103 (ISSN 0034-5210, DOI 10.2979/reseafrilite.47.2.06, lire en ligne, consulté le ).
  87. ↑ (en) Ayo A. Coly, « Carmen Goes Postcolonial, Carmen Goes Queer: Thinking the Postcolonial as Queer », Culture, Theory and Critique, vol. 57, no 3,‎ , p. 391–407 (ISSN 1473-5784 et 1473-5776, DOI 10.1080/14735784.2015.1056540, lire en ligne, consulté le ).
  88. ↑ (en) Abigail Celis, « Mapping the Earth's Embrace: Queer Life-Building in Mame-Diarra Niang's Éthérée », African Arts, vol. 57, no 1,‎ , p. 32–45 (ISSN 0001-9933 et 1937-2108, DOI 10.1162/afar_a_00741, lire en ligne, consulté le ).

Voir aussi

modifier