Théâtre des Délassements-Comiques
Le nom de théâtre des Délassements-Comiques a été porté successivement par plusieurs salles de spectacle parisiennes entre 1785 et 1890.
Délassements-Comiques I, boulevard du Temple (1785–1799)
modifierLes premiers Délassements-Comiques sont ouverts en 1785 par l'auteur, directeur et acteur Plancher Valcour (1751-1815)[1] dans un petit théâtre situé boulevard du Temple, entre l'hôtel Foulon (qui accueillera plus tard le Théâtre-Historique) et l'emplacement du futur Cirque-Olympique. Il brûle le . Reconstruit, il rouvre en 1788 et continue jusqu'en 1799[2].
Il connaît un moment de vogue qui excite la jalousie des grands théâtres et qui provoque de leur part l'interdiction au directeur de faire jouer autre chose que des pantomimes et d'avoir sur la scène plus de trois acteurs à la fois, séparés du public par un rideau de gaze. Le , jour de la prise de la Bastille, Plancher Valcour crève la gaze en poussant le cri de « Vive la liberté ! » En 1792, le théâtre est repris par Colon[1].
En 1799, la salle prend le nom de théâtre Lyri-Comique. En 1803, elle devient le troisième théâtre des Variétés-Amusantes, puis les Nouveaux Troubadours en 1805[2]. Ce dernier est fermé en 1807 par le décret sur les théâtres de Napoléon Ier. Le bâtiment est presque entièrement détruit, à l'exception du hall d'entrée, utilisé pour l'exhibition de chiens et de singes savants[3].
Délassements-Comiques II, boulevard du Temple (1804–1806)
modifierUn second théâtre nommé Délassements-Comiques, également situé boulevard du Temple, fonctionne de 1804 à 1806[2].
Délassements-Comiques III (1841-1864)
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Boulevard du Temple (1841–1862)
modifierLe , la danseuse et acrobate Marguerite Lalanne dite Madame Saqui acquiert le Café d'Apollon, ancienne salle du théâtre des Associés située au 52 boulevard du Temple, entre le théâtre des Funambules et le Petit-Lazari. Elle le rebaptise « Spectacle des Acrobates de Madame Saqui ». Il ferme en 1832, laissant la place au théâtre du Temple d'un certain Roux dit Dorsay[4].
Après rénovation complète, le théâtre rouvre en 1841 sous le nom de Délassements-Comiques[2].
À cette époque, le directeur est Constant Ménissier (1794-1878), auteur dramatique et ami du célèbre Eugène-François Vidocq, attesté par une correspondance régulière échangée durant les années 1840, dont une quinzaine de lettres sont conservées dans les archives de la police[5]. En 1845, Hypolite Rivail, qui deviendra célèbre dans le monde de l'occulte, associé à Napoléon Gallois produisent un vaudeville en un acte, Une passion de salon[réf. nécessaire].
Les directions se succèdent : Ferdinand Laloue et Edmond Triqueries, Ducré et Edmond Triqueries, Raimbaut, Émile Taigny, Hiltbrunner et enfin Léon Sari en 1857[4]. Il y fait représenter des vaudevilles d'Ernest Blum, Alexandre Flan, Amédée de Jallais, Édouard Montagne, Jules Renard, etc. La danseuse de cancan Rigolboche, repérée par Sari au bal Mabille, s'y produit de 1858 à 1860 avec succès.
Rue de Provence (1862–1864)
modifierLéon Sari doit déplacer sa troupe en 1862 en raison des transformations d'Haussmann entraînant le fermeture de la plupart des théâtres du boulevard du crime pour entre autres le percement du boulevard du Prince-Eugène. Il rouvre le 26, rue de Provence mais ferme définitivement en [2].
Rue du Faubourg-Saint-Martin (1864)
modifierCharles Constant Gobin, pensionnaire de Sari, veut être directeur à son tour et loue la salle Raphaël, rue du Faubourg-Saint-Martin sous le nom de Délassements-Comiques mais l'aventure ne dure que trois mois[6].
Délassements-Comiques IV, boulevard du Prince-Eugène (1866–1871)
modifierLe , un quatrième théâtre portant le nom de Délassements-Comiques ouvre 23, boulevard du Prince-Eugène. Quelques mois plus tard, il change son nom en théâtre du Prince-Eugène, puis reprend celui de Délassements-Comiques en 1867[2]. Les Contes de fées d'Hervé y sont créés le [7]. Ce théâtre est détruit par le feu en 1871, dans les derniers jours de la Commune[2].
Délassements-Comiques V, rue du Faubourg-Saint-Martin (1873–1878)
modifierSa troupe s'installe en 1873 dans la salle du deuxième théâtre des Nouveautés, rue du Faubourg-Saint-Martin et s'y produit jusqu'en 1878[2]. Robert Planquette y obtient son premier succès le avec son opérette Paille d'avoine[8].
Délassements-Comiques VI (1886–1890)
modifierLes sixièmes et derniers Délassements-Comiques ont été exploités de 1886 à 1890[9].
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Théâtre des Délassements-Comiques » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 Nicolas Brazier, Histoire des petits théâtres de Paris, op. cit., p. 65.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Louis-Henry Lecomte, Histoire des théâtres, op. cit., p. 23.
- ↑ (en) F. W. J. Hemmings, Theatre and State in France, 1760–1905, op. cit., p. 122.
- 1 2 Jules Prével et Émile Cardon, Histoire des Délassements-Comiques, op. cit., p. 18-19.
- ↑ Courriers de Jean-Constant Ménissier acquis le 9 juin 2023 lors d'une vente publique, Archives de la préfecture de police de Paris, Le Pré-Saint-Gervais (cote 33 Z 2)[source insuffisante].
- ↑ Henry Buguet, Foyers et Coulisses, tome X : Porte-Saint-Martin, Tresse, Paris, 1877.
- ↑ (en) Kurt Gänzl, The Encyclopedia of the Musical Theatre, op. cit., p. 916.
- ↑ (en) Kurt Gänzl, The Encyclopedia of the Musical Theatre, op. cit., p. 1624.
- ↑ Louis-Henry Lecomte, Histoire des théâtres, op. cit., p. 24.
Bibliographie
modifier(par ordre chronologique)
- Nicolas Brazier, Histoire des petits théâtres de Paris, Paris, 1838, p. 63 (lire en ligne)
- Jules Prével et Émile Cardon, Histoire des Délassements-Comiques : par deux habitués de l'endroit, Paris, impr. de Vallée, (lire en ligne)
- Louis-Henry Lecomte, Histoire des théâtres (1402–1904), Daragon, Paris, 1905, p. 23-24 (lire en ligne)
- (en) John McCormick, Popular Theatres of Nineteenth Century France, Routledge, New York, 1993 (ISBN 978-0-415-08854-1)
- (en) F. W. J. Hemmings, Theatre and State in France, 1760–1905, Cambridge University Press, New York, 1994 (ISBN 978-0-511-00042-3) (ISBN 978-0-521-03472-2)
- (en) Kurt Gänzl, The Encyclopedia of the Musical Theatre, seconde édition, Schirmer Books, New York, 2001 (ISBN 978-0-02-864970-2)
Liens externes
modifier- Ressources relatives au spectacle :