Robert Planquette
Robert Planquette est un compositeur français, né le à Paris (anc. 2e) et mort le à Paris (17e). Spécialisé dans le répertoire lyrique (opérette, opéra-comique…), il est notamment connu pour Les Cloches de Corneville (1877), Rip-Rip (1882-1884), Surcouf (1887) et Panurge (1895), ainsi que pour la marche militaire Le Régiment de Sambre-et-Meuse (1870).
| Nom de naissance | Jean Robert Julien Planquette |
|---|---|
| Naissance |
Paris (anc. 2e) |
| Décès |
(à 54 ans) Paris (17e) |
| Nationalité | française |
| Activité principale | compositeur |
| Activités annexes | chanteur, pianiste, timbalier |
| Années d'activité | 1869-1903 |
| Formation | Conservatoire de Paris |
| Maîtres | Jules Duprato |
| Distinctions honorifiques | chevalier de la Légion d'honneur (1888) |
Œuvres principales
Le Régiment de Sambre-et-Meuse (1870)
Les Cloches de Corneville (1877), Rip-Rip (1882-1884)
Surcouf (1887), Panurge (1895)
Biographie
modifierJeunesse et études
modifierJean Robert Julien Planquette naît le à Paris dans une famille originaire de Normandie[1]. Formé au Conservatoire de Paris où il a comme professeur l'auteur d'opéras-comiques Jules Duprato, il obtient un premier prix de solfège en 1867 et un deuxième prix de piano en 1868[2].
Carrière
modifierS’essayant quelque temps à la chansonnette et au monologue, ses premières œuvres sont des mélodies et des marches militaires, dont Le Régiment de Sambre-et-Meuse (1870), la plus célèbre des chansons patriotiques françaises publiées entre 1870 et 1914[3], sur un poème de Paul Cézano (ru)[4], évoquant les armées révolutionnaires de 1792[a].
Il publie par la suite un recueil de chansons militaires intitulé Refrains du régiment[5].
Ténor à la voix agréable, il chante dès sa jeunesse un grand nombre de chansons, chansonnettes et airs d'opéra de sa composition dans des cafés-concerts [b], en s'accompagnant lui-même au piano. Il occupe également emploi de timbalier dans l’orchestre des concerts du Châtelet dirigé par Édouard Colonne[6]. Il est également l'auteur de valses, mazurkas et fantaisies pour piano.

En 1872, il se met à composer des pochades pour des cafés-concerts comme l’Eldorado. Il : Méfie-toi de Pharaon (1872), Le Serment de madame Grégoire (1874), Les Piqûres (1875)[7]. Il écrit également la musique du monologue On demande une femme de chambre (1876), paroles de Pierre Véron, une critique douce-amère de la société parisienne après la Commune de Paris, créée par Anna Judic à l’Opéra-Bouffe de Saint-Pétersbourg[8]. Il obtient son premier succès avec l'opérette Paille d'avoine, livret d’Alphonse Lemonnier et Adolphe Jaime, créée aux Délassements-Comiques le [9]. Il écrit également la musique du monologue On demande une femme de chambre (1876), paroles de Pierre Véron, une critique douce-amère de la société parisienne après la Commune de Paris, créée par Anna Judic à l’Opéra-Bouffe de Saint-Pétersbourg[8] ainsi que Le Chevalier Gaston, une opérette en un acte pour l’ouverture du théâtre de Monte-Carlo en 1879[5].
En trente ans de carrière, il compose plus d'une vingtaine d'opérettes et d'opéras-comiques, aujourd'hui presque tous oubliés. Il acquiert toutefois une immense notoriété en 1877 avec l'opéra-comique Les Cloches de Corneville, jouée plus de quatre cents fois de suite aux Folies-Dramatiques[8]. Cette œuvre, dont l’intrigue fait appel à une vieille légende normande, connaît un succès immédiat, se jouant à New York et à Londres, où elle est jouée plus de 700 fois[10]. L'œuvre continue à se maintenir à l'affiche de nos jours et demeure l’un des ouvrages lyriques français les plus populaires[c]. Devenu le fournisseur attitré de ballets pour l’Alhambra Theatre de Londres[8], c'est dans cette ville qu'il crée en 1882 l'opéra-comique Rip van Winkle sur un livret de Philippe Gille et Henri Meilhac traduit par Henry Brougham Farnie. Le succès est presque aussi grand, tant dans sa version anglaise que dans la version française qui est créée deux ans plus tard aux Folies-Dramatiques sous le titre Rip-Rip[10]. Deux autres opéras-comiques seront conçus dans les mêmes conditions : Nell Gwynne (1884), livret de Henry Brougham Farnie, devenu en 1886 La Princesse Colombine dans l'adaptation de Maurice Ordonneau et Émile André, et Captain Thérèse (1890), livret d'Alexandre Bisson et F. C. Burnand, renommé Le Capitaine Thérèse lors de sa création à la Gaîté en 1901.
Parmi ses autres compositions on peut citer Les Voltigeurs de la 32e, La Cantinière (1880), Surcouf (1887), Panurge (1895) et Mam’zelle Quat’sous (1897)[8]. Le Talisman, opéra-comique à grand spectacle en trois actes et cinq tableaux, livret d'Adolphe d'Ennery et Paul Burani est créé à la Gaîté en .
Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1888.
La Chanson du mousse, une barcarolle tirée des Cloches de Corneville est jouée au violon par William Dickson pour la première expérience d'enregistrement de cinéma sonore en 1894-1895, le Dickson Experimental Sound Film[11],[12],[13].
Doté d'un sens du rythme et de la facilité d'écriture pour imaginer des airs au goût du jour, en dépit de certaines déficiences stylistiques[d], Planquette est classé parmi les « maîtres de l'opérette » au même titre que Jacques Offenbach, Hervé, Charles Lecocq, Edmond Audran et Louis Varney[14].
Mort
modifier
Robert Planquette achève les remaniements de sa pièce destinée à la Gaîté et dont Monréal et Blondeau ont écrit le livret[15] lorsque, à la suite d'un refroidissement contracté à la sortie d'une répétition des Cloches de Corneville à la Gaîté, il meurt d'une embolie pulmonaire[16], le , dans son hôtel du boulevard Pereire.
Il s’était engagé à donner pour la saison suivante la partition de Miss Crockett, sur un livret de Jules Lecomte, de Alphonse de Launay et Darcy[15].
Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise[e].
Propriétaire d’une villa, Les Cloches, à Merville en Normandie, il était conseiller municipal de Cabourg[18].
Œuvres
modifierOpérettes, opéras-comiques
modifier- 1872 : Méfie-toi de Pharaon, opérette bouffe en un acte, livret de Gaston Villemer et Lucien Delormel, Eldorado ()
- 1872 : La Famille électrisée, scène comique, livret de Lucien Delormel, créée par Paulus à l'Eldorado
- 1874 : Paille d'avoine, opérette en un acte, livret d'Alphonse Lemonnier et Jaime Rozale, Délassements-Comiques ()
- 1874 : Le Serment de Mme Grégoire, opérette en un acte, livret de Louis Péricaud et Lucien Delormel, Eldorado ()
- 1875 : Le Valet de cœur, saynète-bouffe en un acte, livret de Louis Péricaud, Gaston Villemer et Lucien Delormel, Alcazar d'été ()
- 1875 : Les Piqûres, scène comique, livret de Félix Baumaine et Charles Blondelet, créée par J. Perrin à l'Eldorado
- 1876 : Royal-tambour, opérette en un acte, livret de Louis Péricaud, Gaston Villemer et Lucien Delormel, Eldorado ()
- 1876 : La Confession de Rosette, opérette en un acte, livret de Pierre Véron, créée par Louise Théo à l'Eldorado
- 1876 : On demande une femme de chambre, opérette en un acte, livret de Pierre Véron, créée par Anna Judic
- 1877 : Les Cloches de Corneville, opéra-comique en trois actes, livret de Clairville et Charles Gabet, Folies-Dramatiques ()
- 1879 : Le Chevalier Gaston, opéra-comique en un acte, livret de Pierre Véron, opéra de Monte-Carlo ()
- 1880 : Les Voltigeurs de la 32e, opéra-comique en trois actes, livret d'Edmond Gondinet et Georges Duval, Renaissance ()
- 1880 : La Cantinière, pièce en trois actes, livret de Paul Burani et Félix Ribeyre, Nouveautés ()
- 1881 : Les Chevau-légers, opérette en un acte, livret de Louis Péricaud et Lucien Delormel, Eldorado ()
- 1881 : Le Fiancé de Margot, opérette en un acte, livret d'Alexandre Bisson[19]
- 1882 : Rip van Winkle, opéra-comique en trois actes, livret de Philippe Gille, Henri Meilhac et Henry Brougham Farnie, Comedy, Londres ()
- 1884 : Nell Gwynne, opéra-comique en 3 actes, livret de Henry Brougham Farnie, Avenue Theatre, Londres ()
- 1884 : Rip-Rip, opéra-comique en trois actes[20], livret de Philippe Gille et Henri Meilhac, Folies-Dramatiques ()Version française de Rip van Winkle (1882), également appelée Rip.
- 1885 : La Crémaillère, pièce en trois actes, livret de Paul Burani et Albert Brasseur, Nouveautés
- 1886 : La Princesse Colombine, opéra-comique en trois actes, livret de Maurice Ordonneau et Émile André, Nouveautés Version française de Nell Gwynne (1884).
- 1887 : Surcouf, opéra-comique en trois actes et un prologue, livret d'Henri Chivot et Alfred Duru, Folies-Dramatiques ()
- 1890 : Captain Thérèse, opéra-comique en trois actes, livret d'Alexandre Bisson et F. C. Burnand, traduction F. C. Burnand et Gilbert A. Beckett, Prince of Wales Theatre, Londres ()
- 1892 : La Cocarde tricolore, opéra-comique en trois actes, livret de Maurice Ordonneau, Folies-Dramatiques ()
- 1893 : Le Talisman, opéra-comique à grand spectacle en trois actes et cinq tableaux, livret d'Adolphe d'Ennery et Paul Burani, Gaîté ()
- 1895 : Panurge, opéra-comique en trois actes[21], livret d'Henri Meilhac et Albert de Saint-Albin, Gaîté ()
- 1897 : Mam'zelle Quat'sous, opéra-comique en quatre actes, livret d'Antony Mars et Maurice Desvallières, Gaîté ()
- 1901 : Le Capitaine Thérèse, opéra-comique en trois actes, livret d'Alexandre Bisson, Gaîté ()Version française de Captain Thérèse (1890).
- 1906 : Le Paradis de Mahomet, opérette en trois actes, livret d'Henri Blondeau, Variétés (, posthume)
Musique vocale
modifierChansons, mélodies
modifier(par ordre chronologique)
- Le Cheval du cuirassier, épisode dramatique, paroles de Gaston Villemer, créée par Chrétienno à l'Eldorado (1872)
- Les Dénicheurs de nids, chanson, paroles de Gaston Villemer et Lucien Delormel (1872)
- La Sœur de charité, mélodie, paroles de Gaston Villemer et Lucien Delormel (1872)
- La Forge, paroles de Théodore Massiac (1873)
- La Vigne, chanson, paroles de Gaston Villemer (1874)
- Les Herboristes, chanson météorologique, paroles de Louis Capet et E. Carel (1875)
- Les Regrets de Suzette, chanson, paroles de Théodore Massiac, créée par Anna Judic (1875)
- Les Serments de ma cousine, chanson, paroles de Gaston Villemer, créée par Bruet à l'Eldorado (1875)
- Le Zénith, mélodie, paroles d'Adolphe Perreau (1875)
- Le Beau Tambour-major, chanson, paroles d'Auguste de Châtillon (1876)
- Il pleuvait !, chanson, paroles d'Hector Crémieux, créée par Louise Théo (1876)
- Lettre à mon mari, réserviste, paroles d'Émile André, créée par Louise Théo (1876)
- Lettre parlementaire, paroles de Pierre Véron (1877)
- Le Loup, chanson, paroles de Marie Planquette, créée par Louise Théo (1877)
- Vieux billets doux, paroles de Pierre Véron (1877)
- La Grâce de Dieu, deux chansons nouvelles (Couplets de la gourmande et La Journée d'une danseuse), paroles d'Adolphe d'Ennery (1878)
- Infidélibus !, chanson à boire, paroles d'Émile André (1878)
- Les Trois Baisers, chanson, paroles de Pierre Véron, créée par Louise Théo (1878)
- Noël, motet liturgique, paroles d'Émile André (1879)
- Le Péage, duo, paroles d'Émile André, créée par Louise Théo et Simon-Max (1879)
- Ballade, mélodie, paroles d'Auguste de Châtillon (1881)
- At Even-Tide, mélodie, paroles de Henry Brougham Farnie (1884)
- Religio sur un poème de Victor Hugo (1885)
- Chanson chinoise (1894)
- La Troïka, chanson, paroles d'Émile André (1903)
- La Chanson, refrain anacréontique, paroles de Julien Fauque, créée par Chrétienno à l'Eldorado
- Plaisir d'amour (arrangement)
- Après les moissons
- Séduction
- Aubade à ma portière
- Parais, ô Cunégonde !
- J'ai perdu mon assiette !
- Trois, rue du Paon
- Le Bout de l'an de l'amour
- Chagrin d'amour
Marches et chants patriotiques
modifier(par ordre chronologique)
- Le Régiment de Sambre-et-Meuse marche militaire, paroles de Paul Cézano (1870)
- La France au calvaire, chant patriotique, paroles d'Amédée Burion, créé par Chrétienno à l'Eldorado (1871)
- Refrains du régiment, recueil de douze chansons militaires, paroles d'Émile André (1876)Comprend Le Régiment qui passe, Le Porte-drapeau, Un dur à cuire, Le Convoi de guerre, La Casquette, Bitche, La Cantinière, La Chanson du Uhlan, Le Tambour, Le Coup de main, La Diane et Patria.
- Mon caporal-tambour (1887)
- Les Fleurs tricolores (1890)
- Vive la musique militaire (1892–1893)
- Ils n'en ont pas en Allemagne !
- Marceau
- Macédoine normande
- Le Régiment d'Artois
Musique instrumentale
modifier- Redowa (Roses de Noël) pour piano (1888)
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Cette chanson a rapporté à Planquette exactement 7 francs. Il a raconté comment un éditeur lui avait acheté 14 francs, partagés le soir même avec le parolier, le manuscrit de cette chanson, qui devait rapporter quelques centaines de mille francs[2].
- ↑ Plus de deux cents, selon Bitard[6].
- ↑ Selon, Traubner, op. cit., le succès durable des Cloches de Corveneville est dû au fait que des airs telles que « J’ai fait trois fois le tour du monde » et « Va, petit mousse » sont exempts des faiblesses dans la mélodie, l’instrumentation et l’harmonie qui affectent dans le reste de ses œuvres[1].
- ↑ Traubner, op. cit., rapporte que l’orchestration de certaines sections de ses partitions devaient être réécrites[1].
- ↑ 93e division[17].
Références
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- 1 2 « Mort de Robert Planquette », Le Temps, Paris, no 15203, , p. 3 (lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
- ↑ J. Evrard, « À propos de la mort de Robert Planquette », La Liberté, Paris, vol. 38, no 13425, , p. 1-2 (lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
- ↑ Registre journalier d'inhumation de Paris Père-Lachaise de 1903, en date du 16 mars (vue 20/30) (après son inhumation dans un caveau provisoire le 31 janvier 1903 dans le même cimetière (vue 25/31))
- ↑ Journal de Rouen, 29 janvier 1903[source insuffisante].
- ↑ Catalogue général des oeuvres dramatiques et lyriques faisant partie du répertoire de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, SACD, (lire en ligne), p. 31.
- ↑ « Rip », opéra-comique en trois actes, sur Bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris, Londres, (consulté le ).
- ↑ « Panurge », opéra-comique en 3 actes de Henri Meilhac et Albert de Saint-Albin, sur Bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris, Paris, (consulté le ).
Liens externes
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