Edgard Tytgat

peintre et graveur belge (1879-1957)

Edgard Tytgat, né le à Bruxelles et mort le à Woluwe-Saint-Lambert (région de Bruxelles-Capitale), est un peintre, dessinateur, graveur, aquafortiste, graveur sur bois, lithographe, illustrateur et conteur belge[1].

Edgard Tytgat
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités
Période d'activité
Fratrie
Autres informations
Distinction

Biographie

modifier

Edgard Tytgat naît le à Bruxelles[2]. Son père est graveur en taille-douce et imprimeur. Son frère, Médard Tytgat (1871-1948), et le petit-fils de ce dernier, Médard-Siegfried Tytgat (1916-1997), sont également peintres.

Il passe son enfance à Bruges[1]. D'abord apprenti chez un horloger de 1893 à 1895, Edgard Tytgat travaille ensuite chez son père.

De 1897 à 1900, il suit les cours du soir à l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles[1] et à temps plein en 1901 notamment chez Constant Montald[1]. C’est là qu’il noue des amitiés avec d’autres futurs peintres, dont Rik Wouters et Fernand Verhaegen. Il les représentera d’ailleurs tous deux, accompagnés de leur épouse, dans un dessin à l’encre de Chine La Ligue des peintres wallons, Doe stil voort vers 1907, alors qu'il est installé à Watermael. Le musée communal de Bruges conserve une de ses œuvres représentant Aline, l’épouse de son ami Fernand Verhaegen, au balcon, lors de la kermesse de Watermael-Boitsfort en 1911.

Pendant la Première Guerre mondiale, il quitte la Belgique pour se réfugier en Angleterre. Il ne revient qu’en 1920, pour s’installer définitivement à Woluwe-Saint-Lambert en 1923 avec son épouse et modèle (Portrait de la femme de l'artiste - 1922, Rotterdam, Musée Boijmans Van Beuningen)[1].

Il est membre de l'Art contemporain, du groupe des IX, de Sélection et du Centaure et participe (1901-1903) au salon triennal d'Anvers. Il est présent dans de très nombreuses expositions, entre autres : Twenty-one Gallery (Londres, 1920), galerie Selection (Bruxelles, 1921-1922), galerie Le Centaure (Bruxelles, 1923-1926-1928-1930-1932), Stedelijk Museum Amsterdam (1950-1951)[1] et présente des rétrospectives au palais des beaux-arts de Bruxelles, en 1931 et 1951 et des expositions personnelles au Musée Boijmans Van Beuningen à Rotterdam en 1940, à la biennale de Venise en 1952.

Il avait une maîtrise remarquable de l'art du lavis, surtout après 1926 (Le Sacrifice d'Iphigénie, 1929, Amsterdam, Rijksmuseum)[1]. Comme graveur et xylographe, il a illustré de nombreux ouvrages (Le Petit Chaperon rouge, La Flûte enchantée, etc.). L’imagerie était son point fort. Son ami Verhaegen a gravé une eau-forte le représentant intitulée L’imagier. Il a également illustré des textes de Félix Timmermans, Gérard Walschap ou encore Michel de Ghelderode, ainsi que son œuvre littéraire personnelle dans un esprit parfois libertin (Huit dames et un monastère - 1944, édité en 1974 à Bruxelles)[1].

Il était membre de l'Académie libre de Belgique (fondation Edmond Picard) et de l'Académie royale flamande de Belgique[3].

À la suite de son décès le à Woluwe-Saint-Lambert, il reçoit des funérailles à l'église Saint-Henri de Woluwe-Saint-Lambert[2].

Style artistique

modifier

Après avoir subi l'influence impressionniste qui marquera durablement sa palette, il s'oriente vers l'expressionnisme, poussé par le critique André de Ridder en 1924 en y associant associe le naïf. En effet sa peinture, d'un style inspiré du postimpressionnisme, est souvent qualifiée de peinture naïve, avec des scènes de la vie quotidienne, des intérieurs, des kermesses, des amoureux, mais non dépourvues d’une douce poésie (Dimanche après-midi, 1927, Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts)[1].

En 1932, à la fin de son contrat avec la galerie Le Centaure, il se dégage de cette tendance. Il interroge la nature, le spectacle de la vie et voyage en Italie et au Portugal.

En fin de vie, il aborde la représentation de légendes mythologiques sur un mode d'expression proche d'une forme de peinture naïve. Dans son Histoire des six princesses (1949, Bruxelles, Etat belge), il se complaît dans un érotisme nuancé de sadisme. De nombreux croquis et projets sont consacrés à ce thème avec une prédilection marquée pour les jeunes femmes nues et livrées à d'étranges supplices[1].

Sélection d'œuvres

modifier

Autres Musées

modifier

Hommages et distinctions

modifier

Les musées royaux des beaux-arts de Belgique organisent une rétrospective en 1974 : Edgard Tytgat, Evocation d'une vie.

En , Le Dessableur no 6, la revue trimestrielle du Centre belge de la bande dessinée dans sa rubrique consacrée à la bande dessinée belge d'avant 1930 présente le peintre Edgard Tytgat dans lequel on découvre son travail graphique dans un reportage signé Noelia Diaz Iglesias (dessin) sur un scénario de Greg Shaw sur notamment Quelques images de la vie d'un artiste de 1946.

Les distinctions suivantes lui ont été attribuées[3] :

Notes et références

modifier
  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Georges Mayer, « Tytgat, Edgard », Dictionnaire des peintres belges, sur peintres.kikirpa.be, via Internet Archive (consulté le ).
  2. 1 2 3 « Edgard Tytgat », sur centredelagravure.be, Centre de la gravure et de l'image imprimée (consulté le ).
  3. 1 2 (nl) « In memoriam Edgard Tytgat », De Standaard, , p. 1 (lire en ligne Inscription nécessaire).
  4. « Mon Portrait en mon village », sur kmska.be, Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers, (consulté le ).
  5. (nl) « Effet de neige à Watermae », sur museumdefundatie.nl, Musée de Fundatie, (consulté le ).
  6. « Modèle dans l'atelier », sur kmska.be, Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers, (consulté le ).
  7. « La Natte », sur stedelijk.nl, Stedelijk Museum Amsterdam, (consulté le ).
  8. « Bouquet de fleurs », sur navigart.fr, (consulté le ).
  9. « Bouquet de fleurs, Envie », sur collectie.museabrugge.be, Musée Groeninge, (consulté le ).
  10. « La Femme de l'artiste », sur boijmans.nl, Musée Boijmans Van Beuningen, (consulté le ).
  11. « Le Marchand de coco », sur fine-arts-museum.be, Musées royaux des Beaux-Arts, (consulté le )
  12. « Les Figures de cire », sur navigart.fr, (consulté le )
  13. 1 2 « La salle de consultation », sur muzee.be, Musée d'Art à la mer, (consulté le ).
  14. « L'Atelier du peintre », sur mskgent.be, Musée des Beaux-Arts de Gand, (consulté le ).
  15. « Quatre filles bues sur un bateau », sur mskgent.be, Musée des Beaux-Arts de Gand, (consulté le ).
  16. « Embarquement d'Iphigénie », sur fine-arts-museum.be, Musées royaux des Beaux-Arts, (consulté le ).
  17. David Colling, « Le don Raymond Lepée à l'Institut archéologique du Luxembourg, 2015-2016 », Bulletin trimestriel de l'Institut archéologique du Luxembourg, vol. 93, nos 1-2, , p. 83
  18. Rédaction, « Dans les ordres nationaux, promotion des artistes », La Nation Belge, , p. 2 (lire en ligne, consulté le ).
  19. « Dans les ordres nationaux », Le Soir, no 208, , p. 2 (lire en ligne, consulté le ).

Annexes

modifier

Bibliographie

modifier

Monographies

modifier
  • Albert Dasnoy, Edgard Tytgat : catalogue raisonné de son œuvre peint, Bruxelles : Laconti, 1965, 315 p..
  • Willy Van Den Bussche, Edgard Tytgat, Gand, Snoeck-Ducaju & Zoon, 1998. — Catalogue de l’exposition au MMK Oostende.
  • Jean-Marc de Pelsemaeker et Emmanuel Beer, Edgard Tytgat, imagier populaire, Bruxelles, Fondation Albert Marinus, 2002, 96 p. (OCLC 66763220).

Articles

modifier
  • Guy Duplat, « Edgard Tytgat, les fantasmes d'un faux naïf », La Libre Belgique, (lire en ligne Accès payant, consulté le ).

Liens externes

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :